*=iè4-4— ^!«a- tH ACTES j^ r- SOCIETE LINNEENNE DE BORDEAUX FONDÉE LE 25 JUIN ^818 Et reconnue comme établissement d'utilité publique jocTr Ordonnance Royale du i 5 juin 18.28 Athénée Rue des Trois-Conils, 53 ■^ffr TOiME LXVIII 1*. .e*.!? TS' FEB % 19fe m. BORDEAUX A. SAUGNAC & Ci«, IMPRIMEURS DE LA SOCIÉTÉ LINNEENNE 3, PLACE d'aquitaine, 3 1914 ^^^ /^^ ACTES DE LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE BORDEAUX ACTES SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE BORDEAUX FONDÉE LE 25 JUIN 1818 Et reconnue comme établissement d'utilité publique par Ordonnance Royale du 15 juin 1 828 Athénée Rue des Trois-Conils, 53 -•^f^- TOME LXVIII BORDEAUX A. SAUGNAC & Ci«, IMPRIMEURS DE LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE 3, PLACE d'aquitaine, 3 1914 L' L\h MM. COSSMANN et PEYROT Suite (1) ANISOMYARIA MYTILAGEA Cuvier, 1817. Coquille anisomyaire, ordinairement équivalve; créneliires cardinales non constantes; ligament subinterne; byssus cons- tant. Elimination faite des Modiolopsidse qui ne comprennent que des formes paléozoïques {Modiolopsis Hall., Modiomorpha Hall.) ou secondaires [Myo- concha Sow.), et peut-être le Genre actuel Idas Jeffreys, il ne reste que les deux Fam. Mytilidse et Dreissenmdx. MYTILWJ^ Fleming, 1828. Coquille généralement équivalve, très inéquilatérale, parfois baillante, dysodonte; ligament externe en principe, mais géné- ralement masqué en grande partie parle bord dorsal; impres- sion du muscle antérieur plus ou moins enfoncée dans la cavité umbonale ; impression du muscle postérieur grande et allongée, circonscrite en arrière par la ligne palléale qui est toujours entière, quoique non parallèle au bord dont elle est plus écartée en arrière que sur le contour ventral; impression byssifère plus ou moins écartée du crochet; surface interne plus ou moins nacrée. (1) Voir Actes de la Soc. Linn. de Bordeaux, 1911, t. LXV, p. 51 et s., et 1912, t. LXVI, p. 121 et s. — — On ne peut guère diviser cette Famille en sous-Familles parce que la position du crochet est très variable selon les Genres et que les autres caractères varient peu. En dehors des G. Mytilus, Modiola, Lithodomus, Modiolaria, Arcoperna qu'on trouvera ci-après représentés dans notre région, nous mentionne- rons : Mytilic&iicha Conrad, 1862 (Tert); Crene//a Brown, 1827 (Eoc.-Viv.), avec les S. -G. Nuculocardia d'Orb., 1843 (IV. divaricata d'Orb.) et Rhomboi- della Monts. 1884 {Cr. rhombea Buk.); Hoschtetteria Vélain (1873); Dacry- diiim Torell, 1853; Modiolaria Gray, 1847 (= Gaimardia Gould, 1847); et Byssanodonta d'Orb. 1846. MYTILUS (Rondelet, 1555) Linné, 1758. Coquille équivalve, épidermée, cunéiforme, très inéquila- térale; extrémité antérieure aiguë, confondue avec le crochet terminal; extrémité postérieure arrondie; contour palléal rec- tiligne ou excavé; bord dorsal déclive, puis «oudé en arrière et se raccordant avec le contour palléal par un arc elliptique. Charnière très petite, souvent munie de quelques dents obso- lètes, non constantes; ligament externe près du crochet, puis s'enfonçant rapidement sous le rebord dorsal et formant une rainure plus ou moins longue, graduellement élargie, qui est bordée par une arête longue dans le prolongement de la nymphe initiale. Intérieur des valves parfois subnacré; impression de l'adducteur antérieur petite, creusée sous le bord cardinal; impression de l'adducteur postérieur grande et allongée en forme de massue, c'est-à-dire composée d'une digitation antérieure et parallèle au bord, terminée par un renflement arrondi qui est situé assez bas; impression palléale non échan- crée, formant une zone étroite, plus ou moins parallèle au contour postérieur, enveloppant l'adducteur, puis se rappro- chant beaucoup du contour palléal. S. stricto. — Surface lisse, simplement marquée par des accroissements irréguliers. (G. -T. : M. edulis Lin. Viv.). On a subdivisé ce Genre en un certain nombre de Sections d après la forme et l'ornementation extérieure des valves; mais ces différences n'ont (ju un intérêt relatif et ne sont pas fondées sur des considérations phylé- tiques, car on trouve dans le Jurassique des formes typiques et lisses (M. sublœvis Sow. Bath.), à côté de formes ornées (M. pectinatus Sow.) ou peu distinctes de Modiola (M. asper Sow.). Nous n'utiliserons donc ces Sections que pour apporter un ordre didactique dans l'exposé des espèces, sans y attacher une valeur ontogénique. En ce qui concerne la charnière, nous ne pouvons que renvoyer le lecteur à l'étude de Félix Bernard (B. S. G. F., 1" juin 1896), qui a fait ressortir que les dents cardinales se montrent à des stades très variables du développement de la coquille, qu'elles varient aussi en nombre (de 3 à 8), qu'elles sont courtes et restent confinées — quand elles persistent — contre le bord dorsal, sans atteindre le contour ventral du plateau cardinal. Sect. Chloromya Môrch, 18S3. — Forme étroite et allongée (G. -T. : M. elongatus Ghemn. Viv.). Sect. Aulacomya Môrch, 1853. — Surface ornée de côtes rayonnantes et divergentes, plus épaisses sur la région anale que sur la région palléale et buccale; plateau cardinal élevé, portant une dent épaisse et obsolète sur chaque valve, elles sont recouvertes par un épiderme qui leur donne l'aspect de l'aire ligamentaire des Ostreidœ, mais elles engrènent effecti- vement (constatation faite sur un spécimen valve du géno- type : M. magellaniciis Ghemn. Viv.). Sect. Hormomya Môrch, 1853. — Surface finement rayon- née, les rayons s'atténuant beaucoup sur la région buccale; crochets obtus, presque modioliformes; plateau cardinal très réduit, édenté; impression de l'adducteur antérieur un peu écartée de la cavité umbonale (G. -T. : M. exustus Lin. Viv.). Sect. Mytilaster Monts., 1884. — Surface crépue avec de forts sillons d'accroissement; bord ventral sinueux; charnière dentée; bord ligamentaire denticulé (G. -T. : M. lineatus Gm. Viv.). Sect. Arcomytilus Ag., 1840. — (G. -T. : M. pectinatus Sow. Jur.). S. -G. : Pachymytilus Zittel, 1881. — Coquille grande, très épaisse, trigone, très inéquilatérale et gibbeuse; crochets terminaux, proéminents; côté antérieur concave, avec un large sillon décurrent et deux courts sillons plus faibles, rapprochés — 8 — du crochet; aire ligamentaire très large s'étendant jusqu'au coude arqué du contour postérieur (G. -T. : M. petasus d'Orb. Raur.). S. -G. Stavelia Gray, 1858. — Coquille inéquivalve, tordue, à contour palléal, sinueux; épiderme épais, barbu, fibreux, sur toute la région marginale (G. -T. : M. tortus Dunker. Viv.). A part les deux Sous-Genres qui ont des caractères bien définis, les Sections ci-dessus énumérées peuvent, en définitive, se réduire à deux groupes : formes lisses, Mytiliis, s. stricto; formes ornées de sillons divergents, Aulacomya; laissant de côté Arcomytilus dont on n'a pas publié les caractères internes. Ces deux groupes sont représentés dans le Mio- cène de l'Aquitaine, ils descendent des espèces éocéniques qui, elles- mêmes, se rattachent à leurs ancêtres des terrains secondaires. 445. Mytilus aquitanicus, Mayer. PI. XI, fig. 13-14. 1825. Mytilus antiquorum Bas,t. Mém. env. Bord., p. 78 {no7i Sow.). 1841. — Grat. Catal. Syst., p. 699. 1857. — Desm. Explic. carte géolog,, t. III, p. 82. 1858. Mytilus aquitanicus Majev. Journ. Conch., t. VII, p. 188. 1874. — Benoist. Catal. Saucats, p. 67, n» 187. 1898. — Sacco.IMoli.terz. Piem.,p.35, pl.X, fig.35. 1907. — G. Dollfus. Et. crit. coq. Bord. {A.S.L.B., t. LXII), p. 23, pi. V. 1909. — G. Dollfus. Essai et. Aquit., p. 46. Test épais. Taille très grande; forme allongée, arquée, médiocrement dilatée, très convexe, inéquilatérale; côté anté- rieur excavé (1), côté postérieur ovale; extrémité palléale, demi-circulaire; crochets aigus, antérieurs et terminaux. Sur- face dorsale bombée, non carénée, mais divisée en deux régions par une croupe arrondie ; aire buccale excavée, presque à 90o avec le plan de commissure des valves; la région anale est faiblement déprimée; l'ensemble est orné de plis d'accroisse- ment plus ou moins réguliers, déçusses — quand la surface ■ (1) La plupart des diagnoses indiquent à tort le côté excavé comme postérieur; il suf'lit de se reporter au ligament pour rectifier cette erreur. — 9 — est fraîche — par de fins rayons, rarement visibles sur les gros spécimens. Plateau cardinal assez élevé, comportant deux longues dents peu saillantes et obliques; rainure ligamentaire profonde, se poursuivant de la pointe du crochet jusqu'à la moitié environ du contour postérieur; elle est séparée de l'intérieur des valves par une nymphe ou arête triangulaire dont la face interne est perforée de ponctuations irrégulières. Couche interne du test nacrée; impression de l'adducteur postérieur arrondie, située à l'autre extrémité de la valve; impression byssifère petite, oblongue, vis-à-vis l'extrémité de la nymphe; impression palléale bien marquée, non parallèle au bord lisse, se raccordant par un crochet rentrant avec celle du muscle postérieur. Dm. Longueur : 15 cent.; largeur : 7 cent. ; épaisseur d'une valve : 32 mill. R. D. — Cette espèce — non figurée par Mayer — a été séparée avec raison de M. antiquorum Sow., mutation pliocénique du génotype M. edu- /îsL., et elle a été circonscrite avec beaucoup de soin par M. G. Dollfus qui la croit différente de M. Michelini Math., de l'Aquitanien de Carry (Bouches-du-Rliône); en effet, cette dernière est plus élargie et moins convexe, autant qu'on peut en juger par la figure publiée dans l'étude de M. Gourret. M. Rissoi Mayer, de l'Helvétien du Piémont, est une coquille encore plus élargie et moins gibbeuse ; tandis que M. scaphoides Bronn, de l'Astien, est au contraire plus étroit et plus incurvé que M. aquitanicus. A l'instar de M. Dollfus, nous ne pensons pas que la coquille de la vallée du Rhône — que Fontannes a désigné sous le nom aquitanicus — appar- tienne à la même espèce; d'après un fragment assez médiocre de Saint- Ariès (coll. Cossmann), il ssmble que la gibbosité dorsale est plus angu- leuse, et en outre, la région anale montre un sillon marginal qui ne paraît pas être une monstruosité sénile et dont M. scaphoides ne porte pas trace : il est donc probable que ce fossile de Vaucluse est une espèce intermé- diaire entre celui de l'Aquitanien et celui de l'Astien ; dans ce cas, ce serait à lui qu'il conviendrait d'appliquer la dénomination arcuatus M. de Serres, que M. Dollfus propose de laisser tomber en désuétude parce qu'elle a été appliqué à tort à un spécimen du Bordelais, dans la collection Deshayes dt! l'Ecole des Mines; en effet, il est bien évident que M. de Serres avait en vue la forme de la vallée du Rhône et non celle de l'Aquitaine. En ce qui concerne M. Haidingeri Hœrnes, de l'Helvétien de Guntersdorf, — 10 — dans le Bassin de Vienne, nous partageons également l'opinion de M. Dollfus qui le considère comme une espèce distincte, non seulement parce que — comme l'observe notre confrère — sa surface dorsale porte des festons caractéristiques (non visibles sur les fragments que nous pos- sédons de cette localité, coll. Cossmann), mais surtout parce que sa forme est bien plus étroite en avant, plus incurvée au milieu, moins arrondie sur le bordpalléal, et parce qu'en outre, la charnière est plus puissante, à trois dents, le sillon ligamentaire est plus large et se prolonge moins en arrière, si toutefois la figure est bien exacte. Du côté ancestral, on ne peut comparer M. aquîtanicus qu'à M. acutan- giilus Desh., du Bartonien des environs de Paris; mais ce dernier s'élargit davantage et plus rapidement en arrière du crochet, tandis qu'il se creuse plus sur le contour anal, de sorte que le plateau semble plus étroit; dautre part, on n'a jamais signalé — sur la surface de la coquille barton- nienne — les stries rayonnantes qui caractérisent M. aquitanicus. En résumé, le phylum se poursuit assez régulièrement de M. acutan- gulus à M. scaphoides, par M. aquitanicus. M. Haidingeri, M. arcuatus, les mutations spéciales à chaque niveau étant bien différenciées. Nous n"avons pas cru devoir séparer les spécimens du Burdigalien de Pont-Pourquey, qui ne diftèrent de la forme typique que par leur galbe moins bombé, tous les autres caractères étant identiques. Mais il est probable que ceux de l'Helvétien appartiennent à une mutation distincte, que l'on ne pourra définir qu'avec des échantillons plus complets. Loc. — Saucats (Lariey); plésiotypes (PI. XI, fig. 13-14), coll. Bial- Neuville; commune mais presque toujours à l'état de fragments Saint- Avit, dans le même état. Lucbardez, coll. Degrange-Touzin. Pessac (Lorient), coll. de Sacy. Mérignac (Baour), coll. Peyrot, coll. Duvergier. — Ac|uitaiiîeii. Saucats (Pont-Pourquey), coll. Bial-Neuville, coll. Degrange-Touzin. Léognan (Coquillat), coll. Bial-Neuville; Cestas, même coll. — Bup- digalien. Salles (Moulin Débat), une valve détériorée et incomplète, plus angu- leuse que les précédentes, à séparer ultérieurement (PI. XI, fig. 19-20), coll. Bial-Neuville. — Helvëtien. 446. Mytilus aturensis nov. sp. PI. XI, fig-. 10-12. Test mince. Taille petite; forme très peu convexe, semi- elliptique, inéquilatérale; côté antérieur à peu près rectiligne; côté postérieur dilaté, régulièrement arqué jusqu'à l'angle arrondi qui relie le contour palléal au contour buccal; cro- — 11 — chet petit, peu gonflé, terminal et prosogyre. Surface dorsale lisse, peu bombée, partagée par une croupe à peine saillante qui limite une région buccale faiblement excavée tout le long de la croupe et un peu plus convexe vers le bord; le reste de la surface est régulièrement déclive jusque vers le contour anal. Charnière très étroite, arquée sur son contour inférieur, munie de deux courtes dents égales et très obliques en avant ; rainure ligamentaire fine et longue; surface interne nacrée, impressions peu visibles. DiM. Longueur : 6 mill. ; largeur : 3,5 milk R. D. — Il n'est pas possible d'admettre que cette petite coquille repré- sente le jeune âge de M. aquUanicus ; elle est trop déprimée et son aire buccale est loin d'être taillée à pic comme celle de ce dernier; en outre, l'aire ligamentaire est beaucoup plus fine, le plateau cardinal est plus petit, et les dents n'ont pas la même orientation. Aucun des spécimens burdi- galiens de M. aquitanicus, quoique moins convexes que U forme typique de Lariey, ne présente ces caractères; en définitive ces deux formes n'appartiennent pas au même groupe. M. Rissoi Mayer, de l'Helvétien, est beaucoup plus large et plus courbé; M. scaphoides Bronn , de l'Astien, est au contraire plus étroitement allongé; l'un et l'autre ont un plateau car- dinal plus élevé. M. aturensis se distingue de son ancêtre M. rimosus Desh., du Bassin de Paris, par sa forme moins quadrangulaire, plus arquée sur le contour anal, par son angle arrondi à la jonction du contour palléal et du contour buccal ; d'autre part, M. subantiquiis d'Orb., du Thanétien, a le contour buccal plus rectiligne, le contour anal coudé et anguleux. Loc. — Dax (Min de Cabannes), valve droite presque intacte (PI. XI, fig. 10-12), coll. Degrange-Touzin. — Aquitanieii. 447. Mytiius ( Aulacomya) Biaii nov. sp. PI. XV, fig. 10-11 ; et PL XXI, fig. 22. Taille petite; forme étroite, un peu incurvée, convexe et gibbeuse, inéquilatérale; côté antérieur un peu excavé en arrière; côté postérieur d'abord déclive, quoique non recti- ligne, puis coudé vers les deux tiers de la longueur, et se — 12 — prolongeant ensuite par un arc qui fait un angle arrondi avec le contour buccal; crochet petit, peu gonflé, presque terminal et prosogyre. Surface dorsale partagée par une croupe arron- die, décurrente en courbe; région buccale largement excavée, ornée de fines costules rayonnantes, très serrées, finement granuleuses; à partir de cette croupe, l'autre région anale et peu déprimée porte des côtes plus épaisses, séparées par des sillons presque aussi larges; elles sont dichotomes vers les bords et coupées par des lignes d'accroissement qui y forment des granulations grossières. Charnière peu épaisse, à peine évidée sur son contour infé- rieur, munie de trois dents courtes sous le crochet, auxquelles succèdent — sur le bord buccal — de fines crénelures jusqu'à l'angle inféro-palléal ; ligament linéaire, subinterne; vers le tiers de la hauteur apparaissent de grosses crénelures sur le contour anal, elles s'atténuent graduellement sur le contour palléal. Impression musculaire antérieure assez largement étalée dans la cavité subumbonale ; impression du muscle postérieur ovale, située assez bas; ligne palléale peu distincte. DiM. Longueur : 9 mill.; largeur : 4 mill. R. D. — Il n'est pas possible de confondre cette coquille avec les Septifer ci-après, parce qu'il n'y a aucune trace de septum et que la char- nière porte des dents comme il en existe chez les Mytilus. M. Sacco n'a signalé aucune espèce d' Arcomytilus ni d'Aulacomya dans le Néogène du Piémont; mais on peut comparer M. Biali aux formes affines du Bassin de Paris : par exemple M. Rigaulti Desh., du Bartonien, quia cependant une forme plus étroite, l'extrémité buccale plus gonflée en avant, le milieu moins excavé, le bord palléal moins anguleux à sa jonction avec le contour buccal; en outre, la rainure ligamentaire est mieux marquée chez l'espèce parisienne. M. Dutcmplei Desh., des lignites de la Marne, est plus élargi et l'angle du contour anal est situé plus haut, en outre la croupe dorsale est moins anguleuse. Nous signalons en outre, dans le gisement de Peyrère, une valve dont le crochet est mutilé, plus incurvée encore que M. Biali, mais portant à peu près la même ornementation. Dans l'état de conservation où e le est, et eu égard à l'incertitude qui plane encore sur le niveau exact de ce gisement, nous nous abstenons de nommer ce fossile et nous nous bor- nons à le rapprocher de M. Biali. — 13 -^ Loc. — Léognan (le Thil), valve droite (PL XV, fig. 10-11; et PI. XXI, fig. 22), coll. Bial de Bellerade. La Brède (Moras), coll. Degrange-Touzin, — Aqiiîtanîeii Peyrehorade (Peyrère), coll. Raulin. — Helvétîen? MODIOLA Lamk. 1801 (= Modiolus Lk. 1799). Coquille peu épaisse, oblongue, étroitement allongée ou piriforme et dilatée en arrière; crochets non terminaux, situés très en avant, mais dépassés par l'extrémité antérieure des valves; surface externe lisse ou ornée, partagée par une croupe plus ou moins arrondie, gibbeuse vers le crochet, atténuée vers l'extrémité postérieure ; charnière édentée ou avec quelques crénelures en avant du crochet; ligament sub- interne, non recouvert par le bord dorsal, assez large, séparé par une faible arête de la surface interne et nacrée; impres- sion du muscle antérieur saillante hors de la cavité umbonale; impression de l'adducteur postérieur très allongée en forme de croissant ou de palmule; impression palléale entière, plus écartée du bord postérieur que du contour ventral (G. -T. : Mytilus modiolus Lin. Viv.). On distingue généralement deux Sections : Amygdalum Mégerle, 1811 {fide Môrch, 1853) qui est caractérisé par son épiderme vernissé, la dénomination Modiola s. str. étant alors réservée aux formes barbues (G. -T. : M. picta Lamk. Viv.). D'après Fischer, Modiella Monts. 1884 (non Hall, 1883) ne semble pas en différer. En tous cas, en ce qui concerne les espèces fossiles dont l'aspect extérieur est le même, il est bien difficile de les rapporter à Modiola ou à Amygdalum, les caractères internes étant les mêmes, de sorte que nous laissons de côté cette Section, d'autant plus que dans les terrains secon- daires il faudrait alors séparer les espèces imbriquées (il/, imbricata Sow. Bath.). Brachydoiites Swainson, 1840. — Surface ornée de stries rayonnantes; bord cardinal souvent crénelé (G. -T. : Mytilus sulcatus Lamk. Viv.). . . — 14 — On peut, à la rigueur admettre cette Section qui se reconnaît assez facilement à cause de son ornementation; elle est bien représentée dans 1 Eocène, mais nous n'en connaissons aucune espèce dans notre Mio- cène (1). A ces subdivisions, il y a lieu d'ajouter : Myrina H. et A. Adams, 1857 {=AduIaE. et A. Adams, 1857). — Coquille oblongue, transverse, subéquilatérale, faiblement rayonnée en avant, subanguleuse et même tronquée sur la région anale (G. -T. : M. pelagicus Forbes, et M. soleniformis d'Orb. Viv.). En résumé Modiola se distingue de Mytilus, non seulement parce que le contour antérieur dépasse les crochets, mais surtout parce que le. bord cardinal est retroussé à cette extrémité, et parce que l'impression de l'adducteur antérieur — au lieu d'être refoulée au fond de la cavité umbo- nale — en sort assez loin, sous la forme d'un éventail à demi-ouvert; d'autre part, l'impression du muscle postérieur est dépourvue de digita- tion, et le ligament est plus largement étalé, en quelque sorte, sur un repli du bord dorsal, l'arête de la nymphe étant bien moins proémidente. Nous ne croyons pas qu'on ait — jusqu'à présent — suffisamment insisté sur ces critériums internes. 448. Modiola Hœrnesi, Reuss. PI. XIV, fig. 5-6; et PI. XVI, fig. 7-8. 1867. M. Hœrnesi Reuss. Foss. Wieliczka, p. 121, pi. VI, fig. 2-4. 1870. — Hœrnes. Tert.Beck.'Wien,t.II, p.347,pl.XLV, fig.2. 189.5. — Cossm. S. qq. formes Bord., p. 20, pi. V, fig. 27-28. Test mince et fragile. Taille moyenne; forme assez convexe, subgibbeuse, allongée, inéquilatérale; bec antérieur très court, dépassant peu le crochet qui est corditorme et prosogyre; contour antérieur à peu près recliligne; bord palléal réguliè- rement arqué; contour postérieur déclive en arrière du cro- it) Nous avons cependanl, du yisemenl de Saubrigues (coll. Cossmann), quelques valves tout à l'ait népioniques, qui ont une ornementalion radiale bien visible; mais leur taille est réellement trop petite pour qu'on puisse les caractériser et — par suite — les dénommer. — 15 — chet, arqué ou coudé au milieu de la hauteur, puis presque rectiligne jusqu'à sa jonction avec le contour palléal. Surface dorsale entièrement lisse, partagée par une croupe un peu anguleuse vers le crochet, s'arrondissant ensuite jusque vers le bord palléal ; région antérieure plus rétrécie et légèrement excavée; région postérieure déprimée et un peu creuse. Charnière édentée, à bord retroussé sous le crochet et en avant; rainure ligamentaire assez profonde, s'élargissant peu à peu jusque vers le tiers de la hauteur; nymphe obsolète, peu saillante en arrière. Impression du muscle postérieur allongée et bilobée; impression palléale très écartée du bord inférieur, beaucoup plus rapprochée du contour ventral auquel elle n'est pas tout à fait parallèle. DiM. Longueur : 19 mill. ; largeur : 9 mill. R. D. — L'unique valve figurée, à l'appui de la diagnose de 1895, était de petite taille et présentait quelques différences avec les spécimers d'Autriche qui d'ailleurs avait été également grossis par le dessinateur des planches de Hœrnes ; le nouveau plésiotype de Saint-Avit que nous venons de décrire a une taille plus que deux fois supérieure et il peut être consi- déré comme ayant atteint l'âge adulte; il nous permet donc de confirmer l'assimilation faite entre les spécimens de notre Aquitanien et ceux de l'Helvétien du Bassin de Vienne, autant qu'on peut le faire d'après de simples figures, sans avoir comparé les originaux; seule, cette compa- raison pourrait autoriser la séparation d'une mutation ancestrale dans l'Aquitaine. C'est une espèce moins dilatée que M. subangulata du Bassin de Paris ; elle se distingue de M. adriatica par sa forme plus contournée, moins élargie, par son bec antérieur moins acuminé, par sa surface dorsale plus gibbeuse et plus carénée vers le crochet, par son impression musculaire moins grande et mieux bilobée, par sa rainure ligamentaire plus profonde vers le crochet. Quant à M. barbata — (\\n a presque la même forme — c'est une coquille dont les crochets sont presque terminaux, de sorte qu'elle n'a pas le bec antérieur et acuminé de M. Hœrnesi; en outre, l'espèce actuelle a le liga- ment superficiel et l'impression de l'adducteur postérieur non bilobée. Loc. — Saucats (Lariey), valve droite (PI. XIV, fig. 5-6), coll. Cossmann; Saint-Avit, valve gauche (PI. XVI, fig. 7-8), coll. Degrange-Touzin ; coll. Cossmann. Léognan (le Thil), coll. Bial de Bellerade, Degrange-Touzin. Mérignac (Pontic), coll. Peyrot. — Aquitanien. 16 449. Modiola minuscula Cossmann. PL XIII, fig. 22-23. 1895. M. minuscula Cossm. S. qq. formes Bord., p. 20, pi. V, fig. 2.5-26. Test mince. Taille microscopique; forme peu convexe, ovale, assez large et dilatée au milieu, plus rétrécie en avant, arrondie en arrière, inéquilatérale;* contour antérieur presque rectiligne ou à peine excavé, raccordé par un arc régulier avec le con- tour palléal; extrémité buccale semicirculaire, dépassant à peine le crochet qui est peu saillant, prosogyre ; contour supérieur d'abord déclive en arrière du crochet, puis se rac- cordant graduellement sans coude avec le contour palléal. Surface externe lisse, assez régulièrement bombée, un peu excavée cependant sur la région anale, vers le bord. Bord cardinal mince et peu retroussé, muni d'imperceptibles crénelures sous le crochet, puis d'une autre série de crénelures obsolètes sur le contour buccal; le reste des bords est lisse; rainure ligamentaire excessivement étroite et assez longue. Impressions internes peu distinctes sous la couche subnacrée. DiM. Longueur : 5 milL; largeur : 3,5 mill. R. D. — Quoique le plésiotype ci-dessus décrit ait une taille double de celle du type originel, les caractères sont identiques, ce qui confirme et justifie la séparation de M. minuscula qnï n'est pas un jeune M. Hœrnesi et qui en diffère par sa forme plus large, plus régulière, surtout moins bombée par l'absence d'une croupe gibbeuse comme il en existe chez l'aulre espèce; en outre, les crénelures du bord buccal sont caractéris- tiques et nous pouvons actuellement affirmer que ce ne sont pas des ves- tiges de la prodissoconque. L'espèce qui s'en rapproche le plus est M. amnura Cossm., du Cuisien des environs de Paris (Hérouval) ; mais cette dernière a une forme plus ovale encore, l'extrémité buccale moins atténuée, le contour antérieur moins dilaté au milieu. Nous mentionnons comme appartenant à la môme espèce une toute petite valve droite, éti(juelée de Pont-Pourquey. qui nous intrigue beau- coup, car elle a conservé un épiderme vert foncé et brillant (sauf la pro- dissoconque qui est blanche); la surface interne est verdàlre et nacrée, - 17 — la forme est encore un peu plus arrondie que celle des individus de Sau- cats, et le crochet est encore plus voisin de l'extrémité buccale, toutefois, il y a bien les crénelures caractéristiques de M. minuscula, de sorte qu'il nous paraîtrait excessif d'attribuer un nom distinct à cet individu qui nous laisse d'ailleurs quelques doutes au point de vue de son origine fossile. Loc. — Saucats (Min de l'Eglise); une valve droite plésiotype (PI. Xlll, fig. 22-23), coll. Bial de Bellerade; Min de Lagus), cotypes (dont un valve), coll. Cossmann ; coll. Degrange-Touzin. Pont-Pourquey (?), coll. Degrange- Touzin. — Bnrdigalîeii. LITHODOMUS Cuvier, 1817-. (= Lithophagus Bolten nom. nud.). Coquille épidermée, équivalve, transverse-oblongue, con- vexe, rhomboïdale ou subcylindriqiie, très inéquilatérale ; extrémité antérieure arrondie; extrémité postérieure ovale, rostrée ou cunéiforme; contours latéraux parallèles; bord car- dinal linéaire, édenté; ligament linéaire, interne; impression du muscle antérieur en forme de haricot, transversalement logée tout au fond de la cavité umbonale; impression du muscle postérieur longue et palmulée ; impression palléale entière; surface interne nacrée. S. str. — Crochets peu gonflés, contigus, situés un peu en arrière du contour buccal édenté ; surface externe marquée de rides transverses sur la région antérieure (G. -T. : Mytilus lithophagus Lin. Viv.). Lithodomus se distingue de Mytilus par ses crochets, de Modiola par sa forme et par ses impressions musculaires, des deux par son habitat cavi- cole. Les espèces des terrains secondaires attribuées à ce Genre ne sont guère connues que par le moule calcaire de la cavité perforée par l'animal, et dans cet état, on peut aussi bien les dénommer Gastrochœna. Dans les terrains tertiaires, ce Genre est représenté par des valves munies de leur test, et le phylum se poursuit sans interruption jusqu'à l'époque actuelle, Sect. Botula Môrch, 1853. — Coquille oblongue, subrhom- boïdale, sinueuse sur le bord ventral; crochets cordiformes et écartés, subterminaux; impression de l'adducteur antérieur Tome LXVIII. 2 ^ 18 — hors de la cavité umbonale (G. -T. : L. cinnamomeus Lamk. Viv.). Cette Section est caractérisée par la proéminence et l'écartement des crochets presque terminaux; l'impression musculaire antérieure — autant que nous avons pu le constater chez les plésiotypes fossiles — fait davan- tage saillie hors de la cavité umbonale. C'est exclusivement Botula qu'on trouve dans l'Eocène, les vrais Lithodomes n'ont guère commencé à se montrer qu'à la base du Miocène. Sect. Liosolen Carpenter em. (Liosolemis) 1856. — Cavité perforée par l'animal, prolongée par un tube plus ou moins bilobé à son extrémité et contracté à la jonction (G.-ï. : L. spatiosus Carp. Viv.). On n'en connaît pas de représentant à l'état fossile. Sect. Mioforceps Fischer, 1886. — « Valves munies, à leur extrémité postérieure, d'appendices calcaires, adventifs, croisés » (G. -T. : L. caudiger Lamk. non caudigenis quod est solecisnms) . On peut se demander si cette Section est bien nécessaire : en etfet, on passe graduellement des formes aiguës, telles que L. attenuatus Desh., aux formes rostrées, telles que L. Cumingianus Dunker, où la pointe de L. caudiger commence déjà à apparaître. Quoi qu'il en soit, nous ne con- naissons pas de formes fossiles qui puisse s'y rapporter. 450. Lithodomus avitensis Mayer. PI. XI, fig. 27-30 1830. Modiola lithophaga Dubois. Conch. Volhynie, p. 68, pi. VII, fig. 33-34 (non L.). 1839. Lithodomus J if hophagus Grat. Cat. zool. Gir., p. 61, n°655. 1870. Lithodomus acitcnsis Mayer in Hœrn. Tert. I-Jock., Wien, t. II, p. 35i, pi. XLV, fig. 12. 1873. — Beiioist. Cat. Saucats, p. 66, n" 183. Test mince et fragile. Taille grande ; forme ovoïdo-cylin- drique, très allongée, assez convexe, plus atténuée à l'extrémité antérieure que sur le contour postérieur; bord palléal à peine - 19 — arqué; bord dorsal déclive et presque rectiligne jusqu'aux deux tiers de la longueur, puis insensiblement coudé et se raccordant par un ovale régulier avec le contour palléal; cro- chets peu gonflés, enroulés et prosogyres, atteignant presque le même niveau que le contour buccal. Surface dorsale médio- crement bombée par une croupe très obsolète qui s'atténue beaucoup vers le bord ; la région située en avant de cette croupe est vaguement ornée de rayons subparallèles et perpendicu- laires au bord palléal qui paraissent gravés dans l'épaisseur du test noirâtre; accroissements irréguliers, avec des arrêts de place en place. Bord cardinal mince et édenté, retroussé sur le contour buccal et en arrière du crochet oîi il recouvre par superpo- sition le bord ligamentaire; rainure étroite et profonde, un peu élargie et plus superficielle vers la moitié de la longueur des valves où elle prend fin; nymphe réduite à une petite arête très mince et peu saillante. Impression du muscle anté- rieur hastiforme, ne s'avançant guère hors de la cavité urnbo- nale; impression du muscle postérieur très large et palmulée; impression palléale voisine du bord, surtout vers le contour antéro-palléal ; surface interne nacrée. DiM. Longueur : 55 mill.; largeur : 17,5 mill. R. D. — Longtemps confondue avec l'espèce actuelle, la coquille aqui- tanienne en a été séparée par Mayer, et Hœrnes a appliqué le nom avi- tensis aux individus du Bassin de Vienne, quoique ces derniers paraissent, d'après les ligures, beaucoup plus étroits que ceux des environs de Bordeaux. La principale différence réside dans la saillie des crochets qui est beaucoup plus grande chez notre fossile que chez L. lithophaga L., dont le contour buccal les dépasse bien davantage; en outre, la croupe dorsale est encore plus atténuée chez ce dernier, l'impression du muscle postérieur est aussi plus irrégulière, le ligament est sensiblement plus étroit et un peu plus long (comparaison faite avec des échantillons d'Oran, coll. Cossmann). Les spécimens du Piémont, figurés dans la Monographie de M. Sacoo, paraissent plus larges et moins bombés; il est probable qu'ils appartiennent à une mutation bien différente, mais leur état de conservation ne nous permet pas d'être affirma tifs à cet égard; toutefois les spécimens de Manthelan (coll. Cossmann) ressemblent bien davantage à ceux de Saint-Avit qu'à ceux du Piémont et qu'à ceux de la Méditerranée. — 20 — Loc. — "Villandraut (Gamachot), deux belles valves opposées (PI. XI, fig. 27-30), coll. Rozier. Léognan (le Thil), deux petites valves opposées, coll. Bial-Neuville. Mérignac (Baour), fragments, coll. de Sacy, - Aqui- tanieu. 451. Lithodotnus saucatsensis Mayer. PI. XI, %. 1-4. 1858. Lithodomus saucatsensis Mayer. Joiirn. Conch., t. VII, p. 78. 1873. Modiola saucatsensis. Cat. Saucats, p. 66, n^ 184. Test mince et fragile. Taille très grande; forme étroite comme une gouttière, à contours latéraux parallèles et presque rectilignes ; extrémités antérieure et postérieure également atténuées, crochets un peu gonflés, n'atteignant pas le niveau du contour buccal. Surface dorsale médiocrement bombée, partagée par une faible dépression décurrente et rectiligne qui aboutit au bout du bord palléal; la région dorsale est lisse et à peine creuse; sur la région palléale, on distingue des rides transverses et régulières, très visibles dans le voisinage du contour, parfois un peu onduleuses. Bord cardinal mince et édenté, faiblement retroussé, ne dépassant guère le crochet en arrière ; aire ligamentaire presque linéaire, s'étendant jusqu'à la moitié de la longueur des valves. Impressions internes peu distinctes. DiM. Longueur : 12 milL; largeur : 3 mill. (Mayer indique 78 mill. sur 25 mill.; mais ces dimensions ont été vraisem- blablement calculées d'après des fragments et les chiffres qui en résultent sont sujets à caution). R. D. — L'espèce dont il s'agit n'a pas été figurée jusqu'à présent et par suite elle est sujette à interprétation, dans un Genre aussi peu varié que Lithodomus, surtout avec la difficulté qu'on a d'étudier les caractères internes, omis dans la plupart des diagnoses jusqu'à présent. Pourtant, il y a quelques différences que nons avons observées et qui permettent de séparer L. saucatsensis de L. aviteiisis : d'abord la forme des jeunes spé- cimens intacts est beaucoup plus étroite, plus également atténuée aux extrémités; en outre, on remarque sur la surface dorsale une légère — 21 — dépression rayonnante, en quelque sorte un sillon de partage très super- ficiel, qui n'existe ni chez L. avitensis, ni surtout dans L. iithophaga; enfin, comme Ta signalé Mayer, les rides transverses sont beaucoup plus sail- lantes que chez l'espèce actuelle, et surtout que chez L. avitensis où cette ornementation semble très fugitive. D'autre part, l'aire ligamentaire est particulièrement étroite et obsolète chez L. saucatsensis; mais il est pos- sible que cette apparence soit attribuable à la petite taille des spécimens étudiés qui sont des jeunes. Loc. — Mérignac (F*iganeau), deux valves inégales (PI. XI, fig 1-4), coll. Neuville. Pessac (Tarpingeau), coll. Degrange-Touzin. — Aqni- tanîeii. Canéjan (coll. Peyrot), un spécimen de 25 mill. de longueur et de 7 mill. de largeur. — Bardigalfeii. 452. Lithodomus aturensis ?iov. sp. PL XVI, fig. 11-14. Test peu épais. Taille moyenne ou assez grande; forme étroitement ovale et allongée, très convexe, inéquilatérale ; extrémité antérieure arrondie, à peu près au même niveau que les crochets; bord palléal très peu arqué, presque recti- ligne ; extrémité postérieure largement elliptique ; bord supéro- dorsal rectiligne jusqu'à la moitié de la hauteur où il s'inflé- chit — sans faire un coude anguleux — pour rejoindre en ligne droite la courbe du contour postérieur; crochets peu gonflés, faiblement contournés et peu cordiformes, atteignant presque le niveau de l'extrémité antérieure. Surface dorsale lisse, sauf quelques accroissements peu réguliers, également bombée partout, excepté le long du bord dorsal oii elle est un peu excavée. Charnière mince et édentée, à bord retroussé sur une faible étendue, un peu en arrière du crochet; rainure ligamentaire très superficielle, rapidement élargie et dépourvue de nymphe, se terminant au-dessus du coude du contour dorsal; impres- sion du muscle antérieur ovale-arrondie, sortant peu de la cavité umbonale; impression du muscle postérieur et impres- sion palléale peu distinctes; surface interne non nacrée. DiM. Longueur : 26 mill.; largeur : 10,5 mill. 99 -*/W ^^ R, D. — Cette espèce doit être distinguée de L. avitensis, non seule- ment à cause de l'absence d'ornementation transverse sur la surface dorsale — ce qui pourrait être attribué à l'usure de l'épiderme par suite de la fossilisation — mais surtout à cause de ses crochets moins enroulés et moins gonflés, à cause de sa forme plus large et plus courte, plus régu- lièrement bombée, et aussi par la présence d'une inflexion très visible — entre deux portions rectilignes — du contour dorsal; les impressions musculaires et surtout la rainure ligamentaire présentent également des différences que la simple lecture des deux diagnoses permet immédiate- ment d'apprécier. Il semble donc qu'il s'agit bien là d'une race distincte, encore plus écartée de l'espèce actuelle qui a les crochets bien moins terminaux. Loc. — Dax (Mandillot), deux valves opposées du même individu (PI. XVI, flg. 11-14), coll. Degrange-Touzin ; (Min de Cabannes), coll. Cossmann. — Burdîgalieii. 453. Lithodomus (Botula) subcordata [d'Orb.]. PI. XVI, flg. 15-19. 1825. Modiola cordata Baèt . Mém. euv. Bord., p. 79 («on Lamk.). 1850. Mytilus subcordatm d'Orb. Bord., III, 26e et., n° 2370. 1895. Lit hodoinm suhcordatus Cossm. S. qq. formes Bord., p. 19, pi. V, fig. 23-24. Test fragile, quoique relativement épais. Taille moyenne; forme très convexe, étroite, et allongée, rétrécie et arrondie en avant et en arrière, faiblement dilatée au milieu; extré- mité buccale presque au niveau du crochet; contour palléal excavé; contour supéro-dorsal arqué et parallèle au contour palléal; crochets cordiformes, très gonflés, contournés, en retrait par rapport au contour buccal. Surface dorsale lisse, terne, déprimée sur la région médiane qui est séparée de la région buccale par un angle décurrent et obsolète; la croupe postérieure est largement arrondie, et la région comprise entre elle et le bord dorsal est légèrement creuse contre le contour; stries d'accroissement peu visibles, sauf quelques arrêts en gradins espacés. Bord cardinal dépourvu de dents, épaissi sons le crochet, un peu retroussé en avant, se superposant à l'autre en arrière — 23 — du crochet; rainure ligamentaire rapidement élargie, très finement crénelée sur le rebord externe, limitée à l'intérieur par une nymphe mince et tranchante qui descend presque jusqu'à la moitié de la longueur des valves. Surface interne à peine nacrée; impression du muscle antérieur grande et ovale, complètement en dehors de la cavité umbonale; impression du muscle postérieur non moins grande, mais plus arrondie; impression palléale d'abord écartée du bord lisse, puis se rap- prochant beaucoup du contour vers l'extrémité antérieure. DiM. Longueur : 15,5 mill.; largeur : 7,5 mill. ; épaisseur des deux valves : 7 mill. R. D. — D'Orbigny a séparé — avec raison — cette coquille de l'espèce lamarckienne du Bassin de Paris : en effet, ses crochets ne font pas saillie au-delà du contour buccal, comme cela a lieu chez L. cordata Lk. ; en outre, elle est plus étroite que cette dernière, son extrémité postérieure est plus atténuée, et son contour palléal est moins excavé que chez l'espèce parisienne. Si on la compare à L. argentina Desh., du Bartonien de Seine-et-Oise, on remarque qu'elle est moins rectiligne et plus gonflée sur le contour dorsal. D'ailleurs l'espèce s'allonge à mesure qu'elle grandit. Le ligament et les impressions n'avaient pu être étudiés sur le spécimen- type, de petite taille; la coquille atteignant des dimensions beaucoup plus grandes, nous avons pu, à l'aide des communications qui nous ont été faites, compléter ou rectifier la diagnose originale. 11 n'y a rien de semblable dans le Bassin de Vienne ni dans le Piémont : il semblerait donc que ce groupe s'est éteint au milieu du Miocène, si le descendant ne se retrouvait dans les mers actuelles sous la forme Botula qui parait bien présenter les mêmes caractères. Loc. — Léognan (Le Thil infr), néotypes (PI. XVI, fig. 15-19), coll. Degrange-Touzin ; spécimen valve, coll. de Sacy; Mérignac (Baour), toutes les coll. Saucats (Lariey), Cabanac (Pouquet), coll. Degrange- Touzin. Pessac (Lorient), commune. — Aqiiitanien. 45i. Lithodomus (Botula) subcordata d'Orb. mut. Lozesi nov. mut. PI. XV, fig. 23; et PI. XXI, fig. 49. R. D. — Cette mutation se distingue — à première vue — de la forme aquilanienne par son galbe beaucoup plus étroit et plus allongé, un peu moins excavé sur le contour palléal; en outre, son ligament est loin d'atteindre la moitié de la longueur des valves. La grande valve gauche — 24 — — que nous avons réussi à extraire sans la briser — mesure 18 mil!, de longueur sur 7 mill. de largeur. Loc. — Manciet (Gers), type (PI. XV, tig. 23; et PI. XXI, fig. 19), coll. Cossmann ; coll. Peyrot, Duvergier. — Helvétieii. MODIOLARIA Beck in Lôven, 1846. Test peu épais. Coquille ovoïde, plus ou moins convexe, inéquilatérale; crochets gonflés, cordiformes, prosogyres, attei- gnant presque le niveau du contour buccal qui est largement arrondi; surface tripartite, la région antérieure et la région anale ornées de costules rayonnantes, la région médiane sim- plement marquée par les lignes d'accroissement; charnière tantôt lisse, tantôt crénelée; aire ligamentaire assez large, limitée par une faible arête; impression de l'adducteur anté- rieur subtrigone, s'étendant hors de la cavité umbonale pres- que perpendiculairement au bord opposé et jusqu'à une faible distance; impression du muscle postérieur ovale-allongée, subdigitée en avant, prolongée en arrière par la zone palléale qui est parallèle au bord; surface interne subnacrée. Les caractères internes de Modiolaria diffèrent peu de ceux de Modiola, quoique cependant l'impression de l'adducteur postérieur soit un peu moins digitée. Ce Genre a été divisé en Sections d'après l'aspect de la surface dorsale. S. str. Forme globuleuse, subrhomboïdale (G. -T. : Mytilus discors Lin. Viv.). Sect. Semiinodiola Cossmann, 1887. — Forme gibbeuse et courbée; stries rayonnantes interrompues par un sillon qui coïncide avec l'angle dorsal; bord cardinal crénelé (G. -T. : Modula hastata Desh. Eoc). Ce sont des Modioles étroites à ornementation de Modiolaria, mais le bord cardinal n'est pas lisse comme chez Modiolaria s str. Sect. Gregai-iella Monterosato, 1884 {= Botulina Dali, 1889). — Coquille allongée, arciforme, à bords crénelés de part et — 25 — d'autre du crochet; surface dorsale barbue chez les formes actuelles, treillissée en arrière quand les filaments ont dis- paru, par conséquent chez les fossiles (G. -T. : M. Petagnœ Scacchi = M. sulcata Risso, non Lamk. Viv.). Cette Section peut, à la rigueur, se distinguer de Modiolaria s. str. par sa forme subcylindrique, par les crénelures du bord antérieur et du bord dorsal qui donnent Tillusion de la ressemblance avec certaines Barbatia; en outre la région lisse est encadrée de deux régions treillissées, l'anté- rieure très peu étendue, le treillis étant précisément produit par les lames auxquels s'altaclient les filaments barbus. Sect. Plaiiimodiola Gossmann, 1887. — Goquille ovale, aplatie, atténuée en avant, élargie en arrière, caractérisée par deux sinuosités qui limitent — sur le contour antérieur — les extrémités de l'aire dépourvue de côtes rayonnantes; cette aire est largement développée et généralement couverte d'un fm treillis de stries rayonnantes et concentriques; bord anté- rieur et bord ligamentaire bien crénelés (G. -T. : Modiola sulcata Lamk. Eoc). On distingue assez facilement Planirnodiola de Modiolmna et de Grega- riella par son galbe aplati et par ses crénelures; l'aire médiane et sub- convexe, non rayonnée mais très finement treillissée, est mieux limitée que chez Semimodiola par des sillons qui produisent des sinuosités sur le bord ventral. Toutes ces formes existaient déjà à l'époque éocénique; on cite même des Modiolaria dans les terrains secondaires. 455. Modiolaria tenuiradiata, ?îov. sp. PL XI, fig. 15-18. Test mince. Taille grande; forme très convexe, étroite, allongée, inéquilatérale, atténuée à l'extrémité antérieure, plus élargie sur le contour palléal ; contour antérieur saillant en avant, légèrement excavé au milieu, arrondi sur le bord palléal; contour postérieur ovale dans le prolongement du contour palléal; crochets très gonflés, prosogyres, situés au — 26 — dixième de la longueur, du côté antérieur. Surface dorsale irrégulièrement bombée par une croupe arrondie et décur- rente sur le tiers postérieur; au point de vue de l'ornemen- tation, il y a trois régions distinctes; l'antérieure porte six fines costules sous le crochet, puis une vingtaine de côtes rayonnantes plus épaisses et séparées par des rainures plus larges, parfois bifides vers le bord, décroissant graduellement vers l'arrière; région médiane et lisse, un peu excavée, non limitée de part et d'autre, simplement ornée de plis d'accrois- sement fins et peu réguliers ; à partir du tiers de la hauteur, les costules réapparaissent graduellement, souvent inégales, séparées par de petits sillons ponctués ou déçusses par les lignes d'accroissement; au delà de la croupe dorsale, la surface est un peu excavée vers le bord, mais ornée de la même manière. Charnière édentée; crénelures assez régulières sur toute l'élendue de la commissure des valves, sauf le long du bord ligamentaire qui est largement replié à l'intérieur et marqué de stries d'accroissement transverses, incurvées, qui se diri- gent tangentiellement à l'étroite rainure destinée à loger le ligament contre l'arête linéaire constituant la nymphe. Impres- sion du muscle postérieur étroite, allongée en forme de pépin, presque contiguë au bord, succédant immédiatement au rebord ligamentaire qui s'allonge au delà de la moitié de la hauteur. DiM. Longueur : 40 mill. ; largeur : 21 mill. R. D. — Belle et grande coquille qui ne peut se rapprocher d'aucune de celles que Hœriies et M. Sacco ont décrites; elle est caractérisée par sa forme piroïde et allongée, par ses costules qui s'atténuent graduelle- ment de part et d'autre de l'aire lisse, tandis que — chez la plupart des espèces actuelles — cette aire est nettement limitée par un sillon de chaque côté. Elle est moins ovoïde que M. seminuda Desh., du Bartonien des environs de Paris, et ses crochets s'avancent plus vers l'extrémité antérieure; en outre, son aire lisse s'étend moins vers l'extrémité postérieure. M. arcœ- forinis Cossm., du Lutécien, est plus excavée, ses côtes et ses crénelures sont plus grossières, etc Loc. — Saucats (M'Q de Lagus), valve gauche (FI. XI, fig. 15-17), coll. — 27 — Bial de Bellerade; Léognan (Coquillat), valve droite- (fig. 18), coll. Degrange-Touziii, Dax (M'n de Cabannes), coll. Cossmann, Degrange- Touzin; Dax (Mandillot), coll. Degrange-Touzin. Cestas, un fragment? coll. de Sacy. — Burdigalien. 456. Modiolaria {Semimodiola?) Sacyi nov. sp. PI. XVI, fig. 39. Test mince. Taille petite; forme étroite, lithodomoïde, à contours latéraux presque parallèles, également atténuée à ses deux extrémités; crochet peu gonflé, prosogyre, atteignant le niveau de l'extrémité buccale. Surface dorsale bombée, par- tagée par une croupe subanguleuse, quoique arrondie gra- duellement vers le bord; région médiane un peu excavée, surtout contre la croupe décurrente ; région anale également excavée vers le contour; on distingue quelques stries rayon- nantes et obsolètes, sur la croupe et sur la région anale, puis quelques larges costules effacées, dans le voisinage du cro- chet; le reste est lisse ou simplement muni d'accroissements peu réguliers. Bord cardinal un peu épaissi et retroussé jusqu'à une petite distance en arrière du crochet, portant une dizaine de créne- lures décroissantes ; il y a en outre de fines crénelures sur tout le contour dorsal et jusqu'à l'extrémité palléale ; rainure ligamentaire d'abord profonde, puis rapidement élargie, limitée par une arête tranchante qui se prolonge jusqu'aux trois cinquièmes de la hauteur. Surface interne nacrée; impressions indistinctes. DiM. Longueur : 7 mill. ; largeur : 2 mill. R. D. — On serait tenté de confondre cette petite coquille avec un Lilhodome, et particulièrement avec L. saucatsensis qui est à peu près aussi étroit; mais la présence de crénelures sur le bord cardinal, ainsi que sur une partie du contour, Texistence de stries rayonnantes à l'arrière et contre le crochet, etc montrent qu'il s'agit bien d'une Modiolaire, absolument différente d'ailleurs de M. tenuiradiata, non seulement par sa forme étroite et régulière, mais encore par son ornementation peu développée. — 28 — On trouve, dans le Bassin de Paris, des Semimodiola presque aussi étroites et à contours parallèles, telles — par exemple — que M. Bernayi Desli. ; nous n'avons malheureusement pas pu comparer les caractères internes, mais la surface dorsale de l'espèce parisienne porte une orne- mentation mieux limitée. Loc. — Mérignac (Baour), une valve gauche (PI. XVI. fig. 39j, coll. de Sacy; une valve droite, trop incomplète pour être figurée, coll. Degrange- Touzin. — Aquîtaiiien. 457. Modiolaria (Gregariella) Neuville! nov. sp. PI. XVI, %. 24-29'"^ Test mince et fragile. Taille très petite; forme étroite, rhomboïdale, très convexe et carénée sur le dos, très inéqui- latérale; extrémité antérieure arrondie dépassant à peine le crochet; contour palléal à peu près rectiligne, se raccordant par un angle arrondi avec le contour anal qui est oblique et rectiligne; bord supéro-postérieur à peu près parallèle au bord palléal; crochets gonflés, prosogyres, presque terminaux. Surface dorsale gibbeuse, aplatie au milieu, portant en arrière un angle décurrent qui aboutit à la jonction du contour palléal et de la troncature anale; toute la région située au delà de cet angle est excavée et ornée de plis d'accroissement épais et écartés, qui sont crénelés par des costules rayonnantes; la région médiane est finement ornée de costules qui divergent — sur la croupe anguleuse — avec celles de la région anale; la région antérieure paraît lisse, sauf aux abords du crochet où les costules reparaissent, quoique peu visibles. Bord cardinal très mince, finement muni de crénelures obliques près du crochet; plus loin en arrière, les crénelures sont plus grosses et plus droites; elles sont beaucoup plus fines sur le contour anal et à l'extrémité postérieure du con- tour palléal; le reste du contour est lisse en avant, sauf dans le voisinage immédiat du crochet, sur la saillie buccale. Impres- sion du muscle postérieur assez grande et allongée; impression palléale voisine du bord; surface interne non nacrée. DiM. Longueur : 6,5 mill. ; largeur : 3,5 mill. — 29 - R. D. - - Notre nouvelle espèce est moins allongée, plus rhomboïdale que M. Petagnœ (1) (= M. sulcata Risso, non Lamk.); son contour palléal est plus rectiligne, avec un angle plus net et moins arrondi à sa jonction avec le bord palléal, ce qui lui donne un aspect arciforme plutôt que bar- batoïde. Les différences sont à peu près les mêmes entre M. Neuvillei et M. arcœformis Cossm , des environs de Paris, qui est plus cylindrique, plus excavé sur le bord palléal. La forme toute particulière de cette coquille — qui la place dans le S. -G. Gregariella — nous dispense de la comparer aux autres Modiolarla de l'Aquitaine classées dans d'autres groupes. Sa fragilité est probablement cause qu'elle a échappé jusqu'à présent aux recherches paléontologiques. Loc. — Villandraut (Gamachot\ valve droite type (PI. XVI, fig. 24-26), coll. Cossmann. Mérignac (Piganeau), deux valves presque intactes (fig. 27-29bis), coll. ISeuville. — Aquitaiiien. 458. Modiolaria (Pianimodioia) saucatsensis Cossmann. PI. XI, fig. S-8. 1895. Modiolaria saucatsensis Cossm. Sur qq. formes nouv. Bordelais {A. F. A. S.), p. 21, pi. V, fig. 29-31 . Test mince et fragile. Taille petite ; forme peu convexe, ovoïde, allongée, inéquilatérale; côté antérieur plus développé, assez fortement arqué en avant, peu convexe sur la plus grande partie du contour buccal; côté postérieur régulière- ment elliptique; bord palléal elliptique; crochets à peine saillants, prosogyres, un peu gonflés, situés un peu au-dessous de la saillie antérieure du contour buccal. Surface dorsale médiocrement bombée, divisée en trois régions inégales; l'antérieure très courte est ornée de dix sillons rayonnants, séparant des côtes larges et plates; la région médiane, un peu plus large et bien limitée, est lisse ou ne porte que des rides d'accroissement fines et obsolètes; enfin la région postérieure, (1) Dans sa récente élude sur la récolle malac. de la mission Gruvel, (A. S. L. B., 1910, p. 117), M. Daulzenberg a fait observer que le nom Petagnae (1836) est posté- rieur d'une année à barbatella Cantr. et que par conséquent, c'est ce dernier qu'il faut définitivement adopter. - 30 - un peu plus convexe que le reste de la surface, est munie de larges côtes peu saillantes, séparées par des sillons ponctués et assez étroits. Charnière très étroite, avec cinq ou six dents sous le cro- chet, bien distinctes des crénelures qui leur succèdent immé- diatement sur le bord buccal; le contour de l'aire lisse n'est pas crénelé, mais les crénelures apparaissent de nouveau sur toute l'étendue du contour palléal, plus écartées sur le contour anal, sauf dans le voisinage du crochet où elles s'atténuent et disparaissent à peu près complètement. Impressions internes non distinctes. DiM. Longueur : 6,5 mill. ; largeur : 3,5 mill. Taille max. : 11 mill. sur 6,5 mill. (coll. Bial). R. D. — Cette fragile petite coquille a beaucoup d'analogie avec M. sul- cata Lamk., génotype de Planimodiola, quoiqu'elle soit cependant plus ovale, moins étroite, dépourvue — sur son contour buccal — des sinuosités qui marquent les limites de l'aire lisse chez l'espèce parisienne. Si on la compare à M. discon Lin., de la Manche, on remarque qu'elle est moins convexe et moins arrondie et que son aire lisse ne s'étend pas autant en arrière. Il en est de même de M. condita Mayer, que Hœrnes cite comme lui ayant été communiquée par l'auteur avec une indication de provenance de Saucats : il est bien évident que Mayer avait confondu la forme du Bassin de Vienne avec celle des environs de Bordeaux; mais, comme elle a été décrite et figurée sous le nom condita d'après des individus de Gainfahren, les spécimens de l'Aquitaine — plus étroits et plus ovales, à crochets moins saillants, à ornementation plus restreinte — doivent bien effectivement en être distingués sous le nom saucatsensis . Loc. — Saucats (Lariey), cotypes (PI. XI, fig. 5-8), coll. Cossmann ; peu rare; Saucats (le Son), coll. de Sacy. Mérignac (le Pontic), coll. de Sacy, Peyrot ; Villandraut (Gamachot), coll. de Sacy, coll. Bial Neuville. Léognan (le Thil), coll. Bial de Bellerade. Saint-Avit, coll. Benoist. — Aqnitanien. Saint-Médard-en-Jalle (La Fontaine), coll. Peyrot; Canéjan (Haut Bouscat), coll. Duvergier. Saucats (M>° de l'Eglise), coll. Cossmann, Degrange-Touzin. Cestas, (pré Cazeaux), coll. de Sacy, Degrange-Touzin. — Burdigalieii. ~ 31 — ARCOPERNA Conrad, 1865. Coquille mince et fragile, ovale-oblongue, très convexe, crochets gonflés, presque terminaux, cordiformes et proso- gyres; surface dorsale ornée de fines stries rayonnantes, par- fois treillissées; charnière épaissie, complètement édentée, sans crénelures; ligament interne, marginal, étroit et allongé, impression de l'adducteur antérieur bien visible, plus petite que celle de l'adducteur postérieur, et placée près du crochet (G. -T. : A. filosa Conrad. Eoc). D'après les diagnoses, Arcoperna se distingue de Crenella par l'absence de crénelures cardinales; toutefois, il convient de remarquer que — d'après Fischer lui-même {Manuel Conch., p. 970) les crénelures de Crenella ne sont que la continuation de celles des bords des valves : il y aurait donc d'autant moins d'importance à attacher à ce caractère différentiel que — chez les deux formes — le bord buccal forme un petit épaississe- ment lisse sous le crochet, prolongé un peu en arrière de ce dernier; or, ce n'est pas une dent puisque ce renflement existe sur les deux valves, complètement vis-à-vis et sans aucune apparence d'emboîtement, de sorte que Crenella et Arcoperna soit bien près de se confondre ensemble, et en fait on hésite souvent à rapporter, soit à l'un, soit à l'autre des deux Genres, les coquilles dont on n'a pu examiner les caractères internes — ce qui est rare eu égard à leur fragilité. Mais nous avons remarqué que Crenella a les impressions musculaires égales, situées presque à la même hauteur, comme chez les Taxodontes par exemple, tandis que chez Arco- perna, l'impression de l'adducteur antérieur est très voisine de la cavité umbonale et en forme de massue, tandis que l'autre impression est arrondie; en outre, le ligament est très petit et très court chez Crenella, beaucoup plus allongé chez Arcoperna; enfin, la surface interne est nacrée chez le premier, elle est terne ou argentée chez le second. Pour tous ces motifs réunis, la séparation des deux Genres s'impose, et c'est du second seul que nous avons à nous occuper ici. Arcoperna a commencé à apparaître dans TEocène de Tancien et du nouveau continent, de même que Crenella d'ailleurs; mais, tandis que le premier a des représentants dans le Néogène, nous ne connaissons pas, jusqu'à présent, de Crenella authentique dans le Miocène ni dans le Pliocène. — 32 - 459. Arcoperna Degrangei 7iov. sp. PL XV, fig. 1-2. Test mince. Taille très petite; forme convexe et gibbeuse, modioloïde, inéquilatérale, ovale et retrécie en avant, dilatée en arrière; crochet petit, un peu gonflé, peu prosogyre, situé au huitième de la longueur, du côté antérieur; contour dorsal rectiligne et déclive en arrière du crochet, puis coudé en arc au milieu de la hauteur, et se raccordant avec le contour semi-elliptique de l'extrémité postérieure; bord palléal presque rectiligne, se raccordant par des arcs réguliers avec les extré- mités. Surface dorsale partagée par une croupe élevée et très arrondie; région médiane un peu excavée, région anale déprimée surtout vers le contour; l'ensemble est orné de fins plis d'accroissement, subanguleux à l'intersection de fines costules rayonnantes, qui deviennent plus épaisses vers le contour anal; les plis concentriques sont peu treillissés sur la région médiane, mais les costules reprennent en avant, vers le crochet. Bord cardinal étroit, faiblement retroussé en arrière du crochet, sur lequel commencent les crénelures qui vont en décroissant jusqu'au contour palléal; rainure ligamentaire assez courte, profonde, rapidement élargie, limitée par une arête peu saillante qui fait suite au bord cardinal; crénelures grossières et obliques sur toute l'étendue du contour anal, depuis le ligament jusque vers le bord palléal. Surface interne non nacrée; impressions indistinctes. DiM. Longueur : 3,5 milL; largeur : 2 mill. R. D. — Quoique cette coquille ait une forme de Modiole ou de Cucullée, elle appartient bien par tous ses caractères (charnière, ornementation, ligament, etc ) au G. Arcoperna qui comprend, comme Von sait, des coquilles variables dans leur l'orme et leur aspect, non nacrées à l'inté- rieur, tandis que Crenella a le test complètement nacré, de véritables dents cardinales, outre les crénelures produites sur les bords par l'orne- mentation rayonnante. Beaucoup moins régulièrement ovale et bien plus [iclite qu'A, scricca Bronn, du Néogène d'Italie, elle a plutôt le galbe d'une Modiole parce que ses crochets sont situés en arrière de l'extrémité buccale qu'ils dépassent au contraire chez A. serlcea; l'ornementation d'A. Degrangei est d'ailleurs beaucoup moins fine et sa surface dorsale, plus gibbeuse en arrière, montre au milieu une petite dépression qui fait complètement défaut chez l'espèce du Pliocène. A. radiolata Desh., du Cuisien des environs de Paris, a une ornemen- tation très semblable à celle de notre fossile du Sud-Ouest; mais sa surface est plus régulièrement bombée, et par suite, son galbe est plus arrondi. Nous réunissons provisoirement à A. Degrangei une valve minuscule du gisement de Saubrigues, qui paraît ornée de costules plus larges et apla- ties, un peu grenues à l'intersection des accroissenents. Avant de la séparer définitivement, nous estimons qu'il y a lieu d'attendre qu'on en ait recueilli d'autres spécimens : on a vu d'ailleurs, à maintes reprises, que le terroir de Peyrère contient une faune qui se rapproche — par quelques uns de ses éléments — de celle des terrains tertiaires inférieurs, et par d'autres, de celle — très élevée — de Saubrigues : le rapproche- ment que nous faisons ici n'a donc rien d'inattendu. Loc. — Peyrehorade (Peyrère), une valve gauche (PI. XV, tig. 1-2), coll. Degrange-Touzin. — Helvétîeii? Saubrigues, une valve droite an sp. dist? Coll. Cossmann. — Tor- tonîeii. DREISSENSIIDM Gray em. 1840. Coquille mytiliforme, modioliforme, rhomboïdale ou avi- culoïde, équivalve ; test à structure prismatique, crochets terminaux, rarement subterminaux; surface rayonnée, lisse ou sillonnée par les accroissements, munie d'une croupe dor- sale plus ou moins anguleuse; bord ventral ou antéro-palléal rectiligne ou excavé pour le passage du byssus. Charnière édentée ou pourvue sous le crochet d'une saillie sublamel- leuse sur une valve, engrenant avec une échancrure du bord cardinal sur l'autre valve; sous le bord cardinal s'étend un septum lisse qui recouvre le fond de la cavité umbonale et qui est destiné à l'insertion du muscle antéro-adducteur, tantôt directement sur le triangle du septum, tantôt sur une apophyse distincte; ligament subinterne, logé dans une rai- nure en partie recouverte par le bord dorsal. Impression du muscle postérieur allongée, plus ou moins bilobée; parfois un faible sinus palléal. Tome LXVIII. 3 — 34 -^ Fischer s'est borné, dans son Manuel (p. 965) à proposer une S. -F. Dreis- sensiinse pour les G. Dreissensia et Dreissensiomya; nous pensons que la présence d'un septum sur lequel est inséré le muscle adducteur antérieur justifie complètement l'admission de la F. Dreissensiidœ, antérieurement établie par Gray {Dreissenidse), sous la réserve d'en rectifier l'orthographe. C'est également une raison pour faire entrer dans cette Famille, comme l'a fait Zittel, le G. Septifer classé par Fischer auprès de Mytilus parce que la coquille est nacrée, et laissé de côté par le professeur Andrussow dans sa monographie des Dreissensiidœ ; cet auteur a d'ailleurs divisé les formes fluviatiles en trois Genres que nous admettons complètement (outre Sep- tifer) : Congeria dont on trouvera ci-après le diagnose, puisqu'il est large- ment représenté en Aquitaine; puis Dreissensia ei Dreissensiomya^ sommai- rement définis ci-dessus, mais absents dans le Sud-Ouest de la France. G. Dreissensia van Beneden em. 1835 {= Tichogonia RossmsBssler, 1835). — Pas d'apophyse, de même que chez Septifer \ crochets aigus, terminaux; bord cardinal édenté; impression du muscle postérieur allongée, bilobée; impres- sion palléale entière; impression byssifère située très haut contre le bord antéro-palléal (G. -T. : Mytilus polymorphus Pallas. Viv.). Dédié à Dreissens, ce Genre avait été écrit à tort Dreissena ; il ne semble pas avoir vécu avant le Miocène supérieur, dans l'Europe orientale. M. Andrussow y a distingué deux groupes {rostr if ormes, carinatx) ; mais des nuances insensibles relient un groupe à l'autre. G. Dreissensiomya Fuchs em. 1870 [Dreissenomya). — Coquille ovale-allongée, modioliforme, à crochets non termi- naux, petits, prosogyres; ligament marginal, d'abord sub- externe, reposant sur une nymphe assez large et aplatie, puis logé dans une très profonde rainure que borde une arête interne, tranchante et élevée. Bord cardinal retroussé et lisse; septum épais et largement développé au-dessus de la cavité umbonale, prolongé sur le bord cardinal par une excavation plus profonde sur la valve droite que sur la valve gauche, dans laquelle s'insère le muscle antérieur; impression du muscle postérieur relativement petite, non prolongée vers le haut, impression palléale légèrement échancrée entre le muscle — 35 — et le bord opposé, puis parallèle à ce bord (G. -T. : D. Schrœc- kingeri Fiichs, Tert. du Banat et de Grimée). Il faut encore y ajouter : Mytilopsis Conrad, 1857 (= Praxis H. et A. Adams, 1857- 1856 sec. Chenu.?). — Coquille petite, mytiliforme, contournée, à crochets aigus, à surface lisse; le septum apical est pro- longé en arrière par une petite lame saillante, distincte, sur laquelle s'insère l'adducteur antérieur du byssus (G. -T. : D. Sellei H. et A. Adams, Fischer cite comme exemple fossile D. spatulata Partsch.). SEPTIFER Recluz, 1848. Coquille équivalve, mytiliforme, gibbeuse et inéquilatérale ; bord palléal plus ou moins excavé; bord dorsal rectiligne en arrière du crochet, puis coudé et se raccordant avec le contour postérieur qui est arrondi ; crochets terminaux, subinfléchis et prosogyres. Surface dorsale épidermée, plus ou moins angu- leuse, ornée de stries rayonnantes; divergentes, bifurquées. Ligament allongé, presque externe, non rainure. Charnière généralement crénelée, septum formé d'une lame myophore mince et triangulaire, sur laquelle s'insère le muscle, aucune trace d'impression n'existe d'ailleurs au fond de la cavité umbonale; impression du muscle postérieur ovale, grande, presque transverse, non bilobée; impression palléale entière, très voisine du contour; impression du rétracfeur du byssus assez petite, à mi-hauteur le long du bord palléal, intérieur des valves nacré (G. -T. : Mytilus bilocidaris Lin. Viv.). On n'a pas cité de Septifer dans les terrains secondaires, peut-être parce que l'on n'a pu étudier l'intérieur des formes mytiloïdes et vérifier s'il existe un septum; en tous cas, l'apparition de ce Genre est authenti- quement constatée dans l'Eocène inférieur et dans l'Oligocène {S. Heberti Deslu). Trois espèces déjà connues ont été signalées dans l'Aquitaine; il en existe aussi dans le Miocène du Piémont et du Bassin de Vienne, dans le Pliocène d'Italie : l'enchaînement est donc continu à partir de la base de l'Eocène jusqu'à l'époque actuelle. - 36 — Nous avons ci-dessus indiqué pour quelles raisons ce Genre — ordinai- rement classé près de Mytilus — doit être ramené dans la Fam. Dreissen- siidse dont on l'excluait sous prétexte que l'animal est marin : en réalité, les Dreissensiidge sont caractérisés par leur septum myophore et non pas par leur habitat fluviatile; par conséquent, Septifer doit être assimilé à une Drcissensia marine. On l'en distingue d'ailleurs, non seulement par son ornementation rayonnante, mais par ses crénelures cardinales, par ses bords crénelés, par son muscle postérieur non bilobé, ni digité vers le haut, par son impression palléale plus voisine du bord. 460. Septifer Saccoi 7iom. mut. PI. XII, fig. 8-11. 1895. beptifer ohlitus Cossm. Sur qq. formes Bordel., p. 17, pi. V, fig. 19- 20 {non Michelotti). Taille petite; forme médiocrement convexe, subtrigone, peu allongée, non incurvée, inéquilatérale ; contour antérieur à peu près rectiligne; contour postérieur dilaté, rectiligne à 45° en arrière du crochet, puis subitement coudé et légèrement arqué jusqu'au contour palléal qui est circulaire; crochets petits, un peu gonflés, presque terminaux, faiblement proso- gyres. Surface dorsale partagée par une croupe gibbeuse et un peu oblique qui isole la région buccale, subdivisée elle même par une dépression rayonnante ; la partie voisine du crochet est légèrement bombée; la région anale est largement déprimée, à peine excavée vers le contour supérieur; l'en- semble est orné de costules rayonnantes et divergentes, qui s'élargissent vers les bords en bifurquant, tandis que les stries séparatives se transforment en sillons moitié moins larges que les côtes et plissés par les accroisssements du test. Plateau cardinal élevé, prolongé — au-dessus de la cavité umbonale — par un septum à contour arqué; charnière munie, sur chaque valve, de quatre ou cinq crénelures denti- formes et obliques, qui se prolongent en décroissant sur le bord antérieur; rainure ligiunontaire assez profonde commen- çant sous le crochet et se prolongeant jusqu'au tiers de la lon- gueur; nymphe sinueuse et saillante, dans le prolongement - 37 — des dents cardinales ; au-dessus de la rainure du ligament, le bord est finement dénticulé par, des crénelures croissantes, qui continuent sur tout le contour palléal et sur une partie du contour antérieur. Surface interne non nacrée; impression de l'adducteur postérieur ovale et grande; impression palléale peu distincte. DiM. Longueur : 7,5 mill.; largeur : 5 mill. R. D. — Depuis que nous avons pu comparer à notre coquille aquita- nienne le véritable S. oblitus Mich", d'après un échantillon gracieusement offert par M. Sacco (coll. Cossmann), nous avons pu nous convaincre qu'elle en diffère essentiellement par son galbe plus dilaté, par sa forme moins allongée et moins convexe, par sa rainure ligamentaire plus courte, enfin par ses costules plus subitement élargies vers les bords. C'est donc une mutation ancestrale à laquelle nous donnons par suite le nom de notre confrère et ami pour le remercier de la rectification que nous a permis de faire sa généreuse gracieuseté. D'autre part, d'après la comparaison avec un spécimen de Lapugy (Transylvanie, coll. Cossmann), Septifer superbus M. Hœrn. a une forme beaucoup plus trigone, des crochets plus contournés en avant, le contour antérieur plus excavé, les côtes plus divergentes, puncticulées et plus fines sur la face plane qui constitue la région buccale; en outre, la char- nière de la valve droite n'est munie que de deux ou trois courtes dents, chez l'espèce autrichienne, et sa rainure ligamentaire est peu visible, très courte. Si l'on compare l'espèce d'Aquitaine avec celles du Bassin de Paris, on remarque qu'elle est moins rétrécie en avant, plus dilatée et moins angu- leuse que S. serratus Desh. ; d'autre part, qu'elle a le bord supérieur plus rectiligne et le septum plus large, moins haut, que S. depressus Desh., du Lutécien; d'ailleurs ce dernier est bien plus anguleux sur le dos. En ce qui concerne le fossile du Bassin de Vienne que Maurice Hœrnes a dénommé S. oblitus, il est bien certain que ce n'est pas l'espèce de Michelotti : il paraît d'après la figure encore plus élargi que S. Saccoi, plus largement excavé en avant; sa charnière et son ligament sont également différents; par conséquent, il est probable que c'est une autre espèce à laquelle on pourrait attribuer le nom Hœrnesi nobis. Loc. — Saint-Avit, valve droite, type (PI. XII, fig. 9 et 11), coll. Coss- mann; valve gauche topotype (PI. XII, fig. 8 et 10), coll. Degrange- Touzin. — Aqnitaiiîeii. 38 — 461. Septifer superbus M. Hœrnes. PL XI, fig. 21-23. 1870. Mytilus (Septifer) superbus Hœrn. Tert. Beck. Wien, t II, p. 359, pi. XLV, fig. 11. Taille petite; forme trigone, convexe, très inéquilatérale ; contour antérieur presque rectiligne, quoique peu excavé; contour postérieur largement dilaté, coudé assez bas, le reste dans le prolongenient un peu arqué du bord palléal; crochet peu gonflé, contourné, modioliforme, quoique terminal, for- tement prosogyre. Surface dorsale partagée par un angle assez net qui isole la région buccale presque plane et à pic sur le plan de commissure des valves; l'autre région est largement déprimée et même excavée vers le bord, ornée de côtes assez fortes, divergentes, plusieurs fois bifurquées, dont les sillons séparatifs sont profondément ponctués par des lignes d'accrois- sement très régulières; sur la région buccale, les costules beaucoup plus fines, également mais obliquement ponctuées dans leurs interstices, paraissent se détacher en courbe de l'arête anguleuse. Septum élevé, transversal; charnière réduite à trois dents courtes et assez s allantes, sur la valve droite, nettement dis- tinctes des fines crénelures qui ornent le contour saillant en courbe du bord antérieur, sous le crochet; rainure ligamen- taire large et extrêmement courte, s'oblitérant rapidement vers la paroi interne. Surface interne subnacrée; impression de l'adducteur postérieur grande et ovale; impression palléale peu distincte; crénelures marginales assez grossières vers le coude anal, plus finement laciniées sur le contour palléal, très serrées sur la moitié postérieure du contour buccal. DiM. Longueur : 7.5 milL; largeur : 5, S mill. R. D. — Le spécimen du Bordelais que nous faisons figurer ressemble complètement à celui de Lapugy (coll. Cossmann) qui est déterminé authentiquement S. superbus: la figure de l'Atlas de Hœrnes a été évidem- ment exagérée dans le grossissement que le dessinateur a dû faire de — 39 — l'échantillon type. En tous cas, ce qui caractérise essentiellement cette espèce, c'est son ornementation dimorphe de part et d'autre de l'arête dorsale, sa charnière oligodonte, la brièveté de sa rainure ligamentaire; or ces caractères se retrouvent exactement sur le plésiotype du Peloua, et c'est ce qui nous décide à le rapporter à l'espèce viennoise, plutôt qu'à celle de l'Aquitanien ci-dessus décrite. Il y n'a, dans le Néogène du Piémont, aucune espèce ni variété de S. obiitus qui puisse se comparer à S. superbus. Dans le Bassin de Paris, S. depressus Desh. a une forme plutôt quadrangulaire, dépourvue d'angle sur le dos, et son ornementation n'est pas dimorphe. Eu tous cas, l'espèce semble avoir débuté plus tôt dans le Bordelais, puisqu'en Autriche, elle est signalée dans le Miocène supérieur seulement. Loc. — Saucats (Peloua), une valve droite (PL XI, fig. 21-23), coll. Bial-Neuville; trois valves, dont deux gauches, coll. Degrange-Touzin ; coll. Peyrot. — Biirdigalieii. 462. Septifer cornutus Gossm. PL XII, fig. 12-13, 33-36. 1895. S. cornutus Cossm. S. qq. formes Bordel., p. 18, pi. V, fig. 21-22. Taille peu grande; forme assez convexe, spatuloïde, pointue ou cornue à l'extrémité antérieure, dilatée au milieu, subqua- drangulaire du coté postérieur; crochets peu gonflés, termi- naux et opposés; contour buccal rectilig-ne; contour anal peu ou point coudé; contour palléal peu arqué. Surface dorsale partagée par une croupe arrondie, la région buccale com- primée, mais non aplatie; région anale déprimée et excavée; l'ensemble est orné de costules divergentes, rarement dicho- tomes, un peu plus serrées sur la région buccale, non treil- lissées ni ponctuées dans les intervalles. Septum triangulaire et très élevé, limité au-dessus de la cavité umbonale par un contour transversal, non échancré ; charnière composée de cinq ou six petites dents postérieures, qui font un angle aigu avec la série de crénelures du bord opposé; rainure ligamentaire issue sous le crochet, au-dessus des dents, rapidement élargie, se prolongeant jusqu'au tiers environ de la largeur, limitée par une arête mince qui repré- — 40 — sente la nymphe et qui fait une forte saillie au-dessus de la cavité umbonale. Impression de l'adducteur postérieur très grande et transverse ; impression palléale non parallèle au bord qui est grossièrement crénelé sur presque toute son étendue, saut sur le contour antérieur qui est lisse. DiM. Longueur : 10 milL; largeur : 6 mill. R. D. — Beaucoup plus convexe et moins dilatée, que S. Saccoi, cette espèce s'en distingue en outre par sa charnière et son septum, mais sur- tout par sa rainure ligamentaire qui est beaucoup plus large, par sa nymphe empiétant davantage sur la surface interne. Elle n'a aucun rapport avec S. superhm, dont^elle n'a ni l'ornementation ni la forme trigone. Elle n'est pas anguleuse comme S. serratus Desh., du Bassin de Paris, et elle est bien plus convexe que S. depressus Desh., avec une rainure ligamentaire plus. large et une nymphe plus saillante. Enfin elle est moins allongée que S. oblitus Michti, de THelvétien du Piémont, avec un crochet plus cornu et un aspect moins modioliforme. Nous rapportons provisoirement à la même espèce une valve provenant du gisement de Peyrère, dont le niveau exact est mal défini; cette valve n'est pas exactement pareille à S. cornutus, mais nous hésitons à l'en séparer d'après un échantillon unique. Loc. — Dax (M'° de Cabannes), valve gauche type, et une valve droite plésiotype (PI. XII, fig, 33-36), coll. Cossmann; coll. Bial-Neuville. Mar- tillac (Breyra), coll. Degrange-Touzin. — Aqnitanien. Peyrehorade Peyrère), an var? (PI. XII, fig. 12-13), coll. Raulin. — IIel% étleit ? CONGERIA Partsch., 1836. {^= Enocephalus Munst., 1831, nom. nud.). Coquille non bâillante, plus ou moins globuleuse et inéqui- latérale, parfois inéquivalve, très variable dans sa forme ; crochets gontlés et contournés, plus ou moins terminaux, très prosogyres ; plateau cardinal très épais, septiforme, prolongé en arrière par une apophyse spatuliforme, qui fait plus ou moins saillie hors du septum, contre le bord ligamentaire, et qui est destinée à l'insertion du muscle adducteur antérieur; impression du muscle postérieur généralement bilobée, le lobe antérieur digité, le lobe postérieur arrondi, l'ensemble — 41 — comparable a un 6 sur la valve gauche (6 inversé sur la valve droite, bien entendu); impression palléale entière, plus écartée du bord postérieur que du bord antérieur (G. -T. : C. subglo- bosa Partsch.). Ce Genre a été considéré par Fischer comme un simple Sous-Genre de Dreissensia; mais, dans son étude magistrale sur les Dreissensiidas (1898, Soc. Nat. Saint-Pétersbourg, vol. XXV), le professeur Andrussow a divisé cette Famille en trois Genres, jugeant avec raison que le déplacement du point d'inserlion du muscle antéro-adducteur des valves constitue un cri- térium générique de premier ordre : en effet, chez Dreissensia, le muscle s'attache directement au septum, sur une aire spéciale et antérieure ; ici au contraire l'apophyse qui le reçoit se réduit à une sorte de cuilleron en connexion avec le bord postérieur du septum. On conçoit que ces diffé- rences ont une grande importance au point de vue de la mécanique du mouvement de fermeture des valves. D'autre part, la forme de l'impres- sion de l'adducteur postérieur est tout à fait caractéristique ; elle repré- sente assez exactement un 6 sur la valve gauche, et par suite celle de la valve droite en est l'image inversée; la digitalion antérieure esta l'opposé de celle qui caractérise l'impression antérieure des Lucinidx, où la digi- tation se prolonge — au contraire — vers le bas. M. Andrussow a divisé les Congeria en six groupes d'après leur forme : mytiliformes (C. Basteroti Desh."), modioliformes {C. amygdaloides Dunk.), triangulares (C. triangularis Partsch), subglobosœ (C. subglobosa Parlsch), rhomboideœ (C. rhomboidea M. Hoorn.), eocaenae (C. eocsena M.-Ch.). Mais ces groupes, destinés à faciliter l'énumération systématique des espèces n'ont pas la valeur de Sous-Genres; d'ailleurs nos espèces d'Aquitaine appartiennent toutes au premier groupe mytiliforme. * Ainsi que l'a signalé le Docteur Oppenheim, les formes éocéniques sont bien des Congeria parce qu'elles sont pourvues d'apophyses. {Dreiss. cur- virostris Cossm.. D. chonioides Cossm., de l'Eocène supérieur des environs de Paris). 463. Congeria Basteroti [Deshayes]. PI. XI, fig. 24-26; et PI. XV, %. 14. 1825. Mytilus Branlii var. B. subcarinala Basl. MJm. env. Bord., p. 78 [non Brongn). 1836. Mijtilus Basteroti Desh An. s. vert Bass. Paris, t. II, p. 54. 1850. Dreissena Basteroti d'Orb. Prod., t. III, p. 125, 26e et., no 2369. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 43, n° 98. — 42 — ■ 1^93, Dreissensia Baste7'oti Degr.-Touz. Et. faune terr., p, 73. 1898. Congeria Basteroti Andrussow. Foss. u. leb. Dreiss., p. 16 (Rés. ail.) pi I, fig. 1-4, 26-27. 1899. — Degr.-Toux. Dreissensidœ ïoss. {A. S. L.B.), un, p. 183, 187 (pars^). Test peu épais. Taille assez grande ; forme mytiloïcle, étroite, parfois un peu dilatée en arrière, assez convexe, inéquilaté- rale; bord antérieur rectiligne ou à peine sinueux, bord pos- térieur généralement déclive et arqué, assez souvent coudé au milieu; contour palléal arrondi; crochets peu g'onflés, pointus, prosogyres quoique terminaux. Surface dorsale carénée sous le crochet, mais l'angle s'atténue rapidement et la croupe s'arrondit bien avant d'atteindre le bord, de sorte que la face aplatie de la région buccale ne représente guère que les deux tiers de la hauteur de la valve; la région postérieure n'est déprimée que sur les spécimens dilatés dont le contour est coudé; le test est entièrement lisse, seulement avec quelques lignes irrégulières d'accroissement. Septum triangulaire et édenté, échancré en arc sur son contour inférieur au-dessus de la cavité umbonale; rainure ligamentaire étroite, ne dépassant guère le tiers de la hauteur de la valve, bordée par une nymphe étroite qui s'aplatit sur le septum, vers le crochet. Apophyse congériale formant une faible saillie sur le septum qu'elle dépasse à peine; impres- sion de l'adducteur postérieur en forme de 6; impression palléale entière et très écartée du bord lisse. DiM. Longueur : 21 mill. ; largeur : 9 mill. Spécimen dilaté : 17 sur 9 mill. R. D. — Cette espèce, commune et varialile clans le gisement de Mandillot, a été séparée avec raison de Dr. Brardi Brongn., de l'Oligo- cène du Bassin de Mayence, non seulement à cause de sa taille, mais à cause de ses caractères internes; l'apophyse est particulièrement petite et masquée sous le septum, la rainure ligamentaire est courte, l'impres- sion de l'adducteur postérieur se prolonge en avant par un crochet étroit. La plupart des Congéries qui ont été rapportées à C. Basteroti doivent d ailleurs en être séparées, et M. Andrussow, dans sa récente étude sur — 43 — les Dreissensiidœ vivantes et fossiles, a mis un peu d'ordre dans cette nomenclature assez confuse, en figurant pour la première fois le fossile de Mandillot; la figure 27 représente précisément un de ces spécimens dilatés, bien ditïérents — par leur aspect extérieur — de la forme étroite et typique (fig. 1-4). A l'instar du savant de Kiew, nous ne pensons pas qu'il y ait lieu d'attacher la moindre importance spécifique à ces varia- tions de forme si fréquentes chez les mollusques fluviatiles du même gisement. C'est ailleurs qu'il faut chercher les critériums différentiels qui permettent de séparer les mutations dont il sera question ci-après. C. Basteroti peu incurvée ne ressemble guère à son ancêtre (C. curvi- rostris), de l'Eocène supérieur des environs de Paris, mais elle diffère encore davantage de C. chonioides Cossm. qui est toujours anguleux sur son contour postérieur et plus large que les individus dilatés de Mandillot. Remarquons en terminant que si l'on a confondu sous le nom la plu- part des Congéries du Sud-Ouest, Basterot avait bien en vue le gisement de Dax où l'espèce très abondante et de grande taille était déjà connue de son temps. C'est donc bien ainsi que doit être interprêté ce nom Bas- teroti. Nous n'avons pas repris cependant le nom subcarinata Basterot, parce que la dénomination Basteroti est universellement admise. Loc. — Mandillot, plésiotypes (PI. XI, fig. 24-26; et PI. XV, fig. 14), coll. Cossmann, abondante. Saint-Paul-les-Dax, coll. Degrange-Touzin. Pont-Pourquey, assez rare, toutes les coll. Saint-Côme, coll. de Sacy. La Brède (Moras), Cabanac (Pouquet), Sainte-Croix-du-Mont, Bazas (Saint- Vivien), Saint-Côme et de nombreux autres gisements. — Aquitanîen et Burdigalîen. Baudignan. — Helvétien. 464. Congeria Touzini AnJrussow. PL XII, fig. 37-41. 1898. C. Touzini Andr. Foss. u. leb. Dreiss., p. 16 (Rés. ail.), pi. I, fig. 28 (sola). 18y9. — Degr.-Touz., Breissensidœ foss. (A. S. L. B., LUI), p. 183-188. Taille moyenne; forme très étroite, allongée, rarement dilatée en arrière ou incurvée en avant; contour antérieur un peu sinueux, quoique rectiligne dans son ensemble; contour postérieur légèrement arqué, jamais coudé même chez les spécimens dilatés; contour palléal inégalement arqué, rétréci à sa jonction avec le contour buccal; crochets terminaux, très petits, un peu inclinés en avant. Surface dorsale lisse, non — 44 - carénée, portant seulement une longue croupe arrondie qui s'atténue un peu vers le bord palléal; région antérieure irré- gulièrement excavée; région postérieure peu déprimée, à peine plus large que l'autre sur les spécimens non dilatés. Septum étroit et édenté, plus élevé que large, échancré en arc sur son contour inférieur; rainure ligamentaire superfi- cielle, atteignant presque la moitié de la longueur de la valve, ijordée par une nymphe peu saillante qui s'oblitère sur le septum, vers le crochet. Apophyse congériale bien visible, assez développée en dehors du septum sous la forme d'une petite équerre; impression de l'adducteur postérieur longue et étroite, à peine plus élargie en arrière; impression palléale presque rectiligne en bas, assez rapprochée du bord antérieur. Doi. Longueur : 19 mill.; largeur : 6,5 milL; spécimen dilaté : 12,5 mill. sur 6,5 mill. R. D. — On distingue facilement cette espèce de C. Bmteroti par sa forme plus étroite, même chez les spécimens dilatés, et — comme l'a indicfué M. Andrussow — par l'absence complète de carène sur la surface dorsale, la croupe arrondie se prolongeant jusque vers les crochets ; mais, à défaut de ces critériums distinctifs, nous avons remarqué qu'il en existe d'autres beaucoup plus importants et non moins constants; d'abord le septum esl plus étroit, la rainure ligamentaire est moins profonde et beau- coup plus allongée, la nymphe est moins saillante; enfin l'apophyse rec- tangulaire est certainement plus saillante que celle de C. Basteroti; on peut aussi indiquer la différence de forme du muscle postérieur chez les deux espèces, ici le 6 est plus étroit et forme une zone moins palmulée. M. Andrussow a signalé l'existence — sur le dos de C. Touzini — de traces de coloration brun rouge, formant des zones parallèles aux accrois- sements. On sait d'ailleurs que les fossiles de Cestas, fraîchement con- servés, ont souvent gardé un peu de leur couleur originelle. Loc. — Cestas, plésiotypes (PI. XII, fîg. 37-41), coll. de Sacy; assez abondante. Saucats (Giraudeau), coll. Bial de Bellerade. Léognan (le Thil supr), toutes les coll. Pessac (Lorient), coll. de Sacy. — Burdî- galien. Escalans, coll. Degrange-Touzin. — Helvétieii. — 45 — 465. Congeria aquitanica Andrussow. PI. XIII, %. 1-4. 1893. Dreissensia gironcUca Ben. mss. in Degr.-Touzin. Etude faune...., p. 72 (ex parte). 1898. Congeria aquitanica Andruss. Foss. u. leb. Dreiss., p. 17 (Rés. ail.), pi. I, fig. 30. Test mince. Taille petite; forme étroite, modioloïde, assez convexe, inéquilatérale; côté antérieur légèrement sinueux; côté postérieur peu dilaté, faiblement coudé au milieu; con- tour palléal semi-circulaire; crochets peu gonflés, prosogyres. Surface dorsale lisse, non carénée, partagée par une croupe arrondie qui persiste — en s'atténuant un peu — jusque vers le bord inférieur; région buccale un peu excavée au milieu, bombée vers le crochet; région anale médiocrement déprimée vers le bord. Septum très petit et peu élevé, obliquement situé du côté buccal; découvrant par conséquent l'apophyse qui — quoique assez enfoncée dans la cavité umbonaie — fait une assez forte saillie en équerre, creusée comme une cuiller; rainure liga- mentaire peu distincte vers le crochet, très étroite, et profonde ensuite, se prolongeant jusqu'aux deux cinquièmes de la lon- gueur, bordée par une nymphe assez large qui empiète sur elle dans la traversée da septum. Impression du muscle pos- térieur bilobée, le lobe supérieur étroit et parallèle au bord, le lobe inférieur subtrigone; impression palléale se détachant en ligne droite de ce lobe, à grande distance du contour, puis se rapprochant parallèlement au contour buccal. DiM. Longueur : 11, S mill. ; largeur 6,5 mill. R. D. — Cette espèce se rapprocbe beaucoup plus de C. Touzini que de C. Basteroti dont la distinguent son apophyse saillante et sa rainure plus longue; mais elle est particulièrement caractérisée par la petitesse de son septum oblique, qui est loin d'être aussi élevé que celui de C Touzini; il y a aussi d'autres différences dans la forme de l'impression de l'adduc- teur postérieur qui est plus nettement bilobée et qui ne ressemble pas à un 6; d'autre part, il n'y a pas de carène dorsale chez C. aquitanica comme — 46 — chez C. Basteroti, et l'aspect général des valves est plus modioliforme que celui de G. Touzini qui est nettement mytiliforme. En ce qui concerne la dénomination de cette espèce, nous avons repris — conformément aux étiquettes de la collection Degrange-Touzin — le nom aquitanica qui a été régulièrement publié et figuré, tandis que giron- cUca est un nomen nudum qui s'applique d'ailleurs à plusieurs formes, de sorte que M. Andrussow était parfaitement en droit d"y prélever le type aquitanien et de le dénommer à part, faute d'une précision suffisante de la part de ceux qui l'ont précédé. Loc. — Balizac, cotypes (PI. XIII, fig. 1-4), coll. Degrange-Touzin; Noaillan (cale. bl. de l'Agenais), Villandraut, Saucats (route de Son), Canéjan, coll. Bial, Degrange-Touzin, de Sacy. Noaillan (La Saubotte), coll. Bial. Saint-Avit, coll. Cossmann, Degrange-Touzin. Mérignac (Le Pontic), coll. de Sacy. Saint-Morillon (le Planta); Lariey, coll. Peyrot. Lucbardez, coll. Degrange-Touzin. — Aquitanien. 466. Congeria sub- Basteroti Tournouër. PI. XIV, fig. 14-17; et PL XV, fig. 8. 1874. Dreissensia sub-Basteroti Tourn. B.S.G.F. (3), t. Il, p. 306. 1882. Congeria sub-Basteroti Font. Plioc. val. Rhône, t. Il, p. 142, pi. VIII, fig. 18. 1898. — Andrussow. Foss. u. leb. Dreiss., p. 19 (Rés. ail.), pi. I fig. 30-31. Test assez épais. Taille assez grande ; forme étroite, complè- tement mytiloïde, convexe et carénée, généralement incurvée, très inéquilatérale ; côté antérieur excavé, de sorte que la ligne verticale — à l'aplomb du crochet — s'écarte toujours du contour; côté postérieur peu dilaté, faiblement coudé assez bas; contour palléal arqué et rétréci; crochets terminaux et pointus, fortement inclinés vers l'avant. Surface dorsale lisse, simplement marquée par des accroissements irréguliers et quelquefois lamelleux vers les bords; carène décurrente en courbe, un peu atténuée vers le bord palléal, divisant la valve en deux parties très inégales : la région buccale est réduite à une zojie étroite et excavée qui tombe perpendiculairement à la commissure des valves; le reste de la surface est peu bombé, non déprimé cependant vers le bord postérieur. — 4Î — Septum étroit et élevé, creusé, fortement échancré sur son contour inférieur; rainure ligamentaire très large et très pro- fonde, dépassant la moitié de la longueur de la valve, bordée par une arête saillante qui part du crochet et limite très dis- tinctement le septum ; apophyse congériale très allongée au delà du septum, mais se maintenant enfoncée dans la cavité du septum, de sorte qu'elle est peu visible malgré son étendue, elle est d'ailleurs profondément creusée. Impression du muscle postérieur ayant la forme d'une cornue à col court; ligne palléalé se détachant du contour inférieur de l'adducteur, d'abord écartée du bord, puis se rapprochant parallèlement au contour antérieur sous le rebord duquel elle reste masquée. DiM. Longueur : 17 mill.; largeur : 9 mill. R. D. — Plus fortement carénée — et plus longuement surtout — que C. basteroti, presque toujours plus incurvée et plus pointue au crochet, cette intéressante coquille, s'en distingue d'ailleurs par son apophyse plus allongée hors du septum, par sa rainure bien plus longue, par son adduc- teur en forme de cornue au lieu d'un 6, etc Il est — d'autre part — impossible de la confondre avec C. Touzini et elle s'écarte encore davan- tage de C. aquitanica à cause de sa surface carénée et de sa région buccale excavée à pic. Dans l'atlas du savant professeur de l'Université de Kiew — l'espèce de Tournouër est représentée d'après une valve incomplète, de sorte que l'incurvation du contour antérieur n'est pas bien visible sur les figures, et que la rainure ligamentaire — en, partie mutilée — ne semble pas aussi longue qu'elle l'est en réalité. Sous cette réserve, c'est bien le même fossile que celui recueilli par nous en abondance dans les faluns de Manciet (Gers), c'est- à dire presque au même endroit où Tournouër avait fait des recherches, il y a près de trente ans. La figure publiée par Fontannes, qui représente des types du Miocène de Théziers, ressemble davantage à nos spécimens helvétiens. Nous avons attentivement comparé C. sub-Basteroti avec Dreissensia alta Sandb., de la Touraine {=z D. Basteroti Duj. non Desh.); cette dernière espèce a aussi été figurée par M. Andrussow (pi. I, ftg. 5-7), et ces figures ressemblent complètement aux échantillons de Bossée (coll. Cossmann) que nous avons actuellement sous les yeux : or l'espèce de la Touraine est beaucoup moins incurvée, beaucoup moins aiguë que celle des faluns du Gers; elle n'a même pas la carène qui existe chez C. Basteroti, ni à plus forte raison, celle qui caractérise C. sub-Basteroti, sa surface est peu con- — 48 - vexe, et elle ressemble plulôt à C. Touzini; mais son septum est moins élevé et moins échancré; par conséquent, à l'exemple de M. Andrussow, nous considérons qu'il s'agit encore là d'une race distincte de celles du Sud-Ouest. Loc. — Manciet, néotypes (PI. XIV, fig. 14-17; et PI. XV, fig. 8), coll. Cossmann; très abondante. Orthez (le Paren), deux valves douteuses, coll. Degrange-Touzin. — Helvétieii. 467. Congeria subimbricata nov. sp. PI. XIII, fig. 14-17; et Pi. XVI, fig. 37-38. Taille petite; forme niytiloïde, convexe, peu incurvée, iné- quilatérale; côté antérieur rectiligne, sauf vers le crochet oii il est légèrement excavé; côté postérieur médiocrement dilaté, anguleux et coudé vers le milieu de la hauteur; hord palléal arrondi dans le prolongement du contour anal, mais faisant un angle avec le contour huccal; crochets petits, pointus, un peu inclinés en avant. Surface dorsale partagée par un angle décurrent qui s'atténue vers le bord; région buccale aplatie, presque à pic sur le plan de commissure des valves; le reste est uniformément bombé, non déprimé en arrière; l'ornemen- tation consiste en lignes d'accroissement régulières et imbri- quées, ou même sublamelleuses vers les bords. Septum court, évidé sur sa surface et arqué sur son contour inférieur, rainure ligamentaire large et profonde, égale aux trois septièmes de la longueur, bordée par une nymphe sail- lante et tranchante qui se prolonge jusqu'au crochet presque sans s'atténuer; apophyse très petite et enfoncée, s'allongeant un peu en dehors de la cavité umbonale recouverte par le septum. Impression de l'adducteur postérieur en forme de 6; impression palléale transversale et rectiligne, puis suivant parallèlement — à peu de distance — le contour buccal. DiM. Longueur : 8,5 milL; largeur : 4,5 mill. R. D. — Voici encore une mutation qui ne peut se confondre ni avec C. suh-Basterofi, ni avec C. alfa, ni surtout avec C. Basteroti. : elle n'est pas incurvée comme la première, ni étroite comme la seconde, et elle se dis- — 49 — tingue de la troisième par son apophyse plus saillante et par sa rainure ligamentaire plus longue. D'autre part, c'est la seule espèce dont la surface dorsale présente des accroissements régulièrement espacés; il est vrai que l'usure a pu les faire disparaître chez d'autres mutations, de sorte que nous ne faisons état de ce critérium qu'à titre tout à fait accessoire. Nous croyons devoir en distinguer une autre valve, malheureusement incomplète, d'une taille deux fois plus grande, provenant de l'Helvétien supérieur de Salles (Largileyre); cette valve — qu'on pourra dénommer sallomacensis si l'on en recueille des spécimens mieux caractérisés — a le septum plus élevé et plus triangulaire que C. subimbricata; son ornemen- tation dorsale est plus finement imbriquée, et l'apophyse fait une saillie plus forte mais moins longue. La carène dorsale ne permet pas de la rapporter à C. alta, et elle n'est pas incurvée comme C. sub-Basteroti. Loc. — Saubrigues, cotypes (PI. XIII, fîg. 14-17), coll. Degrange-Touzin. — Toi'tonieii. Salles (Largileyre), an var. sallomacensis'^ (PI. XVI, fig. 37-38), coll. De.o:rane;e-Touzin. — Helvétieii. Cénacle : AVIGULACEA Menke, 1830. Coquille g-énéralement inéqui valve, souvent ailée; valve droite ordinairement plus aplatie que la gauche, munie d'un sinus antérieur ou d'une échancrure pour le passage du bys- sus ; ligament simple ou « multivinculaire », et dans ce der- nier cas, attaché dans des fossettes alignées et distinctes; charnière comportant — mais d'une manière non constante — des dents cardinales plus ou moins persistantes, ou des lamelles latérales très allongées; impressions palléale simple; impres- sion pédieuse sous le crochet, avec quelquefois une impression musculaire antérieure; impression de l'adducteur postérieur des valves subcentrale et plus ou moins distincte. Cette diagnose correspond à celle que Fischer a donnée pour la Famille AvicuUdx que nous transformons en Cénacle, tandis que les huit Sous- Familles dont il composait ses Aviculidœ méritent d"être érigées en Familles distinctes : Aviculidse, Vidsellidœ, Pernidse, Aucellidse, Monotiidx, Pterineidse, Ambonychiidœ, Pinnidœ. Nous n'avons trouvé, en Aquitaine, que la première, la troisième et la iiuitième, mais nous en ajoutons une neuvième : Prasiniidœ. Ce Cénacle est l'un des plus anciens que l'on con- Tome LXVIII. 4 — 50 — naisse parmi les Pélécypodes ; il comprend un grand nombre de formes exclusivement paléozoïques, plus ou moins clairement définies, d'autres confinées dans les terrains secondaires, et quatre Familles seulement sont encore représentées dans les mers actuelles. AVICULIDM Swainson, 1840. (=PimV(/ce Dali, 1898.) Coquille monomyaire; oreillettes bien marquées; échan- crure du byssus visible; ligament simple, inséré clans une fossette oblique, creusée sur une aréa plus ou moins étroite qui s'étend d'un bout à l'autre du bord cardinal. La division de cette Famille en Genres doit être fondée sur la présence ou l'absence de lamelles ou de dents à la charnière, ainsi que sur la dis- position des oreillettes; par conséquent, nous y admettons les Genres : Avicula (=Pteria), Meleagvma, Oxytoma, Cassianella, Pseiidomonotis, Maliens, et probablement aussi une série de formes paléozoïques dont les carac- tères internes sont imparfaitement connus. Le second seul de ces Genres existe dans le Néogène du Sud-Ouest. PTERIA Scopoli, 1777. (= Avicula Brag., 1792, ex Klein, 1753.) - Coquille nacrée à l'intérieur, épidermée à l'extérieur, iné- quilatérale, ailée, à contours obliquement ovales et plus ou moins sinueux, branchés sur un bord cardinal rectiligne; valve gauche un peu moins convexe que la valve droite; échancrure byssale sous l'oreillette antérieure; oreillette pos- térieure souvent digitée; charnière comportant une ou deux petites dents cardinales à tout âge, et une lamelle PII très allongée sous le bord cardinal; crochets peu saillants, obli- quement prosogyres; fossette ligamentaire triangulaire, sca- lène, à sommet situé sous le crochet; impression de l'adduc- teur des valves subcentrale (G. -T. : Mytiius hirundo Linné, Viv.). - 51 - C'est avec raison que M. Dali a substitué Pteria à Avicula, puisque la dénomination employée par Klein n'a, en réalité, été légitimée que par Bruguière, postérieurement à la création de Scopoli. Il est évidemment regrettable d'abandonner un terme aussi universellement connu que Avi- cula ; mais, dès l'instant qu'on rejette les noms de Bolten et de Humphrey, il n'y a pas de motif pour reprendre ceux de Klein, à moins qu'un nou- veau Congrès en décide ainsi. Nous ne sommes pas bien certains qu'il n'y ait aucun Pteria s. str. dans le Bordelais, attendu que les jeunes individus qu'on y recueille ont des dents cardinales, sans lamelle latérale il est vrai, et que leur état de conservation empêche d'affirmer que l'oreillette postérieure ne soit pas réellement digitée et échancrée; cependant il parait très probable que ce sont plutôt des Meleagrina. Sect. Electronia Stoliczka, 1871,. — Forme oblique; oreil- lette postérieure très courte, non séparée par un sinus du reste de la coquille (G. -T. : A. smaragdina Reeve, Viv.). Même observation que ci-dessus, pour ce qui concerne l'attribution des spécimens népioniques du sud-ouest de la France. MELEAGRINA Lamk., 1812. (= Margaritifera Humphrey, 1797.) Forme subrhomboïdale, moins oblique que celle de Pteria; valves presque égales, assez épaisses; oreillette postérieure courte, à peine indiquée par une faible excavation du contour anal; échancrure du byssus marquée, sur la valve droite, par un repli lamelleux de la surface externe; dents cardinales obsolètes chez les adultes, mais parfois visibles chez les jeunes, pas de lamelle latérale; aréa ligamentaire très large, de même que la fossette; impression de l'adducteur excentrée, allongée en forme de croissant; impression palléale très écartée du bord, formée d'une série de cicatrices qui forment en avant une S renversée, avant d'aboutir à l'impression du muscle (G. -T. : Mytilus margaritifer Linn. Viv.). C'est à tort que M. Dali a ressuscité Margaritifera, nom adjectif employé par Humphrey dans un catalogue qui n'a aucune valeur systématique. — 52 — La comparaison seule des diagnoses permet aisément de distinguer Meleagrina de Pteria, même chez les individus népioniques qui ont parfois des dents cardinales, jamais de lamelle latérale; nous insistons surtout sur les critériums tirés de la comparaison des impressions internes dont la différence est caractéristique. Nous n'avons trouvé que des Meleagrina dans le Miocène de l'Aquitaine, tandis que, dans l'Eocène, on trouve aussi des Pteria : il y a là une lacune que nous signalons à l'attention des chercheurs, et qui sera ultérieure- ment comblée, car les deux phylums ont évidemment dû coexister paral- lèlement à tous les niveaux du Système tertiaire. 468. Meleagrina phalœnacea [Lamarck]. PL XI, %. 1-3. 1819. Avicula phalenacea Lk. An. sans vert., t. VI, p. 150. 1825. — Bast. Mém. env. Bord., p. 75. 1830. — Dash. Encycl. méth., t. II, p 116. 1836. — Des Moul. Explic. Carte géol., 3, p. 120. 1838. — Grat. Cat. Gironde, p. 59. 1852. - Raulin. Mém. Aquit. {B.S.G.F., IX), p. 412 1852. — DOrb. Prodr., t. III, 26 et., p. 127, m 2397. 1853. — Mayer. Verz. mar. Moll., p. 89. ? 1867. — Hornes. Tert. Beck. Wien, t. II, p. 376, pi. LU, fi g. 4 {tantum). 1873. — Fisch. et Tourn. Inv. mont Léberon, p. 143. 1873. — Ben. Cat. Saucats, p. 68, no 189. 1898. Avicula hirundo (var. phalenacea) Sacco. I Moll. terz. Piem., p. XXVIII, p. 23, pi. VI, fig. 9-13. Test épais, quoique friable vers les bords. Taille grande, forme subquadrangulaire, oblique, ailée, inéquivalve — la valve gauclie étant un peu plus bombée que la droite — très inéquilatérale; cté antérieur très court, muni d'une oreillette en forme de triangle isocèle assez large, médiocrement allongé, à bord libre légèrement sinueux, creusé — à sa jonction avec le bord buccal — d'une entaille byssale un peu plus profonde sur la valve gaucbe que sur la droite; coté postérieur très long, élargi en une oreillette grande, mais peu détachée du reste de la coquille; l)onl huccal infléchi en dedans de la valve, pour — 53 — former l'orifice byssal, obliquement convexe au-dessus de cet orifice, et régulièrement raccordé avec le bord palléal en arc de cercle; bord anal presque rectiligne, creusé en haut d'un sinus large et habituellement très peu profond qui forme le bord libre de l'oreillette postérieure; bord cardinal rectiligne. Crochets petits, pointus, très peu saillants, situés au cinquième antérieur de la valve, séparés l'un de l'autre par une aréa large, très allongée, presque plane, dont les deux parties, for- ment — sur les valves réunies — un angle d'environ 80° ; la surface de cette aréa est finement striée suivant sa longueur; elle présente sur son tiers médian une dépression ligamen- taire peu profonde, de la même largeur que l'aréa et formant grossièrement un triangle scalène dont le sommet est immédia- tement sous le crochet (ligament « alivinculaire » sec. Dali). Surface externe obliquement bombée dans sa région médiane — davantage sur la valve gauche — subitement déprimée à sa jonction avec l'oreillette antérieure triangulaire et peu con- vexe, s'infléchissant plus largement et plus régulièrement, pour former l'oreillette postérieure; des stries d'accroissement ondulées et lamelleuses couvrent toute la surface, écartées sur la partie médiane, elles se rapprochent vers les bords et sont très serrées sur les oreillettes. La couche prismatique externe de la coquille, à peine épaisse de 1 millimètre, a le plus souvent disparu pendant la fossilisation, laissant à nu la couche lamelleuse nacrée qui forme la plus grande partie de la masse de la coquille, de sorte que, malgré l'épaisseur du test, sa fragilité est grande, et il est rare de trouver des exemplaires entiers. Deshayes {/. c.) dit avoir observé « des exemplaires ayant encore leur couleur d'un blanc roussâtre parsemée de taches nubéculeuses brun peu foncé ». Charnière complètement édentée chez les exemplaires adul- tes; les exemplaires népioniques portent, à la valve droite, sur le rebord de l'aréa et au-dessous du crochet, deux petites saillies dentiformes, séparées par un faible intervalle où se loge une dent triangulaire plus forte de la sur valve gauche. Impression musculaire très grande, presque circulaire, pro- — 54 — fonde, chagrinée dans sa moitié antérieure, et placée excen- triquement, près du bord postérieur; impression pédieuse petite mais profonde, placée au fond de la cavité umbonale; impression palléale formée d'une série de ponctuations bien gravées, s'étendant de l'impression pédieuse à l'impression de l'adducteur des valves, en formant une ligne assez distante du bord qui est lisse. DiM. Diam. a. -p. : 62 milL; diam, u.-v. : 65 mill. R. D. — Lamarck — en décrivant brièvement, comme type de l'espèce, un spécimen népionique de 2 centimètres de diamètre — ajoutait que les grands fragments d'Avicùla que l'on trouve fréquemment aux environs de Bordeaux appartiennent à une espèce différente. Après examen de nom- breux échantillons de dimensions variables, nous pensons, comme d'ail- leurs Basterot et Deshayes, qu'ils ne peuvent être séparés les uns des autres. Nous ne pouvons, à l'exemple de M. Sacco, considérer A. phalœ- nacea comme une variété d'A. hirundo (= A. tarentina) : la forme fossile nous a paru beaucoup moins variable que ne le dit notre savant confrère, et surtout beaucoup plus constante que l'espèce de la Méditerranée à laquelle il la rattache. Celle-ci est habituellement plus mince, toujours moins bombée, plus oblique; ses oreillettes, la postérieure surtout, sont plus longues, mieux détachées du reste de la coquille; jamais chez A.phalcenacea l'oreillette postérieure n'affecte la forme de languette étroite, fréquente dans l'espèce vivante chez laquelle, de plus — l'oreillette anté- rieure étant aussi plus étroite à sa base — la fente byssale se trouve placée plus haut. L'empreinte musculaire est très différente : bilobée chez A. tarentina, elle est circulaire et beaucoup plus profondément gravée, en raison de la différence d'épaisseur du test, chez A. phalae- nacea. Enfin les dents restent visibles à tout âge chez A. tarentina et disparaissent assez vite chez A. phalsenacea à cause du plus grand accrois- sement en largeur de l'aréa. Par ce dernier caractère, la forme fossile se rattache plutôt à Meleagrina qu'à Avicula s. st. bien qu'elle soit un peu plus oblique que le type (M. margaritacea) et que ses oreillettes soient un peu plus saillantes. A. dertocrassata Sacco (part. XXVIII, pi. VI, fig. 19), n'est pour nous qu'un spécimen gérontique d'A. phalsenacea. Quant aux échantillons de l'Helvétien de Grund figurés par Hôrnes (vol. 2, pi. LU, fig. 1-3) sous le nom phalwnacea et dont Mayer fit plus tard (1894 Journ. Conch., t. XLVII, p. 120), Meleaijrina Sluderl, ils sont plus grands que nos spécimens aquita- iiiens et burdigaliens, moins obliques, leurs oreillettes sont encore moins jiroéminentes Nous avons sous les yeux d'énormes fragments de M. Stu- — 55 — dein, de l'Helvétien delà Touraine (coU.Peyrot), identiques aux figurations de Hôrnes, et aussi, des mêmes gisements, d autres fragments plus petits, qu'il nous est impossible de séparer de A. phalsenacea. Dans ces condi- tions nous pensons que M. Studeri représente un stade gérontique de A. phalsenacea, ou tout au plus une race atteignant une taille plus grande parce qu'elle était plus avancée dans son évolution. A. Companyoi Font., du Pliocène de la vallée du Rhône, est plus petite que A. phalsenacea, sa charnière est plus oblique, etc.. Enfin, nous avons sous les yeux (coll. Cossmann) un assez bon échan- tillon du Burdigalien de Forno de Tijol (Portugal), qui est identique à ceux de Léognan. Lioc. — Léognan (Coquillat), valve droite (PI. XII, fig. 1-3), coll. Benoist; Léognan, valve gauche (Hg. 2), coll. Bial-Neuville; Carrère, coll. Peyrot, spécimen valve; fragments, toutes les coll. Mérignac (Pontic), Cestas, fragments. Dax (Maïnot), coll. Bial. — Burdigalien. Salles (Min Débat), fragment incertain, coll. de Sacy. — Helvétien. Villandraut (M'n de Fortis), commune mais toujours brisée. — Aqul- tanien. 469. Meleagrina Linderi [Benoist]. PI. XII, fig. 4-7. 1875. Avicula Linderi Ben. Desc. coq. foss. (P.-V., S. L. B.), p. lxx, pl, I, flg. 6. Test mince et fragile. Taille fort petite; forme très aplatie subqiiadrangulaire, oblique, ailée, inéquilatérale et im peu inéquivalve; côté antérieur prolongé en une oreillette trian- gulaire; côté postérieur beaucoup plus long, à oreillette moins nettement séparée du reste de la coquille; bord antérieur arrondi au-dessous de la fente byssale, bord palléal faible- ment arqué, presque parallèle au bord cardinal, bord posté- rieur à peu près rectiligne et très oblique. Crochets très petits, très peu saillants, situés au tiers antérieur de la valve; aréa cardinale étroite et triangulaire portant en arrière du crochet une fossette ligamentaire très peu profonde, mais assez allon- gée, en forme de triangle scalène à sommet touchant le cro- chet, la base se confondant avec le bord libre de l'aréa; cette fossette est très profonde sur la valve droite. Surface externe obliquement bombée dans la région médiane, — 56 — déprimée dans les régions anale et buccale. La couche pris- matique externe, rarement conservée, est marquée de fines stries concentriques d'accroissement qui — chez quelques spé- cimens — deviennent lamelleuses sur l'oreillette antérieure. Charnière édentée. Impression musculaire très grande, arrondie, placée excentriquement vers la partie inférieure du côté anal. Impression pédieuse et palléale indistinctes sur nos spécimens, intérieur nacré, bord des valves lisse. DiM. Diam. a. -p. : 6 mill.; diam. u.-p. : 4 mill. R. D. — Nous ne pensons pas que la coquille ci-dessus décrite soit l'état népionique de M. phalœnacea qui — à tout âge — paraît plus renflée, moins oblique, munie d'une aréa plus large et qui a ses dents bien mar- quées dès le jeune âge. La valve droite de M. Linderi est encore plus difierente. En résumé, il semble bien que si M. phalœnacea a presque' exclusivement vécu dans le Burdigalien, M. Linderi l'a précédée dans l'AquiLanien. A. transitoria D. D., des faluns de la Touraine, dont nous ne connais- sons d'ailleurs que des fragments (coll. Peyrot), nous paraît bien voisine de M. Linderi, elle atteint une taille plus grande, mais son galbe est à peu près le même, un peu plus bombé peut-être. Loc. — La Salle, valve gauche type (PI. XII, fig. 4-5), coll. Benoist. La Brède (tranchée du chemin de fer), Mérignac, Saint-Avit (Basta), coll. Degrange-Touzin ; La Saubotte, valve droite type (fîg. 6-7), très rare. — Aqnitaitien. VULSELLW.E H. et A. Adams, 1851. Coquille ostréiforme, non auriculée, plus ou moins bâil- lante, irrégulière, plus haute que large; ligament logé dans une fossette triangulaire, oblique; impression de l'adducteur des valves subcentrale, sommets opisthogyres; structure du test prismatique, subnacrée à l'intérieur. Au Genre Vuhella il y a lieu d'ajouter, dans cette Famille, le Genre Jieligmina récemment créé par M. Henri Douvillé pour une espèce éocé- nique qui avait toujours été confondue avec les Ostrea, et c'est précisé- ment ce seul G. Hcligmina (jui représente les Vulsellidœ en Aquitaine. — 57 — HELIGMINA H. Douvillé, 1907. [Ann. Paléont., t. II.) Coquille échancrée sur la valve inférieure qui est la valve droite; impression contiguë à l'échancrure. (G. -T. : Ostrea imcinata Lamk. Eoc.) 470. Heligmina Douvillei nov. sp. PL XVIII, %. 25-26; et PI. XX, %. 46-47. Taille moyenne; forme ovale-arrondie, peu convexe. Valve inférieure à talon ligamentaire assez élevé, inéquilatérale; côté antérieur échancré par une entaille profonde, contiguë au talon ligamentaire, et dont les bords sont plissés par les accroissements, à l'instar du talon. Surface externe marquée par des lamelles irrégulières d'accroissement, avec quelques gradins indiquant des arrêts plus prolongés. Valve supérieure plate, non échancrée. Fossette ligamentaire longue et étroite, encadrée de deux bourrelets arrondis qui ont à peu près la moitié de la largeur de la fossette. Surface interne non nacrée; impression musculaire petite, en forme de fiole, située très haut et tout près de l'échancrure; ligne palléale extrêmement rapprochée du bord des valves, simplement indiquée par une différence de teinte.' DiM. Diam. a. -p. : 15 mill. ; diam. u.-p. : 25 mill. R. D. — Cette espèce est plus haute et a le crochet plus allongé que le génotype de l'Eo^îène des environs de Paris; elle ressemble complètement à une Ostrea, sauf son échancrure et son impression musculaire. Sa pré- sence à Peyrère dénote les affinités de certaines couches de ce gisement avec le tertiaire inférieur; car le G. Heligmina n'avait pas encore été signalé plus haut que FEocène. Il est probable que le fossile ci-dessus décrit ne provient pas du même niveau que ceux qui uni de 1 affinité avec la faune de Saubrigues ou tout au moins avec celle d'Orthez. Nous avons — à plusieurs reprises — signalé ce mélange de formes d'âge très diffé- — 58 — rent dans les environs de Peyrehorade : Jï. Douvillei ne peut que nous confirmer dans la même opinion (1). Loc. — Peyrehorade (Peyrère), cotypes (PI. XVIII, fig. 25-26 ; et PI XX, fig. 46-47), coll. Degrange-Touzin. — Miocène? PERNIDJE Fischer 1886 emend. [Perninœ). (= Melinidse Dali, 1898). Coquille subquadrangulaire ou submytiliforme, inéquila- térale, largement auriculée en arrière; fente byssale faible ou nulle; charnière munie quelquefois de dents plus ou moins obsolètes, mais plus souvent complètement édentée; aréa car- dinale à peu près rectiligne, plus ou moins large; ligament multiple inséré dans une série de fossette.9 distinctes (liga- ment multivinculaire sec. Dali). Une seule impression mus- culaire chez l'adulte. Cette Famille (S. -F. Perninse Fischer) éminemment caractérisée par la disposition toute particulière du ligament, comprend surtout des Genres mésozoïques ; des deux Genres tertiaires et actuels Crenatula et Perna, le dernier seul est représenté dans nos terrains du Sud-Ouest. PERNA Brug., 1789. [Retzius, 1788.] Coquille aplatie, subquadrangulaire, à peu près équivalve, très inéqiiilatérale, largement auriculée en arrière, munie en avant d'une fente byssale; charnière complètement édentée, ligament multivinculaire logé dans une série de fossettes ver- ticales, parallèles, allongées et rapprochées; intérieur nacré; impression musculaire de l'adducteur des valves subcentrale, (i) 11 existe aulour de Peyrehorade des gisements appartenant à divers niveaux tertiaires depuis l'Eocène jusqu'au Miocène supérieur. Les fossiles provenant de cette région (coll. Raulin, etc.), ont été récoltés, non in situ, mais à la surface du sol sur lequel on épandail autrefois les marnes. Cela explique les mélanges de faunes que nous avons signalés à diverses reprises. Les marnières ne sont plus exploitées maintenant; il serait difdcile et très coûteux de faire des fouilles; les résultats ne correspondraient pas d'ailleurs aux dépenses, à cause de la grande difTiculté de dégager les coquilles et même de les apercevoir dans la marne très compacte. Au temps de l'emploi des marnes comme amendements, elles se délitaient à la gelée, à la pluie et les fossiles étaient peu ix peu dégagés. — 59 — en forme de croissant, impressions pédieuses au nombre de trois, la médiane plus grande, formant au-dessous de l'aréa une ligne obliquement dirigée vers l'arrière de la coquille; impression palléale constituée par une série de ponctuations, bord simple. (G. -T. : Ostrea jjerna Linn. Viv.). On a souvent pensé que la stricte application de la loi de priorité aurait pour effet, ainsi d'ailleurs que la fait M. Dali, de restituer à ce Genre le nom Melina Retzius, 1788. Or, non seulement Perna est d'ailleurs employé deux pages au-dessus par Retzius lui-même pour Mya perna, mais encore la première espèce de Melina citée par Retzius est une Avicula (A. semiau- rita L.) nous conservons donc Perna qui est consacré par plus d'un siècle d'usage (1). Dans tous les cas, même si l'on avait le tort d'adopter Melina, il n'y aurait aucune raison de remplacer Pe?"nzcteFisch.,1886, par Melinidse Dali, 1898, car c'est un principe faux de nomenclature que celui qui con- siste à changer, au mépris des lois de priorité, le nom d'une F'amille quand le principal Genre change de dénomination. 471. Perna burdigalensis nov. sp. PI. XII, fig. 14-18; et PI. XX, fig. 20. 1825. Perna ephippium Rast., Mém. env. Rord., p. 74 (n. L.). 1836. Periia maxillata Des Moul. Expl. carte géol., III, p. 119 {non Lk.). 1838. — Grat. Cat. Gir., p. 59, no 618. 1873. Perna Sandbergeri Ren. Cat. Saucats, p. 68, n» 190 (non Desh.). 1909. — G. Dollf. Essai et. Aquit., p. 46 Taille moyenne ou même petite. Forme très aplatie, myti- loïde, subquadrangulaire, allongée, très inéquilatérale ; côté antérieur très court, s'arrondissant en forme d'oreillette chez les spécimens gérontiques; côté postérieur élargi en une oreil- lette mal limitée; bord antérieur échancré, aplati, réfléchi en dedans sur une étendue assez large, mais fort peu longue, (1) D'après Herrmannsen (Ind, gen., II, p. 37) le type de Melina [ab ostreis bene segregatum genusf) est Ostrea ephippium L., s'il en est ainsi Melina fait manifes- tement double emploi avec Anomia, et par conséquent, c'est une raison de plus pour laisser tomber dans l'oubli cette dénomination, au lieu de s'ingénier perpétuel- lement à troubler la nomenclature en l'essuscilant des termes sans valeur; jamais les Congrès n'ont eu l'intention de recommander eette incessante tracasserie, quand ils ont édicté les lois de priorité. — 60 — pour constituer l'échancrure byssale, peu arqué au-dessous de cette échancrure; bord palléal faiblement arqué; bord anal convexe; bord cardinal rectiligne et presque orthogonal; crochet terminal, pointu, très peu gonflé; surface externe presque plane, très légèrement et obliquement déprimée dans la région cardinale, décortiquée sur tous nos spécimens, lais- sant ainsi à nu la partie nacrée et lamelleuse du test. Charnière complètement édentée ; aréa cardinale assez large, pourvue d'un petit nombre (quatre à six) de fossettes liga- • mentaires, demi-cylindriques, perpendiculaires au bord car- dinal, à peine plus larges que les interstices qui les séparent, et sillonnées parallèlement au bord cardinal. DiM. Diam. a. -p. : 23 mill. ; diam. u.-p. : 33 mill. R. D. — Lamarck a réuni sous le nom P. maxillata deux espèces fos- siles différentes, l'une d'Amérique, l'autre d'Italie. MM. DoUfus et Cotter (Plioc. Tage, p 67) font remarquer que Lamarck indiquant comme réfé- rence une figuration de Knorr qui représente incontestablement le fossile d'Italie, c'est à celui-ci que doit rester le nom : maxillata. D'Orbigny a d'ailleurs, plus tard, appelé P. Conradi le fossile américain. Quant à P. Soldanii proposé par Deshayes pour l'espèce pliocénique d'Italie et adopté par Hôrnes et par M. Sacco, il devient synonyme de P. maxillata. Ce point étant réglé, nous ne pouvons, à l'exemple de Ces Moulins et de Grateloup, rapporter à P. maxillata l'espèce de l'Aquitaine. Bien que nous n'en possédions qu'un petit nombre de spécimens, tous en assez mauvais état de conservation, nous constatons qu'ils sont de taille et d'épaisseur beaucoup plus faibles que P. maxillata; ils sont aussi beaucoup plus plats; leur échancrure byssale est plus courte, à proportion; leurs fossettes ligamentaires, moins nombreuses, sont à peine plus larges que les inter- valles qui les séparent ; ceux-ci sont saillants, tandis que, chez les exem- plaires de P. maxillata d'Asti et de Stazzano (coll. Peyrot), les intervalles peu saillants et à surface légèrement concave, sont deux fois plus larges que les fossettes. Nous pensons aussi que Benoist a eu tort d'assimiler notre forme de l'Aquitaine à P. Sandbergeri Desli. (= P. maxillata Goldf. {non Lk., Petref. Germ., p. 106, pi. 108, fig. 3), du Stampien du Bassin de Mayence. Ce dernier est bien plus grand que P. burdigalensis, son échancrure byssale est l^eaucoup plus longue, son bord cardinal est plus oblique. D'ailleurs, Benoist réunissait sous ce même vocable, aux formes de Bordeaux et de Mayence, celles de l'Helvétien de (}rund et de la Suisse que Hôrnes et — 61 — Mayer assimilent à P. Soldanîi (= P. maxillata), c'est-à-dire des formes appartenant à des niveaux et à des Bassins maritimes très différents. P. Rollei Hôrn., de l'Aquitanien de Gauderndorf et d'Eggenburg, diffère de P. burdigalensls par ses fossettes ligamentaires plus larges que les intervalles; P. radiata Hôrn., de Voslau, en est aussi très différente par sa taille, par son ornementation extérieure, parla largeur de son aréa cardinale, etc. Loc. — Mérignac (Baour) ; cotypes (PI. XII, fig. 14-16 ; et PI. XX, fîg. 20), coll. Benoist; coll. Degrange-Touzin; Saint-Avit, même coll., lui spéci- men népionique (1). Lariey fide Benoist, Léognan (Le Thil), valve népio- nique (fîg. 17-18), coll. Bial-Neuville ; coll. de Sacy. Très rare partout. — Aqnîtanieii. PRASINIDM Fischer, 1886. (= Juliidse Dali, 1898). Coquille modioliforme, petite, éqiiivalve, inéqiiilatérale ; crochets prosogyres, bord cardinal portant une étroite fente byssale et une forte dépression en avant des crochets ; liga- ment externe ou subinterne, dents formées par des expansions lamellaires du bord des valves, indiquant un état embryon- naire persistant à l'âge adulte. Une seule impression muscu- laire visible, la postérieure, subcentrale; bords lisses. L'origine de cette Famille remonte à l'Eocène avec les Genres Anoma- lomya et Berthelinia. M. Dali (Tert. Florida, p. 81(i) a substitué Juliidœ à Prasinidœ à cause du remplacement de Prasina synonyme postérieur de Jiilla. Nous nous som- mes déjà expliqués, à propos de Melinidœ, sur ces changements de noms de Familles que nous ne saurions admettre. JULIA Gould, 18G2. (= Prasina Desh., 1863). Coquille très petite, assez épaisse, oblongue ou cordiforme, équivalve, très inéquitatérale ; crochets prosogyres, saillants. Surface externe peu bombée, lisse; lunule très excavée. Char- (i) Nous ferons figurer dans le Supplément un splendide spécimen vaivé, de celle localilé, en le comparant à P. Rollei. — 62 — nière : AI forte, placée immédiatement sous le crochet, logée clans une fossette comprise entre AU, peu développée, et le crochet de la valve gauche; ligament externe, fossette chon- drophore allongée contre le bord cardinal. Intérieur des valves brillant, mais non nacré; impression musculaire unique, sub- centrale; bord lisse. (G. -T. : /. exquisita Gould, Viv.). La diagnose de Prasina dans Fischer (Man. Conch., p. 949) est ainsi conçue : « lunule fortement excavée et produisant sur la valve droite une fossette dans laquelle est reçu un tubercule correspondant de la valve gauche »; cette définition est en contradiction avec la figuration de P. borbonica donnée dans le même ouvrage; la diagnose que nous donnons ci-dessus, d'après nos spécimens fossiles, s'accorde entièrement avec le dessin de Fischer. M. Dali a examiné des spécimens authentiques de J. exquisita Gould, il s'est assuré que cette coquille n'est pas nacrée et que ses bords sont dépourvus de crénelures, contrairement à ce qu'a écrit Fischer. Nous avons fait la même constatation sur les spécimens de la coll. de l'Ecole des Mines (J. borbonica). Comme Julia ne diffère pas génériquement de Prasina, ce nom plus récent tombe en synonymie. La plus ancienne Julia citée est J. floridana Dali, de l'Aquitanien de la Floride; nous ne connaissons, dans le Néogène de l'Europe, que J. Lecoin- treœ de l'Helvétien de la Touraine, et les deux espèces nouvelles décrites ci-après. 472. Julia girondica [Benoist ;*om. ?}ud.]. PI. XII, fig. 19-22. 1889. Prasina girondica Ben. Excurs. Villandraut P.-V. S. L. B , p. ix. Test assez épais. Taille très petite, oblongue, médiocrement convexe, très inéquilatérale ; côté antérieur très court, forte- ment acuminé, côté postérieur largement arrondi; contour supéro-postérieur formant presque un demi-cercle, réguliè- rement raccordé avec le bord palléal qui est faiblement arqué; bord antérieur presque rectiligne, se raccordant avec le bord palléal sous un angle de 80° environ; crochet pointu, mais peu saillant, prosogyre, situé au tiers antérieur de la coquille. Surface dorsale marquée seulement de stries d'accroissement extrêmement fines, convexe, quoique peu bombée, déprimée — 63 — dans la région buccale vers le bord palléal ; lunule très pro- fondément excavée, limitée en arrière par une légère fissure byssale du bord cardinal; l'excavation linéaire et la dépression antérieure du bord palléal contribuent à donner au côté anté- rieur la forme d'un bec aigu. Charnière : Ali forte pour la petite taille de la coquille, pla,cée immédiatement sous le crochet, arrondie en avant où elle déborde sur la lunule et se prolongeant en arrière parallè- lement au bord cardinal ; Ali réduite à une expansion du bord lunulaire vers l'intérieur de la coquille qui forme avec le contour inférieur du crochet la cavité logeant AI; cavité du ligament étroite, profonde, allongée parallèlement au bord cardinal. Impression musculaire unique, bien arrondie, relativement grande, subcentrale et rapprochée du bord palléal; impres- sion palléale peu distincte, voisine du bord lisse. DiM. Diam. a. -p. : 3 mill. ; diam. : u.-p. : 2 1/2 mill. R. D. — J. girondica a beaucoup d'affinités avec .7. borbonica (Desh.), espèce vivante de l'Océan indien; toutefois, son bord palléal plus oblique, détermine un bec antérieur plus aigu, AI s'étend plus longuement contre le bord cardinal; les deux formes sont bien distinctes. MM. Dollfus et Dautzenberg (nouv. liste Pélécyp. Tour. p. 43) citent J. Lecointrese, de l'Helvétien de la Touraine : « petite coquille de forme arrondie moins transverse que J. borbonica et à lunule moins excavée ». La brièveté de la description et l'absence de figure ne nous permettent pas de faire une plus complète comparaison avec l'a forme helvétienne. P. girondica est — pensons-nous — la plus ancienne du Néogène européen. Loc. — Villandraut (Garaacbot), deux valves opposées (PI. XII, fig. 19- 22), coll. Degrange-Touzin. La Brède, une valve, coll. Vignal. — Aqui- taiiien. 473. Julia Douvillei ?iov. sp. PI. XII, fig. 30-32. Test épais; taille assez grande pour le Genre; forme pro- cumbente, convexe, très inéquilatéraie; côté antérieur très court, acuminé ; côté postérieur très développé, dilaté, arrondi; bord palléal rectiligne entre le bec buccal et le - 64 — quart de cercle par lequel il se raccorde avec le contour anal; crochets gonflés et contournés, s'avançant presque à l'aplomb du bec antérieur; en arrière, le bord supérieur s'élève elliptiquement beaucoup plus haut que le crochet et se raccorde par une courbe régulière avec le contour anal; en avant, le bord lunulaire est rectiligne jusqu'au rostre. Lunule très profondément excavée, limitée à l'extérieur par une carène émoussée et incurvée, et à l'intérieur, par une rainure qui sert au passage du byssus. Surface dorsale à peu près lisse, assez régulièrement bombée, légèrement com- primée vers la région du corselet. Charnière épaisse, échancrée vis-à-vis la cavité umbonale, en deçà de la saillie fournie par le cuilleron servant de débouché au byssus : AI formée d'une sorte de lame de valve très saillante, sur la face inférieure de laquelle est un repli qui reçoit Ali; celle-ci est beaucoup moins proéminente, éga- lement curviligne, et séparée du crochet par une profonde fossette triangulaire, destinée à loger AI; rainure ligamentaire allongée et étroite sous le bord supéro-postérieur. Impression musculaire arrondie, deux fois plus écartée du bec antérieur que du contour anal; impression palléale très rapprochée du bord non crénelé, mais pas tout à fait paral- lèle, elle s'en écarte davantage du côté postérieur. DiM. Diam. a. -p. : 7 mill.; diam. u.-p. : 5 mill. R. D. — Bien que le niveau du gisement de Peyrère — d'où provient cette espèce — ne soit pas exactement défini, nous ne pouvons la con- fondre avec J. girondica parce qu'elle est beaucoup moins élevée, plus allongée et parce que son bord palléal est complètement rectiligne : trois individus identiques de chacune des deux formes nous permettent d'af- firmer (ju'il ne s'agit pas là de différences simplement dues à la taille de la coquille; car l'impression musculaire est plus excentrée, la luiude et la saillie byssale sont beaucoup plus fortes et plus grandes, la charnière n'est pas complètement identique, etc.. D'autre jiart, MM. Dollfus et Dautzenbcrg ayant indiipié que leur J. Lecuinlrex (qui n'a malheureusement pas encore été figurée) est plus, arrondie et moins transvorse (pie J. horbonica, il est impossible d'y rap- porter notre coquille (]ui est, au contraire, plus transverse et plus recti- ~ 65 — ligne que toutes les autres Julia connues. De même, J. floridana Dali (pi. XXXV, fig. 1-3) est courte et arrondie, presque aussi haute qne large, et son bec est moins saillant. Loc. — Peyrehorade (Peyrère); trois cotypes (PI. XII, fig. 30-32), coll. Raulin. — Helvétieii? Fam. PINNIDM Leach, 1819. Coquille dimyaire, byssifère, mytiliforme, non ailée, tron- quée et bâillante en arrière ; ligament linéaire ; charnière sans dents. D'après Fischer qui la réduit au rang de S. -F. Pinninx, cette Famille ne comprendrait que les Genres Pinna, Pinnigena, Avicidopimia, le second mésozoïque, et le troisième paléozoïque. Mais M. Dali a séparé avec beaucoup de raison en un Genre distinct Atrina Gray, dont le génotype P. nigra Chemn. ne porte pas le sillon dorsal — coïncidant avec la carène — qui caractérise P. rudis génotype de Pinna. Il en résulte que la plupart des espèces fossiles — qui sont connues sous le nom habituel Pinna — sont des Atrina, tandis que Pinna doit-être réservé aux formes telles que P. tetragona Br. En effet, ce sillon externe correspond intérieurement à une rupture de la continuité de la couche nacrée, ce qui indique bien une modification générique de l'animal. Les autres subdivisions {Pennaria, Cyrtopinna, Streptopinna), sont uniquement fondées sur des différences de forme ou d'ornementation, et elles ne doivent se rattacher au plus qu'à titre de Sections à' Atrina. Dans le Miocène du Sud-Ouest, on n'a encore recueilli que des repré- sentants du G. Atrina. ATRINA Gray, 1840. Coquille équivalve, trigone ou plutôt cunéiforme, rétrécie au sommet, très élargie, bâillante et tronquée sur le contour palléal; crochets terminaux, à charnière édentée; ligament logé dans une rainure marginale, externe et visible quand les valves sont closes ; adducteur antérieur des valves petit, ovale, situé sous les crochets; rétracteur du byssus grand, situé en avant de l'adducteur postérieur des valves, qui est ovale et subcentral, très voisin du précédent; surface dorsale ornée de costules sur la région ligamentaire, de sillons d'accroissement Tome LXVIII. 5 sur la réj^ion buccale; quand l'épiderme est conservé — ce qui est rare — les costules portent souvent des aspérités muriquées ou des tubulures (G. -T. : Pinna nigra Chemnitz, Yiv.). Ce que nous venons de dire ci-dessus à propos de la diagnose familiale nous dispense d'expliquer les motifs qui nous obligent à abandonner le nom Pinna pour tes fossiles les plus répandus de nos terrains, quoiqu'il en coûte à nos habitudes. Quant aux Sections : Pennaria (Browne, 1756) Môrch, 1853, qui s'applique aux formes muriquées; Cyrtopinna Môrch, 1853, qui a le sommet arqué ; Streptopinna v. Martens, 1880, dont le bord antérieur est sinueux et la forme irrégulière; nous n'en connaissons pas de représentants en Aquitaine, pas plus que de Pinna s. stricto. 474. Atrina ferelaevis nov. sp. PL XI, %. 9. Test épais, mais fragile et friable, toujours décortiqué. Taille grande; valves cunéiformes, assez convexes, à contour buccal un peu excavé. Surface dorsale costulée vers le cro- chet, mais les costules s'effacent totalement à l'âge adulte, et il ne reste que des plis d'accroissement assez rugueux et bien marqués, sur la région buccale, se prolongeant en courbe elliptique sur le milieu du dos, puis s'effaçant aussi sur la région anale qui semble totalement lisse chez les grands individus. Surface ligamentaire très superficielle, peu rainurée. Im- pression pédieuse faiblement festonnée sur son contour infé- rieur; impression de l'adducteur à peine visible, ovale, peu accentuée. DiM. Longueur probable : llo mill. ; largeur palléale : 50 mill. R. D. — Il n'est pas possible de confondre cette coquille avec P. Broc- chii f[ui est fortement ornée de costides très écartées et persistant jusqu'à l'âge adulte, avec des plis beaucoup moins profonds du côté buccal; d'ail- leurs les contours d'yl. fcrclœvis sont moins excavés que ceux de l'espèce pliocénique, ce qui fait que le sommet est moins acuminé. Nous n'avons pu comparer les impressions musculaires qui ne sont pas visibles sur nos — 67 — grands échantillons d'Asti et de Monte-Mario, comme ils le sont sur un petit spécimen de Manciet (Gers). Il est inutile de comparer notre nouvelle espèce à P. subpectinata Michti, de THelvétien du Piémont, qui est finement costulée à tout âge, ni à P. tetragona Br., du Pliocène méditerranéen, qui est caractérisée par ses angles sur la surface des deux valves, de sorte que quand elles sont réunies, la coquille forme — en quelque sorte — une pyramide à quatre pans. Nous n'avons pas cité en synonymie l'espèce du Bassin de Vienne que Hœrnes a fait figurer sous le nom Brocchii; il est peu probable que ce soit l'espèce pliocénique ; mais, dans l'état de conservation où elle est, il serait hasardeux de la réunir, quant à présent, à A. ferelœvis, quoiqu'elle semble s'en rapprocher par sa surface non costulée sur l'un des spécimens figurés, le plus grand (fig. 1, pi. L); il est vrai que l'autre (fig. 2) montre treize costules rayonnantes qui persistent à une taille où A. ferelsevis n'a plus rien, mais aucvme des deux vues ne mentionne l'existence de plis buc- caux; en résumé, il est plus prudent d'attendre avant de conclure que l'espèce helvétienne de la Gironde a vécu dans le Bassin de Vienne. Quant à la Touraine, nous n'avons pas d'éléments qui nous permettent d'affirmer que notre espèce y a vécu : aucune Pinna n'a été citée par MM. Ivolas et Peyrot, et MM. Dollfus et Dautzenberg (1901, Nouv. liste Pélécyp., p. 42, n° 156) se bornent à cataloguer Pinna sp. d'après un frag- ment de la coll. Lecointre. Loc. — Salles (M'n Débat), valve droite (PI. XI, fig. 9), coll. Degrange- Touzin; Largileyre, valve gauche, même coll., coll. Bial-Neuville (valves réunies); assez commune, mais toujours brisée. Sallespisse, fragments, toutes les coll. Manciet (Gers), valve droite népionique, coll. Cossmann. — Helvétien. 475. Atrina Basteroti nov. sp. PI. XI, %. 31-32. 1825. Pinna nohilis Bast. Mém. env. Bord., p. 75 (non L.j. 1873. Pinna Brocchii Benoist. Cat. Saucats, p. 67, n" 188 (non d'Orb.). Test mince, fragile, généralement décortiqué. Taille grande; valves cunéiformes, très médiocrement bombées, régulière- ment élargies, à contours latéraux presque rectilignes. Sur- face externe convexe au milieu, largement aplatie sur la région ligamentaire, comprimée au contraire sur la région opposée ou buccale; ornementation du test composée de huit — 68 — ou neuf côtes rayonnantes, arrondies, assez serre'es vers le sommet, s'écartant ensuite et alors séparées par des inter- valles aplatis qui sont deux fois plus larges qu'elles ; sur la région JDUccale — qui occupe à peu près la moitié de la lar- geur — on ne distingue que" des plis d'accroissement fasci- cules, et souvent la trace très effacée de costules supplémen- taires qui s'impriment d'une façon plus visible sur la surface nacrée, quand l'épiderme a disparu. Rainure ligamentaire assez large et aplatie, occupant toute la longueur du bord postérieur; impression pédieuse large et festonnée sur son contour postérieur; impression de l'adduc- teur excentrée, ordinairement peu visible, très rapprochée de ce contour. DiM. Longueur probable du plus grand fragment : 120 mill. ; largeur palléale : SO mill. R. D. — Nous n'aurions pas séparé la forme burdigalienne de P. Brocchïi, si répandu dans les niveaux supérieurs du Néogène méditerranéen, si nous n'avions pas eu à notre disposition des spécimens — sinon intacts — du moins assez bien conservés pour nous permettre de saisir des cri- tériums différentiels; celte mutation ancestrale est beaucoup plus large, même dans le jeune âge, que P. Brocchii et qu'aucune de ses variétés; ses côtes sont plus rapprochées à tout âge, et aussi plus nombreuses, quoi- qu'elles cessent plus nettement vers le milieu de la surface dorsale (il s agit bien entendu d'échantillons non décortiqués). Si l'on compare P. Basferoti à la mutation helvétienne ferelsevis ci-dessus décrite, on remarque qu'il est beaucoup moins dénudé sur le dos et que son contour buccal est plus rectiligne. Quant à P. tetragona Br., c'est une coquille pliocénique qui appartient à un tout autre groupe à cause de ses angles bien marqués et rainures sur la surface dorsale des deux valves, et aussi à cause de ses costules rayonnantes qui persistent jusque sur la région buccale : nous avons vu ci-dessus que c'est un Pinna s. str. tont différent d'Atrina. P. kubpectinata Micht', de THelvétien du Piémont, est — d'après les figures publiées par M. Sacco — une coquille très convexe, ornée surtout de nombreuses costules 1res serrées qui lui donnent un aspect absolument différent de celui de P. Basteroti. Du côté ancestral, nous avons P. margarifacea Lk., de l'Eocène, et P. Deshnycsi Mayer, de rOligocène : la ju-emière est du Genre Pinna s. str., à rainures anguleuses sur le dos, à costules persistantes et nombreuses; — 69 — l'autre paraît plus bombée, quoique son ornementation ressemble beau- coup à celle de P. Basteroti. Nous ne pouvons malbeureusement comparer les impressions internes qui ne sont guère visibles que sur nos échan- tillons burdigaliens et nullement sur ceux du Néogène que nous avons sous les yeux (coll. Cossmann) ou qui ont été figurés. Loc. — Saucats (Pont-Pourquey), cotypes, les deux valves opposées (PI. XI, fig. 31-32), coll. Bial-Neuville ; Cestas, toutes les coll.; Léognan (Sangsueyre), coll. Degrange-Touzin. — Burdigalieii. Saucats (Lariey), fide Benoist; M'Q de Bernachon, fuie Basterot. — Aquîtanieii. PECTINACEA Reeve, 18il. Coquille souvent inéquivalve, plus ou moins auriculée, monomyaire; test subnacré; ligament amphidétique, alivin- culaire; pied byssifère; ligne palléale simple; impression musculaire excentrée postérieurement. La valve inférieure est la valve droite. Fam. PECTINIDM Lamarck, 1819. Coquille libre ou fixée soit par un byssus, soit par adhé- rence, habituellement inéquivalve, plus ou moins équilatérale ; valves auriculées, closes ou bâillantes; surface lisse ou ornée de côtes radiales et de stries concentriques, à sculpture par- fois différente sur les deux valves; auricule antérieure droite, souvent échancrée pour le passage d'un byssus, les accrois- sements de l'échancrure déterminent alors une dépression le long du bord adhérent de l'auricule (fasciole byssale); liga- ment obsolète, extérieurement logé dans une rainure étroite, parallèle au bord cardinal qui est à peu près rectiligne; la portion interne forme un résilium logé dans une ou plusieurs fossettes; dents de la charnière taxodontes chez les très jeunes individus, devenant obsolètes ou disparaissant complètement chez l'adulte, dont le plateau cardinal est lisse ou pourvu de une à trois paires de lamelles saillantes divergeant plus ou moins à partir du crochet (lamelles cardinales) et parfois d'une paire de saillies plus ou moins élevées courant le long — 70 — du bord inférieur interne des auricules (lamelles auricu- laires) et se terminant par un dentelon; une seule impression musculaire excentrique, postérieure, tangente intérieurement à l'impression palléale qui est simple et écartée du bord; surface interne lisse, costulée, ou renforcée par des épaissis- sements radiaux étroits (lirations). La Famille Pectinidœ est d'origine paléozoïque, elle acquiert un grand développement pendant l'ère mésozoïque et son maximum d'ex- tension pendant les périodes néogénique et actuelle; la classiiîcation des Pectinidse est surtout basée sur les caractères de la coquille, car les parties charnues ont été jusqu'ici peu étudiées; d'ailleurs ces caractères sont les seuls que nous puissions utiliser ici. Exception faite de quelques Genres paléozoïques dont nous n'avons pas à nous occuper, la plus grande part des Pectinidœ mésozoïques, tertiaires et actuels, et en particulier tous ceux que nous décrivons dans cette Etude appartiennent au G. Pecten sensu lato, dont la subdivision s'est depuis longtemps imposée; le nombre des groupes proposés est considérable, et, comme il faut s'y attendre, étant donnés leur nombre et l'uniformité indéniable des caractères, dans certaines limites générales, de Pecten sensu lato, la valeur — en tant que Genres, Sous-Genres, Sections — de ces groupes, varie avec les auteurs. Comme cas extrêmes, nous signalerons M. Dali (Tert. fauna of Florida, p. 694) qui n'admet que le G. Pecten, tous les autres groupes en formant les subdivisions sous-génériques ou sectionnelles, et M. Verrill [Trans. Connecticut Acad , vol. X) qui signale une vingtaine de Genres. Nous nous bornons à analyser ci-dessous les groupes représentés dans les terrains néogéniques; un examen complet de toutes ces subdivisions, même fût-il restreint aux formes tertiaires, nous entraînerait hors du cadre de notre Mémoire. PECTEN sens. str. Millier, 1776. (= Vola Klein, 1753; = Janira Schum., 1817.) Coquille g-énéralement grande et pesante, close, libre, équila- térale, très inéquivalve, même à l'état jeune; valve droite — ou inférieure — fortement convexe, à crochet recourbé; valve gauche — ou supérieure — plane, parfois un peu concave, formant couvercle, plus petite que la droite, crochet à plat; oreillettes de grandeur moyenne, subégales, celles de la valve droite convexes en dehors, celles de Li valve gauche concaves — 71 — et se moulant exactement sur les premières; pas d'encoche ni de fasciole byssales bien nettes, l'animal reposant sur le fond par sa valve convexe plus ou moins enfoncée dans les sédi- ments; ornementation externe constituée par de fortes côtes radiales et des stries concentriques saillantes et rapprochées. Plateau cardinal muni de deux à trois paires de lamelles car- dinales saillantes, la supérieure parallèle au bord cardinal, limitant la rainure ligamentaire, les deux autres, surtout l'inférieure, plus divergentes; fossette chondrophore trian- gulaire, médiane, grande, parfois limitée par des arêtes sail- lantes, et simulant des dents, comme chez les Plicatules, mais n'ayant pas la même signification morphologique; lamelles auriculaires et dentelon habituellement forts. Surface interne garnie de côtes radiales épaisses et cannelées, opposées aux sillons extérieurs; bords des valves fortement crénelés et faci- litant la fermeture hermétique des valves; empreinte muscu- laire gauche arrondie, empreinte musculaire droite bilobée, impression palléale très écartée du bord {G, -T. : Ostrea maxima L. Viv.). Le nom Pecten remonte à la nomenclature prélinéenne, il a été appliqué dans des sens divers par les auteurs anciens, mais sa signification a été précisée par Klein, 1753, cjui l'applique à un groupe d'espèces bien délimité dont la première citée est P. maximus; cependant quelques lignes plus loin, le même auteur, créait le vocable Vola pour des formes telles que P. Jacobeus qui ne diffèrent pas génériquement de P. maximus : Vola est donc synonyme de Pecten. Toutefois d'après les règles actuelles de la nomenclature, Pecten n'a d'authenticité qu'à partir de 1776, époque à laquelle il fut repris dans le système binominal et avec le même géno- type, P. maximus, par M Mûlier {Prodr. Zool., p. 248). Cette interprétation fut suivie par ses contemporains : Dacosta (1778), Cuvier (1788), T.amarck (1799). Plus tard, le démembrement du Genre amena des confusions qui ne sont pas encore complètement éclaircies : Schumacher (1817), donna le nom nouveau Janira au groupe de P. maximus, et restreignit l'appellation Pecten aux espèces que nous réunissons aujourd'hui dans le G. Chlamys, puis Môrch (1857), ressuscita Vola pour P. maximus; il fut suivi par les frères Adams (1853), Sloliczka (1897), M. Douvillé (1897), etc., qui prirent P. varius comme génotype de Pecten s. str. Il résulte de ce court historique que Pecten sensu str. doit-être réservé — 72 — aux formes affines de P. maximus; c'est d'ailleurs l'opinion de nombreux malacologistes, en particulier de Fischer, Dali, Verrill, etc. Quant à Janira qui à l'origine était complètement synonyme de Pecten, il a été détourné de son sens primitif par Clienu (1862), qui l'appliqua aux formes créta- ciques avec P. atavus comme génotype : ce sont des Neithea. Pecten apparaît dans le Crétacé inférieur; il est étroitement allié à Neithea, actuellement éteint, qui en diffère surtout par les fortes incisions transverses de ses lamelles cardinales. Pecten a son maximum de déve- loppement au Néogène; les espèces actuelles vivent à des profondeurs assez faibles, où le mouvement des vagues est encore sensible ; Les valves droites reposent librement sur le fond et peuvent se déplacer brus- quement par un mécanisme bien connu; les fortes côtes radiales de leur coquille constituent un appareil de protection contre les chocs. Sect. Flabellipecten Sacco, 1897. — Forme de la coquille comme clans Pecten s. str. ; toutefois la valve gauche est plus plane, excepté dans la région umbonale oîi elle se renfle très légèrement, alors que dans Pecten elle est un peu déprimée; les oreillettes sont relativement plus petites, plus symétriques; les côtes plus nombreuses, plus rapprochées et beaucoup moins saillantes que dans Pecten s. str. (G. -T. Pecten flabel- ii for mis Brocchi, Pli oc). Ces légères différences, portant surtout sur Tornementation, ne nous permettent pas de donner à ce groupe la valeur d'un Sous-Genre comme le voudrait l'auteur, encore moins d'un Genre à l'exemple de MM. Depéret et Roman. S. -G. Aniussiopecten Sacco, 1897. — Taille généralement grande, forme peu bombée, bâillante; valve droite et valve gauche convexes, cette dernière un peu moins bombée; oreil- lettes peu hautes, assez longues, encoche byssale peu mar- quée; ornementation comme dans Pecten s. str., mais plus ou moins obsolète chez les spécimens gérontiques (G. -T. : Pecten burdigalensis Lamarck, Mioc). Déjà Lamarck et Basterot avaient comparé le génotype à Pecten pleu- ronectes qui est un Amussium, M. Sacco, consacre la comparaison par le nom qu'il donne au groupe qui, dit-il, « a des affinités avec Amussium » sans indiquer lesquelles. La coquille est bâillante chez les deux groupes, son galbe est à peu — 73 — près le même sauf toutefois que, chez Amussium, la valve gauche est plus plate que chez Amussiopecten ; de plus, chez ce dernier, l'ornementation radiale peut devenir peu marquée sans jamais disparaître complètement, mais là se bornent les ressemblances qui sont, en somme, assez super- ficielles; les oreillettes, les lamelles cardinales sont différentes, les côtes internes d'Aimissiopecten n'ont jamais l'aspect des lirations étroites d'Amiissium dont le bord n'est pas crénelé. Nous ne voyons guère d'affi- nités entre Chlamys et Amussiopecten^ M. Sacco se borne encore à dire qu'il en existe. C'est en réalité de Pecten que Amussiopecten se rapproche le plus, par ses contours, par son ornementation; toutefois sa valve droite est moins bombée, sa valve gauche l'est au contraire davantage, ses oreillettes sont plus longues et moins hautes Sect. Grandipecten no?)i. mut. (= Macrochlamys Sacco, 1897; non Benson, 1832. — Test épais. Taille le plus souvent très grande, forme arrondie, équilatérale, presque équi valve, valves modérément bombées, la droite un peu plus que la gauche; oreillettes subégales, assez hautes et peu longues, sans encoche byssale. Surface externe ornée d'un petit nombre de côtes radiales, quadrangulaires, larges, plus ou moins obsolètes sur les bords latéraux, parfois subdivisées par d'étroites costules radiales, que l'on voit aussi dans les larges intervalles intercostaux, et souvent noduleuses dans la région umbonale de la valve gauche; trois paires de lamelles cardi- nales, épaisses et saillantes,, quelquefois en partie cachées sous un épaississement du bord cardinal, séparées par de profondes dépressions; fossette chondrophore profonde, à bords renflés et saillants; bords des valves largement crénelé (G. -T. : Ostrea latissima Brocchi, Mioc). Ce groupe — dont il faut changer la dénomination préemployée — nous paraît très éloignée de Chlamys dont M. Sacco en fait un Sous-Genre; il n'en possède ni le galbe, ni l'ornementation, ni les oreillettes inégales, ni l'encoche byssale. Les coquilles grandes et pesantes réunies dans ce Sous-Genre étaient dépourvues de byssus et vivaient libres sur le fond, comme Pecten. Le seul caractère qui rapproche Chlamys et Grandipecten est le faible bombement des deux valves; il y a toutefois encore lieu de remarquer que chez Grandipecten la valve droite est ua peu plus convexe que la gauche — comme chez Pecten — ce qui est l'inverse chez Chlamys. A notre avis, Grandipecten n'est qu'une Section à^ Amussiopecten dont il a — 74 — les grandes dimensions et les valves subégales et modérément bombées, il s'en distingue par ses contours plus circulaires, par la fermeture com- plète de ses valves, par ses oreillettes plus hautes et moins longues, par son ornementation plus saillante, caractères qui — d'autre part — le rap- prochent de Pecten s. str. Grandipecten est d'origine récente. La plus ancienne espèce citée est une variété tongrienne de P. HolgeiH. S. -G. Oopecten Sacco, 1897. — Taille assez grande; forme peu bombée, valves droite et gauche convexes, ornementation composée de côtes radiales assez peu saillantes (G. -T. : Pecten rotundatus Lk., Viv.). Ce groupe fort voisin de Grandipecten ne paraît pas être représenté dans l'Aquitaine. 476. Pecten BeudantI Basterot. PI. XIII, fig. 8-H. 1825. Pecten Beudanti Bast. Mém. env. Bord., p. 74, pi. V, fig. 1. 1825. Pecten gratissimus Def. Dict. se. nat., vol. 38, p. 261 {flde Depôret). 1836. Pecten Beudanti Des Moul. Expl. carte géol., vol. 3, fig. 120. 1836. — Desh. An. s. vert. (éd. 2), vol. 7, fig. 162. 1838. — Grat. Cat. Gironde, p. 58. 1839. — Desh. Traité élém. Conch., pi. L, fig. 1. 1847. — Sow. On the âge. . . (J. S. G.), p. 413. 1852. — D'Orb. Prodr., t. III, 26" et., p. 128, no 2415. 1852. — Raulin. Note Aquit. {B. S. G. F. IX), p. 412. 1897. — Sacco. 1 Moll. terz. Piem., XXIV, p. 62. 1902. — Depéret et Roman. Monogr. Pecten, p. 18, fig. 5; pi. II, fig. I. Test assez épais. Taille grande ; forme de segment sphé- rique quand elle est valvée, auriculée, close, équilatérale et très inéquivalve; valve droite convexe et profonde, à crochet médian, recourbé, mais peu pjt'oéminent ; valve gauche tout à fait plane, parfois légèrement bombée au milieu, et toujours déprimée vers le sommet; crochet plat, fort peu saillant; angle apical IIS'' environ; oreillettes grandes, subégales, coupées orthogonalement sur leur bord libre et séparées du reste de la coquille par une rainure profonde, faiblement convexes en dehors sur la valve droite, un peu concaves en dehors sur la — 75 — valve gauche, avec une encoche byssale peu marquée sur l'oreil- lette antérieure droite; le reste du contour de la coquille est presque circulaire; mais le centre de la circonférence est beaucoup plus bas que le crochet. Surface externe ornée de côtes radiales alternant sur les deux valves, et s'efîaçant vers les bords latéraux; sur la valve gauche, on en compte habituellement dix-huit : quatre postérieures plus ou moins obsolètes ; onze médianes un peu plus étroites que leurs inter- valles, subarrondies vers le crochet, s'élargissant et s'apla- tissant vers le bord palléal où elles deviennent quadrangu- laires; et trois antérieures plus aplaties et plus rapprochées; sur la valve droite, les côtes — également au nombre de dix-huit — sont arrondies vers le sommet, elles s'élargissent et s'aplatissent vers le bord palléal où elles sont un peu plus larges que sur la valve opposée; sur les deux valves, un léger sillon médian existe sur une dizaine de côtes principales; chez quelques individus, toute la surface, oreillettes comprises, est couverte de très fines lamelles concentriques, saillantes, plus rapprochées vers le bord palléal et recouvrant côtes et inter- valles; quelques costules divergentes et peu saillantes ornent les oreillettes. Bord cardinal de la valve droite replié sur le plateau car- dinal en formant deux bourrelets, linéaires près du crochet, s'élargissant un peu en divergeant (angle de 170°) et couverts de fines stries perpendiculaires ; lamelles cardinales supé- rieures, étroites, parallèles au bord cardinal, aussi longues que lui, et limitant la rainure du ligament alivinculaire obso- lète; lamelles cardinales inférieures beaucoup plus courtes, à peu près aussi saillantes et un peu divergentes; une troi- sième paire de lamelles cardinales très courtes borde la fos- sette chondrophore très obliquement enfoncée sous le crochet et piriforme; lamelles auriculaires assez marquées, surtout vers la base des oreillettes. Bord cardinal de la valve gauche rectiligne; lamelles cardinales moins saillantes que sur la valve opposée ; fossette chondrophore triangulaire, presque horizontale, bordée par des arêtes saillantes; lamelles auricu- — 76 — laires obtuses, terminées par un dentelon peu saillant à la base des oreillettes. Impression musculaire, grande, excentrique, celle de la valve gauche circulaire, celle de la valve droite bilobée et à contour moins régulier; impression palléale très écartée du bord, tangente au bord inférieur de celle de l'adducteur de la valve gauche, et au bord externe de celle de l'adducteur de la valve droite. Surface intérieure des valves pourvue de très grosses côtes planes correspondant aux intervalles des côtes externes ; elles s'engrènent sur le bord palléal, leur saillie diminue rapidement et elles deviennent obsolètes à une dis- tance plus ou moins grande de l'impression palléale, après s'être quelquefois réunies deux à deux, DiM. Diam. a. -p. : 85 mill. diam. u.-p. : 75 milL, épaisseur des deux valves réunies : 30 mill. R. D. — P. Beudanti, caractéristique du Burdigalien, atteint son maxi- mum de taille dans le falun type de Léognan (Burd. moyen); elle ne peut se confondre avec aucune autre espèce de nos faluns grâce à la forme de ses côtes et à l'aspect rugueux que lui donnent les fines lamelles concen- triques saillantes qui la couvrent; sur les exemplaires népioniques, ces stries sont très écartées, comme on le voit d'ailleurs chez les valves adultes sur la région voisine du crochet; parfois ces lamelles deviennent extrêmement saillantes et fort serrées. Nous n'avons pas fait figurer dans nos références synonyniiques P. Beu- danti Hôrn., du Bassin de Vienne, dont les côtes sont plus étroites et plus élevées, au moins sur la valve gauche, dont la valve droite est plus profonde (P. pseudo-Beudanti Dep. et Rom.). P. Rollei Hœrnes, est voisin de notre espèce, il a moins de côtes et son contour n'est pas aussi régu- lièrement circulaire. En Italie, la forme typique n'existe pas, M. Sacco décrit les variétés conjungens, stricticostata, subcosticillata, caractérisées surtout par des différences dans la force des côtes et des lamelles con- centriques. Les citations de P. Beudanti dans la Touraine, l'Algérie, la Sardaigne, la molasse de Suisse, etc.. devraient être contrôlées par l'examen des coquilles elles-mêmes, avant d'être acceptées : il est bien probable qu'il s'agit plutôt des espèces ci-après décrites. 11 ne faut pas perdre de vue en effet que, chez la plupart des Pectinidse, les différences spécifiques sont très ditficiles à saisir, de sorte (jue — dans un examen rapide et surtout lorsqu'on n'a que des figures ou des diagnoses courtes à sa disposition — il — 77 — est très facile de les confondre ensemble; ce n'est que par la comparaison d'échantillons authentiques, à valves bien vidées et intactes, qu'on s'aperçoit que ces différences existent et notamment qu'elles sont abso- lument constantes à un même niveau stratigraphique; de sorte qu'à cette condition, les Pecten deviennent d'excellents fossiles critiques, dont les mutations bien définies peuvent, de même que pour les Huîtres, être d'un secours précieux pour la fixation de l'âge des gisements où on les recueille en place. Loc. — Léognan (Carrère), plésiotypes (PI. XIII, fig. 8-11), coll. Neu- ville; Saint-Médard (Caupian), coll. Degrange-Touzin. Saucats (M'o de l'Eglise, Lagus); Mérignac (Baour), coll. Duvergier; exemplaire à lamelles concentriques très marquées : Saucats (Peloua), coll. Benoist; Dax (Maïnot, Cabannes), coll. Neuville; Marlillac (Pas de Barreau); La Brède (Moras), coll. Degrange-Touzin. — Bnrdigalieii. Villandraut (Gamachot), coll. Bial-Neuville ; Gajac, coll. Peyrot, spéci- mens de taille plus petite. — Aquitanieii. 477. Pecten Beudanti Basterot; var. pluriscissus ?iov. var. PI. XIII, fig. 12-13. 1902, P£cten Beudanti Depéret et Roman. Monogr. Pecten, p. 18, pi. II, fig. 2 {tantum). R. D. — Diffère du type par sa taille habituellement plus petite, par ses lamelles concentriques ordinairement moins saillantes, plus fines et sur- tout par la présence — sur les côtes primaires — de une à deux costules secondaires, se subdivisant chacune en deux vers le bord palléal ; sur un petit exemplaire de Léognan (coll. Peyrot) on voit une autre costule, mais peu marquée au milieu de chaque intervalle. Les autres caractères sont identiques à ceux de la forme typique de Basterot. Nous rapportons à la même variété une valve gauche de Pont-Pourquey dont les côtes pri- maires — plus aplaties que chez le type — portent une costule secondaire médiane. Les auteurs précités, qui les premiers ont signalé cette variété, sans lui donner de vocable spécial, l'ont rapprochée de P. reghiensis Seg. et de P. Kocki Loc. ; elle difi'ère de la première par une taille plus grande, par une moins grande profondeur de sa valve, par ses lamelles plus sail- lantes; de la deuxième, par ses lamelles moins serrées et par ses oreil- lettes qui n'ont que deux à trois côtes divergentes, alors qu'il y en a davantage chez P. Kocki. Elle nous parait plus voisine encore de P. Grayi Michti, dont elle est peut-être la forme ancestrale. P. Beudanti var. siric- ticostata Sacco (vol. XX, p 62, pi. XX, fig. 2-7), au moins la figuration de la valve gauche, a beaucoup de rapports avec notre forme burdigalienne. — 78 — DiM. Diam. a. -p. : 55 mill.; diam. u.-p. : 47 mill. (valve droite), 60 mill. (valve gauche). Loc. — Léognan (Coquillat), valve droite (FI. XIII, fig. 13), coll. Degrange-Touzin; même localité, coll. Peyrot ; Saint-Médard (Caupian), coll. Degrange-Touzin. Saucats (Pont-Pourquey), une valve gaujshe (PI. XIII, fig. 12), coll. Bial-Neuville ; Saucats (Lagus, Peloua), coll. Bial- Neuville; Cestas (M'n Neuf), coll. de Sacy; rare dans chaque gisement. — Bardigalien. 478. Pecten subarcuatus Tournouër. PI. XIV, fig. 7-10. 1837. Pecten benedictus Duj. Mém. Touraine, p. 270, p. p. (n. Lk.). 1874. Pecten {Janira) subarcuatus Tourn. Faluns Sos (A. S. L. B., XXIX), p. 47. 1897. Pecten cf. subarcuatus Sacco. I MoU. terz. Piem., XXIV, p. 64, pi. XX, fig. 25. 1900. Pecten (Janira) subarcuatus Ivol. et Peyr. Contr Fal. Tour., p. 90. 1902. Pecten subarcuatus Depéret et Roman. Monog. Pect., p. 11, fig. 1;. et pi. I, fig. 2 à 4. Test assez solide. Taille moyenne ou petite; forme de seg- ment sphérique, auriculée, close, inéquilatérale et très iné- quivalve; valve droite convexe et très profonde, à crochet recourbé, mais peu proéminent; valve gauche déprimée, surtout vers le crochet qui est petit, fort peu saillant et dont les arêtes forment un angle apical de 90°; oreillettes relati- vement grandes, subégales, coupées orthogonalement sur leur bord libre, séparées du reste de la coquille par une rainure profonde, faiblement convexes en dehors sur la valve droite, concaves sur la valve gauche ; l'encoche byssale n'est guère plus marquée sur l'oreillette antérieure droite que les sinuo- sités qui existent sur les contours auriculaires des deux valves; le reste du contour des valves forme un peu plus d'un demi-cercle, et la courbe cesse subitement au point d'intersection avec les contours des oreillettes. Surface externe ornée de vingt et une côtes alternant sur les deux valves; sur la valve droite, elles sont faiblement arrondies, rapprochées, à peu près égales à leurs intervalles et s'élargissent peu au _ 79 — voisinage du bord palléal; sur la valve gauche, elles sont beaucoup plus comprimées, plus saillantes, plus écartées, et les deux ou trois extrêmes de chaque côté deviennent obso- lètes; toute la surface, oreillettes comprises, est couverte de lamelles concentriques, saillantes, serrées, surtout vers le bord palléal, s'atténuant un peu sur les côtes; seules, les oreillettes de la valve droite portent six à huit côtes rayon- nantes , Bord cardinal de la valve droite replié sur le plateau car- dinal et formant deux faibles bourrelets situés presque dans le prolongement l'un de l'autre, de chaque côté du crochet; trois paires de lamelles cardinales assez faibles, la supérieure parallèle au bourrelet cardinal, limitant avec lui la rainure du ligament obsolète; les deux autres paires plus courtes et divergentes; fossette chondrophore enfoncée obliquement sous le crochet; lamelle auriculaire peu saill nte et sans dentelon terminal; bord cardinal de la valve gauche rectiligne, trois paires de lamelles cardinales striées verticalement, faibles, surtout les deux inférieures. Impression musculaire assez grande, excentrique, celle de la valve gauche circulaire, celle de la valve droite bilobée, à contours plus irréguliers, toutes deux écartées de l'impression palléale qui se rapproche médiocrement du bord (1). Surface intérieure des valves garnie de côtes assez larges, plates, qua- drangulaires, correspondant aux intervalles externes, visibles, bien que moins saillantes, jusqu'au delà de l'impression palléale. Dm. Diam. : 25 mill. (valve droite); diam. d'une valve gauche plus adulte : 40 mill. R. D. — P. subarcuatus a été confondu avec diverses espèces, du groupe si complexe de P. benedictus. Il diffère de ce dernier par sa taille toujours plus faible, par sa valve gauche plus déprimée et par le nombre plus grand de ses côtes : P. Grayi Micliti, de l'Helvétien des collines de Turin (coll. Peyrot), est bien voisin de notre espèce, toutefois sa valve supérieure (1) Plus que chez P. Beudanti, par exemple. — 80 — est moins relevée sur les bords, ses côtes sont moins nombreuses, moins étroites; sa valve inférieure, moins creuse, est ornée de côtes moins sail- lantes et divisées par des costules secondaires. La présence de costules secondaires différencie encore P. cristatocostatus Sacco, de P. subarcuatus dont le rapprocheraient la taille et le galbe de ses valves. Malgré ses stries concentriques, P. subarcuatus se distingue, au premier coup dœil, de son congénère ancestral (P. Beudanti) par ses côtes plus nombreuses, plus larges et plus serrées sur la valve droite, plus minces et plus écartées sur la valve gauche; en outre, ses oreillettes sont plus grandes, mieux découpées et moins symétriques; il en résulte que le contour circulaire de la région palléale des deux valves cesse beaucoup plus bas que chez P. Beudanti, et qu'il forme — avec les encoches sinueuses des bords auriculaires — des angles d'environ 60o; l'angle apical est aussi moins ouvert chez P. subarcuatus. Enfin, il y a également des différences dans les lamelles cardinales, et la forme helvétienne est dépourvue de dentelons à l'extrémité des lamelles auriculaires. Il s'agit donc bien d'une espèce absolument distincte de P. Beudanti. Loc. — Rimbès (Gers), plésiotype (PI. XIV, fig. 8-9), valve droite ; Baudignan, valve gauche plus adulte (PI. XIV, fig. 7 et 10), coll. Degrange- Touzin; Parleboscq, même coll.; Manciet (Gers), coll. Peyrot; Saint- Etienne- d'Orthe, Saint-Géours, valves gauches jeunes et douteuses, coll. Degrange-Touzin. — Helvétieii. 479. Pecten Larteti Tournouër. PL XIII, fig. 18-21. 1874. Pecten Larteti Tourn. Faluns Sos (A.S.L.B., XXIX), p. 166. Test solide. Taille assez grande, forme de segment sphé- rique quand elle est valvée, auricnlée, close, équilatérale et très inéquivalve; valve droite concave, à crochet recourbé, assez proéminent; valve gauche plane, à crochet plat, extrê- mement peu saillant, formant un angle apical de 105°, oreil- lettes assez grandes, subégales, non symétriques, un peu sinueuses sur leur bord libre et séparées du reste de la coquille par une rainure assez profonde, très faiblement convexes, en dehors, sur la valve droite, un peu concaves sur la gauche ; encoche byssale assez profonde, tandis que le sinus de l'oreillette opposée est beaucoup plus ouvert; contour de la coquille presque circulaire, la courbe s'élevant aux trois — 81 — quarts de la hauteur. Surface externe ornée de côtes radiales alternant sur les deux valves, s'efîaçant vers les bords laté- raux de la valve gauche qui sont très légèrement renflés en bourrelets ou fourreaux larges et arrondis, obtusément sil- lonnés par trois rayons obsolètes; sur la valve gauche, on compte dix-huit côtes arrondies assez saillantes, s'élargissant un peu vers le bord palléal, mais restant toujours plus étroites que leurs intervalles; sur la valve droite, il y en a une ving- taine, assez saillantes, aplaties, presque deux fois plus larges que leurs intervalles (1); des stries lamelleuses concentriques, très fines et surtout apparentes vers le bord palléal, se mon- trent sur les deux valves; les oreillettes portent des stries lamelleuses d'accroissement onduleuses et" pas de traces de côtes radiales. Bord cardinal de la valve droite, replié en dedans sur le plateau cardinal; Une paire de lamelles cardinales très peu saillantes, limitent inférieurement la rainure ligamentaire fortement striée, et au-dessous il en existe deux autres paires plus courtes et divergentes; fossette chondrophore, oblique- ment enfoncée sous le crochet; bord cardinal de la valve gauche rectiligne, trois paires de lamelles cardinales, dont la supérieure, seule assez saillante, limite la rainure ligamen- taire, les deux autres sont courtes, divergentes et peu mar- quées; plan de la fossette chondrophore horizontale ou même un peu déversé en dehors; lamelles auriculaires peu sail- lantes, avec un léger dentelon terminal sur la valve droite, assez saillantes surtout vers la fossette sur la valve gauche. Impression musculaire assez grande, excentrique, celle de la valve gauche est circulaire; impression palléale très écartée du bord, tangente au bord inférieur de la valve gauche de l'empreinte gauche de l'adducteur et au bord externe de son empreinte droite. Surface interne de la coquille marquée de côtes plates, assez saillantes, correspondant aux intervalles (1) La différence entre le nombre des côtes est précisément due à ce que, sur la valve gauche, les dernières se soudent pour former les fourreaux dont il vient d'être question. Tome LXVllI. 6 — 82 — externes, à peu près aussi larges dans les deux valves, mais dont la saillie s'atténue plus vite sur la valve gauche que sur la droite. DiM. Diam. a. -p. : 75 mill. ; diani. u.-p. : 65 mill. R. D. — Tournouër n'a décrit que très succinctement et n'a pas figuré son P. Larteti; il peut donc y avoir quelque doute sur l'attribution de ce nom que nous croyons cependant pouvoir appliquer à l'espèce présente, provenant de la région indiquée par Tournouër. P. Larteti a quelque res- semblance avec P. vasatensis, mais sa valve droite est beaucoup plus con- vexe, son crochet plus bombé, tandis que sa valve supérieure a des bour- relets ou fourreaux latéraux plus saillants qui la font paraître déprimée dans sa région médiane; les oreillettes de P. Larteti sont plus hautes, ses côtes sont plus saillantes. P. Dunkeri May. est plus petit, possède moins de côtes, son crochet est plus bombé. P. Fucfisi Font, a les côtes de la valve droite plus étroites queJeurs intervalles. Enfin P. benedictus, qui est à peu près de la taille de notre espèce, en diffère par ses côtes moins nombreuses. Si, d'autre part, on compare P. Larteti à P. subarciiatus, du même niveau et de la même région, on ne trouve entre ces deux espèces aucune ana- logie; les côtes de P. Larteti sont plus aplaties, moins nombreuses, et — surtout sur la valve gauche — il y a -un large fourreau bombé et une cos- tule à peine sillonnée, de chaque côté contre les arêtes, ce qui dorme à cette valve un aspect tout à fait caractéristique ; enfin les stries d'accrois- sement sont peu visibles exclusivement dans les interstices des côtes, et les dentelons terminant les lamelles auriculaires sont très saillants sur la valve droite. Loc. — Escalans (Gers), deux valves opposées (PI. XIII, fig. 18-21), coll. Degrange-Touzin ; Estang, Sainte Christie près de Manciet (Gers), Mont-de-Marsan, fide Tournouër. — Helvétieii. 480. Pecten benedictus Lamarck. PI. XIII, fig. 24-27. 1819. Pecten benedictus Lk. An. s. vert., t. VI (éd. 1), p. 453 pars. 1832. — Desh. Encycl., t. III, p. 728. 1836. — Lk. An. s. vert., t. VU (éd. 2), p. 137. 1879. — Touni, Moll. Forcalquier {B. S. (i. Fr., t. XXVI), p. 27. 1880. — Fuchs. Pahronloyraphica, Bd. XXX. p. 35, pi. XX (XV), fig. 3-6. — 83 — 1885. Janira benedicta Foftt. Moll. Plioc. vall. Rhône, t. II, p. 196, pi. XII, fig. 12. 1897. Pecten benedictus Saccb. I Moll. terz. Piem.. p. 62, pi. XX, fig. 9. — Dep. et Rom. Monogr. Pect. (M. P. S. G. F., t. XXVI), p. 33, pi. IV, 1-5 Test assez épais. Taille moyenne, dans notre région; forme de secteur sphérique quand la coquille est valvée, équilatérale, très inéquivalve, close; valve droite à contours presque circu- laires, convexe, très creuse; crochet petit, recourbé assez for- tement; angle apical 90°; oreillettes subégales, hautes, courtes, presque orthogonalement tronquées, légèrement convexes en dehors; valve gauche presque plane, à l'exception des bords latéraux qui sont relevés en bourrelets, et du sommet légère- ment déprimé; crochet plat, pointu, angle apical d'environ 105°; oreillettes subégales, assez hautes, presque orthogona- lement tronquées, légèrement concaves. Surface externe différemment ornée sur les deux valves : Sur la valve droite une douzaine de côtes principales, s'élargissant un peu du sommet vers le bord palléal, arrondies, pas très saillantes et plus larges que leurs intervalles ; en plus — de chaque côté — deux ou trois costules, plus serrées et plus ou moins obsolètes; sur deux de nos spécimens, les côtes plus élevées et plus quadrangulaires sont bifides ou triparti tes, c'est-à-dire divisées en cannelures obsolètes. Sur la valve gauche, onze côtes principales, s'élargissant peu vers les bords, pas très saillantes, pas très hautes, beaucoup plus étroites que leurs intervalles, et sur les bourrelets latéraux — qui vont en s'élargissant notablement de leur origine au bord palléal — de petites costules étroites, serrées, parfois complètement obsolètes; sur l'un de nos exemplaires, les intervalles sont munis d'une costule médiane qui disparaît bien avant le bord palléal. Sur les deux valves, on distingue des stries concen- triques d'accroissement; sur la valve droite, elles sont habi- tuellement très fines, peu visibles; elles sont plus lamelleuses, plus écartées sur la valve gauche ; oreillettes ornées seule- ment de stries concentriques. — 84 — Bord cardinal de la valve droite légèrement replié sur le plateau cardinal en deux bourrelets qui sont à peu près dans le prolongement Tun de l'autre ; trois paires de lamelles car- dinales finement striées en travers ainsi que leurs intervalles; la paire supérieure, allongée parallèlement au bord cardinal, limite inférieurement la rainure ligamentaire, les deux autres — plus courtes — sont divergentes; fossette chondrophore peu enfoncée, relevée d'avant en arrière. Impression musculaire, excentrique, postérieure, tangente intérieurement à l'impression palléale, sur la valve droite bilobée, sur la valve gauche arrondie; impression palléale très écartée du bord; surface interne ornée de grosses côtes plates, saillantes, s'etïaçant, surtout sur la valve gauche, à mesure qu'elles s'écartent du bord palléal qui est largement crénelé. DiM. Diam. a. -p. : 50 milL; diam. u.-p. : 55 mill. R. D. — Lamarck — en décrivant succinctement son P. henedictus — a signalé comme localités typiques : Perpignan (Pliocène) et Doué, dans l'Anjou (Miocène) ; en réalité, les spécimens appartenant à chacun de ces niveaux géologiques différents ne sont pas absolument identiques; ceux du Pliocène de Millas par exemple (coll. Peyrot) sont toujours plus grands et parfois un peu plus transverses que ceux du Miocène de l'Anjou ou du Sud-Ouest, dépourvus de stries lamelleuses; mais l'espèce est assez variable, et à l'exemple de MM. Depéret et Roman nous laisserons réunies sous le même vocable les formes miocéniques et pliocéniques. P. Josslingi, du Pliocène de la vallée du Tage, voisin de, P. benedictus, en diffère à première vue par le bombement beaucoup plus considérable du crochet de la valve droite. Autour de P. benedictus se groupe tout un- ensemble de Pecten néogéniques qui en sont très voisins, par exemple : P. ad»nc?as pouvoir adopter un nom douteux, bien qu'il s'applique parfaitement à cette espèce fort abondante à Salles. Loc. — Salles (Minoy), cotypes (PI. XVII, fig. 3-5), coll. Degrange- Jouzin; Salles (Largileyre, M'" Débat), toutes les coll. Saucats (La Sime, M'" de Cazenave), coll. Cossmann. Saint-Sympliorien, Orthez (Paren), Salies-de-Béarn, Sallespisse, coll. Degrange-Touzin. — Helvétieii* 503. Chiamys ( Mquipecten) Degrangei nov. sp. PL XX, fig. 5-8. Test assez épais. Taille moyenne, forme oblique, dissymé- trique, très peu bombée, équivalve^ inéquilatérale; côté pos- térieur un peu plus long que l'antérieur. Valve droite fort peu convexe; crochet petit, pointu, fort peu bombé, angle apical 95''; l'arête postérieure du crochet est plus longue que l'antérieure et leurs extrémités sont réunies par une demi- circonférence dont le diamètre est par suite oblique par rap- port à l'axe longitudinal de la coquille; oreillettes inégales, l'antérieure dilatée en aile, portant à sa base une encoche byssale assez profonde, étroite, et six dents pectinidiales petites, aiguës; oreillette postérieure plus courte, assez haute, tronquée un peu obliquement. Valve gauche très faiblement convexe, à contours semblables à ceux de la valve opposée; crochet petit, pointu, angle apical 95°; oreillettes subégales, courtes, assez hautes, un peu obliquement tronquées. Surface externe semblablement ornée — sur les deux valves — de vingt-six à vingt-huit côtes radiales étroites, un peu moins longues que leurs intervalles, fort peu saillantes; entre (1) Tournouër, Fal. Sos (.4. S. L. «., t. XXIX), p. 166. — 133 — les côtes limitant le crochet et le bord externe, il existe, sur chaque valve et de chaque côté, un méplat peu large, couvert de très fines et très serrées costules radiales; un ou deux sil- lons, déterminent sur les côtes primaires des costules secon- daires fort peu saillantes; stries concentriques d'accroissement visibles seulement vers le bord palléal; il est probable qu'elles forment des squamules sur les spécimens moins usés que les cotypes. Oreillettes ornées de costules radiales un peu granu- leuses; fasciole byssale de la valve droite, assez profonde avec de grossières lignes marquant les accroissements de l'encoche. Bord cardinal de la valve droite presque rectiligne, replié en dedans et grossièrement squameux; bord cardinal de la valve gauche rectiligne et non replié; sur les deux valves, deux paires de lamelles cardinales finement striées en travers ainsi que leurs intervalles; la supérieure étroite, parallèle au bord cardinal et limitant inférieurement la rainure ligamen- taire; l'inférieure, allongée aussi, plus épaisse et plus sail- lante; lamelles auriculaires nettes; six dents pectinidiales, visibles de l'extérieur. Impression musculaire arrondie, superficielle, postérieure, placée assez haut, n'occupant pas la moitié de la largeur de la chambre palléale dont le contour supérieur est situé plus bas que les deux tiers de la hauteur des valves. Surface interne portant des côtes peu saillantes qui correspondent aux inter- valles externes; bord des valves lacinié par les côtes. DiM. Diam. a. -p. : 25 mill. ; diam. u.-p. : 26 mill. ' R. D. — C. Degrangei porte à peu près le même nombre de côtes que C. Malvinse Dubois, mais il est beaucoup moins bombé, moins rugueux, beaucoup plus inéquilatéral. On dislingue facilement C. Degrangei de C. liberata qui est un peu plus bombé, dont les costules secondaires sont beaucoup plus nettes et les squames plus saillantes, les côtes moins nom- breuses. C. radians, C. Sowerbyi, du Crag de Belgique, ont aussi moins de côtes. D'autre part, C. Degrangei est remarquable par la grandeur relative de la chambre palléale, l'impression ayant un contour moins écarté du bord palléal que chez la plupart des espèces précédentes. Loc. — Clermont (Landes), cotypes (PI. XX, fig. 5-8), une paire de valves, coll. Degrange-Touzin. — Helvétieu. — 134 — 504. Chiamys (Mquipecien) Haveri [Michelolti]. PL XVII. %. 6-9. 1839. Pecten magnificus Micht. Brevi cenni, p. 9 {non Sow.). 1847, Pecten Haveri Micht. Descr. foss. Mioc, p. 88, pi. III, fig. 13 (valve droite). 1852. — D'Orb. Prodr., t III, p. 128, 26" él., no 2417. 1897. Mquipecten Haveri Sacco. I Moll. terz. Piem., t. XXIV, p. 22, pi. VII, fig. 1-10. [Pecten Suzannœ Ben. In coll. {non Mayer). Test mince. Taille moyenne; forme orbiculaire, auriculée, close, équilatérale, inéquivalve. Valve droite légèrement con- vexe, crochet pointu, mais peu recourbé; angle apical 105°; oreillettes subégales, l'antérieure peu allongée, avec une encoche byssale assez étroite et un peu profonde; fasciole byssale peu distincte; oreillette postérieure orthogonalement tronquée. Valve gauche presque plane, faiblement bombée dans le sens transversal; oreillettes assez courtes, siibégales, ortho- gonalement tronquées; crochet plat, pointu; angle apical 105°. Surface externe semblablement ornée sur les deux valves; la droite porte environ dix-huit côtes étroites quadrangulaires, peu saillantes, presque lisses dans la région umbonale, s'éle- vant et s'élargissant vers les bords; elles sont munies de trois rangées de squames régulièrement espacées, une sur chaque arête latérale, la troisième au milieu de la côte; ces squames — peu marquées à l'origine des côtes — deviennent ensuite sail- lantes, s'élargissent et se creusent en cupule à leur sommet; les intervalles, un peu moins larges que les côtes, sont très finement striés en travers, et chez les exemplaires adultes ils portent d'abord une, puis, à mesure qu'ils s'élargissent, deux, trois rangées de squames identiques à celles des côtes; les oreillettes sont costulées avec des squames épineuses; sur la valve gauche, il y a le même nombre de côtes moins saillantes et la même ornementation que sur la valve opposée. Bord cardinal de la valve droite replié sur le plateau car- - 135 — dinal et à peu près rectiligne; deux paires de lamelles cardi- nales : la supérieure parallèle au bord cardinal, aussi longue que lui et bordant la rainure ligamentaire; l'inférieure plus courte, plus divergente; fossette triangulaire, peu profonde; lamelles auriculaires faibles, avec un dentelon terminal assez marqué. Bord cardinal de la valve gauche rectiligne, deux paires de lamelles cardinales et lamelles auriculaires dispo- sées comme sur la valve droite; fines dents pectinidiales. Impression musculaire arrondie, placée assez haut sur chaque valve; impression palléale distante du bord. Surface interne renforcée par des côtes quadrangulaires saillantes, dis- tinctes presque jusqu'au crochet. Bord des valves crénelé. DiM. Diam. a. -p. : 30 mill. ; diam. u.-p. : 32 mill. R. D. — C. Haveri a beaucoup d'analogies avec C. spinulosus Munst. ; il s'en distingue d'abord par la forme plane de sa valve gauche et surtout par la forme de ses scfuames qui sont épineuses dans cette dernière espèce. Hornes réunit les deux espèces, avec doute il est vrai, sous le nom spinulosus, et il mentionne la présence — dans la collection du Musée de Vienne --de spécimens provenant de Saubrignes et de Saint- Jean-de-Marsacq. Il est vraisemblable qu'il s'agit de C. Haveri superficiel- lement examiné et confondu avec C. spinulosus. C. Haveri est comiiiun dans l'Helvétien des collines de Turin; nous n'apercevons aucune diffé- rence entre les figures de la Monographie de M. Sacco et nos spécimens de Saubrigues. Loc. — Saubrigues, plésiotypes (PI. XVII, fîg. 6-9), coll. Cossmann; coll. Degrange-Touzin, Benoist. Saint-Jean-de-Marsacq, une valve gauche, coll. Degrange-Touzin. — Tortonien. 505. Chiamys (Flexopecten) Suzannse [Mayer]. PI. XVII, fig. 10-13. 1858. Pecten Suzannse Mayer. Journ. Conch., t. VII, p. 78, pi. III, fig, 4. Test assez épais. Taille moyenne; forme arrondie, un peu dissymétrique, auriculée, équilatérale, peu inéquivalve. Valve droite un peu moins bombée que la gauche; crochet pointu fort peu recourbé; angle apical cSO°; oreillettes très inégales, - 13G - la postérieure colirte, obliquement scalène, l'antérieure hori- zontalement longue, rectangulaire, avec une encoche byssale large, mais peu profonde, dont les accroissements successifs forment — le long de la suture de la, valve et de l'oreillette — une légère dépression; cinq dents pectinidiales acérées. Valve gauche assez fortement bombée, surtout dans la région du crochet qui est légèrement recourbé; angle apical 85°; oreil- lettes subégales, courtes, presque orthogonalement tronquées. Surface externe ornée de neuf ou dix côtes bombées, très fortes sur le dos de la valve, diminuant vers les bords latéraux, sépa- rées par des intervalles à peu près aussi larges qu'elles, côtes et intervalles portant de nombreuses petites costules radiales égales, serrées; des stries concentriques nombreuses décou- pent ces costules et déterminent de petites squames imbri- quées qui rendent la surface de la coquille rugueuse; une étroite région, fortement déclive sur chacun des bords latéraux de la valve droite, est dépourvue de costules, elle ne porte que de fines stries d'accroissement et paraît presque lisse; les oreil- lettes présentent également des costules divergentes épineuses, elles sont moins nombreuses et à squames plus grosses sur l'oreillette antérieure de la valve droite. Bord cardinal de la valve droite replié sur le bord cardinal en formant deux bourrelets rugueux qui se rejoignent au sommet de la fossette sous un angle de 170°; trois paires de lamelles cardinales, finement striées en travers ainsi que leurs intervalles, la supérieure allongée parallèlement au bord car- dinal et limitant la rainure ligamentaire, les deux autres beaucoup plus courtes et divergentes; fossette chondrophore minuscule et peu profonde; bord cardinal de la valve gauche rectiligne, trois paires de lamelles cardinales, striées et dis- posées comme dans la valve droite, fossette chondrophore plus profonde et plus largement triangulaire; pas de lamelles auriculaires. Impression musculaire invisible sur nos spécimens qui sont tous décortiqués intérieurement, mais le contour inférieur de l'impression palléale est peu écarté du bord. Surface interne — 137 — marquée de larges côtes plates correspondant aux intervalles des côtes externes, bord des valves festonné. DiM. Diam. a. -p. : 45 mill. ; diam. u.-p. : 48 milL R. D. — Nous n'hésitons pas à rapporter nos spécimens à C. Suzannse bien qu'ils soient dépourvus de la rangée d'épines plus saillantes qui, sur la figuration donnée par Mayer, occupe le milieu des côtes principales. La grandeur des épines est variable dans les cinq échantillons que nous avons sous les yeux, l'un d'eux, gérontique, est même presque complè- tement lisse; le développement plus accentué de cette rangée d'épines est probablement un caractère individuel de l'unique valve connue de Mayer. C. Suzannœ a de grandes analogies avec 6'. flexuosa Poli, que M. Sacco a pris pour génotype du S. -G. Flexopecten, toutefois notre espèce a un plus grand nombre de côtes, et à l'inverse de C. flexuosa, elles parais- sent plus saillantes sur la valve droite que sur la gauche. Enfin il n'y a pas l'inflexion du bord palléal qui caractérise C. flexuosa et Péplum. Mayer comparaît son espèce à P. cicatrisatus, du Danien de Maëstricht, ce der- nier ayant toutefois une forme moins large, moins régulière et des détails d'ornementation différents. Il est peu probable que ce groupe ait vécu avant le Miocène, car on n'en trouve aucune trace dans l'Eocène. Loc. — Saubusse (Landes), trois valves plésiotypes (PI. XVII, fig. 10- 13), coll. Benoist. Saint-Géours, deux valves, coll. Degrange-Touzin. Peyrère, coll. Raulin. - Hel^ëtien ou Tortonien? Safnt-Jean-de-Marsacq (fide Mayer). — Tortonien. 506. Chiatnys {PaUiolwn) cf. similis [Laskey]. PI. XVll, fig. 27-28. 1811. Pecten similis Laskey. North. Brith. test. {Mem. \\'ern. Soc), t. I, p. 387, pi. VIII, fig. 8. 1835. Pecten pullus Cantr. Diagn. esp. nouv., p. 24. 1879. Pecten similis Jeffreys. Moll. Light a. Porcup. exp. (P. Z. S.), p. 560. 1897. Palliolum simile Sacco. I Moll. terz. Piem., t. XXIV, p. 45, pi. XIII, fig. 19-25. 1899. Pseudamussium simile Verrill. Study of Pect. {Transac. Connect. Acad., t. X), p. 81, pi. XVII, fig. 8. Test assez épais. Taille très petite; forme arrondie, très peu bombée, équilatérale; valve gauche peu bombée, oreillettes petites, subégales, la postérieure plus courte, moins oblique, moins déprimée. Surface externe paraissant lisse, même à la — 138 — loupe. Plateau cardinal sans lamelles cardinales ou auricu- laires apparentes; fossette chondrophore minuscule, dépassant très légèrement le bord cardinal qui est rectiligne. Impression musculaire à peu près invisible; impression palléale rap- prochée du bord qui est mince et simple. Surface interne dépourvue de côtes ou de lirations. DiM. Diamètre : 5 mill. R. D. — Les deux valves gauches que nous avons examinées nous ont paru correspondre exactement aux figurations données par M. Sacco, mais le manque de matériaux de comparaison, le petit nombre et la peti- tesse de nos exemplaires fossiles, nous engagent à mettre quelque réserve dans leur assimilation avec l'espèce vivante, Pall. simile, bien qu'elle ait déjà été signalée dans FHelvétien par Seguenza (1880, Form. terz. Reggio, p. 74) et qu'elle devienne abondante dès le début du Pliocène d'après Sacco. Pall. vitreum est plus grand et, sous un fort grossissement, on dis- tingue sur sa surface externe de petites écailles en forme de tuiles. Loc. — Clermont (Landes), plésiotypes (PI. XVII, fig. 27-28), coll. Degrange-Touzin, deux valves gauches. — Helvétien. 507. Chiamys (Antipecten) Sacyi nov. sp. PL XV, fig. 12-13 et 15-19. [Chiamys quinqueradiatus Ben. in coll.]. '?i874. Pecten discors Benoist. Cat. Saucats, p. 71, no 202 {non Broc). Test épais. Taille moyenne; forme suborbiculaire, transverse à l'âge adulte, auriculée, équilatérale, très inéquivalve, à peu près close. Valve droite presque plane, crochet pointu et plat, angle apical 90° au crochet, 120» aux extrémités; oreillette antérieure dilatée en aile très allongée, rectangulaire, coupée presque orthogonalement à son extrémité, échancrée à sa base par une encoche très large et peu profonde, garnie de cinq dents pectinidiales fortes et acérées chez les exemplaires adul- tes; fasciole byssale ornée de sillons curvilignes indiquant les emplacements successifs de l'encoche; oreillette postérieure aussi étendue que l'autre, mais plus large, un peu sinueuse sur son contour inférieur. Valve gauche assez bombée, avec — 139 — des oreillettes très développées, assez hautes, légèrement sinueuses à leur extrémité; crochet, pointu, recourbé, mais peu bombé, angle apical variant aussi de 90" à 120o. Surface externe différemment ornée sur les deux valves; la droite porte douze à quatorze côtes bien égales, très saillantes, piano-convexes, s'accroissant en largeur à mesure qu'elles s'éloignent du sommet et séparées par des intervalles qui les égalent en largeur ; des costules secondaires peu saillantes divisent les côtes et s'aperçoivent également dans les inter- valles; des stries concentriques assez peu saillantes, et surtout visibles dans les intervalles des côtes, rendent, dans la région palléale, les côtes quelque peu squameuses; l'oreillette anté- rieure porte quatre ou cinq costules assez larges, contiguës, grossièrement squameuses; sur l'oreillette postérieure, les cos- tules sont plus étroites-, plus nombreuses et marquées de stries d'accroissement onduleuses, serrées et assez saillantes; sur la valve gauche, les côtes sont souvent inégales; on dis- tingue trois grosses côtes, plus larges et plus saillantes que toutes les autres, dont la médiane occupe l'axe de la coquille, mais cette disposition n'est pas constante; entre les côtes il en existe une ou deux plus faibles, et enfin sur les côtés laté- raux, en dehors des deux grosses côtes, trois côtes encore plus étroites et moins saillantes, cela fait douze à quinze côtes en tout; les plus grosses côtes s'accroissent assez rapidement en largeur, mais restent toujours plus étroites que leurs inter- valles : à partir de la moitié environ de la coquille, les grosses côtes se divisent en costules secondaires arrondies, assez fai- bles, non contigués, en nombre variable, quatre au plus; des stries concentriques peu élevées, irrégulières, coupent les côtes et les intervalles sans donner naissance à des squa- mules; les oreillettes sont ornées de costules étroites, très distantes, peu saillantes, et de stries onduleuses assez sail- lantes et serrées. Bord cardinal de la valve droite presque rectiligne, recourbé en dedans, une paire de lamelles cardinales assez fortes, parallèles, striées transversalement; lamelles auriculaires peu — 140 — visibles, se terminant en un dentelon assez marqué, surtout à la base de l'oreillette postérieure ; bord cardinal de la valve gauche rectiligne, une paire de lamelles cardinales faibles et striées perpendiculairement, lamelles auriculaires peu nettes, dentelon terminal assez fort. Impression musculaire peu profonde, impression palléale très écartée du bord. Surface interne des valves marquée de grosses côtes larges, plates, saillantes et visibles presque jus- qu'au crochet. Bord des valves largement denté. DiM. Diam. a. -p. : 54 mill.; diam. u -p. : 56 mill. R. D. — A part les oreillettes qui sont absolument différentes par leur extension, nous ne pouvons guère rapprocher cette jolie espèce que de C. ijiœquicostalis Lk., du Pliocène italien, dont la valve gauche présente aussi une grosse côte médiane avec, de chaque côté, d'autres côtes alter- nativement plus grosses et plus faibles, mais chez la coquille pliocénique les costules secondaires sont nombreuses serrées et saillantes. M. Sacco (I MoU. terz. Piem., parte XXIV, pi. XIII, fig. 5) a figuré une jeune valve droite de C. inœquicostalis dont la sculpture est exactement identique à celle des exemplaires adultes de notre espèce d'Aquitaine ; les valves gauches adultes de C. Sacyi et de C. inœquicostalis se ressemblent davan- tage que les valves droites, chez cette dernière espèce les costules secon- daires sont cependant plus nombreuses et plus saillantes, mais encore l'analogie est des plus étroites entre la sculpture d'une jeune valve gauche de C. insequicostalis [loc. ciï., fig. 4) et celle de notre valve gauche adulte. N'y aurait-il pas lieu de penser que C. Sacyi est une forme ancestrale de C. inœquicostalis'^ Le fossile du Bordelais s'écarte davantage du groupe de C. flexuosus dont les côtes sont parfois inégales mais qui appartient, à cause de la presque égalité de ses valves et d'autres caractères, à un Sous-Genre différent. Loc. — Cestas (pré Cazeaux), valve droite, type (PI. XV, fig. 12-13), coll. de Sacy; valve gauche type (PI. XV, fig 15), coll. Benoist; une valve gauche pluricostulée (PI. XV, fig. 18-19), coll. Neuville; Pont-Pourquey, une valve népionique, coll. Degrange-Touzin. — Btirdigalien. Sallespisse, une valve gauche iPl. XV, fig. 16-17), coll. Duvergier. — Helvétîen. — 141 — HINiNlTES Defrance, 1821. (= Hinnita Féruss., 1822; = Hinnus Wood, 1841). Test pouvant devenir fort épais et pesant. Coquille libre ou fixée par un byssus à l'état népionique et alors semblable à Chlamijs, puis se fixant plus tard par sa valve droite qui devient irrégulière; peu inéquivalve; valves faiblement bom- bées; oreillettes petites, subégales, à l'état adulte. Surface externe ornée comme Chlaniys dans la région umbonale, puis irrégulièrement squameuse et rappelant parfois Ostrea sur le reste de la coquille. Plateau cardinal dépourvu de lamelles cardinales et auri- culaires à l'état adulte, prolongé en une sorte de talon par des épaississe ments lamelleux qu'entame la fossette chon- drophore allongée et virguliforme ; l'épaississement se con- tinue sur le bord libre des oreillettes, et sur l'antérieure de la valve droite, il comble l'encoche byssale originelle. Surface interne dépourvue de côtes ou de lirations; empreinte palléale très écartée du bord, se rétrécissant subitement au voisinage de l'empreinte musculaire qui est très grande et presque régulièrement circulaire; bord des valves dépourvu de créne- lures. (G. -T. : Ostrea crispa Broc. ; = Hinnites Cortesii Defr. Miocène et Pliocène.) Beaucoup d'auteurs font de Hinnites un S. -G. de Chlamys en se basant sur la forme que possède la coquille à l'état jeune; il n'y a là, en somme, qu'une persistance, anormalement longue, d'un stade népionique, repré- sentant une phase de l'évolution du groupe, précieuse pour marquer sa phylogénie, mais qui ne lui est pas particulière. Or comme Hinnites, à l'état adulte, s'éloigne beaucoup des autres formes de Pecten par sa char- nière, par la forme de ses impressions musculaire et palléale, par son genre de vie, nous préférons, en nous appuyant d'ailleurs sur l'autorité de Fischer, élever Hinnites au rang du Genre. Par son mode de fixation et souvent par l'ornementation de sa surface externe, Hinnites rappelle Ostrea; l'empreinte de l'adducteur des valves est semblable à celle de Spondylus; le talon de la région umbonale et la forme de la fossette chondrophore rapprochent Hinnites de Spondylus et de Lima. - 142 - 308. Hinnites Defranceî Michelotti (emend.). PL.XVIII, fig, 12-13. 1847. Hinnites Defmncii Micht. Desc. Foss. Mioc, p. 85, pi, III, fig. 8. 1847. Hinnites Defrancei Sism. Syn. métli. (éd. 2), p. 12. 1852. — D'Orb. Prodr., t. III, p. 1.32, 26e et , no 2491. 1865. — Hôni. Tert. Beck. Wien, t. II, p. 423 (excl. fig ). 1874. — Ben. Cat Saucats, p. 72, no 204. 1897. Hinnites Leufroyivav. Defrancei Sacco. I MoU. terz. Piem., t. XXIV, p. 11, pi. II, fig. 5-7. Test assez épais. Taille moyenne; forme de Chicwii/s à l'état népionique, devenant irrégnlière lorsque la coquille s'est fixée par adhérence aux rochers par sa valve droite. Valve gauche faiblement convexe, régulière, ovale, allongée jusqu'à la taille de 2 à 3 centimètres, puis plus élargie et à surface irréguliè- rement bosselée; oreillettes un peu inégales, l'antérieure plus longue, assez haute, légèrement sinueuse à son extrémité, la postérieure plus courte, obliquement tronquée; crochet pointu, plat, angle apical 100°. Surface extérieure ornée de côtes étroites, obtuses, peu sail- lantes, beaucoup plus étroites que leurs intervalles, dans les- quels apparaissent parfois, comme chez Chlamys, des costules secondaires, à mesure que la coquille s'accroît; dans la région bosselée de la valve, les côtes sont irrégulièrement flexueuses. Sur les exemplaires bien conservés, les intervalles sont fine- ment guillochés dans la partie régulière; plus loin du crochet, les stries concentriques deviennent plus ou moins lamelleuses et donnent parfois naissance à des squames, à leur intersection avec les côtes. Plateau cardinal à peu près lisse, sans lamelles cardinales visibles; fossette chondrophore triangulaire, assez profonde; impression musculaire excentrique, arrondie, très grande, tangente inféiieiirement à l'impression palléale qui est très écartée du bord. Surface interne, souvent lisse ou marquée de stries divergentes, très fines et très rapprochées, quelquefois — 143 — on distingue des côtes, très peu saillantes, assez larges, corres- pondant aux intervalles externes. Bord des valves mince, irré- gulièrement ondulé, mais non dentelé. DiM. Diam. a. -p. : 55 mill.; diam. u.-p. : 50 mill. R. D. — Nous n'avons sous les yeux que des valves gauches, ou libres; le mode d'existence de l'animal les rend irréguliéres à partir du stade fixé, moins toutefois que la valve droite qui est adhérente. Il faut donc comprendre l'espèce dans un sens large, ne pas créer d'espèces ou même de variétés sur quelques légères différences de forme ou d'ornementation. Nos spécimens d'ailleurs ressemblent entièrement à ceux des CoUi Tori- nesi. D'après M. Sacco, H. Defrancei pourrait être la forme ancestrale de H. crispus qui est beaucoup plus grande, plus épaisse, à bord cardinal très élargi et dont la surface externe est fortement squameuse. H. Bntssonii de Serres, var. taurinensis Sacco (I Moll. terz. Piem., p. xxiv, p. 11, fig. 8- 16) diffère de notre espèce surtout par le grand nombre et la régularité des costules secondaires. La forme de 1 Helvétien de l'Autriche figurée par Hôrnes — dont le galbe et l'ornementation sont un peu différents de ceux du type — cons- titue la var. vindobonensis Sacco. IjOC. — Saint-Médard (La Fontaine), plésiotype (PI. XVIII, fig. 12-13), coll. Duvergier; Saucats (Peloua), coll. Degrange-Touzin. — Burdî- galîen. 509. Hinnites crispus [Brocchi]. PI. XVIII, fig. 11; PI. XX, fig. 21-22. 1814. Ostrea crispa Broc. Conch. foss. sub., t. II, p. 567. 18-ai. Hinnites Coitesyi Def. Dict. se. nat., t. XXI, p. 169, Atlas, fig. 1. 1830. Hinnites Cortesii Desh. F.ncycl. méth., t. II, p. 273. 1852. — D'Orb. Prodr., t. III, p 186, 27^ et., no 415. 1897. Hinnites crispus Sacco. I Moll. terz. Piem., t. XXIV, p. 10, pi. II, fig. 1-4. Test épais. Taille grande; forme oblongue, allongée ou presque orbiculaire, inéquivalve, inéquilatérale, close. Valve droite, adhérente, habituellement la plus bombée, déformée par l'adhérence qui a lieu sur une étendue plus ou moins grande; oreillettes subégales, l'antérieure un peu plus grande, et un peu plus échancrée à sa base, à l'état népionique; cro- — 144 — chet plat, parfois indistinct. Valve gauche libre, presque plane ou faiblement bombée; oreillettes comme dans la valve droite; crochet plat et pointu. Surface externe, montrant — près du sommet — la coquille népionique sur un diamètre d'environ 2 centimètres, ornée de côtes radiales étroites, peu saillantes, séparées par de larges intervalles, et couvertes de stries conceatriques, assez régu- lières et peu élevées; au delà, la surface devient irrégulière, les cotes radiales s'effaceat plus ou moins complètement, tandis que l'ornementation concentrique devient prédominante sous forme de lamelles assez régulièrement distantes (un demi cen- timètre environ) et crépues; sur la valve gauche, l'ornemen- tation propre aux premiers stades de l'accroissement se con- tinue habituellement plus longtemps et occupe par suite une étendue plus grande; au delà les lamelles concentriques, sont généralement moins saillantes, les côtes radiales au contraire plus marquées que sur la valve opposée, les squames plus ou moins couchées horizontalement et plus ou moins réguliè- rement disposées. Plateau cardinal plat et complètement dépourvu, sur les deux valves, de lamelles cardinales et auriculaires; le contour du plateau cardinal jusqu'au-dessous des oreillettes, s'accroît plus rapidement que le reste du contour de la coquille, de sorte qu'il se forme dans cette région un méplat parfois large de plusieurs centimètres sur lequel on distingue les stries d'accroissement très serrées; il est entamé par un prolon- gement cunéiforme de la fossette chondrophore qui est pro- fonde sur les deux valves et à bords relevés. Impression musculaire très grande, presque parfaitement circulaire, tangente sur une assez grande partie de son con- tour, et dans sa région externe, avec l'impression palléale; celle-ci, large, très écartée du bord se continue et se ferme sous la fossette chondrophore après s'être contractée au niveau supérieur de l'impression de l'adducteur des valves, de sorte que son contour est piriforme. Surface interne des valves lisse et brillant; bord des valves simple. — 145 — t)m. Diam. a. -p. : 110 mill.; diam. u.-p. : 110 mill. R. D. — Nous avons en mains deux très beaux spécimens valves; bien qu'ils présentent quelques différences nous ne croyons pas utile de les séparer, étant donnée la variabilité que leur mode particulier d'existence entraine dans le Genre Hinnites. L'un de nos spécimens, presque orbicu- laire, fixé par une faible partie de sa surface, a sa valve droite, fortement et assez régulièrement crépue, sa valve gauche dépourvue de costules radiales avec des squames peu nombreuses et distribuées sans ordre; il est voisin de la forme typique; l'autre plus allongé (120 mill. sur 95 mill.), adhèrent par une notable portion de sa valve droite, possède une orne- mentation radiale assez nette sur sa valve gauche et se rapproche de la var. costicillatior Sacco {Loc. cit., pi. II, fig. 3). H. crispus toujours plus grand, plus épais et différemment orné, se distingue aisément de H. Defrancei. La dénomination Hinnites Cortesii Defr. est synonyme posté- rieur d'Ostrea crispa Brocchi. Loc. — Salles, plésiotype (PI. XVIII, fig. 11), coll. Benoist. Salles (le Minoy) un spécimen valve, coll. Degrange-Touzin. 510. Hinnites crispus Mich^'; var. megalomorphus nov. var. PI. XVIII, fig. 30. R. D. — Nous séparons du type une très grande valve gauche qui en diffère par sa forme plus plate, ses contours plus arrondis, son ornemen- tation dans laquelle les stries concentriques sont très peu marquées, les côtes radiales primaires larges, peu saillantes, avec — dans leurs inter- valles — des costules secondaires plus étroites. Sous le rapport de l'orne- mentation elle se rapprocherait de H. Defrancei et surtout de H. Bnissonii var. crassicostata Sacco (p. XXIV, pi. II, fig. 17), forme helvétienne dont l'écartent toutefois sa hauteur trois fois plus grande et le galbe de son contour. DiM. Diam. a. -p. : 160 mill.; diam. u.-p. 150 mill. IjOC. — Salles (Chau Puységur), type (PI. XVIII, fig. 30), coll. Neuville. Salles (Minoy), coll. Degrange-Touzin, une valve plus petite et en médiocre état. — Helvétîen. Fam. LIMID.E d'Orbigny, 1847. (= Radulidœ H. et A. Adams, 1858). Coquille équivalve, pectiniforme, aiiriciilée, libre ou fixée par un byssus passant par une sinuosité antérieure de la Tome LXVIII. 10 — 146 — valve droite ou par un bâillement des deux valves; crochets plats, aigus, écartés, laissant voir une aréa triangulaire ; ligament alivinculaire; résilium subinterne, logé dans une fossette triangulaire qui occupe le milieu de l'aréa ; charnière complètement dépourvue de dents ou présentant — de part et d'autre de la fossette — des crénelures parallèles, traces d'une disposition taxodonte à l'état népionique ; impression muscu- laire unique, excentrique; impression palléale simple. Réunies d'abord au Pectinidse avec lesquels elles présentent de très grandes affinités, les Limidœ en ont été justement séparées, à cause de leur galbe et surtout de leur charnière plus simple. L'origine de cette Famille remonte au Paléozoïque (Carboniférien). On connaît les remar- quables habitudes de natation et de nidification de ces Mollusques. Indé- pendamment de quelques Genres mésozoïques tels que Plagiostoma Sow. et Ctenostreon Eichw., on s'accorde généralement à n'admettre chez les Limidœ tertiaires que les deux Genres Lima et Limxa, le premier édenté, le second avec une charnière taxodonte : tous deux sont représenlés en Aquitaine. LIMA (Brug., 1792; Cuvier, 1798). (= Radula Rumph., 1710; Klein, 1753 et A. Adams, 1858). Coquille équivalve, inéquilatérale, spatuliforme, faiblement auriculée, baillante; crochets petits, opposés, écartés; oreil- lettes inégales, l'antérieure plus petite ; aréa triangulaire, munie d'une large fossette chondrophore centrale; charnière complètement édentée à l'âge adulte, mais munie de quelques crêtes obliques de part et d'autre de la fossette sur les indi- vidus népioniques; surface externe presque lisse ou costulée radialement. Impression musculaire bilobée, située assez haut et postérieurement, le lobe inférieur tangent à la ligne pal- léale qui est très écartée du bord. Lima a été créée par Bruguière en 1792, dans les Planches de l'Encyclo- pédie méthodique , dont le texte explicatif interrompu avant l'article Lima n'a été repris et achevé qu'en 1830-1832 par Deshayes. Bruguière n'avait donné ni diagnose, ni génotype. Mais Cuvier (Tabl. éléni., p 421) a décrit Lima et fixé le génotype en 179S. Quant à Radula, entièrement synonyme J A 'V — 14/ — de Lima, il n'a été authentique qu'après avoir été repris, dans le système binominal, par les frères Adams en 1858, il est donc postérieur à Lima. Quelques rares représentants du Genre ont été signalés dans les ter- rains paléozoïques; c'est au Crétacique qu'il atteint son développement maximum. Sect. Lima s. str. — Test épais. Taille moyenne; forme oblique, ovale-oblongue, retrécie vers le crochet, inéqui- latérale, peu bombée, faiblement baillante, côté antérieur infléchi pour former une lunule allongée. Surface externe ornée de côtes radiales fortes et squameuses, bord des valves dentelé. (G. -T. : Ostrea lima Linné, Viv.) Cette Section est tout spécialement caractérisée par son aplatissement lunulaire et sa forte sculpture ; son byssus passe par une sinuosité du contour antérieur. S.-G. Maiitellum (Bolten, 1798) in Môrch, 1853. — Test plus mince, valves plus bombées, dépourvues de l'aplatissement lunulaire de Liina s. st.; oreillettes moins inégales; sculpture externe formée de côtes radiales peu saillantes, faiblement écailleuses, s'atténuant sur les côtés latéraux; aréa moins haute, plus large, plateau cardinal parfois détaché de la face interne de l'oreillette postérieure, par suite de l'existence d'une petite cavité qui s'enfonce sous le plateau cardinal. Bord des valves faiblement crénelé. Impression musculaire longue occupant le tiers de la cavité interne faiblement bilobée. (G. -T. : Ostrea hians Gmelin, Viv.) Mantellum se distingue surtout par son bâillement postérieur, par l'ab- sence d'aplatissement lunulaire, par sa forme bombée et sa sculpture faible, par son impression peu bilobée et très étendue en hauteur, enfin par la petite excavation qui existe sur la face intérieure de l'oreillette postérieure de chaque valve. Sect. Limatula S. Wood, 1839. — Test mince. Taille petite; forme étroite, renflée, subéquilalérale, plus ou moins oblique, close. Sculpture formée de fines stries rayonnantes plus marquées sur le dos de la valve que sur les flancs. (G. -T. : Pecfen subauriculatus Mtg. Viv.) — 148 — Ce Groupe se relie étroitement à Manfelhim par sa forme générale, par ses oreillettes subégales, par sa large fossette chondrophore; il s'en dis- tingue par sa petite taille et par son ornementation plus fine et plus régu- lière. Le génotype, L. Loscombii Sow., du S. -G. : Limatulella Sacco (1 Moll. terz. Piem., t. XXV, p. 16), ne nous parait différer que par des carac- tères spécifiques, notamment par sa forme oblique, de L. subauriculata. Lmatulella est donc pour nous synonyme de Liinatula. Cette Section appa- raît pendant l'Eocène. S.-G. Ctenoides (Klein, 1753) in H. et A. Adams, 1858. — Taille assez grande; coquille presque équilatérale, bâillante, sculpture externe divariquée. Oreillettes petites, inégales, les antérieures fortement retroussées pour le passage du byssus ; de part et d'autre de la fossette, sous le bord de l'aréa, il y a des dents qui engrènent avec des fossettes qui les logent sur la valve opposée. Impression musculaire tangente postérieu- rement à la ligne palléale, très inégalement bilobée, la partie supérieure très grande et arrondie, le lobe inférieur formé d'un second cercle beaucoup plus restreint; ligne palléale très écartée du bord. (G. -T. : Lima scabra Born, Viv.) Malgré son aspect de Lima, ce Sous-Genre est caractérisé par sa char- nière, Ctenoides apparaît dès l'Eocène, et se poursuit jusqu'à l'époque actuelle; ce Sous-Genre est représenté dans le Miocène du Sud-Ouest. S.-G. Acesta H. et A. Adams, 1858. — Taille souvent grande; forme ovale, allongée; oreillette antérieure très petite, oreillette postérieure élargie; surface externe lisse ou presque lisse; fossette chondrophore très oblique, (G. -T. : Lima exca- vata Fabr. Viv. Les caractères bien spéciaux de ce Groupe doivent en faire un Sous- Genre ou même peut-être un Genre distinct de Lima. Il apparaît dès l'époque Crétacique et se continue à travers tous les terrains jusqu'à l'époque actuelle, mais il n'est pas représenté en Aquitaine. 511. Lima squamosa Lamk. PI. XX, fig. 43-45. 1819. Lima nquamosa Lk. An. s. vert , t. VI, p. 156. 1837. — Dujard. Mém. Tour., p. 59. 1888. Lima Gwssouvrei Dollf. Dautz. Jour)}. Concli., p. 249, pi. XI, fig. 4. — 149 — 1894. Lima Grisetl Msyer Mayer. Joum. Conch., p. 118, pi. V, fig. 2. 1901. Radula lima Linn. sec. D. D. Nouv. liste Pélécyp., p. 43. Taille assez grande; forme semi-ovale, oblongue en hauteur, peu convexe, inéquilatérale ; côté antérieur légèrement bâil- lant, tronqué et rectiligne, bien plus court que le côté posté- rieur qui est plus dilaté, elliptique sur toute la région supéro- palléale, mais arrondi avec un rayon plus court vers sa partie antérieure; oreillettes très inégales, l'antérieure faisant une très faible saillie sur le contour, la postérieure moins oblique, quoique encore scalène; crochet petit, aa sommet de l'angle de 100° formé par l'intersection des bords supérieurs des oreillettes ; angle apical de 90" Surface dorsale régulièrement bombée, un peu excavée sur la région buccale qui est limitée par un angle très émoussé; ornementation composée d'environ vingt-six côtes principales auxquelles succèdent, sur la troncature buccale, quatre cos- tules beaucoup plus fines, puis la dernière partie contigué à l'oreillette est simplement plissée et striée en travers; les côtes dorsales sont arrondies, un peu supérieures à la largeur de leurs interstices qui sont finement striés par les accrois- sements; leur convexité porte des squamules rugueuses, rele- vées et écartées, tubulées même vers les bords, mais non épineuses; les oreillettes sont simplement plissées par les accroissements, Aréa cardinale largement triangulaire avec une fossette médiane bien creusée, limitée par de fines arêtes et occupant plus de la moitié de la largeur; son contour inférieur fait une saillie ovale au-dessus de la eavité umbonale; un tubercule obtus existe sur la face interne de chaque oreillette. Impres- sion bilobée, chaque lobe ovalement arrondi. DiM. Fragment de 50 mill. de hauteur, diam. a. -p. : 15 mill; diam. u.-p. : 21 mill. Obs. — Ainsi que l'ont démontré MM. Dollfus et Dautzenberg (Moll. Rouss. t. II, p. 52), le nom lima doit-être appliqué à l'espèce de la Médi- terranée, et celle de l'Océan Indien a été distinguée par Desh. sous le nom — 150 — bulllfera. Mais ce n'est pas un motif pour abandonner le nom squamosa ([ui s'appliquait aussi bien aux formes fossiles qu'aux vivantes; nous le sauverons donc de l'oubli, conformément à la règle d'élimination, en le conservant pour l'espèce helvélienne qui, comme on le voit, est bien dis- tincte de l'espèce vivante R. D. — L. squamosa est toujours plus élargie en arrière que L. lima, de la Méditerranée; ses côtes sont moins épineuses vers les bords, ses oreillettes sont un peu plus développées, sur leur face interne il n'existe qu'un seul tubercule obsolète au lieu de deux ou trois rides transverses; enfin rim{)ression musculaire est plus large, formée de deux lobes plus inégaux. Nous séparons donc la mutation helvétienne qui s'écarte éga- lement de celle du Bassin de Vienne. Les individus de CoUi-Torinesi, auxquels s'applique le nom dispar Micli'i (coU Cossmann), sont généra- lement mal conservés; néanmoins nous avons pu constater que leur orne- mentation comporte trente côtes très serrées. Quant à la variété astensis de L. paiicicosta Sacco, elle ne porte que seize côtes aussi larges que leurs intervalles, en outre, son aréa et la fossette sont bien plus élevées, son impression musculaire est bien plus inégalement bilobée, située plus bas. Loc. — Manciet (Gers), valve droite (PI. XX, fîg. 43), coll. Duver- gier; valve gauche (fig. 44-45), coll. Cossmann. Peyrère, coll. Raulin. Salies de-Béarn, coll. Degrange-Touzin. Mimbaste, coll. Benoist. — Helvétien. 512. Lima aquitanica Mayer. PL XVIII, fig. 27-29. 1838. Lima squamosa Grat. Cat. Gironde, p. 53. 1864. — var. aquitanica May. Faun. Azoren, p. 41. 1874. — Ben. Cat. Saucats, p. 69, n» 191. 1894. — Degr.-Touz. Et. prél. coq. Orthez, p. 409. Test épais. Taille assez grande; coquille spatuliforme, fai- blement convexe, ovale-oblongue , obliqne, tronqnée anté- rieurement, rétrécie vers les crochets, équivalve, équilatérale, légèrement bâillante en avant; côté antérieur le plus long, infléchi perpendiculairement en une lunule longue, lancéolée, très légèrement entamée sur une assez grande longueur des deux valves de manière à former par leur juxtaposition une étroite fente pour le passage du byssus; côté postérieur moitié plus court, régulièrement déclive; bords latéraux rectilignes — 151 — reliés par la courbe régulière du bord palléo-an:il; crochets pointus, bombés, peu recourbés, opposés mais non contigus; oreillettes inégales, l'antérieure très petite, oblique^ la posté- rieure moins oblique et un peu plus grande. Surface externe ornée de vingt-quatre côtes radiales, arrondies, saillantes, ser- rées, plus larges que leurs intervalles, armées d'écaillés, imbri- quées, saillantes, très rapprochées sur le côté postérieur, plus distantes sur le dos de la coquille oii elles sont surtout mar- quées vers la région palléale, et au contraire obsolètes aux abords du crochet; oreillettes cestulées, rugueuses, surtout la postérieure ; lunule couverte de costules radiales, étroites, serrées, finement granuleuses. Aréa étroite, haute, triangulaire, un peu obliquement inclinée en avant par rapport au plan horizontal déterminé par le contour de la valve, et incliné en avant, de telle sorte que son arc est oblique par rapport à l'axe longitudinal de la coquille; fossette chondrophore peu profonde, en forme de triangle isocèle s'élendant jusqu'au crochet, occupant plus du tiers de la surface totale de l'aréa et débordant, par sa base curviligne, le bord cardinal qui est rectiligne de part et d'autre de la fossette; on voit un ou deux tubercules émoussés à la base de l'aréa, sur la face interne des oreillettes. Impression musculaire longuement et obliquement déchi- quetée; impression palléale peu visible; intérieur des valves muni de côtes correspondant aux intervalles externes, surtout visibles vers le bord palléal sur lequel elles découpent des crénelures régulières. DiM. Diam. a. -p. : 34 mill. ; diam. u.-p. : 55 mill. R. D. — Notre fossile est un peu plus bombé, un peu plus gibbeux que la forme vivante de la Méditerranée et de la mutation helvétienne, ses côtes sont un peu plus nombreuses, plus serrées, moins fortement squa- meuses — ce qui est probablement dû à l'usure — elles se prolongent davantage jusqu'à l'oreillette antérieure qui n'est pas lisse; enfin l'oreil- lette postérieure est beaucoup plus déclive, et surtout l'impression muscu- laire est bien plus profondément bilobée Ces différences bien que légères nous ont paru constantes, elles s'aperçoivent au premier coup d'œil; aussi acceptons-nous, mais à titre de mutation distincte, la séparation - Iô2 — faite par Mayer. Les jeunes exemplaires ont les côtes presque entière- ment dépourvues de squames, ce qui est aussi le cas chez l'espèce vivante. Les var. dispav Mich'i, pliodispar Sacco, pUolonga Sacco, sont extrême- ment voisines de la forme actuelle; il en est de même de Lima squa- mosa Lk., de la Touraine (coll. Peyrot), qui est, comme on l'a vu, plus large et plus oblique. Quant à la forme du Bassin de Vienne, elle est plus large, plus oblique encore, et sa sculpture est un peu différente; il est probable que c'est encore une autre espèce. Loc. — Saucats (Lariey), type valve droite (PI. XVIII, fig. 28), coll. Degrange-Touzin; Neuville; topotype, valve gauche (fig. 27 et 29), coll. de Sacy; rare surtout à l'état adulte. Léognan (le Thil), coll. de Sacy; Moras infr, Martillac, Mérignac, coll. Degrange-Touzin. — Aqnîta- nien. Saint-Médard (La Fontaine), coll. Duvergier; Léognan (Coquillat), coll. Bial-Neuville; Dax (^Mandillot), coll. Degrange-Touzin; Saucats (Pont- Pourquey), coll. Benoist. Rare partout. — Burdigalien. 513. Lima [Mantellum) inflata [Chenmitz]; mut. neogenica nov. mut. PI. XVIII, fig. 14-17. 1886. Lima hians Ben. Observ. Mont-de-Marsan {A. S. L. B., t. XL; non Gmel.). 1898. '^.Mantellum aquense Mayer in Sacco. I Moll. terz. Piem., t. XXV, p. 16 (nom. niid.). Test mince et fragile. Taille petite; forme ovale-oblongiie, convexe, oblique, équivalve, inéquilatérale, légèrement bâil- lante en avant; côté antérieur, le plus long, presque recti- ligne, légèrement déprimé; côté postérieur, moitié plus court, régulièrement déclive et arqué; bord antérieur rectiligne, oblique, bord postérieur incliné en sens inverse, légèrement courbe, bord palléo-anal formant une courbe régulière ; cro- chets pointus, bombés, légèrement recourbés, opposés mais non contigus; oreillettes subégales, l'antérieure plus allongée et plus oblique, non sinueuse; la postérieure échancrée sur son bord libre. Surface externe convexe sur le dos, régulièrement déclive vers les bords anal et palléal, plus subitement inclinée — et même un peu concave — au voisinage de l'oreillette antérieure, — i53 — ornée sur le dos de côtes radiales comprimées, peu saillantes, beaucoup plus étroites que leurs intervalles, au milieu des- quels se voit une costule encore plus ténue; sur le côté anal les côtes disparaissent à l'exception d'une ou deux qui bor- dent la déclivité de la coquille; sur le côté buccal elles devien- nent aussi plus écartées, plus faibles, et disparaissent totale- ment au-dessous de l'oreillette. Aréa assez large et peu haute, triangulaire, un peu obli- quement inclinée en avant par rapport au plan horizontal de la commissure des valves; bord cardinal oblique sur l'axe longitudinal de la coquille; fossette chondrophore peu pro- fonde, triangulaire, large^ à peu près équilatère, sa base, cur- viligne, dépasse un peu le bord inférieur du plateau cardinal, son sommet touche le crochet, elle s'étend sur la plus grande partie de l'aréa ; en arrière, le plateau cardinal ne s'applique pas sur l'oreillette postérieure, de sorte qu'il existe une petite cavité entre les deux surfaces. DiM. Diam. a. -p. : 14 mill. ; diam. u.-p. : 20,5 mill. R. D. — Mantellum aquense (May.) in Sacco, a dû certainement être appliqué à un fossile du Sud-Ouest; nous n'en avons trouvé nulle part la justification; c'est probablement un nom d'étiquette d'un envoi fait par Mayer au Musée géologique de Turin. Bien que M, Sacco, dise que cette espèce, dont il n'indique d'ailleurs pas l'origine, soit voisine de L. Mans var. taurinensis, ce qui est en effet le cas de notre coquille, nous ne pen- sons pas pouvoir reprendre un nom aussi incertain. Limatulella langhiana Sacco, du Miocène inférieur de Colli Torinesi, est beaucoup plus dilaté en arrière que notre mutation neogenica. Si on la compare à L. inflata de la Méditerrannée, on remarque immédiatement que son galbe est moins bombé et que ses côtes, plus fines et plus serrées, ne portent pas les petites aspérités subépineuses qui ornent celles de la coquille vivante et qui existent aussi sur les spécimens bien conservés du Pliocène de Monte-Mario (coll. Cossmann); en outre le bâillement du contour anal est moins étendu, plus limité contre l'oreillette échancrée. Quant à L. hians Gm., c'est une coquille encore plus aplatie que la nôtre, à bords retroussés, à galbe plus étroit, etc. . 11 ressort de cette comparaison que c'est bien à L. inflata qu'il faut rattacher le fossile burdigalien, à titre de mutation tout à fait dislincle et ancestrale. Loc. — Saint-Avit, valve droite type (PI. XVIII, fig. 15 et 17), coll. — 15i - Benoist; coll. Degrange-Touzin. Dax (Maïnot\ valve gauche type (PI. XVIII, fig. 14 et 16), coll. Bial-Neuville. — Aquitaiiien. Léognan (Thibaudeau), coll. Degrange-Touzin, coll. de Sacy, coll. Bial- Neuville; Saucats (Peloua), coll. Bial-Neuville; coll. Benoist. Bare par- tout. — Burdigalîeii. 514. Lima {Mantellum) inflata [Chemnitz] ; mut. Goossensi DoUf. et Dautz. PI. XXI, %. 14-15. 1837. Lima inflata Duj . Môm, Touraiue, p. 57 {non Ch. s. str.). 1886. Liina Goossensi DoWï . Dautz. Etude prélim. , p. 8. 1888. — Dollf. Daulz. Journ. Conch., p. 247, pi. XI, fig. 3. 1894. Lima {Mantellum) inflata Degr.-Touz. Et. prélim. Orthez, p. 409. 1901 . Radula [Mantellum) inflata Dollf. Dautz. Nouv. liste Pélécyp. , p. 43. R. D. — Nons n'avons que des fragoients de cette fragile coquille; mais ils sont néanmoins assez nettement caractérisés pour que nous puissions les rapporter, sans hésitation, à la forme de la Touraine que MM. DoUfus et Dautzenberg avaient d'abord distinguée sous le nom Goossensi, depuis abandonné par eux, ce qui est regrettable, car les diffé- rences existant entre le fossile de l'Helvétien inférieur et l'espèce actuelle sont suffisamment tranchées pour que l'on admette qu'il s'agit d'une mutation ancestrale, elle-même distincte de celle qui l'a précédée dans l'Aquitanien et le Hurdigalien, quoiqu'elle s'en rapproche par son apla- tissement qui l'écarté au contraire de L. inflata s. str. Mais ce qui la dis- tingue surtout de son ancêtre comme de sa descendante, c'est le retrous- sement externe du bord de loreillette antérieure, tandis que l'oreillette postérieure porte une échancrure sinueuse qui ressemble à celle de L. neogenica et qui n'existe pas chez L. inflata vivante. En résumé, L. Goos- seiisi est beaucoup plus distante de L. inflata que de L. neogenica. Peut- être faut-il y rapporter la var. tauroparva Sacco, dénomination postérieure (1898)? D'autre part, nous ne connaissons la var. grunclensis Fontannes, que d'après la figure de Hœrnes et c'est insuffisant. Loc. — Manciet (Gers), plésiotype (PI. XXI, fig. 14-15), coll. Duvergier. Salies-de-Béarn, coll. Degrange-Touzin. — Ilelvëtien infér. 515. Lima [Mantellum) sallomacensis nov. sp. PI. XXI, fig. 9-11 1874. Lima inflata Benoist. Cal. Saucats, p. 69, n') 152. — 155 — Test mince et fragile. Taille au-dessous de la moyenne; forme convexe, à peine bâillante, oblique, à contour semi- elliptique, inéquilatérale; côté antérieur court, rectiligne ; côté postérieur ovale, médiocrement dilaté; oreillettes inégales, mais presque aussi larges l'une que l'autre, l'antérieure longue et scalène, la postérieure courte et à peine sinueuse; crochet petit, gonflé, faiblement opisthogyre. Surface dorsale assez fortement bombée au milieu, déprimée, ou même un peu excavée sur les régions buccale et anale, quoique les bords ne soient nullement retroussés; l'ornementation, très obsolète, ne comporte que des lignes rayonnantes, à peine proéminentes sous l'épiderme du test, assez régulièrement écartées, sauf sur la région postérieure oii elles se transforment en stries serrées, persistant jusque sur l'oreillette postérieure, tandis que l'antérieure semble complètement lisse. Angle apical : 90° environ. Aréa cardinale très peu élevée, presque totalement occirpée par la fossette ligamentaire qui forme une large cavité triaur gulaire dont le contour inférieur forme un arc peu saillant sur la cavité umbonale; les faces internes des oreillettes sont toutes deux creusées, mais le trou est plus profond sur le bord postérieur de l'aréa. Impressions internes indistinctes; aucune trace de radiations sur la surface intérieure. DiM. Diam. a. -p. : 7 raill.; diam. u.-p. : 10,3 mill. R. D. — Si cette coquille ne se distinguait des précédentes que par son ornementation à peu près effacée sur le dos, on pourrait penser que c'est un effet de la fossilisation, ou une conséquence de sa petite taille; mais elle est bien plus convexe et un peu plus étroite que L. neogenica, son aréa cardinale est beaucoup moins élevée que celle de L. inflata^ son oreillette postérieure n'a pas la même sinuosité que celle de L. Goossensi et les bords ne sont pas retroussés comme ceux de cette dernière; son contour antérieur est aussi rectiligne que celui de la coquille méditer- ranéenne, mais la courbure arquée du contour postérieur est située beau- coup plus en avant, ce qui donne à la valve un aspect plus étroit; enfin c'est la moins bâillante de toutes les formes ci- dessus examinées. Dans ces conditions, il nous a paru impossible de la rapporter à aucune d'entre- elles sans qu'il en résultât la nécessité de les réunir toutes, ce qui serait — iôG — l'inverse du progrès que nous entendons réaliser en distinguant des muta- tisus bien définies pour venir en aide aux stratigraphes; cette espèce caractérise l'Helvétien supérieur. Loc. — Salles (Largileyre), valve gauche type (PI. XXI, fig. 9), coll. Duvergier; valve droite type (PI. XXI, fig. 10-11), coll. Degrange-Touzin. -- Heli'ëtien super. 516. Lima {Ctenoides) miotaurina Sacco. PL XVIII, fig. 7-10. 1839. Lima tennuistriata Miclit'. Brevi cenni. p. 11 {non Munst.). 1842. Lima scabra Sism. Osserv. geol. Piem., p. 5 {non Born). 1847. — Michti. Desc. foss. Mioc, p. 91. 1848. — Bronn. Indexpal., p. 648. 1898. Lima tenera, var. miotaurina Sacco. I MoU. terz. Piem , t. XXV, p. 18, pi. V, fig. 12-16. Test peu épais. Taille moyenne ; forme assez convexe, ovale, un peu dissymétrique; côté antérieur bâillant, un peu coudé; côté postérieur plus régulièrement arqué; contour palléal semi-circulaire ; crochets petits, opposés, à peine proéminents au-dessus du bord cardinal; oreillettes presque égales, peu saillantes, l'antérieure plus étroitement scalène, limitée par un contour un peu sinueux, tandis que la postérieure est rec- tiligne et déclive. Surface externe médiocrement bombée, un peu déprimée vers les oreillettes, partout ornée de fines stries rayonnantes, plusieurs fois dichotomes et divergentes sur le milieu du dos, séparant des costules presque plates qui sont finement squamuleuses sur les deux côtés et vers le bord pal- léal; ces costules s'écartent et s'amincissent davantage en avant, et elles persistent sur les deux oreillettes. Aréa cardinale formée d'un fronton triangulaire et peu élevé, au centre duquel il y a une fossette obliquement inclinée vers le côté anal, et dont le contour inférieur fait une légère saillie sur la cavité umbonale; une ligne hori- zontale bien nette sépare, de part et d'autre de la fossette, l'aréa du reste du plateau cardinal qui porte — sur les faces internes des oreillettes — deux lamelles courtes et divergentes — 157 — (côté buccal) et une rainure (côté anal) sur la valve droite, une forte dent tuberculeuse et antérieure sur la valve gauche, une faible lamelle postérieure sur cette même valve; au delà, sur les deux valves, le plateau cardinal se prolonge étroite- ment, jusqu'à un tiers environ de la hauteur, et il est nette- ment rescindé contre le bord. Impression musculaire petite, arrondie, située très haut à l'intérieur et très excentrée. Bord des valves très finement lacinié. DiM. Diam. a. -p. : 15 mill. ; diam. u.-p. : 20 mill. R. D. — Extérieurement, nos valves ressemblent complètement aux spécimens de Colli Torinesi (coll. Cossmann); quant aux critériums internes — que nous avons pu minutieusement décrire d'a|>rès les échan- tillons de Peyrère — on ne peut les Comparer, les coquilles du Piémont étant engagées dans la gangue; cependant nous avons pu dégager un peu l'aréa qui présente bien les carac'ères de Ctenoides, comme nous l'avons vériKé sur le génotype (L. scabra Born.). La coquille miocénique mérite d'être séparée de l'espèce actuelle, L. tenera Chemn., dont elle se dis- tingue par la finesse de son ornementation. Loc. — Peyrère, peu rare en fragments; plésiotypes (PL XVIIl, fig. 7- 10), coll. Raulin. — Helvëtien. 517. Lima {Ctenoides) miotaurinà Sacco; var. mioionga Sacco. PI. XXI, fig. 1-4. 1898. L. tenera, var. mioionga Sacco . L. c, pi. V, fig. 17-16. R. D. — Cette variété, qui se trouve aussi dans le même gisement, comme au Piémont, s'écarte de la forme typique par son galbe plus étroit, à bords parallèles, par son plateau cardinal plus large et par ses costules plus finement ornées; les dents paraissent plus obsolètes, peut être à cause de la petite taille. Ces petites valves ressemblent à un minuscule os de seiche. Loc. — Peyrère, rare; plésiotypes (PI. XXI, fig. 1-4), coll. Raulin. — Helvétien. 518. Lima [Limatula] subauriculata [Montagu]. PL XXI, %. 20-21, 1804. Ostrea nivea'RQïi. Tav. alf. Conch. adr. {nom. nud.}. — 158 — 1808. Pecten suhauriculataMonX. Test. Brit., suppl., p. 63, pi. XXIX, lig. 2. 18L4. Ostrea nivea Broc. Concli. foss. subap., t. II, p. 571, pi. XIV, fig. 14. 1829. Lima nivea M. de Serres. Gàogn. tert. Midi Fr., p. 130. 1867. Lima subauriculata Hôrn. Tert. Beck.Wien, t. H, p. 389, pi. LIV, fig. 6 (pars). 1873. -^ Benoist. Cat. Saucats, p. 69, n» 193 {pars}. 1894. — DegT.-Touz. Et. prél. coq. Orthez, p. 409. 1897. Limatulata cf. subauriculata Sacco. 1 Mo 11. terz. Piem.,l. XXV, p. 17, pi. V, fig. 10. Test mince et translucide. Taille très petite; forme étroite, presque régulièrement ovale, renflée, équilatérale, close; cro- chets médians, opposés, très gonflés et recourbés ; oreillettes petites, subégales. Surface extérieure bombée au milieu, régu- lièrement déclive vers les bords, ornée de costules radiales, à peu près égales à leurs intervalles, arrondies, un peu sail- lantes sur le dos de la coquille, obsolètes sur les flancs latéraux. Aréa assez longue, peu haute, divisée au milieu par une large, mais peu profonde fossette chondrophore atteignant le crochet et débordant un peu le bord inférieur du plateau car- dinal en formant un triangle à base convexe à peu près équi- latéral. Charnière complètement édentée, bord inférieur du plateau cardinal normal au plan de commissure de valves. Surface interne polie et luisante, montrant quelques costules médianes obsolètes. Impression musculaire superficielle, peu apparente, impression palléale rapprochée du bord qui est dentelé à l'extrémité des costules médianes, lisse sur tout le reste de son étendue. DiM. Diam. a. -p. : 2,75 mill. ; diam. u.-p. : 4,75 mill. R. D. — Cette jolie petite coquille nous a paru tout à fait identique aux figurations données tant de l'espèce vivante que de la forme fossile, ainsi qu'aux spécimens du Pliocène de Monte-Mario (coll. Cossmann) qui sont donnés sous ce nom. Limatula opata (Wood), du Coralline Crag de Suttoii (coll. Peyrot), est plus petit, son test est plus épais, sa forme moins rétrécie latéralement. Limatula buUoides (Desli.), de l'Eocène moyen du Bassin de Paris, est moins symétrique, son ornementation est plus granuleuse. Lima- ' 159 - tiila analoga (Wat.), de TEocène inférieur de la même région, a des côtes plus nombreuses, plus fines et plus serrées. Loc. — Salies-de-Béarn, plésiolype (PI. XXI, fig. 20-21) une seule valve, coll. Degrange-Touzin. Saucats (la Sime), une valve droite, coll. Bial-Neuville. — Helvétîeii. Saubrigues, une petite valve, coll. du Muséum de Nantes (rec. par feu Dumas). — Tortonîen. 519. Lima (Limatula) subauriculata [Montagu]; mut. inframiocaenica nov. mut. PL XXII, fig. 1-4. 1873. Lima subauriculata Ben. Cat. Saucats, p, 69, n» 193 {pars). R. D. — Diffère de la forme typique par son galbe moins rétréci, par ses côtes dorsales un peu plus larges et plus arrondies. 11 n"y a entre les deux formes que des différences assez légères, mais elles sont constantes sur les individus assez nombreux que nous avons examinés; cela nous a déterminés à les séparer comme une mutation ancestrale bien définie. Un spécimen très frais provenant de Cestas (coll. Duvergier) présente des traces de coloration; ce sont deux étroites bandelettes transverses, orangées, placées à peu près au milieu du dos, légèrement distantes l'une de l'autre et convergeant vers le crochet après avoir suivi les deux bords de la valve. DiM. Diam. a. -p. : 4 mill. ; diam. u.-p. : 6,25 mill. Loc, — Léognan (Thibaudeau), cotypes (PI. XXII, fig. 14), coll. Degrange-Touzin; (Sangsueyre), même coll.; (Coquillat), coll. Banoist. Cestas, coll Bial-Neuville; Saint-Médard, coU, Duvergier. — Burdi- galien. Mérignac, toutes les coll, ViUandraut, Noaillan (la Saubotte), coll. Degrange-ToUzin, Bial-Neuville. — Aqiiitanieii. 520. Lima (Limatula) subauriculata (Montagu); var. percostulata ?iov. var. PI. XIX, fig. 22-23. R. D. — Plus petite et plus ovale que la mutation précédente, est sur- tout remarquable par ses côtes plus saillantes et persistant sur une plus grande étendue des ilancs latéraux. L. subauriculata, du Bassin de Vienne (Hôrn., pi. LIV. fig. 6), nous parait se rappoiter à cette variété qui pour- rait être érigée en espèce distincte si l'on en recueillait d'autres spé- cimens présentant les mêmes différences. DiM. Diam. a. -p. : 2,25 mill. ; diam. u.-p. 3,25 mill. - 160 — Loc. — Léognan (Sangsueyre), type (PI, XIX, fig. 22-23), coll. Degrange-Toiizin, une seule valve gauche. — Bardîgalîeii* LIM/EA Bronn, 1831 em. {=^ Limea Bronn; = Limoarca JMunst., 1832; = Limsea Gray, 1847). Taille très petite; forme ovale-oblongue, inéquilatérale; crochets opposés, médians, gonflés; oreillettes subégales, petites ; surface externe entièrement recouverte de costules radiales serrées. Plateau cardinal portant, de chaque côté de la fossette chondrophore, une série de denticulations. Impres- sions musculaire et palléale superficielles, bord des valves ceénelé. (G. -T. : Ostrea strigilata Brocchi, Pliocène.) Par son galbe Lirnsea se rapproche de Mantellum et surtout de sa Section Limatula, mais il s'en distingue par sa sculpture, par la position plus cen- trale de l'impression musculaire et surtout par sa charnière taxodonte; ce dernier caractère est assez important pour qu'on lui donne une valeur générique. Limœa apparaît pendant le mésozoïque, très peu riche en espèces à chaque niveau. 521. Limaea strigillata mut. subhelvetica nov. mut. PI. XX, fig. 37-38 (1). 1874. Limea strigilata Ben, Cat. Saucats, p. 70, n" 195 {non Broc). 1894. Limea cf. strigilata Degv.-Touz. Et. prélim. coq. Orthez,p. 409. Test mince. Taille très petite; forme ovale, oblique, équi- valve, inéquilatérale, côté antérieur plus long, presque rec- tiligne, côté postérieur court, oblique, bord palléal semi- circulaire, faisant un angle arrondi avec le contour anal; bord cardinal rectiligne presque normal au plan de symétrie de la coquille; crochets médians, opposés, gonflés, recourbés; oreillettes petites, subégales. Surface externe renflée dans la (1) Nous réiablissons l'orthographe slrigilhila, le lexle italien n'admeltant pas — à tort — le double l du mot lalin. D'aulre part, il existe déjà un Limaea helvetica. Oppel, du .Jurassique; c'est ce qui nous oblige à employer ici le préfixe su,b\ mais l'espèce d'Oppel aurait dû être dénommée helvetiensis. — 161 — région médiane, régulièrement déclive vers les bords, ornée de nombreuses côtes radiales arrondies, peu saillantes, à peu près aussi larges que leurs intervalles; sur les côtés latéraux les cotés deviennent plus serrées et plus fines, mais ne dispa- raissent pas complètement, au moins sur le côté antérieur; des stries d'accroissement fines et rapprochées passent sur les côtes et les intervalles, elles deviennent à peu près aussi fortes que les côtes sur les bords anal et buccal. Aréa étroite et assez longue, en grande partie occupée par la fossette chondrophore qui est assez profonde, s'étend jus- qu'au crochet et déborde légèrement, par son bord inférieur curviligne, le plateau cardinal dont les extrémités portent, sur la surface interne des oreillettes, quatre ou cinq petites den- ticulations en avant, sept ou huit décroissantes en arrière.. Impression musculaire superficielle, excentrée, arrondie, située très haut; impression palléale assez écartée du bord qui est crénelé à peu près sur toute son étendue, mais plus fortement dans la région médiane. DiM. Diam. a. -p. : 4,5 mill. ; diam. u.-p. : 7 mill. R. D. — Nous ne pouvons confondre avec L. strigillata Bv. cette espèce miocénique qui s'en écarte absolument par des critériums très nets, com- paraison faite avec des spécimens du Pliocène de Biot (coll. Cossmann); sa forme est beaucoup plus étroite par suite du coude que fait le contour anal; ses costules sont plus saillantes, moins fortement crénelées par les accroissements; le contour des oreillettes est plus sinueux, les denticu- lations qu'elles portent sont plus nombreuses ; l'impression musculaire est moins excentrée. Un examen, même superficiel, permet de séparer sans difficulté Limaea suhhelveticade Limatula subaiiriculata qui ont quelque ressemblance de taille, de galbe et d'ornementation, mais qui se difîérencient très nettement par leur charnière. Les espèces éocéniques qui ont été rapportées à Limsea : L. eocœnica de Laub., L. tenuisculptata Cossm., diffèrent de L. subhelvetica par leur fossette plus étroite, ne débordant pas le plateau cardinal sur le bord duquel les dents s'étalent par suite plus largement. Loc. — Peyrère, valve gauche; Saucats (La Sime) (PI. XX, fig. 37-38), coll. Raulin, coll. Degfange-Touzin, Bial-Neuville; commune. Salies-de- Béarn, Orthez (Le Paren), même coll., rare. Salles (Largileyre), coll. fiial-Neuville. — Helvétîeii. ... Tome LXVIII. 11 ■— 162 — SPONDYLIDJE Gray, 1826. Coquille inéqiiivalve; valve droite ou inférieure adhérente et plus grande que la gauche; pas de sinus pour le byssus; liga- ment élastique interne dans une fossette; charnière composée — sur chaque valve — de deux fortes dents, une de chaque côté du ligament; en outre, dents latérales sur la valve droite; impression palléale simple; un seul muscle adducteur des valves excentré du côté postérieur. Séparée — à juste titre — des Pectinidœ, cette Famille est caractérisée par les puissantes dents de la charnière, cjui s'emboitent — de chaque côté du ligament — comme un engrenage si adhérent qu'il arrive fréquem- ment, malgré la Fossilisation, qu'on trouve les sommets valves, alors que le reste des valves ou de l'une des valves a totalement disparu. Ces dents sont d'origine relativement récente, car les Spondylidœ du Carbonifcrien (Pachypteria de Koninck, 1885) et du Lias {Terquemia Tate, 1867) sont dépourvus de dents, quoique tous leurs autres caractères les rapprochent de la même Famille. Il y a cependant une espèce bathonienne, récem- ment décrite par l'un de nous, qui est un Spondylus à dents bien déve- loppées. Les deux autres Genres Spondylus et Plicatula sont tous deux repré- sentés dans les terrains tertiaires, et particulièrement, dans le Miocène. SPONDYLUS (Rondelet, 1555) Linné, 1758. Coquille subtrigone vers le crochet, subcirculaire sur le reste du contour, légèrement auriculée aux extrémités de la ligne cardinale, la saillie de l'oreillette postérieure un peu accentuée par une échancrure sinueuse. Valve droite plus profonde, ornée de lames foliacées par lesquelles elle adhère aux corps sous-jacents, munie d'une aréa supracardinale qui s'accroît avec l'allongement du crochet chez les vieux indi- vidus, cette aréa forme un triangle scalène dont la bissectrice est une rainure médiane et oblique, destinée à loger l'extré- mité du ligament dont la base est interne entre les dents de la charnière. Valve gauche plus petite, peu convexe, généra- - d63 - le ment ornée de côtes rayonnantes et épineuses, parfois armée de dards très aigus. Charnière épaisse : AI et PI de part et d'autre du ligament, AI plus épaisse que PI; AIll et PIII forment de faibles saillies crénelées contre le bord cardinal, AIII presque horizontale, PIII presque verticale; AU et PII de part et d'autre de fos- settes inégales qui encadrent le ligament, AU beaucoup plus épaisse que PII, toutes deux crénelées sur leur face externe, et contiguës, ont -des fossettes très superficielles qui sont des- tinées à recevoir AIII et PIII. Surface interne porcelanée, impression de l'adducteur arron- die, quoique tronquée à la partie supérieure, située très près de la ligne palléale, du côté postérieur; impression palléaie festonnée, très écartée du bord crénelé, se prolongeant jusqu'à la saillie du plateau cardinal qui est rectiligne au-dessus de la cavité umbonale. (G. -T. : 5. gœderopus Lin. Viv.) Certaines formes fossilesont perdu leur charnière dans la fossilisation : on les a décrites comme Genres distincts {Dianchora Sow., 1814, Podopsis Lamk., 1819, Pachytes Defr. , 1824) ; ces dénominations sont complètement synonymes de Spondyliis. Les véritables Spondyles ont pullulé dans la Craie; mais une récente découverte a permis à l'un de nous de certifier l'existence de ce Genre dans les couches moyennes du système jurassique. On le trouve repré- senté à tous les étages des terrains tertiaires; mais la taille des espèces éocéniques est beaucoup moindre que celle des formes néogéniques qui sont parfois géantes. S22. Spondylus crassicosta Lamk; mut. aquitanicus nov. mut. PI. XVII, fig. 24-26; et PI. XVIII, fig. 1-18-29. Test très épais. Taille parfois très grande; forme convexe, ovale, peu oblique; valve inférieure prolongée en avant par un talon court et recourbé au sommet opisthogyre; oreillettes presque égales. Ornementation composée — sur les deux valves — de côtes rayonnantes et très saillantes, entre les- — 164 — quelles il y a de fines costules granuleuses, celle du milieu souvent plus proéminente et ornée d'aspérités plus grosses; il y a sept ou huit côtev principales, inégalement écartées, de sorte que le nombre des costules intercalaires varie de six à quinze; les oreillettes de la valve supérieure ne portent que de fines costules faiblement épineuses, avec des accroisse- ments linéaires très serrés. Aux abords du sommet, sur la valve inférieure, il existe des lamelles inéquidistantes et sail- lantes; la surface d'adhérence est très restreinte et située tout à fait en arrière sous le crochet; les lamelles disparaissent à 2 centimètres du crochet. Fossette chondrophore large, piriforme, profonde; AI et PI épaisses et bilobées; AIII et PIII courtes, triédriques; AU for- mant une crête épaisse et presque horizontale, PII formant une grosse saillie inclinée à 45'^-. Impression musculaire arrondie, médiocrement excentrée; ligne palléale (ou plutôt zone assez large) écartée du bord qui est finement lacinié. DiM. Hauteur : 82 milL; largeur : 67 mil!.; épaisseur d'un spécimen valve : 45 mill. R. D. — Si l'on compare l'individu acjuitanien — que nous venons de décrire — aux spécimens du Bassin de Vienne et de Castel'Arquato qui constituent le véritable S. crassicosta, on remarque que le nombre des côtes principales est toujours supérieur chez la mutation aquitanicus : il n'y en a guère plus de cinq sur la valve supérieure du Pliocène; mais on ne peut tirer de cette comparaison que des conclusions peu certaines, attendu que l'espèce est très variable et que c'est même une ques:ion de taille qui peut influer sur l'effacement des côtes principales; or le spé- cimen de Villandraut est inférieur à ceux que nous venons de citer et dont l'un atteint 12 centimètres (coll. Cossmann). Mais il y a un autre critérium distinUif, tiré de l'ornementation des oreillettes qui sont plus grandes, multicostulées et munies de fortes aspérités sur les valves supé- rieures de Steinabrunn et de CastefArqualo Encore laissons nous de côté pour le moment les différences de la charnière que nous n'avons pu étu- dier sur le spécimen décrit. M. Sacco a distingué plusieurs variétés {ornatulina, persquamosa, dertonensis, taurinensis) d'après l'ornementation; mais toutes sont paucicostulôes et leurs oreillettes sont beaucoup plus fortement ornées que celles de notre mutation, de sorte que cette dernière ne peut certainement s'y rapporter. Quant à S. bifrons Munst., que — 165 — M. Sacco signale et figure comme existant dans la Ligurie, c'est une coquille à valve supérieure finement ornée et à valve inférieure réguliè- rement ornée d'épines distantes et couchées. Loc. — Villandraut (Gamachot), spécimen bivalve (PI. XVII, fig. 24- 26), coll. Degrange-Touzin ; valves séparées (P;. XVIII, fig. 1, 18-19), coll. Bial-Neuville. — Aquîtanien. 523. Spondylus concentricus Bronn. PL XVIII, fig. 2-6 et 26. 1831. S. concentricus Bronn. Ital. tert. Gebild.,p. 131. 1848, — Bronn. Index pal., p. 1188. 1871. — Mayer. Congéries Rhône, p. 11. 1880 S. ferreolensis Font. Plioc. vallée Rhône, p. 212, pi. XIV, fig. 3-7. 1898. S. concentricus Sacco, I MoU. terz. Piem., p. xxv, p. 6, pi. III, fig. 4-8. Test assez épais. Taille grande; forme ovale-oblique, atté- nuée et subtrigone vers le crochet, presque également convexe sur les deux valves; oreillettes peu saillantes, surtout l'anté- rieure, la postérieure mieux marquée par une sinuosité excavée du contour anal; toutes deux sont seulement plissées par les accroissements. Valve inférieure un peu plus grande que l'autre, extérieu- rement munie de lamelles chamiformes et très serrées aux abords du crochet, plus écartées et plus foliacées au delà, mais ne persistant pas jusqu'au bord palléal; les intervalles ou les parties dénudées sont élégamment ornées de côtes rayonnantes, chargées d'épines courtes, de cinq en cinq; mais, vers les bords, elles s'égalisent à peu près toutes; sur- face d'adhérence latérale et peu développée, dégageant géné- ralement les fines lamelles umbonales. Charnière peu élevée, à contour inférieur légèrement arqué au-dessus de la cavité umbonale : AI et PI presque aussi épaisses l'une que l'autre, AIII et PIII relativement assez saillantes et isocèles; fossette chondrophore large et profonde, prolongée par une rainure ligamentaire très fine sur toute la hauteur du talon triangu- — 166 — laire et un peu incliné, qui porte en outre deux faibles sillons rayonnants de chaque côté de cette rainure. Valve supérieure plus mince et plus fragile, ornée de cos- tules rayonnantes, égales, finement granuleuses dans l'âge népionique, six ou sept côtes un peu plus saillantes et portant généralement des aspérités écartées. Charnière homologue : AU un peu plus longue mais aussi épaisse que PII; au-dessus, il existe un talon peu élevé et strié horizontalement, aussi large à la base que le bord cardinal; crochet peu saillant au sommet de ce talon qui porte aussi une fine rainure liga- mentaire. Surface interne blanche; impression de l'adducteur circu- laire, non tout à fait contiguë à la ligne palléale qui est très écartée des bords et qui l'enveloppe; de fines crénelures laci- niées correspondent aux côtes externes, sur la commissure des valves. Dm. Longueur : 63 mill. ; largeur : 55 mill.; épaisseur d'une valve isolée : 25 mill. R. D. — Celte espèce se distingue aisément de ses congénères néogé- niques par ses lamelles concentriques, plus ou moins persistantes sur la valve intérieure, mais invariablenient serrées dans le voisinage du cro- chet; elle a d'ailleurs des dents moins inégales que S. gœderopus et son impression musculaire est plus écartée de la ligne palléale. Il n'y a d'autre part, aucune comparaison à établir avec S. crassicosta dont l'ornementation est radicalement différente sur les deux valves. Certaines valves supérieures très bombées pourraient — au premier abord — se confondre avec celles de S. Gussoni Costa, tel que l'ont figuré Fontaiiiies et M. Sacco; toutefois on reconnaît cette dernière espèce — qui ne parait pas exister en Aquitaine — non seulement par son orne- mentation plus fine et treillissée, mais surtout — ainsi que Ta fait remar- quer Fontannes — par ses oreillettes beaucoup plus étroites. Quant à la dénomination de notre espèce, nous avons, à l'instar de M, Sacco, repris le nom concentricus, quoique Fontannes Tait figurée pour la première fois sous le nom ferreolensis; car la coquille était universel- lement connue sous le nom que lui a attribué Rronn et qui stigmatise exactement l'aspect extérieur de la valve inférieure. Loc, — Peyrère, abondante mais rarement intacte à l'état adulte (1^1. XVIII, fig. 2-6 et 2'i\ coll. de l'Ecole des Mines; Clermont, coll. Degrarige-Touzin. Manciet, douteux, coll. Cossmann. — Helvétien. 167 524. Spondylus Deshayesi Michelotti. PI. XVIII, fig. 20-22; et PI. XIX, %. 8. 1847. S. Deshayesi Mioh. Desc. foss. mioc, p. 82. 1852. — D'Orb. Prod., t. III, p. 132, et. 2(3, n" 2495. 1861. — Mich. Et. Mioc. infér., p. 79. 1874. S. crassicosta Ben. Cat. Saucats, p. 73, n» 207. 1898. S. gsederopus, var. Deshayesi Sacco. I MoU. terz. Piem., p. xxv, p. 4, pi. I, fig. 8-13. Taille assez grande; forme assez large et arrondie, quoique un peu oblique; côté antérieur plus court; côté postérieur excavé vers le haut; oreillettes très inégales, l'antérieure plus longue et moins saillante que l'autre; toutes deux sont fine- ment plissées et treillissées par trois ou quatre costules gra- nuleuses. Valve inférieure très profonde et épaisse, prolongée au sommet par un très long talon contourné, dont la surfaee triangulaire porte au milieu une fine rainure, et de part et d'autre, des stries rayonnantes et irrégulières; charnière : AI, PI presque égales, séparées par la fossette chondrophore qui est extrêmement profonde; AIII presque horizontale, PIII oblique et obsolète, toutes deux crénelées sur leur face con- tiguë aux fossettes; le contour inférieur du plateau cardinal est échancré de part et d'autre d'une saillie médiane. Orne- mentation finement lamelleuse près du sommet, puis elle se transforme en costules rayonnantes du côté antérieur, avec d& fines aspérités, tandis que les lamelles persistent davan- tage du côté postérieur, très irrégulièrement d'ailleurs. Valve supérieure médiocrement épaisse et aplatie, parais- sant plus large que l'autre parce qu'elle n'a pas de talon et que l'aire ligamentaire se réduit à une étroite zone aussi longue que le bord cardinal. Charnière épaisse, à contour inférieur un peu arqué : AU forme une large crête aplatie sur sa face inférieure, PII se compose d'une dent un peu plus saillante, mais à base moins étendue. Ornementation — 168 — composée de six à huit côtes principales, peu proéminentes, armées d'écaillés relevées; dans leurs intervalles, il y a environ huit costules finement granuleuses. Surface interne jaunâtre au centre, blanchâtre sur les bords; impression de l'adducteur irrégulièrement ovale en hauteur, non contiguë à la ligne palléale qui l'encadre et qui est écartée de la commissure finement laciniée. DiM. Hauteur avec le talon : 80 mill. ; largeur : 63 mill. ; épaisseur de la valve inférieure : 2o mill. R. D. — Nous pensons que cette espèce n'est pas simplement une variété de S. gsederopiis, comme M. Sacco l'a indiqué avec un point de doute : sa valve supérieure est plus plate et plus large, et surtout munie d'un talon moins élevé, presque linéaire en largeur; en outre l'impres- sion de Tadducteur n'est pas tronquée comme chez l'espèce actuelle, elle est au contraire disposée en hauteur; enfin Ali est beaucoup plus aplatie et transversale, et AI, PI sont moins inégales. Bien qu'il y ait des lamelles sur la valve inférieure, on ne peut con- fondre S. Deshayesi avec S. concentricus, à cause de la forme aplatie et large de la valve supérieure et surtout à cause des différences très impor- tantes que présente la charnière, ainsi que la disposition du talon sur la valve supérieure, et principalement à cause de l'allongement de l'oreil- lette antérieure. Il n'y a, d'autre part, aucune analogie d'ornementation avec S. crassicosta ni avec S. bifrons Munster, que M. Sacco a signalé dans l'Aquitanien de la Ligurie. Cet auteur a désigné une variété tauroguttata de S. Deshayesi, que nous ne distinguons pas nettement du type. Loc. — Saucats (Reloua), très abondant; plésiotypes, valve droite (PI. XVIII, f]g. 22, et PI. XIX, fig. 8), coll. de Sacy: les deux valves (PI. XVIII, fîg. 20-21), coll. Degrange-Touzin : Saint Médard-en-Jalles (Caupian), Canéjan; Dax (Saint-Paul, Maïnot, Cabannes. Mandillot) ; Mérignac; Saint-Avit; toutes les collections. Léognan (le Thil). coll. de Sacy; Cestas, coll. Bial-Neuville; Martillac (Breyra), coll. Degrange- Touzin — Aqaîtaiiien et Bnrdigalien. PLICATL'LA Lamarck, 1801. Coquille irrégulière, inéquivalve, dépourvue d'oreillettes; forme très variable chez la même espèce; valve inférieure ou droite, fixée par une surface d'adhérence dans le voisi- nage du crochet, quelquefois sur presque toute son étendue; — 1G9 — le sommet se prolonge par un talon plus ou moins développé; ligament interne, inséré dans une fossette médiane qui est elle-même encadrée par deux petites arêtes minces sur chaque valve: AI et PI saillantes, contiguës à ces arêtes, séparées respectivement — par de profondes fossettes — de AIII et PlII qui sont, très peu visiijles, contre le bord dorsal, de part et d'autre du crochet; AU et PII épaisses, surtout Ail, séparées du ligament par des fossettes profondes bordées par les arêtes minces qui limitent le chondrophore ; toutes ces dents sont crénelées et un peu divergentes, elles ne se rejoignent jamais à leur extrémité antérieure, comme le feraient de véritables dents cardinales. Surface externe lisse, plissée ou costulée, avec des écailles ou des tubulures sur les côtes qui sont divergentes et souvent divariquées; l'ornementation des deux valves n'est pas tou- jours identique. Surface interne non nacrée, plus pâle que la surface externe; impression de l'unique adducteur ovale ou arrondie, située assez bas, plus ou moins excentrée; ligne palléale entière; commissure des valves laciniée par les côtes quand elles existent, les saillies d'une valve s'em boitant dans les dénivellations de l'autre; entre la ligne palléale et le bord, il existe en outre généralement des crénelures. {G. -T. : Spon- dylus plicatus Lin. Viv.) D'après les recherches de F. Bernard, la charnière ne comprend que des lamelles latérales, très rapprochées du centre, et non des dents car- dinales; c'est donc la no'ation que nous avons adoptée. Le G. Plicatula est très ancien; on en trouve déjà dans le Lias; on en a séparé un S. -G. Harpax Parkinson (1811), dont le génotype (P, Par- kinsoni Bronn) diffère par les détails de la charnière. Le phylum de Pli- catula s. str. se poursuit très régulièrement, à travers TEocène et l'Oli- gocène, jusque dans notre Miocène où il est représenté par trois espèces. On a, jusqu'à présent, surtout insisté sur les critériums différentiels tirés de la comparaison de la forme et de l'ornementation extérieure; or ce sont là des caractères très variables, souvent chez la même espèce, nous pensons au contraire qu'il faut surtout tenir compte des caractères internes qui sont absolument constants chez la même espèce, et principalement de l'étude de la valve inférieure dont le plateau cardinal occupe — selon les espèces — une position plus ou moins surélevée par rapport à la cavité — 170 - umbonale; la position et le contour de l'impression de l'adducteur cons- tituent aussi un précieux critérium distinctif. 525. Pllcatula mytilina Philippi. PL XX, fig. 39-42. 1836. P. mytilina Phil. Enumer. Moll. Sic. t. I, p. 86, pi. VI, fig. 1. ?1837. P. cristata Duj. Mém. Tour., p. 271 {non Lamk.). 1844. P. mytilina Phi\. Enumer. Moll. Sic, t II, p. 62. 1864. — Conti. Mte-Mario, p. 25. ?1886. — Dollf. Dautz. Liste prélim., p. 8. 1898. — Sacco.IMoll.terz.Piem.,p.xxv,p.9,pl. IV, fig. 11-17. 1907. — CeruUi-Irelli. Fauna Mar., t. I, p. 19, pi. II, fig. 29-31. Test épais. Taille assez grande; forme piroïde ou mytiloïde, plus haute que large, atténuée ou rétrécie en avant, oblique- ment élargie en arrière, inéquilatérale et inéquivalve ; côté postérieur plus dilaté, de sorte que le sommet est situé à peu près au tiers de la largeur, du côté antérieur. Valve droite ou inférieure prolongé au sommet par un talon aigu qui fait saillie sur le bord cardinal; surface d'adhé- rence variant du tiers au quart de la surface dorsale; plateau cardinal un peu surélevé par rapport à la cavité umbonale, non septiforme toutefois; AI et PI minces et saillantes, enca- drant la fossette ligamentaire qui est échancrée et perforée par une sorte de trou arrondi; AllI et PHI rudimentaires, contiguës au bords, encadrant respectivement avec Al et PI des fossettes inégales et moins profondes que le trou liga- mentaire; les deux faces de AI éi PI, ainsi que les faces internes de AIII et PIII sont grossièrement crénelées par des aspérités cariées et peu régulières. Valve gauche ou supérieure obtuse au sommet; fossette ligamentaire subtrigone, tronquée au sommet, encadrée de deux arêtes qui ne sont pas de véritables dents, mais qui sont néanmoins crénelées sur leur face externe parce qu'elles s'em- boîtent avec AI et PI dont les fossettes sont très étroites et profondes, plus prolongées en avant que la fossette ligamen- taire; AU et PII extrêmement fortes et saillantes, surtout AU — 171 — qui est presque deux fois plus épaisse que l'autre, toutes deux crénelées ou cariées sur leurs deux faces; elles sont séparées des bords par des fossettes très superficielles, destinées à loger AIII et PIII. Surface dorsale ornée de six à neuf côtes subanguleuses, divergeant assez régulièrement, séparées par de larges sillons à peu près égaux, et traversées par des plis d'accroissement irréguliers qui y forment des lamelles souvent relevées. Sur- face interne blanchâtre, par opposition avec la teinte noirâtre de la surface dorsale; l'impression de l'adducteur unique et ovale-arrondie, séparée de la ligne palléale (côté anal) par un intervalle de 1 à 2 millimètres, et située environ aux deux tiers de la hauteur des valves, vers le bas ; impression pal- léale à peu près parallèle à la commissure des valves, qui est laciniée par les cotes et en outre obtuse m eut crénelée. DiM. Hauteur : 24 mill.; largeur : 20 mill.; épaisseur des valves réunies : 12 mill. R. D. — Les deux valves opposées du même individu — que nous venons de décrire ci-dessus — sont absolument identiques à celles de l'Astien de Monte-Mario (coll. Cossmann) que M. Cerulli-Irelli a iden- tifiées avec la coquille originale de Sicile. M. Sacco y a distingué les variétés dUatata Michti et perpUcata Sacco, qui sont plus arrondies et ornées de côtes plus nombreuses; mais les caractères internes n'en ont pas été étudiés. En ce qui concerne les provenances de Vaucluse et du Gard, d'après Fontannes (/. c, pi. XIV, fig. 10) qui n'en a connu que des valves supérieures, le doute est encore plus grand; il semblerait toutefois que ces valves ressemblent davantage à la variété dilatata du Piémont, car elles n'ont pas Tornementation simple et paucicostulée de nos échan- tillons et de ceux de l'Italie méridionale. Nous n'avons pas compris dans la synonymie ci-dessus la référence à l'ouvrage de Maurice Hœrnes, parce que nous sommes convaincus — quoi qu'en dise cet auteur — que les spécimens de Vôslau et de Lapugy (coll. Cossmann) appartiennent à une espèce différente, principalement caractérisée par le septum que forme le plateau cardinal au-dessus de la cavité umbonale; leur surface dorsale porte de quinze à dix-huit côtes sur lesquelles les plis d'accroissement forment — de place en place — des tubulures plus saillantes que les lamelles de P. mytilhia; la surface d'adhé- rence est beaucoup plus restreinte; l'impression de l'adducteur est située plus bas, presque contiguë à la ligne palléale; on ne distingue pas de — 172 — crénelures marginales sur la valve supérieure, mais l'autre valve porte des poncticulations serrées, perforées dans l'épaisseur même du bord, sur toute l'étendue du contour. C'est donc une mutation bien distincte à laquelle il convient de donner un nom différent et nous proposons pour elle P. austriaca Cossm. et Peyr. En ce qui concerne la Touraine, nous n'avons pas sous les yeux d'échan- tillons qui puissent exactement se rapporter à l'espèce sicilienne : ils sont généralement très roulés et nous ne pouvons les séparer de l'espèce burdigalienne qu'on trouvera décrite ci-après. MM. Dollfus et Dautzenberg ne l'ont citée que d'après l'abbé Bardin, et il est probable d'autre part que Dujardin — qui avait déterminé les coquilles sous le nom inexact cris- tata Lk. — n'avait pu avoir connaissance de la diagnose ni de la figure presque contemporaines de Philippi. Il ressortirait de là que P. mytilina n^a commencé à apparaître quà dater de l'Helvétien supérieur et n'a pas dépassé la latitude du Piémont ou de l'Aquitaine. Loc. — Salles, plésiotypes (PI. XX, fig. 39-42), coll. Benoist; (Largi- leyre), une valve supérieure, douteuse, coll. Peyrot. — Helvëtieii. 526. Plicatula pternophora (1) ?iov. sp. PL XXI, %. 23-26. 1873. P. mytilina Benoist. Cat. Saucats, p. 72, n» 205 {non Phil.). Forme mytiloïde, peu régulière et très variable, généra- lement peu inéquilatérale. Valve droite rarissime, avec une énorme surface d'adhérence qui ne laisse apparaître les côtes rayonnantes que vers les bords; celles-ci sont au moins au nombre de vingt, inégales et plus serrées vers les contours latéraux que sur la région médiane; le sommet est prolongé par un talon spondyliforme, recourbé vers la surface dorsale, lisse et dépourvu de toute apparence de rainure ligamentaire; plateau cardinal élevé quoique non complètement septiforme. x\I et PI minces, obliques, crénelées, encadrant une étroite fossette chondrophore; AllI et Plll totalement confondues avec le bord, existant néanmoins, car il y a des fossettes dis- tinctes pour les recevoir sur l'autre valve. (1) Elymologie : 7:T£ova talon, c;o3r porleiir. — 173 — Valve gauche très abondante dans la plupart des gisements où elle se présente sous la forme d'une coquille aplatie, dis- coïdale, quoique rétrécie au sommet qui est obtus; l'orne- mentation — le plus souvent effacée par l'usure — est sem- blable à celle de l'autre vaïve, mais elle se prolonge jusque vers le sommet; fossette ligamentaire limitée par deux petites arêtes, et pas plus profonde que celles qui reçoivent AI et PI; AU et PII plus saillantes et inégales, l'antérieure épaisse, la postérieure très mince, en ferme d'arête triangulaire. Surface interne moins jaunâtre que l'épiderme dorsal; impression de l'adducteur ovale-arrondie en hauteur, très voisine de l'impression palléale qui est profondément gravée, non parallèle au bord lacinié, dont elle est plus écartée sur tout le contour inférieur; quelques crénelures punctiformes et écartées sur toute l'étendue des plis laciniés de la commis- sure des valves. DiM. Hauteur : 14 mill.; largeur : 10 mill. R. D. — P. mytilina étant circonscrit comme nous lavons indiqué ci- dessus, l'espèce du Burdigalien et de l'Helvétien inférieur s'en distingue non seulement par le nombre supérieur de ses côtes inégales, mais par son plateau cardinal à un niveau, plus élevé par rapport à la cavité umbo- nale, mais dépourvu de l'apparence septoïde qui caractérise P. austriaca; l'impression musculaire est plus arrondie en hauteur; entin les crénelures sont plus petites et plus écartées; il n'y a pas de ponctuations marginales à la valve inférieure, comme il en existe chez P. austriaca. En fait, cette coquille a été toujours confondue avec P. mytilina dans le Sud-Ouest, et il est probable qu'il en est de même pour la ïouraine où elle est bien représentée avec des valves inférieures, d'après les maté- riaux de i;os collections (Paulmy, Manthelan, etc,). Son principal critérium différentiel est l'existence — à la valve droite — d'un talon beaucoup plus prolongé et recourbé que celui de P. mytilina ; on dirait presque un Spondyle; malheureusement ce caractère est diffi- cile à observer, car nous ne connaissons que quelques valves inférieures, soit dans l'Aquitaine, soit en Tôuraine, pour une grande quantité de valves supérieures dans les mêmes gisements. Loc. — Saucats (Peloua), cotypes (PI. XXI, flg. 23-26), coll. Cossmann ; toutes les coll. Léognan, Mérignac (Baour), toutes les coll. Dax (Maïnot), dont une valve inférieure, coll. Cossmann; (Mandillot), dont une valve inférieure, coll. Degrange-Touzin. Pessac (Lorient) ; Cestas, coll. de Sacy. _ 174 — Saint-Avil, Saucats (Lariey), Martillac (Breyra), Cabanac (Pouquet), coll. Degpange-Touzin, valves supérieures seulement. — Aquitanien et Burdigalîéii. Salies-de-Béarn, Peyrehorade (Peyrère), coll. Degrange-Touzin, valves supérieures seulement. Manciet, coll. Cossmann. — Helvétieii. 527. Plicatula ruperella Diijardin. PI. XVIII, fig. 23; et PI. XX, fig. 9-13. 1837. P. ruperella Duj. Mém. Tour., p. 271. 1864. — Mayer. Tert. Azoren, p. 48. 1870. — M. Hœrn. Tert. Beck. Wien, t. II, p. 427, pi. LXVII. fig. 6. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 72, no 206. 1886. — DoUf. Dautz. Liste prélim., p. 8. Test peu épais. Taille assez grande; forme généralement arrondie, parfois plus allongée et moins équilatérale ; surface ornée de costules rayonnantes assez larges et très serrées, sur lesquelles les accroissements forment de petits plis fistuleux; ces costules sont souvent déviées d'une manière très irrégu- lière (1). Valve droite prolongée au sommet par un petit talon obtus qui forme une aire lisse au-dessus du plateau cardinal assez étroit, un peu septiforme au-dessus de la cavité umbonale; Al et PI courtes et inégales, cariées sur leurs deux faces, encadrant une profonde fossette chondrophore; AIII et PIII à peu près indistinctes le long du bord. Valve gauche plus ou moins aplatie ; certains échantillons gonflés pourraient se confondre avec une valve inférieure si l'on n'observait la position à gauche qu'occupe l'adducteur, et l'écartement des dents Ail et PII grossièrement crénelées qui sont séparées par des fossettes du chondrophore central, limité lui-même par de petites arêtes; on ne distingue pas de rai- (1) Nous signalons, dans le gisement aquitanien de Pessac (Loricnt), des valves supérieures qui portent de petites radiations interrompues, fines et écartées; si l'on en récollait d'autres et surtout des valves opposées, on pourrait séparer celte variété sous le nom P. electrica Cossm. et Peyrot. — 175 — mires pour recevoir AIIl et PIII ; tout le plateau cardinal est surélevé par rapport à la cavité umbonale, formant ainsi un septum rudimen taire. Impression de l'adducteur arrondie, presque contiguë à l'impression palléale qui est parallèle au bord; on remarque une poncticulation marginale, correspondant à chaque pli lacinié du bord. DiM. Diamètre 15 à 18 mill. ; quelquefois la hauteur atteint 20 mill. et la largeur se réduit à 12 mill. R. D. — On distingue cette espèce de P. pternophora — répandue dans les mêmes gisements — par son ornementation très différente, où les côtes sont séparées par des sillons étroits et finement plissées en travers ; mais les caractères internes sont encore plus distincts; outre que le talon est moins aigu (quand on peut l'observer, car les valves droites sont presque introuvables), le plateau cardinal est beaucoup plus septiforme que chez P. mytilina dont les larges côtes sont d'ailleurs caractéristiques. L'impression de l'adducteur est encore plus près de la ligne palléale que chez les autres espèces. Loc. — Manciet (Gers), plésiotypes des deux valves (PI. XVIII, fig 23; et PI. XX, fig. 9), coll. Cossmann. — HelYëtîeii. Saucats (Peloua), Léognan (le Thil sup''), plésiotype valve gauche (PI. XX, fig. 12-13), coll.- Cossmann; toutes les coll. — Burdigalien. La Saubotte, Mérignac, Cabanac (Pouquet), Martillac, coll. Degrange- Touzin, Léognan (le Thil infr), Saint-Avit, coll. Cossmann. Pessac (Lorient), an var. electrica C. et P. (PI. XX, fig. 10-1 l^is), coll. Cossmann? — Aqnitanien. Cénacle : OSTREACEA Lamk. 1809 em. Coquille à structure lamelleuse ou celluleuse, mais sans couche fibreuse proprement dite, inéquivalve, généralement pleuroconque; ligament interne; charnière sans dents; ligne palléale entière, parfois non distincte (Fischer). La valve infé- rieure ou fixée est la valve gauche. Lamarck comprenait dans ce Cénacle : des Radioiites, des Cranta, des Spondylidse, des Pecten et des Vulsella. Fischer l'a restreint aux deux Familles Ostreidœ et Anomiklse et il en a fait un Sous-Ordre; nous nous bornons à l'admettre au rang de Cénacle. 176 OSTREID.E Fleming, iS2S. Coquille inéquivalve; valve gauche fixée; impression mus- culaire unique, excentrée du côté postérieur; lig-ament inséré sur une aréa triangulaire formée par le talon du crochet, et comprenant une rigole centrale plus ou moins profonde et large, encadrée de deux talus convergeant au sommet. Cette Famille a été r'jh>jet dune révision toute récente par M. H. Douvillé [B. S. G. F., 4, t. X, p, 634, année 191(i) dans laquelle l'éminent professeur a examiné l'origine et l'encliaînement phylétique des Ostréidés qu'il a — dès le début — divisé en deux groupes suivant que les valves sont ou ne sont pas également lamelleuses ou plissées. 11 a suivi le développe- ment de ces deux groupes dans la succession des temps géologif[ues, et démontré que l'apparition des Genres dérivés des premières formes de rinfralias est due aux modifications survenues dans la fixation de la valve inférieure. Les Ostreidœ étant manifestement moins anciennes que les Pectinidœ, M. Douvillé conclut qu'elles sont issues des Limklœ qui vivent dressés (orthoconques) par une tendance qu'a pris l'animal à se coucher sur la valve gauche inférieure, tandis que la valve inférieure des Pectinidœ est au contraire la valve droite. Partant de ces bases, nous admettrons comme Genres distincts : Ostrea qui n'apparait que dans le Vraconnien du Liban et que nous trou- vons représenté dans notre Miocène; Gryphsea qui n'a commencé à se détacher du rameau précédent qu'à l'étage miocénique; Alectryonia qui se poursuit — en un phylum ininterrompu — depuis le Rhétien jusqu'à l'époque actuelle ; . . Liostrea qui constitue le second phylum, mais qui s'éteint avant l'époque actuelle, probablement dans le Miocène où nous en trouvons un descen- dant dégénéré ; Exogyra issu du second phylum et qui s'éteint dans notre Miocène, après avoir pris un grand développement dans le Jurassique moyen et surtout dans le Crétacique; Liogryphsea abondant dans le Jurassique, et remplacé dans le Crétacique et le Tertiaire par Pycnodonta qui y ressemble beaucoup ; ni l'un, ni l'autre n'existent d'ailleurs en Aquitaine. Soit, en définitive, cinq Genres bien distincts dont nous allons avoir à nous occuper, tandis que les deux derniers ne sont pas représentés dans la région que nous étudions. - — 177 — M. Douvillé a terminé son étude par un chapitre concernant les coquilles ostréiformes qu'il élimine de la Famille Ostreidœ parce que leurs carac- tères internes les rattachent à dautres Familles : Chondrodonta Stanton {Pinnidse), Gyropleitra (Rudistes), Myochama ei Chamostreaa test nacré et à osselet ligamentaire comme les Ostéodesmes, Vidsella Lamk. (AvicuUdw). Aucune de ces formes n'a vécu dans le Miocène du Sud-Ouest. Fischer cite en outre : Chalmasia, Hcllgmus, Naiadina, Pernostrea, toutes coquilles secondaires, dont le rattachement à la Famille Ostreidx exige encore confirmation d'après les critériums modernes. OSTREA Linné, 1758 {ex Lister, 1686). Valve inférieure, seule plissée, à bords festonnés ou laciniés, plus profonde que l'autre, qui est lamelleuse et dont les bords sont lisses; crochet généralement dévié du côté postérieur, à l'extrémité du talon formé par l'aire ligamentaire. Impression du muscle adducteur plus ou moins excentrée, en forme de fève ou de palmette. (G. -T. : 0. edulis Lin. Viv.) Très développé déjà dans le Paléocène (0. bellovacensis Lamk.), ce Genre est le plus abondamment représenté dans les terrains tertiaires de toutes les régions. Nous y distinguons plusieurs Sections : Cubitostrea Sacco, 1897. — Le point de fixation de la valve gauche se déplace peu à peu vers le côté postérieur, qui se développe moins que le côté antérieur, et les valves pren- nent une forme arquée ou coudée (cubitus), très allongée à l'extrémité anale; le ligament suit cette inflexion et le crochet tend à devenir exogyroïde, tout en conservant sa saillie indé- pendante de la surface d'adhérence. Les côtes ne rayonnent pas du crochet comme chez Ostrea s. str., elles se ramifient sur une arête dorsale. Impression musculaire très excentrée, presque contiguë au bord. (G. -T. : 0. cubitus Desh. Eoc.) Gigantostrea Sacco, 1897. — Taille géante. Valves peu inégales : l'inférieure peu plissée, la supérieure finement striée par des lignes rayonnantes. Aire ligamentaire relativement courte; impression musculaire arrondie et presque centrale. (G. -T. : 0. gigantica Sol. Eoc.) Tome LXVIII. 12 — 178 — Ostreola Monteros. 1884. — Forme oblongue, à valves très inégales, l'inférieure prolongé en avant par un talon liga- mentaire qui peut constituer — à lui seul — les deux tiers de la hauteur des valves ; il en résulte que l'impression mus- culaire est — en partie — cachée dans la cavité umbonale qui est très profonde. Les plis de la valve inférieure sont grossiers et couverts d'aspérités, ses bords sont fortement laciniés. Valve supérieure petite, plate, lamelleuse; aire ligamentaire très restreinte; impression de l'adducteur située très haut. (G. -T. : 0. stentina Payr. Viv.) Ces trois Sections sont représentées en Aquitaine ; mais, tandis que les deux premières ont déjà pris naissance dans l'Eocène, il semble que la troisième est plus récente, car nous n'en connaissons pas avant l'Aqui- tanien. 528. Ostrea lamellosa Brocchi. PL XXII, fig. 7-9. 1814. 0. lamellosa Br. Conch. subap , t. Il, p. 564. 1832. — Desh. Expéd. Morée, t. III, p, 125. 1834. — Goldf. Petr. Germ., t. II, p. 18, pi. LXXVIII, fig. 3. 1852. — D'Orb. Prod., t. III, p. 187, 27^ et., no 428. 1858. — Abich. Mém. Ac. Se. Pétersb., t. VII, p. 126, pi. V, fig. 9. 1870. — Hœrnes. Tert. Beck., Wien, t. II. p. 444, pi. LXXI et pi. LXXII, fig. 1-2. 1881. — Font. Plioc. Rhône, p. 222, pi. XVI, fig. 1-2. 1887. — B. D. D. Moll. Rouss., t. II, p. 10, pi. IV et V. 1897. — Sacco. I Moll. terz. Piem., p. 8, pi. II, fig. 3-4. 1900. — Newton. Mioc. Lake Irmi, p. 440 [Linn. Soc). 1907. — CeruUi-Irelli. Fauna mal. Mar., p. 7, pi. I, fig. 8. 1910. — Schaffer. Mioc. Eggenburg, p. 13, pi. I, fig. 6-10. pi. II. R. D. — Le spécimen de Saint-Denis d'Oléron que nous faisons figurer ressemble à ceux de Monte-Mario, et quoiqu'il soit très usé au point que les lamelles costulécs ont à peu près disparu, il a bien l'impression mus- culaire et le talon ligamentaire de l'espèce de Brocchi. Nous pensons donc qu'il se rattache plutôt à la mutation pliocénique qu'à 0. edulis, actuel ou du Crag. Dans leur Monographie des Mollusques du Roussillon, MM. Bucquoy, - — 179 — Dautzenberg et Dollfus distinguent 0. lamellosa d'O. edulis, seulement à titre de variété, d'une taille plus grande, à valves plus épaisses, dont le ligament n'est pas constamment plus large que celui d'O. edulis typique; quant à l'ornementation, le nombre et le développement des côtes rayon- nantes sont essentiellement variables; aussi sommes nous d'accord avec les auteurs cités plus haut pour n'en pas tenir compte dans la comparaison des deux formes. D'autre part, nous avons comparé les impressions muscu- laires, et nous avons constaté qu'elle est plus transverse et beaucoup moins excentrée chez 0. lamellosa fossile que chez 0. edulis fossile ; qu'en outre, la forme de ce dernier est très sensiblement moins élargie — à la même taille — que celle d'O. lamellosa; la fossette ligamentaire est par suite plus largement ouverte, entre deux languettes plus aplaties, sur l'espèce de Brocchi qui représente bien la forme typique d'O. lamellosa. Par conséquent nous admettons de préférence deux phylums parallèles : l'un dérivant d'O. lamellosa et aboutissant à 0. hippopus; l'autre constitué par 0. edulis et 0. adriatica, tant à l'état fossile qu'à l'état actuel. Loin de présenter un cas de convergence, ces deux phylums divergeraient plutôt. Nous excluons de la synonymie 0. Boblayei Desh. ; les individus fossiles qui y ont été rapportés se distinguent, en effet, difficilement d'O. lamel- losa : ce sont, en général, des spécimens usés sur lesquels on ne peut fonder que des déterminations toujours douteuses, et c'est précisément le cas des valves ci-dessus cataloguées. Loc. — Saint-Denis-d'Oléron, un spécimen valve (PI. XXII, fig. 7-9), coll. Degrange-Touzin. — Reilouieii* 529. Ostrea fîmbriata Grateloup (m R. et D.). PI. XIX, fig-. 19-21; et PI. XX, fig. 14-15. 1855. 0. fîmbriata Raulin et Delbos. Monogr. Ostrea Aquit. (B. S. G.F , sér. 2, t. XII, p. 1158). 1859. 0. fimbrioides RoUe. Sitz. Akad. Wiss., Bd. 35, p. 204, pi. II, tîg. 1-3, 1869. 0. fîmbriata Hœrnes, Tert. Beck. Wien, t. II, p. 450, pi. LXXIV. fig. 1-5. 1873. 0. cyathula Benoist. Cat. Saucats, p. 74, no 212 {non Lamk.). 1897. — -var. carcarensisSacco. I MoU. terz. Piem., part. XXIII, p. 11, pi. III, fig. 30. 1897. 0. cf. Cossmanni var. oligoplicata Sacco Ibid., fig. 31-35. 1910. 0. fimbriata Schaffer, Mioc. Eggenburg, p. 16, pi. VI, fig. 6-8. Test peu épais. Taille moyenne; forme irrégulièrement arrondie, généralement un peu oblique et un peu plus — 180 - allongée da côté postérieur, à crochet élevé, trigone, rejeté en dehors et vers le côté anal. Valve inférieure creuse, dépassant beaucoup l'autre valve, extérieurement ornée d'environ trente-cinq côtes rayonnantes, dichotomes vers les bords, presque égales entre elles, séparées par des sillons un peu moins larges; les stries d'accroissement y découpent parfois quelques lamelles festonnées qui mar- quent les arrêts d'accroissement. Surface ligamentaire plus haute que large, obliquement déviée à gauche, creusée au milieu par une faible dépression. Commissure des valves laciniée par les côtes externes. Valve supérieure assez plate, infléchie comme l'autre valve vers le côté anal, extérieurement ornée de courtes lamelles d'accroissement. Surface ligamentaire étroite et étirée avec le crochet qui est exogyroïde. Surface interne brillante; impression de l'adducteur en forme de fève, très excentrée en arrière, située presque à la moitié de la hauteur des valves, obliquement transverse. DiM. Hauteur : SO mill.; largeur : 43 mill. (valve inférieure). R. D. — Cette espèce a été seulement figurée par Hœrnes sous son véritable nom; cet auteur a bien indiqué que les types figurés proviennent du niveau de Grubern, près Meissan, qui constitue « la partie la plus infé- rieure du Miocène des environs de Vienne » : c'est vraisemblablement l'équivalent de notre Aquitanien; mais il fait erreur en attribuant au cal- caire à Astéries les écbantillons du Bassin de Bordeaux qui proviennent bien de l'Aquitanien, d'après Benoist; seulement ils ont été confondus avec 0. cyathula, tandis qu'ils se distinguent, de l'espèce lamarckienne par leur forme moins exogyroïde, par leurs côtes plus nombreuses, par leur aire ligamentaire et par leur impression musculaire; nous avons pris comme terme de comparaison des spécimens d"0. cyathula stampiens de Jeures (coll. Cossmann), absolument typiques. Nous pensons que c'est également à 0. fimbriata qu'il y a lieu de rapporter les spécimens de Ligurie que M. Sacco a distingués d'O. plicata (= 0. Cossmanni), forme lutétienne, sous le nom olhjoplicala; en réalité, 0, fimbriata se distingue d'O. pllcata Defr. (non Sol.) par sa forme scmilunaire, par ses côtes plus nombreuses, par sa fossette ligamentaire moins creuse, par son impression muscu- laire, etc. 11 y a donc là toute une série de mutations qu'on ne sépare pas sans — 181 — difficuUé, il est vrai, mais qu'il faut néanmoins signaler, afin précisément de fournir aux stratigraphes de bons témoins pour caractériser les étages successifs. On sait d'ailleurs que les Ostrea sont de « bons fossiles » pour jouer ce rôle, à la condition qu'on regarde attentivement non seulement la forme qui varie beaucoup, le nombre des côtes qui dépend aussi de l'âge, mais surtout les caractères internes que des observateurs super- ficiels négligent trop souvent et qui sont beaucoup plus constants chez chaque espèce. Ici, précisément, le nombre des côtes varie avec la taille des spécimens, parce qu'elles sont dichotomes ; c'est ce qui explique que Hœrnes — ayant eu à sa disposition des valves qui atteignent 70 et même 90 mill. — a compté cinquante à soixante côtes, tandis (|ue nos échantillons n'en ont que rarement quarante, parce qu'ils sont moins gérontiques. Loc. — Saucats (Lariey), plésiotypes (PI. XIX, fig. 19-21; et PI. XX, fig. 14-15), coll. de Sacy; (le Son); toutes les coll.; Saint Morillon, Bazas, Villandraut (Gamachot), Marlillac, plus rare. Saint-Avit, coll. Duvergier. — Aquitaiiien. S39. Ostrea digitalina Dubois. PI. XX, fig. 1-4. 1825. 0. flabellida Bast. Mém. env. Bord , p. 72 (pars). 1831. 0. digitalina Buh de Montp. Conch. Volh., p. 74, pi. VIII, fig. 13-14. 1838. 0. edulina Grat. Cat. Zool. Gir., p. 57. 1852. 0, digitalina d"Orb. Prod., t. III, p. 133, 26e et., no 2510. 1853. — Mayer. Verz. Molasse, p. 91. 1855, 0. foveolata T\aulln et Delb. Mon. Ostrea Aquit., p. 17, no22. 1855 0. riigata Raulin et Delb. Ibid., p. 18, no 23. 1869. 0. digitalina Hœrnes. Tert. Beck. Wien, t. II, p, 447, pi. LXXIII, fig. 1-9. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 75, no 213. Test peu épais. Taille moyenne; forme ovale, peu obli- quement incurvée vers l'extrémité anale, généralement plus arrondie sur le bord buccal que sur le contour anal qui est parfois presque rectiligne, ce qui donne à la valve inférieure l'aspect exogyroïde. Valve inférieure assez convexe, prolongée au sommet par un talon presque toujours contourné en arrière; aire liga- mentaire striée, divisée en trois zones, la zone centrale et creuse presque deux fois aussi large que les bourrelets qui — 182 — l'encadrent. Ornementation formée d'environ vingt-cinq côtes rayonnantes, dichotomes vers les bords, toutes arrondies, lamelleuses à l'intersection des arrêts de l'accroissement qui y découpent parfois des rugosités assez saillantes ; leurs interstices sont plus étroits; les dernières côtes anales sont souvent plus serrées que celles de la région médiane; surface d'adhérence généralement restreinte aux abords du sommet, mais s'étendant quelquefois bien au delà, jusqu'aux deux tiers de la région dorsale, chez les valves plus symétriques. Bords laciniés par les côtes. Valve supérieure aplatie, lamelleuse à l'intérieur, finement denticulée sur les contours latéraux, aux abords du sommet; talon ligamentaire petit, incurvé; crochet non enroulé en spirale. Impression musculaire étroite, plus ou moins transverse, palmulée, la pointe s'approchant seule du bord des valves, de sorte que l'ensemble paraît médiocrement excentré. Dm. Hauteur : 60 mill. ; largeur : 50 mill. R. D. — C'est après une minutieuse comparaison que nous nous sommes décidés à réunir nos spécimens burdigaliens à l'espèce qui caractérise le Miocène moyen et supérieur dans le Bassin de Vienne, ainsi que dans la Podolie et même la Serbie. Hœrnes lui attribue vingt à quarante-cinq côtes; nous n'en avons guère compté que vingt-cinq sur sur les échantillons de l'Aquitaine, et même un peu moins sur ceux d'Olesko (Podolie), d'Immendorf (Autriche), de Rakowitza (Serbie), que nous avons sous les yeux (coll. Cossmann) ; il est probable que le nombre des côtes augmente quand la taille des valves atteint de plus grandes dimensions, ainsi qu'il ressort des figures de l'Atlas de Hœrnes, Mais si l'on compare l'impression musculaire et l'aire ligamentaire, on les tronve identiques; c'est ce qui a supprimé toute hésitation sur l'identification proposée, au lieu de reprendre la dénomination foveolata pour les prove- nances burdigaliennes. Dans son étude sur le Miocène d'Eggenburg (Hongrie), M. Schaffer (1910, p. 12), a rapporté les valves de ce Bassin à la variété adriatica Lamk . d'O. cdulis; les côtes rayonnantes sont plus anguleuses et l'impression musculaire semble moins transverse, d'après les figures publiées par cet auteur. Fontannes a distingué, dans le Pliocène, 0. barriensis qui est toujours — 183 — plus large, plus grande, avec moins de côtes, et dont l'impression mus- culaire est plus excentrée (spécimen de Barry, coll. Cossmann). C'est également 0. digitalina que l'on rencontre dans le Tortonien de Cacella (Portugal), ainsi qu'il résulte de la comparaison des échantillons envoyés à l'un de nous par feu Delgado. Enfin, M. Sacco a désigné sous le nom 0. ediilis, variété oblongula, des valves du Piémont qui paraissent avoir moins de côtes et une forme plus allongée. Loc. — Léognan (Coquillat), plésiotypes (PI. XX, fig. 1-4), coll. de Sacy. Commune dans les gisements du vallon de Saucats, à Mérignac (Pontic), à Saint-Médard-en-Jalle, Canéjan, etc.. Cestas, valves dont la surface dorsale est presque entièrement adhérente, coll. de Sacy. Dax (Maïnot), coll. Cossmann? — Burdigalien. Martignas, Saint-Sympliorien, Manciet, coll. Duvergier; abondante mais de petite taille, coll. Cossmann, Peyrot. Salles (Débat, Largileyre, Minoy), toutes les coll.; Orthez (le Paren), Salies-de-Béarn. coll. De2,ranc!;e-Touzin — Helvëtîeii. 531 Ostrea {Cubitostrea) producta Raulin et Delbos. PI. XIX, %. 1-4. 1855. 0. producta Raul. et Delb. Mon. Ostrea Aquit., p. 16, no 20. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 75, no 214. 1909. 0. cijathula, var. producta Dollf. Essai et. Aquit., p. 26 et 46, nos 147 et 149. « Coquille prolongée en son bord ano-abdominal, arquée en demi-lune; valve gauche ou inférieure portant cinquante à cinquante-cinq plis dichotomes; bord plissé, crochet à canal profond = 1/2; bourrelets saillants; valve droite ou supé- rieure, convexe, denticulée au crochet. » A cette diagnose textuellement empruntée au Catalogue de Benoist, nous ajoutons : Surface d'adhérence dans le creux de la courbure du cro- chet qui s'incline très fortement vers le côté anal; les den- ticulations très fines de la valve supérieure se prolongent jusqu'au crochet et s'impriment — de part et d'autre de l'aire ligamentaire — sur la valve gauche ; elles continuent un peu sur les bords de la valve supérieure, de sorte qu'on ne peut -- 184 — les confondre avec les crénelures plus grossières dont la valve inférieure est seule laciniée sur ses bords. Impression de l'adducteur assez large, tronquée sur son contour supérieur, très excentrée vers le bord anal. Valve supérieure extérieu- rement striée par les accroissements feuilletés vers les bords, mais non lamelleuse. DiM. Longueur : 47 mill. ; largeur : 30 mill. (valve infé- rieure). R. D. — Hœrnes a cité cette coquille en synonymie d'O. fimbriata et nous la considérions d'abord comme une simple variété d'O. fimbriata dont quelques individus sont parfois courbés quoique moins en croissant qu'O. producta; "mais la présence de denticulations sur les deux valves dans la région antérieure permet, à première vue, de séparer ce dernier indépendamment de la forme qui la place dans la Section Cubitostrea Sacco, et du nombre de ses plis qui est supérieur. On remarque, en outre, que l'impression de l'adducteur a moins la forme d'une fève et qu'elle est plus nettement tronquée sur son contour supérieur. Benoist l'a comparée avec 0. cubitus Desh., du Bartonien des environs de Paris; mais cette dernière a le crochet moins saillant et une surface d'adhérence plus allongée; en outre, l'impression musculaire n'a pas la même forme. D'autre part, 0. Cossmanni DoUf. (= 0. plicata Desh. non Sol.) a une forme moins incurvée et ses côtes beaucoup moins nombreuses, moins serrées, sur la valve gauche, avec une impression musculaire plutôt en forme de massue. Loc. — Léognan (les Sablés), néotypes (PI. XIX, fîg. 1-4), coll. de Sacy ; Bazas (Marivot), même coll. Lucbardez (Cantine de Bargues), Sainte- Croix-du-Mont, coll. Degrange-Touzin. Saucats (Lariey), coll. Peyrot; tous les gisements aquitaniens de la Gironde et des Landes (plus de cinquante gisements dans la coll. Degrange-Touzin). — Aqititaiiieii. Sarcignan (Madère), coll. de Sacy. — Oligocène. Saucats (La Cassagne) {ficle Benoist), très rare. — Burdigalieii. 532. Ostrea {Gigantostrea) Sacyi nov. sp. PI. XIX, fig. 15-18. Test plus ou moins épais. Taille très grande; forme irré- gulièrement arrondie, parfois plus haute que large, à contours souvent dénivelés. Valve inférieure peu protonde relativement à ses dimen- — 185 - sions, souvent ailée du côté anal, extérieurement ornée de quelques côtes irréguiières, relevées par des tubulures à l'in- tersection des arrêts de l'accroissement; quand le test est fraî- chement conservé, il montre encore de nombreuses linéoles rayonnantes, très finement burinées et séparées par des inter- valles de 1 à 2 millimètres. Aire ligamentaire courte, plus ou moins réfléchie en dehors, largement et profondément creusée entre deux bourrelets étroits par une fossette faisant une saillie arquée sur la cavité umbonale. Surface d'adhérence très étendue. Valve supérieure souvent aussi bombée que l'autre, toujours moins large et irrégulièrement ovale, simplement marquée à l'extérieur par des accroissements peu lamelle ux et montrant aussi des linéoles rayonnantes quand la surface n'est pas cariée par la fossilisation — ce qui est le cas le plus fréquent. Aire ligamentaire très peu développée, quoique assez large- ment creusée au milieu. Surl"ace interne vernissée; impression musculaire presque centrale, largement arrondie; plissements subcrénelés sur les deux valves, aux abords du sommet. DiM. Diamètres : 70 mill. ; taille maximum : 100 mill. sur 90 mill. R. D. — A première vue, cette grande coquille se distingue de toutes ses congénères par sa surface peu plissée sur la valve inférieure; on croirait presque que c'est un Liostrea; mais il faut tenir compte de ce que le test est généralement carié ou exfolié, dénaturé par les corps étrangers de grande taille auxquels l'animal s'est fixé. 0. Sacyi se distingue d'O. gigantica Sol. par ses côtes moins aplaties et plus rares, par son aire ligamentaire plus largement creusée, encadrée de bourrelets moins larges et plus aplatis, par son impression musculaire plus arrondie. Les coquilles de l'Aquitanien de la Ligurie que M. Sacco a désignées sous les noms gassinensis et oUgoplana sont en assez médiocre état; cepen- dant, autant qu'on peut en juger par les figures, elles s'écartent de notre 0. Sacyi par la disposition de leur aire ligamentaire, par leur forme plus élargie que haute. Il est probable que cette espèce très bien définie a été laissée de côté — 186 — jusqu'à présent, à cause de son état fruste, quoique sa grande taille la désignât à l'attention des collectionneurs. Loc. — Léognan (Coquillat), valve gauche type (PI. XIX, fig. 15-16), coll. de Sacy; Cestas, plésiotypes (fig. 17-18), coll. Cossmann; coll. de Sacy; Pont-Pourquey. coll. Degrange-Touzin; Saint-Médard (La Fon- taine), coll. Peyrot, Duvergier. Dax (Maïnot), coll. Cossmann. — Bnr- digalîeii. Peyrehorade (Peyrère), valve supérieure seulement, coll. Raulin. — Hel^étieii ? 533. Ostrea {Ostreola) Duvergieri nov. sp. PI. XX, %. 23-28. 1873. 0. saccellus Benoist. Cat. Saucats, p. 74, n" 210 {non Dujardin). Test plus ou moins épais selon le degré de fossilisation. Taille assez grande; forme oblongue, parfois irrégulièrement arquée ou contournée. Valve inférieure profonde, prolongée au sommet par une aire ligamentaire étroite, encadrée de deux bourrelets sail- lants et presque aussi larges que la fossette. Surface externe ornée de six à huit grosses côtes rayonnantes, inéquidistantes, parfois effacées par l'adhérence à des corps étrangers sur une étendue qui peut atteindre toute la hauteur de la valve. Cavité umbonale assez profonde, recouverte par le talon de l'aire ligamentaire qui s'étend du quart au tiers de la hauteur totale et qui est limité par un contour inférieur à peu près rectiligne. Valve supérieure étroite, extrêmement rare, géné- ralement confondue avec celles des autres espèces et ne s'en distinguant que par la position de l'adducteur. Impression de l'adducteur grande, ovale en hauteur, située très près de la cavité umbonale. DiM. Hauteur : 70 mill. ; largeur : 30 mill. R. D. — C'est bien à tort que cette espèce a été confondue, dans la plupart des collections, avec 0. saccellus Dujardin ; chez l'espèce de Tou- raine, la cavité umbonale — ou plutôt le talon ligamentaire — atteint la moitié au moins de la hauteur des valves; nous avons même sous les yeux — 187 — une valve de Pontlevoy, à bords intacts, dont le talon occupe les deux tiers de cette hauteur, de sorte que l'impression de l'adducteur est à demi enfoncée dans la cavité umbonale; en outre, le talon est plus contourné, enroulé même, chez 0. saccellus que chez 0. Duvergieri; l'impression de ce dernier est — en outre — plus visible; sur aucun de nos échantillons elle n'atteint le contour inférieur du talon. 11 n'y a, d'autre part, aucun critérium distinctif à tirer de l'ornementation externe, qui est très variable sur les deux espèces; mais il semble que 0. Duvergieri atteint une taille beaucoup plus grande que l'espèce de la Touraine. Dans le Pliocène du Piémont, M. Sacco (/. c, pi. V, fîg. 1-3 et 6-8), a figuré sous le nom 0. Forskali Chemn. var. undulatior Sacco, des spéci- mens qui se distinguent d'O. Duvergieri par leurs côtes toujours moins nombreuses et par leur fossette ligamentaire plus large relativement aux bourrelets latéraux; mais à partir de la figure 9 et jusqu'à la figure 12, l'analogie avec 0, saccellus est complète et c'est probablement à ces spé- cimens (var. perrostrata, suhcucullata, persaccellus Sacco) que s'applique l'identification proposée par MM. DoUfus et Dautzenberg dans leur nou- velle liste des Pélécypodes de la Touraine (1901, Journ. Conch., t. XLIX, p. 50 du tirage à part). Loc. — Pessac (Lorient), type (PI. XX. fig. 23-25), coll. de Sacy; coll. Duvergier. Saucats(Lariey). coll. Cossmann, Duvergier, Degrange-Touzin. Léognan (le Thil inf''), coll. de Sacy; Mérignac (Baour), coll. Peyrot; Saint-Avit, coll. Duvergier. Assez commune. — Aquitanien. Cestas, Pont-Pourquey. coll. Degrange-Touzin. Très rare. — Burdî- galieii. Salles (fig. 26-28), coll. Duvergier; Cazenave, Manciet, coll. Cossmann. — Helvétîeii. 534. Ostrea {Ostreola) sallomacensis nov. sp. PL XIX, %. 9-14. Test peu épais. Taille petite; forme courte et irréguliè- rement arrondie, à crochets déviés du côté anal. Valve inférieure gibbeuse, adhérente par une surface rela- tivement restreinte dans le voisinage du crochet, et de pré- férence, du côté postérieur. Talon ligamentaire peu étendu, atteignant à peine le cinquième de la hauteur de la valve; fossette médiane assez large, encadrée de deux bourrelets peu saillants et beaucoup plus étroits. Surface dorsale ornée d'en- viron dix côtes rayonnantes, saillantes, inéquidistantes, plus — 188 — étroites que leurs interstices, relevées çà et là par des tubu- lures imbriquées, à l'intersection des arrêts de l'accroissement. Bords de la valve fortement laciniés par les côtes. Valve supérieure plate, lamelleuse à l'extérieur, finement denticulée aux abords du crochet. Impression du muscle adducteur ovale, située très haut à l'intérieur des valves. DiM. Hauteur : 2i milL; largeur : 18 mill. R. D. — Nous avons hésité avant de séparer cette espèce d'O. Duver- gieri, pensant d'abord qu'il s'agissait d'une race dégénérée, ou d'une mutation de petite taille, dans laquelle le talon ligamentaire n'atteint pas — à beaucoup près — la même hauteur que sur les valves de la forme ancesLrale; mais en examinant la fossette ligamentaire, nous avons pu nous convaincre qu'elle diffère complètement, par sa largeur, de celle d'O. Duvergieri; l'ornementation est aussi un peu différente, les côtes sont plus nombreuses et plus tubulées que dans le jeune âge de la précé- dente espèce. Dans ces conditions, tenant compte — d'autre part — de ce que cette coquille, loin de se rapprocher d'O. saccellus, s'en écarte au contraire par le rapetissement du talon, nous avons conclu qu'il s'agissait là d'une forme divergente présentant tous les caractères d'une espèce bien distincte et méritant par suite de recevoir un nom nouveau. Il semblerait donc qu'O. Duvergieri, le plus ancien représentant connu à'Ostreola, a donné naissance à deux phylums : l'un, par l'intermédiaire d'O. saccellus et 0. perrostrata, se relie à 0. cucullata; l'autre, par 0. sallo- macensis et 0. iindiilatior, aboutit à 0. Forskali. Loc. — Salles (Largileyre), types (PI. XIX, fig. 11-14), coll. Cossmann; coll Duvergier, Peyrot, etc.; Salles (le Minoy), coll. Cossmann. Salles- pisse (fig. 9-10), coll. Cossmann. — Helvétieii. GRYPH^.A Lamk., 1801. Valves d'inégale longueur, la gauche fixée plus ou moins longtemps et souvent libre à l'état adulte, marquée à l'exté- rieur par des plis rayonnants et assez grossiers qui produisent des festons sur la commissure des valves; la valve supérieure plus plate possède aussi des plissements obsolètes et peu proé- minents. Talon ligamentaire de la valve inférieure se déve- loppant avec l'âge, terminé en avant par un crochet incurvé — 189 — et peu dévié. Impression musculaire plus haute que large, médiocrement excentrée, située à peu près au milieu de la distance entre le bord inférieur de l'aire ligamentaire et le bord palléal. (G. -T. : G. angulata Lamk. Viv.) « C'est par suite d'une interprétation erronée que le terme Gryphœa, primitivement appliqué à l'huître de Portugal » a été étendu aux fossiles jurassiques tels que Ostrea arcuata : Torigine de l'erreur provient de ce que G. angulata a le crochet incurvé dans le jeune âge, et la valve supé- rieure plate ; ce sont également les caractères du fossile liasique, mais ce dernier n'a pas de plis et ses deux valves sont lisses. Fischer a rectifié l'erreur en proposant le nom Llogryphxa pour l'espèce du Lias qui se poursuit jusque dans le Jurassique supérieur. M. H. Douvillé a repris celte dénomination, seulement il a rattaché Liognjphsea à Liostrea, c'est-à-dire au phylum à'Ostrekîse lisses, ou plus exactement non plissées, et il a en outre insisté sur ce fait que Liogryphœa n'a presf|ue plus de surface d'adhé- rence, la coquille ayant vécu en reposant simplement sur les fonds vaseux. Tel n'est pas le cas des véritables Gryphœa qui sont d'origine toute récente et qui n'ont été précédées, dans le Tertiaire, que par le Sous-Genre ci- après. Crassostrea Sacco, 1897. — « Coquille très épaisse, très allongée; valves non plissées extérieurement, seulement ornée de stries lamelleuses, qui sont légèrement crénelées par des radiations; région umbono-cardinale très allongée; aire liga- mentaire fortement striée en travers; fossette ligamentaire très profonde sur la valve gauche, à laquelle correspond — sur la valve droite — une aire convexe ; impressions muscu- laires superficielles, » semi-lunaires, palmulées, transverses, la pointe orientée vers le haut et vers le bord des valves, très excentrées par conséquent et situées à peu près au milieu de la hauteur. (G. -T. : 0. virginiana Gmelin, Yiv.) Ce qui caractérise Crassostrea, relativement à Gryphsea s. str , c'est moins la taille et l'épaisseur des valves, que la forme tout à fait différente de l'impression musculaire, comme on peut s'en rendre compte par la lecture comparative des diagnoses ci-dessus; et que Temboitement des aires ligamentaires sur les deux valves, la saillie que forme celle de la valve supérieure est un caractère tout à fait exceptionnel chez les Ostreidse. Ajoutons encore cjne l'ornementation persiste beaucoup moins que chez Gryphœa s. str. et qu'elle se rattache plus à Ostrea qu'à Alectryonia, tandis — 190 — que c'est le contraire chez Gryphsea qui a une sorte d'ornementation sur la valve supérieure. Enfin, sur les valves gérontiques et usées de Cras- sostrea, on ne distingue plus la pointe recourbée du crochet qui persiste encore chez l'adulte de Gryphsea angulata. Crassostrea s'écarte absolu- ment à'Ostreola — qui a aussi l'aire ligamentaire très développée — par la saillie que fait celle de la valve supérieure et par la position moins élevée de l'impression de l'adducteur. Ce Sous-Genre a pris une grande extension pendant toute la période néogénique. 535. Gryphaea (Crassostrea) aginensis Tournouër., PL XXI, %. 5-8. 1855. 0. crassissima Raulin et Delbos. Mon. Ostrea Aquit., p. 14, no 13 {non Lamk.). 1873. 0. gingensis Benoist. Cat. Saucats, p. 73, n" 209 {non Schl.). 1880. 0. aginensis Tournouër. Bull. Soc. Géol. Fr. (3), t. VIII, p. 294. 1909. — DoUfus. Essai et. Aquit., p. 26, no 149. Test très épais et feuilleté. Taille très grande; forme étroite, allongée, un peu atténuée au sommet qui est parfois aigu, ovale sur le contour palléal, comprimée sur les contours latéraux. Valve inférieure plus longue que l'autre à cause du prolon- gement du talon ligamentaire qui se termine par un crochet aigu, un peu dévié — sauf de rares exceptions — vers le côté postérieur; fossette du ligament large et profonde, encadrée de deux bourrelets arrondis et plus étroits. Surface dorsale lamelleuse et irrégulièrement ondulée par des côtes obsolètes qui tendent à s'effacer vers les bords qui ne sont pas laciniés. Valve supérieure relativement plus mince que l'autre, à talon ligamentaire plus restreint, mais néanmoins beaucoup plus allongé que chez la plupart des formes (Ï0strea\ la région centrale de ce talon forme, par suite, une large saillie qui s'emboîte dans la fossette opposée. Impression musculaire en tête de massue ou de palmule, la pointe orientée vers le haut; elle est très excentrée du côté postérieur, et située à peu près au milieu de la hauteur. — 191 — DiM. Hauteur : 180 mill.; largeur : 60 mill.; épaisseur d'une valve : 35 mill. R. D. — Les grandes huîtres du Miocène se confondent aisément ensemble, il n'est pas facile d'en tracer les limites d'une manière très certaine, car l'on passe graduellement d'une mutation à l'autre; il parait cependant bien établi que la forme caractéristique de l'Aquitanien et du Burdigalien — c'est-à-dire de l'ensemble du Miocène inférieur — est caractérisée par son talon ligamentaire moins développé que celui d'O. lon- girostris qui l'a précédée dans l'Oligocène, et que chez 0. gingensis qui l'a suivie dans le Miocène moyen, tandis que chez 0. crasi,issima — qui vient encore plus tard — ce talon atteint des dimensions encore plus anormales, près de la moitié de la hauteur sur l'individu figuré dans l'Atlas de Hœrnes. D'autre part, la forme de l'impiession musculaire est beaucoup plus pointue à son extrémité antérieure, son inclinaison est plus oblique, et elle est située un peu plus haut que chez 0. gingensis. Ces critériums différentiels résultent de la comparaison d'individus bien typiques, provenant de localités dont le niveau stratigraphique est irrécusable : il faut éliminer tous les individus douteux ou mal conservés et surtout les spécimens valves dont on ne peut étudier les caractères internes. Or, c'est malheureusement le plus grand nombre de ceux qu'on rencontre dans la plupart des collections. Loc. — Saint-Côme, types figurés pour la première fois (PI. XXI, fig. 5-8), coll. de Sacy. Bazas, toutes les coll.; Pessac (Lorient), coll. de Sacy. Saucats (Lariey), fuie Benoist. Mérignac (Baour), coll. Duvergier. — Aquitaiiieii. Pont-Pourquey, toutes les coll. Cestas, coll. Cossmann. — Bnrdî- galieo, 536. Gryphaea [Crassostrea) gingensis [Scliloth.]. PI. XXI, %. 16-18. 1813. 0. gingensis Schl. in Leonh., t. Vil, p. 72. 1830. 0. gryphoides Zieten. Verst. Wurt., p. 64, pi. XLVIII, fig. 2 {non Schl.). 1834. 0. crispata Goldf. Petref. Germ., t. II, p. 15, pi. LXXVIl, fig. 1. 1837. 0. virginica Dujard., Mém. Tour., p. 61 {non Lamk.). 1855. 0. crispata Raulin et Delbos. Mon. Ostrea Aquit., p. 14, n» 14. 1870. 0. gingensis Hœrnes. Tert. Beck. Wien, t. II, p. 452, pi. LXXVI à LXXX. 1899. — Newton. Mioc. shcUs from Egypt {Geol. Mag.), p. 204. — 192 — 1901. — Dollf. Dautz. Nouv. liste Péléc, p. 50, n» 183. 1910. — Schaffer. Mioc. Eggenburg, p. 15, pi. IX et V. Test 1res épais. Taille très grande; forme piroïde, atténuée et pointue en avant, toujours élargie en arrière, dissymétrique, le côté postérieur étant un peu plus développé et prolongé que l'autre. Valve inférieure assez profonde, se terminant en avant par un talon ligamentaire plus ou moins long (le plésiotype figuré est exceptionnel à ce point de vue), mais atteignant rarement le tiers de la hauteur, et dévié à son extrémité aiguë; quoique la déviation paraisse orientée vers le côté antérieur, la pointe du crochet finit toujours par être opisthogyre; fossette liga- mentaire extrêmement creuse et large, encadrée de deux étroits bourrelets arrondis; le contour inférieur est à peu près rectiligne, sans échancrures ni saillie sur la cavité iimbo- nale; stries d'accroissement très marquées transversalement sur tout le talon. Surface externe lamelleuse et crépue, sans que les côtes soient nettement rayonnée; cette ornementation persiste jusque vers les bords qui cependant ne sont ni laciniés ni festonnés. Valve supérieure aplatie, quoique assez épaisse aussi ; talon ligamentaire moins développé que sur l'autre valve, avec la partie centrale en saillie assez proéminente et longitudina- lement striée entre les accroissements. Surface externe irré- gulièrement lamelleuse. Impression musculaire grande, située assez bas, semilunaire et transverse, fortement ridée par les accroissements. DiM. Hauteur : 140 milL; largeur : 90 mill.; épaisseur de la valve inférieure : 32 mill. R. D. — Ce que nous avons dit à propos d'O. aginensis nous dispense d'insister sur la comparaison d'O. gingensis avec les formes ancestrales. C'est une espèce l)ien définie si on en observe avec soin les caractères internes; en outre, clic est généralement élargie vers le bas et son orne- mentation crépue persiste bien davantage que chez 0. crassissima qui ne possède d'ondulations rayonnantes que dans le voisinage du crochet. Quand le talon ligamentaire s'allonge exceptionnellement, il n'atteint — 193 — jamais une hauteur comparable à celle qu'on constate chez les spécimens bien adultes d'O. crassissima. C'est bien 0. gingensis qu'on trouve en Touraine, comme dans le Bassin de Vienne; quant à 0. crassissima, nous n'en avons aperçu aucune trace dans les couches les plus élevées du Sud-Ouest. Au contraire, il semble que dans le Piémont, il n'y ait qu'O. crassissima qui est représentée par une variété compressula Sacco, particulièrement étroite. Loc. — Gabarret, plésiotypes (PI. XXI, fig. 16-18), coll. Duvergier; Manciet, toutes les coll. Salles, coll. Duvergier, — Helvëtien. ALECTRYONIA Fischer, Von Waldh., 1807 (1). (— Lopha Bolten in Mœsch, 1852; = Rastellum Lister, \Ç)ïd>,prxlinn; = Dendostrea Swainson, 1840). S. stricto. — Test épais. Taille parfois très grande; forme arrondie ou ovale-allongée, souvent symétrique, équivalve ; surface plissée sur les deux valves; bords emboîtés, la com- missure étant fortement laciniée sur les deux valves. Valve inférieure à peu près égale à l'autre, sauf que le talon liga- mentaire y est un peu plus développé; surface d'adhérence voisine du sommet, la fixation se fait parfois par des prolon- gements irréguliers des côtes anguleuses, qui sont quelquefois armées de tubulures très saillantes vers les bords, et qui rayonnent en partant du crochet, puis en se subdivisant iné- galement. Impression musculaire excentrée, mais écartée du bord, transverse, à contour inférieur souvent saillant, située vers le milieu de la distance entre le crochet et le bord pal- léal. (G. -T. : Mytilus cristagalli Chemnitz, Viv.) Ce Genre se distingue essentiellement à'Ostrea par l'égalité presque complète des deux valves qui sont également plissées; il est aussi ancien que Liostrea [0. marcignyana Martin, de l'étage Rhétien), mais il a per- sisté beaucoup plus tard, jusque dans les mers actuelles. Le choix de la dénomination à adopter pour cristagalli a été très contesté ; cette espèce est désignée sous le nom Lopha, dès 1798, dans le Mus. Boltenianum de Bolten; mais, comme les noms génériques de Bolten (1) Chenu indique la dale 1825, celle de 1807 est * in Muséum DemidofT » [fide Dollfus). Tome LXVIIL 13 — 194 — n'ont de valeur qu'à la date où ils ont été régulièrement publiés par des conchyliologistes, ce n'est qu'en 1852 {in Mœsch) qu'il a acquis la légiti- mation nécessaire. Or, dès 1807, Fischer von Waldheim créait — pour le même génotype — le nom Alectryonia et il en fixait le sens, en 1835 {Bull. Mosc, t. VIII); la même année, Férussac l'employait dans le Bull. ZooL, p. 59; enfin, Herrmannsen l'a catalogué dans son supplément de 1852. Il résulte de là que Alectryonia doit être préféré à Lopha, ainsi qu'à Den- drostrea Swains., qui sont rigoureusement synonymes et postérieurs. Nous le trouvons représenté à la base du Miocène de l'Aquitaine. Sect. Arctostrea Pervinquière, 1910. — Forme arquée et étroitement allongée; surface d'adhérence excentrée sur la région anale, au-dessous du crochet; côtes ramifiées sur une arête dorsale, comme chez Cubitostrea] commissure des valves très fortement engrenée. (G. -T. : Ostrea carinata Lamk. Gén.) Bayle ayant repris le nom Lopha pour les formes pseudoéquilatérales, et ayant appliqué à tort Alectryonia au Groupe d"0. carinata, la rectification a été faite par M. Pervinquière dans la séance de la Société géologique de France, du 20 juin 1910. M. H. Douvillé a fait observer que cette forme d'Huître dérive à.' Alec- tryonia (ou Lopha) par une modification analogue à celle qui a donné nais- sance aux Exogyres sur le phylum Liostrea; nous ajouterons qu'il en est de même pour Cubitostrea relativement à Ostrea : le point de fixation se déplace du côté postérieur qui se développe moins que le côté antérieur, et par suite, la coquille prend une forme arquée, tandis que les côtes — au lieu de rayonner en bifurquant — se détachent d'une arête incurvée et médiane. On distingue d'ailleurs Arctostrea de Cubitostrea par sa valve supérieure plissée et non lamelleuse. Nous pensons que cette modification ne justifie — pour Arctostrea comme pour Cubitostrea — que la création d'une Section, attendu que le crochet reste indépendant et n'est pas exogyriforme. 537. Alectryonia aquitanica [Mayer]. PL XIX, fig. 5-7; et PL XXII, fig. 24. 1855. 0. undata Raulin et Delbos. Mon. Ostrea Aquit. {non Lamk.). 1858. 0. aquitanica Mayer. Journ. Conch., p. 190. 1873. -r- Benoist. Cat. Saucats (réunie à 0. cyathula). 1909. — DoUfus. Essai et. Aquit., pp. 2G et 46, n" 148. — 195 — Test épais. Taille grande ; forme assez régulièrement ovale en hauteur, presque équivalve et équilatérale ; surface externe des deux valves ornée d'environ quatorze grosses côtes éle- vées, arrondies, plus étroites que les intervalles qui les sépa- rent, sur lesquelles les arrêts de l'accroissements forment des nodosités rugueuses. Valve inférieure avec une surface d'adhérence très voisine du crochet triangulaire et pointu qui se réfléchit en dehors dans un plan presque horizontal; aire ligamentaire scalène et déviée vers le côté anal, divisée en trois régions; la médiane, large et profonde, est encadrée par deux bourrelets saillants, plus étroits; l'ensemble est plissé par les accroissements. Valve supérieure à bords réfléchis et grossièrement laciniés; vers le crochet, il existe de fines crénelures plissées qui engrè- nent avec de petites fossettes rarement visibles sur l'autre valve; aire ligamentaire plus large que haute, obliquement triangulaire; la dépression médiane y est à peine plus large et plus creuse que les plateformes latérales qui sont limitées par de faibles saillies. Surface interne grise, avec une chambre d'habitation rela- tivement restreinte; impression du muscle ovale, un peu oblique, située à la moitié de la hauteur, peu excentrée et par suite assez écartée du bord. DiM, Hauteur : 100 mill.; largeur : 70 mill.; épaisseur des deux valves réunies : 44. mill. R. D. — Cette espèce n'a que de lointains rapports avec 0. undata Lamk., avec laquelle elle a été confondue jusqu'à ce que Mayer l'ait séparée, sans le figurer toutefois, de sorte que nous la reproduisons ici pour la première fois. Il est inconcevable que Benoist l'ait citée en syno- nymie d'O. cyathula; car, elle se distingue de la plupart des autres Ostreidœ du Sud-Ouest par la présence de plis sur les deux valves, ce qui la place dans un genre tout différent. Elle contribue à former dans le Miocène inférieur la suite du phylum Alectryonia, si développé dans les terrains secondaires et devenu très rare dans le Tertiaire. Dans la Monographie de Tertiaire du Piémont, M. Sacco a décrit et figuré une petite espèce de l'Helvétien {A. tauroparva) qui n'a que neuf côtes rayonnantes : il est possible que ce ne soit qu'un jeune spécimen de — 106 — l'une des nombreuses variétés à'A. plicatiila Gmelin, notamment la muta- tion germanitula de Greg. qui est très variable (fig. 14-17, pi. V, in Sacco) ; les variétés dertocrassa, crassopUcafa, dertonensis Sacco, ont moins de côtes, plus épaisses, qu'A, aquitanica; toutes ces formes sont plus arrondies et se rapprochent plutôt d'O. cristagalli ; elles ont généralement le crochet moins rejeté en dehors; l'aire ligamentaire est moins large, et l'impres- sion de l'adducteur est plus transverse que chez A. aquitanica. Loc. — Villandraut (Gamachot), néotypes (PI. XIX, fig. 5-7, et PI. XXII, fig. 24), coll. de Sacy; toutes les coll. Saint-Avit, coll. Degrange-Touzin. Sainte-Croix-du-Mont, coll. Cossmann (envoi de teu Benoist sous le nom Doublieri Math). Léognan (le Thil), jeunes spécimens, coll. de Sacy. Mar- tillac (Breyra), Saint-Morillon (Le Planta), La Brède (La Salle, tranchée du chemin de fer), Saucats (Lariey), Uzeste, La Saubotte, Bazas (La Flotte, côte Saint-Vivien), Savignac, coll. Degrange-Touzin. — Aqnitaiiîeii. EXOGYRA Say, 1819. Valves très inégales, variables, lisses ou finement radiées; valve inférieure profonde, quelquefois costulée ou même épi- neuse; valve supérieure plate, operculiforme; crochets des deux valves enroulés, opisthogyres, sans aucune saillie ; aire ligamentaire en spirale; impression musculaire allongée, marginale. (G. -T. : E. costata Say, Crét. sup.) Nous admettons Exogyra comme un Genre bien distinct, à cause de la disposition des crochets qui s'enroulent dans le même plan sur les deux valves, au lieu de rester indépendants comme chez Ciibitostrea et Arctos- trea : il en résulte une modification très importante de la surface liga- mentaire qui s'atrophie même presque complètement sur la valve supé- rieure. D'après M. H. Douvillé, ce Genre prend naissance dans le Callovien, se rattachant alors aux Liogryphsea par ses valves lisses; il prend un développement considérable dans le Crétacé, où un petit groupe est remarquablement orbiculaire (0. columba), d'autres costellées (0. flabella) ou épineuses (0. spinosa). Dans presque tous les gisements, les Exogyres sont associées d'abord aux Liogryphsea, puis aux Pycnodonta. Aucune Exo- gyre vraie n'avait encore été signalée dans le Tertiaire supérieur; nous en décrivons une du Miocène de l'Aquitaine. — 197 — 538. Exogyra Ricardi (1) Benoist in sch. PL XX, %. 29-36. Test mince et fragile. Taille petite; forme oblongue, peu régulière, à crochets fortement enroulés du côté anal. Valve inférieure très profonde, capsuloïde, gibbeuse ou anguleuse sur la surface dorsale qui est ainsi partagée en deux régions inégales, l'antérieure à peu près lisse et un peu plus large, la postérieure presque entièrement absorbée par l'adhérence et laissant seulement apercevoir vers les bords quelques lamelles irrégulières. Aire ligamentaire peu visible, marquée par l'enroulement du crochet qui se déplace pro- gressivement comme chez les Chames, réduite à une large dépression encadrée de deux arêtes obsolètes. Valve inférieure beaucoup plus petite, plate comme le cou- vercle d'une boîte, extérieurement ornée de lamelles courtes et écartées; crochet déprimé et gyratoire ; aire ligamentaire quasi-nulle ; bords non crénelés. Surface interne noirâtre et terne; impression musculaire petite, ornée, verticale, très excentrée. DiM. Hauteur, 18 mill.; largeur : 10 mill. ; épaisseur de la valve inférieure : 8 mill. R. D. — Benoist avait séparé — dans sa collection et dans celles d'au- tres collectionneurs — cette intéressante coquille qui, par sa surface lisse et ses crochets très enroulés, appartient indubitablement au Genre Exo- gyra. M. Sacco a décrit deux espèces voisines de celle-ci dans le Ligurien (E. eoparvula) et dans l'Helvétien du Piémont (E. miotaurinemis) ; cpioique les pbototypies soient peu nettes, il nous semble que l'espèce helvétienne a une impression plus grande que celle d'E. Ricardi qui parait aussi avoir ses crochets plus fortement enroulés encore que chez les Exogyres ita- liennes. Les deux espèces bartoniennes (0. cymbula, 0. Defrancei Desh.) sont plus larges, non anguleuses et se rapprochent plus des Pycnodonta; mais l'espèce thanétienne (0. eversa Mell.) ressemble davantage à notre 0. Ricardi. Loc. — Saucats (Peloua), cotypes (PI. XX, fig. 29-36), coll. Degrange- (1) Dédiée à M. Ricard, propriélaire du gisement de Peloua. — 198 — Touzin; coll. de Sacy, commune. Dax (Mandillot), coll. Degrange-Touzin ; (Maïnot), coll. Cossmann. Mérignac (le Pontic), Léognan (le Thil supr), coll. Cossmann. — Burdigalien infër. Peyrehorade (Peyrère), commune, coll. Raulin. — Helvétîen? LIOSTREA H. Douvillé, 1904 (i). Valves presque égales, lamelleuses, non costulées, parfois finement ornées de stries rayonnantes; forme très variable selon l'habitat. (G. -T. : 0. suhlamellosa Dunker, Rhét.) Ce Genre — aussi ancien qu'A/ec^ryonta — s'en distinguo parce que la surface des deux valves n'est jamais costulée, simplement ornée de lamelles d'accroissement. D'après M. Douvillé, « quand les dépôts deviennent plus profonds et qu'ils sont constitués par des vases fines, la coquille manque de point d'appui solide; elle trouve encore quelque petit débris pour se fixer dans le très jeune âge, mais elle devient bientôt plus lourde que son support, elle se déracine et continue à se développer simplement couchée sur le fond. Les coquilles qui vivent dans ces conditions prennent une forme particulière, la valve inférieure se creusant tandis que la valve supérieure s'aplatit ». C'est à ces Huîtres lisses que Fischer (1886) a donné le nom Liogry- phaea que nous admettons comme un Genre bien distinct, non seulement à cause de l'inégalité des valves, mais encore à cause des modifications profondes qui en résultent dans la disposition de l'aire ligamentaire et de l'impression musculaire. Le crochet de la valve inférieure est profon- dément recourbé chez Liostrea; il est beaucoup plus obtus dans la Section Pycnodonta Fisch. v. Waldheim qui lui succède dans le Crétacé et qui persiste même dans le Pliocène et dans la Méditerranée (0. cochlear Poli). Nous n'avons dans le Miocène de l'Aquitaine, ni véritable Liostrea, ni Liogryphsea, ni même Pycnodonta; la seule forme qui puisse y être rat- tachée, par ses valves également lisses, est équivalve et comme elle ne présente pas exactement les caractères de Liostrea éteint dans le Crétacé, ou au plus tard, dans l'Eocène, nous avons fondé pour cette espèce la Section suivante. Ostreinella Cossmann, 1912. — Valves également con- vexes, lisses; crochets petits, pointus, latéralement déviés (1) Mis.sion de Morgan on Perse, paléonlologie, p. 273. (G. -T. : 0. laniellosa, lapsus calami bienlôl corrigé in B. S. G. F. (4), t. IV, p. 54G, juin 1904.) — 199 — vers le côté postérieur; aire ligamentaire petite, bien divisée; impression musculaire très excentrée. (G. -T. : 0. neglecta Michti. Mioc.) Il n'est pas possible d'admettre que le fossile pour lequel nous propo- sons cette nouvelle Section soit le jeune âge d'un Rycnodonte, attendu que les valves n'ont pas l'inégalité qui caractérise Liogryphsea et son descendant Pycnodonta. Novis nous trouvons en présence d'une forme abondante, restant toujours petite et mince, et se distinguant d'ailleurs de son ancêtre Liostrea par la surface lisse et non lamelleuse du test des deux valves, ainsi que par son aire ligamentaire et par son impression musculaire. Il est même probable quOstreinella a dû vivre dans l'Oligo- cène et dans lEocène, mais qu'on Ta confondue avec le jeune âge d'es- pèces appartenant à d'autres groupes. 539. Liostrea {Ostreinella) neglecta [Miclielotti]. PL XX, fig. 16-19. 1847. Ostrea neglecta Michti. Desc. foss. Mioc, p. 81, pi. III, iig. 6. 1852. _ d'Orb. Prod., t. III, p. 132, 26e et., no 2507. 1855. — Raulin et Delbos. Mon. Ostrea Aquit., p. 12, n» 7. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 73, no 208. 1897. — SacGO.IMoll. terz. Piem.,part. XXIII,p. 10, pi. III, fig 1-20. Test mince, pellucide, fragile. Taille très petite; forme à'Anomia, ovale, oblique et toujours prolongée du côté posté- rieur; valves presque également convexes. Valve inférieure généralement adhérente à des corps oblongs, sur la plus grande partie de sa longueur; crochet petit, pointu, latéralement dévié du côté postérieur, mais à distance du bord cardinal, et non appliqué comme chez Exogyra\ talon liga- mentaire peu développé, avec une fossette centrale et peu profonde, scalène, plus large que les banquettes latérales qui l'encadrent. Surface entièrement lisse. Valve supérieure assez convexe, obliquement arrondie et inéquilatérale; crochet pycnodonte, quoique un peu dévié du côté postérieur, au sommet d'une étroite aire ligamentaire. Surface lisse, rarement plissée par les accroissements. — 200 — Impression musculaire petite, ovale- transverse, très excen- trée, située à la moitié de la distance entre le crochet et le bord palléal. DiM. Hauteur : 14 mill. ; largeur : 12,5 mill. R, D. — Les spécimens du Burdigalien sont identiques aux nombreuses figures que M. Sacco a publiées dans sa Monographie et qui représentent les individus typiques de CoUi Torinesi; les vues internes sont malheu- reusement mal éclairées en phototypie, de sorte qu'on ne peut y distin- guer ni le talon ligamentaire ni l'impression musculaire. M. Sacco a séparé deux variétés {rugosella, caudatellata), qui ne se différencient du type que par les lamelles de la surface de la valve supérieure, ou par le prolongement anormal de l'extrémité postérieure; nous n'avons pas vu de spécimens burdigaliens qui puissent y être rapportés. Ainsi que l'a fait remarquer M. Sacco, la valve supérieure porte souvent en relief l'impression du corps auquel s'attache la valve inférieure, elle même déformée à l'intérieur par une saillie correspondante : ce fait — fréquent chez Anomia — est la conséquence de la minceur du test. Loc. — Saucats (Pont-Fourquey), plésiotypes (PI. XX, fig. 16-19), coll. Cossmann; Cestas, toutes les collections. Mérignac (Pontlc), coll. Peyrot; Saucats (Gieux, Eglise, Lagus), etc. Commune quand on se donne la peine de la recueillir (neglecta comme a écrit avec raison Michelotti). — Biir- digalien. Orthez, Sallespisse, coll. Degrange-Touzin. — Hel^éticn. ANOMIWM Gray, 1840. Coquille non auriculée, inéquivalve, fixée — à l'état jeune ou à l'âge adulte — par un byssus ordinairement calcifié et traver- sant la valve droite; ligament élastique interne; pas de dents cardinales; impression palléale simple peu visible; test lamel- leux; face intérieure des valves souvent nacrée. Des cinq ou six Genres que Fischer a classés dans cette Famille, nous n'avons à nous occuper ici que à' Anomia; les autres (Placimanomia, Carolia, Placuna, Semiplicatula, Saintia, etc.) ne sont pas représentés dans le Sud- Ouest. ANOMIA [Linné, 1767] 0. F. Millier, 1776. Coquille irrégulière, quoique généralement orbiculaire, pre- nant l'apparence des corps sur lesquels elle s'attache; test — 201 — mince, translucide, légèrement nacré à l'intérieur; valves inégales. Valve inférieure ou valve gauche ordinairement plus con- vexe que l'autre, tantôt profonde, tantôt discoïde; parfois cylindracée ou plutôt enroulée en cornet. Ornementation exté- rieure très variable : indépendamment des stries rayonnantes et quelquefois (( chagrinées » (apparence de la peau de cha- grin ou chevreau), la surface dorsale emprunte par mimé- tisme les ornements des corps — et surtout des coquilles — auxquels s'attache l'animal. Fossette ligamentaire interne et transverse , dans la cavité umbonale , tantôt superficielle , tantôt cupuliforme; il existe tout près d'elle une cicatrice musculaire pour le byssus, mais elle est peu visible, souvent atrophiée et ne peut fournir aucune indication utile. Disque central piriforme, circonscrit par une ligne, à surface terne ou blanchâtre contenant trois cicatrices : la supérieure grande, plus ou moins tangente au contour du disque, est l'attache du muscle supérieur du byssus; des deux autres situées en dessous, celle de droite (ou antérieure) est l'attache du muscle inférieur du byssus, celle de gauche (ou postérieure) est l'at- tache de l'adducteur des valves; la position et la grandeur relatives de ces trois cicatrices ainsi que leur écartement — dans le disque qui les enclôt — varient selon les espèces. Valve supérieure (ou droite) rarissime, aplatie, operculi- forme, munie à son bord supéro-antérieur d'un large sinus qui entoure la cheville du byssus calcifié, et dont les extré- mités ne se soudent pas complètement l'une à l'autre; l'extré- mité de droite ou postérieure porte le ligament; cette valve — n'étant pas intéressée à la manœuvre du byssus — ne contient que l'impression de l'adducteur des valves. (G. -T. : A. ephippium Linné, Viv.). La plupart des auteurs rapportent à Anomia, à titre de Sous-Genre, Monia Gray (1849), dont le génotype est A. patelliformts Lk. Mais Fischer l'a rapprochée au contraire de Placunanonia, parce que la valve gauche ne porte que deux impressions centrales : la supérieure rayonnée et pro- venant du muscle du byssus, Tinférieure étant celle de l'adducteur des — 202 — valves. Benoist a cité (Cat. Saucats, p. 75, no 216) A. striata Br. à la Cassagne; mais il est probable que c'est une erreur, ou qu'il aura con- fondu avec cette espèce des valves d'une véritable Anomie, car nous n'avons jamais vu jusqu'ici en Aquitaine la moindre valve de Monta avec deux cicatrices seulement au centre. Pour la distinction des espèces néogéniques, les auteurs — se fondant, sans exception, sur l'aspect extérieur des valves gauches — ont : les uns admis uniquement A. ephippium avec des variétés; les autres multiplié les espèces sans pouvoir leur assigner de limites certaines. Nous sommes convaincus qu'ils ont fait fausse route, en suivant d'ailleurs les errements de Brocchi, et que ce n'est pas dans l'ornementation ni dans la forme ou la taille de ces coquilles mimétiques, qu'il faut chercher les critériums permettant de distinguer les mutations stratigraphiques ou les races géo- graphiques qui doivent exister chez Anomia assi bien que chez Ostreal En effet, en examinant attentivement chez un grand nombre de spécimens les impressions ou cicatrices internes (ce qui n'est pas toujours loisible, car elles se décortiquent fréquemment par suite de la fossilisationj, nous avons pu constater que, non seulement la forme du disque blanc, mais surtout la disposition et la grandeur des cicatrices qu'il renferme varient extrêmement peu chez une même espèce; en nous aidant aussi de l'aire ligamentaire, et en faisant complètement abstraction de l'aspect de la surface externe, nous avons aussi à isoler trois ou quatre phylums, dont un seul correspondant réellement à A. ephippium typique; nous avons conclu qu'il fallait adopter une dénomination bien distincte pour chacun d'entre eux, et cette recherche a abouti à une classification des espèces à peu près satisfaisante au point de vue stratigraphique puisque la forme qui, par ses cicatrices, se rapproche le plus d'A. ephippium actuel ne commence à apparaître que dans l'Helvétien, tandis que celles qui l'ont précédée et qui semblent s'éteindre avant le Pliocène ont plus d'analogie avec les espèces éocéniques. Nous faisons, d'autre part, toutes réserves au sujet des formes ancestrales, dans les terrains secondaires, car il ne semble pas qu'on en ait encore étudié, de la même manière, les impres- sions internes. 540. Anomia burdigalensis Defrance. PL XXII, fig. 10-11 et 18-19. 1819. A. burdigalensis Defr. Dict se. nat., suppl., p. 66. 1838. — Grat. Cat. zool. Gir., p. 56. 1873. A. costata Benoist. Cat. Saucats, p. 75, n" 215 (non Brocchi). 1897. A. 7nigulasostriata Sacco. I Moll. terz. Piem., part. XXIII, p. 34, pi.. X, fig. 23 soto. — 203 — Test relativement épais. Taille parfois assez grande ; forme très irrégiilière et inéquilatérale, généralement prolongée en arrière par une saillie subrostrée. Valve inférieure ou gauche le plus souvent très profonde, quelquefois cylindriquement enroulée, à sommet obtus, mais opisthogyre, ornée de côtes assez saillantes et rugueuses, entre lesquelles il y a de fines costules rayonnantes. Surface ligamentaire étroite, assez étendue en longueur en forme de croissant, faisant une saillie blanchâtre au fond de la cavité umbonale. Disque central blanchâtre, triangulaire en hauteur et obliquement scalène vers l'arrière : cicatrice supérieure du byssus incomplètement tangente à ce triangle; cicatrice inférieure du byssus et impression de l'adducteur des valves plus écartées, en biais, presque égales et plus petites. Valve supérieure inconnue. DiM. Diam. a. -p. : 45 mill. ; diam. u.-p. : 42 mill. ; profondeur : 18 mill. FiG. 15. - Impr. muscul. d'^- nomia bur- digalensis Defr. R. D. — C'est surtout par la disposition des cicatrices internes et par la forme du disque qu'on distingue cette espèce d'A. ephippium Lin. et par conséquent d'A. costata qui n'en est qu'une variété pliocénique. Defrance a donc été bien inspiré en attribuant à ce fossile une dénomi- nation qui fixe bien sa provenance. D'autre part, dans l'interprétation que M. Sacco a donnée à A. rugulasostriata Brocchi {in Bronn, 1831), il a cer- tainement dû confondre avec la forme pliocénique — qui n'est elle-même qu'une variété d'A. ephippium — des individus qu'on devrait plutôt rap- porter à A. burdigalensis, ainsi qu'il résulte de l'exa- men de la figure (pi. X) qui représente un individu dont les cicatrices ont, exactement la disposition ci-dessus décrite. Au contraire, A. Hœrnesi Foresti (pi. X, fig. 38), se distingue non seulement d'A. ephippium, mais encore d'A. burdigalensis par la petitesse de ses cicatrices très écartées; il est probable que c'est une espèce bien difïé- F'G. 16.-Impr. rente. nomia Hœr- Loc. — Léognan (Coquillat), néotype (PI. XXII, fig. 18- nesîFor.(i;e- ^^\ ^011. Benoist; toutes les coll. Saucats (Lagus, product. in ' Sacco). Min de l'Eglise), toutes les coll. Saint-Médard-en-Jalle, — 204 — coll. Degrange-Touzin, Cossmann, rare. Ceslas (Min neuf), coll. de Sacy. — Xnrdigalieii. Villandraut (Gamachot), plésiotype (fig. 10-11), coll. Degrange-Touzin ; toutes les coll. Saint-Avit, souvent cylindracée, parfois au contraire plus aplatie, toutes les coll. Bazas (Marivot), coll. Degrange-Touzin. — Aquîtaiiieii. 541. Anomia œquiimppessa nov. sp. PI. XXII, fig. 20-21. Test mince. Taille peu grande en général; forme variable, quoique plutôt orbiculaire et équilatérale. Valve inférieure à peine convexe, très rare- ment cylindracée, lisse au sommet, très faible- ment ornée vers les bords. Aire ligamentaire étroite, peu allongée dans la cavité umbonale, creuse et transverse; sojumet formé d'un petit bouton obtus. Disque blanchâtre et piriforme, assez étroit; cicatrice de l'adducteur inférieur Fig. 17. — Impr muscul.d'^?io rnia œquiim muscui.d'^?io- (j^^ byssus et impression de l'adducteur des val- pressa Gossm. yes petites, égales, presque continues, sur la et Peyr. . . . même ligne au-dessous de la cicatrice supé- rieure qui est rectangulaire et à peu près tangente aux con- tours du disque. Valve supérieure inconnue. Ddi. Diam. : 36 mill. R. D. — A côté d'A. biirdigalensis, le plus souvent dans les mêmes gisements, on trouve une autre forme d'Anomia, plus plate, moins irrégu- lière, presque lisse, et surtout distincte par ses impressions internes qui sont beaucoup plus rapprochées, les deux petites presque en ligne hori- zontale, au lieu d'être espacées en biais, comme cela a lieu chez l'autre espèce. Nous pensons que c'est une espèce bien distincte qui ne peut se confondre avec aucune des variétés néogéniques à'A. ephippium chez lesquelles les deux cicatrices inférieures sont plus grandes et moins hori- zontalement alignées Nous n'insistons guère sur la forme aplatie et orbi- culaire, ni sur l'absence presque complète d'ornementation d'A. œquiim- pressa, critériums empiriijucs qui prouveraient simplement (jue la coquille a vécu dans des conditions où elle n'a pas subi de déformations ni obéi au mimétisme habituel des Anomia. — 205 — Chez A. planulata Desh., du Lutétien des environs de Paris, il y a une moindre différence de grandeur entre la cicatrice supérieure et les deux inférieures qui sont aussi alignées horizontalement; à part ce critérium — d'ailleurs suffisant pour distinguer l'espèce miocénique de celle de l'Eocène — la forme aplatie et la surface lisse se ressemblent beaucoup; tandis qu'A, tenidstriata Desh. est caractérisée par ses fines stries rayon- nantes qui ne peuvent être attribuées au mimétisme et qui font défaut sur la surface externe d'A. cequiimpressa. Loc. — Mérignac (le Pontic), type (PI. XXII, fig. 20-21), coll. de Sacy; coll. Cossmann. Villandraut (Gamachot), Léognan (le Thil), Noës, coll. de Sacy. Saint-Médard-en-Jalle, coll. Cossmann. Cestas (Mi" neuf), coll. de Sacy. — Aquîtaiiîeii et Burdigalîeii. 542. Anomia cf. helvetica Mayer. PL XXI, fig. 12-13; et PI. XXII, fi^. 22-23. 1889. A. helvetica Mayer. Joiirn. Conch , t. XXXVII, p. 59, pi. III, fig, 5. 1897. A. ephippium var. helvetica Sacco. L c, p. 37, pi. X, fig. 39. Test relativement peu épais. Taille très grande; forme orbi- ciilaire et peu convexe, à peu près équilatérale. Valve inférieure arrondie, vaguement ornée de costules rayonnantes qui s'effacent souvent et qui sont entremêlées de rides ou de ponctuations « chagrinées )). Aire ligamentaire très allongée transversalement, rectiligne sur son contour inférieur, nichée dans la faible cavité umbonale. Disque blanc trapézoïdal en hauteur, s'élargissant de la base vers l'extrémité anale; cicatrice supérieure du byssus subreclangulaire, non tangente au con- tour du disque; les deux cicatrices inférieures sont relativement grandes, semi-elliptiques, presque en contact par leur diamètre rectiligne et orientées un peu en biais par rapport à la Fig. 18. — impr. , . , . muscuI.d'/l«o- cicatrice supérieure. mia helvetica Valve droite ou supérieure largement échan- '^i^'- crée en avant, près du sommet, avec une saillie buccale assez écartée, et par conséquent ne paraissant pas près de se ratta- cher au sommet dans son dernier stade de développement. — 206 — Surface externe vaguement rayonnée, surtout « chagrinée ». DiM. Diam. : 60 mill. R. D. — Ce n'est pas seulement par sa taille et son ornementation que cette coquille discoïde se distingue de ses congénères du Sud-Ouest, mais surtout par ses impressions internes : son disque trapézoïdal ne ressemble guère à celui d'A. ephippiiim, et la différence de grandeur entre les cica- trices inférieures est beaucoup moins forte que chez l'espèce actuelle de la Méditerranée; d'autre part ces cicatrices inférieures sont moins en biais, moins écartées et plus grandes que celle d'A. sequiimpre&sa. 11 est malheureusement regrettable que nous n'ayons pu les étudier que sur un seul spécimen, tous les autres — y compris la valve supérieure — ont subi une desquamation interne, précisément à l'emplacement indiqué; d'autre part les figures précédemment publiées ne montrent que l'exté- rieur des valves. 11 reste donc encore quelque doute sur l'assimilation des échantillons du Sud-Ouest avec ceux du Piémont. LiOC. — Saucats (Peloua), les deux valves opposées (PI. XXI, fig. 12-13; et PI. XXII, fig. 22-23), coll. Degrange-Touzin. Caupian, Léognan (mo- lasse inférieure au falun), même coll. — Bnrdigalien. 543. Anomia cf. pseudopecten Sacco. PI. XXII, fig. S-6. 1897. A. ephippium var. pseudopecten Sacco. L. c, p. 38, pi. XI, fig. 2-3. Obs. — Nous sommes convaincus que l'échantillon de Caupian dont il s'agit ici n'est qu'une variété d'A. helvetica, qui a subi un cas de mimé- time sur un Pecten à larges côtes, de sorte que l'aspect extérieur est com- plètement celui d'A. pseudopecten. Mais nous ne pouvons avoir une certi- tude complète à ce sujet, car les deux individus du Sud-Ouest — que nous avons pu étudier et qui sont dans ce cas — sont privés des impressions internes; comme d'autre part, les deux vues, publiées par M. Sacco pour les spécimens du Pliocène, ne sont photographiées que du côté de la sur- face dorsale, nous sommes obligés de faire tontes réserves au sujet de cette détermination, jusqu'à ce que la récolte d'individus intacts permette de vérifier qu'il s'agit bien d'A. helvetica. Loc. — Caupian (molasse inférieure au falun), une valve inférieure (PI. XXI, fig. 5-6), coll. Degrange-Touzin. - Bnrdigalien. Escalans, même collection. — Ilelvétien. — 207 ~ 541. Anomia ephippium Linné. var. rugulosostriata Brocchi. PL XXII, %. 16-17. 1814. A. ephippium var. Brocchi. Concli. subap., t. II, p. 460. 1831. — var. rugulosostriata Bronn. ItaL tert. geb., 124. 1870. A. costataUœvn. Test. Beck. Wien, p. 462, ng. 5-7 {solœ). 1881. A. ephippium Fontannes. Plioc. Rhône, t. II, p. 217, pi. XIV, fig. 11-14. 1897. — var. rugulostriata Sacco . L. c, part. XXIII, p. 34, pi. X, fig. 18-22(80/»). 1910. — — Schaffer. Mioc. Eggenb.,p. 23, pL XII, fig. 5-7. Test peu épais. Taille assez grande; forme très variable, tantôt orbiculaire et peu convexe, tantôt profonde et prolongée en arrière. Valve gauche, seule connue, ornée extérieurement de côtes rayonnantes et rugueuses, entre lesquelles il y a de nom- breuses stries « chagrinées ». Aire ligamentaire transverse, relativement courte, faisant une petite saillie blanchâtre au fond de la cavité umbonale. Dis- que central assez étendu, piriforme et oblique ; cicatrice supérieure grande et arrondie, presque tangente au contour du disque ; les deux cica- trices inférieures sont égales, côte à côte, et moitié moins grandes seulement que la cicatrice ^'mus^cuTd'!4no- supérieure; elles sont très éloiernées des contours T" ^'^^o^ioso- *■ ' o striata Brocc. du disque et séparées entre elles par un isthme très étroit en forme à'x. Aire ligamentaire étroite, mais lon- guement développée sur le bord supérieur. DiM. Diam. 45 mill. ; spécimens gibbeux : 35 sur 31 mill. R. D. — Nos échantillons helvétiens sont à peu près identiques à ceux de CoUi-Torinesi, dans le Piémont (coll. Cossmann), non seulement par leur galbe, mais surtout par leurs impressions internes qui diffèrent un peu de celles d'A. ephippium L., de la Méditerranée; chez ce dernier en effet, les cicatrices inférieures sont plus petites par rapport à la cicatrice supérieure, et en outre, elles sont séparées par un isthme rectiligne. — 208 — A. rugulosostriata — de même qu'A, ephippium d'ail- leurs — diffère d'A. burdigalensis par ses cicatrices infé- rieures plus grandes, plus alignées côte à côte et non disposées en biais, par sa cicatrice supérieure tangente au contour du disque. Si on les compare à A. helvetica, on trouve qu'elles sont moins grandes et non séparées par un isthme rectiligne; en outre la cicatrice supérieure d'A. muscui7d'A«o- helvetica n'est pas tangente aux contours du disque. On mia ephip- peut également tirer des critériums différentiels de la piiim Lin. „ , , , -11,11 . . i 1 forme et de la longueur de 1 adducteur supérieur du byssus. En résumé, cette mutation s'écarte beaucoup moins que les précédentes de la forme typique et actuelle : aussi ne Tadmettons-nous qu"à titre de variété pour la distinction de laquelle nous ne tenons nullement compte des ornements de la surface dorsale, puisque — on l'a vu ci-dessus — on retrouve le même aspect aussi bien chez A. burdigalensis, de l'Aquitanien, que chez A. cf. helvetica du Burdigalien. Aucun auteur n'ayant figuré nette- ment les impressions internes, nous n'aurions eu aucune certitude sur le bien-fondé de notre détermination si nous n'avions pu vérifier, sur des spécimens de Colli-Torinesi, authentiquement étiquetés sous la direc- tion de M. Sacco, que leurs impressions internes sont identiques à celles de nos échantillons du Gers. Nous faisons au contraire quelques réserves au sujet des spécimens de Guntersdorf (coll. Cossmann) dont les cica- trices ne sont pas très nettes. Loc. — Manciet (Gers), valve orbiculaire (PI. XII, fig. 16-17), coll. Peyrot; valve cochléariforme, coll. Cossmann. Orthez (le Paren), Parle- boscq (La Guirande), coll. Degrange-Touzin. — Helvétien. DIMYID^ Fischer, 1886. [=z Dimyacidx Dali, 1898). Coquille ostréiforme fixée par une valve; ligament interne, logé dans une fossette apicale ; charnière sans dents ou formée de dents symétriques; ligne palléale entière; deux impres- sions des adducteurs des valves écartées, l'antérieure très étroite et plus rapprochée du bord que la postérieure. D'après Fischer, les mollus jucs de cette Famille constituent le passage des Ostracea aux Pectinacea, et ont une grande affinité avec Plicatula. L'existence bien constatée de deux impressions musculaires en fait une catégorie toute spéciale, qui s'écarte même dos Anisomyaires où le muscle antérieur se cache sous le crochet. La fixation se fait par la — 209 — valve droite, comme chez Pecteti, et ce caractère l'emporte sur l'appa- rence ostréiforme des valves; mais le ligament est absolument différent de celui d'Hinnites dont se rapprocheraient aussi les Dirnyidx. Dans ces conditions, nous nous bornons à cataloguer cette Famille à la suite des Ostmcea, en réservant encore notre opinion définitive au sujet de la place qu'elle doit occuper dans la classification systématique des Pélécypodes. Nous ne nous occupons ici que de Dhmja, le genre Dimyodon à charnière dentée étant mésozoïque . DEUÏËROMYA Cossmann, 1903. (= Dimya Rouault. 1859; non Menke, 1828). Test peu épais, nacré sous l'épiderme. Valves inégales, la valve droite plus convexe et fixée; impressions très écartées et inégales, l'antérieure plus étroite et plus excentrée que l'autre; ligne palléale écartée du bord; entre les deux existe une rangée de franges parallèles (G. -T. : Ditnya Deshayesiana Rouault, Eoc.) Ce Genre éocénique est représenté en A(]uitaine par une espèce que Raulin avait recueillie dans un gisement à affinités stratigraphiques très ambiguës, de sorte que — de même que pour Heligmma — nous Tattri- buons avec doute à l'Helvetien. Cependant M. Dali cite une espèce dans l'Aquitanien de la Floride et une autre dans les mers actuelles. 345. Deuteromya Raulini nov. sp. PI. XXll, %. 12-15. Taille petite; forme arrondie, très inéquivalve, un peu irré- gulière dans son contour. Valve inférieure ou droite, convexe, ostréiforme, munie d'un méplat apical sur lequel se faisait la fixation; le reste de la surface est orné de costules rayon- nantes, recoupées par des lamelles d'accroissement écartées; pas de crochet ni de charnière ; à peu près au milieu, il y a une petite aréa triangulaire et excavée, pour le ligament. Valve supérieure plus petite, presque plate ou à peine con- vexe vers le sommet, retroussée au contraire vers les bords; la surface entourée de costules obsolètes plus ou moins écar- tées; fossette ligamentaire très petite sous le bord supérieur. Tome LXVIII. 14 — 210 — Impressions masculaircs dissymétriques, l'antérieure étroite et marginale, la postérieure circulaire et écartée de la ligne palléale qui est nettement marquée par un changement de teinte de la surface interne; la rangée de franges ou de fines crénekires coïncide avec Finllexion de la surface de la valve supérieure, là où elle se retrousse pour s'appliquer sur la valve inférieure à l'intérieur de laquelle elle pénètre. Ddi. Diamètres : 8 millimètres sur la valve inférieure. R. D. — Celte coqaille — certainement plus récente que le génotype de Biarritz — s'en distingue, au premier coup d'œil, par sa valve infé- rieure plus profonde et par son ornementation plus grossière, des cos- tules au lieu de lignes rayonnantes. Il est donc bien établi que les échan- tillons — que nous avons trouvés au milieu des récoltes faites par Raulin sur le terroir de Peyrère — ne peuvent provenir de Biarritz par le fait d'une erreur de triage ou d'un mélange ultérieur. Loc — Peyrehorade (Peyrère), peu rare; cotypes (PI. XXIL fig. 12-15), coll. de l'Ecole des Mines. — Helvétieii? PLANCHE XI 1-4. LiTHODOMus SAUGATSENsis Mayei". 5-8. MoDiOLARiA (Planimodiola) saucatsensis Gossmann. 9. Atrina ferel-evis Gossmann et Peyrot. 10-12. Mytilus aturen'sis Gossmann et Peyrot. 13-14. Mytilus aquitanicus Mayer. 15-17. Modiolaria tenuiradiata Gossm. et Peyr. 18. id. 19-20. Mytilus aquitanicus Mayer, mul. 21-23. Septifer superbus Hœrnes. 24-26. GoNGERiA Basteroti [Desh.]. 27-30. LiTHODOMus AviTENSis Mayei'. . 31-32. Atrina Basteroti Gossmann et Peyrot. 2/1 Mérignac (Piganeau). 3/1 Sauçais (Lariey). 1/1 Salles (Mi" Débat). 3/1 Dax (Min de Gabannes). 1/1 Saucats (Lariey). 1/1 Saucats (Mi" de Lagus). 1/1 Dax (Mi° de Gabannes). 1/1 Salles (Min Debal). 3/1 Peloua. 3/2 Dax (Mandillot). 1/1 Villandraut (Gamachot). 1/1 Saucats (P'-Pourquey). Xi > X X O 35 O CQ Q O S C 'cS -fj "5 O" H < O ^_ K-l W ^ "D >e de Boh r. LWll, \-v.. XV Clichùs TorlcIlK Conchologie néogénique de l'Aquitaine P;u- M. CossMAïViN el A. Feyhot Pholooll. Toiicllicr, Arciifil (Seiiie) PLANCHE XII 1-3. Meleagrina phal^nagea [Lamk.]. 4-5. Meleagrina Linderi [Benoisl]. 6-7. id. 8-11. Septifer Sacgoi Gossmann et Peyrot. 12-13. Septifer cornutus Gossmann. 14-15. Perna burdigalensis Cossm. et Peyrot. 16-18. id. 19-22. JuLiA girondiga [Benoist]. 23-24. Pecten (Grandipecten) latissimus [Brocchi]. 25-26. Pegten (Grandipecten) Tournali M. de Serres, var. neuvillei Gossm, et Peyrot. 27-29. Pegten (Flabellipecten) flabelliformis Brocchi, mut. pr^gedens G. et Peyrot. 30-32. JuLiA DouviLLEi Gossmann et Peyrot. 33-36. Septifer cornutus Gossmann. 37-41. GoNGERiA Touzini Andrussow. 1/1 Léognan (Goquillat). 3/1 La Salle. 3/1 La Saubotle. 3/1 Saint-Avit. 3/2 Peyrère. 2/1 Léognan (le Thil). 1/1 Mérignac (Baour). 4/1 Villandraut (Gamachot) 1/3 Salles. 1/1 St-Médard (la Fontaine). 1/2 2/1 2/1 3/2 Salles. Peyrère. Dax (M" Geslas. de Gabannes). > X o ■< . W Q o CQ Q Actes de la Société linnéenne de BonoE.vvx T. \.XV\\. \-L. x\\ iiimxi Cliclii's Torlellii ■ ■luilurull. Toi'Icllicr, Arciicil (Sciue Conchologfie néogrénique de l'Aquitaine Par M. Coss.MANN et A. Peyhot PLANCHE Xill 1-4. CoNGERiA AQuiTANicA Andrussow. 3/2 Balizac. 5-7, Amussium (Parvamussiiun) felsineum Foresli. 3/1 8-11. Pecten Beudanti Basterot. 1/1 12/13. — var. PLURiSGissus G. el P. 1/1 14-17. CoNGERiA suBiMBRiCATA Gossiii. et Peyrot. 2/1 18-21. Pecten Larteti Tournouër. 1/1 22-23. MoDiOLA MiNusGULA Gossmanii. 3/1 24-27. Pecten benedigtus Lamarck. 1/1 Saint-Etienne-d'Orthe. Léognan (Garrère). Sauçais, Léognan. Saubrigues. Escalans. Saucats (M'" de l'Église). Salles. X > X O O Q O h-1 C O" < O M c K tZ3 '0 c O ^ 'Hb ^H c3 3h O SI o c o o Actes i»e t. a S^jcikté i.i>?iéE?t7iE de UonnE r. V.V\ V\, V.. X\\\ ClichCii Toilelllci l'iioiiKull. Toruillcr, Arcotll (Ma*) Conchologie néogénique dn lAquitaine l'ai- M. (:osssiA>.> et \ PLANCHE XIV 1-4. Pegten (Flabellipecten) vasateinsis Ben. 2/3 5-6. MoDiOLA Hœrnesi Reuss. 2/1 7-10. Pecten subarcuatus Tournouër. 1/1 11. Pegten (Grandipecten) Tournali M. de Serres, var. neuvillei. 12-13. Pegten (Grandipecten) var. syrtiga C. et Peyrot. 1/1 14-17. GoNGERiA sub-Basteroti [Tournouër]. 3/2 18-19. Pegten (AinussiopectenJ burdigalensis 1/1 20-21. id. 1/2 22-25. Chlamys (Mquipecten) vasgoniensis G. et Peyrot. 1/1 Manciet. Salles (le Minoy). Sauçais (Lariey). Rimbès, Baudianan. 1/1 St-Médard (la Fontaine). Salles (le Minoy). Manciet. Dax (Maïnot). Léognan (Goquillal). > I— ( X! X X -< Q O w Q ta U O 1-1 w Q J Q) C "5 < 0) ■a 0) O" O S5 c z C/3 '0 O Q) ^ 'bi) h ce Oh O JZ o c o o AcTKJi nr. i-K Société i,iî»skks:«e de Horoivcx » V.X\ M. »'\ NW l,.ci.ll. Tortrliler. *«"♦•! I»»'»«l ClifhM Torlell Conchologie néogenique de l'Aquitaine l'.ir M. CoSSM^^^ ••' \ l'^>i...T PLANCHE XV 1-2. i\RCOPERNA Degrangei Gossm. et Peyrot. 3-5. Pecten (Amussiopecten) expansus Sow. 6-7. Pecten benedigtus Lamarck. 8. CoNGERiA sub-Basteroti [Toumouër]. 9. Pecten (Grandipecten) latissimus Broc. 10-11. Mytilus (Arcomytilus) Biali G. et Peyr. 12-13. Ghlamys (Antipecten) Sagyi G. et Peyr. 14. Gongeria Basteroti [Deshayes]. 15. Ghlamy's {Antipecten) Sacyi G. et Peyr. 16-17. id. var. à côtes inégales. 18-19, id. var. étroite, à côtes égales. 20-22. Pecten (Amussiopecten) Benoisti G. et P. 23. LiTHODOMus subcordata [d'Orb.], mut. Lozesi Cossmann et Peyrot. 24. Amussium (Parvamussium) felsineum Foresti. 4/1 Peyr ère. 2/3 Cestas. 1/1 Salles. 3/2 Manciet. 1/3 Salles. 2/1 Léognan (le Thil). 1/1 Gestas. 3/2 Dax (Mandillot). 1/1 Gestas. 1/1 Sallespisse. 1/1 Gestas. 1/1 - Saint-Géours. 1/1 Manciet. 3/1 Saint-Etienne-d'Orthe, > X 1-! Oh > X O O CQ O ■H < 0) O" O H Ph - 2^ .c K '0 c 0) ^ 'bD ;_, eu o j: o c o O Clicliés Toilollier l'holocoll. Toriclller, Arcuell (Seine) Concholog-ie néogénique de l'Aquitaine l'ai- M. CossMA.NN t't A. I'fvhut PLANCHE XVI 1-4. Amussium miogallicum Gossm. et Peyrot. 5-6. Ghlamys (Aiquipecle7î) vasconiensis G. et Peyrot, var. ? 7-8. MoDiOLA Hœrnesi Reuss. 9-10. Pecten ( Amussiopecten) incrassatus Parlsch. 11-14. LiTHODOMus ATURENsis CossiTi. et Peyrot. 15-19. LiTHODOMUs suBGORDATA [d'Orbigny]. 20-21. Pecten (Grandipecten) gallicus Mayer. 22-23. Ghlamys (jEquipeclen) sgabrella [Lk.], var. SPHINGTA Gossmann et Peyrot. 24-26. MoDioLARiA (Gregariella) Neuvillei G. et Peyrot. 27-29''is. MoDiOLARiA ( Grecjariella) Neuvillei G. et Peyrot. 30-31. Ghlamys tauroperstriata Sacco. 32. Ghlamys tauroperstriata, var. ubiques- TRiATA Gossmann et Peyrot. 33-34. Ghlamys tauropestriata forme typique. 35-36. Ghlamys Duvergieri Gossmann et Peyrot. 37-38. GoNGERiA subimbrigata Gossm. et Peyrot, var. sALLOMACENSis Gossmann et Peyrot. 39. MoDiOLARiA Sagyi Gossmann et Peyrot. 40. Ghlamys (/Equipecten) Raouli [Dollfus]. 41-42. id. 1/1 Saiibrignes. 1/1 Salles (Largileyre). 1/1 Saint-Avit. 1/3 Narrosse. 1/1 Dax (Mandillol). 1/1 Léognan (le Thil). 1/3 Salles (le Minoy). 1/1 Saint-Géours. 3/1 Villandraut (Gamachot). 3/1 Mérignac (Piganeau), 1/1 St-Médard (la Fontaine). 1/1 Salles (Largileyre). 1/1 Saucats (Peloua). 3/1 Salles. 3/2 Salles. 3/1 Mérignac (Baour). 1/1 Orthez. 2/1 Sallespisse. > X 1-3 > X y. -*: Q PS o œ ta Q W 2 O w o w U -i H (1) &H ■O 0) < 3 0^ Œ .-> R C K ■a; 1X1 c« c O ^ 'bb J_ rt Oh JZ o c o Actes de la Se r. i.>.v\i, i-,., XV Clichés Torlelliei' l'hnl.jcoll. Torlelliei-, Amieil (Seine) Conchologie néogrenique de l'Aquitaine Par M. GossMA^K et A. I'kvhot PLANCHE XVII 1-2. Ghlamys (^qidpecten) Raulini G. et P. 3-5. Ghlamys (Mqidpecten) pinorum G. et P. 6-9. Ghlamys (Mquipecten) Haveri [Michel"]. 10-13. Ghlamys (Manupecten) Suzann.ï: [Mayer]. 14-17. Ghlamys (Mquipecten) liberata G. et P. 18-21. Ghlamys (Mquipecten) scabrella [Lamk.], var. GiRONDiCA Gossmann et Peyrot. 22-23. Ghlamys (Mquipecten) Raulini G. et P. 24-26. Spondylus crassicosta Lamarck , mul. AQuiTANicus GossmatiH et Peyrot. 27-28. Ghlamys (Palliolum) cf. similis [Laskey]. 2/1 Salles (le Minoy). 1-1 Salles (le Minoy). 1/1 Saubrigues. 1/1 Saubusse. 1/1 Léognan (Goquillal) 1/1 Martignas. 3/2 Salles (Largileyre). 1/1 Villandraut (Gamachot). 4/1 . Glermont (Landes). X a. > X X ■< a Q tf o CQ Q W 12; "M H ■K U O c/} '^ l-I M Q &:^':" u H < O i„ P« w 0) eu ■D <<' 3 U K E <5 -0 bû t/3 ce 'CD C O ^ "bi) j^ _o ce JZ o c o Clichés Toilelher Conchologie néogénique de l'Aquitaine l'ar M. (lossMA.N.N cl A. l'iviim PLANCHE XVIII 1. Spondylus grassicosta Lamk., mut. aqui- TANicus Gossmann et Peyrot. 2-6. Spondylus concentricus Bronn. 7-10. Lima (Ctenoides) miotaurina Sacco. 11. HiNNiTES GRiSPus Bi'onn. 12-13. HiNNiTES Defrangei Michelotli. 14-16. Lima (Manlellum) inflâta [Ghemn.], var. NEOGENiGA Gossmaun et Peyrot. 15-17. Lima (Mantellum) infl.ata [Ghemn.], var. NEOGENIGA Gossmann et Peyrot. 18-19. Spondylus grassigosta Lamk., mut. aqui- T.^Nicus Gossmann et Peyrot. 20-22. Spondylus Deshayesi Michelotti. 23. Pligatula ruperella Dujardin. 24. Spondylus gongentrigus Bronn. 25-26. Heligmina Douvillei Gossmann et Peyrot. 27-29. Lima .\quitaniga Mayer. 30. HiNNiTES CRispus Bi'onu., var. megalo- MORPHUS Gossmann et Peyrot. 1/1 VilIanJraul (Gamachot). 1/1 Peyrère. 1/1 Peyrère. 1/2 Salles (le Minoy). 1/1 St-Médard (la Fontaine). 1/1 Dax (Maïnot). 1/1 Saint-Avit. 1/1 Villandraut (Gamachot) 1/1 Saucats (Peloua). 2/1 Manciet. 1/1 Peyrère. 1/1 Peyrère. 1/1 Saucats (Lariey). 1/3 Salles (Puységur). > X > n o CQ w Q 12; O '■=é 0) c "cS +j '5 O" H < o »i tf m-m ?-l w ^ •D Q) ^* 3 ■M .E" R "E K ■0 «1 bfl xn O 0) ^ '^ u 03 Dh J= o c ClidiiS Torlellicr l'hrii.jcoll. Toriellier, Arriwil (Hclue) Conchologie néogenique de l'Aquitaine Par M. CossMANN et A. I'kyhot I PLANCHE XIX 1-4. OsTREA (Cubltostrea) producta Raul. et Delbos. 5-7. Alegtryonia aquitaniga [Mayer]. 8. Spondylus Deshayesi Michelotti. 9-10. Ostrea (Ostreola) sallomagensis G. et P. 11-14. id. 15-16. Ostrea (Gigantostrea) Sagyi G. et P. 17-18. id. 19-21. Ostrea fimbriata Grateloup. 22-23. Lima (Limatula) subaurigulata Montagu, var. pergostulata Gossmann et Peyrot. Léognan (les Sables), Villandraut (Gamachot) Saucats (Peloua). Sallespisse. Gesias. Léognan (Goquillat). Gestas. Saucats (Lariey). 4/1 Léognan (Sangsueyre). i > X -< w o p; o CQ u fi •H 1^ O O Q c ■H "5 < s (3) U "E o C 0) "bo o o s: o c o o o c3 l.W »v, »■> xw i^ •^^ A '■ *. ■'^ -^ '■^Tf^'"-^ 2y CHcllos ïortcllicr l'hoiocnll. Torlïlllcr. Areuell (s Conchologie néogénique de lAquitaine l'.ii- M. (!i)ssMv>.N l'I A. l'tvHiii PLANCHE XX 1-4. OSTREA DIGITALINA Duboîs. 5-8. Chlamys ( Mquipecten) Degrangei G. et P. 9. Pligatula ruperella Dujardin. 10-llbis. Pligatula ruperella var. elegtriga C. eL Peyrot. 12-13. Pligatula ruperella, forme typique, 14-15. Ostrea fimbriata Grateloup. 16-19. Liostrea (Ostreinella) neglegta [Miclit']. 20. Perna BURDIGALENSIS Cossmann et Peyrot. 21-22. Hinnites crispus Bronn. 23-25. Ostrea (Ostreola) Duvergieri C. et P. 26-28. id. 29-36. Exogyra Rigardi Benoist. 37-38. LiïUMK subhelvetica Cossmann et Peyrot. 39-42. Pligatula mytilina Philippi. 43-45. Lima squamosa Lamarck. 46-47. Heligmina Douvillei Cossmann et Peyrot, 1/1 Léognan (Coquillat) 1/1 Clermont (Landes). 2/1 Manciet. 2/1 Pessac (Lorient). 3/2 Saucats (Peloua), 1/1 Saucats (Lariey). 2/1 Saucats (Lariey). 1/1 Mérignac (Baour). 1/2 Salles (le Minoy). 1/1 Pessac (Lorient). 1/1 Salles. 2/1 Saucats (Peloua). 3/1 Peyrère, 1/1 Salles. 1/1 Manciet, 1/1 Peyrère. C M X ■ > f X 1 hj ^ lMaj^.> Oh ro VRi ' ^ if^r' > ^W X 1^ J 02 ^^ m .#i*fe',-J ■V .^ ■.^^m^. ^ o PS o O CD 1-1 < 3 U < ■O 0) .? 'E ■«C V. ».X\ \l. V\ XX Clirht^s Torlellier Conchologie neogenique de l'Aquitaine Par- M. (.i.->M\>N .1 A. riii;oi PLANCHE XXI 1-4. Lima (Ctenokles) mtotaurina Sacco, var. MIOLONGA Sacco. 5-8. Gryph.^a (CrassostreaJ aginensis [Tourn.]. 9-11. Lima (Mantellum) sallomacensis G. et P. 12-13. Anomia cf. HELVETiCA Mayci'.- 14-15. Lima (Mantellum) inflata [Ghemn.], var. GoossENSi Dollf. Daulz. 16-18. Gryph.'EA (Crassostrea) gingensis [Schl.]. 19. Lithodomus subcordata d'Orb., mut. Lo- zESt Cossmann et Peyrot. 20-21. Lima (JÂmatula) subaurigulata [Mon- tagu]. 22. Mytilus (Arcomytilus) Biali G. et Peyr. 23-26. Plicatula pternophora Gossm. et Peyr. 3/2 Peyrère. 2/3 Saint-Gôme. 3/2 Salles (Largileyre) 1/1 Saucats (Peloua). 1/1 Manciet. 2/3 Gabarret. 1/1 Manciet. 4/1 2/1 3/2 Salies-de-Béarn. Léognan (le Thil). Saucats (Peloua). > X c ce o CQ K C (à 0) c "5 < o s: o c o o H O <1 0) C K o c ce O 0) ^ 'bî) i:-! _o es C/: < ::*: i". i^xvw. »•> x\ \ Clichés Torlellier 25 ^^P^ 26 ^1^^ Photocoll. Torlellier, Arcueil (Seine) Concholog-ie néogrénique de l'Aquitaine Par M. CossM.\N>' et A. Peyrot PLANCHE XXII 1-4. Lima (Lîmatula) sueîauriculata [Mon- tagu], mut. INFRAMIOC^NIGA G. et P. 5-6. Anomia cf. HELVETiGA Mayei', var. cf. PSEUDOPEGTEN SaCCO. 7-9. OSTREA LAMELLOSA Bl'OCChi. 10-11. Anomia burdigalensis Defrance. 12-15. Deuteromya Raulini Cossmann et Peyrot. 16-17. Anomia ephippium Linn., var. rugulosos- TRIATA Br. 18-19. Anomia burdigalensis Defrance. 20-21. Anomia ^quiimpressa Gossm. et Peyrot. 22-23. Anomia cf. helvetica Mayer. 24. Alegtryonia aquitanica [MayerJ. 3/1 Léognan (Thibaudeau). 1/1 Gaupian. 1/1 Saint-Denis-d'Oleron. 1/1 Villandraut (Gamachot). 2/1 Peyrère. 1/1 Manciet. 1/1 Léog'nan. 1/1 Mérignac (Pontic). 1/1 Sauçais (Peloua). 1/1 Villandraut (Gamachot). ri Oh > X XI p p o m Q H U O "< w Q (« M H O C < "a Q) U "c bD O C < O — eu O s: o c o O ACXES DE LA Se l". l,X\\\, !■, _ XWl oA r'^^^x\fJ'%A. >■ Clichés Tortelli( l'hotocoll. Torlellifi, Arru.-il (Seiue) Conchologie néogénique de l'Aquitaine Par M. CossMANN et A. Pevrot LES DEUX MÉTHODES DE L'ENFANT PAR Louis BOUTAN Professeur de Zoologie et de Physiologie comparée à la Faculté des Sciences de Bordeaux INTRODUCTION J'ai élevé pendant cinq années consécutives un anthropoïde appartenant au genre Hylohates {Hylobates Leucogeni/.s-Ogilh.) Ce gibbon a été placé dans des conditions spéciales, dont la principale était l'isolement d'autres animaux de la même espèce, depuis le premier âge. Ainsi que je l'ai indiqué dans un précédent mémoire (1), j'ai évité de faire subir un dressage à mon sujet. Systématiquement, je me suis abstenu de lai donner des talents de société. Cependant, il n'est pas douteux que l'animal vivant en notre compagnie, n'ait contracté de nouvelles habi- tudes et n'ait reçu un commencement d'éducation. Etant donné qu'il prenait ses repas en même temps que nous et le plus souvent à notre table, assis sur une chaise (1) Louis BouTAN, Pseudo-langage, Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, avril 1913. Tome LXVIll. . 15 AVIS. — C'est par erreur que le présent travail commence au folio ^17; il fait en réalité suite au folio 210. — 218 — d'enfant (où il était attaché par une bricole pour éviter des manifestations trop étendues), il avait reçu ainsi, très progres- sivement, presque à notre insu, non pas un véritable dressage, mais un commencement d'éducation. Tout en évitant de tenter un dressage, j'ai, cependant, ins- titué pour mon sujet un certain nombre d'expériences, ayant pour but de contrôler si cet animal était capable de s'instruire par lui-même, était autodidacte, selon l'heureuSe expression de M. Baron (1), et par quelle méthode il faisait ces acqui- sitions nouvelles. Après avoir noté avec précision les manifestations extérieures de mon sujet, j'ai comparé ses manœuvres à celles de jeunes enfants que j'ai placés dans des conditions, à très peu près, semblables à celles où travaillait mon anthropoïde. J'ai employé pour cette série d'expériences : 1° Des enfants, assez jeunes, pour n'avoir pas encore le lan- gage à leur disposition. 2° Des enfants, assez âgés, pour être déjà munis de cet instrument hominien, le langage vrai. Je n'ai pas la prétention d'avoir été le premier à étudier à l'aide d'expériences précises la psychologie des animaux. Les recherches bien connues de Thorndike (2), sur les poussins, sur les chats, sur les chiens, celles de Kinnaman (3) sur les singes, sans compter celles de Yerkes (4) sur les souris dan- santes, de Cole sur l'intelligence des ratons (5), de Watson (6), (1) Malgré les recherches de Thorndike et de Kinnaman, ceci n'élait pas encore universellement admis, puisque dans l'intéressant ouvrage de M. P. Mendousse, Du dressage à l'éducation, paru chez Félix Alcan en 1910, on lit : « 11 n'y a pas d'auto- didacte parmi les bêtes; même celles qui manifestent le plus d'initiative doivent être tenues en laisse au moins moralement. » (2) Thorndike, Animal intelligence, Séries of monograph. suppléments of Psy- cliolof/ical Review, II, juin 1898. (3) D"' Kinnaman, Mental Lil'e of Two Macacus Rhésus, Monkeys in Gaptivily. American journal of Psychology, 1902. (4) R.-M. Yerkes, The dancing- Monse, The animal behm'ior séries, I, New- York, Macmillan Comp. (5) L.-J. GoLE, Goncerning the intelligeuce of Raccoons. Journal of compar- Neur. a PsychoL, V, XVII. (6) J.-B. Watson, Kinaesthetic and organic sensations, Iheir rôle in the réactions of the white Rat to the maze, Psychol. Review, vol. VIII. — 219 — de Slonaker (1) sur les rats blancs, et de bien d'autres qu'il me paraît inutile de citer ici, montrent que je n'ai nullement la priorité de ces recherches. J'ai trouvé la voie largement ouverte, et, pour être équitable, si je voulais fournir un exposé des recherches déjà faites sur la mentalité des animaux, je devrais analyser en détail, à côté des recherches effectuées à l'étranger, les nombreux travaux des auteurs français, G. Bohn, Bonnier, Bouvier, Drzewina, Delage, Hachet-Souplet, Lécaillon, Piéron, etc., qui ont tous apporté une contribution, plus ou moins importante, à l'étude scientifique de la psychologie animale. Cet exposé intéressant, mais considérable, ne rentre nulle- ment dans le plan que je me suis tracé. Je cherche seulement dans cet exposé à montrer que je n'ai pas suivi servilement le chemin frayé par mes devanciers, et à dégager ce que peu- vent avoir d'originales les recherches que j'ai effectuées. Les instruments que j'ai employés (boîtes à targettes ou boîte à poire), sans être la reproduction exacte de ceux qu'avaient utilisés Thorndike et Kinnaman, sont de même ordre. Comme les savants auteurs, j'ai utilisé des appareils, munis de fer- metures que l'animal devait manœuvrer. Thorndike enfer- mait ses animaux dans les boîtes. Kinnaman mettait, comme je lai fait moi-même, ses animaux en liberté dans une grande chambre, où il plaçait également les boîtes à ouvrir. Au fond, le procédé est le même. Mes devanciers ont employé la famine comme stimulant; moi-même, j'utilisais l'appétit et la gourmandise de mon sujet. 11 n'y a encore là, qu'une nuance. Kinnaman, avec ses deux singes, Thorndike, avec des séries de chiens et de chats, et Yerkes, avec ses souris dansantes, avaient l'avantage d'opérer sur plusieurs sujets, de pouvoir prendre des moyennes et de tracer des graphiques. Avec le seul sujet dont je disposais, je me trouvais placé, à ce point de vue, en état d'infériorité et privé d'un utile contrôle. (1) J.-R. Slonaker, The normal activity of the white Rat at différent stage, Journal of compar. Neur. a PsychoL, V, XVII. - 220 — Le bat envisagé par les auteurs et en particulier par Thorndike était beaucoup plus étendu que le mien. Ces recherches portaient non seulement, sur le comporte- ment de l'animal livré à ses propres forces, en face d'un mécanisme donné, mais aussi, sur les réactions de l'animal en présence de l'homme, et sur sa faculté d'imitation. Je me suis limité uniquement à la première partie de ce programme, comportement de l' animal, livré à ses propres forces, en face de mécanismes donnés. J'estime, cependant, que l'originalité d'un travail ne con- siste pas uniquement dans les instruments employés. On peut utiliser une boussole de bien des façons, et il ne viendrait à l'idée de personne de nier l'originalité d'un travail de phy- sique apportant des conclusions nouvelles, parce qu'on a déjà utilisé la boussole antérieurement. Le plan très modeste que je me suis proposé a été, ainsi que je l'ai dit plus haut, d'observer, dans des conditions expé- rimentales précises, comment l'anthropoïde, dont je suivais l'évolution depuis le jeune âge, se comportait en face de mécanismes simples, afm de pouvoir comparer son travail à celui de jeunes enfants placés dans les mêmes conditions, C'est cette orientation particulière de mes recherches, qui me paraît les différencier nettement de celles dont j'ai parlé (1). Quoique mon point de départ fut le même, j'ai suivi une route différente et je crois avoir réussi à mettre ainsi en lumière quelques faits nouveaux. ^ Ces faits nouveaux présentent un certain intérêt, parce que, s'il est impossible à l'homme de pénétrer directement dans la conscience d'un anthropoïde, si nous ne pouvons juger de son travail psychologique que par des manifestations extérieures difficiles à interpréter avec certitude; indirectement, en nous (1) Je dois cependant noter que Kinnaman a fait quelques tentatives dans la même voie et comparé le travail de ses singes, en face de boîtes à mécanismes assez com- pliqués à celui d'enfants et d'adultes. L'orientation générale de son travail n'en reste pas moins très différente. On trouvera d'ailleurs l'exposé des recherches de ce savant auteur en tète de la deuxième partie. — 221 — adressant à l'enfant, en cherchant à le placer dans les mêmes conditions que l'anthropoïde, si nous voyons à un stade bien défini de son développement, se répéter les mêmes manœu- vres, nous tenons l'un des anneaux de la chaîne. L'enfant diffère de l'homme, mais l'homme ayant été un enfant, l'ob- servateur se trouve mieux outillé pour déterminer les mobiles des actes de l'enfant que pour apprécier ceux qui font agir l'animal. Le psychologue peut tirer profit de ces comparaisons, qui, tout en n'ayant pas une valeur absolue, projettent, cependant, quelque lumière sur le sujet. Ce travail touche donc à des problèmes philosophiques d'une haute portée. 11 les a seulement effleurés. Il faudra beaucoup d'autres travaux du même genre, sur les différents anthro- poïdes, pour arriver à la précision désirable et pour fournir une base solide aux conclusions des philosophes. Bordeaux, 15 juillet 1913. PREMIERE PARTIE Expériences des boites. V Observations effectuées sur l'Hylobates Leucogenys (Ogilby). CHAPITRE PREMER Conditions générales dans lesquelles ont été faites les observations sur le gibbon. — Description des appareils. ^ Je désirais, avant tout, ne pas influencer directement l'ani- mal, dans cette série d'expériences. J'ai fait aménager dans mon laboratoire une salle, G. H., de deux mètres sur un mètre cinquante, largement éclairée, sur une de ses faces, par une baie, R. V. munie de verres dépolis et close à l'aide d'une porte ph. qui pouvait être fermée à clef, (fig. 1 du texte). Cette petite chambre, parquetée et peinte en jaune chamois, la chambre de travail de mon sujet ^ se trouvait adossée à un cabinet noir, à peu près de mêmes dimensions, comme l'indi- que le plan (fig. 1). Ce cabinet noir, C. N., représentait la chambre d'observation et la cloison, qui le séparait de la chambre de travail, était percée de deux orifices de taille inégale : Le premier, v (fig. 1), était garni d'un verre rouge et d'un verre jaune comme la lanterne d'un cabinet photographique et mesurait vingt sur trente centimètres. Le second orifice, o (fig. 1), beaucoup plus petit et ne mesurant que cinq à six centimètres de diamètre était normalement fermé par un obturateur à volet, qui ne s'ouvrait que lorsqu'il était néces- saire de prendre une photographie. L'observateur placé en P. 0. dans le cabinet, oti étaient dis- posées une table et une chaise, voyait librement ce qui se — 226 — passait dans la chambre de travail par la fenêtre garnie de verre rouge et, grâce au bel éclairage de cette petite salle, pouvait observer les moindres gestes de l'animal en expérience. Ce dernier, au contraire, ne pouvait apercevoir l'observa- teur enfermé dans le cabinet noir et j'ai pu m'assure'r à \ C^ 1 1 T. B.V. C. H. p Jv. c 4= C^. ^ C. JV. ^ o. L p n.. FiG. 1. — Plan de la partie du laboratoire aménagée pour les expériences. C. F. Chambre de Iravail, avec B. T'. baie vilrée; T. table, pfi. porte, o. ouverture de l'obturateur photographique, r. rampe à gaz, v. fenêtre avec verre rouge. C. A'. Cabinet noir, avec sa porte p n. C. E. Chambre des enfants, avec une fenêtre F. C. P. Chambre des parents. Nota. — Les deux dernières chambres C. E. et G. P. n'ont été utilisées que dans les expériences comparatives avec les enfants. 227 maintes reprises que mon sujet, malgré sa vue perçante, était hors d'état de constater l'étroite surveillance dont il était l'objet (1). Une rampe à gaz, r (fig. 1), entourée d'un grillage métalli- que et portant trois fortes lampes à manchons, munies d'un allumeur automatique, complétaient l'installation. Ces lampes permettaient d'augmenter artificiellement l'éclai- rage de la chambre de travail et de diminuer le temps de pose nécessaire pour obtenir des photographies convenables. C'est grâce à elles que j'ai pu photographier Pépée, au moment de la manœuvre de la boite à trois targettes et la surprendre ainsi en plein travail. (Planche I, hors texte.) L'éclairage fourni par ce procédé n'était, malheureusement, pas suffisant pour photographier l'animal en mouvement. Les crédits de nos laboratoires de province sont si stricte- ment mesurés, que je n'ai pas pu remplacer ce dispositif rudimentaire par un éclairage électrique (avec des lampes à arcs) qui m'aurait donné un bien meilleur rendement. L'appareil qui devait servir à l'observation, était disposé à l'avance dans la chambre de travail de l'anthropoïde. Il était vissé sur une table, T, solidement fixée sur le plancher et orienté de manière à se trouver en face de la fenêtre fermée par le verre rouge. L'animal amené dans un panier clos avec un cadenas, de sa demeure habituelle au laboratoire, était introduit encore enfermé dans son panier, dans la chambre de travail. Je me plaçais en observation, dans le cabinet noir un peu avant son arrivée dans la chambre de travail et, le garçon de laboratoire, qui me servait d'aide, avait pour instruction, aussitôt le panier déposé sur le plancher, de compter à haute (1) Dans les premières expériences, lorsque prenant mes notes à tâtons, j'avais heurté un objet et excité ainsi la défiance de mon sujet, c.e dernier venait coller son nez contre le verre rouge et faisait de grands efforts pour voir à travers la fenê- tre. Le résultat de son examen était négatif, puisque rapidement, il a renoncé à cette inspection et ne s'est plus préoccupé de ce qui pouvait se passer dans ce coin sombre oii ses yeux ne lui signalaient rien de suspect. — 228 — voix jusqu'à trois, de détacher les attaches du panier et de refermer la porte de la chambre de travail p h, avant que l'animal n'eut eu le temps de soulever le couvercle de sa prison. Grâce à ces dispositions générales, se répétant à chaque nou- velle expérience, l'anthropoïde se trouvait livré à ses propres forces et dérobé à toute influence directe de l'observateur. 11 devait agir comme un animal qui croit être seul et ne peut soupçonner une surveillance de tous les instants, DESCRIPTION DES APPAREILS Les appareils employés, quoique très simples, doivent être divisés en deux catégories : 1° Appareils à mécanisme visible (fig. 2, 3, 4 du texte); 2° Appareil à mécanisme caché {fig. 5 du texte). 1'' APPAREILS A MÉCANISME VISIBLE Ils consistent dans une série de quatre boîtes exactement de même forme et dont le mode de fermeture varie seul. Je les désigne successivement par les lettres A, R, C, D, Boîte A (fig. 2). — La boîte A, dont la description peut servir pour les suivantes, est constituée par un parallélé- pipède rectangle de 35 x 2S x 20 cm. en bois grossier. Cette boîte est munie, sur chacune de ses deux faces latérales, d'un grillage G, assez serré pour empêcher l'introduction du doigt à travers les mailles, assez lâche pour permettre de voir libre- ment dans l'intérieur de la boîte. Un appât variable, M (frian- dise dans le cas de l'anthropoïile ; jouet quand l'observation portait sur un enfant) se trouvait, ainsi, bien en vue, La face supérieure de la boîte formée de planches pleines présente une petite porte ou couvercle, C, qui peut s'ouvrir librement en tirant sur un bouton saillant, R (fig, 2), cette petite porte est munie d'une charnière. _ 92Q -^ Vi( Boîte, A. B. Boulon de la pelile porle. C. Pelile porle el charnière de celle pelile porte. G. Grillage qui se répèle sur la l'ace parallèle cachée. M. Appâl. 1, 2, 4, Iroi.s laces latérales de la boite. '• ■■■■ ■■■ ' f ;■ r V T -! 1 ■ y / 4 ■ 4 V ' 1 M 1 ^^ FiG. — Boite, B, à une targette. C. Petite porle el charnière. M. Appàl. Tl. Lequel horizontal ou targette empèchanl l'ouverture de la porte C, lorsqu'il est engagé sous le crochet. /i. p. Pivot, autour duquel tourne la largettC"?'/. h. Crochet. (Le trait se trouve nn peu déplacé sur la gau- che.) 1, 2, 4. Faces latérales de la boite. — 230 — Boîte B (fig. 3). — La boîte B, semblable extérieurement à la boîte A, diffère seulement de cette dernière en ce que la petite porte C, est maintenue par un loquet horizontal Tl. Tl, dépasse le bord de la boîte de manière à faire saillie extérieurement. Ce loquet horizontal peut tourner autour du pivot, p^ et s'engager sous le crochet, h, (fig. 3). Pour ouvrir la boîte, il suffit de déplacer latéralement ce loquet Tl, dans le sens de la flèche indiquée sur la figure 3. Quand ce loquet ou cette targette ïi, est dégagée du crochet h, si on le soulève ou si l'on tire sur le bouton B, la porte s'ouvre comme précédemment. Boite C. — La boîte C, ne diffère de la boîte B que par radjonction d'une nouvelle targette disposée horizontalement comme la première. Ce nouveau loquet Ï2, fonctionne en sens contraire de la targette Tl. Nota. — // m'a paru inutile de figurer dans le texte la FiG. 4. Boîte, D, à trois targettes. J/. Targ-cUe n" 1 (la première posée). T2. ïarg'cUe n° 2 (la deuxième posée). T^. Targelle n" 3 (la troisième posée). a et /;. Ciievilles d'arrêt de T3 et de l'î. Nota. — Les autres lettres ont la même sir/nification que dans les figwes p)'écédenles. — 23i — boite C. On peut se la représenter en regardant la figure 4;, et en supposant la targette TS supprimée . Boite D (fig. 4). — La boîte D, qui est dessinée dans la figure 4, a, en plus de la boîte C, une troisième targette T3. Cette boîte est donc munie de trois loquets et le couvercle, ou la petite porte^ ne peut s'ouvrir que lorsque les trois tar- gettes ont été dégagées de leurs crochets respectifs, Fiu. 5. — Boîte, E, ou boîte à poire. C. Petite porte ou couvercle. E. Amortisseur. R. Ressort qui ouvre la petite porte quand le loquet intérieur ne maintient pas la fermeture. Tu. Tube en cuivre contenant le fil d'acier. P. Poire en bois. 1, 2, 4. Faces latérales de la boite. 232 — 2° APPAREIL A MÉCANISME CACHÉ Boîte à poire. — L'appareil est formé par une boîte rectan- p^ulaire pareille aux précédentes, mais dépourvue de tout loquet. Le couvercle, C, muni d'une charnière^ est maintenu en place par un loquet intérieur (invisible par conséquent extérieurement). Cette porte est, en outre, pourvue d'un res- sort, R, qui l'ouvre automatiquement lorsque le loquet inté- rieur n'empêche pas cette ouverture et, d'un amortisseur en caoutchouc, E. (Fig. 5 du texte.) Sur le côté de la boîte se trouve en tube rigide, Tu, en forme de potence. Dans son intérieur passe un fil d'acier souple relié, d'une part, au loquet invisible et, d'autre part, à une poire pleine, P, en bois, située à l'extrémité du tube. Quand le couvercle est fermé, il suffit d'actionner légère- ment la poire, P, pour que l'ouverture de la porte se produise brusquement, sous l'action du ressort, R. Dans la figure 5 du texte, on voit une petite fille qui con- naît déjà la façon d'ouvrir la boîte et qui actionne la poire, P. Tels sont les appareils, d'apparence assez rudimentaire, (fig. 2, fig. 3, fig. 4 et fig. 5), que j'ai utilisés pour les expé- riences décrites dans ce travail. Quelques lecteurs seront peut- être tentés de les considérer comme des instruments un peu puérils. C'est à mon sens le plus bel éloge qu'on pourrait en faire, puisqu'ils répondraient, exactement, par cette définition au but que je me suis proposé : l'étude d'un travail puéril. CHAPITRE II Expériences réalisées avec les boites A, B, C, D. — Résumé des observations faites sur Tanthro- poïde. Je désire exposer, tout d'abord, les principales expériences faites à l'aide des boîtes décrites dans le chapitre précédent sous la rubrique d'appareils à ?nécanistne visible. Je rappelle que le dispositif adopté dans toute cette série peut se résumer ainsi : 1° Une des boîtes et, une seule, est vissée sur la table dans la chambre de travail. Elle est munie d'an appât. 2° L'observateur s'enferme dans le cabinet noir ; 3° L'aide apporte, dans la chambre de travail, l'anthropoïde enfermé dans un panier ; 4° L'aide compte à haute voix jusqu'à trois, dénoue les fer- metures du panier et se retire précipitamment, en fermant la porte de la chambre, avant que l'animal n'ait eu le temps de soulever le couvercle de son panier. Première expérience (6 juin 1910). La première expérience est faite avec la boîte A (fig-. 2, page 229) (boîte dont la porte à charnière, sans fermeture spé- ciale, est munie d'un bouton saillant qui permet d'ouvrir en tirant verticalement sur ce bouton). Elle est amorcée avec deux bananes placées à l'intérieur et bien visibles à travers le grillage. Tome LXVIII. 1<3 — 234 — L'anthropoïde reste environ une minute, dans le panier débarrassé de sa fermeture, avant de soulever le couvercle. Il se décide, enfin, à remuer, sort à demi et reste quelques secondes immobile, paraissant surpris de se trouver libre. Il saute sur la table (1) où se trouve la boîte et pousse le hoc houg houg hag couag gouaggac^ cri de satisfaction moyen- ne, en apercevant les bananes à travers le grillage. Il tâte rapidement le grillage d'un côté, puis du côté opposé et semble constater l'impossibilité de passer sa main à travers les fils de fer rigides. Il examine rapidement la face pleine de la boîte (face 2), se redresse, aperçoit le bouton de la petite porte, le saisit, ouvre d'une main, introduit l'autre main, dans la boîte, saisit une banane et la mange. Un moment après, il vient chercher l'autre, qu'il prend sans difficulté, la porte étant restée ouverte. Nota. — La scène dure environ deux minutes et demie^ y compris le séjour dans le panier. L'animal a soulevé le cou- vercle, sans hésitations , comme s'il faisait une manœuvre déjà connue. Deuxième expérience (7 juin 1910). La deuxième expérience est faite le lendemain avec sensi- blement le même dispositif que la veille. La seule différence consiste en ce qu'un ressort (2) antagoniste maintient la porte fermée, de sorte qu'il faut taire un effort de traction sur le bouton pour ouvrir la porte de la boîte A. L'anthropoïde s'aperçoit, de suite, que son panier est ouvert et soulève le couvercle de son panier. II saute sur la table, constate la présence des fruits avec le même cri de satisfaction que la veille, inspecte à travers le grillage d'un seul côté (face 1), puis examine la face pleine, 2, (1) Toutes les manœuvres de Pépée ont été notées, pendant celle expérience et les suivantes, dans le cabinet noir, aussi minutieusement que j'ai pu le faire malgré l'obscurité. (2) Un simple caoutchouc attaché d'une pari sur le fond de la boile et d'autre part à la face inférieure de la petite porte. — 235 — se redresse, saisit le bouton, ouvre la porte et s'empare des fruits de la même façon que la veille. Nota. — Les seules différences à signaler sont : La sortie rapide du panier, et l'absence d'inspection de la deuxième face grillagée. Troisième expérience (8 juin 1910). La troisième expérience est effectuée à l'aide de la boîte, B, (fig. 3, page 229) (couvercle de la boîte muni d'une targette glissant horizontalement autour d'un pivot. Le mouvement est très libre et la targette se dégage facilement du crochet qui assure la fermeture). L'anthropoïde soulève immédiatement le couvercle de son panier. 11 saute sur la table et examine l'appât (abricot) à travers le grillage, avec les mêmes manifestations vocales que précédemment. Il se redresse et essaye d'ouvrir la porte avec le bouton. — Echec. 11 essaye de soulever la targette de la même manière que le bouton. — Malgré son vigoureux effort, échec. Il reprend le bouton et secoue avec énergie. — Echec. 11 saisit de nouveau la targette, lui imprime un léger mou- vement latéral, soulève le couvercle, introduit la main et prend l'appât. Je n'ai pu noter les temps. Les opérations se succèdent très rapidement. (J'estime la durée totale à moins de deux minutes.) Nota. — // parait vraisemblable que l'animal a poussé la targette latéralement , par hasard, parce que cette targette était très m,obile autour de son pivot et que l'animal la secouait avec vigueur. Quatrième expérience (8 juin 1910). Je désire m'assurer immédiatement si le résultat précédent est acquis. Je fais visser et caler le pivot de la targette de — 236 ~ manière à rendre le mouvement plus difficile. Il faut main- tenant un petit effort pour provoquer le glissement latéral. Après avoir sauté sur la table et s'être redressé comme précédemment, l'anthropoïde prend la targette à pleines mains et la tire violemment, en haut, et non sur le côté. — Echec. Il prend alors le bouton et le secoue avec énergie. — Echec. 11 saisit de nouveau la targette, secoue. — Echec. Il revient au bouton. — Echec. Il reprend la targette et cette fois arrive à vaincre sa résis- tance en la faisant glisser latéralement. Nota. — Comme précédemment, l'animal manœuvre avec rapidité. Il faut noter qu'il a supprimé l'inspection du grillage, qu'il a négligé de tirer le bouton en premier lieu comme pré- cédemment et qu'il a commencé par secouer la targette. Cependant., tout en paraissant suivre une direction générale, en négligeant certains actes, nous le voijons procéder par essais successifs et, comme à tâtons, dans le cercle restreint tracé par ses jwécédentes acquisitions. Cinquième expérience (9 juin 1910). Il m'a paru intéressant de vérifier, le lendemain, si le résultat obtenu était conservé et la cinquième expérience a été la répétition exacte de la quatrième au point de vue du dispositif. L'animal sort maintenant du panier, dès que l'aide ferme la porte après avoir défait les attaches et manœuvre avec avec une extrême rapidité. Il saute sur la table en sortant de son panier et se place en face de 2, figure 3 (sans regarder l'appât). Il essaye d'ouvrir en tirant sur le bouton. — Echec. Il essaye de soulever la targette. — Echec. Il se déplace et se campe en face de 1, pour regarder les provisions pendant quelques secondes. Il se place, ensuite, en face de 4, partie pleine de la boîte; — 237 — puis, en face de 3 (côté opposé à, 1), où il marque un léger arrêt. Il se campe de nouveau en face de 2, pousse la targette et ouvre. Nota. — Je n'ai pu me rendre compte^ si Vhylohate avait déplacé la targette en la poussant latéralement ou en essayant de la soulever, le mouvement ayant été très rapide, mais une expérience de contrôle effectuée immédiatement (1) me prouve que r anthropoïde a appris à manœuvrer la targette dans le sens connenable . Nota. — // n'est pas douteux que laninial ne cherche main- tenant à ouvrir la boite, à l'aide de la targette, pour s'emparer de l'appât, mais il ne paraît pas douteux non plus qu'il tâtonne pour arriver au résultat. Sixième expérience (10 juin 1910). La sixième expérience a été etïectuée à l'aide de la boîte G (fig. 4), (dans laquelle il faut supprimer T3). Le couvercle de la boîte est muni de deux targettes, glissant horizontalement et en sens contraire autour de leurs pivots. Pour établir cet appareil, on visse sur la boîte B, une deuxième targette, indé- pendante de la première qui transforme la boîte B, en boîte G. Je désigne l'ancienne targette par la lettre Tl, la nouvelle par la lettre T2. L'animal soulève le couvercle de son panier, dès qu'il entend la porte se fermer. Il saute directement sur la table en face de 2, et examine le nouveau dispositif pendant quelques secondes. 11 pousse latéralement la targette Tl (sans essayer de la soulever et sans toucher le bouton). (1) Dans l'expérience de contrôle, je fais allonger la targette en arrière du pivot, de manière que le couvercle ne puisse se soulever que lorsque la targette a par- couru un chemin considérable (environ 90°). Cette modification amène un assez long tâtonnement de l'animal qui finit cependant par déplacer suffisamment la targette horizontalement pour pouvoir prendre l'appât. Pour le détail de la cinquième expérience (bis), voir l'annexe, page 279. — 238 — Il saute brusquement de la table en poussant T2. Il remonte sur la table, soulève la porte à l'aide d'une targette et prend l'appât. Nota. — La dernière partie de l'opération s'est effectuée si rapidement que je n'ai pu me rendre compte si l'animal avait été entraîné par soji élan en poussant la targette, ou si c'était en sautant sur le sol qu'il avait entraîné la targette T^. Pour contrôler le fait, je renouvelle aussitôt l'expérience, à deux reprises, en rechargeant la boîte et en faisant apporter l'animal enfermé dans son panier. Ces deux expériences (1) me paraissent établir que l'animal manœuvre maintenant les targettes horizontalement et n'essaye plus d'ouvrir en les sou- levant de bas en haut. Septième expérience (13 juin 1910). La septième expérience est une répétition de l'expérience précédente, après un intervalle de trois jours. Rien n'est changé dans le dispositif; mais, l'animal a été purgé l'avant- veille. 11 est en bonne santé et a un bel appétit. L'anthropoïde attend à peine qae la porte soit refermée. Il saute en 2, sur la table, fait un examen très rapide des tar- gettes (examen qui dure environ une seconde). 11 pousse horizontalement la targette Tl d'un mouvement si brusque, qu'après l'avoir poussée, il la ramène du même coup dans sa position primitive. Il la repousse, de nouveau, en bonne place ; puis, actionne la targette T2, ouvre la boîte et s'empare de l'appât. "Nota. — L'animal connaît maintenant le maniement des deux targettes. Les expériences qui ont été faites par la suite (1) Il serait trop longr de les décrire ici en détail; l'animal n'ayant plus faim inter- rompt son travail pour jouer à plusieurs reprises. Il n'arrive à manœuvrer les tar- g-ettes qu'après avoir pris des distractions variées. Le résultat est d'ailleurs confirmé d'une manière plus précise encore dans l'expérience suivante, indiquée sous le titre de septième expérience. Les expériences 6 bis, G ter sont décrites complètement à l'annexe (p. 279). — 239 ^ ne laissent aucun doute à cet égard et confirment toutes ce résultat. Huitième expérience (13 juia 1910). A la suite de l'observation précédente, l'animal me paraît en si bonne santé que je décide d'essayer immédiatement un nouveau dispositif plus compliqué. Je fais ajouter sur le couvercle une nouvelle targette, T3, distincte de Tl et de T2 (boîte D, %. 4, p. 230). La boîte se trouve munie de trois targettes qu'il faut manœuvrer horizontalement pour obtenir l'ouverture. L'animal saute sur la table, regarde un instant l'appât à travers le grillage (une seconde) et se campe en face de 2, comme dans les expériences précédentes. Il pousse la targette T3, il pousse la targette ïl, se déplace légèrement et pousse la targette T2. La boîte devrait s'ouvrir mais la targette T2 a été poussée si loin qu'elle gêne l'ouver- ture de la porte. (Les chevilles, a et b (fig. 4), n'avaient pas encore été placées. ) L'animal constate qu'il ne peut pas ouvrir. Sans paraître s'étonner, il repousse T3 dans le mauvais sens, pas assez loin, cependant, pour refermer la boîte; puis, il actionne la targette T2, et arrive en tirant et en forçant à entre-bâiller la porte, ce qui lui suffit pour prendre l'appât. Observations. — // est à remarquer que l'animal a poussé tout d'abord la targette TS, qu'il ne connaissait pas encore; puis, en passant successivement à Ti , et à T^, il a suivi un ordre régulier de gauche à droite. Neuvième expérience (13 juin 1910). Je fais recommencer l'expérience aussitôt. La boîte est regarnie et la course des targettes est limitée par deux che- vitles a et h [fg. 4) de manière à empêcher les targettes de bloquer la porte après avoir été dégagées de leur crochet. L'animal ramené, recommence son travail avec bonne volonté. — 240 - // saule en ^ et, sans hésitation, avec une vitesse extrême, il repousse de la main gauche les targettes TS, et Tj , et, avec la main droite, la targette T:2. Il ouvre la boîte du même coup avec la ?nain droite et prend l'appât avec la main gauche. Je profite de tant de bonne volonté pour risquer une nou- velle épreuve. L'animal pousse sans hésiter la targette TS et Ti , mais semble oublier la targette T^. Il tire sur le bouton avec la inain droite et éprouve un échec. Il pousse alors la targette T''2 et ouvre. Nota. — L'animal connaît maintenatit le maniement des trois targettes et il opérera par la suite avec la même précision et la même rapidité, chaque fois qu'il sera, de nouveau, en présence d'une des boîtes A, B, C, D. CHAPITRE III Examen des résultats obtenus dans les expériences décrites dans le Chapitre II. Il me semble qu'il y a trois points principaux à distinguer, pour apprécier scientifiquement les résultats obtenus dans ces expériences : 1° Les acquisitions déjà faites par l'anthropoïde avant les expériences; 2° L'influence que j'ai pu exercer sur l'animal pendant la durée des expériences ; 3° Les acquisitions nouvelles faites par l'anthropoïde pen- dant la durée des expériences. Il n'est pas douteux que l'anthropoïde, avant d'être placé devant les boîtes à targettes, avait déjà un certain bagage psychologique. Pépée avait la notion qu'une boîte peut con- tenir quelque chose de bon à manger, qu'une boîte fermée peut s'ouvrir, que pour s'emparer de ce qu'il y a dans une boîte close, on enlève une partie de la boîte (le couvercle) et que l'effort nécessaire pour ouvrir le récipient est récom- pensé, d'ordinaire, par une trouvaille intéressante. Ces notions Pépée les avait acquises par des observations antérieures. Elle poussait des cris de joie, lorsqu'on lui montrait un paquet ficelé entouré de journaux. Si on lui tendait le paquet, elle déchirait le papier et mordait les ficelles pour arriver à s'emparer du contenu. — 242 — Quand on lui donnait une boîte en fer-blanc, fermée à pression par son couvercle, elle s'appliquait à faire sauter le couvercle, d'abord en tirant; puis en suivant le rebord du couvercle avec les doigts; puis en travaillant avec les dents l'endroit où elle apercevait une solution de continuité. Elle ne cherchait pas à ouvrir la boîte en un point quelconque; l'observation lui avait appris qu'elle devait porter son effort sur un point précis, l'endroit où les deux parties métalliques de la boîte sont simplement juxtaposées et non soudées. Avait-elle acquis ces notions premières par suite de décou- vertes effectuées par elle seule, ou s'était-elle instruite à notre contact, en nous voyant défaire des paquets ou ouvrir des boîtes?... Il est difficile de le décider avec certitude; d'autant plus, qu'il y a place pour une troisième hypothèse et, qu'il est vraisemblable, que l'anthropoïde avait acquis ces notions, en partie, à l'aide de ses propres essais, en partie, à l'aide des enseignements que nous lui avions donné à notre insu. Cette question me paraît, du reste, accessoire pour le sujet qui nous occupe. J'ai voulu simplement constater tout d'abord, ce qui me paraît hors de doute, que Pépée au moment des expériences avait déjà des notions préliminaires, soit à l'état de souvenirs, soit à l'état de réflexes inconscients. La seconde question, l'influence que j'ai pu exercer sur l'animal pendant la durée des expériences, est, plus facile encore, à trancher. Etant donné les précautions prises (isolement et observa- tions faites sans que l'animal fut à même de constater qu'il était surveillé), je n'ai pu avoir d'influence directe sur le sujet en expérience et mon influence, indirecte, s'est bornée à créer des conditions favorables pour que l'animal fut à même de s'instruire par lui-même et, uniquement, par lui-même. Je crois donc, pouvoir affirmer que les acquisitions nou- velles qu'il a pu faire, grâce au rigoureux régime, dans lequel il a travaillé, lui appartiennent en propre et ne sont pas l'effet d'une suggestion. — 243 — Les deux premières questions résolues, il reste à déterminer les acquisitions nouvelles faites par l'anthropoïde pendant la durée des expériences. Dans la première et la deuxième expérience, il n'a proba- blement rien appris de nouveau, au point de vue de l'ou- verture d'un appareil. Il s'agissait d'ouvrir une boîte munie d'une porte à char- nière et d'un bouton de tirage pour prendre un appât; l'an- thropoïde avait eu, vraisemblablement, l'occasion d'effectuer un travail analogue précédemment. La rapidité et la sûreté, avec laquelle, il opère aussitôt, indiquent qu'il sait, comment il doit s'y prendre. Dès la troisième expérience (oii l'anthropoïde doit manœu- vrer horizontalement une targette pour assurer l'ouverture de la boîte), il n'en est plus de même : il se trouve en face d'une targette qu'il ne sait pas actionner. Il nous en donne la preuve, en essayant de la pousser de bas en haut, comme il avait fait pour le bouton. 11 échoue dans sa tentative, revient au bouton, puis revient à la targette et, en agitant cette dernière, (vraisemblablement sans intention bien arrêtée), il lui im- prime le mouvement latéral nécessaire. A-t-il appris, du premier coup, que, pour ouvrir la boîte, la targette doit être poussée horizontalement et non verticalement? La quatrième expérience nous laisse encore dans l'indéci- sion, mais la cinquième (page 236) et son expérience de con- trôle lèvent les derniers doutes. Instruite par les premiers tâtonnements, Pépée sait, main- tenant, ouvrir la boîte et actionner la targette horizontalement et, peut-être même, dans un sens déterminé. Cette notion est, désormais, une acquisition de l'animal, ainsi que nous le prouve la sixième et la septième expériences oîi la difficulté devient plus grande puisque, l'anthropoïde se trouve maintenant en face de deux targettes au lieu d'une. On pourrait, même prétendre, qu'il généralise sa découverte (1) (1) Celte question sera traitée spécialement dans un cliapitre ultérieur. — 244 — (ce que je ne crois pas) puisqu'il l'applique immédiatement à une targette quelconque. Dans la huitième expérience, oîi il se trouve en présence de trois targettes, il actionne tout d'abord la targette T3, c'est-à-dire la nouvelle et dernière targette posée, qu'il n'a pas eu encore l'occasion de pousser. Quoiqu'il en soit, et en dehors de toute hypothèse, il ressort de ces premières expériences sur les boîtes à targettes que l'anthropoïde, par ses propres moyens, a acquis la notion qu'on est tenté de formuler ainsi : « Pousser la targette ou les targettes dans une direction déterminée, ouvre la boîte et permet de prendre l'appât. » Comme Pépée (1), pas plus que les autres animaux de son espèce, n'a aucun mot du langage à sa disposition, la notion en question ne peut pas se formuler aussi clairement dans son cerveau. Il semble qu'elle doit se formuler pour elle, comme une (1) M. le professeur Delage {Bulletin de l'Institut général psychologique, 1911) à écrit, à propos du chien, les lignes suivantes : << A vrai dire, le chien ne pense pas, au sens où l'on entend ce mot chez l'homme- « Je me représente le cerveau d'un chien comme un tableau à projections sur lequel passent des images visuelles qui se succèdent, s'enchevêtrent, vont et vien- nent de mille façons, se présentant d'elles-mêmes, suscitées par des impressions actuelles ou des associations de souvenirs, sans que le chien fasse rien pour les évoquer. L'évocation volontaire d'une idée est hors de la portée d'un chien, et lorsque, dressant les oreilles, fixant les yeux, ouvrant les narines il a tous ses nerfs tendus, il ne fait rien autre que de se mettre en état d'attention pour arrêter les images qui pourraient se présenter d'elles-mêmes, les comparer à des souvenirs d'images plus ou moins semblables qui ont déterminé des actes, dont les conséquences lui revien- nent aussitôt en mémoire, et reproduire cet acte ou s'en abstenir selon que ces conséquences ont été agréables ou fâcheuses pour lui. « A ces images visuelles se mêlent des images (si tant est que ce mot puisse être employé ici) auditives, tactiles et surtout olfactives. Ces dernières doivent jouer un rôle dont nous avons peine à comprendre l'importance. Le souvenir d'un objet doit se composer, pour le chien, d'éléments variés dont le plus important est olfactif, le second visuel, le troisième auditif. Et ce sont toutes ces images qui passent dans son cerveau, je n'ose plus dire, comme sur un tableau à projection en raison des élé- ments auditifs et olfactifs, mais un peu comme dans le cerveau d'un dormeur, qui les subit sans les diriger et agit suivant les impulsions qu'il en reçoit sans inter- vention de la volonté. » Ces lignes peuvent s'appliquer exactement au singe. C'est aussi un dormeur qui a des songes peut-être plus variés que le chien, avec plus d'images, mais qui les subit, comme ce dernier, et agit selon les impulsions qu'il en reçoit. Le singe pas plus que le chien ne pense, au sens oii l'on entend ce mot chez l'homme. — 245 — série d'images associées (à la fois visuelles, motrices et tac- tiles) : image de l'objet dont on veut s'emparer, image du couvercle qu'il faut ouvrir, image de la targette qu'on pousse dans un sens déterminé. Je rappelle à ce propos, ce que j'ai déjà dit dans le mémoire sur le pseudo-langage, précédemment cité : Le singe est un mime de talent, inais ce n'est pas un homme. Toute proportion gardée, il peut parfois jouer incon- sciemment devant nous un mimodrame. Il ressent des impressions variées en présence du monde extérieur, il a des associations relativement étendues, une sensibilité phy- sique remarquable, une aptitude véritable à traduire par des jeux de physionomie ses impressions pénibles et agréables. 11 ne réagit plus avec l'automatisme de la poule. C'est un mime de talent... mais, de même que le chien, un mime dont la pensée rudimentaire ne se formule pas dans sa tête comme chez le mime humain, à l'aide de mots, mais à l'aide d'images sensorielles. L'anthropoïde a, en même temps, fait une autre découverte qu'on est tenté de traduire ainsi un langage humain : Quand on le porte dans la chambre de travail, que l'aide a compté à haute voix un, deux, trois et refermé la porte, le panier n'est plus fermé et Von peut sortir librement, en soule- vant le couvercle. Cette notion qui n'existe pas chez l'anthropoïde, lors de la première expérience, puisqu'il reste près d'une minute sans bouger, avant de s'apercevoir qu'il est libre, se confirme dès la deuxième expérience et dans les suivantes. Cette nouvelle découverte, pas plus que les précédentes, ne peut se formuler, chez lui, avec la netteté indiquée par ma phrase interprétative, toujours pour la même raison (absence de mots du langage). Elle doit se graver, dans la cervelle d'une Pépée, comme une série d'images auditives associées, dont l'ensemble constitue la notion nouvelle. — 246 — Ce n'est pas le moment d'examiner par quelle méthode l'an- thropoïde a acquis ces notions nouvelles. Pour le moment, constatons seulement que l'animal a acquis par ses propres moyens des notions nouvelles, et que, par conséquent, il est autodidacte. Ces connaissances représentent, nous le verrons par la suite, des acquisitions définitives de l'animal. Elles n'ont pas besoin, comme dans le dressage, de passer du conscient dans l'inconscient, et l'acte qu'exécute le sujet dans cette première série d'expériences, n'est pas répété suffi- samment pour prendre la valeur d'un acte automatique. CHAPITRE IV Expériences effectuées sur Fanthropoïde avec la boîte à mécanisme invisible. La boîte qui a servi, dans toutes les expériences relatées dans ce chapitre, a été décrite précédemment en détail dans le chapitre 2. (Voir fig. 5, du texte.) Je rappelle que cette boîte E, sans loquets visibles extérieu- rement, s'ouvre lorsque l'on actionne une poire en bois, P, située à l'extrémité d'un tube de cuivre Tu, recourbé en forme de potence (fig-. 5). L'étude de l'animal en présence de cette boîte fournit des observations intéressantes. Malheureusement, j'ai fait une faute dans la construction de l'appareil; faute, qui complique au premier abord les données de l'expérience et rend, surtout, plus difficile l'exposé des résultats. Cette faute ne me paraît pas cependant altérer les conclusions, et, à certains points de vue, elle donne des résultats utiles. Elle me force, pourtant, à diviser les expériences en deux parties : 1° Une première série, qui a duré les 15 et 16 juin et pendant laquelle l'appareil était mal réglé. Une pression, au minimum de 3 kilos sur la poire, était nécessaire pour amener l'ouver- ture de la boîte. 2° Une deuxième série, partant du 21 juin 1910 et allant jusqu'au 10 juillet 1910, où l'appareil ayant subi les modifi- cations nécessaires, un léger balancement de la poire pouvait — 248 — déterminer le déclanchement du mécanisme et l'ouverture de la porte. PREMIÈRE SÉRIE Dixième expérience (15 juin 1910). La première expérience est faite comme les suivantes avec la boîte, E, fig. 5, (ressort très dur, poire ne déclanchant que sous une traction de 3 kilos). Nota. — Les mêmes précautions, que précédemment, sont prises pour l'observation et l'introduction de l'anthropoïde dans sa chambre de travail. L'animal saute sur la table, en face du côté 1, de la boîte. Il regarde l'appât; puis, se redresse et constate l'absence des targettes. Il se campe, ensuite, comme d'habitude en face de 2. Il fait un premier essai d'ouverture, puis se penche et regarde vers le bas. Il tourne lentement autour de la boîte. Il suit, avec le pouce, le contour de la petite porte et essaye de faire agir le doigt comme un levier. Il se redresse alors et regarde la poire, à laquelle on a suspendu un poids de 1 kilo. 11 s'avance et touche légèrement le poids. 11 revient à la boîte, examine de nouveau la petite porte, puis s'en va et grimpe dans les hauteurs de sa chambre de travail, le long d'une conduite de gaz. Après une minute d'exercices, l'anthropoïde redescend sur la table, inspecte la petite porte et descend sur le sol. Il s'empare de l'oreiller contenu dans son panier et joue à la balle avec lui. Rrusquement, il remonte sur la table en 1, et essaye d'insi- nuer ses doigts à travers le grillage pour s'emparer de l'appât. — Echec. A la suite de cette tentative, il tourne autour de la boîte, se place sur la face opposée en 3, et essaye de nouveau de prendre l'nppàt à travers le grillage. — Echec. — 249 — Il s'approche, alors, du poids suspendu à la poire, le tapote légèrement sans insister et remonte dans les hauteurs, oii il fait du trapèze pendant deux minutes. 11 redescend près de la boîte, suit de nouveau le bord de la porte avec ses doigts et essaye de la soulever. 11 tente, ensuite, d'ébranler la boîte et de l'arracher de son support. 11 en fait le tour et essaye encore de soulever le couvercle avec le pouce. 11 se couche sur la boîte et cherche à arracher avec les dents le ressort extérieur R, qui est intime- ment uni à la porte. 11 se dresse deb<3ut, revient vers le poids, le balance un instant; puis, remonte dans les hauteurs. J'interromps alors l'expérience pour modifier l'appareil et je réintègre l'animal dans son panier. Observations. — // me parait ressortir clairement de cette expérience que l'anthropoïde aurait ouvert la boite, si le méca- nisme avait été suffisamment sensible. Une faute de construc- tion de l'appareil a seule empêché ce résultat de se produire. Il aurait été préférable d'arrêter l'expérience aussitôt après que mon animal avait frôlé la poire et d'en remettre la suite à un autre jour, pour modifier à loisir l'appareil. Je n'ai pas procédé ainsi. Onzième expérience (15 juin 1910). Je fais rapidement suspendre à la poire un poids de 2 kilos et une étiquette en parchemin, et, après l'installation de ce nouveau dispositif, l'animal est rapporté dans la chambre de travail, dans les conditions ordinaires. L'anthropoïde sort de son panier, saute sur la table en 1. Il procède à une longue inspection de la boîte sans essayer d'ouvrir (trente secondes). 11 quitte la table et joue dans les hauteurs, puis avec son panier. 11 regarde alors la poire (chargée du poids et de l'étiquette), s'approche, tapotte l'étiquette, la mordille et secoue la poire. Tome LXVIII. 1T . — 250 — La boîte s'ouvre avec fracas. L'animal saute à terre, effrayé par le bruit de l'ouverture. Puis, il monte sur la table, introduit son bras à travers la porte ouverte et mange l'appât. L'expérience a duré en tout une minute quarante secondes. Observations. — Je n'ai pu me rendre compte si l'animal avait vu la boite s'ouvrir. Le bruit causé par le déclanchement parait lui avoir causé une grande frayeur. Douzième, treizième, quatorzième, quinzième, sei- zième et dix-septième expériences (15 et 16 juin 1910). Il me paraît inutile de faire figurer, en plein texte, la des- cription des expériences 12, 13, 14, 15, 16, 17 qui ont été faites le même jour et le lendemain avec la boîte non modi- fiée. Pour éviter d'alourdir inutilement ce chapitre, je reporte le détail de ces observations, en annexe, à la fin de la pre- mière partie (p. 279). Les observations relatives à ces expériences me paraissent devoir se résumer ainsi : 1° Dans chaque expérience, l'animal arrive à ouvrir la boîte en poussant la poire ou en tirant sur l'étiquette en parchemin. 2° Par suite de l'ouverture de la porte et de la violence du déclanchement qui se produit, l'animal éprouve une vive frayeur. 3° En raison de cette frayeur, l'animal semble flotter entre deux impulsions contraires : désir de s'emparer de l'appât et crainte de provoquer un phénomène dangereux. DEUXIÈME SÉRIE Dix-huitième expérience (21 juin 1910). Après une interruption de quelques jours, les expériences sont reprises avec la boîte, E. Le même appareil que précédemment a été rendu très sou- -^ 251 — pie et un simple mouvement de la poire (débarrassée du poids et de l'étiquette) permet le déclanchement. La porte s'ouvre sans violence, grâce à un amortisseur en caoutchouc (E,fig. 5) qui empêche tout claquement de se produire. Observations. — L'animal saute de son panier en 1, examine Pappât un instant, puis regarde la boîte en dessous et en arrière (face 3). Il travaille à soulever le couvercle avec le pouce, se place en 4, et mord le ressort, R, (qui sert à maintenir la porte et à l'ouvrir). Il mord ensuite le caoutchouc amortisseur et tente de l'arracher en se plaçant sur la face 1. Il se campe en 2, et essaye une violente effraction. Il se retourne alors et touche la poire, très légèrement et sans insister, si légèrement que la porte ne s'ouvre pas. Il revient vers la porte, passe successivement en 1, et en 4, mord le caoutchouc, s'attaque au grillage, saute sur la boîte; puis, après diverses évolutions, s'assied sur la boîte et fait osciller la poire. La porte s'ouvre et le frôle, en lui causant une grande frayeur. Nota. - — Toute cette longue série de manœuvres a duré cinq minutes. Je reste dans l'indécision sur l'interprétation des faits et gestes de l'animal. Sait-il que la poire ouvre la boîte hésite-t-il seulement à la toucher par peur de l'ouverture brusque de la porte? En conséquence, je poursuis l'examen. L'animal est enlevé, on recharge l'appareil à trois reprises successives. Dix-neuvième, vingtième expériences (ces expériences sont décrites dans l'annexe, p. 279). Observations. — La première et la seconde expérience de contrôle n'arrivent pas à lever mes doutes., quoique l'animal ouvre la boite chaque fois ; la troisième me parait tout à fait significative et mérite d'être rapportée en détail : - 252 — Vingt et unième expérience (21 juin 1910). Le dispositif adopté est le même que dans les expériences précédentes. Elles ont eu lieu, d'ailleurs, dans la même journée avec un repos, d'environ dix minutes, entre chaque expé- rience. L'animal saute en 1 pour examiner l'appât; puis, se campe en 4, saute sur la boîte et regarde la poire. 11 avance et frôle légèrement la poire. Il hésite saute de la table et grimpe le long du tuyau de gaz. A hauteur convenable, il étend le bras et touche la poire à quatre reprises. La quatrième fois, le déclanchement se produit. 11 éprouve une frayeur visible. Observations. — Pendant l'expérience^ qui dure trente secon- des, l'animal ne s'est préoccupé d'aucun autre ?nécanis?Jîe que de celui de la poire. Vingt-deuxième expérience (21 juin 1910). L'expérience précédente a été si typique, qu'au risque de fatiguer l'animal, je la répète encore une fois, dans les mêmes conditions. La boîte est, de nouveau, munie d'un appât et l'animal ramené dans les conditions ordinaires. L'animal saute sur la table en 1, regarde la poire, passe autour de la boîte et se suspend au tuyau à gaz. Il fait cette figure de gymnastique que l'on appelle le drapeau. De loin, d'aussi loin qu'il peut, il frôle la poire, si doucement, qu'elle ne fonctionne pas. Il saute alors derrière la boite, en 4, l'explore comme s'il cherchait un nouvel orihce d'entrée, revient en 2 et frôle trois fois la poire sans résultats (1). Il descend sur le sol et joue avec son panier. Il explore de nouveau la boîte et essaye d'introduire ses doigts à travers le grillage pour prendre l'appât. (1) Il faut que le frôlement soiljd'une grande légèreté, car la moindre pression suffit pour produire le déclanchement. L'anthropoïde touche la poire avec une extrême délicatesse. — 253 — Il cherche une entrée sur la face i ; puis, il explore le dessous de la table. Il remonte en 4, va en 1. Touche légèrement la poire. Puis se suspend au tuyau, fait le drapeau et de loin, étendant le bras, touche la poire et déclanche. Observations. — Cette expérience de contrôle, avec un amtnal déjà fatigué par les séances précédentes et n'ayant plus faim, me paraît très intéressante. Elle semble bien prou- ver, cette fois, que l'animal sait qu'il peut ouvrir la boite en actionnant la poire; mais, visiblement il se méfie du phéno- mène qui l'a si fort impressionné dans les expériences précé- dentes. Ici, le conflit me parait très net, entre l'impulsion que lui cause la frayeur et l'impulsion qui r excite à la préhension de l'aliment. Série d'expériences du 22 juin au 10 juillet. Les vingt-troisième, vingt-quatrième et vingt-cinquième expé- riences sont décrites à l'annexe^ page '219. — Je ne les analy- serai pas en détail ici. Je noterai seulement qu'à plusieurs reprises la boîte est changée de place et que le tube portant la poire est orienté en sens inverse. L'anthropoïde se familiarise avec l'appareil et peu à peu l'effroi causé par le déclanchement de la porte s'atténue. Vingt-sixième expérience . — Le 27 juin, la durée de l'opé- ration n'est plus que de quinze secondes. Vingt-septième expérience. — Le 27 juin, la manœuvre dure vingt secondes. Nota. — Dans ces dernières expériences, l'animal ne se préoccupe plus que de gagner le plus rapidement possible le tuyau. Il tire et déclanche, en regardant du côté de la porte, de manière à constater l'ouverture et poursuit la traction jusqu'à ce qu'il ait obtenu le résultat. Puis, il va prendre l'appât. — 254 — Vingt-huitième expérience (30 juin 1910). Dans cette expérience, la boîte à poire est retournée de 180°, de manière à changer la position relative de la poire et de la table. L'animal saute sur la table, inspecte rapidement l'appât, et du plus loin possible actionne la poire, en deux secousses. Il constate l'ouverture sans s'effrayer et s'empare de l'appât. Nota. — L'expérience dure quinze secondes environ. Vingt-neuvième expérience (30 juia 1910). Même dispositif, mêmes manœuvres. Nota. — Aucune particularité à signaler, même durée appro- ximative que précédemment. L'anthropoïde connaît maintenant le maniement de la poire et sait, qu'en la touchant, il ouvrira la boîte. Résumé des résultats obtenus dans les expériences sur la boîte à poire. Malgré les tâtonnements du début causés par une mauvaise construction de la boîte E, il résulte, de l'examen des expé- riences rapportées dans ce chapitre, que l'anthropoïde Pépée a fait une nouvelle découverte, que l'on est porté à énoncer ainsi : En tirant sur la poire, la boite s'ouvre et l'on peut prendre l'appât (1). (1) Le libellé ou l'énoncé de cette découverte prête aux mêmes réserves que pré- cédemment. Etant donné l'absence' de mots du langage pour exprimer la pensée, Pépée ne peut avoir au sujet de la boîte à poire que des notions vagues et peu précises, se résumant par des images successives : images de provisions, dont il faut s'emparer, boîte, qu'on ouvre pour prendre les provisions, poire, qu'on louche pour ouvrir le couvercle. — 25 O.) Pendant un^ceriain temps, par suite de la mauvaise mise au point de l'appareil, Pépée a acquis une autre notion : Toucher à la poire produit un phénomène enrayant et dan- gereux (1). Cette notion s'est peu à peu effacée ou rectifiée à la suite d'essais répétés et à la fin de cette série d'expériences, il reste seulement (fait très remarquable) la découverte essentielle : Toucher la poire, la boîte s'ouvre et l'on peut manger les friandises. (1) De même cette notion fausse paraît dériver des deux images associées, traction sur la poire, danger. CHAPITRE V Discussion des oJ3servations faites sur Fantliro- poïde pendant les expériences avec les boîtes à mécanisme visible et invisible. Inconteslablement, ranimai a appris un certain nombre de choses, au cours de ces expériences. Il a acquis ces notions nouvelles par ses propres moj^ens, sans influence étrangère directe. Remarquons tout d'abord qu'il n'y a rien dans ces expé- riences de comparable à un dressage. Dans un chapitre intitulé : Pelite philosophie du dressage, M. Hachet-Souplet (1) a très heureusement caractérisé le dressage en écrivant : « Un animal n'est dressé que quand il exécute le travail qu'on lui a enseigné dès qu'on lui en donne l'ordre, soit par le geste, soit par la voix, et, s'il s'agit des races supérieures, capables de réflexion, sans délibération aucune, par le seul foîictionnement des réflexes acquis, absolument comparables à des 7nanies inculquées et latentes. » Peut-on dire qu'il a eu un auto-dressage? Pas davantage. I^'animal n'arrive, peut-être pas du premier coup, à établir l'association entre le mouvement de la targette, le balance- ment de la poire et l'ouverture de la boîte; mais, une fois cette liaison établie, elle se fixe brusquement, et le gra- (1) JIaciiiît-Souplet, Le Dressage des animaux, Maison Didot, Paris, p. 23. — 257 — phique donnerail: une lig;ne droite à partir de ce moment. Si la notion a besoin de quelques tâtonnements pour devenir notion définitive, elle se précise trop rapidement, trop brus- quement pour qu'on puisse dire que l'animal a contracté une habitude. Cliché de M. Albert Deleury PiG. 6. — Pépée en villégiature au château Taillard, photographiée dans les bras de M^e M. A***. C'est un point sur lequel je désire insister tout d'abord : Ces notions nouvelles sont trop rapidement enregistrées, pour qu'on puisse les considérer comme des halùtudes acquises. Elles n'en constituent pas moins des acquisitions définitives. Ce sont des notions d'instruction et non d'éducation. J'ai pu constater la durée de ces notions, en répétant les — 258 — expériences à des époques de plus en plus éloignées les unes des autres. Les dernières séances, notées dans le chapitre précédent, avaient été interrompues au commencement de juillet, par un voyage de vacances. Pépée avait été amenée à la campagne et avait copieusement joui de tous les plaisirs d'un long déplacement champêtre. Les souvenirs des ses travaux de laboratoire avaient eu tout le temps de s'elTacer. Les deux expériences que je rapporte plus bas n'ont été faites qu'à son retour à Bordeaux, après cette longue période de repos. Trentième expérience (5 octobre 1910) avec la boîte D, à trois targettes (fig. 4). Pépée est ramenée dans sa chambre de travail, où la boîte à trois targettes a été disposée avec le cérémonial accoutumé. L'animal sort immédiatement de son panier, dès que l'aide ferme la porte. Il saute sur la table en 4, et court immédiatement en 2. D'un coup de main, il pousse la targette T3, puis la targette T2, puis la targette Tl. Nota. — Pépée manœuvre sans hésitation^ soulève le cou- vercle à l'aide de Tl , et prend r appât. Trente et unième expérience (5 octobre 1910), avec la boîte à poire (fig. 5). Aussitôt après l'expérience précédente, Pépée est remise dans son panier et emportée dans une salle isolée. On substitue à la boîte à trois targettes, la boîte à poire et la séance recom- mence. OiîSERVATiONS. — Pépée n^a pas d'hésitations. Elle saute sur la table, inspecte rapidement la boîte sans essayer d'ouvrir, regarde la poire, se suspend au tuyau à gaz et déclanche en étendant le bras. - 259 — Ces deux dernières expériences (1) me paraissent suffisantes pour indiquer que les découvertes de Pépée, sur l'ouverture des boîtes, étaient fidèlement conservées après trois mois. Elles nous fournissent des données sur la durée des acqui- sitions faites par l'animal par ses propres moyens. Nous pou- vons, maintenant, revenir sur nos pas et étudier, à un autre point de vue, les faits et gestes de notre anthropoïde, lorsqu'il fait ces acquisitions. Dès la première observation, en face de la boîte munie d'un bouton, Pépée témoigne, visiblement, le désir de manger les friandises contenues dans la boîte. Elle effectue une série de mouvements qui indiquent qu'elle cherche à prendre les friandises... Volonté réfléchie? Rien ne nous montre qu'il y a jugement et comparaison, et, cette volonté de prendre l'aliment, doit rester pour nous, au moins pour le moment, synonyme à' impulsion^ avec tout le vague que comporte un pareil mot (2). Assurément, dans les deux premières expériences, l'animal agit grâce à des notions déjà acquises et utilise, vraisembla- blement, des associations d'images antérieurement formées, associations dont les éléments ne nous sont qu'imparfaitement connus. Un psychologue, tel que Romanes ou Morgan, qui admet chez l'animal, une conscience en quelque sorte humaine, dira : (1) Confirmées, dans la suite, par d'autres expériences aussi nettes comme résultat. (2) Je ne donne pas ce mot pour équivalent au terme « impulse » qu'emploie Thorndike, qui désigne ainsi la conscience qui accompagne une innervation muscu laire. Comme le font remarquer M. Vaschide et P. Rousseau (Revue scientifique, juin 1903, p. 741), « le mot « impulse » au sens où le prend Thorndike, n"a guère d'équi- valent en français. « The impulse » désigne la conscience qui accompagne une innervation musculaire : c'est le sentiment direct d'une action que l'on accomplit, distingué et opposé à l'idée de l'acte accompli ou à venir. Ce n'est pas le motif qui pousse l'animal à faire l'acte; c'est la conscience même de l'accomplissement de l'acte. Il y entre un élément psychologique et un élément physiologique. « The impulse », c'est le sentiment de la position déterminée d'un membre du sujet ou de son corps tout entier, position qui est relative à l'exécution d'un acte particulier et qui le caractérise; c'est la conscience des sensations kineslhésiqués qui résultent de cette attitude. On peut employer en français soit l'expression de « sentiment ou conscience des mouvements », soit celle de « sentiment d'effort musculaire ». — 260 — Chez Pépée, sous l'influence du désir de prendre les frian- dises s'éveille, à la vue des bonnes choses contenues dans la boîte : la représentation de l'acte nécessaire pour soulever le couvercle et introduire la main dans l'intérieur de la boîte, l'image de la porte soulevée, l'image de l'exécution et celle des mouvements nécessaires pour la réaliser. Des naturalistes comme Thorndike et Kinnaman, après des expériences précises, mais, peut-être, un peu trop étroitement interprétées, diront : Chez Pépée, sous l'influence du besoin de prendre la nour- riture, s'éveillent tout d'abord les mouvements qui vont per- mettre de prendre l'aliment. Le besoin de prendre l'aliment amène immédiatement les mouvements observés qui sont liés intimement aux sensations kinesthésiques. Il n'y a donc pas pour les derniers auteurs, représentation indépendante de l'acte nécessaire et surtout image indépendante de l'exé- cution. Je ne crois pas que le singe, à développement cérébral sen- siblement inférieur à celui de l'homme, privé de la parole, associe les images dans une conscience en quelque sorte humaine, comme semblent l'admettre Romanes et Morgan. Peut-être, cependant, Thorndike et Kinnaman accordent-ils trop peu à la puissance mentale de l'animal, alors que, visi- blement, les psychologues cités plus haut lui accordent trop. Dès la deuxième et la troisième expérience avec les boîtes, il se produit quelque chose de particulier qui mérite d'attirer l'attention. Pépée saute sur la table et examine l'appât à travers le grillage. Précédemment, elle avait procédé à cet examen sur les deux faces grillagées, maintenant elle n'examine plus que la face la plus rapprochée de son panier et, dans les expériences ultérieures, elle supprime tout examen. Nous assistons ainsi à la suppression de mouvements inutiles. (]e fait, déjà signalé par Thorndike sur les divers sujets qu'il avait observés, prend à ses yeux la valeur d'une loi. — 201 — Cette élimination graduelle de certains mouvements inu- tiles et la multiplication des mouvements qui conduisent l'animal au but poursuivi (satisfaction du besoin en éveil) représentent, pour lui, le progrès dans l'association, sans qu'il soit nécessaire de faire appel au raisonnement. Sans doute, lorsque ce déchet des mouvements inutiles se produit graduellement, on peut le considérer ainsi; quoique cette suppression des mouvements inutiles semble, à première vue, contradictoire, en l'absence de toute représentation de l'acte nécessaire, avec la liaison complète et intime -des mou- vements et des sensations kinesthésiques; mais, lorsque cette élimination devient, du premier coup, persistante, ne paraît- elle pas, malgré tout, être l'indice d'une descrimination élé- mentaire, l'orientation générale vers une fm (dans le cas pré- sent, la capture des friandises) sans qu'il s'agisse forcément pour cela, d'un raisonnement. Le fait n'est pas assez significatif pour que j'insiste davan- tage, et je poursuis l'examen des expériences. Dans la troisième expérience, Pépée mise en présence d'un bouton, dont elle connaît la manœuvre, et d'une targette, qu'elle ne connaît pas, essaye de soulever le bouton. Celui-ci résiste. Si elle raisonnait, comme un enfant assez âgé, elle devrait s'étonner de ne pas voir s'ouvrir la boîte à l'aide de ce bouton qui lui a permis d'ouvrir précédemment. En réalité, elle passe aussitôt à la targette, puis revient au bouton, puis à la tar- gette, sans étonnement. Il n'en est pas moins très remarquable qu'elle limite ses efforts au bouton et à la targette. Ce n'est pas là, un fait isolé : La targette a cédé sous son effort; nous passons à la qua- trième expérience (répétition de l'expérience n" 3 avec targette tournant plus difficilement). Là, encore, nous voyons l'effort de Pépée se localiser entre la targette et le bouton. Elle prend la targette d'abord, puis le bouton, puis la targette, puis le bouton et enfin la targette... — 262 -- Ne semble-t-il pas ressortir- de ces manœuvres, que les mouvements sont orientés avec une certaine intuition du but à atteindre? Ce n'est pas encore assez net. Poursuivons l'examen des expériences. Prenons, immédiatement, la huitième expérience. Pépée vient, le jour même, de se familiariser (dans l'expé- rience n° 6) avec la boîte à deux targettes. Elle a ouvert la boîte, mangé une banane et vraisemblablement n'éprouve pas le besoin d'en manger une seconde. Remise en présence de la boîte, au sortir de son panier, dans les expériences 6 bis et ^ter décrites à l'annexe (page 279), elle se comporte de la façon suivante : Elle saute sur la table, examine la targette Tl et le bouton, sans les toucher. Elle tourne autour de la boîte et examine la banane qui sert d'appât sans toucher au grillage. Elle revient en avant et regarde les deux targettes et le bouton sans les toucher. Puis, brusquement, elle grimpe le long du tuyau à gaz et va faire des exercices, pendant une minute, dans les hauteurs. Elle descend en arrière de la boîte, passe en avant de cette dernière et pousse horizontalement la targette Tl. Va-t-elle achever d'ouvrir la boîte? Non. Elle repart dans les hauteurs; puis, après un quart de minute, redescend, fait le tour de la boîte, s'arrête en arrière de l'appareil, étend le bras vers la targette T2, la pousse horizontalement et ouvre, enfin, la boîte. . Avec un peu d'imagination et, en plaçant dans le corps de Pépée une conscience humaine, il est curieux de songer à ce qu'on pourrait déduire, comme manifestation de la vie men- tale, de cette courte scène. J'en conclus, seulement, que Pépée n'ayant ce jour-là qu'un très faible besoin d'aliments, dissocie, sous nos yeux, les diver- ses impulsions qui la font agir, et sans voir, dans ses actes des actes raisonnes, il me paraît, cependant, difficile d'affirmer que Pépée n'a que des mouvements liés aux sensations kines- — 263 — thésiqiies et qu'il n'y a pas chez elle, représentation de l'acte nécessaire et image indépendante de l'exécution! (1). Il y a dans sa façon d'agir quelque chose de difficile à carac- tériser encore. Pendant la durée de cette expérience, l'animal paraît avoir le sentiment qu'il peut ouvrir la boîte, qu'il peut prendre les friandises et qu'il peut choisir son moment. C'est l'explication logique de ses manœuvres pour nous, hommes, qui pensons comme des hommes; mais, nous devons réfléchir que, si ce sentiment existe chez Pépée, il ne peut exister que sous une forme très vague, qui ne se traduit pas par des mots. Pour voir plus clair dans les manifestations de Pépée, arri- vons à la quatorzième expérience. Pépée sait maintenant le maniement des targettes. Elle ouvre, en se jouant, les trois targettes pour prendre l'appât. On la met en présence de la boîte E (dixième expérience et suivantes), qui ne s'ouvre que lorsqu'on presse sur une poire. Pépée essaye comme de coutume; puis, ne trouvant pas de targettes, elle regarde vers le bas, en tournant lentement autour de la boîte; puis, elle se relève et suit avec le pouce le contour de la porte, là où la petite porte s'ouvre d'habi- tude; là, où elle voit une solution de continuité. Si l'instrument avait été bien réglé, la séance aurait pris fin presque aussitôt; puisque Pépée, après son effort inutile, se dresse, regarde la poire et la touche légèrement. Heureusement, cette expérience a été mal combinée, la poire résiste à la pression, la boîte ne s'ouvre pas, et nous consta- tons une suite intéressante. Après avoir manié négligemment la poire, Pépée revient à la boîte, fait un nouvel examen et grimpe dans les hauteurs pour jouer. Puis, elle redescend sur la table et inspecte le couvercle. (1) Comment expliquer ces manœuvres, si l'on admet, avec Ttiorndike, l'élimi- nation des mouvements inutiles comme le progrès de l'association, sans idée indé- pendante ? . . — 264 — Puis, elle saute sur le sol, bouscule son panier et joue à la balle avec l'oreiller qu'il contient. Brusquement, le jeu cesse. Pépée remonte sur le devant de la table et tente d'insinuer ses doigts à travers le grillage pour prendre l'appât. Elle échoue; alors, elle tourne autour du grillage et essaye sur la face opposée... Inutiles efforts! L'animal, saisissant alors la boite avec ses deux bras, s'arque- boute et par des secousses répétées essaye de détacher la boîte de la table. La boîte est solidement vissée sur la table, Pépée a fait une inutile tentative. Elle s'approche de la poire, la tapote légè- rement, puis va jouer pendant deux minutes dans les hauteurs. La voilà redescendue sur la table, elle suit le bord de la porte avec les doigts, essayant de faire levier avec le pouce. Puis, et c'est là un des faits intéressants de l'expérience, elle se couche à demi sur la boîte et mord à plusieurs reprises le ressort extérieur qui est cloué sur la porte. Elle cherche à le soulever, en même temps que cette porte qui s'obstine à rester fermée. Nous voyons le fait se renouveler dans la dix- huitième expérience (p. 250). J'ai mis en italique les points qui me paraissent les plus intéressants pendant ces longues manœuvres. Cet animal, qui emploit tour à tour son pouce pour faire levier, ses bras pour ébranler la boîte et ses dents pour arracher le ressort de la porte, ne nous montre-t-il pas qu'il entrevoit une fin précise (la boîte ouverte) indépendamment d'un mouvement déter- miné lié à des sensations kinesthésiques? Ici, nous dissocions les mouvements et l'idée de l'ouverture de la boîte qui pro- A^oque successivement ces diverses manifestations. Il y a là, sinon la première ébauche d'un véritable raison- nement, tout au moins, un embryon de jugement. L'animal paraît nettement réagir par des séries de mouvements appro- priés à un but poursuivi sous l'intluence d'une idée. En fai- sant manœuvrer successivement, son pouce, ses bras, ses dents, notre animal montre par cette série d'essais qu'il pos- sède, jusqu'à un certain point, cette faculté de l'entendement — 265 — qui permet une comparaison (très élémentaire dans l'es- pèce). Ces mouvements appropriés à un but, sans être des mou- vements raisonnes à la façon* humaine, ne sont nullement comparables à ceux que Thorndike avait noté chez les chats, en particulier, lors que ces derniers griffaient, grattaient, mordaient pour traduire leur colère et leur impuissance à quitter la cage oii ils étaient enfermés. Ils sont, au contraire, comparables à ce que Kinnaman avait déjà constaté chez Macacus Rhésus, sur lequel il expérimentait, lorsque ce singe n'arrivant pas à faire fonctionner une serrure avec les mains essayait d'ouvrir avec les dents. On ne peut pas, à priori, assimiler tous les animaux mam- mifères au point de vue de la formation de leurs associations ; tandis que, pour le chien et le chat, la conclusion sévère de Thorndike est, peut-être, justifiée; il faut admettre qu'il n'en est plus de même chez les primates et que l'on trouve, chez eux, les indices d'une vie psychologique supérieure. Cette vie psychologique supérieure de l'anthropoïde se mani- feste clairement, particulièrement dans la huitième expérience. Pépée a appris le maniement de la boîte à deux targettes. Je décide de la mettre en présence de la boîte à trois targettes et je fais visser une targette supplémentaire T3. L'animal (voir le détail de l'expérience, page 239) pousse les trois targettes et s'empare de l'appât; mais, chose curieuse, il commence par T3, la targette la plus nouvellement posée et qu'il ne connaît pas encore. Arrive-t-il donc à généraliser et à formuler dans son esprit quelque chose comme : une targette doit se manœuvrer hori- zontalement? Je ne le crois pas. Il me paraît beaucoup plus logique, étant donné le développement des centres nerveux de l'anthropoïde, son impuissance à se munir d'un vrai lan- gage même rudimentaire, d'admettre que cette indifférence dans le choix des targettes, tient non pas à une puissance de généralisation, mais au contraire à de V imprécision. Pépée est dans l'état psychologique du jeune enfant qui com- ToME LXVIII. 18 — 266 — mence à balbutier et qui appelle « chibal » tous les animaux qui ressemblent plus ou moins au cheval. L'enfant fait une généralisation que j'appellerai : une géné- ralisation par ignorance. A l'inverse de la généralisation sans épithète, c'est une preuve de débilité mentale. Elle rCen a pas moins sa source dans une comparaison fruste et grossière. L'enfant a sur Pépée la supériorité d'accrocher déjà un mot à cette comparaison; mais, il n'en reste pas moins vrai que Pépée a, en puissance, la possibilité d'une comparaison, et que ses mouvements, lorsqu'elle cherche à ouvrir la boîte, sont dirigés par une idée. Gomme le fait remarquer Georges Bohn (1) dans un cha- pitre consacré à l'activité psychologique des vertébrés. « Si l'on arrive à faire une étude des sensations d'un animal, souvent on peut hésiter sur les mécanismes psychiques qui interviennent dans les formations des habitudes. S'agit-il d'association, d'imitation, de raisonnement? Thorndike, Kin- naman, ont rejeté l'intervention du raisonnement; d'après ces auteurs, les mouvements bien adaptés s'associeraient aux sen- sations éprouvées par l'animal, et les mouvements mal adaptés s'élimineraient progressivement; au début, le mouve- ment adapté serait dû à un pur hasard. « C'est également la conclusion de Porter qui a appris à ses moineaux à ouvrir des cages fermées par des mécanismes spéciaux. Ces oiseaux se sont montrés parfois presque aussi habiles que les singes de Kinnaman. C'est aussi celle de Le W. Cole, qui a expérimenté sur des ratons laveurs, et a constaté qu'au point de vue de la rapidité de formation des associations ces animaux se placent entre les chats et les singes. « Dans certains cas, le mouvement ne serait-il pas dirigé par une idée? Le singe qui n'arrive pas à manier une clef avec ses mains essaie de ses dents. Ce fait est bien troublant. » Troublant ou pas, le fait me paraît bien établi dans la série (1) Georges Bohn, La nouvelle psychologie animale, p. 182. Félix Alcan, Paris. l'Jll. — 267 — des expériences que j'ai analysées dans ce chapitre, et il me semble difficile d'interpréter autrement les manifestations de mon anthropoïde. Dans l'expérience vingt et un ou vingt-deux, p. 252, l'inter- vention de l'idée et d'un jugement élémentaire me paraît extrêmement net : Pépée a appris que la boîte E s'ouvre avec une poire (elle le prouve en ouvrant, ainsi, la boîte à chaque expérience). Comme elle a été effrayée précédemment du brait causé par l'ouverture (sous l'influence du ressort le déclanchement se faisait avec fracas), nous la voyons hésiter à utiliser la poire et chercher à ouvrir la boîte par un autre moyen. Son inspection sous la table, jointe à ses autres manœuvres me paraît un trait tout à fait décisif. (Dix-huitième expérience et suivantes, p. 250.) Ainsi, dans certains cas, les mouvements de Pépée parais- sent incontestablement dirigés par une idée; et cependant, d'ordinaire, dans le travail normal de l'anthropoïde, la décou- verte du mouvement nécessaire est due au simple hasard et le mental de l'animal ne paraît intervenir que par une vague et imprécise direction. On peut avoir une idée, quand on est un anthropoïde, sans pour cela être un Newton ou un Descarte par la méthode, et, si la série des expériences nous révèle la possibilité pour l'an- thropoïde de faire une constatation, un jugement et, peut-être même, un raisonnement embryonnaire, chose curieuse et que viendront confirmer les expériences faites sur les enfants, Pépée, ne se sert certainement pas du raisonnement pour diriger son travail (i). Ce n'est pas sans hésitations et sans de longues réflexions que je suis arrivé à cette conclusion. (1) Cette conclusion d'apparence paradoxale s'explique cependant, si l'on réfléchit que l'animal malgré le développement de ses masses cérébrales, n'a à sa disposition que des images qui ne s'accrochent pas à des mots, et que le juxtaposition de ces images, si elle peut permettre des juxtapositions, des constatations et des compa- raisons élémentaires, ne fournit pas un terrain solide pour étayer un véritable rai- sonnement. -^ 268 — Voyons, pour trancher la question sa façon de procéder en face des difficultés qu'elle a à résoudre. Voyons, en un mot, sa méthode de travail. Si nous nous reportons aux premières expériences, l'animal tâtonne, fait des tentatives sans insister, passe (expériences n° 4 et n° 5) du bouton à la targette, de la targette au bouton, jusqu'à ce que la chance le favorise. 11 enregistre alors le souvenir précieux de l'essai réussi, point de départ de sa découverte. 11 sait seulement en gros, que la manœuvre d'une targette amène l'ouverture de la boîte, et il ne précise pas d'abord le sens exact (à droite ou à gauche) de l'impulsion à donner. Si la targette résiste d'un côté, il pousse de l'autre. Malgré tout, lorsque l'animal travaille sur des boîtes à mécanisme visible, nous pouvons nous demander si, vrai- ment, l'animal ne raisonne pas, plus que nous ne le pensons, puisqu'il arrive à effectuer correctement les mouvements nécessaires pour manœuvrer convenablement dans le sens voulu les trois targettes. 11 n'en est pas de même quand nous passons aux expé- riences sur la boîte E (à mécanisme invisible). Là (1), nous voyons l'animal toucher la poire et ouvrir la boîte, alors qu'aucun raisonnement, aucun jugement, aucune comparaison ne pouvait le guider et lui indiquer que cette poire com- mandait l'ouverture de la boîte; nous saisissons sa méthode sur le vif et nous sommes obligé de reconnaître que sa (1) L'anlhropoïde esl méfiant et craintif; en deliors de l'absence des largeiles il voit un objet qu'il ne connaît pas, une poire à laquelle esl suspendue un poids. Il s'avance et touche légèrement le poids. La découverte est faite, ou devrait être faite si l'appareil fonctionnait normalement, car à col attouchement la porte doit déclancher. Il a suffi d'un simple geste de tâtonnement, un mouvement dirigé sans but précis (et dans tons les cas sans intention précise d'ouvrir la boîte) pour atteindre le résultai. L'animal agit si peu dans une intention précise qu'il ne s'aperçoit pas tout d'abord du résultat obtenu et, ce n'est quà la longue, qu'il établit une association certaine entre la poire et l'ouverture de la boîte et qu'il actionne la poire, dans le but d'ouvrir la boîte. - 269 — méthode de travail est seulement basée sur des essais et des tâtonnements avec, fixation immédiate des essais utiles, sous l'influence de l'attention éveillée. L'attention éveillée... voilà le fait qui ne paraît pas avoir suffisamment frappé Thorndike et Kinnaman. Il explique, selon moi, les progrès que l'on constate dans les mouvements vers le but poursuivi et l'abandon des mouvements inutiles, sans rintervention d'un raisonnement proprement dit. Il me paraît jouer un rôle si capital, que je consacrerai à l'attention, le chapitre suivant tout entier. En résumé, si l'on étudie le mode de travail de Pépée, l'on s'aperçoit, que dans le cas ordinaire, l'animal (qui, nette- ment, a le désir d'ouvrir la boîte) effectue des mouvements sans prévision nette de l'acte à accomplir pour ouvrir la boîte. Il tâtonne au hasard, dans un cercle assez restreint cepen- dant, pour que nous puissions en déduire qu'il a Vidée vague que ses mouvements peuvent le conduire au but (l'ouverture de la boîte). Son attention, excitée par la présence d'un aliment agréable, lui permet de fixer immédiatement le souvenir d'un mouve- ment utile. L'idée qu'un mouvement approprié peut ouvrir la boite est donc, chez lui, en quelque sorte j^iassive et non directrice. J'adopte ainsi une opinion intermédiaire entre celles que j'ai exposées plus haut : Avec Thorndike, Kinnaman et les naturalistes qui ont tra- vaillé dans la même voie, je constate qu'il n'y a pas prévision nette du mouvement à accomplir; mais, je constate, en même temps, qu'il y a prévision du but à atteindre. Avec Morgan et les psychologues de la même école, je cons- tate que dans la conscience de l'animal l'idée des mouvements est indépendante du mouvement lui-même; mais, je m'écarte d'eux, en constatant que l'idée est passive et non directrice des mouvements. CHAPITRE VI L'attention Les philosophes se sont heaiicoup préocupés dé l'attention dans ces dernières années et lui ont consacré des ouvrages entiers. Th. Ribot, dans l'introduction de son livre sur la psy- chologie de l'attention (1), déclare nettement qu'il y a deux formes distinctes d'attention : « L'une spontannée, naturelle; l'autre volontaire, artificielle. « La première, dit-il, négligée par la plupart des psycho- logues, est la forme véritable, primitive, fondamentale, de l'attention. « La seconde, seule étudiée par la plupart des psychologues, n'est qu'une imitation, un résultat de l'éducation, du dressage, de l'entraînement. Précaire et vacillante par nature, elle tire toute sa substance de l'attention spontanée; en elle seule, elle trouve un point d'appui. Elle n'est qu'un appareil de perfec- tionnement et un produit de la civilisation. » Jean-Paul Nayrac (2), dans son ouvrage sur la psychologie de l'attention, admet la même distinction que Ribot et dit : « Dans l'attention spontanée, il y a un élément fort impor- tant, l'affectivité. Dans ce cas, l'individu est plutôt passif qu'actif; le processus est « atTérent », j'entends, bien entendu, que l'excitant vient plutôt du dehors. Dans l'attention volon- (1) Th. RiROT, Psjjcliiilof/!e de l'alte)ilion. iiilroduclion, p. 3, Félix Alcan, Paris, 1908. (2) Jean-Paul Naviiac. Pliy^iolof^ic el psyciiolosie de rallenliùii, Paris, 190G. — 271 — taire, au contraire, le sujet est actif, agissant; le processus est « efférent », j'entends que l'excitant a sa source directe dans le cortex psychique. « J'ai dit que, dans l'attention effective le processus est plutôt « afférent » parce que l'individu est alors plastique, en quelque sorte : ici, il est plutôt mené que meneur. Cette attention est favorisée surtout par l'affectivité. La nature qui m'environne me parle sans cesse, c'est-à-dire qu'elle m'excite, me charme, me plaît ou me déplaît selon le cas, selon les circonstances. L'attention affective relève, en grande partie, des lois du sentiment et de l'émotion. (( Je dis « en partie », parce que, dès que le sentiment s'émousse, dès que l'attrait disparaît, elle doit devenir volon- taire, si elle veut se maintenir, si elle veut durer. « L'attention volontaire, au contraire, semhle plus ps5xhique, plus intérieure; elle apparaît comme le fond, comme la création même de l'homme. » Il est intéressant de voir cette distinction faite par les phi- losophes modernes entre ces deux états de l'attention et cette séparation de l'attention spontanée, naturelle, et de l'autre attention volontaire et artificielle. Cette constatation est d'autant plus intéressante que les philosophes prennent l'homme pour l'objet principal de leurs études. Pour certains philosophes même, l'attention est l'apanage exclusif des êtres doués de conscience et de raison, c'est-à- dire de l'homme. Edouard Rœhrich (1) écrit par exemple : « Cette remarque est importante car elle nous permet d'écarter du cadre de cette étude des sujets étrangers, dont l'intrusion embrouillerait les problèmes a élucider. « Qu'on nous entende bien : nous ne songeons nullement à interdire à la psychologie de l'attention une excursion dans le domaine de la psychologie animale. Nous croyons, au con- traire, que ces recherches sont parfois d'une grande utilité. (1) Edouard Rœhrich, L'attention spontanée et volontaire, p. 8, Félix Alcan, Paris, 1907. « JNIais il y aurait des inconvénients très graves à confondre l'attention qni veut connaître, avec l'attente qui veut posséder ou supprimer un objet. L'impatience fébrile avec laquelle j'attends une lettre, est un élat d'âme tout autre que l'atten- tion que l'attention que j'apporterai à sa lecture, une fois que je l'aurai reçue et ouverte. Autrement il faudrait appeler attention l'attitude d'un chien levant le gibier, ou d'un tigre guettant une proie. « Or, ces animaux ne veulent pas connaître, mais se préci- piter sur une proie. c< Le sauvage n'est pas du tout incapable d'attention, comme on l'a prétendu, seulement elle s'exerce sur un nombre très limité d'objets. (( Il est attentif lorsqu'il cherche à connaître la marche, la direction, le nombre de ses ennemis, ou qu'il observe la con- figuration d'un lieu. Mais quand il guette l'ennemi, il ne cherche plus à connaître, il veut tuer. « L'attention n'est à certains égards, qu'un cas particulier de l'attente. Mais elle la dépasse aussi en tant qu'activité intellectuelle, tandis que l'attente comporte avant tout des phénomènes d'ordre physique et passionnel. » Malgré la divergence apparente de vue, je crois qu'il y a surtout une différence de mots, entre la formule de M. Rœhrich et celle de M. Ribot et Nayrac. Si l'impatience fébrile, avec laquelle, j'attends une lettre est en état d'âme, tout autre que l'attention que j'apporte à sa lecture, n'est-ce pas parce qu'il s'agit, dans le premier cas, d'attention naturelle ou spontanée, et, dans l'autre cas, d'atten- tion volontaire et artificielle? Prétendre qu'un sauvage qui guette un ennemi n'est pas en état d'attention parce qu'il veut tuer et ne cherche pas à connaître, c'est éliminer tout état d'attention involontaire : je suis dans mon jardin, je lis le livre de M. Rœhrich et cherche à connaître et à suivre ses idées écrites. J'entends le ronflement d'un aéroplane, je lève les yeux, j'écoute et je ne songe plus que vaguement à la thèse développée par M. Rœhrich. Est-il — 273 - nécessaire que je cherche à connaître ce qui produit ce bruit, pour conclure qu'un nouvel état d'attention a succédé à l'ancien ? Evidemment, non. L'état d'attention est un phénomène qui se produit dans le premier cas, sous l'influence de la volonté, dans le second cas sous l'influence d'un choc extérieur. — Autre exemple, qui montre le passage inverse de l'attention sponta- née à l'attention volontaire : Une araignée vient se poser sur ma main, j'éprouve une sensation désagréable, mon attention spontanée s'éveille; puis, je me souviens que je suis zoologiste, je capture l'araignée, je l'examine, je cherche dans ma tête à quelle famille elle appartient, je cherche son nom d'espèce; mon attention est devenue de l'attention volontaire. Essayons de voir, avec un peu plus de précision, ce qu'il y a derrière ce mot, « l'attention ». Il semble que l'atlention, n'a rien d'une entité, et que c'est l'avis général des philosophes modernes. (( Les prétendus effets de l'attention, dit M. Ri bot (1), comme sous-titre de son premier chapitre, en sont les facteurs indis- pensables et les éléments constitutifs. » 11 ajoute, page 19 : « Les manifestations physiques de l'attention sont nom- breuses, et d'une très grande importance. Nous allons les passer en revue minutieusement, en jwévenant d'avance que nous les considérons moins comme les effets de cet état de l'esprit que comme ses conditions nécessaires, souvent même comme ses éléments constitutifs. « Cette étude, loin d'être accessoire, est donc pour nous capitale. Pour obtenir une conception quelque peu nette du mécanisme de l'attention, il n'y a pas à chercher ailleurs. « Elle n'est en définitive, qu'une attitude de l'esprit, en état purement formel : si on la dépouille de tous les accompagne- ments physiques qui la déterminent, qui lui donnent un corps, on reste en présence d'une abstraction pure, d'un fantôme. » (1) Th. RiBOT. Psycholor/ie de l'alteniion. p. 19, Félix Alcan, Paris, 1908. — 274 — Je crois, pour mon compte, qu'on peut comparer l'attention à un reflet lumineux, en lui attribuant la même valeur que celle que nous donnons au mot « lueur ». Chacun de nous, comprend sans peine ce qu'il y a de vague dans ce mot lueur et sait, pourtant, que la lueur est une manifestation d'énergie. La lueur du modeste ver luisant et la lueur fulgurante de l'éclair, tout en se caractérisant par le mot lueur, ont cepen- dant une origine différente, une intensité différente et consti- tuent la manifestation visible, pour nos yeux, de causes n'ayant rien ou fort peu de choses communes. 11 me paraît en être de même pour l'attention. L'attention naturelle ou spontanée et l'attention artificielle sont les mani- festations de causes très différentes, quoique ces causes diffé- rentes agissent, toutes deux, sur le cortex psychique. L'attention spontanée mériterait, selon moi, le nom d'atten- tion animale, et l'attention artificielle celui d'attention humaine. Il y a peut-être là, une distinction à faire, de même ordre que celle que j'ai établie, dans un précédent mémoire, entre le pseudo-langage et le langage. De même que le pseudo-langage existe chez les animaux et chez l'homme, de même, l'attention animale existe chez les animaux et chez l'homme; tandis que l'attention artificielle est l'attention humaine par excellence. Cette constatation est peut-êlre moins superficielle qu'elle n'en a l'air, car, il me semble bien que l'attention artificielle ne se développe, vraiment, que lorsque l'homme a conquis, comme instrument, le mot (ou dans le cas des sourd-muets, le signe ayant la valeur conventionnelle du mot). Chez le primate, oîi les centres nerveux se rapprochent beaucoup de ceux de l'homme, mais qui reste privé du lan- gage vrai, l'attention artificielle ou humaine ne pourrait se manifester qu'à l'état embryonnaire, par éclairs et par une subite illumination, sans durée. Cette distinction entre les deux attentions, nous permet de mieux comprendre les divergences que l'on constate dans les opinions des philosophes au sujet de l'origine de l'attention, — 275 — selon qu'ils se préocupent de l'attention spontanée on animale, ou de l'attention arlificielle, ou humaine. Parlant de l'origine de l'attention Ribot nous dit (i) : « Nous pouvons voir maintenant que l'origine de l'attention est très humble et que ses premières formes ont été liées aux conditions les plus impérieuses de la vie animale. L'attention n'a eu d'abord qu'une valeur biologique. L'habitude des psy- chologues de s'en tenir à l'attention volontaire, et même à ses manifestations supérieures, cachait cette origine. (( On peut dire à priori que si l'attention a pour cause des états affectifs qui ont pour cause des tendances, besoins, appétits, elle se rattache, en dernière analyse, à ce qu'il y a de plus profond dans l'individu, l'instinct de la conserva- tion... » Et plus loin : « L'impression d'une proie à saisir, d'un ennemi à éviter et, de loin en loin, d'une femelle à féconder, s'impose dans la conscience de l'aniuial avec des mouvements adaptés. L'atten- tion est au service et sous la dépendance du besoin; toujours liée au sens le plus parfait; tactile, visuelle, auditive, olfac- tive, suivant l'espèce. La voilà dans toute sa simplicité, et c'est ce qui instruit le mieux. Il fallait descendre jusqu'à ces formes rudimentaires pour saisir la raison de sa puissance — elle est une condition de la vie — , et elle conservera le même caractère dans les formes supérieures où, cessant d'être un facteur d'adaptation au milieu physique, elle deviendra, comme nous le verrons, un facteur d'adaptation au milieu social. » Définissant, à son tour, l'attention, Nayrac (2) nous dit :, « Parente de la mémoire, de l'association des idées et sœur jumelle de la volonté, l'attention se trouve placée aux plus hauts sommets dans la hiérarchie des phénomènes psychiques; elle nous apparaît comme une fonction générale de l'être, (1) Th. Ribot, Psycholorjie de l'attention, p. 43 et 45, Félix Alcan, Paris, 1908. (2) Jean-Paul Nayrac, Pliysiologie et psyctiolof/ie de l'attention, Félix Alcan, Paris, 1906. — 276 — comme l'énergie collective des facultés de l'esprit, comme l'agent indispensable de l'évolution et du progrès. » 11 me semble qu'elle se présente à nous sous des apparences, plus modeste que ne le pense Nayrac, au moins chez la géné- ralité des animaux oii elle m'apparaît comme la manifestation extérieure d'un travail mental rudimentaire, en présence de stimulations venues du dehors. 11 est facile de constater son existence dans le chien à l'arrêt, dans le chat qui se glisse le long d'une branche pour capturer un oiseau. Je n'ai pas à insister sur ce sujet. Ne voulant m'occuper, ici, que de ses manifestations chez mon anthropoïde. Dans un mémoire précédent (1) j'ai rapporté quelques observations faites sur Pépée et je disais : « L'hylobate paraît habitué à classer les sons dans trois catégories : « 1° Les bruits dangereux, nuisibles; « 2° Les bruits avantageux, annonçant un plaisir ; « 3° Les bruits indifférents. « L'animal ménage son attention et écarte tout ce qui n'est pas intéressant; c'est-à-dire nuisible ou agréable. « J'ai fait donner à Pépée plusieurs auditions au piano, avec des morceaux de musique d'allures diverses. Aux premières notes, elle s'inquiétait visiblement du bruit, cherchait sa pro- venance ou son origine; puis, presque aussitôt, elle se détour nait, et, à partir de ce moment, paraissait ignorer le musicien et sa musique. « Nous n'avions pas plus de succès, quand nous causions devant elle. Elle se désintéressait de nos paroles, ou bien se mettait à chanter à tue-tète, étouffant le bruit de notre con- versation par ses roulades. « L'animal ménage systématiquement son attention. Il semble craindre de la fixer et, de fait, lorsque son attention (1) Ldllis linlJTAN, Pspiulo-laiil'imo. Iuccil. — 277 — est fortement en éveil, il ne tarde pas à en éprouver une fatigue extrême comme à la suite d'un surmenage. « Cela paraît ressortir très nettement d'une expérience que j'ai vu réussir à deux reprises, avec Arlhurette, un gibbon de la même espèce. « On présentait à cette dernière une glace que l'on faisait osciller lentement dans plusieurs directions. Voir, sous ses yeux, s'agiter une image semblable à la sienne, intriguait fortement l'animal. Son attention se trouvait vivement excitée, il cherchait à saisir l'image sosie, passait la main derrière la glace, recommençant plusieurs fois ce manège, visiblement surpris de ne rien trouver. Alors..., l'animal bâillait longue- ment, s'étendait par terre, devant le miroir et s'endormait. « Pépée n'a jamais réagi de la même manière. S'apercevant de l'inutilité de sa recherche, n'éprouvant aucune crainte, sa curiosité paraissait très atténuée. Elle regardait avec inditîé- rence le miroir en mouvement et ne tardait pas à ne plus y prêter attention. « J'ai plusieurs fois renouvelé l'expérience avec une armoire à glace ou elle pouvait se voir en pied. Son jeu a toujours été le même, un rapide coup d'œil, puis l'indifférence. » En écrivant ces lignes, je n'avais pas encore fait les réflexions que m'ont suggéré, depuis, l'étude attentive des expériences faites sur Pépée; je ne m'étais pas encore demandé, si dans un animal à organisation supérieure comme Pépée, nous ne nous trouvons pas, parfois, en présence de deux manifestations différentes d'attention : L'attention animale qui se manifeste, normalement, dans les actes habituels de la vie; l'attention artificielle ou humaine qui se manifesterait, exceptionnellement, sous forme fragmen- taire, sous forme embryonnaire, dans quelques cas particu- liers, chez les primates. C'est un problème intéressant que je ne puis qu'effleurer ici, et que je compte développer, davantage, dans un autre mémoire en préparation, où j'exposerai les résultats obtenus — 278 — avec Fanthropoïde, mis en présence d'appareils beaucoup plus compliqués que ceux que j'ai décrits précédemment. Dans le cas des expériences avec les boîtes, nous pouvons déjà remarquer que Pépée, vivement stimulée par la gour- mandise, manifeste l'attention soutenue de l'animal excitée par la vue des friandises contenues dans la boîte. Dans cer- taines expériences, cependant, nous voyons se manifester quelque chose de différent. Dans l'expérience 22, p. 252, par exemple, le souvenir du bruit effrayant causé par la détente du ressort au moment de l'ouverture de la boîte (souvenir qui appartenait au cortex psychique), semble déclancher un commencement d'attention artificielle (de cette attention qui est le propre de l'homme), ainsi que l'indiquent les curieuses manœuvres de Pépée. Selon moi, le cas est comparable à celui du miroir d'Arthu- rette, ou l'animal semblait faire effort pour s'expliquer la présence de l'image Sosie. L'indice de ce changement d'attention, ou de l'apparition de ce commencement d'attention humaine, serait, comme dans le cas du miroir d'Arthurette, la fatigue et le surme- nage (1), suite logique de toute manifestation d'attention arti- ficielle chez un être mal entraîné. (1) Quand pour une raison quelconque, j'avais multiplié le nombre des séances, on me signalait le fait lorsque je rentrais à la maison. On me disait : « Pépée a dû tra- vailler plus que d'habitude. A son retour, elle était fatiguée et après son goûter, elle s'est endormie ». Si l'on réfléchit que le travail de Pépée consistait à ouvrir des boîtes, pour s'emparer de friandises, on ne peut attribuer cet excès de fatigue à l'effort musculaire. Je dois ajouter, que cette fatigue a surtout été bien évidente dans les expériences avec les appareils plus compliqués, auxquels fai fait allu- sion plus haut. CHAPITRE VII ANNEXE DE LA PREMIÈRE PARTIE Expériences faites sur Pépée qui ne figurent pas clans les chapitres précédents. Je donne dans ce chapitre, sous forme d'annexé à la pre- mière partie^ les expériences faites sur Pépée avec les boites à mécanisine visible et invisible, qui m'ont paru ne pas pouvoir prendre place dans l'exposé général, sous peine d'alourdir inu- tilement le texte. De cette façon, le lecteur qui voudra se rendre compte de la série complète des expjériences en question, pourra vérifier, avec plus de certitude, les observations que j'ai discutées dans le chapitre III et le chapitre V. Cinquième expérience bis (jeudi 9 juin i9i0). Boite B. — On a allongé la targette en arrière, pour aug- menter sa course avant l'ouverture. Au sortir de son panier, l'animal saute sur la table, sans examiner l'appât. II saisit le bouton et le soulève pour ouvrir. — Echec. Il passe sur le côté 1, grillagé, revient en 2, secoue le bouton et (peut-être) la targette. — Echec. 11 se rend sur l'autre face grillagée et regarde l'appât, pen- dant quatre à cinq secondes. — 280 — Il revient sur la face 2, et secoue le bouton. — Echec. Il repasse devant le grillage, fait le tour de la boîte, essaye de manœuvrer la targette et la déplace un peu. — Echec. Il revient sur la face grillagée, regarde l'appât, retourne en 2, secoue la targette, le bouton, reprend la targette, la soulève et la déplace suffisamment pour que la main puisse passer et saisir une des bananes qui forment l'appât. La porte se referme. La targette, insuffisamment déplacée, gêne l'ou- verture de la porte, sans l'empêcher complètement. Pépée, après avoir mangé la banane en se tenant devant la boîte en 2, pousse et agite la targette pour ouvrir. A ce moment, je prends une photographie. L'animal fait un saut brusque et retire sa main, sans avoir pu saisir la seconde banane. Il revient sur la table et ouvre sans difficulté, la tar- gette s'étant mise dans la position la plus favorable, lors de sa dernière manœuvre, lorsque le déclic s'est produit. Nota. — Pépée a-t-elle achevé de pousser la targette ou est- ce en fuyant quelle Fa involontairement déplacée? Je n'ai pu m'en rendre compte exactement. Sixième expérience bis (10 juin 1910). Boite C (à deux targettes). — Même dispositif que dans la sixième expérience (voir texte, p. 237). La targette, que l'on a fortement vissée, ne tourne qu'assez difficilement. L'animal sort de son panier et saute directement sur la table à gauche, sans se préoccuper de l'appât. Il examine la targette T2, et le bouton, sans les toucher. Il passe sur la face grillagée et examine l'appât. Il revient sur la face 2, et inspecte sans les toucher les deux targettes et le bouton. Il grimpe brusquement dans les hauteurs, où il reste environ une minute. Il redescend sur la table, se campe devant la face 2, et pousse horizontalement la targette, Tl. -^ 281 -^ Il retourne, ensuite, dans les hauteurs et joue pendant environ quinze secondes. Il revient sur la table, fait le tour de la boîte, passe sur la face 3, et pousse la targette T2. Il ouvre, et prend l'appât. Nota. — Par suite de son changement de position, l'animal a poussé les deux targettes dans le même sens. Sixième expérience ter (10 juin 1910). Répétition exacte de l'expérience précédente. L'animal saute de son panier sur la table et, sans examiner l'appât, fait un examen des targettes, puis, s'éloigne et grimpe dans les hauteurs pendant une minute. Il redescend sur la table et se place sur le côté 2, de la boîte. Il pousse, à demi-course, la targette Tl, bien horizonta- lement. Il n'essaie pas de soulever le couvercle et grimpe vers les hauteurs, pendant plus d'une minute; puis, redescend sur le plancher, bouscule son panier et joue avec l'oreiller. Il remonte sur la table en 3, et actionne latéralement la targette Tl, de manière à la pousser à fond. Il remonte dans les hauteurs, joue avec entrain, grimpe sur la table en 3, repousse dans le mauvais sens la targette Tl, (qu'il avait actionné précédemment), mais sans l'engager sous son crochet. Il avance la main vers la targette T2, change d'avis, et exé- cute des jeux variés sur le plancher. II bouscule son panier, grimpe dans les hauteurs et redescend à terre. Brusquement, il remonte sur le côté 2, et pousse à fond la targette Tl, dans le bon sens. Il se rapproche de la targette T2, la touche doucement, puis la délaisse pour aller en 3, puis en 2, où il se campe. Il pousse alors à fond la targette T2 et soulève, en même temps, le couvercle pour prendre l'appât. Tome LXVIII. 19 — 282 — Douzième expérience (15 juin 1910). Répétition de rexpérience n° 11 (page 249 du texte) avec boîte à mécanisme invisible. Nota. — L'animal ayant mangé une douzaine de cerises, lors de /'expérience précédente, ne parait pas avoir faim. Après l'ouverture du panier, l'animal saute sur la table et, de là, sur le couvercle qu'il examine longuement, pendant une minute. 11 essaye l'emploi de la force pour ouvrir la porte, puis joue pendant plusieurs minutes. Il passe derrière la table et l'inspecte par dessous, puis il revient au couvercle, le tâte et l'examine soigneusement. 11 aperçoit l'étiquette qui pend après la poire, quitte le couvercle, passe à gauche, en 2, agite le papier sans insister, descend sur le sol et joue. Il remonte brusquement et inspecte la boîte. Il revient à la poire, mord le papier et produit le déclanchement. 11 éprouve une grosse frayeur causée par le bruit. Observation. — Comme il tournait le dos à la boîte, il n'a pu voir la porte s'ouvrir. Une fois descendu sur le sol, il constate l'ouverture de la boîte, remonte sur la table et prend les provisions. Treizième expérience (15 juin 1910). Répétition de la précédente expérience. Nota. — Visiblement, l'animal n'a plus faim. L'animal saute sur la table, fait le tour de la boîte et ins- pecte le couvercle. 11 inspecte, longuement, la face arrière. Il joue. Il saute sur la table du côté de la poire, regarde longue- ment le tube, agite l'étiquette pendue à la poire et abandonne son examen pour aller jouer. Il revient sur la table sur le côté 1, et essaye en vain d'ex- — 283 — traire à travers le grillage les cerises contenues dans la boîte. Il passe sur la face 3, et grimpe sur la boîte. Assis sur le couvercle, il se penche et, avec son long bras, tire sur l'étiquette. Il fait un bond en l'air, en même temps que la porte, au moment du déclanchement. Il éprouve une courte frayeur. Il constate l'ouverture, revient à la boîte et prend l'appât. La scène a duré deux minutes trente secondes environ. Quatorzième expérience (15 juin 1910). Répétition de la précédente expérience, même observation. L'animal, au sortir du panier, saute sur la table et examine l'appât. Son examen est troublé par des passants qui circu- lent devant la porte de sa chambre de travail (malgré les verres dépolis, on entrevoit leur ombre). L'animal gagne les hauteurs, puis, en descendant avec brus- querie, il accroche, vraisemblablement, la poire et la table. La porte s'ouvre et Pépée revient prendre l'appât. Nota. — • Je n'ai pu voir nettement si l'animal avait heurté la poire avec la main. La poire a certainement été touchée; car j'ai essayé, vainetnent^ de produire un déclanchement par r ébranlement de la table seule. Quinzième expérience (16 juin 1910). Même dispositif. Il faut une traction de 2 kilos pour amener le déclanchement. Au sortir du panier, l'animal saute sur la face 1, de la table. Il examine et inspecte, sans toucher la boîte, puis, s'élance vers les hauteurs. Il revient sur la même face, examine le tube en cuivre. Tu, descend sur le plancher. Il remonte sur la table et essaye de saisir l'appât (une banane) à travers le grillage. 11 renonce et joue sur le plancher, en faisant rouler son panier. — 284 — Nouvel essai à travers le grillage; puis, reprise des jeux. Encore une tentative sur le grillage, une exploration sous la table, un retour au grillage, et une reprise des jeux. Il touche doucement la poire, avec de grandes précautions, puis regagne les hauteurs. Il redescend pour procéder à un nouvel examen de la poire et du tube. 11 revient à la boîte qu'il examine. Nouvelle ins- pection de la poire, qu'il touche délicatement. Un passage d'étudiants devant le vitrage trouble l'exercice; je fais cesser l'expérience. Seizième expérience (10 juin 1910). Après avoir laissé s'éloigner les fâcheux interrupteurs de l'expérience précédente, je recommence, avec le même dis- positif (on a ajouté seulement, un poids de 1 kilo à la poire pour la rendre plus mobile). Pépée saute sur la table et procède à un long examen sans toucher (environ une minute), puis elle grimpe dans les hauteurs. Elle redescend pour examiner la poire et le poids. Elle examine ensuite la boîte. Elle descend sur le plancher et joue. Elle fait un essai sur la poire et balance légèrement le poids. Elle joue sur le plancher. Après plusieurs hésitations, elle tire sur le poids. Le déclaïichement, se produit, Pépée éprouve de la frayeur et saute sur le sol; puis, elle se rapproche de la boîte, pour prendre l'appât. Dix-septième expérience (16 juin 1910). Je tiens à renouveler, immédiatement, l'expérience précé- dente, pour tâcher de voir si l'animal établit la coïncidence entre l'action sur la poire et l'ouverture de la boîte. Pépée semble éviter soigneusement la poire et le poids. — 285 — Elle joue pendant un quart d'heure dans les hauteurs et j'interromps l'expérience. Nota. — Visiblement, l'animal n'a pas faim et les conditions sont mauvaises. Dtx-neuvième expérience (21 juin 1910). Nota. — Le dispositif est le même que dans la dix-huitième expérience (décrite dans le texte, page 350). Cette expérience a lieu, avec les précautions d'usage, quel- ques minutes après la précédente. L'animal saute sur la table sur le côté 1, de la boîte, passe sur la face 3, et grimpe sur la boîte. Il travaille à ouvrir la porte du couvercle avec ses doigts, puis avec ses dents. Il allonge le bras et touche légèrement la poire avec la main à trois reprises {il fait cette opération avec une visible méfiance). Il grimpe, ensuite, dans les hauteurs et joue. Il redescend pour inspecter la face G 1, du grillage. Il essaye d'introduire les doigts de sa main droite, puis de sa main gauche, à travers les mailles. Après de vains efforts, il ins- pecte la face opposée (face 3), et répète la même manœuvre avec ses doigts. Il se décourage et grimpe dans les hauteurs, où il joue. Il redescend en arrière de la boîte, l'inspecte minutieu- sement, puis ronge le caoutchouc qui sert d'amortisseur, en arrière de la porte. Il se décourage et se livre à des jeux variés dans les hauteurs. 11 redescend sur la table et fait un essai timide sur la poire. 11 grimpe de nouveau dans les hauteurs et joue. Nouvelle descente auprès de la poire qu'il inspecte minu- tieusement, puis, longue exploration de la boîte. Nouveaux jeux pendant près d'une minute. Nouvel essai sur la poire. Reprise des jeux. Descente sur la table, nouvelle exploration de la boîte avec — 286 — violente tentative d'effraction (il essaye, en entourant la boîte avec ses deux bras, de l'arracher de la table). Il touche légèrement la poire, puis tente de forcer le cou- vercle. 11 monte, enfin, sur le couvercle, étend les bras vers la poire et déclanche. 11 éprouve une grosse frayeur, saute sur le sol et remonte immédiatement pour constater l'ouverture de la boîte. Nota. — // semble essayer de se rendre compte du -phéno- mène en examinant le couvercle et en le faisant jouer plu- sieurs fois autour des charnières. Puis, il introduit la main par l'ouverture., saisit la banane et mange. La séance a duré neuf minutes en tout. Vingtième expérience (2i juin 1910). La vingtième expérience représente la troisième de la journée du 21. Elle s'etîectue, avec les précautions d'usage, quelques minutes après la précédente. L'animal saute sur la table, près de la face, G 1, de la boîte. Il examine l'appât, passe sur la face opposée et répète l'examen. Presque aussitôt, il regarde la poire, saute de la table sur le tuyau à gaz, grimpe à la hauteur voulue pour se trouver en face de la poire qu'il touche très délica- tement (1). Il grimpe dans les hauteurs et joue. Il redescend pour frôler la poire à deux reprises. Il la touche une troisième fois plus fortement et produit le déclanchement. Il saute de peur sur le plancher, remonte aussitôt sur la table et mange l'appât. Durée deux minutes et demie. Nota. — L'animal me paraît s'être préoccupé que de la poire, après l'examen de l'appât. (\) 11 faut que raliouchetnenl soit Irès léger car l'appareil est maintenant extrê- mement sensible. ■ — 287 — Vingt-troisième expérience (22 juin 1910). La boîte E a été déplacée de 180° autour de son axe, de manière que la poire se trouve à droite et non plus à gauche. Pépée saute devant la face G, 1, de la boîte, regarde autour d'elle, constate un changement, et s'en assure en allant à gauche faire une inspection sur la face 4, devenue face 2. Elle passe ensuite sur la face 2, de la boîte, examine le tube et touche tout doucement la poire, sans insister. Elle revient à la boîte et en fait un long examen, puis retourne au tube et touche, de nouveau, très délicatement la poire. Elle n'insiste pas davantage. • Après avoir erré sur le sol, elle remonte à droite et caresse doucement la poire cinq fois, avec la crainte visible d'obtenir un résultat. Elle se sauve précipitamment dans les hauteurs, oii elle reste une minute. Redescendue à gauche, elle essaye one effraction de la boîte, revient à la poire, la frôle et la tâte avec la bouche. Elle renonce et repart dans les hauteurs. Elle redescend à droite et touche la poire très doucement. Nouvel essai de la boîte et attouchement de la poire avec précautions. Elle remonte dans les hauteurs, redescend sur la boîte, touche encore la poire, remonte encore une fois, redescend et procède à un examen minutieux de la boîte. Elle essaye de soulever le couvercle avec les dents et mord le caoutchouc de l'amortisseur. Elle regarde la poire, s'avance, hésite, monte dans les hau- teurs, redescend à gauche, monte sur la boîte et touche deux fois la poire. Pépée remonte, encore une fois, dans les hauteurs, redes- _cend, explore la boîte, qu'elle cherche à ouvrir. Après examen elle se dirige vers la poire et insiste suffi- samment pour déclancher, Pépée éprouve une certaine frayeur, mais s'assure du résultat en sautant à terre- La durée de la séance a été de huit minutes. — 288 — Nota. — Malgré le changement, l'aîiimal paraît savoir que la poire peut ouvrir, mais il semble avoir peur du résultat. Vingt-quatrième expérience (22 juin 1910). Même dispositif que dans l'expérience précédente (1). Pépée saute sur la table, devant la face antérieure de la boîte; puis, sur la boîte elle-même. Elle monte dans les hau- teurs, redescend, regarde la poire, puis le couvercle, puis la lumière (que l'on vient d'allumer pour la photographie). Elle joue, revient derrière la boîte, puis à droite, touche la poire, légèrement, monte sur la boîte, revient sur la droite et touche la poire. (A ce moment je prends une photographie). Au bruit du déclic de l'obturateur, Pépée se sauve dans les hauteurs. Elle redescend bientôt et touche la poire. J'en profite pour prendre une photographie. Nouveau déclic. Nouveau recul de Pépée. Elle remonte bientôt sur la boîte. Elle touche trois fois la poire, revient sur la droite et cette fois actionne vigou- reusement la poire. Au déclanchement, grosse frayeur, Pépée saute à terre, mais revient, aussitôt, chercher les friandises. Vingt-cinquième expérience (27 juui 1910). Même dispositif. L'animal paraît se désintéresser des bananes, placées comme appât dans la boîte. Il joue dans les hauteurs sans s'occuper d'ouvrir. Pendant près de cinquante minutes, il ne manifeste que le désir de se balancer et de jouer assez mollement dans sa chambre de travail. Enfin brusquement il se décide à grimper sur la table et actionne énergiquement la poire. (1) Il esl bon de iinler, pour expliquer le résullat de celle journée, que ranimai manque d'appélil el qu'il a la langue blanche, ce qui indique, chez lui, une ten- dance à la cunslipali(jn. DEUXIEME PARTIE Expériences faites sur les enfants avec les boîtes déjà utilisées pour l'antliropoïde. CHAPITRE VIII Considérations générales. — Conditions expéri- mentales des expériences faites sur les enfants. — Choix des sujets. La seconde partie de ce travail est consacrée à l'exposé des expériences faites sur les enfants et à la comparaison de leurs résultats avec ceux obtenus dans les expériences relatées dans la première partie. Je dois signaler, tout d'aborxl, que M. Kinnaman m'a pré- cédé dans cette voie. Quoique mes investigations ne fassent pas double emploi avec les siennes, je tiens à indiquer com- ment il a comparé le travail de ses singes avec celui des enfants et des adultes. Les recherches de M. Kinnaman, pour la partie qui nous intéresse, ont été très bien résumées par MM. Vaschide et Rousseau (1) et je crois qu'il y a intérêt à reproduire leur exposé comme préface à mes expériences sur les enfants : (( Les recherches originales de M. Kinnaman, disent MM. Vaschide et Rousseau, se groupent sous quatre chefs. (( Dans la première catégorie, on reliait entre elles un cer- tain nombre de serrures- précédemment décrites, de telle façon qu'elles se commandassent. Deux boîtes furent employées : dans la première, la porte était maintenue par un crochet ver- tical, lequel ne pouvait fonctionner que si le bouton placé à (1) Vaschide et Rousseau, L'association des idées chez les singes, Revue scienti- fique,, 14 mai 1904. — 292 — côté était tourné du nombre de degrés nécessaires ; à son tour ce bouton dépendait du verrou placé de l'autre côté de la porte; enfin la cheville placée du côté gauche de la boîte gouvernait l'ensemble; il fallait nécessairement la tirer la première. « Dans la deuxième boîte, les fermetures étaient, dans l'ordre imposé, le levier de gauche, la gâche intérieure de droite, le taquet mobile placé sur le devant et la corde communiquant avec l'intérieur. « Les tables contenant les résultats obtenus étaient établies comme il suit : on observait le nombre des diverses serrures auxquelles s'attaquait l'animal, et l'on notait le moment, exprimé en secondes, oii chacune était mise en mouvement. Tout effort pour faire fonctionner ime quelconque des serrures en dehors de l'ordre fixé était considéré comme une erreur. « L'auteur, d'une façon d'ailleurs un peu arbitraire, décida : lorsque toute l'opération aurait été exécutée dix fois sans erreur, pour chaque boîte, de considérer que l'animal con- naissait l'ordre établi. On fit avec la première boîte deux cent cinquante-trois essais avec le mâle et quatre-vingt avec la femelle, et, pour chaque sujet, deux cent cinquante essais avec la deuxième boîte. Dans le premier cas, les sujets attei- gnirent le nombre fixé comme critérium; ils échouèrent tous deux dans le second cas. Les deux cent cinquante tests furent répartis en vingt-cinq groupes de dix et le temps moyen fut établi pour chaque groupe. La table des erreurs fut dressée en suivant la même méthode. Ce qui frappe le plus dans les deux tables, c'est leur extrême irrégularité : on note une descente rapide du temps après la première expérience, puis de nouvelles hausses entremêlées de descentes. Il convient toutefois de signaler qu'au deuxième groupe des essais faits avec le mâle, sept des tentatives, sur dix, avaient été cor- rectes; malheureusement l'animal fut effrayé à ce moment par la venue d'un visiteur. « Ces deux mêmes systèmes de fermeture furent mis aux mains de plusieurs hommes, adultes et enfants. Les deux — 293 — adultes, pris dix fois comme sujets avec la première combi- naison, réduisirent respectivement le temps nécessaire de six et huit secondes à une seconde et demie et deux secondes, et les deux enfants, de quatre-vingt et quarante-cinq secondes à deux secondes. Du premier au dixième essai, les singes ne témoignèrent aucun progrès; les temps furent soixante-dix- huit et cinquante-quatre secondes pour le premier essai, cin- quante-deux et quatre-vingt-dix secondes pour le dixième. Avec le second système, les deux adultes réduisirent le temps de onze et trente-six secondes à deux et quatre secondes; les enfants, de cent cinq et vingt secondes à six et trois secondes; les singes varièrent de cent trente-neuf secondes et cent qua- tre-vingt-sept à cent dix et vingt-huit secondes. « L'auteur estime qu'il y a une certaine ressemblance entre les résultats obtenus avec les enfants et les résultats obtenus avec les singes; les processus psychologiques étaient ana- logues des deux côtés; l'influence du souvenir des succès accidentellement obtenus dans les essais précédents était frappante, contribuait puissamment à la disparition des efforts inutiles. L'attitude de l'enfant et du singe contraste au contraire nettement avec celle de l'homme adulte. <( Ce dernier procède surtout par le raisonnement; lorsqu'une serrure lui résiste, il s'arrête et réfléchit; s'il a réussi à faire fonctionner un ressort et échoue au suivant, il se reporte au premier, le remet en place et examine à nouveau le méca- nisme; il acquiert et conserve très facilement le souvenir des actes consécutifs qui l'ont conduit au succès. L'enfant applique, par contre, immédiatement son efl"ort à ouvrir une des ser- rures; réussit-il partiellement, il s'arrête, regarde, mais avec le sentiment très apparent d'avoir réussi trop facilement ou la crainte d'avoir cassé le mécanisme; les erreurs commises persistent plus longtemps que chez l'adirlte; les temps ne se réduisent que graduellement. « Quant au singe, il saisit la boîte, sans s'arrêter pour réflé- chir, il essaie un ressort au hasard, puis un autre, dans un ordre indifférent de succession. Après avoir déclanché une — 294 — partie des serrures, il lui arrive de revenir de nouveau à elles; si dès l'abord il ne réussit pas à mouvoir la pièce maîtresse de la combinaison, il va à l'une et à l'autre, dans une suite de mouvements rapides, sans accomplir aucun effort réel sur chacune d'elles. » Cette longue citation était nécessaire pour me permettre de mettre en évidence que mes recherches diflèrent de celles de M. Kinnaman par les points suivants : 1° J'ai étudié, au lieu d'un singe ordinaire, un anthropoïde dont j'avais suivi l'évolution depuis le jeune âge et dont l'his- toire m'était entièrement connue. 2*^ J'ai employé des appareils simples et à complications progressives. Appareils de deux ordres, les uns à mécanisme visible et facile à manœuvrer, les autres à mécanisme caché, mécanisme dont la découverte ne pouvait être due qu'au tâtonnement et au hasard. 3° Je n'ai pas établi de test, basés sur le critérium de M. Kinnaman, et j'ai noté toutes les manœuvres de l'animal pour mettre en évidence sa façon d'opérer. 4° J'ai classé les enfants que je faisais travailler, d'après une méthode nouvelle : en enfants n'étant pas encore en pos- session du langage et en enfants ayant acquis cet instrument hominicien. 5'^ J'ai comparé minutieusement le travail de ces enfants, avec le travail de l'anthropoïde, dans des conditions très ana- logues, ce qui m'a permis de tirer des conclusions précises, résumées par le titre de ce travail. Pour comparer, dans des conditions satisfaisantes, le travail des enfants à celui de Pépée, il était indispensable d'employer les mêmes appareils. Cependant, comme je ne courrais pas le risque de voir les enfants s'échapper, j'ai transporté leur chaml)re de travail dans la salle C E (voir fig. 1, page 226) où l'on disposait sur le sol même de la pièce les appareils ayant déjà servi pour l'étude de l'anthropoïde. — 295 — En entre-bâillant très légèrement la porte du cabinet p n, je surveillais les faits et gestes de l'enfant, sans qu'il put s'en douter. La mère ou le père, placé dans la pièce voi- sine G. P. (fig. 1), bien en vue de l'enfant, le rassurait par sa présence, sans pouvoir l'influencer. Pour réaliser les meilleures conditions d^ comparaison, il ne suffit pas, à mon avis, que les dispositifs adoptés soient les mêmes, il faut encore que les conditions morales des sujets soient comparables. Or_, si j'avais isolé les enfants dans une chambre close, comme je l'avais fait pour Pépée, les conditions n'auraient été — qu'en apparence — comparables, puisque Pépée, habi- tuée à l'isolement, à l'abri dans cette chambre, se trouvait parfaitement tranquille et dans son état normal; tandis que l'enfant, enfermé dans cette sorte de prison, aurait eu peur. Par cette précaution maladroite, j'aurais introduit une grave cause d'erreur dans l'étude de son rendement. Rassuré par la vue des personnes de sa famille, le petit être travaillait en toute tranquillité d'esprit et il était soigneu- sement prescrit aux parents (avant la séance et hors de sa présence) de ne lui donner aucune indication par la parole ou par le geste (1). Le garçon de laboratoire qui amenait l'enfant auprès de l'appareil avait ordre de lui montrer l'appât (le jouet) au tra- vers du grillage et de lui dire seulement : « Tu peux prendre », puis, de se retirer à un pas de distance, de garder une attitude indifférente pendant les manœuvres de l'enfant et de surveiller le bouton de la porte du cabinet noir. Pour mettre en défaut la perspicacité du sujet, et l'empê- cher de se croire surveillé, j'avais soin de prendre place dans le cabinet noir avant la séance et je prévenais le garçon, s'il était nécessaire d'interrompre l'expérience, en toilrnant sans bruit le bouton de la porte de la petite salle où j'étais enfermé. (1) Au pis aller, tout renseignement fourni à l'enfant n'aurait pu que renforcer sa supériorité par rapport à l'anthropoïde. — 296 -r. Je n'ai pas voulu multiplier, hors de mesure, le nombre des enfants sur lesquels ont porté mes expériences. Il m'a semblé de beaucoup préférable de limiter le nombre des sujets, mais de les étudier longuement et par des expériences répétées. J'ai, d'ailleurs, utilisé sans distinction de sexe, tous ceux qui m'ont paru présenter les conditions d'âge que je recherchais. Le nombre total s'est élevé à dix. 1" Trois enfants : René, Henri, Pierre I, dont l'âge appro- chait de deux ans. 2° Cinq enfants dont l'âge oscillait autour de quatre ans : Pierre II, Marcelle, Simone, René, Roger. 3° Un enfant de sept ans : Solange. 4° Un enfant de douze ans : Maurice. Les enfants de la première série étaient, déjà, des petits bonhommes vifs et actifs, qui avaient atteint ce stade de l'évolution où l'enfant, sans être encore en état de parler, comprend, en gros, les indications de ses parents et peut même commencer à émettre deux ou trois sons appris : papa, maman, etc. Tous les enfants de la deuxième série étaient de petits hommes en possession d'un vocabulaire restreint, assez étendu, cependant, pour leur permettre de dire des phrases simples et de manifester leurs impressions par des mots. René a été utilisé à plusieurs reprises et il figure, tour à tour, parmi les enfants de 2 ans et les enfants de 4 ans. Pour cette raison, les expériences faites à son sujet me paraissent particulièrement concluantes, et c'est par elles que je com- mencerai mon exposé. CHAPITRE IX Détail des expériences faites avec René, sur les boîtes à mécanismes visibles et à mécanisme invisible, à l'âge de 20 et de 22 mois. Première Série René est le fils aîné de mon garçon de laboratoire. C'est un petit garçon, qui paraît d'intelligence moyenne, mais vif et alerte, au moins dans son jeune âge. Il est élevé par de bons parents, qui le laissent se développer librement, sans con- trainte et sans sévérité. J'ai commencé sur lui les premières expériences en août 1911. Il avait alors 20 mois, ne parlait pas encore, mais com- mençait à comprendre les indications verbales de son père et était capable de manifester ses désirs par des interjections. Première expérience sur René (24 août 1911). Le dispositif employé est la boîte A, avec bouton fixé sur le couvercle (utilisée pour Pépée dans l'expérience n° 1 et n° 2) (p. 233). Après que la boîte a été garnie d'un jouet et que je me suis enfermé dans le cabinet noir dont la porte reste entre- bâillée (1), René est amené par son père devant la boîte A. (1) Les mêmes conditions sont observées dans les expériences ultériem-es, quoique je n'en fasse pas mention à chaque expérience. Tome LXVIII. 20 — 298 — Son père lui montre, à travers le grillage, le jouet contenu dans la boîte et lui dit, en désignant l'objet : « Prends, tu peux prendre ». Puis il s'éloigne de deux pas, ainsi qu'il a été convenu. René essaye avec bonne volonté. 11 s'accroupit devant la boîte en 1. 11 tàte longuement le grillage et essaye d'introduire les doigts ; puis, voyant que la main n'arrive pas à pénétrer, il se redresse, passe en 2 et tire sur le bouton. 11 soulève ainsi le couvercle et s'empare du jouet. Deuxième expérience sur René (24 août 1911). Le dispositif employé est la boîte B (boîte à une seule tar- gette, utilisée pour Pépée dans l'expérience n° 3 et les sui- vantes). L'expérience a lieu dix minutes après la précédente. René, amené par son père devant la boîte B, travaille avec bonne volonté. Il regarde, en 'se courbant, un instant le jouet, tàte le grillage sans insister; puis, se déplace et va en 2 comme précédemment. Il tire sur le bouton à plusieurs réprises. 11 se décourage et fait appel à son père, en lui faisant signe de venir à son aide. — Son père reste impassible. L'enfant tire encore sur le bouton, puis reste immobile. Au bout de cinq minutes j'interromps l'expérience sans que la boîte ait été ouverte (1). Troisième expérience sur René (25 août 1911). Le dispositif employé (2) est la boîte A (avec bouton, mais_, sans targette). René amené devant la boîte A, regarde le jouet, tàte un instant le grillage; puis, comme la veille, va se placer en 2, (1) J'interromps le travail en tournant le bouton de la porte, signe convenu; le père amène l'enfant et referme la porte. (2) Ayant réfléchi que j'avais peut-être eu tort de ne pas répéter une seconde fois l'expérience de la boîte A, comme je l'avais fait pour Pépée, je recommence la séance avec la boîte A cl je fais ainsi un pas en ai'ricre. — 299 — et soulève le bouton avec énergie. La boîte s'ouvre et l'enfant s'empare du jouet. Quatrième expérience sur René (25 août 1911). Le dispositif employé est la boîte B (avec une seule targette). René, amené devant la boîte B, examine très peu le jouet à travers le grillage, va directement se placer en 2, et tire à plusieurs reprises sur le bouton en déployant, visiblement, toute son énergie. Après plusieurs tentatives vaines, il se fâche. Il se ealme bientôt, se penche du côté grillagé G 1, et exa- mine longuement le jouet. Il tâte le grillage, se redresse, secoue encore le bouton, à deux reprises, puis prend la tar- gette et cherche à la soulever dans le même sens que le bouton. Ne réussissant pas à ouvrir la boîte, il s'en va et abandonne la chambre de travail. Après quelques instants (quinze secondes environ), son père le ramène devant la boîte et lui montre le jouet. René essaye d'introduire ses doigts à travers le grillage; puis, il se redresse, secoue le bouton en essayant de le sou- lever, secoue ensuite la targette. La targette est déplacée, quitte son crochet et déclanche. L'enfant, achève d'ouvrir et s'empare du jouet. La séance a duré en tout sept minutes environ. Nota. — // me semble hors de doute que la boite a été ouverte par hasard. Cinquième expérience sur René (25 août 1911). Dispositif : boîte à poire. René est amené un quart d'heure après devant la boîte à poire (la même que celle utilisée pour Pépée, fig. 5). 11 tâte le grillage fort peu de temps, se relève, passe sa main sur le dessus de la boîte, regarde à droite et à gauche, va chercher son père qui reste impassible et dans son agitation actionne — 300 — la poire, en tâtant à l'aventure et, visiblement, par hasard. Malgré mes instructions, le père lui montre du doigt la porte ouverte. L'enfant (qui ne s'était aperçu de rien, le déclanche- ment se faisant sans bruit), constate que la boîte est ouverte et va s'emparer du jouet. Sixième expérience sur René (25 août 1911). L'expérience est la répétition de la précédente, avec la même boîte à poire ou boîte, E. On laisse reposer René pendant un quart d'heure, puis, malgré les mauvaises conditions créées par l'intervention intempestive du père, l'enfant est ramené devant la boîte à poire. L'enfant tâte le grillage très peu et opère sur le couvercle de la boîte, puis tout autour. Il se décourage, va chercher la main de son père et la promène sur la boîte. Le père suivant cette fois mes instructions, le laisse faire sans rien dire. L'en- fant abandonne la main de son père, caresse le tuyau, aperçoit la poire et l'agite. Au bout de quelques secondes, il constate l'ouverture et prend le jouet. Les expériences avec René ont été interrompues du S5 août 19i1 jusqu'au 30 octobre 1911, c'est-à-dire pendant un peu plus de deux 7nois. L'enfant a donc maintenant 23 mois. Il ne parle pas encore distinctement. Septième expérience sur René (30 octobre 1911). Dispositif : boîte à une seule targette. René est amené devant la boîte R, dans les conditions ordi- naires. Il examine le jouet à travers le grillage, tire longue- ment sur le bouton et après plusieurs tentatives vaines, se décide à secouer la targette en essayant de la soulever. Dans ce mouvement violent, la targette déclartche, l'enfant ouvre et s'empare du jouet. — 301 — Nota. — L'enfant ne paraît pas avoir gardé le souvenir des expériences antérieures. Huitième expérience sur René (30 octobre 1911). Le dispositif est le même que dans l'expérience précédente (boîle B à une seule targette). René, amené par son père devant la boîte B, regarde un instant le jouet, sans toucher le grillage, va en 2, tire d'abord sur le bouton (un ou deux efforts); puis, tire sur la targette, d'abord, en essayant de la soulever, ensuite horizontalement. Il ouvre la boîte et s'empare du jouet. Durée environ une minute. Neuvième expérience sur René (30 octobre 1911). Même dispositif que dans l'expérience précédente (boîte B). René regarde à peine le jouet, se campe en A et actionne horizontalement la targette. Il ouvre ainsi la boîte et s'empare du jouet. L'opération dure environ quarante-cinq secondes. Dixième expérience sur René (31 octobre 1911). Le dispositif est représenté par la boîte G (boîte à deux tar- gettes) utilisée par Pépée dans l'expérience n" 6 (p. 237). Le lendemain, René est amené dans les conditions ordi- naires devant la boîte à deux targettes. Il regarde le jouet attentivement, pendant plusieurs secondes, va en 2, et secoue le bouton avec énergie. Voyant ses efforts inutiles, il actionne une targette. Chose curieuse, il s'adresse à T2, celle qu'on vient de rajouter à la boîte, et néglige Tl, la targette qu'il avait réussi à dégager dans les précédentes expériences. Il arrive à dégager la targette T2, mais ne peut ouvrir. Il s'adresse alors à la targette Tl, essaye à trois reprises de la manœuvrer dans un mauvais sens. — 302 — J'interromps l'expérience. Nota. — Croyant que la targette Ti , est trop serrée et ne tourne pas facilement sur son pivot, j'examine V appareil et constate que Ti , peut se déplacer, sans effort, dans le sens convenable . Onzième expérience sur René (31 octobre 1911). Dispositif : boîte G, à deux targettes. L'enfant est ramené, deux minutes après l'expérience pré- cédente, devant la boîte G. Il reprend son travail avec bonne volonté. Il actionne cette fois T4, dans le sens convenable, mais un instant après, il ramène Tl, en sens contraire et l'engage de nouveau sous son crochet. 11 repousse alors T2, horizonta- lement et essaye d'ouvrir. Eprouvant un échec, il ramène T2 dans une mauvaise direction, sans l'engager cependant sous son crochet. 11 essaye d'ouvrir en secouant T2. 11 se penche pour regarder le jouet et ta ter le grillage. 11 ramène T2, sous soq crochet, repousse Tl, qui se dégage de son crochet, essaye d'ouvrir en secouant, regarde le jouet et, en se redressant, dégage T2, ouvre et prend l'appât. La séance a duré cinq minutes. Nota. — L'enfant donne la sensation d' actionner les tar- gettes tout à fait au hasard. Cependant, cette fois, il n'a pas touché au bouton. Douzième expérience sur René (3i octobre 1911). Même dispositif que précédemment : boîte G. L'enfant est ramené devant la boîte G, après un quart d'heure de repos. Il travaille avec bonne volonté, mais sans suite. Il réussit cependant, à dégager T2, puis Ti, après plusieurs fausses manœuvres. La séance dure deux minutes. — 303 — Treizième expérience sur René (1"^ novembre 1911). Le dispositif est représenté par la boîte D (boîte à trois targettes) (fig. 4), celle qui a servi antérieurement pour Pépée, dans l'expérience n*' 8 (p. 239). L'enfant, amené par son père devant la boîte, regarde à peine le jouet et s'adresse directement aux targettes, qu'il essaye de manœuvrer. 11 dégage d'abord Tl, et T2, et cherche à soulever le couvercle avec violence, sans se préoc- cuper de T3. Il repousse alors T2, l'engage sous son crochet et manœuvre T3, dans le bon sens. Naturellement, il ne peut ouvrir, la boîte se trouvant bloquée par T2. Pendant une minute et demie, il continue à tirer sans suite sur les targettes, puis — vraisemblablement par le simple effet du hasard — il arrive à dégager à la fois les trois targettes. La séance dure quatre minutes. Nota. — L'enfant paraît tâtonner au hasard^ sans autre but précis que de tacher de soulever le couvercle de la boîte. Quatorzième expérience sur René (1*'" novembre 1911). Même dispositif : boîte D. Après cinq minutes de repos René est ramené devant la boîte D. Sans se préoccuper du jouet, il manœuvre dans le sens voulu T3, T2, et Tl, sans hésitations et ouvre. La séance dure moins d'une minute. Quinzième expérience sur René (1" novembre 1911). Le dispositif est représenté par la boîte à mécanisme invi- sible (boîte à poire ayant déjà servi pour Pépée, ch. iv, p. 247). L'enfant est amené devant la boîte à poire. 11 n'a pas l'air surpris de ne pas trouver les targettes et essaye de soulever le couvercle avec le doigt. Il se décourage rapidement et va chercher son père qui le ramène à la boîte. Il explore le — 304 — tuyau, aperçoit la poire, joue avec elle, déclanche et reste huit secondes sans s'apercevoir que la boîte s'est ouverte. Nota. — L'enfant ne paraît pas s'être rendu compte qu'il avait ouvert la boite en touchant la poire. Seizième expérience sur René (i*''' novembre 1911). Même dispositif que dans l'expérience précédente. L'enfant est ramené devant la boîte à poire. 11 tâtonne sur le couvercle, regarde le jouet à travers le grillage et recom- mence à tâtonner sur le couvercle pendant trente secondes; puis, il se dirige vers la poire et la remue. Il reste quatre secondes sans s'apercevoir que la boîte est ouverte. Nota. — L'enfant ne parait pas avoir établi de relation entre la manœuvre de la poire et P ouverture de la boîte. Dix-septième expérience sur René (l^r novembre 1911). Même dispositif : boîte E. L'enfant est ramené encore une fois devant la boîte à poire. Il recommence les manœuvres précédentes, tâtonne sur le couvercle pendant trente secondes; puis brusquement regarde la poire et va la secouer. Nota. — S'il avait établi la relation entre la jjoire et l'ou- verture de la boite, il semble qu'il n'aurait pas tâtonné d'abord sur le couvercle. Cependaîit., la fin de l'opération semble indi- quer une brusque détermination. CHAPITRE X Expériences relatives aux enfants avant qu'ils ne parlent. — Expériences sur Pierre I et sur Henri. EXPERIENCES SUR PIERRE I. Pierre I est un jeune garçon qui le 2 février 1913, date.de la première expérience, avait un peu moins de 23 mois. Il paraît d'intelligence moyenne, très mou et très apathique. Dans les premières expériences, il ne montre aucune bonne volonté, mais, peu à peu, il prend goût aux expériences. Première expérience sur Pierre I (21 février 1913). Le dispositif est représenté par la boîte A (sans targettes). Pierre I, amené devant la boîte A, reste immobile et malgré les invites du garçon de laboratoire, il regarde la boîte, s'accroupit et reste immobile. Au bout de cinq minutes, je le fais enlever. Pierre I est ensuite ramené à trois reprises devant la boîte et garde la même attitude contemplative (1). Nota. — Evidemment, l'enfant est en défiance, et malgré la présence de la mère [ou à cause de sa présence), il se méfie. Je (1) .le ne pense pas qu'il soit utile de compter ces essais comme des expériences distinctes ; celte première journée ne sert qu'à familiariser l'enl'anl avec le cadre du laboratoire. — 306 - lui fais donner quelques jouets et je renvoie à un autre jour la suite des expériences. Deuxième expérience sur Pierre I (27 février 1913). Dispositif : boîte A. Pierro I est ramené à trois reprises devant la boîte A, pendant cinq minutes. Il reste accroupi devant le grillage et, mollement, sans intention marquée de s'emparer du jouet, il introduit ses doigts à travers les mailles, sans insister (1). • Ramené une quatrième fois, il se redresse enfin et se décide à inspecter le couvercle. Il joue avec le bouton, soulève légè- rement le couvercle à plusieurs reprises, et enfin le soulève complètement. Il hésite longtemps avant d'introduire la main pour prendre le jouet. Troisième expérience sur Pierre I (27 février 1913). Même dispositif : boîte A. Ramené une cinquième fois, l'enfant s'accroupit d'abord devant le grillage (cinquante secondes) puis il se redresse, tâtonne sur le couvercle, et ne soulève le bouton qu'après deux minutes. Il hésite moins longtemps à introduire la main et à prendre le jouet. Quatrième expérience sur Pierre I (6 mars 1913). Dispositif : boîte B (à une seule targette). Amené devant la boîte B, Pierre montre plus de bonne volonté que la semaine précédente. Il ne s'accroupit plus, comme il l'avait fait jusqu'ici, devant le grillage ; il s'incline seulement pour voir le jouet et se redresse vers le couvercle. 11 tire sur le bouton sans succès, n'insiste pas et tâtonne (1) Il me semble (iii'il y a avanlag-e à réunir les expériences de celle journée en une seule, pour rendre plus exacle la comparaison avec le Iravail des aulres enfanl». Ces premières expériences n'élanl en réalilé qu'un prodrome, l'enfant ne Iravaillanl pas, sinon, à la On de la séance. — 307 — sur le couvercle. Il essaye de soulever la targette, fait lente- ment le tour de la boîte puis revient au bouton. Il essaye distraitement de le soulever, n'insiste pas et semble préoccupé de tout autre chose que d'ouvrir la boîte. Il se réveille enfin, promène sa main sur le couvercle et secoue la targette, en lui imprimant un mouvement latéral. Il ouvre alors la boîte à l'aide de la targette qu'il soulève et prend le jouet. Cinquième expérience sur Pierre I (6 mars 1913). Même dispositif : boîte B. Après un quart d'heure de repos, Pierre est ramené devant la boîte B. 11 montre de l'ardeur et de la bonne volonté. Après avoir secoué le bouton à deux reprises, il actionne horizon- talement la targette et ouvre sans difficulté. Sixième expérience sur Pierre I (<3 mars 1913). Le dispositif est représenté par la boîte G (à deux targettes). Je profite de la bonne volonté témoignée par Pierre dans l'expérience précédente pour le mettre en face de la boîte G. Amené devant la boîte à deux targettes, il essaye d'ouvrir en actionnant Tl, et travaille d'abord avec bonne volonté, Il repousse Tl, par mégarde et regarde à travers le grillage. Il touche alors T2. Ses tentatives se multiplient et durent près de sept minutes. L'enfant témoigne bruyamment de sa mauvaise humeur. J'interromps la séance pour éviter le découragement. Septième expérience sur Pierre I (14 mars 1813). Dispositif : boîte G, à deux targettes. Pierre, amené devant la boîte à deux targettes, reste un quart d'heure à tâtonner (il cherche très modérément, s'in- terrompt pour jouer et regarde autour de lui les objets qui garnissent le cabinet). A force de manœuvrer les targettes au hasard, il finit par soulever le couvercle et il prend le jouet. _ 308 — Huitième expérience sur Pierre I (14 mars 1913). Même dispositif : boîte G. Après un repos, je tente un nouvel essai dans les mêmes conditions. Après d'assez longs tâtonnements, l'enfant arrive à ouvrir (environ quatre minutes). Je note sur la feuille d'ob- servation [cervelle d'oiseau. Ce qualificatif me paraît traduire assez bien les sautillements de son attention). Neuvième expérience sur Pierre I (14 mars 1913). Même dispositif : boîte G. :Nouveau repos. Nouvel essai. Même résultat. Ouverture de la boîte, peut-être un peu plus rapide. (Je n'ai pas noté la durée). Dixième expérience sur Pierre I (14 mars 1913). Dispositif : boîte D à trois targettes. Pierre est amené après un long repos (le même jour que dans l'expérience précédente), devant la boîte à trois tar- gettes. Gette fois il travaille avec ardeur. Il ouvre assez péni- blement Tl, et T2, mais ne songe pas à T3, et fait des efforts désespérés pour ouvrir. Il éprouve de la colère et pleure; puis, il se calme, travaille avec ardeur et pousse, sans avoir l'air de s'en apercevoir, la troisième targette. Il constate, peu après, que le couvercle est ouvert et s'empare du jouet (neuf minutes). Onzième expérience sur Pierre I (14 mars 1913). Même dispositif : boîte D. Ramené quelques minutes après l'expérience précédente devant la boîte à trois targettes, il cherche avec plaisir et arrive à ouvrir après do longs tâtonnements (six minutes). — 309 - Douzième expérience sur Pierre I (14 mars 1913). Dispositif : boîte à poire. Le même jour, Pierre I est amené devant la boîte à poire. Il inspecte d'abord le couvercle, se promène autour de la boîte et touche la poire. La boîte s'ouvre, il prend le jouet. L'expérience a duré trente secondes environ. Treizième expérience sur Pierre I (14 mars 1913). Même dispositif : boîte à poire. Je laisse Pierre I se reposer un quart d'heure, puis on le ramène devant la boîte à poire. 11 paraît avoir oublié l'ex- périence précédente. 11 s'attarde au grilJage, cherche à sou- lever le couvercle; enfin, il se dirige vers la poire et déclanche sans paraître, d'ailleurs, établir nettement la coïncidence. Cependant, il constate l'ouverture et prend le jouet. (Durée une minute et demie). Quatorzième expérience sur Pierre I (10 avril 1913). Dispositif : boîte D à trois targettes. Pierre I est resté sans travailler depuis près de trois semaines (il a maintenant plus de deux ans). Amené devant la boîte à troi^ targettes, Pierre I se livre à un travail de tâtonnement, tire sur le bouton à plusieurs reprises. Puis, il localise son effort sur les targettes. Travail pénible! Il s'acharne à pousser les targettes dans le mauvais sens. Il ouvre, cependant, après environ six minutes. La tar- gette T3, n'est pas complètement dégagée et le couvercle ne s'ouvre que par la violence de l'etTort que fait l'enfant. Quinzième expérience sur Pierre I (10 avril 1913). Dispositif : boîte à poire. L'enfant ne paraît pas avoir gardé le souvenir de la boîte à poire. Amené devant l'appareil, il essaye d'abord de soulever — 310 — le couvercle avec les doigts. Pendant environ une minute, il tourne autour de la boîte, puis, brusquement, il regarde la poire et va la pousser (je note : éclair, illumination?) Seizième expérience sur Pierre I (10 avril 1913). Même dispositif : boîte à poire. Après un moment de repos, Pierre I, ramené devant la boîte à poire, se dirige directement vers la poire et déclanche en regardant le couvercle. Le J5 avril, je photographie l'enfant (pi. :^, fig. i ) essayant jjéniblenient d'ouvrir la boîte à trois targettes. Un moment après., je photographie l'enfant (pi. 3, fig. S) au moment où il actionne la poire. Ces deux photographies me paraissent très démonstratives. Dix-septième expérience sur Pierre I (15 mai 1913). Dispositif : boîte à poire. Pierre amené devant la boîte E, examine le jouet, se redresse et contemple le couvercle pendant trente secondes ; puis, brus- quement, il relève la tête et regarde la poire. 11 va vers la poire. Il l'actionne doucement; elle ne déclanche pas. Il fait trois tentatives vaines. 11 retourne au couvercle, essaye d'ou- vrir en forçant. Un quart de minute. Brusquement (éclair?), il regarde la poire, revient auprès d'elle et déclanche, après plusieurs essais, en surveillant le couvercle. Nota. — Cette expérience a lieu un mois après la précédente. Dix-huitième expérience sur Pierre I (15 mai 1913). Dispositif : boîte D. Pierre, amené quelques minutes après devant la boîte D, travaille sans bonne volonté. Il actionne T3, puis T2, referme T3, secoue la boîte par le bouton, se fâche et s'en va. — 311 — L'aide le ramène aussitôt devant la boîte. Pierre boude et s'en va une seconde fois. Dix-neuvième expérience sur Pierre I (15 mai 1913). Dispositif : boîte D (à trois targettes). Pierre est ramené devjnt la boîte D. Il examine le jouet, se redresse et actionne T3, et Tl, dans le sens convenable, de manière à dégager les deux targettes. Il s'acharne ensuite à actionner Tl, dans le mauvais sens et s'épuise en efforts inu- tiles, sans avoir l'idée de pousser la targette en sens contraire. Il se fâche, manifeste de la mauvaise humeur et s'en va. La séance a duré deux minutes. Vingtième expérience sur Pierre I (15 mai 1913). Dispositif : boîte à poire. Je remplace la boîte D par la boîte à poire et Pierre est ramené immédiatement devant la boîte à poire. Il se tasse devant la boîte et paraît avoir oublié ce qu'il a fait précé- demment. Il regarde le jouet et essaye de passer ses doigts à travers le grillage. Il se décourage et s'en va. Le garçon le ramène. Même jeu. Pierre s'en va. Le garçon le ramène. Même jeu d'abord ; puis, brusque- ment, Pierre examine la poire II déclanche en tirant à plu- sieurs reprises, et regarde le couvercle s'ouvrir. Il surveille nettement l'ouverture de la boîte. Nota. — L'enfant ne paraît pas en bonne santé. EXPÉRIENCES SUR HENRI. Henri (I) est un jeune garçon de 23 mois. Il commence à dire « papa, maman », mais n'a pas d'autres vocables dis- (1) Henri est le frère cadel de René. — 312 — tincts. Il semble d'intelligence moyenne, mais d'une santé assez incertaine. Sa bonne volonté est, parfois, très faible. Première expérience sur Henri (1) (4 jaavier 1913). Dispositif : boîte à une seule targette. Henri, amené devant la boîte à une seule targette, cherche à s'emparer du jouet à travers le grillage. Il se décourage assez rapidement et s'en va. Deuxième expérience sur Henri (4 janvier 1913). Henri, ramené après un repos devant la même boîte, essaye encore d'insinuer ses doigts à travers le grillage. Puis, il se redresse et fait un timide essai sur le bouton du couvercle. Il se décourage et s'en va. Troisième expérience sur Henri (4 janvier 1913). Même dispositif. Henri, ramené devant la même boîte, manifeste plus d'ar- deur. Il tire sur le bouton à plusieurs reprises ; puis, sur la targette qu'il cherche à soulever. Il l'agite de bas en haut avec violence, ne réussit pas à ouvrir et se décourage. Il s'en va. Quatrième expérience sur Henri (4 janvier 1913). Même dispositif. Après un assez long repos, Henri est ramené devant la boîte B. L'enfant tâtonne et procède par essais successifs sur le bouton eL la targette. A force de multiplier les essais, il finit par dégager la tar- gette Tl, de son crochet. La boîte se trouve ouverte. L'enfant s'en aperçoit et se réjouit. Il achève de soulever le couvercle et prend le jouet. (Quatre minutes.) (1) J'ai supprimé pour Henri l'expérience avec la boîte A (sans targettes) et je l'ai fait débuter avec la boîte B. - 313 - Cinquième expérience sur Henri (4 janvier 1913). Même dispositif. La précédente opération paraît avoir appris quelque chose à Henri. Cette fois il se dirige droit vers la targette; mais il n'en connaît pas encore le maniement, car il la manœuvre à tort et à travers ; cependant, après trois essais, il arrive à la déplacer et ouvre le couvercle. (Deux minutes.) Sixième expérience sur Henri (4 janvier 1913). Même dispositif. Après un nouveau repos, Henri, qui paraît animé de beau- coup de bonne volonté, est ramené devant la boîte B. Il se dirige, tout seul, droit vers la targette, sans regarder le jouet, et, cette fois, la tire dans la direction convenable. Il ouvre en moins d'une minute. Nota. — Ainsi, dans la même après-midi^ à la suite il est vrai de cinq essais successifs, l'enfant a appris à manœuvrer convenablement la targette Ti . Septième expérience sur Henri (6 janvier 1913). - Dispositif : boîte C (à deux targettes). Henri est amené devant la boîte à deux targettes. 11 manœuvre sans hésitation Tl, et essaye d'ouvrir la boîte en se servant de Tl, comme levier. La boîte ne s'ouvre pas et il cherche à s'aider du bouton du couvercle, sans résultat. Il s'acharne en manifestant son mécontentement, fait distraitement un essai sur T2, qu'il ne réussit pas à déplacer suffisamment; puis, après une nouvelle tentative pour ouvrir par la violence, il se décourage et s'en va. Huitième expérience sur Henri (6 janvier 1913). Dispositif : boîte C. . Après un moment de repos, Henri est ramené devant la Tome LXVllI. 21 — 314 — boîte à deux targettes et fait sensiblement les mêmes manœu- vres que précédemment. Il s'acharne sur Tl, se décourage et s'en va. Neuvième expérience sur Henri (6 janvier 1913). Même dispositif. Le même résultat est obtenu. L'enfant paraît découragé, et pour éviter Facculement (1) du sujet, j'interromps momenta- nément les expériences sur Henri. Dixième expérience sur Henri (10 février 1913). Cette expérience n'a lieu, qu'environ un mois après la pré- cédente. Etant donné le mauvais résultat de l'expérience déjà lointaine du 6 janvier, je préfère faire un pas en arrière. Le dispositif adopté est la boîte B (à une seule targette). Henri, plein de bonne volonté, se dirige tout seul vers la boîte, saisit la targette Tl, l'actionne sans hésiter et soulève le couvercle. 11 s'empare du jouet avec des manifestations joyeuses. Nota. — // semble avoir conservé la notion acquise précé- demment. Onzième expérience sur Henri (10 février 1913). Dispositif : boîte G (à deux targettes). Profitant des bonnes dispositions du sujet, je le fais ramener devant la boîte à deux targettes. Henri actionne sans hésitations Tl, et dégage la targette de son crochet. 11 constate en secouant et en tirant sur le bouton (1) L'acculemenl, qui fait que l'être devient inerte et se rel'use à loule manifes- tation autre que celle de la crainte, est un phénomène bien connu des dresseurs d'animaux. 11 pourrait vraisemblablement se produire quelque chose d'analogue chez l'enfant, si on se montrait trop exigeant à son endroit et si on arrivait à le buter par la répétition d'exercices fastidieux. Mais il est facile, je crois, d'éviter cette difficulté, en interrompant l'expérience en temps voulu et, pour mon compte, je l'ai toujours évité chez les enfants en expérience. - 315 — qu'il ne peut ouvrir. Il tâtonne longtemps, s'acharne sur le bouton et, à force d'essais, finit par actionner T2, et dégager la targette de son crochet. Douzième expérience sur Henri (10 février 1913), Même dispositif. L'enfant tâtonne encore, mais arrive, cependant, à dégager les deux targettes au bout d'une minute environ. Treizième expérience sur Henri (10 février 1913). Dispositif : boîte D (à trois targettes). Henri, amené devant la boîte à trois targettes, pousse Tl, et T2, et se décourage en constatant qu'il ne peut ouvrir. Le garçon le ramène auprès de la boîte. Henri, après de longs essai-s, finit par soulever le couvercle sans actionner T3, qui cède sous l'eflort. Quatorzième expérience sur Henri (10 février 1913). Même dispositif. L'enfant, ramené une dernière fois devant la boîte D, actionne facilement Tl et T2 et soulève le couvercle en for- çant de nouveau T3. Quinzième expérience sur Henri (10 février 1913). Dispositif : boîte à poire. L'enfant ne manifeste pas de surprise. 11 considère le cou- vercle, passe sa main sur le joint pour essayer d'ouvrir; puis, presque aussitôt, joue avec la poire et ouvre (une minute). Nota. — Je ne puis me rendre compte s'il constate vraiment l'ouverture^ par suite d'une fausse manœuvre de mon aide, qui intervient en poussant une exclamation. La séance a duré à peine une minute. 516 Seizième expérience sur Henri (10 février 1913). Même dispositif. L'enfant tâtonne plus longtemps sur le couvercle et le long du tuyau. Il arrive, enfin, à la poire qu'il actionné. La séance a duré trois minutes. Dix-septième expérience sur Henri (10 février 1913). Même dispositif. L'enfant tâtonne un peu moins longtemps, répète la même manœuvre le long du tuyau et actionne la poire au bout de deux minutes. Nota. — Cette fois, je constate qu'il regarde le couvercle en actionnant la poire. CHAPITRE XI Comparaisons des Observations faites sur les enfants avant qu'ils ne parlent et sur Fanthro- poïde Pépée. Dans les premières expériences avec la boîte A (couvercle muni d'un bouton et sans targette), les enfants (1) se com- portent sensiblement comme Pépée. Le rendement de René est à peu près égal à celui de Pépée, celui de Pierre est plutôt inférieur. Comme l'anthropoïde, les enfants latent d'abord le grillage et cherchent à prendre l'appât à travers les mailles; puis, ils inspectent le couvercle, reconnaissent la présence de la porte et tirent sur le bouton. Placés en face de la boîte B (boîte munie d'une targette), les enfajits ne paraissent pas s'orienter mieux que Pépée. Comme elle, ils tirent indifféremment sur le bouton et la targette et n'arrivent à manœuvrer la targette que par un mouvement fortuit. Tandis que Pépée réussit dès la première expérience avec la boîte B, il faut deux séances à René pour aboutir péniblement. Pierre ouvre dès la première séance avec la boîte B, mais après plusieurs séances préparatoires sur la boîte A. Quant à Henri, qui ne s'est pas essayé sur la boîte A, il lui faut quatre expériences pour réussir à ouvrir la boîte B. ([) Pour la première expérience, nous ne pouvons comparer à Pépée que Piené et Pierre, puisque Henri a clireclemenl élé mis en face de la boile 13, sans l'inler- médialre de la boîle A. Dans loul ce cliapilre, le mol ^ cnl'anl » s'applique seule- ment aux sujets qui sont encore incapables de parler. — 318 — La notion dérmitivemeni acquise par Pépée (1) dès la cin- quième expérience bis (c'est-à-dire après quatre expériences sur la boîte B) n'est nettement acquise par René qu'à la suite de la huitième expérience (page 301); c'est-à-dire, après le même nombre d'essais sur la boîte B. Il en est de même pour Pierre et pour Henri. En présence de la boîte G (à deux targettes) Pépée arrive à ouvrir la boîte dès la première expérience (la sixième de la série) et sa découverte paraît confirmée dès la séance suivante (septième expérience, p. 238). Aucun des trois enfants ne l'em- porte sur elle et Henri emploie quatre séances avant d'ou- vrir la boîte C. Il en est de même dans les expériences avec la boîte D (à trois targettes) où les enfants semblent, même, inférieurs à Pépée comme rendement. L'égalité ne s'établit nettement qu'en présence de la boîte à poire (la boîte à mécanisme invisible) que Pépée et les enfants ouvrent ou doivent (2) ouvrir dès la première séance. Pour comparer exactement le rendement de Pépée et de ces jeunes enfants, il faut tenir compte, cependant, des con- ditions physiques des sujets. Pépée est absolument et relativement plus âgée que les enfants mis en parallèle avec elle. Absolument, puisqu'elle a plus de quatre ans et demi, au moment des expériences; relativement, parce que son évolution, beaucoup plus rapide, en fait un adulte, en face de formes larvaires. L'animal a une agilité extrême, et la coordination de ses mouvements est passée, depuis longtemps, du conscient dans l'inconscient. C'est là une supériorité qui n'a rien à voir avec le psy- chique du sujet et qui peut expliquer l'inégalité apparente de du rendement. (1) Ainsi que le prouvenl la sixième expérience (page 237) el les suivantes. (2) On se souvient que dans le cas de Pépée, l'expérience se trouve faussée par une faute de construction de l'appareil (voir chap. I"V, p. 247). — 319 — Quoi qu'il en soit, le mode de travail de Pépée et des enfants pour arriver à ouvrir les boîtes nous apparaît comme identi- quement la môme. Grâce à la lenteur des mouvements de l'enfant, la méthode employée se dégage, même beaucoup mieux, chez ce dernier, où nous suivons plus facilement les essais dirigés au hasard et les tâtonnements. Comme Pépée, l'enfant cherche à, l'aveuglette dans une vague direction. 11 est poussé, comme Pépée, par le désir de prendre l'appât et, sous l'influence de ce désir, nous le voyons effectuer des mouvements, sans prévision nette du mouvement nécessaire pour ouvrir la boîte. Comme Pépée, l'enfant a déjà fait connaissance avec les boîtes et les couvercles. Le désir éveille chez lui des associa- tions d'images, fruits de ses essais antérieurs et il exécute des mouvements; il a, vraisemblablement, l'idée vague que ces mouvements peuvent le conduire au but (l'ouverture de la boîte) mais, comme pour Pépée, cette idée reste, en quelque sorte, passive et non directrice des mouvements. Visiblement, il effectue des mouvements pour s'emparer de l'appât, mais nulle part nous ne le voyons former un juge- ment précis, se guider à l'aide d'un raisonnement, même élé- mentaire. Comme nous avons essayé de le montrer pour Pépée, nous voyons l'enfant enregistrer brusquement une découverte, sous l'influence de l'attention. 'Comme chez Pépée, il y a, parfois chez lui, fixation immédiate des essais utiles; mais, ses hési- tations, nous montrent qu'il n'existe pas pour lui de fils conducteurs et que sa méthode de travail est uniquement basée sur des essais successifs. L'enfant à ce slade de son évolution est un être qui tâtonne au hasard dans la nuit et qui, de temps en temps, est brus- quement illuminé par un éclair fulgurant. 11 a probablement, déjà, au même degré que Pépée, la pos- sibilité, de faire une comparaison, peut-être même, un raison- — 320 — nement embryonnaire; pourtant, quand nous passons aux expériences sur la boîte E (à mécanisme invisible), nous le voyons, comme l'anthropoïde, toucher la poire et ouvrir la boîte, alors qu'aucun raisonnement, qu'aucune comparaison, ne pouvait lui indiquer que cette poire commandait l'ouver- ture de cette boîte. Nous sommes, dans ce cas, obligés de conclure, en nous en rapportant aux faits, comme nous l'avions déjà fait pour Pépée, que l'enfant pour satisfaire son désir de s'emparer de quelque chose, procètle par essais et tâtonnements avec, sous l'influence de V attention éveillée^ enregistrement rapide des essais utiles. Ces essais, ces tâtonnements et cet enregistrement rapide, remplacent normalement chez lui le jugement et le raison- nement. CHAPITRE XII Expériences sur les enfants qui ont déjà le lan- gage à leur disposition. — Observations sur René. Deuxième Série Les; expériences n'ont été reprises avec René, c/uaprès un long intervalle. Bu 31 octobre 1911 au 30 novembre 191 '2, il n'a plus travaillé dans mon laboratoire. Il «, à présent, trente-cinq mois et n'a pas vu les boites à targettes ou à poire depuis treize mois. Il parle, maintenant, et comprend nette- ment ce qu'on lui dit. Dix-huitième expérience sur René (l) (30 novembre 1912). Dispositif : boîte B (à une seule targ-ette). René est amené devant la boîte à une targette. Il pousse des exclamations joyeuses en apercevant le jouet à travers le grillage et cherche à s'en emparer. Il constate qu'il ne peut passer ses doigts à travers les mailles du fil de fer. II se redresse, regarde la targette, la tâte un instant, puis la tire latéralement et ouvre. Durée : à peine une minute. Nota. — L'attitude générale de P.cr.é s3.:ible indiquer qu'il (1) Quoique ces expériences apparlieniienl h une nouvelle série, il m'a semblé nécessaire, pour éviler loule confusion, de les numéroler à la suile des précédentes. — 322 — ne manœuvre plus au hasard et que ses mouvements sont cal^ culés en vue du but à atteindre. Son essai sur le grillage semble montrer aussi, coiitrairement à ce que nous avions constaté chez Pépée, qu'il a perdu le souvenir des expériences de Vannée précédente. Dix-neuvième expérience sur René (30 novembre 1912). Dispositif : boîte G (à deux targettes). René, amené devant la boîte à deux targettes, regarde le jouet, à travers le grillage, n'essaye plus de s'en emparer, se redresse et sans hésiter fait jouer Tl , dans le bon sens. Il essaye de soulever le couvercle et voyant qu'il ne réussit pas, il actionne la targette T2, dans la bonne direction (inverse de Tl). La porte s'ouvre, mais incomplètement, Tl se trouvant repoussé trop en arrière. L'enfant déplace légèrement Tl et ouvre complètement la boîte. Durée : moins d'une minute. Vingtième expérience sur René (30 novembre 1912). Dispositif : boîte D (à trois targettes). René, amené devant la boîte, D, regarde à peine le jouet et actionne sans hésitations Tl, et T2. Il essaye alors d'ouvrir en soulevant, s'étonne de la résistance et insiste. Voyant son effort inutile, au bout de quinze secondes, il cherche l'obstacle, le reconnaît, pousse T3, dans le bon sens et ouvre. Nota. — Il recherche l'obstacle avec les yeux et sans faire de mouvements avec les mains. Vingt et unième expérience sur René (31 novembre 1912). Dispositif : boîte E, à mécanisme invisible (boîte à poire). Je profite des bonnes dispositions de l'enfant pour risquer la série complète et on amène René devant la boîte à poire. Il regarde le jouet, puis se redresse et regarde avec atten- tion le couvercle de la boîte. La disparition des targettes — 323;— paraît le surprendre. Il essaye de soulever le couvercle, mul- tiplie les etlorls, tire de toutes ses forces sur l'amortisseur en caoutchouc et témoigne son mécontentement, en disant à plusieurs reprises : <( Peux pas... peux pas! » Il cherche encore pendant trois minutes en répétant, de temps en temps, le même mot.... 11 va chercher son père, l'amène auprès de la boîte en disant : « Ouvre, toi... » Le père ne donnani aucune indication, René se décourage et s'en va. Nota. — L'enfant a donc perdu tout souvenir des expé- riences de l'année précédente et, tandis ciu'autrefois il avait ouvert la boîte du premiev coup (quinzième expérience, p. 303) en actionnant la ivoire ; maintenant, il échoue et ne découvre •pas le mécanisme caché qui permet l'ouverture. Vingt-deuxième expérience sur René (31 novembre 1912). Même dispositif : boîte E. Ce résultat me paraît assez intéressant pour m'mciter à renouveler immédiatement l'épreuve. L'enfant, après un repos de quelques minutes, est ramené devant la boîte à poire. Il recommence à tâtonner sur le couvercle, essayant d'insi- nuer ses doigts dans la rainure; il s'irrite et se met à pleu- rer; puis, il se calme, va chercher son père et invoque son aide. Il répète à satiété, avec dépit : « Peux pas... peux pas », multiplie les nouvelles tentatives sur le couvercle, va de nouveau vers son père et, dans ce mouvement, touche la poire qui, heureusement, n'est pas heurtée assez fort pour que le couvercle s'ouvre. L'enfant est tout à fait découragé, et s'en va. Vingt-troisième expérience sur René (31 novembre 1913). Même dispositif : boîte E. Ramené une fois encore devant la boîte (1), René cherche (1) Je lui avais fait présenter, en deliors de la chambre de travail, le jouel comme stimulant pour réchauffer son zèle. QOi avec bonne volonté ; puis, se décourage brusquement, en disant : u Peux pas » et, après avoir invoqué l'aide de son père il renonce. Nota. — Ces dernières expériences prouvent non seulement que l'enfant ne se rappelle pas les expériences de l'année précédente, mais encore, qu'il y a quelque chose de changé dans sa façon de travailler. Vingt-quatrième expérience sur René (4 décembre 1912). Dispositif : boîte D (à trois targettes). Cinq jours après la vingt-troisième expérience sur la boîte E, René est amené devant la boîte D, à trois targettes. 11 examine le jonet enfermé dans la boîte, se redresse, actionne T3, puisTl, puis T2 sans aucune hésitation et avec une assurance caractéristique. Nota. — René, connaît, maintenant, la manœuvre des targettes et quelques opérations de contrôle effectuées plus tard donnent toutes le même résultat, ainsi que le montre la figure 7 du texte. Vingt-cinquième expérience sur René (4 décembre 1912). Dispositif : boîte à poire ou boîte E. René examine le jouet enfermé dans la boîte, regarde attentivement, essaye mollement de soulever le couvercle en disant : « Peux pas », hésite pendant quelques secondes, puis, fait un nouvel essai sur le couvercle. Il cherche visible- ment une explication, regarde et inspecte le tuyau qui le conduit à la poire. Il actionne d'abord timidement celle-ci, puis plus fort, regardant si le couvercle va s'ouvrir. Le cou- vercle s'ouvre et sans hésitation, avec manifestation de joie, il va chercher le jouet (1). (1) Je me suis demandé si René avait fait là une découverte, car deux autres hypothèses sont possli)les : 1" brusque réminiscence, puisqu'il avait ouvert la boîte, l'année précédente ;• 2" conversation devant l'enfant du père ou de la mère. S'il y avait eu réminiscence, il semble qu'elle aurait dû se produire cinq jours avant. S'il y avait eu renseignement donné à l'enfant, il semble qu'il n'y aurait pas eu les tâtonnements du début. — 325 — Nota. — L'enfant parait avoir compris du premier coup, dans cette dernière expérience, la relation qui existe entre la traction sur la poire et l'ouverture de la boite, contrairement à ce que nous avons ohservé chez Pépée et chez les enfants avant qu'ils ne parlent, FiG. 7. — René connaît, maintenant, le maniement des targettes et les manœuvre avec intelligence, ainsi que le montre son atti- tude dans cette photographie. — 326 — Vingt-sixième expérience sur René (4 décembre 1912). Dispositif : boîte à poire ou boîte E. René, ramené une seconde fois devant la boîte E, va sans hésitation à la poire (sans même examiner le couvercle), déclanche et s'empare du jouet. Nota. — Phmeurs expériences de contrôle faites le 6 dé- cembre et te 9 décembre, indiquent que l'enfant n'a plus rien à apprendre à ce sujet, et qu'il ne se préoccupe plus que de la poire pour ouvrir la boite, quelle que soit l'orientation de la boîte. CHAPITRE XIII Expériences sur les enfants qui ont déjà le lan- gage à leur disposition. (Suite.) — Observations sur Roger, Marcelle, Simone, Pierre II. 1° EXPÉRIENCES SUR ROGER , . Roger est un petit garçon de trois ans et neuf mois qui semble intelligent et réfléchi. Il parle assez facilement, sans avoir un vocabulaire très étendu. Il commence à distinguer les premiers nombres : un., deux, trois ; mais, ne sait ni lire, ni écrire. Première expérience sur Roger (3 mai 1913). Dispositif : boîte B, à une seule targette. L'enfant, amené pour la première fois dans mon labora- toire, paraît très préoccupé et très intrigué. Conduit devant la boîte à une seule targette, dans les conditions habituelles, son attention est distraite de la capture du jouet par sa curio- sité en éveil. Il a repéré rapidement le couvercle et, distraitement, il l'explore avec la main, le plus souvent sans le regarder, témoignant par son aspect général, non pas de l'inquiétude,» mais une curiosité qui n'ose se manifester. C'est la première fois que j'observe chez les enfants en — 328 — expérience, une si complète indifférence pour le jouet, sous l'influence de l'attention éveillée par d'autres objets. Celle attitude dure pendant douze minutes. Je commence à craindre que l'enfant ne refuse le travail, lorsque, brusquement, il reporte son attention sur la boîte, se baisse pour considérer le jouet, se relevée pour examiner le couvercle et, prudem- ment, saisit la targette et la déplace légèrement. Pendant un court moment (cinq à six secondes) il réfléchit; puis, il imprime un nouveau mouvement à la targette, pas assez fort, cependant, pour la dégager complètement de son crochet. Nouvelle réflexion, nouvel efl"ort... Cette fois, il ouvre en poussant latéralement, puis en soulevant la targette et cons- tate l'ouverture. Deuxième expérience sur Roger (3 mai 1913). Dispositif : boîte C, à deux targettes. Roger, amené devant la boîte à deux targettes, pousse sans hésitation Tl, ensuite T2, et s'empare du jouet. Troisième expérience sur Roger (3 mai 1913). Dispositif : boîte D, à trois targettes. Roger, amené devant la boîte à trois targettes, pousse sans hésitation ïl, et T2. 11 essaye de soulever le couvercle et s'étonne de ne pas réussir. 11 s'arrête, reste immobile, songe, regarde et actionne T3. Quatrième expérience sur Roger (3 mai 1913). Dispositif : boîte à poire ou boîte E. Roger, amené devant la boîte à poire, est plein d'ardeur. 11 paraît surpris de ne pas trouver de targettes. Il songe un instant et travaille le couvercle avec ardeur. Pcndiint cinq miniiles^ il s'acharne, tournant autour de la — 329 — boîte, frôlant la poire en se déplaçant à droite et à gauche, à trois reprises, sans, heureusement, la heurter. J'interi'omps la séance. Cinquième expérience sur Roger (3 mai 1913). Dispositif : boîte à poire ou boîte E. Après un repos de dix minutes, Roger est ramené devant la boîte à poire. Il travaille pendant cinq minutes avec bonne volonté, sur le couvercle, mais sans résultats. 11 s'acharne sans quitter le couvercle de la boîte. J'interromps la séance. Nota. — Quoique Roger ait donné dans cette série d'expé- riences de nombreuses preuves d'intelligence et de réflexion, comme René de la seconde série, il se trouve dérouté en face de la boite E. Il me parait, d'ailleurs, hors de doute que si j'avais pu faire travailler Roger plus longtemps^ il aurait fini comme René, par découvrir la relation entre la poire et l'ouverture de la boîte. 2" EXPÉRIENCES SUR MARCELLE Marcelle est une fillette de trois ans et trois mois. Elle paraît intelligente et vive, elle parle volontiers ; mais ne sait ni compter, ni lire, ni écrire. Première expérience sur Marcelle (21 février 1913). Dispositif : boîte B, à une seule targette. Amenée devant la boîte, Marcelle aperçoit le jouet et mani- feste le désir de s'en emparer. Elle constate qu'elle ne peut le saisir à travers le grillage et s'assure de l'existence du couvercle. Elle tire sur le bouton à plusieurs reprises et éprouve un Tome LXVllI. 22 — 330 — grand embarras qui se traduit par une mimique expressive. Elle n'arrive à manœuvrer la targette qu'après deux minutes. Nota. — // semble que Marcelle^ mais à un ynoindre degré que Roger, est gênée dans ce premier essai jmr sa timidité. Deuxième expérience sur Marcelle (21 février 1913). Dispositif : boîte C, à deux targettes. Amenée devant la boîte à deux targettes, Marcelle examine le jouet, se redresse aussitôt et manœuvre Tl, et T2, sans hésitation. Troisième expérience sur Marcelle (21 février 1913)] Dispositif : boîte D, à trois targettes. Amenée devant la boîte à trois targettes, ]\Iarcelle manœuvre sans hésitation T2, Tl, puis T3, et ouvre sans effort. Quatrième expérience sur Marcelle (21 février 1913). Dispositif : boîte à poire ou boîte E. Amenée devant la boîte à poire, Marcelle s'étonne de ne plus trouver de targettes. Elle cherche avec ardeur pendant sept minutes, puis se décourage et s'en va. Pas une fois, elle ne songe à toucher à la poire qu'elle a frôlée à plusieurs reprises, son attention se trouvant concentrée sur le couvercle. 3° EXPERIENCES SUR SIMONE. Simone (pi. II, fig. 3 et 4, et fig. 5 du texte, page 231) est une petite fillette d'un peu moins de quatre ans au moment des premières expériences (quatre ans moins deux mois). Elle parait d'intelligence assez vive, tnais elle est très timide et se bute avec une extrême facilité. Elle parle facilement , ne sait ni lire, ni écrire et ne parait pas savoir compter. C'est la sœur de Pierre 1. 331 Première expérience sur Simone (2i février 1913). Dispositif : boîte B, à une targette. Amenée devant la boîte à une targette, la fillette reste sans bouger et, malgré les encouragements du garçon de labo- ratoire, se tient immobile et regarde avec défiance autour d'elle. Au bout de cinq minutes, j'interromps la séance et je fais donner un jouet à l'enfant. Ramenée à cinq reprises devant la boîte à une targette, Simone garde la même altitude (l). Deuxième expérience sur Simone (27 février 1913). Dispositif : boîte B, à une targette. Simone est amenée devant la boîte à une seule targette dans les conditions ordinaires. Elle reste, comme dans la séance précédente, immobile et figée. J'attends cinq minutes et j'interromps la séance. Simone est encore ramenée quatre fois (2), le 27 février 1913, devant l'appareil et garde la même attitude. La mère, interrogée (à part), dit que la fillette est sujette à des crises d'entêtement et que rien ne peut la faire obéir, quand elle n'en a pas envie. Je recommande à la mère de ne pas gronder la fillette, à qui je fais donner plusieurs petits jouets. Troisième expérience sur Simone (6 mars 1913). Dispositif : IjoîIc C, à deux targettes. Quoique Simone n'ait pas encore ouvert la boîte à une seule targette, j'essaye cette fois avec la boîte à deux targettes. Amenée devant la boîte à deux targettes, Simone actionne (1) Il m'a semblé que ce serait un tort de compter ces cinq tentatives comme des expériences distinctes. Je les fais donc entrer sous le titre de la première expé- rience. (2) Même observation que dans la note précédente. — 332 — sans hésiter, Tl et T2, ouvre et prend le jouet. L'opération ne dure pas une minute (environ cinquante secondes). Nota. — // semble qu'en dépit des apparences, Simone a profité de ses essais antérieurs. Quatrième expérience sur Simone (6 mars 1913), Dispositif : boîte D, à trois targettes. Simone, amenée aussitôt devant la boîte à trois targettes, opère encore sans hésitation et attend d'avoir dégagé Tl, T2 et T3, avant d'essayer de soulever le couvercle. Nota. — Une seconde séance donne le même résultats Cinquième expérience sur Simone (6 mars 1913). Dispositif : boîte à poire. Simone, amenée devant la boîte à poire, cherche avec ardeur à ouvrir la boite. Elle multiplie sans se lasser les tentatives sur le couvercle et tourne autour de la boîte (durée : dix minutes). A plusieurs reprises, elle frôle la poire avec l'épaule. Une nouvelle tentative, après un moment de repos, dure cinq minutes. L'enfant paraît découragé et j'interromps la séance. Les deux photographies ( fig. S et 4 de la planche II) me paraissent traduire très exactement l'attitude de Simone, qui connaît le ^naniement des targettes et les ?na?iœuvre avec attention et intelligence (fig. 3) tandis que, dans la figuré 4, elle montre, par son attitude embarassée, son dépit de ne pou- voir ouvrir la boite à poire. Ces photographies ont été prises le même jour que celles de Pierre I (fig. i et 2). Ce Jeune enfant a précisément l'atti- tude inverse de celle de Simone, triomphant devant la boite à poire, dérouté devant les targettes qu'il secoue au hasard. — 333 Nota. — Plus tard, quand^ à force d'essais, Simone aura trouvé le secret de la poire, elle reprendra son assurance et son air réfléchi, comme le montre la figure 5 du texte (p. ''231 ). ¥ EXPÉRIENCES SUR PIERRE II Pierre II est un petit garçon qui paraît réfléchi et moyenne- ment intelligent. Il a quatre ans et cinq mois, au moment des premières expériences . Première expérience sur Pierre II (25 août 191 i). Dispositif : boîte B, à une targette. Pierre 11^ amené devant la boîte à une targette, procède à un examen attentif. II cherche d'abord latéralement une ouverture, puis aper- çoit le couvercle et le bouton. Il soulève légèrement le bouton et paraît comprendre que la targette fait obstacle à l'ouverture. Sans lâcher le bouton, il" manœuvre horizontalement la targette et ouvre sans peine. Deuxième expérience sur Pierre II (25 août 1911). Dispositif : boîte G à deux targettes. Pierre II, amené devant la boîte à deux targettes, actionne Tl, et soulève le bouton. 11 ne peut ouvrir. Il examine l'obs- tacle et pousse T2. Il ouvre, ensuite, avec le bouton. Troisième expérience sur Pierre II (25 août 1911). Dispositif : boîte D à trois targettes. Pierre II, amené devant la boîte à trois targettes, manœuvre Tl, puis T2, puis T3, qu'il pousse incomplètement. Il essaye d'ouvrir en tirant sur le bouton et ne réussit pas. Il revient. — 834 — alors, à T3, achève de dégager la targette de son crochet et ouvre. Quatrième expérience sur Pierre II (25 août 1911). Dispositif : boîte à poire ou boîte E. Pierre II, amené devant la boîte à poire, explore le pour- tour du couvercle, travaille le ressort et le caoutchouc amor- tisseur, regarde à travers le grillage, touche le tube de cuivre à son origine. Au bout de cinq minutes, il paraît découragé. J'interromps la séance. Cinquième expérience sur Pierre II (25 août 1911). Dispositif : boîte à poire ou boîte E. . Pierre II, ramené après un repos devant la boîte à poire, travaille avec bonne volonté pendant cinq minutes, sans réussir. Il cherche sur les côtés, en dessous du couvercle, mais n'étend pas ses investigations jusqu'à la poire. J'interromps la séance. Sixième expérience sur Pierre II (25 août 1911). Dispositif : boîte à poire. Sur mon ordre, l'aide conduit Pierre II devant la boîte ouverte et lui laisse prendre le jouet. On l'éloigné ensuite et l'on referme la boîte. Pierre II, ramené devant la boîte, essaye d'ouvrir en cher- chant méthodiquement autour du joint de la porte et du cou- vercle ; il échoue encore une fois. Nota. — Ce jeune garçon travaille visiblement avec intelli- gence ; il est vive?nent intrigué. Sa raison V enchaîne au voisi- nage immédiat du couvercle, et ne lui permet pas de s'en éloigner. En résumé, les expériences exposées dans le chapitre XII et le chapitre XIII, nous indiquent deux faits importants, sur lesquels j'attire spécialement l'attention : 1" En présence des boîtes à mécanisme visible, l'enfant qui parle n'a plus la même attitude que l'enfant plus jeune qui ne parle pas encore. Il travaille avec une intelligence visible et ses mouvements sont nettement dirigés par l'idée de s'em- parer de l'appât enfermé dans l'appareil ; 2° En présence de la boîte à mécanisme invisible, l'enfant qui parle est dérouté et s'obstine longtemps à chercher, dans le voisinage immédiat de la porte, où il avait trouvé précédem- ment les targettes, le moyen d'ouvrir la boîte. Il est, dans ce cas, nettement inférieur comme rendement à Pépée et à l'en- fant moins âgé et qui ne parle pas encore. 11 faut remarquer, cependant, que cette infériorité n'est que momentanée et que dès que l'enfant qui parle arrive à manœuvrer la poire, il comprend aussitôt la liaison entre le déclanchement de la poire et l'ouverture de la boîte, liaison que Pépée et l'enfant qui ne parle pas ne semblent établir, en général, qu'après plusieurs essais réussis. Cette infériorité est donc, en réalité, plus apparente que réelle et est provoquée, en quelque sorte, par la disposition même des expériences. Elle n'en est pas moins importante à consiater, puisqu'elle indique clairement que l'enfant qui parle ne travaille plus comme l'enfant qui ne parle pas. CHAPITRE XIV Expériences sur des enfants relativement âgés. Olïservations sur Solange et Maurice. 1° EXPÉRIENCES SUR SOLANGE Solange est une i:}elite fille de 7 ans qui paraît très intelli- gente et- très éveillée. Elle a été élevée dans un milieu favorable à son développement intellectuel : son père est à la fois un savant et un ingénieux praticioi. Première expérience sur Solange (19 décembre 1912). Dispositif : boîte B, à une seule targette. Amenée devant la boîte à une seule targette, l'enfant, visi- blement intimidée, mais dominant son inquiétude et pleine de bonne volonté, examine la boîte, réfléchit quelques secondes et tire la targette dans le bon sens. Deuxième et troisième expériences sur Solange (19 décembre 1012). Amenée successivement devant les boîtes C et D, à deux et à trois targettes, Solange opère joyeusement et sans hésitation. Quatrième expérience sur Solange (19 décembre 1912). Disj)ositif : boîte à poire ou boîte E. — 337 — - Solange, devant la boîte à poire, est d'abord visiblement déroutée. Elle cherche consciencieusement sur le couvercle le moyen d'ouvrir et ne trouve rien de ce qu'elle voulait trouver, Elle étend alors méthodiquement ses investigations, inspecte le tube de cuivre, qu'elle essaye d'actionner comme un levier; puis, le suit avec la main et arrive à la poire. Là, elle s'arrête un instant, puis tire sur la poire, en regardant le couvercle. Elle constate l'ouverture avec joie. 2° EXPÉRIENCES SUR MAURICE Maurice est im grand garçon de 1*2 ans, d'intelligence Ynoijenne et sur lequel, je ne vois aucune remarque spéciale à noter. C'est un garçon qui va à l'école et a reçu l'instruction primaire. Première, deuxième et troisième expériences sur Maurice (18 décembre 1912). Dispositif : les diverses boîtes à targettes B, C, D. Maurice, amené successivement et dans les conditions ordi- naires devant les différentes boîtes a targettes, montre qu'il connaît, ou qu'il comprend du premier coup le mécanisme et ouvre une, deux, trois targettes sans hésitation. Quatrième expérience sur Maurice (18 décembre 1912). Dispositif : boîte à poire ou boîte E. Maurice, amené aussitôt après devant la boîte à poire, l'examine un instant, paraît surpris de l'absence des targettes et s'assure qu'il ne peut plus ouvrir le couvercle directement. Il inspecte du regard le dispositif général de l'appareil et va secouer la poire. En résumé, les expériences portant sur les enfants relati- — 338 — vement âgés, nous indiquent que ces derniers font fonctionner les fermetures des boîtes à mécanisme visible, avec une extrême facilité, ainsi qu'il était facile de le prévoir, après les expériences portant sur les enfants moins âgés des chapitres XII et XIII. Placés en face de la boîte à mécanisme invisible, ils ne sont plus longuement déroutés, comme les précédents, et tour- nent rapidement la difficulté qui se présente devant eux, par une exploration méthodique qu'ils étendent, progressivement , de plus en plus loin de la porte de la boîte qu'ils veulent ouvrir. CHAPITRE XV Les deux méthodes de l'enfant. J'ai exposé dans les chapitres précédents toutes mes expé- riences sur l'anthropoïde Pépée, sur les enfants avant qu'ils ne parlent et sur les enfants après qu'ils se sont munis du langage. Nous pouvons, maintenant, comparer le résultat de ces diverses séries. Lorsque j'ai institué ces expériences comparatives sur mon anthropoïde et sur les jeunes enfants, je prévoyais que j'allais constater une gradation lente dans les résultats; un parallé- lisme entre l'âge de l'enfant et ses aptitudes à découvrir un mécanisme simple ou complexe. Il me semblait naturel de prévoir une série de degrés, d'étapes successives, que l'enfant franchirait à mesure que se développerait son intelligence. La nature n'agit pas toujours d'après la logique de notre logique. J'ai été très surpris de voir les résultats se renverser dans le cas de la boîte à mécanisme invisible et de trouver, dans ce cas, l'enfant qui ne parle pas supérieur dans son rendement à l'enfant plus âgé qui parle déjà : L"enfant qui ne parle pas déclanche la poire et ouvre la boîte à mécanisme mYisihle presque à cottp sâr après quelques tâtonnements et dans une seule séance ; l'enfant qui parle ne trouve, d'ordinaire, qu'après plusieurs séances, le mécanisme en question. — Voilà, le fait. — 340 — Cela veut-il dire que des enfants tels que René (1), Roger, Marcelle, Simone, Pierre II ne soient pas, physiquement et psychiquement, très supérieurs à René (2), à Pierre I, à Henri et à Pépée? — Evidemment non. Leur supériorité psychique est évidente dans toutes les expériences. Ainsi que je l'ai exposé dans le chapitre XI, oii j'ai com- paré les observations faites sur les enfants avant qu'ils ne parlent et sur l'anthropoïde Pépée, placés en face des boîtes à mécanisme visible ou invisible, René, Pierre I, Henri et Pépée tâtonnent. Ils font des essais au hasard (essais vaguement orientés dans leur ensemble par le désir de prendre l'appât et par les réussites fortuites qui se produisent à la suite de leurs mou- vements). Si nous suivons, au contraire, les expériences décrites dans les chapitres XII et XIII, où manœuvrent les jeunes enfants déjà en possession du langage, René (de la deuxième série), Roger, Marcelle, Simone et Pierre II, combien leur attitude est différente ! Placés en face de la difficulté à résoudre, on les voit réflé- chir et essayer d'établir immédiatement une relation de cause à etîet. Evidemment, ils font des essais, mais des essais dirigés étroitement par une idée. Ceci me paraît surtout frappant en suivant l'évolution de René (3). Que l'on compare, dans le chapitre XII, la dix-huitième, la dix-neuvième et la vingtième expériences de René (qui a maintenant 35 mois, qui parle et comprend ce qu'on lui dit) avec la deuxième, la quatrième, la cinquième, la sixième, la septième et la huitième, du chapitre IX (page 297), du môme René (qui a seulement 20 mois et n'a encore à sa dis- position que le pseudo-langage et deux ou trois sons appris) (1) René de la deuxième série. (2) René de la première série. (3) C'est d'ailleurs pour cela que je l'ai présentée dan» un chapitre distinct, — 341 — et l'on est tenté de conclure que ce n'est plus le même enfant dont on a le travail sous les yeux. C'est bien le même enfant qni travaille, mais il a snbi une profonde transformation, dans un laps de temps relativement très court. A la réflexion, ce fait s'explique facilement. L'enfant, qui n'a pas encore à sa disposition l'outil perfec- tionné représenté par le langage, ne doit pas pouvoir penser au sens oii nous entendons ce mot. Son cerveau est probable- ment, comme celui de l'animal, ce tableau à projection dont parle le professeur Delage sur lequel passent des images qui se succèdent., n'enchevêtrent., vont et viennent de mille façons suscitées par des impressions actuelles ou des associations de souvenir. Il n'a pas, pour accrocher ces images et leur donner des contours nets, le mot qui va personnaliser l'idée et per- .mettre les groupements des images. 11 en est tout autrement pour l'enfant qui parle : lui, non seulement, profite de son éducation antérieure, du pas- sage de ses réflexes du conscient au sub-conscient, pour coor- donner ses mouvements, mais il a acquis, en plus, un outil, le langage, dont il se sert maintenant, comme le cycliste se sert de sa machine, instinctivement et sans avoir besoin d'en comprendre les rouages. Grâce à ce nouvel outil, il n'a pas, seulement en puissance, la possibilité de raisonner; il peut diriger et raisonner ses mouvements, et lorsqu'un premier travail amène l'ouverture de la boîte, il n'établit plus une simple coïncidence, « Pousser la targette = ouvrir la boîte », il compare et ajoute : la boîte s'ouvre « parce que ». Gomment expliquer, dans ces conditions, que cet enfant qui raisonne, qui s'est muni de l'outil précieux, se monire inférieur, comme rendement, en face de la boîte à mécanisme caché, à l'enfant plus jeune qui ne peut avoir, qu'en puis- sance, la possibilité de raisonner? Gomment expliquer ce fait en apparence paradoxal? ^ 342 — L'explication me paraît très simple : C'est justement parce qu'il raisonne, que le jeune enfant qui commence à parler et à utiliser le nouvel outil, n'arrive pas du premier coup à manœuvrer la poire. Ce qui prouve le mieux qu'il raisonne et qu'il ne ti'availle plus au hasard, comme Pépée ou comme les jeunes enfants qui n'ont pas le langage à leur disposition, c'est précisément son infériorité lors de l'ouverture de la boîte à poire, dont il ne peut com- prendre le mécanisme caché. 11 se trouve prisonnier de son jugement qui enchaîne ses investigations nouvelles dans un espace trop étroit. L'enfant qui commence à parler a donc l'air d'être un ter- rible logicien. Il raisonne mal et croit, cependant, à la toute puissance de la raison. L'expérience lui apprendra, peu à peu, que tout ce qui paraît logique n'est pas sûrement vrai. Il n'aura plus, à chaque instant, le cri de Galilée : e pur si ?nuove. Il saura que les apparences ne sont pas tout et engen- drent souvent l'illusion; et il n'atteindra, définitivement, ce que nous appelons Vâge de raison, que lorsque, à certains points de vue, il sera devenu moins raisonnable . C'est là, à mon sens, ce que mettent en évidence les expé- riences du chapitre XIV, sur Solange et sur Maurice. Ces derniers ont franchi ce stade de logiciens implacaBles, et du haut de leur expérience de 7 ans et de 9 ans, ils n'ont déjà plus le fétichisme de la raison et savent tourner les difficultés, en regardant les bifurcations de la route. Amené devant la boîte à targettes, l'enfant de sept ans se fait un jeu de manœuvrer les targettes. II a vu d'autres mécanismes analogues et il raisonne suffisamment pour indi- quer le pourquoi de l'ouverture. Placé devant la boîte à poire, il n'est que momentanément dérouté II n'y a plus de targettes, se dit-il, c'est étonnant, mais la boîte doit s'ouvrir tout de même! Une boîte ne s'ouvre pas par le raisonnement.... Cherchons! Le couvercle ne veut pas céder? Ce tuyau fixé sur la boîte est peut-être un levier? — 343 - L'enfant tâte le pseudo-levier, cherche à l'actionner. Le tuyau le conduit à la poire.... Un essai, raisonné, essai hasar- deux, mais inspiré pourtant par le raisonnement, lui permet, rapidement, d'ouvrir. Il ressort donc de la comparaison de mes expériences sur Pépée et sur les divers enfants, que le mode de travail de ces derniers (ce que j'ai appelé un peu pompeusement leur mé- thode de travail) se modifie, profondément, au moment oii ils conquièrent l'outil précieux du langage et je résumerai schématiquement ma pensée en disant : 1° L'enfant [qui ne parle pas) travaille avec la méthode simiesque, c'est-à-dire de la même façon que Pépée. 2° L'enfant (qui parle) travaille avec la méthode humaine^ c'est-à-dire comme un tout petit homme. CHAPITRE XVI L'importance du langage clans l'évolution de l'enfant. La conclusion du chapitre précédent résume le résultat le plus important que j'ai obtenu dans les expériences que j'ai faites sur l'anthropoïde et les enfants à des âges variés. Les changements qui se produisent dans la période, relati- vement courte, où l'enfant, jusque là réduit à se servir du pseudo-langage, se munit du langage proprement dit, du langage hominien, marquant un stade capital de son évolu- tion. Lorsque j'ai parcouru les travaux sur les enfants que j'ai pu me procurer à Bordeaux; entre autres : « La logique chez l'enfant et sa culture w, de Frédéric Queyrat (1) les magis- trales études de Bernard Pérez (2) sur les trois premières années de l'enfant et sur l'enfant de 3 à 7 ans (3), je m'at- tendais à trouver des renseignements nombreux sur ce stade si intéressant où l'enfant conquiert cet outil précieux du langage, ce stade où il apprend à parler et qui va définitive- ment le différencier de l'animal. J'ai été un peu déçu. Certes, cette phase n'a point passée inaperçue et lorsque Frédéric Queyrat distingue les trois périodes de la vie intellectuelle de l'enfant, avec la période (1) Frédéric Queyrat, La logique chez l'enfant et sa culture, Félix Alcan, 1907. (2) Bernard Pérez, Les (vois premières années de l'enfant, Félix Alcaii, 1911. (3y Bernard Pérez, L'enfant de 3 à 7 ans, Félix Alcan, 1907. — 345 — sensitive pour la première enfance, la période de la pensée spontanée et celle de la pensée réfléchie, il se trouve d'accord avec un grand nombre de philosophes pour caractériser par les deux premiers termes, le stade en question. Il précise d'ailleurs nettement sa pensée, en citant cette phrase du livre II de l'Emile de Rousseau : « C'est ici, le second terme de la vie et celui auquel proprement finit l'en- fance; car le mot infans &{ puer ne sont pas synonymes. Le premier est compris dans l'autre et signifie qui ne peut parler : d'où vient que dans Valère-Maxime on trouve p)ue- nim infanteni. » « Cette seconde phase, ajoute Frédéric Queyrat, commence vers la troisième année, l'époque oii l'enfant acquiert l'essen- tiel de la parole, variant d'ailleurs quelque peu suivant les sujets. » Quoique, ainsi que le montre cette citation, la distinction de puerum infantem remonte au temps des romains, les com- paraisons que j'ai faites en me basant sur l'anthropoïde me paraissent préciser les faits et me permettent d'insister sur ce point : la très haute importance de ce stade dans l'évolution humaine. Ainsi que le fait remarquer Y. Delage (1), « De tous les éléments constitutifs de l'idée, celui qui la caractérise le plus nettement, celui qui donne à la représentation mentale sa vigueur, sa précision, c'est le mot qui la désigne. » Il me semble qu'on peut, peut-être, se montrer encore plus affirmatif et dire que le mot (pris dans son sens le plus large de signe conventionnel, même dépourvu de sa forme sonore) est indispensable à l'homme pour donner à l'idée sa person- nalité et son autonomie. C'est la même idée que celle de M. Delage avec en plus la notion de nécessité. Le mot devient ainsi, non pas seulement un élément constitutif de l'idée, mais, même un élément essentiel pour que l'idée prenne corps, se développe et ne reste pas un embryon d'idée. (1) Yves Delage, Essai sur la conslilution des idées, p. 138. Revue générale des sciences, 28 février 1913, Armand Colin, Paris. Tome LXVIU. 23 - 346 - Comme le fait remarquer plus loin Y. Delage « L'idée pour l'homme d'un objet concret se compose d'éléments simples qui sont : la situation dans l'espace et dans le temps, la forme, la couleur, éventuellement le son, l'odeur, le goût et le toucher, et au premier rang, le mot par lequel elle est désignée dans le langage articulé. » Un être comme l'anthropoïde, ou comme le jeune enfant qui ne parle pas encore, est capable de percevoir, situation dans l'espace et dans le temps, forme couleur; éventuellement, son odeur, goût et toucher à propos d'un objet Concret; pour- tant, tant qu'il n'a pas le mot, pour constituer le canevas où peuvent se fusionner et s'agencer ces ditïérentes images, l'idée reste à l'état fragmentaire, à l'état d'images dissociées, dont la juxtaposition est précaire et fugitive. Compayré, dans son ouvrage sur Y Évolution intellectuelle et morale de l'enfant, a écrit : « La raison est l'ouvrière, le langage est l'outil. L'ouvrière ne se perfectionne que parce que l'outil lui-même s'agence et s'organise. Et il y a ici, entre la fonction et l'organe, une telle dépendance, un rap- port si étroit de solidarité, que le langage ne se constituerait pas sans ce minimum de pensée que l'enfant développe spon- tanément, et que, d'autre part, la raison ne saurait atteindre son maximum développpement, si le langage ne lui venait en aide. » Cet énoncé représente exactement les conclusions que je tire de mes expériences, à condition de remplacer le mot raison par le mot idée. J'ajoute que ce minimum de pensée que l'enfant développe spontanément, paraît exister également chez l'anthropoïde. (Voir chapitre V, page 264 et suivantes.) Le jeune enfant n'est pas, cependant, semblable à l'animal, puisque d'après le développement progressif de son encéphale, il a une possibilité que n'a peut-être pas l'animal; mais, rien qu'une possibilité sans réalisation tant qu'il reste au stade de r'enfant privé du langage. Si bien que si nous imaginons des conditions telles qu'un — 347 -" enfant bien constitué puisse croître sans être influencé par l'éducation de certaines de ses perceptions extérieures (visuelles et auditives), sans recevoir autre chose que des impressions tactiles, olfactives et gustatives, nous devons croire qu'il atteindra l'âge adulte sans être plus que l'animal un être pensant, au sens oii nous entendons ce mot. Il sera, au point de vue intellectuel, sur le môme plan que l'animal. Est-ce là une simple vue de l'esprit? Non. L'expérience s'est réalisée toute seule dans la race humaine et l'observation de ces sujets exceptionnels me paraît confirmer ce que je viens de dire. Voici comment M. Louis Arnould (1) décrit l'enfant sourde- muette-aveug'le (2) à un âge déjà avancé oii l'homme et la femme, sans être adultes, ont déjà la libre disposition de leur intelligence : « Ce n'était pas une fillette de 10 ans qui était entrée à Notre-Dame de Larnay, mais un monstre furieux. Dès que l'enfant se sentit abandonnée par son père et sa grand'tante, elle entra dans une rage qui ne cessa guère pendant deux mois : c'était une agitation effrayante, torsions et roulements sur le sol, coups de poing appliqués sur la terre, la seule chose qu'elle put facilement toucher; le tout accompagné d'affreux aboiements et de cris de désespoir que l'on percevait des environs même de la maison. Pour la calmer les sœurs (1) Louis Arnould, Une âme en prison, Paris, Oudin, 1904. (2) J'ai songé à prendre comme but de mes éludes, ce sujet si exceptionnel et si remarquable. Grâce à l'extrême obligeance de M. le professeur Arnould, auquel je tiens à adresser tous mes remerciements, j'ai eu la possibilité de le faire ; mais, après mûres réflexions, j'ai renoncé à entreprendre cette lâche, qui m'a parue au-dessus de mes moyens. Il eul élé très intéressant d'essayer de consLaler, chez ce sujet exceptionnel, comme je l'ai tenlé pour Pépée et pour des enfants d'âges variés, les acquisitions qu'il avait pu faire par ses propres moyens, les acquisitions qui lui apparlenaient en propre. Comment arriver à celle conslatalion ? Quel critérium certain pouvail-on choisir pour démêler ce qui appartenait en propre au sujet et ce qui apparlenait à ses édu- cateurs ? Celte difficulté m'a arrêté. Je n'ai vu aucun moyen de la tourner, avec quelques chances de succès. — 348 — essayèrent plusieurs fois de lui faire faire de courtes prome- nades avec ses compagnes; mais ses accès de fureur la repre- naient au milieu, elle criait, se jetait dans un fossé de la route et se débattait avec une invraisemblable énergie nerveuse lorsqu'on essayait de la faire rentrer. Il fallut plusieurs fois l'emporter par les épaules et par les jambes, en dépit de ses rugissements, et les sœurs rentraient, confuses devant l'émoi des ouvriers et des paysans, qui avaient l'air de croire qu'elles attentaient à la vie d'un enfant... » M. Louis Arnould explique ces manifestations tumultueuses de cette malheureuse sourde-muette-aveugle en disant : « La malheureuse^ en réalité, subissait, de par ses infirmités accumulées, la torture de l'âme, plus douloureuse encore, pro- bablement que le supplice du corps, n Cette explication ne saurait me satisfaire comme zoologiste. Elle me paraît très hypothétique. L'enfant, quand elle était chez ses parents, n'otïrait pas à tous les yeux cette agitation effrayante. N'éprouvait-elle donc pas cette torture de l'âme dont parle le savant littérateur? Plus tard, deux mois après, quand elle eut repris son calme et que son admirable éduca- trice eut commencé sa tâche, manifestait-elle, en quoi que ce soit cette torture de l'âme? Les faits semblent indiquer le contraire. Je crois qu'on approcherait davantage de la vérité en disant, qu'au moment de son entrée au couvent l'enfant qui plus tard devait faire ses preuves, mais dont l'intelligence n'avait pu encore se développer, était au niveau mental d'une de ces pauvres bêtes sauvages que l'on capture et que l'on enferme dans une cage. L'animal sauvage séparé de sa forêt natale, séparé de tout ce qu'il connait et lui était familier, entre aussi dans une agitation effrayante. Ce sont des torsions et des roulements sur le sol, accompagnés de cris rauques, de plaintes déses- pérées. Chaque tentative pour le calmer, semble aller contre le but et redouble sa rage et sa colère. J'ai étudié, ainsi, en captivité, pendant que j'étais au Ton- — 349 — kin, quelques échantillons de ce minuscule chat sauvage qu'on appelle le felis ininutus et qui, malgré sa petite taille et la beauté de sa robe, paraît être un animal presque indomp- table. Approchait-on de sa cage? son poil se hérissait, son œil s'allumait, il se ramassait sur lui même, prêt à bondir dès qu'on passait à sa portée. Si on lui offrait doucement sa proie favorite, un oiseau, son coup de griffe ne s'adressait pas seulement à la victime qu'on sacrifiait à ses goûts sanguinaires, mais aussi à la main qui se tendait vers lui. Quelles idées précises aurait pu avoir la fillette sourde- muette-aveugle et privée par conséquent de toute impression sensorielle autres que celles du tact, du goût et de l'odorat, lors de son entrée au couvent? Des images confuses devaient seules prendre place dans son cerveau. Les mouvements de ce pauvre être ne pouvaient, pas plus que ceux de l'animal, être guidés par la raison et le jugement. Ils devaient obéir, comme réaction aux sensations extérieures, à des poussées instinctives que M. Louis Arnould nous décrit d'une façon saisissante quelques lignes plus bas en écrivant : « Chaque fois que ses mains pouvaient attraper une personne de son entourage^ elle tdtait aussitôt la tête, et si, au lieu du béguin des autres sourdes-muettes , elle rencontrait la coiffe rigide d'une religieuse, elle entrait dans une nouvelle colère. » Pourtant, tandis que mes felis minutus malgré tous mes soins devaient rester toute leur vie de petites bêtes féroces et indomptables, qui n'apprenaient rien ou à peu près rien, le pauvre être sourd-muet et aveugle, mais qui possédait, lui, un cerveau humain, allait se développer rapidement. Sous quelle influence ? Sous l'influence qui agit sur les autres enfants, sous l'in- fluence d'un langage très spécial, approprié à ses perceptions sensorielles, sous l'influence de signes conventionnels repré- — 350 — sentant l'équivalent exact de mots (perçus, dans ce cas parti- culier à l'aide de sensations tactiles). C'est là, il me semble, le plus bel exemple que l'on puisse citer, d'abord, de l'admirable patience, de l'ingénieux dévoue- ment de certaines éducatrices et, ensuite, de l'importance du langage comme outil de l'intelligence. Mes expériences, ainsi que je l'ai dit dans un précédent chapitre, ne prouvent pas que les enfants sont en un moment quelconque de leur évolution équivalents à des singes. Elles prouvent que les enfants qui ne sont pas en état de parler sont, en fait, dans le même état d'infériorité que les singes, incapal^les, non pas d'avoir une idée, mais de l'uti- liser à la manière humaine. L'acquisition du langage leur met en main l'arme néces- saire. Les enfants qui ne parlent pas sont aussi incapables de raisonner qu'un homme de tuer à distance quand il ne connaît pas le fusil ou une arme de jet quelconque (1). Sans la parole, l'homme ne peut penser que d'une façon nidimentaire, comme l'animal. La parole ne crée pas l'intel- ligence, pas plus que le fusil ne crée le tireur, mais elle représente la possibilité de raisonner, comme le fusil répré- rente la possibilité de frapper à distance. L'une des grandes supériorité de l'enfant sur l'animal est donc de recueillir dans le cours de son évolution deux héri- tages distincts. Gomme l'animal, il recueille en naissant l'héritage des caractères ancestraux. Au moment où puerum infantem, il devient puerum^ tout court, il reçoit un second héritage, ce don entre vif qui lui font ses parents en lui apprenant les mots. (1) Celle comparaison me paraît faire assez bien comprendre les choses Le l'usil n'esl que l'acquisilion des hommes 1res civilisés, mais nos ancêtres ont lue à dis- lance à l'aide de l'arc et de l'arbalèle, nos ancêtres plus éloignés à l'aide de javelots ou de simples cailloux, et le langage comme l'arme s'est perfeclionné progressi- vement. — 351 — Jusque là, sur le même plan que ranthropoïcle au point de vue de la possibilité de penser, il franchit en quelques mois, ainsi que le note M. Frédéric Queyrat (1) : « l'intervalle immense qui séparait sa vie toute sensitive de la vie intel- lectuelle de l'homme. » L'anthropoïde pourrait-il franchir le même fossé? L'homme pourrait-il lui faire le même don qu'à l'enfant? Personne ne peut répondre actuellement par l'affirmative ou par la négative. Des expériences précises, poursuivies dans de bonnes con- ditions et avec l'ampleur nécessaire pourraient seules tran- cher la question. (1) Frédéric Queyrat, La logique cJiez l'enfant, page 6. CHAPITRE XVII Quelques considérations pédagogiques à propos des expériences comparatives entre Fantliro- poïde et les jeunes enfants. Mes expériences sur Pépée et sur les jeunes enfants mon- trent que les découvertes, faites spontanément en face des boîles à mécanisme visible ou invisible, se fixent avec une remarquable rapidité et se conservent ensuite très longtemps, du moins dans le cas de l'anlbropoïde. J'ai insisté particulièrement sur ce fait au début du cha- pitre V, et je crois qu'on pourrait peut-être en tirer quelques indications utiles au point de vue de l'éducation hiimaine. Dans un chapitre intitulé (1) « Théorie psychologique de l'instruction et de l'éducation, transformation du conscient en inconscient » M. Gustave Le Bon écrit : « Le principe psy- chologique fondamental de tout enseignement peut être résumé dans une formule que l'éducateur a, par ce seul fait, créé chez l'éduqué des réflexes nouveaux, dont la trame est toujours durable. La méthode générale qui conduit à ce résultat — faire passer le co)iscient dans rinconscient — consiste à créer des associations d'abord conscientes et qui deviennent incon- scientes ensuite. » L'auteur ajoute : « Quelque soit la connaissance à acquérir : (1) D' Gustave Le Bon, Psychologie de Véducalion, Ernesl Flammarion, édileur, Paris, p. 177 el suiv. — 353 — parler une lang'ue, monter à bicyclette ou à cheval, jouer du piano, peindre, apprendre une science ou un art, le méca- nisme est toujours le même. 11 faut, au moyen d'artifices divers, faire passer du conscient dans l'inconscient par l'éta- blissement d'associations par contiguïté, d'associations par ressemblance, qui engendrent progressivement des réflexes. » Cette formule me paraît beaucoup trop générale et trop absolue. Savoir monter à bicyclette ou savoir ce qu'est une bicy- clette sont deux choses tout à fait différentes. Pour savoir monter à bicyclette, il faut, en effet, de toute nécessité, faire passer du conscient dans l'inconscient (par la formation arti- ficielle de réflexes, résultant de la.répétition de certaines asso- ciations) ; il faut constituer un nouvel outil. Pour savoir ce qu'est une bicyclette, pour en connaître les rouages, pour en connaître le fonctionnement, beaucoup mieux que la plu- part des cyclistes professionnels, il suffit de lire attentivement la description de la machine, il suffit du conscient. L'éducation et l'instruction sont deux choses différentes qui se complètent. Ainsi que le fait remarquer M. Mendousse (1) : « Les doc- trines pédagogiques contemporaines, malgré la diversité des méthodes qu'elles préconisent, s'accordent sur ce point essen- tiel, à savoir la nécessité de respecter l'initiative de l'enfant. Elles considèrent l'éducation non comme la création d'habi- tudes organiques ou mentales inspirées des adultes et impo- sées par eux, mais comme le développement inlerne des facultés en germe dans une personnalité que ses instincts poussent à l'activité. » Il est incontestable que dans l'éducation proprement dite, il est souvent nécessaire de passer du conscient dans l'incon- scient et d'arriver ainsi à constituer les outils appropriés. Lorsque Pépée, par suite de son éducation antérieure, fait les mouvements nécessaires pour manœuvrer les targettes ou (1) p. Mendousse, Du dressage à l'éduculion, Félix Alcan, Paris 1910, p. 93. — 354 — la poire au hasard, elle se sert de l'outil qui s'est forgé chez elle (par la longue répétition de réflexes). Certains de ces mouvements arrivent à se produire automatiquement. Lorsque l'un d'eux a amené l'ouverture de la boîte, il se présente quelque chose de nouveau. Pépée constate la coïnci- dence entre un mouvement déterminé et l'ouverture delà boîte. Elle a fait une découverte importante. Elle va l'utiliser dorénavant à l'aide de l'outil précédemment forgé, mais c'est là, le point sur lequel j'insiste, sans qu'il soit nécessaire que sa découverte passe du conscient dans rinconscient. Il serait peut-être possible par le dressage de transformer son acte conscient en acte automatique, mais pour que Pépée répète l'acte utile, l'expérience montre qu'il n'est nullement besoin de cet automatisme. Il faut remarquer que si le souvenir de l'acte utile a été enregistré parmi tant de mouvements inutiles, c'est qu'il y a eu élection, et effort d'attention (1). Il s'agit ici d'un besoin impérieux à satisfaire, un besoin sur lequel se concentre toute l'activité de l'animal. S'emparer de l'aliment, c'est le problème capital pour l'anthropoïde et pour l'animal en général. Aussi l'attention étant éveillée à son maximum, on s'ex- plique la sûreté de l'enregistrement. La notion acquise dans ce cas n'a pas besoin d'être main- tenue p r la répétition, par l'habitude. Un an après l'animal répète l'acte, parce qu'il se souvient. Chose curieuse, les expériences rapportées dans ce travail montrent que chez le jeune enfant qui ne parle pas encore et qui manœuvre comme Pépée, le souvenir de la découverte paraît s'atténuer plus vite que chez l'anthropoïde. (1) « L'allention résulte moins, dit M. Mendousse, d'une intiibilion d'orig-ine centrale que de la coordination spontanée d'états psycho-physiologiques en vue d'un l'ait à observer, d'un mouvement à exécuter où, mieux encore, des deux opérations à la fois, puisqu'à cet âge la représentation n'est pas loin de s'identifier avec l'action. » Loc. cil., page 147. Celte citation de M. Mendousse s'applique au jeune enfant déjà en possession du langage, combien ellç convient mieux encore à l'anthropoïde I Ce fait est d'autant plus remarquable que la faculté d'at- tention et la mémoire sont probablement plus développées chez le jeune enfant que chez Pépée. Il s'explique, cependant, si l'on réfléchit, qu'il ne s'agit pas pour l'enfant d'un besoin impérieux à satisfaire; que s'em- parer du jouet ou de la friandise mise dans la boîte, corres- pond plutôt à un jeu. Dans ces conditions l'on comprend que, même si la possi- bilité d'attention est plus considérable, chez l'enfant, elle n'a pas de raison de s'éveiller chez lui, avec autant d'intensité que chez l'anthropoïde. D'autre part, le souvenir doit s'atténuer chez l'enfant plus rapidement que chez l'anthropoïde par raison de quantité. L'enfant, dans un laps de temps de même durée, a une vie beaucoup plus variée que l'anthropoïde et les notions qu'il emmagasine sont beaucoup plus nombreuses. Quoiqu'il en soit, de la durée relative du souvenir chez l'enfant et chez l'anthropoïde, il n'en est pas moins intéres- sant de noter que chez certains animaux, les notions, qui se fixent ai il si par le souvenir, ont une durée considérable sans qu'il soit nécessaire qu'elles deviennent inconscientes par répétition. Elles se fixent non par répétition, mais par suite de l'attention éveillée et, d'autant mieux, que l'attention est plus vivement éveillée. Enseigner le moins possible, faire trouver le plus possible. Telle est la formule à laquelle, leurs méditations et l'obser- vation des jeunes enfants avaient conduit Rousseau, Pestalozzi, Spencer et tous les bons pédagogues de notre époque. Telle est la conclusion qui me paraît se dégager des expériences présentées dans ce travail. CONCLUSIONS En face des boîtes utilisées pour les expériences rapportées dans ce travail, l'anthropoïde Pépée a acquis, par ses propres moyens, des notions nouvelles. Pépée garde le souvenir de ces notions nouvelles, sans qu'il soit nécessaire, pour que ce souvenir soit durable, que les mouvements, appropriés à l'exécution des actes qui consti- tuent sa découverte, deviennent automatiques. L'idée que des mouvements appropriés peuvent ouvrir la boîte existe chez elle, mais cette idée est en quelque sorte passive et non directrice. Il n'y a pas prévision nette du mouvement à accomplir, ipais prévision du bat à atteindre. Cependant ., dans la con- science de l'anthropoïde, l'idée du mouvement est indépendante du mouvement hà-même. (Voir page 262.) Dans les circonstances ordinaires, l'animal, stimulé par la gourmandise, manifeste l'attention spontanée ou naturelle (que j'appelle l'attention animale, quoiqu'elle soit commune à l'animal et à l'homme). Dans des cas exceptionnels, on observe un commencement d'attention volontaire ou artificielle (que j'appelle l'attention humaine, parce qu'on ne la constate avec évidence que chez l'homme et l'enfant en possession du langage). Ces éclairs d'attention humaine causent à l'animal une grande fatigue physique qui paraît se traduire par une ten- dance au sommeil. - 357 — Le jeune enfant, qui ne parle pas encore^ manœuvre dans l'ensemble des expériences comme l'anthropoïde. Comme lui il désire ouvrir la boîte pour prendre le jouet, comme lui, ses manœuvres, quoique orientées vers un but, sont livrées au hasard. Il tâtonne, il constate, il ne raisonne pas. L'enfant paraît même, inférieur comme rendement à l'an- thropoïde. L'enfant qui ne parle pas, placé pour la première fois en face de la boîte à mécanisme invisible, ouvre cette boîte, comme l'anthropoïde, dès la première séance. Le jeune enfant qui commence à parler, ne manœuvre plus comme l'anthropoïde. Désireux d'ouvrir la boîte et de s'em- parer du jouet, il oriente sa recherche avec une ligne de con- duite nette. Ses mouvements sont raisonnes. L'enfant qui commence à parler, placé pour la première fois en face de la boîte à mécanisme invisible, se montre nettement inférieur dans son rendement à l'anthropoïde et à l'enfant plus jeune qui ne parle pas encore. En résumé : L'enfant qui commence à parler, travaille comme un tout petit homme. L'enfant qui ne parle pas encore, travaille comme un anthro- poïde. La différence de méthode de travail de l'enfant qui ne parle pas et de l'enfant qui parle paraît tenir, non à la différence d'âge, mais à la différence représentée par la possession ou la non possession du langage. TABLE DES MATIERES Introduction 217 PREMIERE PARTIE Chapitre I". — Conditions générales dans lesquelles ont été faites les obser- vations sur le gibbon. — Description des appareils /. . . 225 Chapitre II. — Expériences réalisées avec les boîtes A, B, G, D. — Résumé des observations faites sur l'anthropoïde 233 Chapitre III. — Examen des résultats obtenus dans les expériences décrites dans le chapitre II 241 Chapitre IV. — Expériences effectuées sur l'anthropoïde avec la boîte à mécanisme invisible 247 Chapitre V. — Discussion des observations faites sur l'anlhropo'ïde pendant les expériences avec les boîtes à mécanisme visible et invisible 256 Chapitre VI. — L'attention 270 Chapitre VII. — Annexe de la première partie. — Expériences faites sur Pépée, qui ne figurent pas dans les chapitres précédents 279 DEUXIÈME PARTIE Chapitre VIII. — Considérations générales. - Conditions expérimentales des expériences faites sur les enfants. — Choix des sujets 291 Chapitre IX. — Détail des expériences faites avec René sur les boîtes à mécanisme visible et a. mécanisme invisible (à l'âge de 20 et de 22 mois) 297 Chapitre X. — Expériences relatives aux enfants avant qu'ils ne parlent. — Expériences sur Pierre I et sur Henri 305 Chapitre XI. — Comparaison des observations faites sur les enfants avant qu'ils ne parlent et sur l'anthropoïde Pépée 317 Chapitre XII. — Expériences sur les enfants qui ont déjà le langage à leur disposition. — Observations sur René 321 — 360 Chapitre XIII. — Expériences sur les enfants qui ont déjà le langage à leur disposition. (Suite.). — Observations sur Roger, Marcelle, Simone, Pierre II 327 Chapitre XIV. — Expériences sur les enfants relativement âgés. — Observa- tions sur Solange et Maurice 336 Chapitre XV. — Les deux méthodes de l'enfant 339 Chapitre XVI. — L'importance du langage dans l'évolution de l'enfant 344 Chapitre XVII. — Quelques considérations pédagogiques à propos des expé- riences comparatives entre l'anthropoïde et les jeunes enfants 352 COMCLUSIONS 356 PLANCHES DU MÉMOIRE Planche I. — Pépée photographiée après qu'elle vient d'ouvrir la boîte. Planche II. — Fig. I. Pierre I essaye péniblement d'ouvrir la boîte D, à trois targettes. Fig. 2. Pierre I actionne la poire de la boite E, à mécanisme invi- sible. Fig. 3. Marcelle manœuvre avec intelligence les targettes de la boîte D. Fig. k. Marcelle, déroutée, ne sait pas ouvrir la boite E, à méca- nisme invisible. FIGURES DU TEXTE Fig. 1. — Plan du laboratoire. FiG. 2. — Boîte A, sans targettes. Fig. 3. — Boîte B, à une targette. Fig. 4. — Boîte D, à trois targettes. Fig. 5. — Boîte E, à mécanisme invi- sible. Fig. 6. — Piené dans la deuxième série d'expériences. LEGENDE DE LA PLANCHE I Pépée pholographiée aussilôt après qu'elle vient d'ouvrir la boîle à targettes. AcïKS DE LA Société Ltnnéenniî de Bordeaux. T. LXVIII, Pl. T. LEGEiNDE DE LA PLANCHE II Expériences sur les Enfants avec les Boites a mécanisme VISIBLE et invisible. Fig. 1. — Pierre I (U7i enfant qui ne parle pas) essaye péniblement d'ouvrir -la boîte D, à trois targettes. Fig. 2. — Le même, actionne, sans hésitation, la poire de la boîte E, à mécanisme invisible. Fig. 3. — Marcelle (un enfant qui parle) manœuvre avec intelligence les, targettes de la boîte D. Fig. 4. — Marcelle, déroulée, ne sait pas ouvrir la boîte E, à mécanisme invisible. Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux. T. LXVIII, Pl. 11, CiCIIOLOGIE iGimm M L'iiTÂl MM. COSSMANN et PEYROT SUPPLÉMENT AUX " PÉLÉCYPODES (Voir Actes Soc. Linn. Bordeaux, t. LXVIII, p. 5.) Nous n'avons pas attendu l'achèvement total de notre Monographie pour présenter à nos lecteurs les nombreuses formes nouvelles qui nous ont été communiquées depuis que nous l'avons entreprise, ainsi que les rectifications à faire à nos précédentes déterminations ou les additions de localités à celles primitivement indiquées. Nous avons numéroté bis, les espèces nouvelles, pour en faciliter l'intercalation. Enfin, nous terminons ce supplément par un résumé paléontologique et par les tables des matières du deuxième volume. 2. Cuspidaria Benoisti Cossm. Aj. Loc. — Dax (M'» de Cabannes), deux valves gauclics, coll. Bœtt- ger (1) (Senckenbergisch. Mus. Francfort). 10. Thracia Desmoulinsi Benoist. . 1909. Cossmann et Peyrot, Conchol. néog. Aquit., t. I, p. 44 (2), pi. I, fig. 30-33. Aj. Loc. — Léognan (Coquillat), une valve gauche, coll. Duvergier. — Burdigalieii. (1) Gommunicalion faite bien avant la guerre. (2) Les paginations indiquées sont celles du tirage à part. Tome LXVIII. 24 — 362 — lObis. Thracia Duverg'ien ?iov. sp. PI. XXIII, %. 1-2; et PI. XXVI, fig. 20 et 23. Test assez épais. Taille très petite; forme assez convexe, étroite et oblongue, très inéquilatérale ; cjté antérieur deux fois plus long que l'autre, ovale et déclive; extrémité posté- rieure courte, à contour en secteur de cercle; bord palléal à peine arqué; crochet obtus, situé au deux tiers de la longueur, du côté postérieur. Surface dorsale bombée, assez fortement ridée, déprimée sur la région anale qui est séparée de la région dorsale par un angle rayonnant et très obsolète. Corselet excavé et lisse; charnière édentée, échancrée sur le crochet par une fossette assez profonde qui est limitée en arrière par la saillie du contour du corselet, et qui s'étend assez loin en avant contre le bord cardinal. Sinus court et largement arrondi, ne dépassant pas l'aplomb du crochet; impression palléale non parallèle au bord, s'écartant davantage vers le contour buccal. DiM. Diam. a. -p. : 4 mill.; diam. u.-p. : 2,5 mill. R. D. — Il est impossible de confondre cette petite coquille avec la précédente, quoiqu'elle ait à peu près la même forme, parce qu'elle est plus bombée et couverte de rides plus apparentes ; en outre, son contour anal est plus court, plus arrondi, non tronqué, et sa forme est plus élevée; mais, en dehors de ces différences extérieures, il suffit d'examiner l'inté- rieur de la valve pour constater que la charnière est plus épaisse, et sur- tout que le sinus est beaucoup plus court et plus largement ouvert. Par conséquent, il s'agit bien là d'une mutation absolument distincte de l'espèce burdigalienne. Loc. — Salles (Largileyre), valve gauche (PI. XXIII, fig. 1-2; et PI. XXVI, fig. 20 et 23), coll. Duvergier. — Ilelvëtîen. 13i5is. Cochlodesma Neuville! nov. sp. (1). Fig. 18. Test très mince et fragile. Taille moyenne; forme oblongue- transverse, inéquilatérale, quoique les crochets soient situés (1) Les figures de celle espèce n'ont pu être failes que sous la forme de clichés dans le lexle ; nous y reviendrons à la fin de la Monographie. — S63 — presque au milieu de la longueur des valves; côté antérieur elliptique, à peine plus allongé que le côté postérieur qui est obliquement tronqué sur son contour anal; bord palléal régu- lièrement incurvé, suivant un arc à grand rayon, dans le prolongement du contour buc- cal, tandis qu'il fait un angle de 90° avec la troncature anale; crochets déprimés, peu proémi- ^^^- ^^- ~Q^sTm%tpTv '^^"'"''^^'' nents, situés un peu en arrière de la ligne médiane; bord supérieur convexe en avant, non excavé en arrière du crochet. Surface dorsale peu bombée, marquée en arrière d'un angle obsolète et décurrent qui sépare la région anale et déprimée, correspondant à la tron- cature ; toute la région antérieure et médiane est finement ornée de minces costules rayonnantes, parfois dédoublées ou bifurquées, qui cessent sur l'angle, de sorte que la région anale ne porte que des rides irrégulières. Charnière munie d'une petite dent minuscule, bifide sur la valve gauche, en avant d'un fort cuilleron ovale et oblique; le bord cardinal est un peu épaissi en avant; du côté posté- rieur, il est plus mince et surmonté d'un corselet très allongé, caréné à l'extérieur. Impressions internes indistinctes. Ddi. Diamètre a. -p. : 17 mill.; diamètre u.-p. : 9 mill. R. D. — En admettant même que l'ornementation qui distingue cette espèce de C. Benoîsti ait été effacée par l'usure chez ce dernier, C. Neu- villei s'écarte — à première vue — de l'espèce helvétienne, antérieu- rement décrite par nous (t. I, p. 49, pi. I, fig. 2G-28), par sa forme beau- coup plus allongée, par ses crochets situés moins en arrière, par son bord palléal moins fortement et plus régulièrement arqué, par son cuilleron beaucoup plus gros, par ses dents plus visibles. Il n'y a donc aucune hésitation à signaler cette nouvelle mutation ancestrale du Burdigalien inférieur. A cette occasion, nous ferons remarquer que nous avons indiqué, par erreur, que le Genre Cocldodesma n'était pas connu dans les terrains ter- tiaires : or il existe, dans le Crag, deux espèces (C. complanatum, C. prw- — 364 — tenerum S. Wood) ; la première se distingue de nos deux espèces par son extrémité anale moins tronquée, l'autre par son bord palléal peu incurvé; toutes les deux ont en outre les crochets situés encore plus en arrière, et leur cuilleron est plus oblique. Loc. — Dax (Maïnot), deux valves opposées, coll. Neuville. — Bar- digalîen. 18. Pholas mioceenica Gossmann et Peyrot. PI. XXIII, fig. 3-6. 1909. Loc. cit., p. 57, pi. I, fig. 40-41. Obs. ■ — Deux bonnes valves, d'une extrême fragilité, mais presque intactes, recueillies par M. Duvergier, nous permettent d'identifier défi- nitivement cette mutation dont on n'avait signalé jusqu'ici que des frag- ments. La forme est très oblongue (22 mill. sur 6 mill.) et le côté anté- rieur, à peine éeliancré, n'occupe pas le quart de la longueur des valves; la surface externe est très élégamment et très finement muriquée, jusqu'à une très faible distance du contour supéro-anal, et cette région non rayonnée est simplement marquée par des accroissements i)eu réguliers, ornée en outre de fines granulations. A l'intérieur de la cavité umbonale, la valve droite porte encore son apophyse digilée, au-desssus du rebord calleux et retroussé qui englobe le crochet et qui montre extérieurement les alvéoles caractéristiques que nous avions déjà signalées sur les pre- miers fragments. Cette diagnose confirme les caractères différentiels qui permettent de distinguer — ainsi que nous l'avons précédemment indiqué — cette mutation de P. Desmoulinsi. Loc. — Manciet (Gers), deux valves opposées (PI. XXIII, fig. 3-6\ coll. Duvergier. — Helvétien inférieur. Cestas (pré Cazeaux), fragments semblables à ceux de Souars, coll. de Sacy. — Biirdigalîeii supérieur. 25bis. Jouannetia (Triomphalia) Bonneti Dollf. et Dautz. PI. XXVI, fig. 3-6. 1899. Trlom-phalia honneti G. Dollf et Dautz. Joiirn. Concli., t. XL VII, p. 220, pi. IX, fig. 7-8. 1901 . — G. Dollf. et Dautz. Liste Pélécyp. Tour., p. 3. 1902. — G. Dollf. et Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 60, pi. I, fig. 22-25. — 365 — Test très mince, surtout sur le callum. Taille assez grande; forme globuleuse, largement bâillante en arrière, close en avant par le callum; valves à peu près égales, hautes, assez étroites, subquadrangulaires ; crochets petits, médians, oppo- sés, en partie cachés par le bord cardinal antérieur qui se réfléchit sur chacun d'eux, mais qui demeure séparé du reste de la valve par une profonde gouttière; callum très mince, en forme de calotte sphérique, soudé à la valve sur toute la longueur du bord buccal, puis débordant sur la partie retroussée du bord cardinal, de telle sorte qu'il semble cons- tituer, sur chaque valve, un crochet involute, beaucoup plus saillant sur la valve gauche que sur la droite. Surface dorsale divisée en deux aréas à peu près égales par Lin large et profond sillon qui s'étend, en diagonale, du cro- chet à la jonction des bords palléal et buccal; l'aréa anté- rieure, assez fortement convexe, est ornée de lamelles d'ac- croissement saillantes, épaisses, serrées, finement denticulées à leur intersection avec des costules divergentes, rayonnant du crochet; l'aréa postérieure, un peu déprimée parallèlement au sillon, porte un même nombre de lamelles d'accroissement, formant des chevrons avec celles de l'autre aréa; mais elles sont moins épaisses, couchées et non dressées, de sorte qu'elles paraissent plus distantes. La valve droite porte en arrière un appendice caudiforme, soudé dans le plan de la commissure des valves, bordé — sur tout son pourtour — d'un feston à dents très aiguës et très régulières. Bord cardinal édenté. Intérieur des valves montrant deux carènes obtuses, l'une correspondant au sillon limitant les deux aréas, l'autre à la soudure du callum sur le bord buccal; cette dernière est bien plus marquée sur la valve gauche ; impressions musculaires piriformes, non supportées par des lamelles myophores, la postérieure mieux marquée, l'anté- rieure s'étendant en partie sur le callum. Dm. Diam. u.-p. : 17 mill. ; diam. a. -p. : 13 mill. R. D, — Le spécimen que nous décrivons a été trouvé « in situ » dans un morceau de calcaire aquitanien faisant partie d'un talus d'éboulement — 366 — de la falaise bordant la mer burdigalienne à Canéjan; il est entier; le type de l'espèce figuré par MM. Dollfus et Dautzenberg était dépourvu du callum. D'après nos savants confrères, T.. Bonneti est très voisin de T. Vignoni vivant sur les côtes du Gabon. Il en diffère toutefois « par le rostre de la valve droite moins allongé et beaucoup plus finement den- ticulé au bord, par la sculpture plus finement treillissée de la région antérieure des valves, etc. ». T. Thelussoniœ de Raine, et Mun-Chalm., de TEocène supérieur du Bassin de Paris, présente aussi beaucoup d'ana- logie avec l'espèce néogénique; son aréa antérieure est un peu plus large, ornée de lamelles moins saillantes, moins finement treillissées; la dépres- sion de l'aréa postérieure est un peu plus marquée et un peu plus écartée du sillon séparant les deux aréas ; l'appendice caudiforme de la valve droite est un peu plus relevé et plus grossièrement festonné. Toutes ces différences sont assez légères, on conçoit que ces coquilles cavicoles varient peu; d'ailleurs, en ce qui concerne la filiation des espèces, il existe un maillon entre le Bartonien et le Burdigalien, par la présence de Jouannetia Fremiji Stan. Meunier, dans l'Oligocène d'Etampes; mais il reste un hiatus entre l'Helvôtien et l'époque actuelle, pendant lequel, à notre connaissance, on n'a signalé aucune Triomphalia. Loc. — Canéjan (Haut-Bouscat); plésiotype (PI. XXVI, fig. 3-6), coll. Duvergier ; Saucats (Peloua), une valve droite, dépourvue de callum, coll. Neuville. — Bnrdigalîeiit 26. Teredo saucatsensis Benoist. PL XXVIIl, fig. 9. 1909. Loc. cit., p. 72, pi. II, fig. 30-31. Obs. — M. de Sacy nous a communiqué un tube provenant de l'Aqui- tanien supérieur du Thil (Léognan) et qui ne paraît pouvoir être rapporté qu'à cette espèce : or l'extrémité rétrécie de ce tube est ouverte et laisse voir — engagée dans la gangue qui le remplit — une palette ramifiée appartenant évidemment à l'animal qui habitait ce tube. Cette palette se compose d'un pédoncule assez court et bifurqué, dont les branches enca- drent une palmule un peu convexe sur laquelle on aperçoit des ramifi- cations peu distinctes. Néanmoins, tel qu'il se comporte en médiocre état de conservation, cet échantillon est très intéressant, car il semble démon- trer que T. saucatsensis possédait une palette simple, non articulée, comme T. norvegica, et que, par suite, ce serait un Teredo s. stricto. Loc. — Léognan (Le Thil), tube avec palmette (PI. XXIII, fig. 9), coll. de Sacy. — Ac|aitanieii« — 367 — 29. Gastrochaena dubia [Pennant]. PI. XXIII, %. 10-H. 1909. ioc. ci^, p. 79, pi. II, fig. 41-42. Obs. — Nous n'avions pu figurer qu'un spécimen valve, mais imparfait, de cette espèce, provenant de l'Helvétien de Salies-de-Béarn ; notre fouille récente de Manciet, dans le Gers, nous a procuré une valve droite isolée, très étroite et acuminée en avant, montrant un sinus palléal aigu qui s'avance jusqu'à la moitié de la longueur de la valve; l'impression du muscle postérieur est grande et subtrigone, à contour irrégulièrement déchiqueté. Loc. — Manciet (Gers), une valve droite (PI. XXIII, fig, 10-11), coll. Peyrot. — If elvétien. 33 bis. Sphenia semiradians nov. sp. PI. XXIII, %. 7-8. Test mince et fragile. Taille très petite; forme transverse, symétrique, à contours latéraux semicirculaires; bord palléal rectiligne au milieu, raccordé par des arcs de cercle avec les contours latéraux; crochet obtus, peu proéminent, situé à peu près au milieu de la longueur ; bord supérieur légèrement arqué de part et d'autre du crochet. Surface dorsale déprimée au milieu, excavée sur la région anale qui n'est pas carénée, régulièrement bombée sur la région buccale; la région mé- diane est ornée de très fines costules rayonnantes qui sont plus visibles vers le bord palléal que dans le voisinage du crochet, et qui cessent subitement à une grande distance des extrémités latérales; en outre, des lignes d'accroissement peu régulières couvrent toute la surface et recoupent les rayons, elles sont plus fibreuses vers les extrémités. Charnière de la valve gauche réduite à un fort cuilleron situé en arrière du crochet à l'aplomb duquel il est abrupte- ment taillé; le bord antéro-cardinal est faiblement retroussé en avant du cuilleron, tandis que le bord supérieur s'y relie graduellement. Impressions musculaires situées très haut, celle de l'adducteur postérieur est tout contre le bord anal et intérieurement limitée par une petite arête; sinus court, réduit à une faible entaille sous l'adducteur; ligne palléale peu distincte. DiM. Diam. a. -p. : 3,23 mill. ; diam. u.-p. : 2 mill. R. D. — C'est surtout de S. radiatula Cossm., de l'Eocène inférieur d'Hérouval (Oise), que se rapproche cette minuscule valve à cause de ses costules rayonnantes; mais on l'en distingue par sa forme plus symé- trique et par son bord palléal plus rectiligne. On ne peut la confondre avec aucune des espèces antérieurement décrites dans le Sud-Ouest, à cause de son ornementation radiale, ni avec S. irracliatiila ci-après décrite, parce que celle-ci a une forme de Corbule inéquilatérale, et aussi parce que l'ornementation ne couvre qu'une partie de la surface dorsale au lieu de s'étendre partout. Loc. — Léognan (Coquillat), une valve gauche (PI. XXIII, fig. 7-8), coll. Cossmann. — Bnrdigalien. 36151S. Sphenia myacina Desh. var. irradiatula nov. var. PI. XXIIf, fig-. 12-13. 1909. S. myacina C. et Peyrot. Conch. néog. Aquit., I, p. 92, pi. II, fig. 66-68. R. D. — Bien que S. myacina soit très variable dans sa forme et ses proportions, nous croyons nécessaire de distinguer, à titre de variété, quelques valves du Burdigalien de Saucats qui ont exactement la forme de C. revoluta ou plutôt de la mut. avitensis, mais qui s'en distinguent par leur test mince comme celui des Sphenia et surtout par leur fine orne- mentation rayonnante qui persiste sur toute la surface, aussi bien sur la région dorsale que sur la dépression anale et excavée qui est limitée par un angle subcaréné. Malheureusement nous ne possédons que des valves gauches, de sorte qu'il n'est pas possible de vérifier l'existence de la fossette caractéristique de la valve droite de Sphenia; on sait, d'autre part, que les valves gauches sont souvent peu distinctes dans ces deux Genres, sauf en ce qui concerne la dimension du cuilleron qui est géné- ralement plus dilaté chez Sphenia que chez Corhula ; il est peu saillant sur les valves que nous signalons ici, et c'est surtout d'après la minceur du test ainsi que d'après l'ornementation rayonnante que nous nous guidons pour rapporter ces valves à Sphenia myacina plutôt qu'à C. revoluta. S. radiatula Cossm., du Cuisien des environs de Paris, a une forme moins inéquilatérale, moins carénée en arrière et, en outre, sa surface — 369 — dorsale est seulement rayonnée au milieu, sans lamelles d'accroissement comme il en existe chez S. irradiatula. Loc. — Saucats (Mi" de Lagus), trois valves gauches endommagées (PI. XXIII, fig. 12-13), coll. Cossmann. — Bardigalîen. Dax (Maïnot), une valve gauche très faiblement rayonnée, coll. Coss- mann. — Aquitanîen. 36ter. Sphenia myacina Deslî.; mut. carinula Benoist. PL XXIII, fig. 14-17. R. D. — Cette mutation helvétienne est plus oblongue et plus carénée en arrière que le type du Burdigalien; son sinus est d'ailleurs réduit à une très légère entaille, ou plutôt à une perpendiculaire menée de l'im- pression du muscle postérieur à la ligne palléale. Le cuilleron de la valve gauche est très développé, eu égard à la petite taille de la valve en ques- tion qui mesure 8 millimètres (a. -p.) sur 4 millimètres [u.-p ). Enfin, la surface extérieure ne porte aucune trace de radiations, mais elle est seu- lement cariée 1res irrégulièrement par les accroissements. liOC. — Saucats (la Sime), une valve gauche (PI. XXIII, fig. 14-15), coll. Benoist. Manciet (Gers), une valve droite (PI. XXIII, fig. 16-17), coll. Cossmann (1). — Helvétien. 39bis. Corbula Cocconii Fontannes. PL XXIII, fig. 18-22. 1873. Corbula revoluta var. 2, Cocconi. Enumer. Moll. mioc. e plioc. Parma, p. 260. 1881. Corbula Cocconii Font. Plioc. vallée du Rhône, t. II, p. 19, pi. I, fig. 22-23. 1886. Corbula Margaritœ Mayer. Journ. Conc/i., t.XXXIV,p. 304, pi. XIV, fig. 3. 1898. Corbula Cocconii Alm. et Bofill, Moll. Plioc. Catal., p. 164. 1091. — Sacco. I Moll. terz. Piem., part. XXIX, p. 89, pi. IX, fig. 38-40^8. 1902. — Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 78, pi. III, fis. 37-42. (1) La forme typique de S. myacina existe aussi à Manciet (coll. Duvergier) ; c'est donc une espèce d'une grande longévité, puisqu'on la connaît déjà dans l'Aqui- tanien et le Burdigalien, — 370 — Taille petite (dans le Sud-Ouest) ; forme oblongue, subrhom- boïdale, très inéquilatérale, bâillante en arrière ôii le contour €st obliquement tronqué et subéchancré; bord palléal presque rectiligne et parallèle au contour supéro-postérieur ; crochets un peu gonflés, prosogyres, situés au tiers de la longueur, du côté antérieur. Surface dorsale déprimée au milieu, séparée par un angle rayonnant de la région anale correspondant à la troncature; ornementation composée de grosses rides concen- triques qui sont croisées — sur la région anale — par des plis obliques et pustuleux. Charnière normale de Corbula, avec une fossette très échancrée jusqu'au crochet sur la valve droite. Impression de l'adducteur antérieur située très bas, tandis que celle de l'adducteur postérieur est placée beaucoup plus haut; les rides externes se répètent sur la surface interne; impression palléale très voisine du bord, non parallèle, reliée à l'adducteur postérieur par une ligne oblique et à peine excavée. DiM. Diam. a. -p. : 9 mill. ; diam. u.-p. : 5 uill. 1/4. R, D. — Nos échantillons de l'Helvétien du Gers, assez communs dans le gisement de Manciet, sont en tous points identiques à ceux de Pontlevoy et aux figures originales de la Monographie de Fontannes. L'espèce se distingue nettement de C. revoluta, non seulement par la forme rhomboïdale des valves et par l'ornementation caractéristique de la région anale, mais encore pas la position des crochets qui sont situés sensiblement plus près de l'extrémité buccale que chez l'autre espèce de Brocchi. C. Cocconii est cantonnée dans le Néogène supérieur, sur une assez grande étendue, de la Touraine à l'Italie centrale, et des deux côtés des Pyrénées. Elle est précédée, comme on va le voir ci-après, par une mutation que nous ne pouvons confondre avec elle. Loc. — Manciet (Gers) ; plésiotypes (PI. XXIII, fig. 18 22), coll. Coss- mann; coll. Peyrot. — Helvétîen. 40. Corbula avitensis Gossm. et Peyrot. PL XXXIII, fig. 23-26. 1909. C. revoluta mut. avitensis C. et P. Conch. néog. Aquit., I, p. 100, pi. II, fig. 84 85. - 371 — R. D. — Nous croyons nécessaire de séparer définitivement cette mutation comme espèce bien distincte de C. revoluta, par l'ornementation divariquée et granuleuse de sa région anale (1), caractère par lequel elle se relie beaucoup plus à C. Cocconii Font , de l'Helvétien de la Touraine et du Pliocène du Midi. En effet, il résulte de la communication — qui nous a été faite par M. de Sacy — de valves aquitaniennes, provenant de divers gisements du Bordelais, que toute la région anale et excavée, comprise entre l'angle décurrent et le contour postérieur, porte des plis assez grossiers, irrégulièrement « chagrinés » par des sillons qui en inter- rompent la continuité, généralement en biais ou en zigzag ; en outre, une dernière rangée de granulations s'aligne sur la crête peu saillante qui limite le corselet étroit et lisse. Cette disposition est exactement celle qu'on observe chez C. Cocconii, et qui n'a jamais été constatée chez C. revoluta. 11 est même très difficile de distinguer, au premier coup d'œil, C. avitensis de C. Cocconii; cependant, après un examen très attentif, nous remarquons que — surtout sur la valve droite — le crochet de C. avitensis est situé un peu plus en avant, que la forme des valves est un peu plus étroite, que la troncature anale est certainement plus oblique, de sorte que le contour supéro-postérieur se relie à cette troncature par une courbe beaucoup plus arrondie et moins anguleuse : ce sont évidemment là de bien légères différences, mais comme elles semblent présenter une réelle constance, nous en concluons que C. avitensis est une mutation ancestrale bien distincte de C. Cocconii. Loc. — Léognan (le Thil), néotypes (PI. XXIII, fig. 23-26), coll. de SaCy. Villandraut (Gamachot), Mérignac (Baour), coll. Peyrot; Pessac (Lorient), même coll. Saint-Avit, types primitifs et à test usé, coll. Coss- mann. — Aqnitanien. Mérignac (Pontic), Dax (Maïnot), très rare, même coll. — Bnrdi- galien. 41. Corbula Raulini Cossm. et Peyrot. 1909. Loc. cit., p. 101, pi. XI, fig. 73-76. Loc. — Mérignac (le Pontic), une valve droite, coll. Cossmann. Bitrdigalien. (1) Cette ornementation n'était pas perceptible sur les valves de Saint-Avit que nous avons fait précédemment figurer et qui, par conséquent, ne peuvent plus être considérées comme des types caractérisant bien l'espèce dont il s'agit. — 372 — 46. Corbulomya burdigalensis Benoist. PI. XXIIl, fig. 29-30. 1909. C. burdigalensis, C. et P. Loc. cit. , t. I, p. 110, pi. III, fig. 1-4. Obs. — Nous donnons une nouvelle figure de la valve gauche, le spé- cimen précédemment figuré, étant ferrugineux, a produit une image noi- râtre et méconnaissable. Nous saisissons cette occasion pour rectifier une faute d'impression qui s'est glissée à la seconde ligne de la diagnose : c'est la valve gauche qui est la plus grande, comme les lecteurs ont d'ail- leurs pu s'en rendre compte dans la description de la charnière, un peu plus bas, où la désignation des valves est exacte. Le néo-plésiotype figuré provient de la localité de Pont-Pourquey, coll. de Sacy. iQ^^K Corbulomya turonensis Cossmann. PL XXIII, fig, 31-32. 1837. Coj'bula complanata Duj. Mém. Tour., p. 256 {non Desb., nec Sow.). 1881. Corhulomxja complanata Bardin. Etudes pal. Maine-et-Loire, p. 9. 1886. Corbulomya turonensis Cossm. Cat. ill. foss. Eoc. Paris, t. I, p. 30. 1886. — DoUf. Dautz. Etude prélim. foss. Touraine, F. J. N., p. 92. 1894. Corbula (Corbulomya) sp? Degr.-Touz. Etude prélim. Orthez, A. S. L. B., t. XLVII, p. 417. 1901. Corbulomya turonica Dollf. Dautz. Nouv. liste Pél. Touraine, p. 8. 1902. — ■ Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 86, pi. III, 47-56. Test solide, assez épais. Taille petite; forme oblongue, iné- quilatérale, inéquivalve, la valve gauche plus transverse, plus longue, plus aplatie que la droite; côté antérieur plus allongé, ovalaire; côté postérieur tronqué, rostre par une carène diver- gente assez marquée; bord palléal faiblement arqué; bord antérieur bien arrondi, bord postérieur faisant un angle arrondi avec le bord palléal; bord cardinal plus rectiligne et plus régulièrement déclive en avant qu'en arrière; crochets petits, fendus, opisthogyres, situés aux deux cinquièmes envi- ron de la longueur de la valve, à partir du côté postérieur. — 373 — Surface extérieure lisse, luisante, marquée seulement de fines stries d'accroissement et de stries rayonnantes plus fines encore ; en plus de la carène qui limite le côté anal, on voit encore sur ce dernier une deuxième carène obtuse séparée de la pre- mière par une dépression plus nette sur la valve gauche que sur la droite. Charnière composée : sur la valve droite, d'une forte dent dirigée obliquement vers l'avant de la coquille et d'une fossette ligamentaire échancrant le crochet; sur la valve gauche, d'un cuilleron en éventail, bilobé par une dépression médiane, d'une fossette triangulaire oblique et d'une dent lamelleuse triangulaire, relevée verticalement dans le plan du bord cardinal. Impression musculaire antérieure allongée, bilobée ; impression musculaire postérieure arrondie; impres- sion palléale écartée du bord et plus distante en avant qu'en arrière, sinus palléal large et très peu profond. Dm. Diam. a. -p. : 10 mill. 1/2; diam. u.-p. : 5 mill. 1/2. R. D. — Tous les spécimens que nous avons sous les yeux — une quin- zaine de valves — sont à l'état népionique, il y aurait donc peut-être une certaine incertitude dans leur classement spécifique, si nous n'avions pu les comparer à de nombreux exemplaires de Corhulomya turonensis de même taille provenant de diverses localités de la Touraine (coll. Peyrot), avec lesquels ils nous paraissent identiques. Ainsi qu'il a été dit précé- demment (t. I, p. 183), C. turonensis est plus triangulaire, plus bombé que C. biirdigalensis, son crochet est plus médian, son côté antérieur plus court et moins élargi. Loc. — Sallespisse, plésiotypes (PI. XXIII, fig, 31-32), coll. Cossmann; Salies-de-Béarn, Orthez (Housse), Parleboscq (La Guirande), Baudignan, coll. Degrange-Touzin. Rare partout, sauf dans le gisement de Manciet (Gers), coll. Peyrot, coll. Cossmann. — Helvétieu. 50. Pleurodesma Desmoulinsi [Pot. et Mich.]. 1912. Pseiidolepton irregulare Cossm. et Peyr. Loc. cit., p. 591, pi. XXV, fig, 50-53; pi. XXVIII, fig. 92-93. Obs. — M. de Sacy nous a — avec beaucoup de justesse — signalé la similitude de Pseudolepton irregulare et de Pleurodesma Desmoidinsi; ce der- — 374 — nier est si variable que l'aplatissement exceptionnel des valves intitulées à tort Pseiidolepton n'est pas un motif suffisant pour séparer même une variété de P. Desmoulinsi. Il y a des spécimens, notamment à Mérignac, qui forment la transition graduelle entre P. Desmoulinsi, gonflé et angu- leux, et P. irregulare, aplati et néanmoins encore anguleux en avant. Quant à la charnière, déformée elle-même comme le reste du test, elle se rattache complètement à celle de Pleurodesma, la fossette est plus large et mieux limitée que celle de Pseudolepton, et surtout il n'y a pas de pla- teau cardinal, si l'on tient compte de l'apparence due à la déformation du bord cardinal. Dans l'Helvétien inférieur du Gers, à Manciet, où Pleurodesma est rela- tivement abondant, on retrouve bien les caractères de la forme burdiga- lienne, avec son galbe élevé et anguleux, bien distinct de celui de l'espèce suivante, de sorte que là encore, il nous est impossible de séparer une mutation de P. Desmoulinsi, et que nous sommes obligés d'en conclure que c'est une espèce d'une grande longévité, s'étendant de l'Aquitanien supérieur à l'Helvétien inférieur. On verra ci-après que, dans l'Aquitanien supérieur comme dans l'Helvétien supérieur, on ne rencontre au contraire que des mutations de P. Sacyi. En résumé, il y a trois phylums parallèles, mais d'inégale durée. 51. Pleurodesma Mayeri Hœrnes. PI. XXIII, fig. 27-28. 1909. P. Mayeri C. et P. Loc. cit., t. I, p. 118, pi. III, fig. 12-13. Obs. — Nous avons sous les yeux une valve droite à peu près intacte, seulement dépourvue de sa dent 3a, de cette rare espèce; elle provient du même gisement que le plésiotype précédemment figuré et nous croyons intéressant de le faire figurer : on remarquera notamment son bord pai- léal presque rectiligne et parallèle au bord supéro-postérieur. La surface dorsale porte quelques traces de granulations sur la dépression anale, ainsi que vers les bords de la région buccale. L'impression du muscle antérieur est longue et très étroite, celle du muscle postérieur est beau- coup plus large et subrhomboïdale. Il parait donc bien établi maintenant que c'est une espèce distincte de P. Desmoulinsi et de toutes ses déforma- tions anguleuses, mais plus élevées que celle-ci. P. Mayeri représente dans le Bordelais le phylum qui a eu la moindre longévité (Burdigalien et Helvétien de Touraine). Loc. — Léognan (Tiiibaudeau), plésiotype (PI. XXIII, fig. 27-28), coll. de Sacy. — Burdigalien. 375 52. Pleurodesma Sacyi Gossm. et Peyrot. PI. XXIII, fig. 33-34. 1909. P. Sacyi C. et P. Loc. cit., t. I, p. 119, pi. III, fig. 42-43. Obs. — Nous ne connaissions qu'une valve gauche de celte rare espèce : une valve droite existait dans la collection Benoist sous le nom Hindsia; elle a bien la forme du type, quoique un peu moins équilatérale ; 3a très forte, Sb invisible; fossette longue et étroite sous le bord cardinal. 11 est impossible de confondre P. Sacyi avec aucune des formes de P. insigne qui est toujours orné et moins dissymétrique. D'autre part, P. Sacyi est beaucuup plus régulier, plus symétrique et plus élevé qu'aucune des défor- mations de P. Desmoulinsi. Loc. — Léognan, cotype (PI. XXIII, fig. 33-34), coll. Benoist. — Bur- digalien. 52bis, Pleurodesma Sacyi Gossm . et Peyrot; 7nut. oncodes nov. mut. PL XXIV, %. 28. R. D. — La valve que nous faisons figurer diffère très sensiblement de la forme typique du Burdigalien de Cestas; comme elle provient de l'Aqui- tanien de Lariey, dans le vallon de Saucats, nous pensons que ce n'est pas une déformation individuelle de P. Sacyi, mais bien une mutation ancestrale qui mérite d"être désignée sous un nom distinct. Sa forme générale est moins quadrangulaire que celle de P. Sacyi, ses contours latéraux sont plus arrondis et son bord paliéal est presque rectiiigne; mais surtout sa convexité est beaucoup plus forte, et sa surface dorsale est marquée au milieu par deux faibles sillons rayonnants qui partent du crochet en divergeant un peu et qui aboutissent à deux légères sinuosités du contour paliéal; le test parait fibreux, avec quelques granules irrégu- lièrement disséminés sur les stries d'accroissement. La position des crochets et la charnière ressemblent tout à fait à celles de P. Sacyi; il en est de même des impressions internes. P. Desmoulinsi a aussi vécu dans l'Aquitanien, mais sa forme trigone, inéquilatérale, toujours carénée en arrière, n'a aucune analogie avec celle de notre nouvelle mutation qui rappelle plutôt Basterotia oncodes Cossm., de l'Eocène des environs de Paris; toutefois sa fossette chondrophore en fixe bien le classement dans le Genre Pleurodesma. D'autre part, on ne peut la comparer à P. Mayeri qui a une forme beaucoup moins convexe, plus transverse, moins haute et surtout beaucoup plus inéquilatérale. — 376 — DiM. Diam. a. -p. : 10,5 mill. ; diam. u.-p. : 9 mill. ; épaisseur d'une valve : 4,5 mill. liOC. — Saucats (Lariey), une valve gauche (PI. XXIV, fig. 28), coll. Cossmann. — A-qnitanieii* 52ter. Pleurodesma Sacyi Gossm. et Peyrot; mut. Duvergieri nov. mut. PI. XXIII, fig. 35-36. R. D. — Voici encore une valve gauche qui s'écarte de P. ^acxji par sa forme plus transverse et moins élevée (9 mill. sur 7,5 mill.), et de la mut. oncodes par sa convexité beaucoup moindre; 2a est triédrique, et la fos- sette chondrophore s'étend du crochet jusque vers l'extrémité de la nymphe, tandis que le contour inférieur du plateau cardinal est échancré en arc de cercle. Le crochet étant presque médian, il n'est pas possible de rapporter cette valve à P. Mayeri Hœrnes. La surface externe porte — surtout vers les bords — des accroissements irréguliers. Il est probable que l'on devra ultérieurement séparer complètement cette mutation de P. Sacyi quand on en connaîtra d'autres individus, et notamment la valve droite. Comme nous l'avons indiqué plus haut, c'est ce phylum qui paraît avoir eu la plus grande longévité. Loc. — Salles (Largileyre), une valve gauche (PI. XXIV, fig. 28), coll. Duvergier. — Hclvétien. 59bis. Basterotia corbuloides Mayer; 77iut. aquitanica noc. mut. PI. XXIII, fig. 37-39. 1909. B. corbuloides C. et P. Loc. cit., t. I, p. 135, pi. III, fig. 44-48. R. D. — La mutation aquitanica présente avec le type des différences légères, mais constantes, qui nous ont engagés à l'en séparer. Sa forme est plus nettement triangulaire, plus régulière; son crochet est moins gonflé, moins déjeté; sa carène se continue avec la même force jusqu'au bord palléal, alors qu'elle s'émousse graduellement dans jB. corbuloides type; enfin, lorsqu'on regarde verticalement, l'extérieur d'une valve de la mutation aquitanica, posée à plat sur un plan horizontal, on ne voit aucune partie du côté anal, tandis que, dans les mêmes conditions, la partie du côté anal voisine du crochet est seule cachée dans B. corbuloides type. Ce dernier nous parait cantonné duns l'Helvétien. Le lecteur voudra donc bien reporter à la présente mutation la citation des localités : Mandillot, — 377 — Cabanac, indiquées à propos de B. corbuloides signalées dans la première livraison p. 208. DiM. Diam. a. -p. : 11 mill.; diam. u.-p. : 9 mill. Loc. — Saucats (Lariey), cotypes (PI. XXIII, fig. 37-39), deux valves, coll. Benoist. Léognan (le Thil), coll. de l'Institut géologique de Mexico ; Cabanac (Pouquet), deux valves; Martillac (Breyra), deux valves, coll. Degrange-Touzin. — Aquîtanien. 60bis. Basterotia parva nov. sp. PL XXIII, fig. 40-47. Test peu épais. Taille petite ; forme convexe, gibbeuse, carénée, inéquilatérale, éqiiivalve; côté antérieur déclive, un peu plus long que le côté postérieur qui est plus arrondi et plus convexe; bord palléal faiblement arqué, se raccordant par des angles obtus et émoussés avec les'contours latéraux; bord supérieur bien arrondi en arrière des crochets, plus rec- tiligne et déclive en avant; crochets saillants, gonflés, proso- gyres, situés un peu en arrière du milieu de la valve. Surface extérieure très fortement bombée, quoique un peu aplatie sur la région dorsale qui est limitée par deux carènes divergentes partant du crochet et très émoussées, la postérieure surtout; de sorte que la région buccale, nettement limitée, est assez fortement déclive, tandis que le côté anal, plus convexe, se relie presque régulièrement au reste de la coquille; stries d'accroissement, fibreuses, assez saillantes, plus serrées et cou- vertes de rugosités granuleuses, irrégulières vers la région palléale et sur les côtés latéraux. Charnière comportant : sur la valve gauche, une dent 2 plus faible que 3 et aussi une fossette; nymphe faiblement proéminente, arrondie et courte. Impressions musculaires et palléale peu visibles. DiM. Diam. a. -p. : 4 mill. 5; diam. u.-p. : 4 mill. R. D. — La forme inéquilatérale, goodallioïde et faiblement carénée de cette coquille permet de la distinguer aisément de B. corbuloides; d'autre part, elle est bien plus bombée que B. Biali et B. Neuvillei; son ornementation fibreuse est d'ailleurs caractéristique et rappelle un peu B. oncodes ou B. sidcatîna Cossin., de l'Eocène des environs de Paris; mais sa forme est complètement différente. Tome LXVIII. 25 — 378 — Loc. — Saucats (Font-Pourquey), type (PI. XXIII, fig. 40-41), coll. Benoist; même localité, coll. Degrange-Touzin. Très rare. — Burdî- galien. 65. Solen burdigalensis Desh. 1909. Loc. cit., t. I, p. 146, pi. IV, fig. 1-3. Aj. Loc. — Manciet, coll. Peyrot. — Helvétien. SILIQUA V. Muhlf. 1881. (= Leguminaria Schum., 1817; ^ Solecurioides Desm., 1832; = i/ac/ia?m Gould., 1841). Valves cultelliformes, légèrement arquées, peu bombées, arrondies et bâillantes à leurs deux extrémités; ligament externe. Charnière petite : 3a verticale, 3;, très oblique; 2 et il, formant un étau qui reçoit 3a; 4^ très oblique et obsolète le long du bord cardinal; clavicule interne, rayonnant du crochet vers le bord palléal; sinus court et arrondi (G. -T. : Solen radiatus Linné, Viv.). Ce Genre n'avait pas encore été signalé dans notre Miocène : la lacune existant entre l'Eocène et l'Epoque actuelle va se trouver — en partie — comblée par la découverte de deux valves d'une nouvelle espèce de Siliqua dans les faluns de l'Helvétien du Gers. Fischer a indiqué, dans son Manuel, la présence d'une deuxième clavicule le long du bord dorsal (en avant de la charnière) ; mais il nous semble que c'est simplement un épaississement du contour inférieur de ce bord. Siliqua se distingue de Pharus surtout par la charnière de la valve gauche où 4b forme un triède bifide, tandis que 2 est à peine bilobée; au contraire, sur la valve droite, les deux branches de 3 occupent à peu près la même position. — 379 — GSi'is. Siliqua Lozesi (1) nov. sp. PL XXIII, %. 42-43; et PL XXIV, fig. 18-19. Test peu épais/ Taille au-dessous de la moyenne; forme transverse, long'uement elliptique, à peine convexe, très iné- quitatérale; côté antérieur presque trois fois plus court et moins atténué que le côté postérieur; bord palléal peu con- vexe; crochet déprimé, à peine prosogyre, sitaé aux 0,3 de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur légèrement arqué et également déclive de part et d'autre du crochet. Lunule excavée, mal limitée; corselet aplati, séparé par une fine rai- nure sur toute la longueur du bord supéro-postérieur ; surface dorsale peu bombée, entièrement lisse. Charnière conforme à la diagnose générique. Clavicule interne épaisse, rayonnant en s'aplatissant et en s'élargissant vers le bord. Impression de l'adducteur postérieur ovale et assez grande, relativement au sinus arrondi, qui ne s'avance que jusqu'à la moitié de la distance comprise entre le crochet et l'extrémité anale ; impres- sion palléale très voisine du bord. DiM. Diam. a. -p. : H milL; diam. u.-p. : 5,5 mill. R. D. — Beaucoup plus petite et moins large que le génotype actuel du Genre Siliqua, cette intéressante coquille a plutôt des affinités avec les formes éocéniques des environs de Paris : on la distingue toutefois de S. Lamarcki Desh., du Cuisien, par son extrémité antérieure bien plus courte et par sa forte clavicule; S. berellensis de Laub. et Garez, est sen- siblement plus triangulaire et plus élevée en hauteur, de même que S. Laubrierei Gossm., du Lutécien ; l'espèce qui y ressemble le plus est S. angusta Desh., du Bartonien, mais cette dernière a la clavicule plus faible et l'extrémité postérieure plus élargie que la coquille helvétienne. Loc. — Manciet (Gers), valve droite (PI. XXIII, fig. 42-43 ; et PI. XXIV, fîg. 18-19); coll. Gossmann; valve gaucho, coll. Duvergier. — IIcl- vétîen. (1) Dédiée à M. Lozes, maire de Manciet, qui a beaucoup facilité la fouille entre- prise par M. Peyrot, dans celte localité. — 380 — 70bis. Solenocuptus (Mâcha) Basteroti Desmoulins; var. pistrinaria nov. var. PL XXVI, fig. 1-2. R. D. — Diffère du type par son côté postérieur plus étroit et beaucoup plus obliquement tronqué à son extrémité; dans la charnière, la branche 3a n'existe pas : à sa place on voit une légère dépression ovalaire bordée par un rebord saillant; il s'agit évidemment d'une curieuse malformation et non d'un caractère spécifique; la surface externe présente, sur le côté antérieur, un pli radial assez marqué que nous n'avons trouvé sur aucun Solenocurtus ; l'ornementation strigillée est peu marquée et les stries d'ac- croissement sont plus fortes que chez les exemplaires typiques. Loc. — Cestas (Min Neuf), une seule valve droite (PI. XXVI, fig. 1-2), coll. Duvergier, — Burdigalien. 74. Mactra (Barymactra) substriatella d'Orb. PL XXIII, fig. 44-45. 1909, M. substriatella C. et P. Loc. cit., t. I, p. 173, pi. V, fig. 28-30. Obs. — Nous croyons utile de figurer un jeune exemplaire de cette espèce, provenant de Cestas (Fourcq), de la collection de Sacy, parce que cet individu — qui a bien tous les caractères de M. substriatella, et en particulier exactement ceux de la charnière, ainsi que les plis externes vers le crochet — a complètement la forme générale et transverse de M. Benoisti, au lieu de la forme subtrigone et élevée de M. substriatella, ce qui fait que l'on pourrait s'y tromper si Ton n'examinait pas la charnière qui est absolument différente de celle de Mactra s. str. Ce critérium con- firme bien l'utilité de la séparation de Barymactra, et l'on doit en conclure que la forme de la coquille n'est qu'un caractère ontogônique, puisqu'elle varie selon l'âge de celle-ci. Nous saisissons cette occasion pour rectifier deux fautes d'impression qui nous ont échappé : l'une dans la diagnose de la charnière de M. subs- triatella (p. 174) où il est imprimé que « 3a est dans le prolongement de LAII »... c'est 2a qu'il faut lire bien entendu, puisqu'il s'agit de la valve gauche; l'autre (p. 173) est celle de la référence aux planches, sous la rubrique Localités, à la fin de la description de M. Benoisti, où le texte indique « PI, IX, fig. .34-35 »... c'est PI. V qu'il faut lire comme en regard du nom de l'espèce (p. 172). — 381 — 78bis. Mactra (Eo?nactra) Ducomi îiov. sp. PL XXIIl, fig. 46-49. R. D. — La forme et la charnière de cette espèce s'écartent trop de M. Basteroti pour que nous puissons l'y rapporter : en effet, le bord supéro-postérieur est plus arqué et plus relevé en arrière du crochet, de sorte que la valve à l'aspect beaucoup moins trigone et moins équilatéral ; d'autre part, les deux branches de 2 sont presque isocèles au lieu d'être orthogonales et inégales; c'est surtout la lamelle AU qui diffère, au lieu de se relier à 2a, elle se prolonge par un contrefort parallèle à cette der- nière de sorte que — au premier abord — on prend ce prolongement pour une dent 4a ; mais il cesse bien avant d'atteindre le crochet et se relie nettement à Ail, de sorte qu'il n'y a pas d'hésitaton possible, ce n'est pas une charnière de Pseudoxyperas. D'ailleurs la lunule et le corselet sont sillonnés comme chez Eomactra, seulement sur la moitié (ou un peu plus) de leur largeur, ce qui distingue encore notre espèce de M. Basteroti dont la lunule et le corselet sont entièrement sillonnés. Enfin, il y a un indice de dent 4&, très rapprochée de 2b, et la fossette chondrophore est nettement séparée de la nymphe ; sur la valve droite, 3a et 3?> presque isocèles forment un angle de 60° environ, AI et AIII apparaissent très près des cardinales. Mactra Basteroti est surtout répandue dans l'Aquitanien et le Burdiga- lien ; sa présence dans l'Helvétien est peu certaine, d'après une valve de Souars seulement; il serait donc possible que cette valve appartint plutôt à M. Ducomi qui représenterait ainsi une mutation d'Eomactra absolument distincte, caractérisant l'Helvétien. Pour acquérir une certitude complète' au sujet de ces conclusions, il serait prudent d'attendre qu'on ait recueilli au moins un spécimen montrant le sinus et les impressions mus 'ulaires. L'échantillon le plus intact mesure 25 millimètres sur 20 millimètres de hauteur. Loc. — Manciet (Gers); une valve gauche (PI. XXIII, fig. 46-47), coll. Peyrot, deux valves droite (fig. 48-49), coll. Duvergier, — Helvétieii. 78ter. Mactra {Eoniactra) Basteroti Mayer; var. terminalis Mayer. Fig. 19. 1867. Mactra terminalis May. Cat. Mus. Zurich., 2^ cahier, pp. 18 et 41. 1904. — DolU. et Dautz. Conch. mioc. Loire, p, 110, pi. VII, fig. 11-12. — 382 — Test mince. Taille moyenne; forme ovale-arrondie, subtri- gone plus large que haute, subéquilatérale, moyennement renflée; bord antérieur ovale-arrondi, bord postérieur plus déclive portant à son extrémité anale un angle très peu marqué; bord palléal régulièrement arqué; crochet proso- gyre, un peu gonflé et presque médian. Surface dorsale régu- lièrement convexe avec, en arrière, une carène très obtuse qui part du crochet, aboutit à l'angle anal et limite le cor- selet, un peu excavé; lunule moins nettement délimitée et moins comprimée; le dos de la coquille porte des stries d'accroissement très fines qui se transforment en rides, assez fortes et très régulières sur la lunule, moins marquées sur le ,.s. Kellya ellipsoïdes nov. sp. PI. XXV, %. 27-28. Test mince. Taille très petite ; forme convexe, elliptique, élevée, presque équilatérale ; contours latéraux largement arrondis; bord palléal médiocrement arqué, raccordé dans le prolongement des courbes buccale et anale ; crochet situé très peu en avant de la ligne médiane, un peu gonflé et sail- lant sur la courbure régulière du bord supérieur qui n'est guère plus déclive en arrière qu'en avant. Surface extérieure fine, bombée, un peu comprimée sur la région anale, déprimée au contraire sur la région buccale. Charnière de la valve gauche bien marquée : 2 oblique en avant, attenant au plateau cardinal; 4^ plus saillante, per- pendiculaire sous le crochet; fossette longuement échancrée en arc; PII mince, triangulaire, assez courte, mais proémi- nente. Impressions musculaires, ovales, situées assez haut à l'intérieur des valves; impression palléale peu distincte, voi- sine du bord. DiM. Diam. a. -p. : 4 mill. ; diam. u.-p. : 3,5 mill. R. D. — Cette petite coquille a beaucoup d'analogie avec le génotype actuel, K. suhorhicularis Mtgu. ; toutefois, on l'en distingue, à première vue, par sa forme moins bombée, plus élevée et plus équilatérale, surtout par ses dents plus divergentes. D'autre part, on ne peut la confondre avec K. leognanensis qui est plus irrégulière, et dont les deux diamètres sont égaux. Il y a aussi de petites différences dans la charnière, et elles sont d'autant plus appréciables que nous avons vu les deux valves de cette espèce. Loc. — Mérignac (Piganeau), type (PL XXV, fig. 27-28), coll. Duver- gier. — Aqoitanieii supr. Canéjan, coll. Duvergier. — Bai'cligalîen. - 414 — 263bis. Kellya suborbicularis [Montagu]. Fig. 21. 1803. Mya suborbicularis Mont. Test, brit., p. 39, 564, pi. XXVI, fig. 6. 1822. Kellia suborbicularis Turt. Dithyra brit., p. 57, pi. XI, fig. 5-6. 1886. — Dollf. et Dautz. Etude prél. Touraine, p. 6. 1901. Kellyia suborbicularis Dollf. et Dautz. Nouv. liste Péléc, p. 6. 1909. Kellya suborbicularis Dollf. et Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 265, pi. XVIII, fig. 2.5-27. Test mince. Taille très petite, forme suborbiculaire, presque éqiiilatérale et assez fortement bombée; côté antérieur arrondi, côté postérieur légèrement tronqué ; bord palléal peu convexe, réguliè- rement raccordé aux contours anal et buccal; crochet très gonflé, assez YiG. 2].. — Kellya suborbicularis Saillant et prosogyre. Surface dor- ^' ^"■^' sale bombée au milieu, mais un peu déprimée sur les côtés, particulièrement au voisinage du crochet, ornée seulement de stries d'accroissement assez sail- lantes et irrégulières. Charnière échancrée en arrière du crochet : 1 forte, saillante, placée sous le crochet; 3a extrêmement petite; PI et PlII com- primées latéralement, assez longues et séparées par un sillon étroit et profond; 2a et 4;, divergentes, 2a un peu plus longue que 4b ; PII saillante et écartée, séparée du bord cardinal par une étroite dépression. Impressions musculaires peu appa- rentes ; impression palléale bien marquée, rapprochée du bord. DiM. Diam. : 3,5 mill. dans les deux sens. R. D. — L'espèce a été signalée dans l'Helvétien inférieur de la Tou- raine par MM. Dollfus et Dautzenberg ; le gisement de Manciet (Gers), d'où proviennent les deux valves que nous décrivons, appartient au même horizon ; nous avons indiqué plus haut ses rapports avec il. ellipsoides ; on la distinguera facilement de K. leognanensis qui est beaucoup plus iné- quilatérale, et de K. sallomacensis qui est fortement transverse. Loc. — Manciet (Gers), une paire de valves (Fig. 21), coll. Peyrot. — Helvétieii. — 415 — 266. Kellya [Borma) Hœrnesi Cossm. et Peyr. 1911. Loc. cit., p. 578, pi. XXV, fig. 54-55. PL XXV, fig. 25-26. R. D. — La valve gauche, de l'Helvétien de Manciet, que nous faisons figurer ici, n'est pas absolument identique à celle dn Burdigalien de Léo- gnan qui a été précédemment prise comme type de l'espèce : elle semble un peu plus trigone et le crochet est — par suite — un peu plus saillant; mais les autres caractères sont bien les mêmes. Étant donné qu'il s'agit de spécimens uniques dans chaque gisement, nous ne pensons pas qu'il y ait lieu de distinguer deux espèces, ni même d'admettre que celle-ci est une mutation helvétienne, d'autant moins que l'individu du Bassin de Vienne doit provenir du même niveau que celui de Manciet, et qu'il res- semble plus à celui du Coquillat qu'à ce dernier. Pour acquérir une certi- tude complète, il faut attendre qu'on ait recueilli la valve droite. Loc. — Manciet (Gers), une valve gauche (PI. XXV, fig. 25-26), coll. Peyrot. — Helvétien. Cestas (Min Neuf), uue valve gauche, coll. de Sacy. — Burdigalien. 266bis. Kellya {Borma) ellipsoidalis nov. sp. PI. XXVI, %. 9-10. Taille petite ; forme convexe, ellipsoïdale, presque éqiiila- térale ; les deux côtés sont également arrondis et le crochet assez gonflé est situé presque au milieu ; le bord palléal un peu arqué se raccorde par des arcs circulaires avec les con- tours latéraux. Surface externe bombée, simplement marquée par des lignes d'accroissement irrégulières. Charnière très petite et très concentrée sous le crochet : 1 minuscule, 3a con- fondue avec le bord, PI et PIII bien marquées et très rappro- chées, de l'autre côté de la fossette ligamentaire. Impressions musculaires inégales, situées très haut à l'intérieur de la valve. DiM. Diam. a. -p. : 35 mill. ; diam. u.-p. : 3 mill. R. D. — Des trois Bornia précédemment décrites dans l'Aquitanien et le Burdigalien, les deux premières sont subtrigones, et B. Hœrnesi est plutôt subquadrangulaire et inéquilatérale. Par conséquent aucune d'elles — 416 — ne peut se confondre avec cette mutation helvétienne qui doit en être distinguée, malgré que nous n'en connaissions qu'une valve droite de petite taille. D'un autre côté, si on la compare à B. Sehetia (== corbuloides), on remarque qu'elle est plus ellipsoïdale, avec un bord palléal plus arqué, et que son échancrure ligamentaire est plus ouverte, moins cependant que chez les véritables Kellya, ce qui nous dispense de la rapprocher de K. sallomacensis, du même gisement, qui a d'ailleurs une forme bien diffé- rente. Loc. — Salles (M^ Débat), unique (PI. XXVI, fig. 9-10), coll. de Sacy. — Helvétien. 268. Kellya {Planikellya) undulifera Cossm. et Peyr. PI. XXV, fig. 21-22. [Loc. cit., p. 581, pi. XXV, fig. 66-69.) Obs. — Nous faisons figurer une valve droite de Mérignac, qui diffère de la forme typique, non seulement par l'absence d'ondulations sur le bord palléal, mais par la présence de fines radiations internes; cette valve parait un peu plus inéquilatérale que la forme typique, mais sa charnière y ressemble complètement. Sa surface externe est brillante et l'on n'y découvre aucune trace des stries guillochées qui caractérisent la mutation Benoisti de l'Helvétien. Il est probable que c'est une variété dis- tincte ; mais nous attendons — pour la séparer définitivement — que l'on en ait recueilli d'autres valves, et notamment la valve gauche. Loc. — Mérignac (Le Pontic), une valve droite (PI. XXV, fig. 21-22), coll. Duvergier. — Bnrdigalieii. 268bis. Kellya {Planikellya) Barrerei nov. sp. PI. XXV, fig. 23-24. Test mince. Taille moyenne; forme elliptique, quoique inéquilatérale ; côté antérieur plus court et plus atténué que le côté postérieur ; bord palléal arqué, raccordé dans le pro- longement des contours latéraux ; crochet petit, prosogyre, non saillant sur le contour, situé aux deux cinquièmes de la longueur, du côté antérieur ; bord supérieur également arqué de part et d'autre du crochet, mais plus relevé en arrière, ce qui augmente l'amplitude du contour anal. Surface dorsale — 417 — peu bombée, paraissant simplement marquée d'accroissements très fins ; mais — sous un grossissem ent puissant — on distingue un élégant réseau de stries entrecroisées et ponctuées comme chez Lepton, qui constituent une ornementation imperceptible. Charnière étroite, aplatie, arquée : 1 oblique se raccordant avec le contour inférieur du plateau cardinal; 3a minuscule, posée sur le bord dorsal; fossette chondrophore trigone et creuse ; PI courte, contre la fossette qu'elle limite ; PllI peu visible sur le bord dorsal. Impressions musculaires inégales, très haut situées ; surface interne obtusément rayonnée ; im- pression palléale formée d'une zone brillante qui est assez écartée du bord. DiM. Diam. a. -p. : 8 mill. ; diam. u.-p. : 6 mill. R. D. — Cette jolie petite coquille a beaucoup d'analogie avec la mut. helvétienne Benoisti de notre Kellya undulifera [Loc. cit., p. 581, pi. XXVIII, fig. 55 et 66-68) ; même l'ornementation externe est semblable ; mais elle a une forme plus arrondie, le bord palléal est plus arqué, le crochet est situé plus en avant, la dent 3a est plus visible, la fossette chondrophore est plus scalène ; il nous paraît donc impossible de confondre les deux formes, quoiqu'elles soient cantonnées au même niveau, bien au-dessus des gisements où l'on a recueilli le véritable Kellya undulifera, et qu'elles ne montrent — ni l'une, ni l'autre — les ondulations qui caractérisent ce dernier. Loc. — Manciet (Gers), une valve droite (PI. XXV, fig. 23-24), coll. Peyrot. — Hel^étien. 272. Pseudolepton cf. insigne (Mayer). {Loc. cit., t. I, p. 588, pi. XXV, fig. 56-59.) Aj. Loc. — Manciet (Gers), coll. Duvergier. — Helvétien. 273. Pseudolepton granuligerum Gossm. et Peyr {Loc. cit , t. I, p. 590, pi. XXV, fig. 76-82 PL XXV, fig. 43-44. Obs. — Les valves gauches précédemment figurées étaient peu intactes ; nous croyons donc intéressant de faire reproduire ici une valve — 418 — opposée dont le côté antérieur paraît un peu plus dilaté parce qu'il est bien entier, et dont la surface dorsale porte une légère dépression médiane et lisse, rayonnant du crochet vers le bord palléal. Néanmoins nous ne croyons pas que ces petites différences justifient la création d'une nouvelle variété, surtout pour une valve isolée. Loc. — Mérignac (Le Pontic), plésiotype (PI. XXV, fig, 43-44), coll. Duvergier; coll. de Sacy. — Aqiiitaiiien dit « Falun mixte ». 272bis. Pseudolepton intusradiatum nov. sp. PI. XXV, fig. 45-46. Test peu épais. Taille petite; forme ovale-arrondie, médio- crement convexe, inéquilatérale ; côté antérieur semi-ellip- tique, plus allongé que le côté postérieur qui est arrondi en arc de cercle; bord palléal régulièrement convexe, raccordé dans le prolongement des contours latéraux ; crochet petit, à peine saillant, situé aux trois cinquièmes de la longueur, du côté postérieur ; bord supérieur à peine arqué, presque égale- ment déclive de part et d'autre du crochet. Surface dorsale uniformément bombée, simplement ornée de stries d'accrois- sement fines et serrées qui n'empêchent pas le test d'être brillant. Charnière de la valve gauche très concentrée, un peu échan- crée sur son contour inférieur : 2 courte, saillante et oblique; 4b minuscule, à peine proéminente sous le crochet; fossette ligamentaire profonde, obliquement enfoncée en arrière jusque sous PII qui forme une petite saillie arrondie, séparée du bord par une fossette superficielle. Impressions musculaires inégales, très écartées de la charnière, reliées par une série palléale de cicatricules ; le reste de la surface interne est rayonné par des lignes peu régulières qui ne s'arrêtent pas à l'impression palléale et ne laissent aucune trace sur la surface externe. DiM. Diam. a. -p. : 6,5 mill. ; diam. u.-p. : 5,25 mill. R. D. — Cette espèce s'écarte tellement des autres Pseudolepton par sa forme et par son ornementation que nous aurions hésité à la rapporter — 419 — au même Genre, si sa charnière ne se composait pas d'éléments identi- ques ; la fossette ligamentaire surtout présente bien la même dispositon que celle de P. insigne, génotype ; il est dommage que nous ne connais- sions pas la valve droite, pour confirmer encore avec plus de certitude le classement de notre nouvelle coquille. Il y a peu à'Erycinacea qui aient la surface interne rayonnée ; certains groupes de KeUyiclse ont des costules rayonnantes à l'intérieur, notam- ment Divarikelhja ; mais ces costules n'ont aucune analogie avec les rainures obsolètes qui rayonnent à l'intérieur de P, intiisradiatum, du crochet vers l'impression palléale; celle-ci offre, en outre, ce caractère distinctif et anormal d'être composée d'une série de petits disques bril- lants et discontinus, composant une sorte de zone en arc de cercle paral- lèle au bord. Nous ne connaissons rien, de semblable dans l'Éocène du Bassin de Paris, où le genre Pseudolepton n'a d'ailleurs pas encore été signalé. Loc. — Cestas (pré Cazeaux), unique (PI. XXV, fig. 45-46), coll. de Sacy. — Burdigalien. 272ter. Pseudolepton Duvergieri nov. sp. Fig. 22. 1912. P. cf. insigne Cossm. et Peyr. Loc. cit., t. I, p. 589-590, pl. XXV, fig. 69-61 {ex parte). R. D. — Nous avons précédemment signalé que — seuls — les indi- vidus de grande taille, à bord palléal presque rectiligne, se rapportent à peu près certainement à Ps. insigne Mayer, du Bassin de Vienne ; à côté de ceux-ci, on trouve dans le Burdigalien des spécimens beaucoup plus ovales, tels que la valve droite de Léognan (Thibaudeau) figurée sur la planche XXV (fig. 60-61) et dont nous avons retrouvé d'assez nombreuses valves dans le gisement de Saucats (Pont-Pourquey). Après un nouvel examen de ces valves — et particulière- ment de la valve gauche, nous nous som- mes convaincus qu'il s'agissait là — non pas du stade népionique de P. insigne, mais d'une espèce bien distincte, non seulement par sa forme ovale, moins éle- ^^" Pseudolepton Duvergieri Goss. et P. vee et plus transverse, mais encore par sa charnière (dent 2 moins oblique, 4^ à peu près nulle, PII aplatie et à peine proéminente) ; quant à l'ornementation, très lamelleuse et peu diva- riquée en avant, elle se compose — sur la surface dorsale et en arrière — de stries subimbriquées, rayonnant en courbe et beaucoup plus serrées : - 420 — à ce point de vue, la différence entre les deux régions de la surface dorsale est manifestement plus marquée que chez P. insigne ; enfin, la convexité des valves est proportionnellement plus grande, de même que dans la région du crochet chez l'autre espèce. Toutes ces considérations nous décident à attribuer une nouvelle dénomination à cette coquille ovale. Loc. — Pont-Pourquey, valve gauche (Fig. 22), coll. Duvergier; valve droite. Léognan (Thibaudeau), précédemment figurée. Saucats (Mins de l'Eglise et de Lagus), valves figurées en 1895 sous le nom insigne. Cestas, coll. Duvergier. — Burdigalieo* Sect. Merignacia Cossm., 1914 [du G. Pseudoiepton], Valves plates, inéqiiilatérales, le côté postérieur étant le plus court ; surface externe granuleuse ; formule cardinale de Pseudoiepton^ mais la fossette ligamentaire est superficielle, plus étalée en arrière que celle de Planikellya ; PI très obso- lète, PII très écartée; impressions musculaires très dissymé- triques (G. T. : Merignacia pleiirodesmatoides n. sp. Mioc). 273bis. Pseudoiepton {Merignacia) pleurodesmatoides nov. sp. PL XXV, %. 39-42. Test relativement épais. Taille petite; forme aplatie, ovale- transverse ou un peu subquadrangulaire^ inéquilatérale ; côté antérieur semi-elliptique, deux fois plus long que le côté postérieur qui est plus ovalement atténué ; bord palléal médio- crement arqué, raccordé par des courbes régulières avec les contours latéraux; crochets petits, peu proéminents, situés à peine aux deux cinquièmes de la longueur, du côté postérieur; bord supérieur convexe en avant, déclive en arrière du cro- chet. Surface dorsale presque uniformément plate, plus déprimée cependant sur la région anale, couverte de très fines granulations dispersées sans régularité sur le test. Charnière écrasée sur le plateau cardinal qui est assez large, mais peu surélevée au dessus de la surface interne, de sorte que la cavité umbonale est à peu près nulle ; 1 oblique, courte, pointue quoique peu saillante; aucune trace de 3(, ; — 421 — PI obsolète et aplatie en arrière de la fossette ligamentaire qui est largement et longuement étalée en arrière du crochet, faiblement limitée par une petite arête qui se prolonge jus- qu'au bord supérieur: 2 longue, formant une saillie triangu- laire et orthogonalement coupée à son extrémité; 4^ très petite et oblique sous le crochet; en arrière s'étend une fossette qui n'est guère plus profonde que sur l'autre valve; PII est très écartée, longue et peu proéminente. Impressions musculaires inégales, brillantes; l'antérieure longue, en forme de croissant située à mi-hauteur contre le bord buccal ; la postérieure semi- lunaire, située très bas comme si c'était un sinus; la ligne palléale est assez écartée du bord lisse. Dm. Diam. a. -p. : 6,5 mill. ; diam. u.-p. : 5 mill. R. D. — Au premier abord, en ne considérant que la formule cardi- nale et le test extérieur de cetle coquille, on est tenté de la rapprocher de Pseudolepton granuligerum ; mais il y a de telles différences entre les fossettes et les impressions musculaires que nous avons été conduits à proposer pour elle une nouvelle Section Merignacia, et à plus forte raison, une espèce distincte. L'écrasement et l'élargissement postérieur de la fossette rappellent un peu les Pleiirodesmatidœ, et c'est cette ressemblance qui a motivé le choix du nom de cette espèce ; mais, à tous les autres points de vue, cette coquille s'écarte absolument de la Famille en ques- tion, car elle possède un plateau cardinal, des lamelles latérales posté- rieures, surtout PII, qui font complètement défant chez Pleurodesma. Le gisement du Pontic, à Mérignac, est fécond en surprises et en nou- veautés : de là aussi, le choix du nom de la Section ci-dessus proposée; elle se rattache évidemment à Pseudolepton par sa charnière qui comporte les mêmes éléments, plutôt qu'à Planikellya dont les lamelles postérieures sont bien plus rapprochées et encadrent la fossette moins élargie en arrière. Loc. — Mérignac (le Pontic), cotypes (PI. XXV, fig. 39-42), coll. Duvergier ; coll. Peyrot, valve droite. — Bnrdigalieii inf. (dit Falun mixte). 274. Pseudolepton irregidare [espèce à supprimer]. Obs. — Après un nouvel examen de cette étrange coquille, nous avons pu nous convaincre que c'est un Pleurodesma, probablement une mutation — 422 — aplatie de P. Desmoulinsi, ainsi qu'il a été indiqué ci-dessus. En tous cas, ce n'est pas un Pseudolepton, classement qui nous avait toujours laissé des doutes ; on trouvera ci-après, à la place du numéro 274, une autre espèce qui prend sa place. GALEOMMA Turton, 1825. Test partiellement recouvert par le manteau; coquille en partie interne, équivalve, subéquilatérale, bâillante sur son bord ventral ; surface réticulée ou rayonnée ; crochets peu proéminents, presque médians, à prodissoconque légèrement gonflée ; charnière édentée ; ligament interne dans une petite fossette médiane ; impressions des adducteurs ovales, écar- tées ; impression palléale entière (G. -T. : G. Turtoni Sow. Viv.). Le G. Galeomma n'a pas été, jusqu'à présent, signalé à l'état fossile ; aussi l'espèce inframiocénique que nous décrivons ci-dessous constitue- t-elle une précieuse acquisition au point de vue phylogénétique. Elle pré- sente exactement tous les caractériques génériques que nous venons de résumer, sauf que sa forme est moins transverse et moins bâillante que celle du génotj'pe actuel ; à ce point de vue on pourrait peut-être la rap- porter à la Section Thyreopsis H. Adams (1868), dont le génotype est G. coralliophagum A. Ad. et qui diffère de Galeomma s. str. par sa forme subtriangulaire, par ses sommets légèrement renflés. 274. Galeomma [Thyreopsis) antiquum nov. sp. PL XXV, fig. 47-48. Test peu épais. Taille assez petite; forme ovoïdo-trigone, très peu bâillante sur le bord palléal, aplatie, dissymétrique ; côté antérieur un peu plus atténué que le côté postérieur; bord palléal médiocrement arqué, raccordé par des courbes régulières avec les contours latéraux ; crochet situé à peu près au milieu de la longueur de la valve, presque sans aucune saillie sur le boni, il est formé d'une prodissoconque guttiforme qui est plus convexe que le reste de la surface et nettement séparée latéralement par des dépressions rayon- nantes, en dessous par une rainure ou gradin. Surface lisse, — 423 — aplatie au milieu, comprimée le long du bord supéro-posté- rieur, déprimée sur la région antérieure, le long du bord supérieur qui est faiblement retroussé; on distingue sur le test quelques vagues traces de rayons irréguliers que croisent des rides d'accroissement inéquidistantes. Bord cardinal linéaire, échancré au centre, sous le crochet, par une minuscule fossette plus élargie en arrière que du côté antérieur oii elle est limitée par un épaississement peu marqué. Impressions musculaires peu distinctes; ligne pal- léale très voisine da bord auquel elle est parallèle; surface interne rayonnée jusqu'à la ligne palléale. DiM. Diam. a. -p. : 10,5 mill. ; diam. u.-p. : 6,5 mill. R. D. — Nous n'avions jamais vu même de fragments de cette curieuse coquille dont nous ne connaissons encore que la valve gauche; à part le bâillement qui est à peine indiqué sur le contour palléal, elle possède tous les caractères distinctifs du G. Galeomma ; elle se distingue toutefois de G. Turtoni par sa forme plus triangulaire et par son crochet plus gonflé. Nous n'avons pu la comparer à Thyreopsis coralliophaga, mais il nous semble douteux qu'on puisse la rapporter à cette espèce d'Extrême Orient. Loc. — Mérignac (Le Ponlic), type (PI. XXV, fig. 47-48), coll. Duver gier. — Bnrdîgalieit (dit Falun mixte). 276. Sportella Degrangei Cossm. et Peyr. 1912. Loc. cit., t. I, p. 615, pi. XXVI, fig 10-11. Loc, — Mérignac (Le Pontic), une valve gauche, coll. Cossmann. — Burdigalien. 279. — Spaniorinus {Lasœina) saucatsensis Cossm. et Peyr. 1912. Loc. cit., t. I, p. 601, pi. XXV, fig. 94-97. Obs. — En examinant des exemplaires très frais du gisement de Ceslas, nous avons constaté, à la loupe, sur la surface dorsale, l'existence — 424 — — outre les stries d'accroissement, seules mentionnées dans notre diag- nose originale — de très fines stries divergentes, serrées, visibles sur- tout vers le bord et s'avauçant jusqu'au tiers environ de la hauteur de la valve, mais effacées au delà vers le crochet. D'autre part, en reprenant également l'examen d'exemplaires bien conservés de Salles, que nous avions rapportés avec doute à cette espèce, en leur attribuant provisoire- ment la dénomination Duvergieri (dans le corps du texte, p. 603), nous nous sommes convaincus qu'il s'agissait, en réalité, à.'Erycina {Scacchia) Degrangei mut. helvetica. La mutation Duvergieri est donc à supprimer et Lasœina saucatsensis — signalée dans l'Aquitanien et le Burdigalien — n'a pas vécu, par conséquent, dans l'Helvétien. A. propos de cette muta- tion helvetica de Scacchia Degrangei, il a été écrit (p. 554) que « les stries divergentes sont peu visibles », ce qui tient à l'altération du test des spé- cimens considérés ; sur les bons exemplaires de Salles (le Minoy) et avec un assez fort grossissement, elles sont au contraire bien nettes. 298. Loripes Dujardini [Deshayes]. PI. XXV, fig. 53-54. 1912. Loc. cit., p. 642, pi. XXVI, fig. 68-69. R. D. — Les spécimens de l'Helvélieu de Manciet (Gers), recueillis dans la fouille récente de M. Peyrot, nous permettent de compléter — pour le Sud-Ouest — la figuration de cette espèce dont nous n'avons pré- cédemment représenté que la valve droite : les critériums (1) différen- tiels, indiqués par MM. Dollfus et Dautzenberg et par nous pour distin- guer cette espèce de L. lacteiis, se confirment dans l'Helvétien où L. Dujar- dini se montre identique à ce qu'il est déjà dès l'Aquitanien, sauf peut-être que les stries d'accroissement sont un peu plus fines, et encore est-il possible que celte apparence soit due à l'usure du test. Ainsi, en défini- tive, la coupure entre les deux formes a dû se faire pendant le passage du Miocène au Pliocène. Loc. — Manciet (Gers), valve gauche (PI. XXV, fig. 53-54), coll. Cossmann ; peu rare. — HelYetieii. (1) Forme moins iransverse, plus haute; bord lunulaire plus déclive et moins brièvement excavé ; dig-itation plus courte, etc. 425 307. Miltha {Megaximis) subgibbosula [cl'Orb]. PL XXV, fig. 59-61. Obs . — Nous n'avons fait figurer précédemment (t. I, pi. XXVII, fig. 32) qu'une valve peu caractérisée de la forme typique du Burdigalien ; comme elle est assez commune à Saint-Médard-en-Jalles, nous reproduisons ici les deux valves opposées. Aj . loc. — Saint-Médard-en-Jalles (La Fontaine), plésiotypes (PI. XXV, fig. 59-61), coll. Cossmann. — Burdigalien* 318. Codokia decussata [Costa]; var. perobliqua Sacco. 1912. Loc. cit., t. I, p. 681, pi. XXVIII, fig. 33 35. Aj . loc. — Saint-Denis-d'Oléron, coll. Degrange-Touzin. — Redo- nîeii (= Tortonien). 323. Phacoides Michelottii Mayer. 1912. Loc. cit., t. I, p. 696, pi. XXVIII, fig. 47-50. Nous avons trouvé un exemplaire parfaitement typique à Villandraut (Min de Fortis), ce qui fait remonter à l'Aquitanien l'origine de cette espèce. Aj. loc. — Villandraut (Min de Fortis), coll. Peyrot. — Aqnita- iiieii. 330bis. Divaricella ornata [Agassiz] mut. simillima nov. mut. PI. XXV, fig. 49-52. R. D. — Au premier abord, nous avons confondu cette coquille avec celle de l'Aquitanien et du Burdigalien ; mais nous n'avons pas tardé à reconnaître qu'elle constitue une mutation de cette dernière, car elle présente avec elle deux différences légères, il est vrai, mais absolument constantes : d'abord, dans la disposition de la charnière, dont les dents 2 et 4b sont beaucoup moins divergentes, la nymphe plus courte, de sorte que PI et PII paraissent plus écartées ; ensuite la forme est plus arrondie Tome LXYIII. 28 — 426 — chez D. simillima, parce que le bord supéro-postérieur est moins relevé et moins coudé en arrière du crochet ; ce qui fait que les deux diamètres sont égaux, tandis que chez D. ornata, c'est le diamètre antéro-postérieur qui a toujours un millimètre de plus que l'autre, à la même taille. La digi- tation antérieure et l'ornementation sont exactement semblables, mais cela s'explique puisque ce sont des critériums sous-génériques ; les cré- nelures palléales sont aussi les mêmes, du moins sur les individus non usés. Loc. — Manciet (Gers), abondante, types de la mut. (PI. XXV, fig. 49- 52), coll. Cossmann. — Helvétien. 338bis. Carditopsis inopinata Cossm. et Peyr. 1912. Loc. cit., t. II, p. 13, pi. V, fig. 25-29. Loc. — Le numéro de cette espèce a été omis. 341. Astarte incrassata Brocc. ; var. syptica no?7î. mut. 1912. Astarte incrassata Broc. var. Deshayesi, Deg.-Touz. Loc. cit., t. II, p. 21, pi. I, fig. 95-38 {non May.). Nous sommes obligés de changer le nom donné par M. Degrange- Touzin, car il a été préemployé par Mayer pour une espèce de l'Eocène de Thun. Comme nous avons aussi une Astarte Degrangei, nous proposons, pour corriger le double emploi, A. incrassata var. syrtica afin de rappeler que le type provient des Landes. C'est un nouvel exemple de l'inconvé- nient qu'il y a de donner les noms de variété quelconques, qui risquent de tomber en synonymie ; la loi de priorité s'applique aussi bien aux variétés qu'aux espèces. 405bis. Pectunculus {Axinœa) Dollfusi nov. sp. PL XXVI, %. 11-14. Cette coquille, abondante dans les gisements helvétiens du Gers, ne peut être confondue avec aucune des variétés de P. cor dont elle n'a ni la forme ni la charnière : en effet, elle est transverse et peu élevée, médiocrement bombée, très iné- — 427 — quilatérale, le contour postérieur étant décliye et subanguleux, tandis que le contour antérieur est largement arrondi ; le crochet peu gonflé est situé à peu près au milieu de la lon- gueur des valves. Charnière étroite, avec une aréa ligamen- taire presque linéaire dans le jeune âge, très peu élevée à l'état gérontique, ne comportant alors que deux chevrons très fortement rainures du côté antérieur, presque effacés du côté postérieur; dents sériâtes assez nombreuses, fines, obli- ques et serrées, non ployées, n'occupant pas toute la hauteur de l'aire cardinale. Impressions musculaires inégales, allon- gées, limitées par des gradins en saillie, surtout celle du muscle postérieur; impression palléale écartée du berd qui est fortement crénelé sur toute son étendue. DiM. Diam. a. -p. : 37 mill. ; diam. u.-p. : 31 mill. R. D. — P. ohtusatus Partsch, du Bassin de Vienne, a une forme beaucoup plus arrondie que cette coquille qui n'atteint pas la taille de P. cor et qui est remarquable par la finesse de ses dents, par l'étroitesse de son aire ligamentaire, par sa forme invariablement transverse et subanguleuse en arrière. P. Dollfusi existe aussi à Pontlevoy (coll. Cos- smann) et a dû y être confondu avec les autres formes signalées par MM. Dollfus et Dautzenberg. Loc. — Manciet (Gers), cotypes (PI. XXVI, fig. 11-14), coll. Cossmann. — Helvëtieii. 421. Arca (Anadara) Okeni Mayer. 1913. Loc. cit., t. II, p. 162, pi. IX, fig. 5-7. Loc. — Manciet, deux valves gauches, coll. Cossmann. — Helvé- tieii. 423. Arca (Pectinarca) bearnensis Gossm. et Peyr. PL XXV, fig. 55-58. (V. ci-dessus, p. 165 : la figuration avait été omise sur les planches correspondant au texte.) — 428 — 437. Parallelepipedum Grateloupî [Mayer]. PL XXVI, fig. 7-8. 1912. Loc. cit., t. II, p. 190. Cette espèce n'avait pas été figurée ; nous nous bornons à reproduire ici les figures originales, probablemant restaurées et grossies. 440. Fossularca {Galactella) miocœnica Cossm. et Peyr. 1913. Loc. cit., t. II, p. 195, pi. X, fig. 37-40. Aj. loc. — Manciet, Sallespisse, coll. Cossmann. — Helvétien. 468. Meieagrina phalenacea [Lamk 1913. Loc. cit., t. II, p. 252, pi. XII, fig. 1-3, PL XXVI, fig. 15. Vue extérieure de la valve gauche qui n'avait pu être intercalée sur la Planche XII du tome II. 471. Perna burdigalensis Cossm. et Peyr. PL XXVI, fig. 16. 1913. Loc. cit., t. II, p. 259, pi. XII, fig. 14-18; et pi. XX, fig. 20. Nous n'avons pu figurer que des fragments de cette belle espèce ; aussi croyons-nous utile de reproduire ici un beau spécimen bivalve qui mesure 115 mill. de longueur sur 70 mill. de largeur, 45 mill. d'épaisseur pour les deux valves; il montre l'extrémité d'une douzaine de fossettes ligamen- taires assez étroites, et il se rapproche davantage des individus du Bassin de Vienne, figurés par Hœrnes. Loc. — Saint- Avit, néotype (PI. XXVI, fig. 16), coll. Degrange-Touzin. — Aqnîtanieii. Gryphœa [Crassostrea) gingensis [Schl.]. PL XXVI, fig. 21 3913. Loc. cit., t. II, p. 391, pi. XXI, fig. 16-18. — 429 - Cette vue extérieure de la valve supérieure n'avait pu trouver place sur la planche XXI. Anomia ephippium [Linné]; var. rugulosostriata Br. PL XXVI, fig. 19 et 22. 1913. Loc. cit., t. II, p. 407, pi. XXII, fig. 16-17. Ces deux vues, précisant la variabilité de forme des valves, n'avaient pu trouver place sur la planche XXII. Note relative à la dénomination des Fam. Aviculidae et Prasinidae. —Nous avons (pp. 250 et 261) adopté, pour ces deux Familles, la dénomination la plus ancienne en date, bien que le Genre type de chaque Famille ait dû lui-même changer de nom, pour des motifs de priorité {Pteria à la place d'Avicula, Jiiliaà la place de Prasina); nous nous fondions pour cela sur le motif qne la loi de priorité est applicable aux Familles comme aux Genres, et qu'il n'y a aucune raison valable pour donner la préférence à des apparences de symétrie. Or cette solution vient d'être rejetée par le Congrès zoologique de Monaco : d'après la traduction française du rapport de M. Stiles, publiée par M. le docteur Blanchard dans le Bull, de la Soc. Zool. de Fr. (p. 185, art. 5), « le nom d'une Famille ou d'une Sous-Famille doit être changé, quand le nom du Genre servant de type est lui-même changé ». Dans ces conditions — et tout en regrettant une décision qui viole aussi mani- festement la loi de priorité pour un motif vraiment futile — nous ne pou- vons que nous incliner et nous rétablissons ici les noms Pteriidse QtJuliidse Dali, 1898. 430 — RÉSUMÉ PALÉONTOLOGIQUE Arrivés au terme de la description des Pélécypodes, nous nous proposons de résumer ci-après la statistique de cette Classe de Mollusques, pour essayer d'en tirer déjà quelques conclusions qui puissent nous servir ultérieurement de guide dans la continuation de notre Monographie. Toutefois, avant de faire ressortir les chiffres les plus sail- lants de cette statistique, il importe de dire ici quelques mots d'un fait nouveau et intéressant qui est survenu depuis que nous avons entrepris ce travail en empruntant aux classifi- cations existant alors les éléments de notre taxonomie. Or, dans le Tome XII du Bull, de la Soc. Géol. de France (1912, publié en avril 1913, p. 419), M. Henri Douvillé a établi une classification phylogénique des Pélécypodes, ce qui reproduit l'ordre de succession des êtres dans le temps » et qui apporte quelques modifications à l'ordonnance adoptée par nous. Prenant comme point de départ la division en : carac- tères évolutifs, tels que la nature du test; caractères adaptatifs, tels que le mode de fixation, ou plutôt la manière de vivre de l'animal; caractères statifs, en première ligne ceux tirés de la charnière, M. Douvillé a dressé un tableau qui fait dériver toutes les formes éteintes ou existantes de trois types primitifs et paléozoïques, invariablement nacrés : TAXODONTES DYSODONTES DESMODONTES Si, dans la ramification en éventail qui constitue le tableau phylétique (p. 466) présenté par M. Douvillé, on trace une ligne horizontale qui représente pour nous les couches néo- géniques faisant l'objet de nos études, on aboutit à l'ordre de succession suivant : Taxodontes. — Nuculidœ, Unionidœ, Cultellidœ, Mactridœ^ — 431 — Donacidœ, Tellinidœ^ Chamidœ, Liicinidœ^ Cardiidœ^ Astar- tidée, Veneridœ, Cyrenidœ, Cyprinidœ] Dysodontes. — Arcidœ, Aviculidœ^ Pectinidœ, Lwiidâs, Ostreidœ, Mytilidse ; Desmodontes. — Panopœidœ, Solenidœ, Pholadomyidœ, Ana- tinidâ?, Pholadidœ, Teredinidœ^ Corbulidœ^ Myidœ. Au premier abord, cet arrangement paraît différer radica- lement de celui que nous avons adopté; mais, si l'on inter- vertit les trois Ordres en faisant passer en première ligne les Desmodontes cavicoles, on voit qu'il ne s'en écarte guère que sur trois rectificatians capitales : Les Maclridœ ne sont pas des Desmodontes, mais des Hété- rodontes; Les Solenidœ sont des Desmodontes. tandis que les Cultel- lidœ sont des Taxodontes et s'en écartent par conséquent beaucoup ; Les Arcidœ ne sont pas de vrais Taxodontes, mais étant byssifères elles prennent place auprès des Dysodontes, à pro- dissoconque identique; les formes anciennes de ce Cénacle se rapprochent d'ailleurs beaucoup plus des Ptérinées que des Nucules. En défmitive, on est bien obligé de convenir que — à part ces quelques changements peu nombreux quoique très impor- tants — les anciennes classifications, ou plutôt l'ordre d'expo- sition suivi dans la plupart des ouvrages, se rapprochait (( instinctivement » de celui auquel M. Douvillé a abouti après ses patientes recherches sur les Pélécypodes anciens. Dans ces conditions, nous ne croyons pas qu'il soit nécessaire de bouleverser la numérotation adoptée par nous pour dési- gner les espèces de l'Aquitaine : il suffit que nos lecteurs soient prévenus que — sur certains points — cette numéro- tation ne correspond pas absolument aux principes phyléti- ques, si savamment mis en lumière par notre éminent con- frère. — 432 — Ainsi qu'on a pu le voir — et en tenant compte des addi- tions faites dans le Supplément — la faune des Pélécypodes de l'Aquitaine se compose à présent de 581 espèces, muta- tions ou variétés dénommées. Sur ce total, 264 formes étaient déjà connues de l'Aquitaine, 96 étaient connues ailleurs, tandis que 221 sont entièrement nouvelles. Au point de vue de la répartition stratigraphique de ces coquilles, nous en résumons la statistique dans le tableau ci-contre : A titre de correctifs, nous devons toutefois faire remarquer que : 1° Un certain nombre d'espèces indiquées comme ayant apparu à un niveau et ayant persisté au niveau immédiate- ment supérieur, n'y figurent très probablement qu'à l'état remanié. Ce sont les gisements tels que Mérignac, Dax (Maïnot), etc., que Benoist dénomme « Faluns mixtes )) , nous leur consacrons une colonne distincte ; 2*^ Quelques gisements — et particulièrement celui de Pey- rère — contiennent à la fois plusieurs niveaux, sans qu'il nous ait été toujours possible de préciser auquel de ces niveaux ont été recueillies les espèces dont nous avons donné les diagnoses ainsi que les rapports et différences ; 3° Quelques citations d'espèces à un niveau — autre que celui d'oii provenaient les types originels — exigeraient probablement une comparaison complémentaire, à titre de contrôle : les additions faites dans notre supplément prouvent surabondamment que nos convictions à ce sujet se sont amendées en mainte circonstance. Par conséquent, les conclusions générales à tirer de ce tableau ne peuvent être considérées comme absolues, ni sur- tout définitives, d'autant moins que nous aurons certainement à y revenir après que nous aurons publié toute la faune des Gastropodes qui sont déjà des Mollusques plus spécialisés. — 433 H o O CD CO 05 -H CO '^ >* 00 ce (M 00 CD t> 00 05 X -* 00 o w ^00 «ocooooo « 00 ea t- w co co QO o i> OO os 00 « (M -H CO )0 Ci 1 "== w « (>î co o 00 00 co 00 o !>■ co (M 00 Ot Oi 00 05 i=^ o 00 ES )0 CD CO 05 £^ GO Gi -rH (M • >•••• X • •^ =3 , X ^ G G C > S '^ > 5^ S 5^ •S > ^ -S ;2 J §, §Sllllll«l£'il3 2 CD > ,03 "^ -ci 'Cd ctj ^ c:i O O o s a o o O — 434 — Quoi qu'il en soit de toutes ces réserves, nous pouvons déjà nous résumer de la manière suivante : L'Aquitanien, avec ses deux niveaux déjà bien indiqués par M. G. Dollfus, se sépare bien nettement de l'Oligocène; l'appa- rition de Genres à faciès récent, l'extinction de certains groupes éocéniques, marquent une limite bien tranchée — au-dessous de lui — entre l'Oligocène et le Miocène. Dans un très grand nombre de cas, le Burdigalien (abstrac- tion faite des Faluns mixtes) possède une faune bien tranchée : ce ne sont pas des races, puisqu'il s'agit parfois, comme dans le vallon de Saucats, de gisements situés à peine à quelques kilomètres de distance. On peut donc conclure, dès à présent, que le Burdigalien est un étage de transition, distinct à la fois de l'Aquitanien et de l'Helvétien, mais plus voisin du premier que du second, de sorte que le Burdigalien fait encore partie du Miocène inférieur. L'Helvétien comporte, en Aquitaine, les deux niveaux déjà signalés par M. G. Dollfus pour la Tou raine : l'inférieur, plutôt localisé dans les gisements du Gers, et dont la faune a beaucoup d'analogie avec celle de la Touraine ; le supérieur (Salles, etc.) indique déjà la transition au Miocène supérieur, quoique distinct encore du Tortonien ; il rappelle davantage les gisements de Colli Torinesi contemporains. Le Tortonien ou Bedonien (types Saubrigues, Saint-Denis- d'Oléron) possède une faune qui rappelle complètement celle d'Italie, mais avec un faciès déjà atlantique; il représente le Miocène supérieur, et avec un peu d'attention, on s'aperçoit sans difficulté que la plupart des espèces que renferment nos gisement sont des mutations ancesLrales et distinctes de celles du Pliocène avec lesquelles on les a toujours confondues, bien à tort. L'étude de la charnière de ces Pélécypodes nous a été d'un grand secours pour distinguer ces mutations ; il est extrême- ment rare qu'en l'examinant attentivement, nous n'y ayons pas trouvé les éléments justificatifs de la séparation à faire, alors qu'un examen superficiel de la surface externe ou de la — 435 — forme des valves nous aurait conduits à les confondre avec des formes du Pliocène ou des mers actuelles, comme l'ont trop souvent fait nos prédécesseurs. Il paraît dès à présent hors de doute que les coupures à faire entre ces quatre niveaux du Miocène n'ont pas la même importance qu'entre l'Oligocène et le Miocène, ou entre le Miocène et le Pliocène : car, abstraction faite des Faluns mixtes et de Peyrère, le total des formes exclusives à chaque niveau représente à peine 48 p. 100 de la faune totale, tandis qu'on ne signale qu'une espèce commune avec l'Oligocène et seulement 10 p. 100 qui ont survécu au Miocène. Le renouvellement des faunes dans chacun des quatre niveaux s'est donc fait par une série de « recouvrements » ou de (( chevauchements d'espèces », contrastant manifestement avec la séparation beaucoup plus nette entre les étages, sur- tout entre l'Oligocène et le Miocène. Il ne nous restera plus, dans la suite de cette Monographie, qu'à observer si l'étude des Gastropodes confirme ces conclu- sions générales. TABLE DES MATIÈRES (ACTES 1914) Pages. GossMANN et Peyrot. — Conchologie Néogénique de l'Aquitaine (Suite) 5 L. BouTAN. — Les deux méttiodes de l'enfant 217 CossMANN et Peyrot. — Conchologie Néogénique de l'Aquitaine : Supplé- ment aux « Pélécypodes » 361 PLANCHE XXIII 1-2, 3-6. 7-8. 9. 10-11. 12-13. 14-15. 16-17. 18-22. 23-26. 27-28. 29-30. 31-32. 33-34. 35-36. 37-39. 40-41. 42-43. 44-45. 46-49. 50-53. 54. 55-56. 57-58. 59-60. 61-62. 63-64. 65-66 . 67. 68-71. 72-73. Thragia Duvergieri Gossm. et Peyr. Pholas MioG^NiGA Gossm. et Peyr. Sphenia semiradians Gossm. el Peyr. Teredo saugatsensis Benoist (Palette). Gastroch^na dubia [Pennanl]. Sphenia myagina Desh., var. irradiatula Gossm. et Peyr. Sphenia myagina mut. garinula Benoist. id. id. Gorbula GoccoNii Fontannes. GoRBULA AVITENS1S Goss. et Peyr. Pleurodesma Mayeri Hœrnes. GORBULOMYA BURDIGÂLENSIS Beiloist. GoRBuLOMYA TURONiENsis Gossmanii. Pleurodesma Sacyi Gossm. et Peyr. id. mut. Duvergieri G. el P. Basterotia gorbuloides Mayer, mut. aqui- tanica Gossm. et Peyr. Basterotia parva Gossm. el Peyr. SiLiQUA Lozesi Gossm. et Peyr. Magtra (Barymactra) substriatei.la d'(3rb. Mactra (Eomactra) Dugomi Gossm. et Peyr. Magtra (Spisula) in^quipartita G. et P. Mesodesma (Bonacilla) segundum Mayer. Lutraria angusta Desli. LUTRARIA MI0PARVA SaCCO, Var. TAURODl- gitata Sacco. Mesodesma (DonadUa) erycinella Mayer. id. 'id. Semble Neuvillei Gossm. et Peyr. Ghione (Ventricoloidea) erasa G. et P. Aura Benoisti Gossm. et Peyr. id. Tellina serrata llenieri. 5/1 Manciet. Helv. Gr. nat. Manciet. Helv. 4/1 Léognan (Coquill.). Burd Or. nal. Léognan (Le Thil). Aq. 2/1 Manciet. Helv. 2/1 Saucats (Lagus). ' Burd, 2/1 Saucats (La Sime). Helv. 2/1 Manciet. Helv. 2/1 Manciet. Helv. 2/1 Léognan (Le Tliil). Aq. 5/2 Léognan (Tliibaud.). Burd. Gr. nal. Pont-Pourquey. Burd. 2/1 Sallespisse. Helv. 2/1 Léognan. Burd . 3/2 Salles (Larg.). Helv. 2/1 Sauçais (Lariey). Aq. 3/1 Ponl-Pourquey. Burd. 2/1 Manciet. Helv. (ir. nat. Gestas (Fourcq). Burd. Or. nal. Manciet. Helv. 2/1 Manciet. Helv. 6/1 Salles. Helv. Or. nal. St-Médard(LaFont.). Burd. 2/1 Manciet. Helv. 4/1 Sl-Avil. Aq. 2/1 Ponl-Pourquey Burd. 2/1 Léognan (Le Thil). Aq. Or. nal. Salles. Helv. Or. nal. Manciet. Helv. 3/1 Salles. Helv. (jr. nal. Manciet. Helv. X ■y. o C/j i "* D < H '-^ O 0) >" T3 fC ^ ;:3 •^ cr Qi •rH >^ D3 ^C ^03 w G BT" ¥^ 0) , • p— ( SJ tj) a- 1 — ( ^ o S o Sor.ieTÊ LI.NNÉ •r . v.XN \\i, V. . xx\\\ ''rteff^WS*'- 10 11 1-2 14 15 ^^BP» 30 31 34 35 1^ ~>j^. 0>^ s^lÊjà (111^ Conchologie néogénique de l'Aquitaine par M. C.ossMANN et A. I'kyhot PLANCHE XXIV 1-4. Tellina EURYRUYNCiiA CossiTi. et Peyr. Gr. nal. Mérignac. Aq. 5-(î. Arcopagia laminifera Cossm. et Peyr. Gr. nat. Manciel. Helv. 7. PsAMMOBiA (Psammotsena) ellipsoidalis Cossm. et Peyr. Gr. nai. Cesias. Burd. 8-12. P?,Ai^\MOBiA. (l'sammolaena) elattor Cossm. et Peyr. Gr. nal. Villandraul (Gam.). Aq. 13-14. Gastrana LAMiNOSA [Sow]. Gr. nal. Manciet. Helv. 15-17. PsAMMOBiA (Psammolœna) ellipsoidalis Cossm. et Peyr. Gr. nal. Cesias. Burd. 18-1'J. SiLiQUA LozESi Cossm. et Peyr. 2/1 Manciet. Helv. 20-2J DoNAx (Lioclonax) Degrangei Cossm. et Peyr. 3/1 Sl-Morillon. Aq. 22-25. Tapes fCa/Zisto/apesJ Sagyi Cossm. et Peyr. Gr. nal. Mérignac (Baour). Aq. 26-27. Chione (Ventricoloidea) erasa Cossm. et Peyr. Gr. nat. Salles. Helv. 28. Pleurodesma Sagyi C. et P., mut. oncodes Cossm. et Peyrot. 3/2 Sauçais (Lariey). Aq. X (^ > h-3 C c ce H eu -p—l cd -p—i < CD ^ T5 ^ o; ■^ ;3 -4-i cr cj •1— 1 '<5 ■0 -< D5 ^0 '^' ^ S 0) • p— ( es ■ P-^ r* r^ o r* ï-H o AcTics «y. I A Snc.iÉift l.l^■^ÊEis:sl; iif. nni\i>r •r. i.xvYW, vi.. >ix\N Conchologie néogénique de l'Aquitaine par M. CdSSMANN et A. I'eyiuit PLANCHE XXV 1-2. 3-4. 5-6. 7-8. 9-10. 11-14. IS-IC). 17-18. 19-20. 21-22. 23-24. 25-26. 27-28. 29-30. 31-32. 33-36. 37-38. 39-42. 43- -44 45- -4(j 47-48 49- -52 53- -54 55- -58 59- -Gl Tr.^pezium Donneti [Benoist]. id. Ghione (Clausinella) Sagyi Gossm. eLPeyr. Ghione ( Omphaloclathrum ) cf. mioc^nica [Mich'i]. Meretrix (Pitaria) Duvergieri G. et P. Ghione (Clausinella) Basteroti Desh., var. TAURORUDIS SaCCO. (Ghione (Clausina) cf. orbiculata Sacco. Discors Herculeus Dollf., GoU. et Gom. Erycina (Scacchia) gardiktorta G. et P. mut. MANCIETENSIS G. et P. Kellya (Planikellya) undulifera Gossm. et Peyr. var. ? Kellya (Planikellya) Barrerei G. et P. Kellya (Bornia) Hœrnesi Gossm. et Pey. Kellya ellipsoïdes Gossm. et Pey. PlOCHEFORTIA SUBSYMMETRIGA GoSSlll. et P. Erycina (Hemileplon) fallax Gossm. et P. RocHEFORTiA DuvERGiERi Gossm. et Peyi". Ghione (Clausinella) Basteroti Desh., var. TAURORUDIS SaCCO. PsEUDOLEPTON (Merignaciu) pleurodesma- TOiDES Gossm. et Peyr. Pseudolepton granuligerum Gossm. et P. PSEUDOLEPTON INTUSRADIATUM GoSSm . et P. Galeomma (Thyreopsis) antiquum G. et P. DiVARICELLA 0RNATA [Ag.], mut. SIMILLIMA Gossm. et Peyr. LoRiPES Dljardini [Desh.]. Arca (Pectinalarca) bearnensis G. et P. Miltha (Meyaxinus) subgibbosula [d'Orb.]. (ir. nat. Pessac (Noës). Aq. Gr. nat. St-Avit. Aq. Gr. nat. St-Médard(Laront.). Burd Gr. nat. St-Avit. Aq. Gr. nat. Manciet. Helv. Gr. nat. Manciet. Helv. Gr. nat. Sallespisse. Helv. Gr. nat. Salles. Helv. 2/1 Manciet. Helv. 2/1 Mérignac (Pontic). Aq. 2/1 Manciet. Helv. 3/1 Manciet. Helv. 4/1 Mérignac (Foucastel). Aq. 4/1 Mérignac (Pontic). Aq. Manciet. Helv. 3/2 Manciet. Helv. Gr. nat. Manciel. Helv. ■3/1 Mérignac. Aq. 2/1 Mérignac (Pontic). Aq. 3/1 Gestas. Burd 2/1 Mérignac (Pontic). Aq. (ir. nal. ]\lanciet. Helv. ;]/2 Manciet. Helv. 2/1 Sallespisse. Helv. Gr. nal. St-Médard. Burd X X c •M ce f CD ce • t— I cr 0) ^c CD -^' O^ CD 'S 5 o s (D . O O o r; O O AcTF.s HIC (.A Srir.iÉTÉ i.inséessf. i>k BnnnKALX T. l.XMH, Vi.. XXN Conchologie néogénique de l'Aquitaine par M. r.iissMANN ci A- I'kM'' T PLANCHE XXVI 1-2. 3-(; . 7-8. •J-10. 11-14. 15. IG. 17-18. 19. 20. 21. 22. 23. SoLEGURTus Basteroti Desm. Triomphalia BoNNETi Dollf. el Daulz. Parallelepipedum grateloupi [Mayei']. Kei.lya (Bornia) ellipsoidalis G. et P. Pectunculus DoLLFiiSi Gossm. el Peyr. Meleagrina phal^nagea [Lamk.]. Perna burdigalensis Gossm. el Peyr. Erygina (Hemileplon) Duvergieri Gossm. et Peyr. Anomia ephippium Lin. var. rugtjlosos- ïriaïa Brocchi. Thragia Duvergieri Gossm. eL Peyr. Gryph^a (Crassostrea) gingensis Schlolh. Anomia ephippium hin. var. ruiîulosos- TRiATA Brocchi. Thragia Duvergieri Gossm. et Peyr. 1/1 Gestas. Burd. 3/2 Ganéjan. Burd. 1/1 Abesse. Helv. 5/1 Salles (M'» Debal). Helv. 2/1 Manciet. Helv. 1/1 [.éognan. Burd. 1/1 Saint-Avit. Aq. - 4/1 Salles (Largileyre). 1/1 Manciet. 7/1 Salles (Largileyre), 2/3 Gabarret. 1/1 Manciet. 7/1 Salles (Largileyre) X > ,"%• 0) g '5 < CQ v-^^â CD >- "7^ ^ "" CD -< P ■+^ cr CD C ^(D -^ D5 c« C ^o; ^ c CD •F-H O 1 — ( O O o O AcTKS l'i; lA Sir.iÉii: i in.néfnm- hk Bi Conchologie néogénique de TAquitame pa. M. C.ossMAN.N et A. Pe^boT EXTRAITS PROCÈS-VERBAUX Séances de la Société Linnéenne de Bordeaux \2\4 PERSONNEL DE LA SOCIÉTÉ <*^ Au 1er janvier 1914 Fondateur directeur : J.-F. Lx\TERRADE (mort le 31 octobre 1858), direc- teur PENDANT QUARANTE ANS ET CINQ MOIS, MAINTENU A PERPÉTUITÉ EN TÈTE de la liste des membres, par décision du 30 novembre 1859. Des moulins (Charles, mort le 24 décembre 1875), président pendant trente ans, maintenu a perpétuité en tète de la liste des membres, par dégi-" sion du 6 février 1878. L. MOTELAY, || I., i, Président honoraire. CONSEIL D'ADMINISTRATION pour l'année 1914. MM. Llaguet, ||I., Président. Muratet, ||I., Vice-Président. Boyer.ll A., ^, Secrétaire génér. Rozier (X.), Trésorier. Breignet, || I., Archiviste. Baudrimont, Secrétaire adj\ MM. Bardié, || I. Bouygues, || I., 0. Daydie. Degrange-Touzin. Devaux, p I. Latuarque, || A. COMMISSION DES PUBLICATIONS MM. Doinet. Muratet, || I. Rozier. COMMISSION DES FINANCES MM. Daydie. Gouin. Lacouture. COMMISSION DES ARCHIVES A., S. MM. Boyer, U Castex. Feytaud. (1) Fondée le 25 juin 1818, la Société Linnéenne de Bordeaux a été reconnue comme Établissement d'utilité publique, par ordonnance royale du 15 juin 1828. Elle a été autorisée à modifier ses statuts, par décret du Président de la Républi- que du 25 janvier 1884. 4 PROCES-VERBAUX MEMBRES D'HONNEUR MM. - - Le Préfet de la Gironde. Le Président du Conseil général de la Gironde. Le Maire de Bordeaux. Carthailhac (Emile), 0. -j^, rue de la Chaîne, 5, Toulouse Préhisloire. Cossmann (M.), ^, 8, chaussée de la Muelle, Paris Paléonloloi^-ie. Decrais (Albert), G. 0. i^t, à Mérignac. DoUfus (G.), 45, rue de Chabrol, Paris Géologie. . Linder, G. i^, || I., 38, rue du Luxembourg, Paris Géologie. Loynes (de), || I., 24, allées de Tourny Botanique. Pérez, ^, Il I, 73, cours Pasteur Zoologie. Vaillant (Léon), 0. ^, || L, professeur au Muséum, Paris Zoologie. Van Tieghem, G. i^, || L, professeur'au Muséum, Paris Botanique. MEMBRES HONORAIRES MM. Bial de Bellerade, || A., villa Esther, Monrepos (Genon-La-Baslidel Entom. (Col.). Eyquem (Gaston), 43, rue des Remparts Botanique. Leymon (E.-M.), à Floirac (Gironde) Botanique. Lustrac (de), 50, rue Mandron Botanique. Neyraut, || A., 236, rue Sainte-Catherine Botanique. MEMBRES TITULAIRES et Membres à vie (*) MM. Arné (Paul), 121, rue Judaïque Zoologie. Artigue (Félix), 104, rue Mondenard Géologie. Ballion (D'), || x\., à Villandraut (Gironde) Botanique. Bardié (x\rmand), || L, 49, cours de Tourny Botanique. Baronnet, 213, rue de Saint-Genès Botanique. Barrère ' D' P.), 28, avenue de Mirmont, Caudéran Botanique. Baudrimont (D'' Albert), 40, l'ue des Remparts Biologie. Beille (D'), || L, ^, 35, rue Constantin Botanique. Boutan, Il T., Professeur de Zoologie, Faculté des Sciences, 149, cours S'-.Jean. Zoologie. Bouygues, || T., 0. ^, 12, boulevard Antoine-Gauthier Botanique. Boyer (D' G.), || A., §, Faculté des Sciences Mycologie. Breignet (Fi'édéric), || L, 10, rue de rEglise-Saint-Seurin Entom. '\Li'p.;- Brown (l{ol)ert), 159, avenue de la République, Caudéran Entom. (i^cp.). Cabantous (l.ouis), §, château de Bensse, à Prignac (près Lesparre) Entomologie. Cadoret ( Yves), 17, rue Poquelin-Molière Zoologie. Castex (Louis), 7, rue du Tondu Paléonlologic Chaîne (.Joseph), || L, ^. 247, cours do Bayonn<' Zoologie. proces-vp:rbaux- 'o Charron (D'- L.), Saint-André-de-Cubzac Biologie. Dautzenberg (Piiilippe), 209, rue de l'Universilé, Paris Géologie. Daydie (Cli.)., 65, rue Franlz-Despagnel, Bordeaux-Sainl-Augiislin Coléopl., Conch. Degrange-Touzin (Armand), 157, rue de l'Eglise-Saint-Seurin Géologie. Desmazes (Jean), 16, rue Desfourniel Bolanique. Devaux, ||I., 44, rue Millière Botanique. Directeur de l'Ecole de Saint-Genès Zoologie. Doinet (Léopold), 131, rue David-Johnslon Mycologie. Dupuy (D-- Henri), || A., Villandraul (Gironde) Botanique. Dupuy de la Grand'Rive (E.), P A., 36, Grande-Rue, Lil^ourne Géologie. Durand-Degrange, P A., §, château Beauregard, Pomerol (Gironde)..,. Bolanique. Durègne, ^, P I., 309, boulevard de Caudéran Géologie. Duvergier, domaine de Cailla vet, Mérignac Paléontologie. Feytaud (D'), p A., préparateur à la Faculté des Sciences, 149, cours St-Jean. Zoologie. Gouin (Henri), 99, cours d'Alsace-et-Lorraine Entom. (I.ép.). Grangeneuve (Maurice), 32, allées de Tourny Minéralogie. Gruvel, ^, P I., 4, rue Lagarde, Paris ( V) Zoologie. Guestier (Daniel), 0. ^, 41, cours du Pavé-des-Charlrons Géologie. Journu (Auguste), 55, cours de Tourny Botanique. Kunstler, ^, P L, Muséum d'histoire naturelle (Jardin-Pul^lic) Zoologie. if Labrie (Abbé), curé de Frontenac Botan., Préhist. Lacouture, 27, cours Balguerie-StuUenberg Bolanique. Lalanne (D"- Gaston), p A., Castel d'Andorte, Le Bouscat (Gironde) Bolan., Préhist. Lamarque (D-- Henri), p A., 85, rue de Saint-Genès Botanique. ic Lambertie (Maurice), 47, rue du Chalet, Caudéran Entom. (Hém.). Lawton (Edouard), 94, quai des Charlrons Ornithologie. Llaguet (D-- B.), P L, 164, rue Sainte-Calherine Biologie. Manon (D''), ^, médecin-major de l'" classe en retraite, 35, cours Pasteur .. Entomologie. Massart (Gaston), 35, rue d'Eysines Zoologie. ir Motelay (Léonce), pi., §, 8, cours de Gourgue Bolanique. Muratet (D-- Léon), p L, 1, place d'Aquitaine Biologie. Pain ((D-- Denis), 164, rue Sainle-Calherine Biologie. Peytoureau (D'-), 14, cours de Tourny Biologie. Pitard, P A., Ecole de Médecine, Tours Bolanique. Preller (L.), 5, cours de Gourgue Botanique. Queyron, P A., médecin-vétérinaire, Grande-Rue, La Réole Bolanique, Reyt (Pierre), Bouliac (Gironde) Géologie. Rozier (Xavier), 7, rue Gouvion Géologie. Sabrazès (D-), P L, 50, rue Ferrère Biologie. Sarrazin ^M'i-^L.), pi., proies"- au Lycée de Jeunes Filles, 90, r. Mondenard. Bolanique. Sauvageau (Camille), P i., professeur à la Faculté des Sciences, Bordeaux. Botanique. Sigalas (Raymond), 99, rue de Saint-Genès Zoologie. Simon (René), professeur à l'Ecole Normale, Saint-André-de-Cubzac Botanique. Souleau (Joseph), 62, rue du Loup Botanique. Viault (D"-), p T., Faculté de Médecine, place d'Aquitaine Zoologie. PROCES-VERBAUX MEMBRES CORRESPONDANTS (Les membres dont les noms sont marqués d'un -k sont cotisants et reçoivent les publications). MM. Archambaud (Gaston), 9, rue Bel-Orme. Garez (L.), 18, Rue Hamelin, Paris Géologie. • Carnegie Muséum, Pittsburg- (Pensylvanie). • Châtelet (Casimir), || A., 32, rue du Vieux-Sextier, Avignon Géologie. Chofîat (Paul), 13, rue Arco a Jésus, Lisbonne (Portugal) Géologie. • Clark (Graham), Lovaine Row, 5, Newcaslle-on-Tine (Angleterre) Géologie. • Claverie, inspecteur des Eaux et Forêts, 20, quai Galuperie, Rayonne,... Botanique. • Daleau (François), p L, Bourg-sur-Gironde. Préhistoire. • Dubalen, directeur du Muséum, Mont-de-Marsan (Landes) Géologie. Dupuy de la Grand'Rive, boulevard Arago, 10, Paris Géologie. Ter Ferton (Gh.), chef d'escadron d'artillerie en retraite, Bonifacio (Corse).... Entom. (Hym.). • Fischer (Henri), 51, boulevard Saint-Michel, Paris (V'') Conchyliologie. • Flick (Colonel), 0. ^, || L, Grenade-sur-Garonne (H'^-Garonne) Paléontologie. • Gendre (D' Ernest), 14, rue Voltaire, Angers Zoologie. Gobert (D- E.), Monl-de-Marsan. Gosselet, i{^, p T., doyen honoraire de la Faculté des Sciences, 18, rue ^■-^"'^"- Lille [ Géologie. it Hermann, 8, rue de la Sorbonne, Paris Zoologie Horvath (D^), directeur de la section de zoologie, Budapeslh Entom. (Hém.). Janet (Charles), 71, rue de Paris, à Voisinlieu, près Beauvais (Oise) Entomologie. • Lambert (Jules), rue Saint-Martin, 57, Troyes Conchyliologie. Lamic, 2, rue Sainte-Germaine, Toulouse. • Lastours (D-- Louis de), 5, place Dumouslier, Nantes Entomologie. • Lataste (Pernand), Cadillac Zooloo-ie • Maxwell (J.), ^, p A., substitut du Procm-eur général, rue Villaret-de- Joyeuse, 6, Paris (XVll") Botanique. • Oudri (Général), G. 0. *, à Durlal (Maine-et-Loire) Zoologie. • Péchoutre, ^, au lycée Louis-le-Grand, rue Touiller, 6, Paris Botanique. • Peyrot, p L, 31, rue Wustemberg Paléontologie. Ramon-Cajal, laboratoire d'histologie de la Faculté de Médecine de Madrid. Zoologie. • Ramon-Gontaud, p L, assistant de géologie au Muséum national d'his- loir,' nalurelle, 18, rue Louis-Philippe, Neuilly-sur-Seine Géologie. Regelsperger (G.), 85, rue de la Boétie, Paris Géologie. Rochebrune (de), p L, assistant au Muséum, 55, rue BulTon, Paris Zoologie. • Rondou, p A., instituteur, Gèdre (Hautes-Pyrénées) Entom. (Lép.). • Simon (Eug.), 16, Villa Saïd, Paris Entom. (Arach.) Southoff (Georges de), 13, via Santo-Spirito, Florence (Italie) Erpétologie. • Vasseur, professeur à la Faculté des Sciences, Marseille Géologie. PROCES-VERBAUX MEMBRES AUDITEURS MM. Ballais (Camille), à Gastel-d'Andoiie, Le BouscaL ' Bolan. ((Jich.) Bouchon, préparateur à l'herbier municipal, 19, rue Verdier Botanique... Gourtel (Emile), 102, chemin de Pessac, Talence Botanique. Godillon (E.), 36, avenue des Camps, Le Bouscat Botanique. Grédy (Henry), %^ A., 19, cours du Pavé-des-Chartrons Zoologie. Malvesin (Georges), 1, rue de Talence Botanique. Pépion (Aristide), rue Victor-Hugo, Bègles Botanique. Roch (Louis), 15, rue Succursale Botanique. intn (1) Liste des publications périodiques reçues par la Société L — Ouvrages donnés par le Gouvernement français. Ministère de l'Instruction publique : * Académie des Sciences (Institut de France). Comptes rendus hebdomadaires des séances. Bibliographie annuelle des Travaux historiques et archéologiques publiée par les Sociétés savantes de France. Bibliographie générale des Travau.\ historiques et archéologiques publiée par les Sociétés savantes de France. Comité des Travaux historiques et scientifiques. Nouvelles archives du Muséum d'histoire naturelle de Paris. * Annuaire des Bibliothèques et des Archives. * Revue des Sociétés savantes. II. — Sociétés françaises. Alger Bulletin de la Société d'histoire naturelle de l'Afrique du nord. x\miens Société Linnéenne du Noi'd de la France. ■ Arc.\chon Société scientifique. Station biologique. AuTUN Bulletin de la Société d'histoire naturelle. AuxERRE Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne. (1) Les Sociétés marquée.s d'un astérisque sont celles dont les publications ne sont pas par- venues à la Société Linnéenne dans le courant de l'année 1913. Messieurs les Bibliothécaires de ces Sociétés sont priés d'en faire l'envoi dans le plus bref délai. â fROCÈS-VERBAUX Bagnères-de-Bigorre. Bulletin de la Société Ramond. Folklore pyrénéen. Bar-le-Duc Mémoires de la Sociélé des Lettres, Sciences et Arts de Bar-le-Duc. Besançon Mémoires de la Société d'émulation du Doubs. Béziers Bulletin de la Société d'Etude des Sciences naturelles. Biarritz Biarritz Association. BoNE * Bulletin de l'Académie d'Hippone. Bordeaux Bulletin de la Société de Géographie commerciale de Bor- deaux. — Annales de la Société d'Agriculture du département de la Gironde. — Nouvelles annales de la Société d'Horticulture du départe- ment de la Gironde. — Académie nationale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux. — * Procès-verbaux et Mémoires de la Sociélé des Sciences physiques et naturelles de Bordeaux. — * Observations pluviométriques et thermométriques faites dans la France méridionale et plus spécialement dans le département de la Gironde. — Bulletin de la Société d'études et de vulgarisation de la Zoologie agricole. Bourg Bulletin de la Société des Naturalistes de l'Ain. Brest * Bulletin de la Société académique de Brest. Gaen Société Linnéenne de Normandie. Carcassonne Bulletin de la Sociélé d'Études scientifiques de l'Aude. Ch.\lons-sur-Marne . * Mémoires de la Société d'Agriculture, Commerce, Sciences, et Arls du département de la Marne.. Gharleville Bulletin de la Société d'Hisloire naturelle des Ardennes. Chaumont * Essai de nomenclature raisonnée des Echinides, par Lam- bert (J.) et Thierry. Cherbourg * Mémoires de la Société nationale des Sciences naturelles et mathématiques de Cherbourg. CoNCARNEAU Travaux, scientifiques du Laboratoire de Zoologie et de Physiologie maritimes. Dax Bulletin trimestriel de la Société de Borda. Grenoble Annales de l'Université. — Société dauphinoise d'Études biologiques (Bio-Club). Levai, i.ois-Perret ... Annales et Bulletins de l'Associaliou des Nalui'alisles. Lille Sociélé géologique du Nord. Limoges Revue scientifique du Limousin. Lyon Annales de la Société Linnéenne de Lyon. — Sociélé botanique de Lyon. Maçon Riillclin trimestriel de la Sociélé d'Histoire naturelle. Lu .Mans lînilcliii de la Sociélé d'Agriculture, Sciences et Arls de la Saiilii'. PROCÈS-VERBAUX 9 Marseille Annales du Musée d'Hisloire naturelle de Mai'seille. * — Annales de la Facullé des Sciences de Marseille. — Revue horticole des Bouches-du-Rhône. — Bulletin de la Société Linnéenne de Provence. Montpellier Académie des Sciences et Lettres de Montpellier. (Mémoires de la section des Sciences). Moulins Revue scientifique du Bourbonnais et du Centre de la France. Nancy Mémoires de l'Académie Stanislas. Bulletin de la Société des Sciences naturelles et Réunion biologique. Nantes Bulletin de la Société des Sciences naturelles de l'Ouest de la France. Nice Bulletin mensuel des Naturalistes des Alpes-Maritimes.- Nîmes Bulletin de la Société d'Étude des Sciences naturelles. Niort Bulletin de la Société de Botanique des Deux-Sèvres, de la Vienne et de la Vendée. Paris Bulletins de la Société géologique de France. — Journal de Conchyliologie. Association française pour l'Avancement des Sciences. Bulletins et Mémoires de la Société botanique de France. Revue générale de Botanique (G. Bonnier). _ Bulletin de la Société mycologique de France. Herbier du Muséum de Paris. Phanérogamie. Notulse systematicee. — La Feuille des Jeunes Naturalistes. — Société zoologique de France. — Société entomologique de France. Bulletin de la Ligue française pour la protection des oiseaux. Bulletin de la Société philomatique. — Revue française d'Ornithologie. Revuede Phytopathologie, maladie des plantes. — Société d'Anthropologie. Perpignan Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées- Orientales. Rennes Insecta. La Rochelle Académie de la Rochelle. Section des Sciences naturelles. Rouen Bulletin de la Société des Amis des Sciences naturelles de Rouen. Toulouse 'Mémoires de l'Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres. — Société d'Histoire naturelle et des Sciences biologiques et énergétiques. Troyes Mémoires de la Société académique d'Agriculture, des Sciences, Arts et Belles-Lettres du doparlement de l'Aube. Vannes Bulletin de la Société polymathique du Morbihan. 10 PROCÈS-VERBAUX III. — Sociétés étrangères. Allemagne. Berlin Zeitschrift der deutschen geolog-ischen Gesellschaft. Mona- tsbericble. Abhandlungen. Berlin Verhandlungen des bolanischen Vereins der provinz Bran- denburg. — Mittheilungen und Bericht aus dem zoologischen Muséum. — Zeitschrift fur wissenschaflliche Insektenbiologie. — Entomologische mittheilungen. — Deutsche Entomologische national bibliothek. Bonn ■. . . . Verhandlungen et Sitzungsberichte des naturbistorischen Vereins. Brème Abhandlungen herausgegeben vom naturwissenschaftlichen Verein. Francfort-sur-Mein. Bericht und x\bhandlungen der Senckenbergischen Natur- forschenden Gesellschaft. Fribourg * Berichte der naturforschenden Gesellschaft. Giessen Bericht der Oberhessischen Gesellschaft fiir Natur und Heilkunde. Halle * Nova acta Academise Ceesarae Leopoldino Carolinse Germa niae Naturse Guriosorum. — *Leopoldina amtliches. Hambourg * Jahrbuch der Hamburgischen wissenschaftlichen Anstalten. — Mittheilungen aus dem naturbistorischen muséum. KiEL Schriften des naturwissenschaftlichen vereins fur Schlewig- Holstein. KiEL et Helgoland . . Wissenschaftliche Meeresuntersuchungen, herausgegeben von der Kommission zur wissenschaftlichen Untersuchund der deutschen Meere in Kiel und der biologischen Ans- talt auf Helgoland. Kœnigsberg * Schriften der physikalisch-ôkonomischen Gesellschaft zu Kœnigsberg. Leipzig Zoologischer Anzeiger. Munich Mathemalisch-physikalischen Classe der K. B. Akademie der Wissenschaflen zu Munchen. Munster Jahresbericht des Weslfitlischen proviiizial Vereins. Wiesbaden Jalirbiicher des Nassauischen vereins fiir Naturkunde. Als.a.ce-Lorraine. Metz Mémoires de l'Académie des Lettres. Sciences, Arts et Agriculture. — Bulletin do la Société d'Histoire nalurelle de Metz. PROCÉS-VERBAUX 11 Australie. Sydney Records and Memoirs of the Australian Muséum. — Nombreuses autres publications. Autriche-Hongrie. Brunn Verliandlungen des naturforschenden vereines. Bucarest * Anuarulû Museului de géologie si de paléontologie. Budapest Annales historico-naturales Musei nationalis Hungarici. Gracovie Bulletin international de l'Académie des sciences (Comptes rendus des séances). Graz Mittheilungen des naturwissenschaftlichen Vereines fiir Steiermarli. Vienne Akademie der Wissenschaftlichen. Sitzungsberichle. Denk- schriften. Mittheilungen der Erdbeben Kommission. — Annalen der K. K. naturhistorischen Hofmuseums. — Verhandlungen der K. K. zoologisch-botanischen Gesells- chaft. — Jahi'buch und Verhandlungen der K. K. geologischen Reichsanstalt. Belgique. Bruxelles Académie royale des Sciences, Lettres et Beaux-Arts de Belgique. — Mémoires de l'Académie. — Bulletin de l'Académie (Classe des sciences). — Annuaire de l'Académie. — Mémoires du Musée royal d'histoire naturelle. — Bulletin de la Société royale de Botanique de Belgique. Volume jubilaire. — Bulletins et Mémoires de la So/;iété belge de Géologie, de Paléontologie et d'Hydrologie. — Société entomologique de Belgique. — Annales de la Société royale zoologique et malacologique de Belgique. Liège Annales de la Société géologique de Belgique. — Mémoires de la Société royale des Sciences. Canada. Québec Le Naturaliste Canadien. Ottawa Geological and natural hystory Sni'vey of Canada. — Canada Department of mines. Geological Survey branch. — Nombreuses publications. 12- PROCÈS-VERBAUX Chili Valparaiso * Bolelin del Museo nacional. Danemark. Copenhague Académie royale des Sciences et LeLlres du Danemark. Mé- moires et Bulletins. — Videnskabelige Meddelelser fra den naturhistoriske forening'. Egypte. Le Caire Société entomologique d'Egypte. Espagne. Barcelone Butlleti del Club montanyenc. Madrid Sociedad espailola de Historia n'atural. — *Trabajos del Laboratorio de Investigaciones biologicas de ' la Universitad de Madrid. (Suite de la «Revista trimestrial Micrografica»). — Boletin del Instituto geologico. — Instituto nacional de Ciencias fisico-naturales. — Trabajos del Mnseo de Ciencias naturales. Salamanga Broleria. Saragosse Bolelin de la Sociedad aragonesa de Ciencias naturales. Etats-Unis. Berkeley University of California Publications. Boston Boston Society of Natural History. Cambridge Bulletin of Ihe Muséum of comparative Zoology at Harvard Collège. Chapel-Hill Journal of the Elisha Mitchell scientific Society. Chicago Field Muséum of Natural History. Halifax Proceedings and Transactions of the Nova-Scotian Inslilute of sciences. Madison Wisconsin Geological and Nalural Hislory survey. — \N'isconsin Academy of sciences, arts and letlers. Ne\v-1Iave.\ (Jonnecticut Academy of x\rts and Sciences. New- York Annals and Memoirs of the New- York Academy of Sciences. Philadiclphiic Academy of Natural Sciences : Proceedings. Journal. — Proceedings of the American philosophical Society. IlociiESTER Proceedings of Ihe Rochesler Academy of Sciences. Saint-Lolis Missouri i)()lanical Garden. TnpKKA * Triiiis;icli(iiis i)[ Ihe Kansiis Academy of Sciences. JROCÈS-VERBAUX 13 Urbana Bulletin of the Illinois-State laboralory of Natural History. Washington Smithsonian Institution : — Annual report of the Board of Régents of the Smithsonian Institution. — Smithsonian contributions to knowledge. — U.-S. National Muséum : Proceedings, Bulletin and annual Report. — Contribution from the U. S. National Herbarium. — Smithsonian Miscellaneous collection. Quarterly issue. — Publications diverses. Grande-Bretagne. Dublin Royal Dublin Society : Economie proceedings, Scientific proceedings, Scientific transactions. Edimbourg Proceedings of the royal physical Society. Glasgow The Glasgow naturalist. LivERPOOL Proceedings and transactions of the Liverpool biological Society. Londres Hoolier's Icônes plantarum. — - The quarterly Journal of the geological Society. Geological literature. — Proceedings of the geologists' Association. — The journal of the Linnean Society : Botany, Zoology. Inde. Calcutta Asiatic Society of Bengal : Journal, Proceedings. — Geological Survey of India : Memoirs, Records, Paleeon- tologia indica. Pusa Memoirs of the departmenl of Agriculture in India. — Agricultural research Institute. Italie. Bologne * Academia délie Scienze dell' Instituto di Bologna : Memorie y Rendiconto. Milan Atti délia Societa italiana di Scienze naturali e del Museo civico di Storia naturale. PiSE Societa toscana di Scienze naturali. PoRTici Bolletlno del Laboratorio di Zoologia générale e agraria. — Annali délia Regia Scuola Superiore di Agricultura. Rome Atti délia Reale Academia dei Lincei : Rendiconti. — BoUetino delta Societa geologica italiana. — Bolletino del Real Gomitato geologico d'italia. — • Annali di Botanica. 14 PROCÈS-VERBAUX Japon. ToKio Annotationes zoologicae japonenses. — Imi>erial Universily Calendar. Luxembourg. Luxembourg * Société des Naturalistes luxembourgeois. Mexique. Mexico Anales del Instituto medico nacional. — Instituto geologico. Boletin. Parergones. — Sociedad cientifica « Antonio Alzate ». — La Naturaleza. Norvège. Bergen Bergens Muséum Aarbok. Christiania * Nyt magazin for naturvidenskaberne. Trondhjem Det Kongelige norske videnskapers selkaps skrisftea' Pays-Bas. Nijmegen Nederlandsch kruidkundig archief. — Recueil des Travaux botaniques néerlandais. Pérou. Lima Boletin del Cuerpo de Ingeniores de Minas del Peru. Portugal. Lisbonne *Communicaçoes da Seccao dos Trabalhos geologicos dé Portugal. — * Communicaçoes da commissao do serviço geologico. Porto Annaes scientificos da Academia polytechnica do Porto. République Argentine. Buenos-Ayres Museo nacional : Anales, Memorias, Communicacione's. Russie. Helsingfors Societas pro fauna et tlora fennica. KiEw Mémoires de la Société des Naturalistes de Kiew. PROCÈS-VEEiBAUX 15 Moscou Société impériale des Naturalistes de Moscou. Saint-Pétersbourg . . Académie impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg : Publications diverses. — Travaux du Musée botanique de IWcadémie impériale des sciences. — *Acti Horti Petropolilani. — Shedae ad herbarium florœ rossicae. — Flora Siberiae et Orientis extremi. — Comité géologique de Saint-Pétersbourg. — Horae Societalis enlomologicaî rossicœ. — Revue russe d'entomologie. Suède. LuND ... i\cta universitalis Lundensis. Stockholm Kungliga svenska Vetenskaps-i\.lvademiens : Handlingar, Bihang, Ofversigt. — Arkiv fiir Botanik, Kemi-mineralogi, Zoologi, Malematik, Astronomi och Fisick, Geologi. — * Arsbok. — Lefnadsteckningar. — Sveriges geologiska undersokning. — Geologiska loreningens fôrhandlingar. — Entomologisk tidskrift. — *Meddelanden fran K. Vetenskapsakademiens Nobelinstilut. — Les prix Nobel. Ups.ala Publications diverses de l'Université. Suisse. Bale Bericht iiber die Verhandlungen der naturforschenden Gesellschaft. Genève * Annuaire du Conservatoire et du Jardin botaniques de Genève. — * Société de Physique et d'Histoire naturelle de Genève. — Bulletin de l'Institut national genevois. • Bulletin de la Société botanique. — * Bulletin de l'Herbier Boissier. Lausanne Bulletin de la Société vaudoise des Sciences naturelles. Neuchatel Bulletin de la Société neuchateloise des Sciences naturelles. Zurich Vierleljahrschrift der naturforschenden Gesellschaft. Uruguay. Montevideo * Anales del Museo nncional. lO PROCES-VERBAUX Ouvrages divers. Allix (D') Les formes diverses de la vie dans les faluns de la Touraine. Baudrimont (D" A.) Sur un cas d'Ectrodaclylie (Monodactylie) du membre inférieur. Béjottes (L.) Le a Livre sacré » d'Hermès Trismégisle et ses trenle- six herbes magiques. BiGEARD (R.) eL GuiLLEMiN (H.). Complément à la Flore des champignons supérieurs de France. Garrère (G.) Mes découvertes. Les champignons, leur nature, leur origine. Lois ignorées. CiiATELET (M.-C.) Sur la présence de blocs de molasse dans les sables plio- cènes de .Jonquereltes (Vaucluse). — A propos de la découverte d'une pointe de flèche néoli- thique sur le territoire de la commune des Angles (Gard). — Note sur la variation de forme de VHelix candidissima Drap, dans les environs d'Avignon. — Note sur la présence du Pecten ziziniae Blanck. dans le miocène de Provence. — Contribution à l'étude de la préhistoire du canton de Villeneuve-les-x\vignon (Gard). — Description d'une monstruosité de Mytilus gallopro- vincialis Lk. — Sur une hache polie à tranchant à double courbure. — A propos des Rapalas. Chatelet (M.-C.) et Fischer (H.). Description d'une espèce nouvelle du genre Glandina. CuATELET (M.-C.) et Joleaud (L.\ Sur quelques formes de mollusques provenant de la station gallo-romaine du plateau de Saint-Biaise, à l'ouest de l'étang de Berre. DoLLFUs (G.-F.) et Dautzenberg (Ph.). Conchyliologie du miocène moyen du bassin de la Loire. Felippune (D') Gonlt'ibution à la Flore bryologique de l'Uruguay. FEyTAuD (D'" J.) La Vanesse du chardon et de l'artichaut. — Cochylis et Éudémis. Procédé de capture des papillons. GuUY (Pierre)? La microradiographie et ses applications à l'anatomie végétale. Ja.net (Charles) Sur l'origine de la division de l'ortophyte en un sporo- phyte et un gamétophyte. — Le Volpox. Kkiihu; (Henri) L'oise;ui et les récolles. — La pi-DlccliDii (les ])elils oiseaux. Elal actuel de laqucslion. Li.NDK ((iai-l) Piiysik iiml Icchnik aiif dem wege zum absolulcn null- l)iinkle (1er leiiiperaUu'. PROCÈS-VERBAUX 17 LoNGO (B.) Di nuovo sul Ficus carical. Neyraut (J.) Le Saxifrage ciliarîs de la Flore de France. NouLET (J.-B.) Flore analytique de Toulouse el de ses environs. Olivier (E.) Description de quelques Lampyrides nouveaux de ma collection. — « Les vieux auteurs ». Notes synonymiques. — Premier mémoire sur quelques insectes qui attaquent les céréales. ScHERDLiN (Paul) Ubcr die abnahme der verwilderton Tauben am Slrass- burger Munster. Travis Jenkins Sea Fishing. Varaldi (F.-R.) Note sur la maladie des tubéreuses. X*** Universités de Bordeaux et de Toulouse. Inauguration de l'Institut français d'Espagne. P.-V. 1914. PROCÉS-VERBAUX 19 Séance du 7 janvier 1914. Présidence de M. le D"' B. Llaguet, président. ADMIiNISTRATION Le Président exprime les vœux de bonne année et remercie la Société pour la nouvelle marque de confiance qu'elle lui a donnée. Ses senti- ments de gratitude sont plus particulièrement adressés aux membres du bureau qui lui ont prêté leur précieux concours pendant l'année écoulée. Il adresse des condoléances à MM. Baudrimont, Godillon, Muratet qui ont éprouvé de cruels deuils de famille. Rendant compte de la conférence faite par M. le docteur Boyer, il exprime à ce dévoué collègue ses plus chaleureuses félicitations pour le brillant succès qu'a encore obtenu cette nouvelle manifestation de notre œuvre de vulgarisation scientifique. Il annonce qu'il fera, le samedi 17 courant, une conférence publique avec projections sur l'Huître : sa biologie, sa culture dans le Bassin d'Arcachon, son importance économique et alimentaire. COMMUNICATIONS M. Bardié soumet la deuxième partie du travail de M. Lambert sur les Échinides de l'Oligocène. M. Llaguet dépose un album de planches représentant les plantes récoltées dans les environs de La Teste; cet ouvrage, merveilleux de coloris, a été fait par le linnéen Chantelat. Il est offert à la Société par notre collègue M. Durègne. Compte rendu de la Conférence du 1er décembre 1913 sur la Truffe L'intéressante conférence de M. le D'" Boyer sur la truffe avait attiré une nombreuse assistance. Après un aperçu historique de la question, le conférencier donna quelques notions botaniques sur différentes espèces de truffes, puis indiqua les sols favorables, la façon de cultiver la truffe par les planta- 20 PROCÈS-VERBAUX lions des arbres dits truffiers, et les procédés de récolte du précieux tubercule. Les propriétés alimentaires et physiologiques de la trufîe donnèrent lieu à d'intéressantes anecdotes. Après l'exposé des différentes fraudes que tout le monde a grand avantage à connaître, le conférencier montra tout l'intérêt économique et social qui s'attache à la trufficul- ture, car elle est intimement liée au reboisement et au retour ou au maintien du travailleur à la terre. Chemin faisant M. Boyer donna un aperçu de ses recherches sur l'évolution de la truffe, sur les rapports de cette cryptogame avec l'arbre truffier et sur les maladies qui peuvent faire baisser la récolte. Des projeclions faites par M. Fouignet, avec l'appareil de M. Bardié, furent très goûtées du pubhc. Séance du 21 janvier 1914. Présidence de M. le D'' B. Llaguet, président. ADMLNISTRATION Après lecture du procès- verbal de la séance dernière, M. Muratet constate le succès de la conférence de notre Président. 11 fait avec lui remarquer, à propos des cas de fièvre typhoïde dont on a rendu l'huître responsable, que c'est bien l'eau contaminée qui est le vecteur du bacille d'Eberth, c'est elle que l'on doit incriminer. Le travail de M. Lambert présenté en dernière séance est renvoyé à l'examen d'une Commission composée de MM. Degrange-Touzin, Rozier, Castex. M. le Président rend compte de la visite faite par le Bureau à M. Motelay à l'occasion de la nouvelle année; il rapporte quelle joie linnéenne a rayonné dans cette intime réunion où notre vénéré Prési- dent honoraire a pu montrer combien allègrement il portait ses 84 ans. Lecture est donnée d'une lettre de M. Léon Denis résidant à Buenos- Ayres et d'un opuscide sur l' Yerha Mate. M. Muratet, en terminant son rapport verbal au nom de la Commission des publications, conclut à l'obligation pour les auteurs de se conformer ;i l'iniicle 3 du règlement. Ceci permettrait d'éviter les corrections sup- plémentaires, les changements de texte et de supprimer les surprises' PROCÉS-VERBAUX 21 dans les frais d'impression. Dans le cas contraire, la Commission pro- pose de faire supporter aux auteurs les conséquences financières de ces corrections. JVI. LE Président remercie notre dévoué collègue pour son rapport et aussi pour le travail inlassable qu'il fournit pour les publications de la Société. La Commission des excursions est composée de MM. Bardié, Bou- chon, Boyer, Castex, Daydie, Doinet, Eyquem, Lacouture, Lambertie, Llaguet, Muratet, Neyraud, Rozier, Sigalas. Rapport fait au nom de la Commission des Archives Par M. L. Castex. La Commission des Archives s'est réunie le lundi, 12 janvier, à 16 heures, dans la salle de la bibliothèque. Étaient présents : MM. le D'" Boyer, le D^ Feytaud, Castex, assistés de votre dévoué archiviste M. Breignet. Tout d'abord la Commission adresse, au nom de la Société, des remerciements à tous les généreux donateurs qui, au cours de l'année 1913, ont accru les richesses de notre bibliothèque. La Commission a décidé ensuite de supprimer l'échange de nos Actes ou Procès-Verbaux avec les pubhcations suivantes qui ne nous sont plus envoyées, malgré les nombreuses lettres de rappel de M. l'Archi- viste : Boletino de la Comision del Mapa geologico d'Espaha (Madrid), Boston Society of Natural History (Boston). Annales de la Société Umnologique de Besse (Clermont-FerranJ). La Commission vous propose de suspendre provisoirement les échanges avec les sociétés suivantes, dont nous n'avons reçu aucun fascicule depuis plusieurs années : Travaux scientifiques du Laboratoire de Zoologie et de Physiologie maritimes (Concarneau). Société d'Agriculture, Commerce, Sciences et Arts du département de la Marne (Châlons-sur-Marne). Annuaire du Conservatoire et du Jardin botaniques de Genève (Genève). Dans le courant de l'année nous avons reçu de la Société d'études scientifiques d'Angers une demande d'échanges tendant à compléter 22 PROCÈS-VERBAUX mutuellement les collections des deux sociétés. Cette proposition a été acceptée le 22 octobre. Nous vous demandons de reprendre les échanges avec la Société Neuchâteloise des Sciences naturelles qui a complété ce qui nous man- quait de ses publications. La Commission, sur la demande de M. Chaîne, vous prie d'autoriser M. l'Archiviste à échanger nos Actes avec les publications de la Zoolo- gical Society de Londres. La Commission appuie également le vœu de M. Daydie tendant à se procurer par acquisition ou autrement le catalogue général pubUé par le Journal de Conchyliologie, catalogue réclamé déjà plusieurs fois. Il nous serait particulièrement agréable de vous annoncer que tous les ouvrages empruntés ont été remis à la date fixée polir l'inventaire de fin d'année; mais nous devons encore cette année-ci enregistrer les doléances de notre archiviste, qui se plaint amèrement de la lenteur que mettent les ouvrages à regagner la bibliothèque. En terminant ce rapport il me reste une agréable mission à remphr, celle de vous signaler la publication, dans le courant de l'année, de la deuxième édition du Catalogue général de la bibliothèque, due au travail incessant de notre aimable archiviste et à la générosité d'un anonyme. A cette occasion je crois être l'interprète de tous en vous proposant de voter des remerciements et des félicitations à notre dévoué archiviste pour les services de tout ordre qu'il rend à notre chère Société. Rapport de la Commission des Finances Par M. Daydie. Messieurs, rien n'est plus instructif que les chiffres, aussi me conten- terai-je de placer sous vos yeux les tableaux de recettes et dépenses afférentes à l'exercice 1913 en les faisant suivre d'un très court com- mentaire. Un examen, même superficiel, vous fera constater que les prévisions de recettes ont toutes été dépassées, certaines même de façon très sen- sible. Je ne citerai que les rubriques : subventions du Conseil municipal et anonymes. La différence de 500 francs prévus à 1.000 reçus, en ce qui concerne r;illi)c,ili(in du CduscII municipal, vient de ce que ce dernier nous a allou('' la Sdiiinic de ."00 francs dont je faisais prévoir l'octroi probable PROCES-VERBAUX 23 dans mon rapport de la Commission des Finances de l'année dernière. D'un autre côté des dons anonymes nombreux et importants sont venus grossir notre encaisse de façon aussi heureuse qu'inespérée. RECETTES 1913 DÉPENSES ARTICLES Revtnus de la Société. . Cotisations Ventes de Publications. SUBVENTIONS : Conseil Général . . , Conseil Municipal . Ministère Total . SOMMES prévues 125 1.600 100 100 .) 500 » 2.425 » DONS Catalogues 941 SOMMES encais- 241 18 1.723 » 561 » 100 » 1.000 » 700 » Excursions 100/ Anonymes < inn>1.191 y Conférences 1001 pour f \ \ Fête Linnéenne . . . 50/ Total des sommes encaissées... En caisse au 31 Décembre 1913. Total . 5.516 18 497 12 6.013 30 Différences +116 18 +123 +461 +500 +700 + 1.191 ARTICLES Frais généraux PUBLICATIONS : Tome LXVI — LXVII Bibliothèque Employé Excursions et Conféren- ces scientifiques Catalogue Total . SOMMES prévues 500 1.900 25 1 . 200 » 150 » 100 » 100 » 1.000 » 4.950 25 Total des sommes dépensées. En caisse au 31 Décembre 1913 : Trésorier 1 11 20 Banque "796 » SOMMES dépen- sées 494 55 1.760 >. 232 80 100 35 100 « 477 40 1.941 » Total . 5.106 10 907 20 6.013 30 ill'ereLces 5 45 -140 25 -967 20 - 49 65 +377 40 +941 Les dépenses n'ont, elles-mêmes, pas atteint les sommes prévues, ou du moins les chapitres dans lesquels nous constatons un déficit ont-ils été accrus de sommes qui nous ont permis d'en combler les lacunes ; pour les excursions et conférences c'est l'allocation supplémentaire de 500 francs du Conseil municipal, pour le catalogue c'est le don généreux de l'anonyme qui, déjà l'année dernière avait payé la première partie de cet ouvrage. Alors, me direz-vous, comment expliquer ces trois sinistres lignes, ajoutées au bas des tableaux de recettes et dépenses pour 1913? D'où provient cette somme de 2. 000 francs due à l'imprimeur et constituant une charge bien lourde pour un budget aussi modeste que le nôtre? 24 PROCES-VERBAUX Messieurs, c'est toujours l'arriéré dont je constatais déjà l'existence l'aonée dernière et pour l'extinction duquel je demandais que la Société Linnéenne tirât de son « bas de laine » les fonds nécessaires ; vœu que vous avez exaucé dans la séance générale du 12 février 1913. Pourquoi donc n'a-t-on pas plus tôt payé et rétabli une fois pour toutes l'équilibre de notre budget? Messieurs, ce sont des considérations de prudente gestion et des difficultés purement matérielles qui ont, jusqu'à ce jour, fait différer cette mesure de saine administration; mais l'opération est imminente, qui nous débarrassera à tout jamais de notre dette. Voyons maintenant le projet de budget pour 1914 présenté par notre e,rand argentier : PROJET DE BUDGET POUR 1914 RECETTES DÉPENSES ARTICLES Revenus de la Caisse de réserve. Cotisations Vente de publications SUBVENTIONS : Conseil Municipal 1.000 Conseil Général 100 Ministère » Total des recettes prévues Espèces en caisse au 31 décem- bre 1913 Dans les e>pèces en cais.'e figure une sonnrio de 700 francs, roserv éo pnr décision en date du l'j juin 1913 pour être repcjrtée en 1914 au compte pubUcotiins fctaflectée spécialcnient aux tra- vaux de MM. Cossmann et Pe^-- rot. Total . 30 » 1.700 » 150 » 1.100 2.980 907 20 3.887 20 ARTICLES Frais généraux 600'' Bibliothèque 150i Employé lOOS 1.350 Excursions et Conférences scientifiques 500y ■«UBLICATIONS. — Vol. 68 ; Texte des travaux de MM. Cos.s- mann et Peyrot et de M. Bou- tan, en cours de publication 23 feuilles à 60 francs. 1.380 Planches de ce< travaux. 500/ P.-V. de 8 feuilles à 60 fr. 4S0> • 3.8C0 Manuscrits déposés par di- vers auteurs 1 . 500 Total 5.210 « Déficit 1..'Î22 80 PROCES-VERBAUX ^O C'est avec la plus louable réserve que ce projet a été établi ; il est basé, pour chaque chapitre, sur les sommes encaissées dans les exer- cices précédents, et toujours, en ce qui concerne les recettes, au-dessous de& prévisions dont on est en droit d'espérer raisonnablement la réali- sation. Pour les dépenses, si nous nous en tenions strictement aux ouvrages actuellement reçus et dont l'impression se poursuit, nous arriverions à « boucler » notre budget à, peu près par une « balance » ; mais nombre de nos collègues, et non des moindres, tiennent prêts des travaux d'im- portance scientifique trop grande pour que nous ne fassions pas l'impos- sible en vue de leur en faciliter la publication à courte échéance. Aussi doit-on faire auprès de M. le Ministre de l'Instruction publique une démarche, hautement appuyée, pour obtenir une subvention qui nous permette de réaliser cette année même de si légitimes espérances. Messieurs, je ne terminerai pas ce trop long rapport sans vous demander, suivant en cela les errements habituels, d'adresser- à notre trésorier les félicitations que sa gestion éclairée mérite à tous égards. Je ne vous les demande. Messieurs, que pour la forme, sachant que ces louanges vous les avez déjà adressées spontanément à notre excellent collègue, dont le dévouement de tous les instants n'est un secret pour personne. Je ne me fais ici que l'écho de chacun de vous. Séance du 4 février 1914. Présidence de M. le D' B. Llaguet, président. ADMINISTRATION Le PRÉsmENT annonce que le Comité consultatif du Muséum institué par M. le Maire, comprend parmi ses membres : MM. Artigue, Docteur Lamarqùe, Docteur Llaguet, Docteur Manon, Peyrot; d'autre paît, qu'un local a été mis à la disposition de la Société par M. l'Adjoint à l'Instruc- tion publique pour y conserver les collections. Appui est donné au vœu présenté par la Société d'Anthropologie pour la suppression de l'article G dans le projet de loi sur les fouilles scientifiques et monuments historiques. M. Peyrot annonce que la Société géologique de France tiendra celte 20 PROCÈS-VERBAUX année ses assises à Bordeaux; sur sa demande il est décidé que notre Société s'associera à ses travaux et sera heureuse de lui offrir Tiios- pitalité. Compte rendu des Travaux de la Société Linnéenne pendant l'année 1913 Par M. G. Boyer, Secrétaire général. Messieurs et chers Collègues, Un honneur comme un bonheur, ou un malheur au dire du proverbe, ne vient jamais seul ; je n'en veux pour preuve que la double distinc- tion qui m'est échue, d'abord celle de secrétaire général de la Société, ce dont j'ai à vous remercier bien sincèrement, et ensuite celle de rap- porteur des travaux de l'année 1913, que je remplis au lieu et place de votre précédent secrétaire général. Je ferai de mon mieux pour accomplir les missions que l'on me confie, et j'espère que vous ne m'en voudrez pas si je passe un peu rapidement sur toutes les intéressantes manifes- tations d'activité de la Société, que vous retrouverez d'ailleurs avec tous leurs détails dans nos publications. Plusieurs d'entre elles mérite- raient un rapport détaillé, que ce court exposé ne comporte pas, car il a surtout pour objet d'en donner un aperçu d'ensemble. L'année 1913 a été une année heureuse pour la Société. Sous l'impul- sion de son actif président, M. Llaguet, de son vice-président, M. Mu- ratet, de ses secrétaires et d'un grand nombre de ses membres, la Société a témoigné sa vitalité dans toutes les branches des sciences naturelles. Je donnerai tout à l'heure un exposé des travaux pubhés par nous et je dirai le grand succès obtenu auprès des Linnéens et auprès du pubhc par nos excursions et nos conférences. Mais je veux auparavant adresser les bien cordiales félicitations de la Société à ceux de nos collègues qui ont été l'objet de distinctions honorifiques, d'abord à MM. Durègne et Maxwell, nommés chevaliers de la Légion d'honneur, et ensuite à MM. Llaguet, Bouygues, Muratet et à M"e Sarrazin, pro- mus officiers de l'Instruction publique. La Société ne peut que se réjouir de distinctions aussi méritées. J'adresserai également notre cordiale bienvenue à nos nouveaux membres : M. Cartailhac, professeur à l'Université de Toulouse, nommé membre d'hunneur de la Société; MM. Georges deSoulhoff, de Florence, PROCES-VERBAUX 27 Chalelet (Casimir), d'Avigaon, admis comme membres correspondants; MM. Chaine, professeur à la Faculté des Sciences, D"" Pain, Simon, Cabentous, élus membres titulaires; MM. Pépion, Courtel, Grédry, Ballais, membres auditeurs. Ces nouvelles et nombreuses admissions témoignent d'un heureux essor dans l'évolution de notre Société. Au point de vue des départs, nous n'avons à enregistrer cette année que ceux de MM. Bargues et Peragallo. J'ai maintenant un devoir très agréable à remplir : celui de remercier les généreux donateurs qui ont contribué à l'éclat de notre fête linnéenne, de nos conférences et de nos excursions, à exprimer surtout notre gratitude à l'ami dévoué qui nous a pourvu des deux volumes de notre nouveau catalogue si bien dressé par M. Breignet. Notre archiviste nous a donné là une grande et nouvelle preuve de son attachement à la Société et s'est acquis un nouveau droit à toute notre reconnaissance. iNous devons aussi de sincères remerciements : à la Municipalité borde- laise et à M. Bardié pour la subvention qui nous a été accordée en vue de nos excursions et conférences publiques; au Ministère de l'Instruc- tion publique et à M. Peyrot pour les 700 francs destinés à nos publi- cations. L'importanxîe des travaux que nous publions et Fétat hélas trop restreint de nos finances nous mettent dans l'obligation de réclamer des subsides encore plus grands pour l'année 1914. L'activité que nous avons manifestée durant l'année 1913 nous permet d'espérer qu'on voudra bien s'intéresser encore davantage à la publication de nos pré- cieux travaux. Plusieurs excursions ont eu lieu sous notre patronage en 1913. l5^'abord une très intéressante visite à Castel d'Andorte qui nous permit de voir et d'admirer les remarquables collections botaniques (superbes orchidées, etc.) et préhistoriques du D'" Lalanne. Le 9 mars, excursion à Arcachon, si intéressante et si bien dirigée par M. le D'' Llaguet. Je regrette de ne pouvoir la résumer ici; je ren- voie au rapport que M. Baudrimont en a donné dans nos Procès-Ver- baux, p. 82. Le 6 avril, eut lieu, malgré le mauvais temps, une deuxième excursion publique à Frontenac. Elle était organisée par M. Bardié et l'Abbé Labrie. Le 25 mai, une autre plus heureuse à Paillet, Capian et Le Tourne, dont les commissaires et rapporteurs furent MM. Lncoiiture et Bouchon. Le 8 juin, MM. Bardié, Castex et Bouchon cuiiduisirent les géologues et botanistes à Saucats. 28 PROCÈS-VERBAUX Le 22 juin, l'excursion à Bourg organisée par M. le D'' Barrère, secré- Laire général, permet de visiter la superbe collection de notre savant collègue M. Daleau. Nous conservons tous encore le souvenir de cette fructueuse journée passée en compagnie de notre bien dévoué ami. Le 29 juin, fête linnéenne à La Réole, parfaitement organisée par M. Queyron, qui a droit à toute notre gratitude. Il fut assisté de notre président M. le D'' Llaguet. M. Sigalas a donné un intéressant compte rendu de cette fête, qui fut la 95^ de notre Société. L'excursion à Soulac et Pointe -de-Grave, le 20 juillet, réussit aussi très bien sous la direclion de iMM. Gouin, Daydie et Lacouture. Enfin, pour clore la série, le 26 octobre, eut lieu près de Léognan, dans les bois des châteaux Brown-Carbonnel et Olivier, notre excursion mycologique qui attira beaucoup de monde. Elle était dirigée par MM. Doinet et Boyer ; M. Daydie, rapporteur. Elle fut suivie par une exposition publique de champignons que M. Doinet prépara et présenta au public avec un zèle qu'on ne saurait trop louer. Cette manifestation scientifique, dont beaucoup de personnes et en particulier les élèves des principales écoles purent faire leur profit, fut terminée le 30 octobre par une intéressante conférence de M. Doinet sur les champignons comes- tibles et vénéneux. La dernière conférence de l'année fut faite à l'Athénée le 13 décembre", sur la truffe, par votre secrétaire, et nous devons à la vérité de dire que nombreux furent les auditeurs qui ne purent trouver place dans la salle, trop élroiie pour la circonstance. Des résultats aussi encourageants nous incitent à persévérer dans la voie de vulgarisation dans laquelle nous nous sommes si heureuse- ment engagés, tout en conservant cependant et avant tout le caractère éminemment scientifique qui fait l'honneur de notre Société. Si maintenant nous passons une revue rapide de nos publications, nous ne pouvons qu'en tirer une légitime satisfaction. Nos Procès- Verbaux, d'abord, renferment un grand nombre de com- munications : rapports de commissions, comptes rendus des excursions et fêles, discours de nos présidents, etc. Parmi la série des travaux originaux il y a lieu de signaler les suivants : MM. Devauxet Bouygues ont continué la publication de leurs recher- ches sur la conservation des bois. On sait, en effet, que nos collègues sont chargés depuis dix ans, par l'Administration du réseau de l'État, d'étudier les multiples (piestions qui se rattachent à ce problème dont la solution complète est de la plus haute importance pour les chemins de fer. PROCÉS-VERBAUX 29 - M. le D'' Gendre, malgré son éloignement, nous a fourni plusieurs notes d'helminlhologie africaine dans lesquelles il a décrit des espèces peu connues ou nouvelles recueillies par lui pendant son séjour en Guinée et au Dal)omey. Le climat tropical n'avait pas endormi son acti- vité scientifique, et il a su, à ses occupations professionnelles,, joindre des recherches de laboratoire du plus grand intérêt. M, Dubalen a publié des notes ichthyologiques et d'intéressantes publications sur les poissons rares ou nouveaux. M. Boyer a fait part de ses études sur la production en milieux stéri- lisés du mycélium de plusieurs champignons non encore obtenus, et a indiqué la cause et le remède du dépérissement des truffières dans cer- taines régions. Il en a en outre poursuivi, en compagnie de M. Doinet, ses études mycologiques. M. Doinet a continué ses très précieux dessins, ses présentations et déterminations de champignons et a fourni une note sur l'arrêt de croissance d'un bolet qui a été vu. M. Lambertie a décrit une nouvelle espèce d'homoptère : VIdiocerus Lambertii. M. le Df" Feytaud nous a initiés à la destruction naturelle de la cochylis et de l'éudémis, et à la manière d'en tirer parti. MM. Bardié, Lamarque, Claverie, Queyron, Bouchon, Lacouture, Seigneurin nous ont fourni d'intéressantes notes sur des plantes ou des fossiles récoltés dans la région. M. Boutan a étudié dans ses mémoires comment se comportent les enfants mis en présence de certains petits problèmes de la vie courante. H a montré que leur manière d'agir, ainsi que leur langage au début, ne diffère pas essentiellement de ceux des singes anthropoïdes. M. Llaguet nous adonné des indications sur la fixation des plantes par les vapeurs d'alcool. Enfin M. Simon, étudiant le parasitisme, s'est demandé si on peut le provoquer artificiellement chez les plantes supérieures et a publié le résultat de ses recherches sur ce sujet. Pour être complet je devrais en outre citer MM. Claverie,, Malvezin, Castex, le D'' Manon, l'Abbé Labrie, le D'" Lamarque, le D'' Llaguet, Bardié, le Df Barrère, le D'' Muratet, Eyquem, Carlailhac, Daydie, le D'' Bau- drimont, Peyrot, pour leurs communications, leurs remarques, leurs rapports ou les discours si appréciés qu'ils ont prononcés. Mais je dois passer à nos Arles. Ils comprennent plusieurs travaux intéressants. 30 PROCÈS-VERBAUX D'abord une étude de M. le D"" Boulan sur le Pseudo-langage, obser- vations effectuées sur un anthropoïde, le gibbon, avec une planche (l^i' fasc, p. 5 à 79). M. Boufan ayant suivi pendant plus de cinq années consécutives les diverses phases de révolution de cet anthropoïde, a noté ses manifestations vocales et a pu comparer les sons émis par lui avec ceux de l'homme. « Pratiquement négligeables (puisqu'ils ne se produisent qu'à la suite de circonstances très particulières), ces sons, écrit l'auteur, ont une iuiportance théorique considérable, ils permettent de comprendre comment l'homme, muni naturellement du pseudo-langage , arrive à conquérir son langage. » Cette conclusion de l'auteur met en évidence tout l'intérêt de ses études. M. Bouygues a publié un mémoire sur la structure de la tige d'après son origine. Ce mémoire, qui constitue le 2f^ fascicule de nos Actes^ n'est qu'une introduction à l'élude critique des notions classiques sur la constitution des organes des plantes supérieures. Il sera suivi de la publication d'autres travaux ayant le même objet. Le même auteur a encore fait paraître, dans notre 3" fascicule, des recherches sur le Trapa natans et des observations qui lui ont été suggérées par la comparaison du cylindre central de certaines tiges aquatiques avec les faisceaux libéro-ligneux dits concentriques. M. Bouygues s'est placé pour ce faire au point de vue de l'origine du développement et du mode de différenciation. Nous savons que notre savant collègue compte poursuivre ses recher- ches. Il est en trop bonne voie pour ne pas persévérer. MM. les Df^ J. Sabrazès, L. Muratet et P. Lande nous ont fourni, dans le 3*= fascicule de nos Actes, une étude microscopique du sang des cadavres. Cette pubHcation mériterait une analyse détaillée que nous nous excusons de ne pas pouvoir faire ici. Disons simplement que l'examen des globules après la mort leur a permis de constater un pro- cessus très marqué de vacuolisation leucocytaire qui conslitue, de l'avis des auteurs, un bon signe de mort. Le microbisme des cadavres infec- tieux doit aussi attirer l'attention de l'hygiéniste en raison du danger qui peut en résulter pour la collectivité. Enfin M. Daleau a fait paraître également dans notre 3^ fascicule, (p. 209 à 216), une étude d'ethnographie sur les dents des ruminants cochées. Cette communication, accompagnée d'une planche signée Muratet, est suivie d'une note addilionuelle sur d'autres dents canines t't incisives trouvées également par l'auteur à la Grotte de Pair-non- Pair. PROCÈS-VERBAUX 31 Je veux, en terminant cette revue rapide de l'évolution de notre Société, rester sous l'impression heureuse qui se dégage de la marche toujours progressive de nos travaux, du zèle de plus en plus marqué de nos collègues aux assemblées, excursions et conférences, et de l'activité de nos dirigeants. Ils nous permettent d'envisager avec confiance notre avenir et nous conduiront glorieusement au centenaire prochain de la plus ancienne des Sociétés Linnéennes de France. Séance du 18 février 1914. Présidence de M. le D'' B. Llaguet, président. ADMINISTRATION Le Président anjionce la promotion de M. Breignet au titre d'Officier de l'Instruction publique et de M. Claverie à celui d'Officier d'Académie. Il adresse, au nom de la Société, des félicitations à ces deux membres. COMMUNICATIONS Envoi par M. Dubalen, d'un échantillon de Daphne laureola provenant de régions sablonneuses des Landes. Envoi par M. Lataste d'un presse papier erpétologique : tritons mar- brés en robe de noce, provenant des environs de Cadillac; ce curieux objet a été obtenu par moulage des animaux vivants. Le Président donne lecture d'une note qui lui a été adressée par le Docteur Crouzel (de La Réole), sur « La lutte végétale dans les forêts du sud-ouest de la France ». M. Llaguet soumet à la Société des spécimens d'huitres verdies dans le Bassin d'Arcachon. La question déjà étudiée par lui en 1905 pouvant être actuellement de grande importance pour la région, M. Llaguet, qui poursuit ce travail, fournira une note complète à ce sujet. La date pour une visite que feront les membres au Musée d'Ethno- graphie de la Faculté de Médecine est fixée au 1"'' mars. 32 procès-Verbaux Séance du 4 mars 1914. Présidence de M. le D' B. Llaguet, président. ADMLNISTRATION Le VI® Congrès des Pèches maritimes aura lieu à Tunis du 31 mai au 5 juin 1914. Avis en est donné aux Linnéens qui désireraient y prendre part comme délégués de notre Société. Nous sommes également conviés au Congrès préhistorique qui se tiendra à Aurillac du 23 au 29 août prochain. Il nous est adressé une circulaire relative à une flore des champignons les plus vulgaires par Viilemin et Bigeard. Programme des excursions pour 1914 : 22 mars, Audenge. — Commissaires : MM. Muratet, Lacouture. 19 avril, 4 Pavillons. — Commissaires : MM, Eyquem, Bouchon. 17 mai, Saint-Emilion. — Commissaires : MM. Bardié, Eyquem, Neyraud. 31 mai, 1*"' juin, Villandraut, Bazas. — Commissaires : MM. Bardié,* Sigalas, Castex. 14 juin, Salles. — Commissaires : MM. Neyraud, Rozier, Lambertie. 28 juin. Fête Linnéenne à La Brède. — Commissaires : MM. Bardié, Daydie, Rozier. 12 juillet, Cazaux. — Commissaires : MM. Bouchon, Lambertie, Rozier. Fin août, Léognan (Société Géologique de France). — Commissaires : MM. Rozier, Daydie, Castex. 25 octobre, Citon-Cénac. — Commissaires : MM. Boyer, Doinet, Lam- bertie. 8 novembre, Saint-Médard, Gajac. — Commissaires : MM, Doinet, Boyer, Lacouture. Sur rapport du Conseil d'administration, sont nommés membres titulaires : M. le commandant Baraton, Chevalier de la Légion d'Honneur, Offi- cier du Nicham-Iftikar, 2, rue Pérey, s'occupant de botanique, présenté par MM. Boyer et H. Lamarque; M. FiTON, professeur à l'école primaire supérieure, 26, cours d'Aqni- liiiiK', s'ofTiipanl de botanique, présenté par MM. Bouchon, Llaguet, Neyraud. PROCÈS-VERBAUX 33 M. LE Président remercie M. le doyen Sigalas et M. Lemaire, secré- taire de la Faculté, pour la très intéressante visite qui a été faite par la Société, le lo'" mars, aux importantes collections ethnographiques et anthropologiques de la Faculté de Médecine. M. Bardié remercie à son tour M. Llaguet qui en a été l'initiateur. A propos du compte rendu botanique de la 95^ Fête Linnéenne. Lettre de M. L. Motelay. Messieurs, C'est avec un vif plaisir que je viens de lire la liste des plantes récol- tées, le 29 juin 1913, pendant la 95*^ fête de la Société Linnéenne, célébrée à La Réole. Ce travail, fait avec beaucoup de soin par notre collègue et ami, M. Queyron, m'a rappelé une petite histoire, toute locale, que peu de botanistes connaissent et qui otTre un certain intérêt historique bor- delais. C'était en 1859, la Société Botanique de France faisait' fje crois) sa première excursion en province, et Bordeaux avait été choisi pour ce déplacement. Nous eûmes le plaisir d'accueillir cinquante-quatre savants, tant Français que Suisses, Anglais ou Belges. Lormont était une des courses du programme : les gondoles et hirondelles n'existaient pas. Le chemin de Queyries, au bord de l'eau, était à peine tracé et impraticable; le seul moyen pour aller de Bordeaux à Lormont consistait en des yoles à deux rameurs, que l'on trouvait à la cale du Chapeau-Rouge. Mais pour nous transporter tous, il avait fallu s'y prendre à l'avance car il n'y avait en tout que sept à huit bateaux et ils nous étaient tous utiles. Enfin nous voici tous partis; mais quel ne fut pas l'émerveillement de tous ces savants lorsque M. Durieu de Maisonneuve leur fit ramasser sa dernière trouvaille botanique, Vffeleocharis amphibia D. R. plante nouvelle pour l'Europe; elle a envahi toutes nos vases, alternativement inondée et exondée, leur donnant une résistance inconnue avant l'implan- tation de cette cyperacée, et évitant ainsi le déplacement trop rapide par les courants, de ces vases très légères. Les tiges de cette plante font une bonne pâte à papier, tout au moins en laboratoire. M. le chimiste Peyronny a fait des expériences con- cluantes à ce sujet, et dans mon ex-herbier, qui appartient à la Ville de P.-y. 1914. 3 â4 PROCES-VERBAÙX Bordeaux, dans la chemise de Y Heleocharis amphibia, il y a des échan- tillons de cette pâte. Je crois devoir rappeler un fait qui date du mois d'août 1855. La Société Botanique de France s'était réunie à Paris en session extraor- dinaire; M. Durieu n'ayant pu s'y rendre, avait adressé à son ami E. Cosson^ une certaine quantité de ce nouvel Heleocharis à répartir entre les membres de la Société présents à la session; toutefois il lui assignait alors le nom d'Oxyneura D. R. et M. Cosson en le distribuant s'exprimait ainsi : (( Cette espèce récemment découverte par M. Durieu de Maisonneuve, à Bordeaux même, sur les bords vaseux de la Gironde, où elle est très abondante, sera prochainement pubhée dans les Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux. Sa description sera accompagnée de deux planches représentant le port de la plante et ses caractères distinctifs. V Heleocharis oxyneura, voisin de V H. acicularis par les akènes munis de côtes longitudinales et finement striés en travers, en diffère par la taille des tiges, par le volume des épillets oblongs et non pas ovales- oblongs, par les écailles étroitement imbriquées oblongues et arrondies au sommet, à nervure moyenne, disparaissant au-dessous du sommet. » {Bulletin Soc. Bot. de France, tome II, page 609). Or dans quelles circonstances ce nom ft oxyneura » fut-il abandonné? Etait-il déjà employé pour une autre plante? En tous cas, il fut rem- placé postérieurement par «amphibia »; mais pas plus sous un nom que sous un autre, il n'avait été publié dans les Actes de la Société Linnéenne jusqu'en 1904 où le Docteur Beille a savamment comblé celte lacune dans le tome LIX, page xxxni, et y a aussi joint une magnifique planche. Après cette première trouvaille qui, vu la difficulté de récolle nous avait pris bien du temps, nous ramassons ce superbe Sagittaria obtura Willd. ayant lui aussi pris possession de ces mêmes vases, mais un peu au-dessus du niveau de Y Heleocharis. Ce Sagittaria n'est représenté chez nous que par des pieds mâles et ne se répand que par des stolons. Quelques dix ans après le jour de cette récolte en Gironde, me trouvant dans la partie des rapides au-dessus des chutes du Niagara, je vis ma Sagittaire, qui là était chez elle et en famille : Monsieur, Madame et infiniment de bébés. J'ai eu là le plaisir de récoller des graines mures qui manquent (et pour cause!) sur les bords de la Garonne. Puis, un peu après LormonL (alors pelit village), toujours dans ces mêmes alhiviuns, mais encore à une altilude un peu plus élevée, IPROCÈS-VERBAUX 35 M > Durieu fit récoller une angélique de 1 à 2 mètres de hauteur, et non encore dénommée. Il fit seulement observer que M. Charles Des Moulins attendait la venue de la Société pour en donner la diagnose en séance et en même temps remercier tous ses collègues qui, à l'unanimité, l'avaient appelé à la vice-présidence de la session. La veille au soir de notre course à Lormont, un deuil de famille l'avait obligé à quitter Bordeaux. Il fut donc convenu entre les botanistes pré- sents que cet Angelica serait réserve à M. Charles Des Moulins et que le nom resterait indéterminé jusqu'à l'impression du Bulletin de la Société Botanique de France. Seulement, hélas! cette angélique n'avait pas touché terre sur les bords de notre fleuve uniquement; elle avait aussi pris possession dans les mêmes conditions des vases de la Loire et M. Lloyd l'avait dis- tinguée et étudiée. Voulant profiter de la présence de tant de botanistes réunis à Bordeaux, il envoya la diagnose de son Angelica heterocarpa Lloyd au Président, qui était justement M. Charles Des Moulins, auquel nous avions réservé l'honneur de le décrire. On trouvera cette définition par Lloyd, dans le Bulletin de la Société Botanique de France, tome VI, page 709, 1859. Voilà, mon cher Rapporteur, comment la mention à La Réole de cette angélique, m'a rappelé une vieille, trop vieille histoire et comme quoi son parrain, au lieu d'être un bordelais tenant de très près à la Société Linnéenne, puisqu'il a été son PrésidenLpendant de nombreuses années, s'est trouvé un angevin. Je vous remercie cependant du retour en arrière que vous m'avez fait faire, et qui me procure l'infini plaisir de me trouver au milieu de mes collègues linnéens, par la plume et par la pensée. Je ne saurais terminer cette petite note rétrospective sans adresser mes amitiés et mes félicitations à notre archiviste qui m'a permis, en quelques instants, de pouvoir parcourir tous les travaux pubhés dans les soixante-cinq premiers volumes des Actes de la Société Linnéenne et de savoir que YHeleocliaris amphibia découvert en 1851, par Durieu, avait été en 1855 sur le point d'être décrit; puis que l'on s'était de nou- veau occupé de lui en 1859, puis en 1870-71 dans notre tome XXVIII, page Lxix et qu'enfin le Docteur Beille avait en 1904, dans notre qua- rante-neuvième volume, page lxxxiii, réalisé ce desiderata. Il a donc fallu cinquante-quatre ans pour arriver de la découverte à la diagnose : (( il y a eu loin de la coupe aux lèvres ! » El c'est grâce à votre catalogue, mon cher Breignet (2*^ éd"", 1913), que je puis certifier ce résultat. 36 PROCÈS-VERBAUX Séance du 18 mars 1914. Présidence de M. le D"' B. Llaguet, président. ADMINISTRATION M. LE Président adresse des félicitations à notre collègue M. Cabantous, promu Officier d'Académie. La Société d'Anthropologie annonce que l'article 6 du projet de loi sur les fouilles scientifiques, qui avait soulevé les' protestations des Sociétés d'Anthropologie, Géologique et Préhistorique de France, sera supprimé et remercie notre Société du ferme appui qu'elle lui a prêté. Note sur l'adaptation au milieu chez les Lézards de la famille « Lacertidae ». Par M. G. de Southoff. La famille des Lacertidss est une des plus nombreuses parmi les sauriens. Certains genres, comme celui de Lacerta, comptent un grand nombre d'espèces présentant une richesse extraordinaire de variétés et de formes, ces dernières souvent locales. C'est de ce genre plus parti- culièrement que nous nous occuperons. L'orientation de la Zoologie moderne est éminemment biologique. Renonçant à se borner aux données de la systématique, et n'exagérant pas la tendance d'étudier le§ animaux uniquement à l'aide du microscope, on commence à comprendre la nécessité de les étudier vivants. L'étude des animaux post-mortem présente, en effet, des lacunes que, ni le classi- ficateur le plus averti, ni le micrographe ne peuvent, combler. Sans admettre que l'on ne puisse avec profit étudier les animaux morts, nous croyons que l'avenir de la science dont nous nous occupons, demande impérieusement de les étudier vivants. Les nombreux Jardins Zoolo- giques et laboratoires de Zoologie s'y rattachant, qui ont été créés ces dernières années, prouvent que cette idée commence à être générale parmi les naturalistes. Etudier les Lacertidés dans un laboratoire, installés dans des Terra- riums construits ((d hue, voire môme dans un Reptiliarium, est très bien. Mais cette étude serait fort incomplète si on ne tenait compte, PROCÈS-VERBAUX 37 avant tout, de la façon dont ces sauriens vivent en liberté. Car il est inexact de croire que les Lézards en captivité vivent d'autant mieux que leurs conditions de vie à l'état libre ont été reproduites dans leur cage. Comme presque tous les animaux, ils doivent être traités en captivité différemment de ce qu'ils le sont par la nature à l'état sauvage. Des pré- cautions hygiéniques et diététiques sont nécessaires pour les conserver prisonniers en bonne santé. Les directeurs de Jardins Zoologiques et les amateurs d'animaux le savent bien. Ceci dit, on comprendra aisément que les expériences que l'on peut réussir avec des Lézards dans un terrarium ne correspondent pas tou- jours à ce qui se produit pour les mêmes dans la nature et que l'on tente de reproduire. C'est pourquoi nous négligerons de les prendre en considération. - Les phénomènes de Mimétisme défensif si communs dans certaines classes d'animaux semblent être, à première vue, également l'apanage de ces Reptiles. Leurcoloration polychrome, la diversité très grande des détails, tout en gardant un aspect général uniforme, la variabilité de la taille semblent être autant d'arguments à l'ap'pui de cette thèse. Mais dans la généralité des cas il en est tout autrement. Peu d'animaux s'adaptent moins que les Lézards à l'endroit où ils vivent. Quoique leurs modifications s'obtiennent avec une facilité dépas- sant les limites ordinaires pour les autres familles, elles sont en con- traste avec les règles même élémentaires du Mimétisme. Généralement ils ne présentent pas les modifications qui seraient aptes à les mieux cacher aux yeux de l'ennemi et leur corps ne se transforme pas selon les besoins que leur crée un nouveau milieu. Pour ce qui est de la coloration, facteur important entre tous en fait de Mimétisme, il est hors de contestation que les couleurs les plus ordi- naires chez ces Reptiles sont les mêmes que celles des endroits où ils habitent (sol, murs, rochers, arbres, etc.). Mais les Lézards d'une cou- leur ne vivent pas dans un endroit ayant la même couleur. Si leur colo- ration est d'une teinte choisie parmi celles qu'emploie la nature pour parer les endroits habités par eux, elle n'est pas cette même teinte. Des Lézards bruns vivent sur des murs gris, des Lézards verts sur des terres brunes, des Lézards gris dans des prairies vertes et ainsi de suite. En disant brun, gris, vert, etc., nous entendons parler de la coloration des parties du corps visibles à l'œil d'un observateur. Les autres parties présentent souvent d'autres couleurs aussi curieuses qu'imprévues, leur étude n'est pas du ressortissant de ces notes. 38 PROCÈS-VERBAUX Il résulte de ce que nous avons dit que dans la généralité des cas les Lézards se détachent nettement du fond sur lequel ils se trouvent habi- tuellement. Il n'y a donc pas, tout au moins, d'Homochromisme. II n'y a pas non plus de Mimétisme puisque apparemment l'animal est, de par le contraste que nous venons d'expliquer, exposé aux regards de tous, amis et ennemis. Et pourtant il se dérobe à nos yeux. Mais comment? Parce que le constrasle net, violent parfois de sa coloration avec celle du miUeu où il se trouve n'est pas un heurt, en d'autres mots s'il est visible, il n'est pas voyant, et s'harmonise avec celui-ci. Cette remarque, qui fait loi dans la catégorie d'animaux dont nous nous occupons, peut être sans doute généralisée à beaucoup d'autres. Elle est le renver- sement du phénomène le plus ordinaire du Mimétisme : l'adaptation de Ja couleur. Nous verrons plus loin que les facteurs nécessaires à la réussite des autres cas sont également renversés ou inexistants. IMais si les moyens diffèrent, le but obtenu, vis-à-vis de l'homme tout au moins, est le même, car dissimulé ou harmonisé l'animal se dérobe à nos yeux. On pourrait seulement faire observer que, dans le cas de l'harmonisation, une règle d'esthétique naturelle — et inconsciente — préside aux efforts scrutateurs de l'œil. C'est intentionnellement que nous ne tenterons pas ici d'expliquer les différentes théories émises jusqu'à ce jour sur ce sujet. Cela sortirait des limites de ces notes et n'aurait aucun but pratique. Qu'il nous suffise de relever une chose : c'est que ce renversement dont nous avons fait mention semble n'avoir pas été noté par ceux qui se sont occupés de la question. Peut-être est-ce parce que les théories du Mimétisme, dans leur ingénieuse logique, semblaient appuyées aux faits d'une façon indéniable. Pourtant la vérité se dégage d'une généralité de faits et non pas dé quelques observations, souvent inductives, qui peu- vent viser des cas particuliers ou des propriétés différentes. Cela dit surtout en vue de parer l'objection très juste que l'on pourrait nous faire en citant les phénomènes plus ou moins rapides 'de changement de couleur si communs, entre autres, parmi quelques espèces de Gekonidés (qui ne sont, du reste, pas de la famille dont nous nous occupons). Cette remarque est si simple qu'elle n'exige aucun corollaire. Que l'on renverse, si on le veut, les énoncés habituels du Mimétisme, et on pourra les appliquer avec succès aux Lézards de la famille Lacertidœ. Quelques exemples suffiront à en préciser la clarté. Le groupe Lacerla oiridis Laurenti, aux vives couleurs oi^i le vert brillant prédomine, semblerait devoir habiter de préférence les prairies, les talus verdoyants. Il n'est pas rare,' en effet, de rencontrer un Lézard PROCÈS-VERBAUX 39 vert, dans un champ, occupé à courir derrière quelque insecte. Mais où habite-t-il, où se lient-il immobile sous les rayons bienfaisants du soleil? Presque toujours sur des tas de pierres, sur un sol nu, quelquefois sur de vieux troncs d'arbres, c'est-à-dire dans des endroits où sa couleur tranche nettement sur le fond naturel. Les Lézards verts des Fouilles, particulièrement beaux comme couleur, habitent des landes dénudées de toute végétation, comme les Lacerta ocellata Daudin, dans les cam- pagnes de la péninsule Ibérique, dont le vert est tout aussi magnifique. On dit que les Lacerta viridis habitent en Dalmatie parmi les rochers rougeâtres si caractéristiques de cette contrée. Dans les pays de l'Europe centrale, neuf fois sur dix, la demeure d'un Lézard vert se trouve loin des prairies, dans des endroits rocailleux, sur un fond gris ou brun. Un petit Lézard dont la couleur ne le cède en rien, comme vert brillant, aux Lac. viridis, Lac. taurica Palias, var. jonica Lehrs, habite, à Çorfou, parmi les sombres feuillages de herre qui recouvrent les vieux murs, ou encore sur le sable jaunâtre de la côte. Et pourtant sa coloration d'un vert clair aux tons éblouissants s'accommoderait mieux du voisinage de la végétation quasi-tropicale de cette île. Les Lézards de la Subsp. neapolitana Bedriaga, du groupe muralis, présentent presque tous une coloration verte, plus ou moins étendue, du dos. Mais il est bien rare que les variétés de cette sous-espèce se trouvent dans les champs. Leur vie se passe à côté de ceux-ci, où elles ne vont même pas pour se cacher mai? seulement pour y poursuivre leur proie si l'occasion s'en présente. Leur habitat est généralement dans les landes sabloneuses, le long des chemins, aux bords des rivières et de la mer. Certaines formes mélaniques, comme les Lézards des Jara- glioni, près de Capri, vivent sur des rochers grisâtres où elles sont très visibles à l'œil nu. Il est évident que l'adaptation au milieu par la colo- ration n'existe pas dans ces cas. Il faudrait peut-être rechercher des raisons climatériques pour se rendre compte de la variation de cette dernière. Algiroides nigropunctatus D. et B., dans sa forme de Corfou, est brun foncé sur le dos, et vit habituellement sur les murs blanchâtres et les claires constructions de cette île. Par contre, le même Lézard, en Istrie, se trouve souvent parmi les rochers rougeâtres de cette région dans sa forme grise. Son congénère Algiroides Jitzingeri Wiegmann, habite, en Sardaigne, de préférence dans les fentes des vieux arbres; sa couleur brune se confond avec l'écorce de ceux-ci. Dans ce cas l'adaptation semble parfaite. Mais ce petit Lézard se trouve le plus souvent au pied 40 PROCÈS-VERBAUX des arbres où il a son habitation, sur des pierres grises, parfaitement visible. Les exemples pourraient se multiplier pour Lacerla muralis Laur., dans ses variétés lilfordi Giinther (forme noire de l'île del Aire, près Minorque, et autres îlots des Baléares); quadrilineata Gray, de Corse et de Sardaigne; fiumana Werner, de Dalmatie (la forme olivana si commune, près de Zara en particulier); nigriveniris Bonaparte, des environs de Rome; adrialica Werner, de Pelagosa piccola et de l'îlot Susac (près de Lissa); pytinsensis Boscà, des îles Pytinses (si toutefois on regarde ce Lézard comme appartenant à l'espèce L. muralis Laur.), pour Lacerta ogilis Wolff. , dans ses variétés orientales; Lacerta oxy- cephala D. et B. ; Lacerta dugesi Milne-Edwards, de Madère. Les Lézards des îles Canaries (/.. galloti D. et B., L. simonyi Steindachner, L. atlan- tica Peters et Doria) semblent présenter le même cas, mais nous n'avons pas assez de données sur les endroits qu'ils habitent pour pouvoir l'affirmer. Nous avons dit que les Lézards de la famille Lacertidœ présentaient une très grande variété dans la conformation de leurs membres. C'est, en effet, vrai et il semblerait que les modifications dans la forme des doigts, de la queue, du ventre devraient être en rapport direct avec le lieu de leur habitation. Pourtant ces modifications sont souvent d'ordre pathologique ou parasitologique, et se produisent sans que Vhabitat y influe même de façon indirecte. Dans ce second cas également, nous ne croyons pas que ce soit, chez ces animaux, l'espèce qui s'adapte au milieu. Peut-être un coefficient plus sérieux pour l'obtention de ces modi- fications est la nourriture. Par la chasse de tel plutôt que de tel autre gibier les Lézards contractent des déformations, tout comme les hommes sont sujets aux maladies dites professionnelles. Mais leur caractère n'étant jamais héréditaire, elles ne semblent pas devoir être prises en considération pour affirmer l'existence d'un phénomène de Mimétisme définitif par adaptation, même si par suite de ces modifications l'animal pouvait mieux se cacher ou, en général, mieux vivre dans un certain milieu donné. Au nombre de ces modifications, je citerai les mutilations que présentent souvent aux doigts les adultes (les o* plus que les 9^ de certaines variétés de L. muralis et quelquefois L. viridis et L. ocel- lala (1), le ventre exagérément large et plat de beaucoup de Lézards (1) On a dil que, pour les petites espèces vivant snr des îlots, les crabes étaient des ennemis en tant qu'ils leur mangeaient les doigts. Nous ne le croyons abso- lument pas. Les éboulis continuels des pierres sous lesquelles les Lézards se cachent en sont plus vraisemblablement la cause. PROCÈS-VERBAUX . 41 insulaires, le renflement caractéristique de Ja queue, le plus souvent vers son milieu, de ces derniers. Nous excluons naturellement les mala- dies épidémiques dont sont atteints certains Lacertidés. Le troisième moyen dont dispose la nature pour varier l'aspect des Lézards est leur taille. Celle-ci est des plus contradictoires. Les animaux de la faune des îles passent à juste titre pour avoir une taille plus petite que ceux du continent. Pourtant les Lézards des îles ont souvent une taille supérieure à celle de leurs confrères en espèce et en variété du continent. Quelquefois le contraire arrive. Ainsi par exemple la ^^wô^^:). neapolitana Bedr., compte des représentants de très grande taille dans le sud-ouest de l'Italie tandis que les mêmes des îles Lipari sont remar- quables par leur petite taille. Sans vouloir tirer une conclusion définitive de nos observations il semble impossible, toutefois, de ne pas douter sérieusement des théories du Mimétisme chez les Lacertidés devant une quantité de faits absolu- ment contraires aux affirmations courantes de celui-ci. Ainsi que nous l'avons dit cette classe d'animaux est réputée pour sa variabilité. Même en excluant, pour les raisons -que nous avons dit, les expériences que l'on a pu réussir en tenant captifs les Lézards et en se bornant à la cons- tatation de ce qui se produit en liberté, on ne peut nier que les moyens d'adaptation défensive n'existent pas chez ces animaux. Tout au plus pourrait-on objecter que ce que nous avons appelé règle d'harmonie entre les Lézards et leur habitat a le même but. C'est là encore une chose à prouver et qui dépend évidemment de facteurs tels qu'il nous est impossible de les apprécier à leur juste valeur. Cette règle, en effet, se base sur le sentiment esthétique — même inconscient — du sens visuel de l'homme; nul ne nous assure qu'il soit le même chez les animaux qui forment le groupe très nombreux des ennemis naturels de la famille Lacertidx. Séance du 1 ^r avril 1914. Présidence de M. le D'' B. Llaguet, président M. LE Président rend compte de l'excursion organisée à Audenge dans la propriété de M. C. Descas, au château de Certes. Il adresse tous ses remerciements à M. Chaumet, régisseur du domaine, qui a si aima- blement reçu les Linnéens et leurs invités, et des chaleureuses félicita- 42 PROCÈS-VERBAUX lions à notre vice président le docteur Muratet, qui a si heureusement établi le programme de cette très intéressante visite et étude scienti- fique des réservoirs à poissons. ADMINISTRATION M. Neuville (Marcel), s'occupant de géologie, 129, allées de Boutant, présenté par le Conseil d'administration, est élu membre honoraire de la Société Linnéenne. M. LE Président félicite notre collègue, M. Feytaud qui vient d'être chargé par la Faculté des Sciences d'une conférence de zoologie agricole. COMMUNICATION Compte rendu de la visite faite le 1er mars 1914 par la Société Linnéenne au Musée d'Ethnographie et d'études coloniales de la Faculté de Médecine de Bordeaux. Par M. le D> A. Baudrimont. Depuis quelques années, notre Société, poursuivant plus avant son programme de vulgarisation, a organisé, à côté de ses herborisations et de ses excursions de recherches et de récoltes, des sorties destinées à étudier plus particulièrement telle ou telle partie des sciences naturelles : mycologie, paléontologie, préhistoire, ostréiculture; des conférences et des causeries d'ordre scientifique et régional; enfin des visites aux diffé- rentes collections et richesses de notre belle région. Pour ne parler que de ces dernières, nous citerons rapidement les visites au jardin bota- nique de la Faculté de médecine^ au musée bordelais de la porte Cailhau, dû à l'heureuse initiative de notre ancien président, M. Bardié^ visites des belles serres du Jardin des Plantes sous la direction de M. le profes- seur Beille, des intéressantes collections d'histoire naturelle de notre collègue M. le docteur Manon, des curieuses richesses botaniques et préhistoriques de M. le docteur Lalanne, du remarquable musée de préhistoire de notre distingué collègue, M. Daleau (de Bourg), de l'aqua- rium marin et du muséum d'Arcachon, etc.. C'est pour continuer cette série de promenades aussi instructives qu'agréables que les Linnéens, véritables péripatcliciens, avaient accueilli avec joie la convocation de notre aimable président, M. le docteur Llaguet, nous invitant à venir admirer les innombrables collections du musée d'Ethnographie de la PROCÉS-VERBAUX 43 Faculté de médecine que le doyen, M. le professeur Sigalas, avait bien voulu nous donner l'autorisation de visiter. Le dimanche i"^'" mars dernier, à 9 h. 1/2, un grand nombre de nos collègues : MM. Llaguet, Bardié, Bouchon, Boyer, Castex, Daydie, Eyquem, Feytaud, Gouin, Lacouture, Lambertie, Massart, Neyraud, Rozier, Souleau, Yerguin, Viguié, Baudrimont, auxquels s'étaient joints quelques parents et amis, formant un ensemble d'une trentaine de personnes, se trouvaient donc réunis dans la belle salle du Conseil de notre Faculté. Après quelques mots de bienvenue de notre Président, nous nous rendons au musée d'Histoire naturelle où nous attend M. Lemaire, secrétaire de la Faculté et conservateur du musée d'Eth- nographie, qui veut bien nous servir de cicérone et nous montrer lui même les merveilles de ce musée unique qui est son œuvre. C'est lui, en eiïet, qui dès 1894, a commencé à réunir un certain nombre de collections offertes par quelques professeurs, élèves ou particuliers, mais ce n'est qu'en 1900 que le musée d'Ethnographie prit une telle extension, grâce à la persévérante initiative et à l'inlassable labeur de son dévoué fondateur qui sut obtenir du ministère toute une série de collections des plus importantes, venant du Muséum, du musée du Trocadéro et du musée Guimet. C'est avec regret que nous apprenons que M. Amouroux, gardien préparateur du musée d'Anatomie, chargé des services de photographie et de moulage, que la plupart d'entre nous ont déjà eu le plaisir de voir l'année dernière à notre excursion d'Arcachon, ne pourra se joindre a nous, par suite d'une légère indisposition. Musée d'Histoire naturelle. — Le musée d'Histoire naturelle com- prend une vaste et haute saUe du rez-de-chaussée, prenant jour sur la rue Elie-Gintrac, meublée de grandes vitrines montant jusqu'au plafond, où se trouvent soigneusement rangées et étiquetées les collections d'Or- nithologie, d'Herpétologie, d'Ichthyologie, d'Entomologie, de produits de matière médicale des colonies, etc., provenant du Muséum et de dons divers. Une galerie, faisant le tour de la pièce, permet d'atteindre les vitrines supérieures renfermant la Géologie et la Minéralogie. Ces collec- tions sont en tel nombre qu'elles n'ont pu toutes trouver place dans cette salle, et que l'excédent a dû être reporté dans une grande pièce du troisième étage, en attendant leur transfert et leur groupement définitif en un seul musée, dans les nouveaux bâtiments dont la construction s'achève en ce moment. 44 PROCÈS-VERBAUX Musée d'Ethnographie. — A la suite de noire Président, nous par- courons ensuite, ravis et charmés, les belles salles et galeries du musée d'Ethnographie sous la savante direction de M. Lemaire qui, avec une complaisance égale à son érudition, nous donne à chaque pas de nom- breuses explications, répondant à nos questions, narrant l'histoire de chaque objet, nous indiquant les pièces curieuses ou rares, nous en faisant remarquer les moindres détails. Nous n'hésitons pas non plus à mettre à contribution la bonne volonté de M. Chapeau, collaborateur de M. Lemaire pour l'installation et l'entretien du musée, qui a bien voulu nous sacrifier sa matinée et nous accompagner dans notre excursion à travers les mœurs et coutu- mes des lointaines civilisations. Nous commençons par le deuxième étage. Dans une longue galerie d'une quarantaine de mètres, atîectée plus spécialement à l'ethnographie de l'Afrique, de l'Amérique et de l'Océanie, nous admirons successi- vement une superbe collection d'armes de toutes sortes : lances, sagaies, couteaux, boucliers, arcs, flèches à pointe d'os ou de métal, massues, casse-têtes, de l'Afrique centrale et occidentçile ; armes ciselées, burnous, selles et harnachements arabes; longues lances en bois dur, à poignée curieusement sculptée ou ornée de peau et d'étoffe des indigènes de l'Océanie; sabres, poignards, kriss malais, lassos mexicains, etc.; puis des instruments de musique à formes bizarres, tam-tams, tambourins, instruments à cordes; plus loin, un banc d'accouchement tunisien, que l'usure nous indique avoir beaucoup servi, excite la curiosité de tous et n'est pas sans provoquer de nombreux commentaires. M. Lemaire nous montre une intéressante série de poids travaillés de l'Afrique occidentale, véritables bijoux servant à peser l'or sur la Côte d'Ivoire. De délicates aquarelles chinoises, pures de forme et riches en couleurs, représentant, la plupart, des personnages à altitudes diverses, voisinant avec des résilles et étoffes anciennes, attirent de suite l'atten- tion des dames, tandis que nous nous arrêtons longuement devant une admirable collection de vieilles céramiques de l'Asie, rangées par ordre d'ancienneté : émaux, briques ém aillées du Turkeslan, faïences, pote- ries, lampes funéraires provenant des fouilles de la Syrie. La galerie une fois franchie, trop rapidement à notre gré, nous arri- vons dans un dédale de petites salles, s'ouvrant les unes dans les autres, dont l'enchevêtrement forme un véritable labyrinthe encombré de richesses et d'objets d'art de toute époque et de toute provenance, principalement cependant du grand continent asiatique. PROCÈS-VERBAUX 45 C'est d'abord un vestiaire exotique avec personnages grandeur natu- relle : prêtres chinois, mandarins en costume d'apparat, chinoises et japo- naises aux robes éclatantes, femrqes du peuple, etc. Puis, ce sont des vitrines regorgeant d'objets : céramiques de l'Asie centrale, poupées japonaises, antiquités mexicaines, bijoux, statuettes, chaussures anti- ques, étoffes des lu^ et iv^ siècles, ayant servi à l'emmaillotage des corps, trouvées dans les fouilles d'Antinoë. Nous remarquons-de curieuses ver- reries anciennes provenant de la Syrie, dont un vase, rappelant ceux trouvés dans les fouilles récentes de Saint-Seurin, fait les délices de notre savant archéologue, M. Bardié. Sur les murs, des trophées, des panoplies : armes africaines, océaniennes, armes japonaises, costumes chinois, kimonos, vêlements en peaux de poissons des Aïnos, primitifs habitants du nord du Japon. Un général chinois, armé en guerre, coiffé d'un superbe, mais encombrant casque pointu, nous regarde fixement de ses yeux de carton. Nous sommes dans le ravissement et ne cachons plus notre étonne- ment et notre admiration; de quelque côté que le regard se porte, ce ne sont que vitrines, panoplies, tables surchargées de collections pré- cieuses! Tout d'un coup, le tableau change; transportés brusquement sur les rives escarpées de la mer du Japon, un enterrement coréen se déroule sous nos yeux '. un assistant, affublé d'un masque grimaçant effroyablement, marche en tête pour chasser les mauvais esprits, puis viennent le char de l'âme, le catafalque et enfin le prêtre, un deuxième personnage masqué, destiné lui aussi à éloigner les démons, ferme la marche. M. Lemaire nous fait admirer plus loin une magnifique collection de barques et jonques chinoises dont nous verrons la plus grande partie tout à l'heure au premier étage; un bateau-fleur de Canton avec ses dangereuses attractions retient plus particulièrement notre attention. Puis, vient une série de délicats modèles de maisons et constructions siamoises et japonaises : ici, c'est un hôtel, plus loin une école; là, un temple qui, primitivement réduit en morceaux, fut habilement et patiem- ment reconstitué par M. Chapeau; dans une maison à caractère oriental, nous pouvons voir, par la porte grande ouverte, Dupleix en train de recevoir les délégués hindous. Nous pénétrons ensuite dans une fumerie d'opium annamite. Deux fumeurs sont là étendus sur une natte : l'un, légèrement soulevé, la pipe retournée au-dessus de la lampe à huile végétale, se prépare à allumer la petite boulette dont il attend oubli el jouissances; l'autre, la 46 PkOCÈS-VËRBAU^ tête renversée sur l'oreiller, a laissé tomber la pipe de ses lèvres; les joues amaigries aux pommettes saillantes, le regard vide, la face ridée montrent bien les terribles ravages que la pernicieuse drogue, plus dangereuse encore que notre alcool, a opérés sur cet organisme vieilli avant l'âge. A leurs pieds se trouve, soigneusement renfermée dans son élui de ouate, la petite théière qui peut garder chaude toute une nuit la boisson des fumeurs. De chaque côté, nous voyons, disposé sur des FiG. 1. — Musée d'Ethnographie : Fumerie d'opium annamite. étagères, l'attirail complet du fumeur : pipes, nécessaires à fumer, oreillers, échantillons d'opium provenant de la manufacture de Saigon, pipes à fumer le tabac de l'Asie centrale, chiquerie de bétel, etc., le tout étiqueté avec notices explicatives, travaux et thèses à l'appui, ainsi que de nombreuses photographies, gravures et estampes représentant des fumeries orientales. iM. Lemaire nous arrache avec peine à notre contemplation, et nous le suivons au troisième étage, où l'on a installé dans une vaste salle l'excé- dent de l'importante collection d'Histoire naturelle que nous avons PROCÈS-VEKBAUX 47 admirée au rez-de-cliaussée. La Géologie, la Minéralogie, richlhyologie fraternisent dans des vitrines proches, mais c'est la Conchyliologie qui l'emporte; notre collègue M. Castex nous fait les honneurs des fossiles qu'il est en train de classer, et M. Daydie s'offre généreusement pour la détermination des coquilles, montrant une fois de plus son dévouement à la science. Une pièce, située à côté, spécialement destinée à la pêche marine et fluviale, renferme toute une série fort intéressante de fdets, nasses, pièges, hameçons, engins et bateaux de pêche de tous modèles et de tous pays. Il nous faut malheureusement nous hâter, car l'heure s'avance et nous sommes loin d'avoir tout vu. Nous descendons au premier étage où trois galeries, de quarante à cinquante mètres de longueur, faisant le tour de la cour centrale, sont affectées à la collection nationale de l'Ethnographie de l'Asie, venant du musée du Trocadéro, du musée Guimet et de dons particuliers; un certain nombre de pièces intéressantes ont été envoyées par d'anciens élèves de l'Ecole de Santé navale de notre ville. C'est d'abord la galerie située du côté de la rue Paul-Broca que nous parcourons rapidement, non sans admirer au passage les nombreuses vitrines remplies d'objets, armes et ustensiles divers : vanneries chi- noises et indo-chinoises, chapeaux annamites, éventails en bambou, instruments agricoles des indigènes de l'Indo-Chine, instruments de musique à cordes, armes des Khas, emblèmes de mandarin, jeux de cartes chinois, armures anciennes, cuirasses de pirates, etc. ; sur les vitrines, une rangée de bustes en terre cuite reproduisent fidèlement les diflérents types de nos frères orientaux. Nous arrivons ensuite dans une grande galerie, perpendiculaire à la première, fermée à ses deux extrémités par de larges baies vitrées, où se trouve réunie la plus belle partie de la collection. Nous sommes reçus par une jeune chinoise aux riches atours qui, assise sur un magnifique canapé en marbre et bois sculpté, surveille ses deux enfants. A côté, un auricureur annamite est occupé à sa peu engageante et probablement aussi peu rénumératrice besogne avec une patience qui n'a d'égale que celle de son client. Puis, vient une grande vitrine réservée à la Corée, surmontée de curieuses céramiques cochinchinoises : dragons étranges, poissons monstrueux et autres animaux fantastiques. Dans une deuxième, nous pouvons admirer la suite de l'importante collection de jonques chinoises : jonques de guerre, de commerce, de transport, de pêche, etc. Une partie 48 PROCES-VERBAUX de cette vitrine est affectée à l'expédition arctique française du comman- dant Charles Bénard et à l'ethnographie de l'extrême nord de notre continent : armes, ustensiles et vêtements des Samoyèdes, peaux et défenses de morses, skis, traîneaux, attelages de chiens, bois de rennes, etc. De tous côtés, se dressent sur des tables des statues et statuettes chi- noises et japonaises de toutes grandeurs, parmi lescfuelles nous remar- quons deux belles sta- tues en terre séchée, à tête branlante et bras mobiles, primitivement détériorées, mais adroi- tement réparées par M.Amouroux; un boud- dha de la médecine, un bouddha générateur, pro- tecteur du monde, dus tous deux à la généro- sité de M. le docteur Matignon; une statue en bois doré, représentant une déeese japonaise en prière, encadrée de deux gardiens du temple, re- marquables par les détails de leur anatomie, poussés jusqu'à la plus extrême minutie. Nous avons enfin le plaisir de faire la connaissance de l'estimable Hoteï, bouddha ventru, dieu de la santé florissante, dont les masses adipeuses aux festons retombants sont bien faites pour provoquer les hommages des fervents de la bonne chère. Les murs sont surchargés : ferronneries chinoises, instruments ara- toires, armes et panoplies, sanscompter les innombrables photographies, aquarelles, estampes, cartes, notices, etc. Il n'est pas jusqu'au plafond où de ravissantes ombrelles chinoises et japonaises, suspendues çà et là avec goût, alternent avec d'élégantes lanternes en papier peint. Devant les fenèlres, sont installés de nombreux stéréoscopes conte- nant chacun cinquante vues stéréoscopiques : vues de la Chine, de la FiG. 2. Musée d'Elhnog'raphie : Galerie principale. PROCES-VERBAUX 49 Mandchourie, du Siam, de l'AnnaQi, du Japon, de l'Algérie, de la Tunisie, de Conakry, de l'expédition Oharcot au pôle Sud, de la guerre russo- japonaise. Signalons encore plusieurs meubles à volets pour les gravures, dessins, photographies, échantillons d'étoffes anciennes, cartes, notices. Enfin, une petite bibliothèque renfermant des thèses et ouvrages de géographie coloniale, de pathologie exotique, des relations de voyages, d'explorations, des publications du musée Guimet, vient compléter cette admirable collection de documents exotiques et scientifiques. Nous clôturons cette inoubliable visite au musée d'Ethnographie par la galerie située du côté de la rue Elie-Gintrac, affectée au Cambodge et au Japon, où nous remarquons plus particulièrement les costumes et ornements des danseuses de la Cour royale du Cambodge ainsi que d'intéressants modèles de voitures japonaises et chinoises. FiG. 3. — Musée d'Anthropologie. P.-V. 1914. 50 PROCÈS-VERBAUX Musée d'Anatomie et d'Anthropologie. — Après avoir jeté un rapide coup d'œil sur la magnifique et spacieuse bibliothèque s'étendant sur la façade, nous nous dirigeons vers le musée d'Anatomie et d'Anthro- pologie qui occupe deux vastes pièces donnant sur la rue Paul-Broca. Dans la première, on a placé les collections d'Anthropologie; momies et sépultures égyptiennes, du musée Guimet; préhistoire : pointes de flèche, couteaux, grattoirs, haches, silex, os travaillés, etc., appartenant à la collection Edouard Baudrimont; des stéréoscopes et des meubles à volets développant une surface considérable pour l'exposition sous verre de dessins, photographies, estampes, etc. Une galerie circulaire permet d'accéder aux vitrines supérieures renfermant une importante collection de crânes préhistoriques et modernes. La seconde salle^ la plus vaste, est consacrée aux pièces anatomiques, à l'anatomie pathologique, à l'embryologie, à la tératologie, aux mou- lages ainsi qu'aux instruments de médecine opératoire. Hélas! nous avons fini; il y a plus de deux heures que nous allons d'étonnement en étonnement et notre enthousiasme, faisant suite à notre première stupéfaction, nous retiendrait indéfiniment au milieu de ces merveilles sans nombre dont la plupart d'entre nous, bordelais cepen- dant, ignoraient, la veille encore, la présence au sein même de notre vieille Cité. Mais midi va bientôt sonner et nous ne pouvons abuser plus longtemps de l'obligeance de notre cicérone. C'est donc avec des regrets non dissimulés que nous redescendons par le grand escalier dans l'atrium, où M. Lemaire est l'objet d'une véritable petite ovation aussi sincère que peu bruyante, chacun tenant à lui exprimer, en même temps que ses remerciements, sa satisfaction et son admiration. M. Lemaire, si documenté sur les civilisations d'outre-mer, doit aussi bien connaître l'humanité, car, allant au devant de nos désirs, il s'offre aimablement à nous faire admirer à nouveau son féerique musée. Notre Président, prenant alors la parole, adresse au nom de tous les Linnéens ses bien sincères et bien vifs remerciements au doyen, M. le professeur Sigalas qui, donnant une nouvelle marque de sympathie à la Société Linnéenne, a bien voulu nous ouvrir toutes grandes les porles de notre belle Faculté de médecine, toujours chère à ceux qui en furent les élèves. Se tournant ensuite vers notre aimable guide, M. Lemaire, il accepte de grand cœur sa nouvelle et gracieuse invitation et, interprète de tous, le remercie -chaleureusement d'avoir bien voulu nous faire lui-même les honneurs de ce magnifique éden de l'Ethnographie exotique et coloniale PROCÈS-VERBAUX 51 qu'il a le très grand mérite d'avoir créé de toutes pièces, pour le plus grand bien de la Science française et plus particulièrement de notre Université bordelaise car, suivant la belle et noble devise inscrite en mosaïque dans l'atrium même de notre Faculté, il a su travailler pour la Science, la Cité, la Patrie : pro Scientia, Urbe et Patria. Séance du 22 avril 1914. Présidence de M. le D"' B. Llaguet, président. M. LE PRÉsmENT remercie MM. Bouchon et Eyquem, organisateurs de l'excursion des Quatre-Pavillons, au cours de laquelle trente-huit excursionnistes, dont douze linnéens, purent visiter le beau parc du château de Montesquieu. COMMUNICATIONS M. Breignet nous montre des racines tuberculeuses appartenant à une fougère. M. Ballais a constaté de semblables tubercules sur les racines de Nephrodium grandiceps, ainsi que sur d'autres plantes. M. Llaguet présente des Tricholoma Georgii, expédiés par M. Malthéte (de Chalonne-sur-Loire), et un bel échantillon de Polyporus lucidus envoyé par M. le docteur Imbert. Il fait en outre passer sous les yeux des membres de la Société une formation, trouvée dans le blanc d'un œuf de cane et qui n'est pas un embryon ainsi qu'il a pu s'en assurer. M. Soûlaud présente un œuf dont la coquille est hérissée sur toute sa surface de nombreuses verrucosités calcaires. M. Malvezin avait présenté, au cours d'une précédente réunion, des feuilles de chêne restées vertes. Il annonce à la Société qu'il vient de récolter un jeune chêne dont les feuilles sont restées vertes malgré Textrême rigueur de l'hiver 1913-1914, et bien qu'il ne fut pas abrité. 52 PROCÈS-VERBAUX Séance du 6 mai 1914. Présidence de M. le D"' B. Llaguet, président. CORRESPONDANCE Lettre de M. Tabbé Labrie remerciant la Société des félicitations qui lui ont été adressées à Toccasion de sa nomioation au titre d'Officier d'Académie. Lettre de M. le Directeur de l'Enseignement supérieur annonçant qu'une subveation de 1.000 francs est accordée à la Société Linaéenne, à titre d'encouragement, pour la publication de ses travaux en 1914 (publications diverses). ADMINISTRATION M. BiGET(Jean), demeurant 20, rue de Domrémy, s'occupant de bota- nique, présenté par MM. Llaguet et Courtel, est élu membre auditeur de la Société Linnéenne. M. LE Président annonce le décès de M. Van Tieghem, membre d'honneur de la Société, adresse ses condoléances à sa famille en la personne de son gendre, M. Gaston Bonnier, professeur à la Sorbonne et, après l'éloge et l'exposé des titres et travaux scientifiques de ce savant, qui était membre d'honneur à notre Société depuis 1899, déplore la perte que fait en lui la botanique. COMMUNICATIONS M. Ballais présente deux pieds de Nephrodium grandiceps, fougère sur laquelle existent de nombreux tubercules radicaux, constituant des organes de réserve pour la plante. M. Boyer présente des cultures pures de Trkholoma Georgii obte- nues à l'aide des champignons montrés à la dernière séance. Il signale en outre qu'il a récolté une morille dans un pot à fleurs, à la Faculté des Sciences et la montre avec un hyménoplère provenant d"un poteau de soutien d'une vérandali, poteau dans lequel cet insecte a creusé de nombreux orifices. M. Manon a capturé ces jours derniers, a Saint-Mariens, Hydrœlia uncana déjà trouvée au même endroit par M. Breignet, il y a vingt ans. PROCES-VERBAUX Oà Présentation d'une Orchidée. Par M. le D' Lalanne. J'ai l'honneur de présenter à la Société Linnéenne une plante qui, au point de vue botanique et au point de vue horticole, n'est pas sans intérêt. Je l'ai reçue il y a quelques anaées d'un importateur du Brésil qui me l'a vendue sous le nom d' Oncidium Forbesii. Elle fleurit cette année pour la première fois, ce qui me permet de la déterminer et de la classer comme Oncidium caloglossum. Les plantes du groupe auquel cette espèce appartient, ont fait l'objet de différentes études, sans qu'on soit parvenu à trancher la question de savoir s'il s'agit d'une espèce légitime ou d'un hybride. Cette plante fut décrite par Lindley en 1840, sous le nom cV Oncidium pectorale (Liadl. Lect. orch. tab. 39, 1840) et c'est sous le même nom qu'elle est décrite parCognaux dans\e Flora Brasiliensis. {Flora Bras., fasc. CXXVIII, 1905.) Rolfe en fait un hybride de VOncidiiim marshallianum et de VOnci- dium Forbesii {Orch. rev. 1893). Les botanistes sont d'accord pour reconnaître à VOncidium pectorale Lindl. trois formes, dont celle que j'ai l'honneur de présenter est l'une des moins connues. Ces trois formes sont : 1° Une variété Larkinialum Cogn. Fleurs grandes à sépales jaunes ou d'un vert-jaunâtre, zones transversalement de brun-châtain. Pétales châtains-bruns, largement et irrégulièrement marginés de jaune d'or. Labelle d'un jaune doré, onguiculé, parfois ponctué et maculé de taches brunes. Colonne vert-jaunâtre. 2° Une variété Mantini. Celle-ci, bien décrite par Cognaux dans la Flora Brasiliensis sous sa signature, il semble bien que la paternité du nom doit être attribuée à Godefroy-Lebeuf. En effet, dès 1888, Godefroy- Lebeuf s'exprime ainsi, au sujet de V Oncidium mantini : a. J'avais une excellente occasion d'offrir et de dédier à M. Mantin, propriétaire de la collection de Bel-Air (à Olivet, près Orléans), une plante digne de cet amateur. » {L'Orchidophile, année 1888, p. 47.) Les fleurs ont les pétales bien étalés, d'un rouge brun brillant, portant une margine d'un jaune canari, marquée de quelques taches marron sur les bords; ses sépales ont près de 2 cm. 1/2 de diamètre, le labelle est quadrilobé, large de près de 5 centimètres. 3" Une variété Caloglossum Rehb. fils, fut décrite en 1885. L'échan- 54 PROCÈS-VERBAUX tillon étudié par Reichendach avait fleuri dans les serres de M. W. Bull, à Chelsea. Un autre spécimen avait été introduit chez MM. Williams aad Son, importée du Brésil avec Oncidium concolar. C'est à cette dernière variété qu'appartient la plante que j'ai l'honneur de vous faire présenter en fleurs. La planche 405 de l'Orchid album représente la variété Larkinianum, et la planche de Torchidophile représente la variété Mantini. On peut avoir ainsi une idée des trois formes de ï Oncideum pectorale, décrit autrefois par Lindley et représentée par la planche 39 du Sertum orchidaceum. Excursion aux Quatre-Pavillons. Par M. Bouchon. Le 19 avril, la Société Linnéenne faisait sa deuxième excursion de l'année, petite promenade de vulgarisation plutôt, puisque partis à 1 h. 1/2 de la place du pont à La Bastide nous étions de retour vers 6. h. 1/2. Une quarantaine de personnes, dont douze linnéens : MM. le docteur Llaguet, Breignet, docteur Boyer, docteur Baudrimont, docteur Manon, Courtel, Massart, Eyquem, Ballay, Godiflon, Malvezin et Bouchon, se trouvaient au rendez-vous du tramway de Beychac, qui nous emporte bientôt vers les Quatre-Pavillons. Le trajet est rapidement fait et nous commençons une promenade à travers bois où nous faisons quelques récoltes, rares malheureusement, car ici presque tout est clôturé. Notre dévoué Président obtient, pour la Société, la permission de visiter la propriété de M. De Montesquieu, parc fort bien entretenu, trop pour nous autres botanistes, mais où cependant nous remarquons une fort jolie collection de conifères. Du haut d'une terrasse, nous pou- vons jouir du magnifique panorama de la vallée de la Garonne et de Bordeaux, et là, à l'ombre de quelques arbres, nous faisons la détermi- nation des plantes trouvées par les botanistes et les invités que ces promenades scientifiques intéressent toujours; les quelques espèces récoltées sont bien communes, mais qu'importe, la journée est magni- fique et tout le monde est enchanté de cette après-midi de plein air et de bonne vulgarisation. A 6 h. 1/2 nous nous séparons, place du Pont, nous prometttant de nous retrouver à la prochaine excursion de la Société. PROCÈS-VERBAUX 55 Parmi les plantes récoltées, nous citerons : Symphytum luberosum L. Euphorhia pilosa L. — silvatica L. Hieracium Pilosella L. Linum angustifolium Huds. Poteniilla Fragariastrum Ehrh. Cerasus Padus D C. (planté?) Lathrxa clandestina L. Ophrys fusca Link. Orchis uslulata L. Carex pendilla Hiids. Séance du 20 mai 1914. Présidence de M. le D' B. Llaguet, président. M. LE Président adresse à notre collègue le Docteur Charron, qui vient d'avoir la douleur de perdre son père, les sincères et affectueuses condoléances de la Société; à M. Chaîne, qui vient d'être nommé pro- fesseur adjoint à la Faculté des Sciences, il adresse toutes les félicita- tions de la Société; il informe la Société que le Conseil d'administration vient de déléguer notre très dévoué collègue M. Daydie dans les fonc- tions de conservateur bénévole de nos collections. M. LE Président dépose les deux fascicules du travail de M. Chaîne sur « l'Anatomie comparative. Les tentatives de réforme du langage anatomique ». M. Baudrimont dépose deux notes de son regretté père le Docteur Edouard Baudrimont : 1° Recherche du principe actif de la digitale, 1878; 2» Exostose du tibia produite par une flèche en silex et provenant de fouilles faites dans quelques dolmens de l'arrondissement de Saint- Affrique (Aveyron), par M. Emile Lalanne. M. Eyquem demande que la communication qu'il fit le 7 mai 1913 (P.-V., tome LXVII, 3*^ livraison, mai, juin, juillet), soit ainsi rectifiée : « M. Eyquem annonce que dans une excursion de la Faculté de Médecine et de Pharmacie, excursion dirigée par M. Merlet, ce dernier a montré le Mathiola incana R. Br. ; M. Eyquem a pu reconnaître le Daphne Laureolata L. dans les bois de la même propriété. » M. Bardié fait remarquer l'intérêt qu'il y a à retrouver ces deux plantes, au portes de Bordeaux, dans la même localité. 5G PROCÈS-VERBAUX M. BoYER annonce qu'il a trouvé de nombreux échantillons de Pohj- porus squamosus^ bien développés sur un frêne; Lentinus squamosus, jeune, sur un arbre, près Arlac. Une variété de Psalliota campestris^ dont le chapeau est recouvert de nombreuses mèches, a été trouvée par M. Malvezin sur des ripes de bois. M. BusTARET, 41, rue Ferbos, désire connaître un membre de la Société Linnéenne s'occupant de coléoptères pour en faire la recherche et l'étude en sa compagnie. COMMUNICATIONS Compte rendu de l'excursion du 22 mars 1914, au Château de Certes (Audenge). Par M. Lacouture. Journée bien instructive et qui aurait été en même temps bien agréable si le temps avait été plus clément. Cependant, tout le monde fut large- ment dédommagé des copieuses averses qui s'abattirent sur les têtes, par la visite si intéressante, à tous les points de vue, du magnifique domaine de Certes comprenant à la fois la pisciculture, l'élevage et l'agriculture. A la gare de départ, à Bordeaux, les Linnéens présents sont : MM. Ba- raton, Baudrimont, Bouygues, Boyer, Courtel, Daydie, Fiton, Lacou- ture, Manon, Muratet, Rozier. Se joignent à eux des amis des sciences naturelles : M™''* Manon et Courtel, M"*^ Rozier, M. Georges Lacaze, M. Emilien Lacaze, M. Marcel Lacouture, M. F. Muratet. 6 h. 35 : le train s'ébranle, et nous voilà filant sur Facture où nous arrivons à 8 heures. Nous y rejoignent bientôt après : notre président M. le docteur Llaguet et M'"*^ Llaguet, venant d'Arcachon. Mais voici le petit train de la ligne économique; chacun s'y installe et quelques minutes après nous débarquons à Audenge. M. Descas, propriétaire du domaine de Certes, actuellement au Maroc, avait eu la délicate attention de déléguer auprès de nous M. Chaumette, son régisseur si aimable et si complaisant, pour nous guider au cours de notre visite. Après les présentations d'usage, la caravane se dirige à travers le PROCÈS-VERBAUX 57 bourg aux maisons coquettes, aux jardinets dont les premières fleurs viennent d'écl^re, vers le domaine de Certes. La visite de cette vaste propriété commence aussitôt; tout le monde est émerveillé de la façon pratique dont tout est agencé et utilisé. Après avoir visité les étables, la laiterie, les écuries, etc., les touristes se dirigent vers les réservoirs à poissons. Là, ils assistent à une pêche que l'on peut appeler miraculeuse. En effet, à l'aide d'un tramail tendu par le travers du premier bassin par deux marins montés sur une barque, un unique coup de filet, qui dure à peine trois minutes, ramène à bord une centaine de poissons environ d'un poids moyen de 5U0 grammes. Des attelages arrivent, ce sont cinq voitures que M. Chaumette a obligeamment fait préparer à notre intention. Nous y prenons place et nous voilà partis su- les digues bordant les immenses réservoirs. Mais quel temps! Par moments, la pluie que pousse la rafale, nous pique les joues à un tel point que nous avons l'impression d'être sous une tem- pête de grêle. Cela ne nous décourage pas et nous voici parvenus à une cabane qui se trouve à 4 kilomètres du point de départ. iNous descendons de nos véhicules pour nous metti'e un moment à l'abri. Quelques-uns de nous cependant, les intrépides, parmi lesquels une jeune fille que nous félici- tons de son courage, vont à pied, sous l'averse, jusqu'à l'angle du che- min s'avançant vers le bassin d'Arcachon. C'eût été cependant de la .témérité d'aller plus loin car déjà sont nombreux les chapeaux envolés, les parapluies retournés, les vêtements trempés et force nous est de rebrousser chemin. Nous n'oublions cependant pas que nous sommes Linnéens, aussi est-ce avec le plus vif intérêt que, malgré la bourrasque, nous écoutons les explications de nos cicérone en matière de pisciculture et d'ostréiculture : MM. Chaumette, Muratet, Llaguet, Lacaze. De retour au château, nous nous hâtons. vers un bon feu que nous a fait préparer M"^^ Chaumette et devant lequel nous séchons nos eff«^ts qui en avaient le plus ^rand besoin. Puis, nous visitons la partie réservée à l'élevage des chevaux de demi-sang, qui est un des plus intéressants de la région. A quelques pas de là, nous remarquons la station de pigeons voya- geurs fort ingénieusement installée en cas d'incendie et correspondant avec une autre station qui se trouve à plusieurs kilomètres dans la forêt, le tout étant combiné pour avoir des secours aussi rapid^^meni. que pcs- sible si besoin est. P.-V. 1914. 5 58 PROCÈS-VERBAUX Mais ces diverses promenades ont fortement aiguisé notre appétit et chacun réclame le déjeuner. A l'hôtel nous trouvons des camarades qui n'ont pas osé affronter le mauvais temps et vite nous nous mettons à table. Nous retrouvons sur la table sous forme de soupe aux poissons et de grillade une partie de la pêche gracieusement offerte par M. Descas. Les plats se succèdent. M. Llagaet, notre président, porte un toast charmant à M. Descas et- à sa famille, à l'aimable régisseur de Certes, aux invités, à la prospérité de la Société Linnéenne. Mais le temps passe, et nous devons continuer notre visite à Certes. Nous gagnons les digues, puis, par la gauche, nous arrivons aux cabanes de pêcheurs. A cet endroit, se trouve une vaste piscine publique destinée aux baigneurs qui, par toute marée, peuvent ainsi prendre des bains salés. Nous retournons au château et passons dans la salle d'expédition du poisson. M. Chaumette nous y explique le mode d'emballage et d'envoi des « muges » et des « anguilles ». Puis il a l'amabilité d'offrir à chacun de nous quelques poissons péchés en notre présence. 16 heures : Il est temps de nous»rpndre à la gare. M. Chaumette nous fait la gracieuseté de nous y accompagner et, chemin faisant, nous raconte l'espoir qu'il a dans le développement de cet immense domaine qui tend de plus en plus à s'industrialiser. Passant devant les écoles, M. l'Instituteur nous invite à y entrer. Il nous exphque l'œuvre magnifique que l'ancien propriétaire de Certes, M, Valeton de Boissières, a créée pour les enfants des communes d'Audenge et de Lanton. Grâce au legs important de ce philanthrope les enfants des écoles sont nourris et vêtus; un service de voitures les allant prendre à domicile durant les dures journées d'hiver assure la fréquentation réguhère de l'école. Nous remercions M. l'Instituteur de nous avoir fait connaître cette belle institution ainsi que le nom de l'homme de bien qui l'a fondée et qui a droit à la vénération de tous. C'est sur cette agréable impression que nous nous dirigeons vers la gare d'Audenge où nous prenons le train à 17 heures, fort satisfaits d'avoir vu dans cette journée des choses si instructives et si nouvelles pour nous. PROCÈS-VERBAUX 59 Séance du 3 juin 1914. Présidence de M. le D"' B. Llaguet, président. ADMINISTRATlOiN Sur la proposition du Conseil, M. Bonnier est élu membre d'hon- neur de notre société. A propos de l'excursion de dimanche et lundi derniers à Uzeste, Préchac, Villandraut, Bazas et Sainl-Come, M. le Président remercie vivement M. Castex de la parfaite organisation de cette excursion, qui a entièrement satisfait le public et les linnéens, présents surtout le deuxième jour. La collection de M. Castex, que l'on a pu visiter lundi, témoigne d'un travail soutenu, et fait le plus grand honneur à notre dévoué collègue. CORRESPONDANCE Lettre de M. Eyquem qui signale un champignon récolté par M. Merlet, le 29 mai, près du Coquillat (Léognan). Ce champignon et un equisetum envoyés par M. Eyquem sont soumis à la Société. COMMUNICATIONS M. Ballais présente des feuilles de rosier semblant panachées, un anagalUs trouvé par lui dans un marais près du Taillan et des échantil- lons de Gratiola officinalis. M. Bardié signale l'abondance do Lipparis salicis sur des peupliers de sa propriété. Il montre ensuite des échantillons à' Impatiens parvifl or a provenant du jardin de Talence. Ce serait la même espèce que M. l'abbé Labrie aurait reçue des environs de Gradignan et qui aurait été déter- minée à tort Impatiens noli tangere. M. Bardié distribue diverses plantes : orchidées, ophioglossum, tetragonolobus. . . rapportées de Bazas, Saint-Côme. M. Llaguet présente V Arnica montana, et nous en distribue égale- ment. M. Charron, secrétaire de la Société d'archéologie, nous a expédié, 60 PHOCÈS-VERBAUX pour être soumis à notre examen, des coucrétions métalliques cri-iises trouvées dans un champ près de Sainl-Sauveiir-de-Meilhau (Lot-et- Garonne). Elles paraissent formées d'un sel ou d'un oxyde de fer et renferment un peu de poussière ferrique rougeâtre. M. Sagaspe liécrit des anomalies dans la fleur de digitales pourpres venues dans les jardins de Saint-Genès. M. Ballais signale un pied de Saracenia où il a observé d€s mouches prisonnières. Il indique aussi des Dionœa, des drosera retenant des mouches. Toutes ces plantes sont cultivées chez M. le D'' Lalanne. Excursion de la Société Linnéenne du Dimanche 31 mai à Uzeste, Villandraut et Bazas. Pan M. Boyer. Cette excursion, l'une des plus agréables que l'on puisse faire aux environs de Bordeaux, s'est accomplie à la satisfaction de tous dans des conditions parfaites d'exactitude et de bonne organisation. Vingt-cinq personnes environ y ont pris part. Parmi les linnéens citons MM. Bara- ton, Courtel, Biget, Castex, Boyer, et parmi les autres participants M. et M™e Duffour, M^^ Courtel, M. et M™" Archambeaud ; plusieurs professeurs du lycée : MM. et leurs femmes; xM'ies Petitcol, Godin. Partis de Bordeanx-Saint-Jean à 7 h. 55, nous arrivions à Uzeste à l'heure fixée par le programme. M. Sigalas et un de ses amis venus en auto nous y attendaient. Nous visitons en leur compagnie la cathédrale mi-romane, mi-gothique d'Uzeste contenant le tombeau de Clément V; Son vieux clocher est analogue à celui de la cathédrale de Bazas. Après cetl.e visite, nous nous installons dans un confortable omnibus qui nous conduit à la Trave. Dans les ruines du cliâteau nous pouvons faire quelques récoltes. : une hellébore, etc. Une courte distance que nous parcourons à pied sur une belle route nous sépare de Préchac où a lieu le déjeuner. Dans la cour du restaurant nous remarquons une gigantesque et superbe glycine qui l'ombrage. Après avoir visité l'église romane dont l'intérieur est très bien conservé, et après avoir déjeuné, très joyeusement nous gagnons rapidement le Ciron où deux barques nous attendent pour nous transporter à Villandraut. L'impression unanime, recueillie pendant la descente du Ciron, est PROCÈS-VERBAUX 61 que le parcours est délicieux el vraiment digne d'attirer les excursion- nistes de très loin. Les bords escarpés et admirablement ombragés de la jolie petite rivière sont constitués par le grès aquitanien. Un court arrêt au château d'Illon nous permet de nous délasser et de visiter la rive droite qui présente des cou<'hes à huîtres fossiles. Dès notre arrivée à Villandraut, n(uis nous dirigeons vers le château dont la masse imposante pourrait faire Tobjet d'une longue description. Les tours, le chemin de ronde sont bien conservés et accessibles aux visiteurs. Da sommet de la plus haute tour 'nous admirons le paysage qui se déroula au loin dans tous les sens. A la sortie du château, sans perdre de t'-nips, nous rejoignons ime bonne voiture qui- nous attend pour nous conduire à Bazas. Sur la route, au passage, nous nous arrê- tons au gisement aquitanien de Gamachot où Ton trouve deux couches distinctes, la supérieure à Potamides, l'inférieure à Venus ambigua, et autres johs fossiles. Puis on remonte en omnibus dont plusieurs, y compris les jeunes filles, ascensionnent alertement Timpériale. Mais montés sur le faîte, nos agiles excursionnistes doivent bientôt en redes- cendre pour visiter la palombière de jVl. Coiffard, auquel nous adressons tous nos remerciements. Un épais tapis d'Orchis miUtaris, dans la lande, permet à plusieurs d'en faire ample récolle, avec d'autant plus de plaisir que cette plante est assez peu commune. Puis tous parcourent avec grand intérêt la longue palombière très importante et très bien organisée. On nous donne d'intéressants détails sur la capture des palombes; on nous montre, attachés à un balon de bois, des palombes appeaux aux yeux crevés pour leur éviter la peur. Elles sont destinées à faire descendre sur les arbres leurs congénères sauvages. Si ces dernières se posent en petit nombre sur les pins, le chasseur, caché sous l'abri des feuillages et des couloirs de la palombière, les tire à coups de fusil Si elles arrivent nombreuses, quand elles sont posées on abaisse brusquement de la cabane abri un bout de bois sur lequel est perchée une palombe aux yeux bandés pour qu'elle ne s'effa- rouche pas. Le bois s' abaissant, la palombe bat des ailes pour rétabhr son équilibre. A ce bruit celles qui sont sur les arbres croient que l'une d'entre elles descend, et à l'instar des moutons de Panurge, elles des- cendent à leur tour sur- le sol ou des filets traîtreusement dissimulés s'abaissent et les cipturent. Le procédé ne réussit pas toujours et les palombes restent parfois sur les arbres, mais le chasseur n'est pas pour cela à bout de ressources, car il envoie alors uijC palombe aux ailes atiachées et aux ypux non 62 PROCÈS-VERBAUX crevés, par un souterrain s'ouvrant au milieu des filets, et à l'extrémité duquel se trouvent des graias de blé : la palombe captive profite de l'aubaine et picore. Les palombes libres ont la funeste tentation d'en faire de même et elles descendent ; le filet s'abat, eUes sont prises. Si par hasard rien de tout cela ne réussit, le fusil, entre en jeu et massacre ce qu'il peut. Ainsi documentés sur les ruses de la chasse aux palombes, nous reprenons notre itinéraire interrompu et arrivons à Bazas en temps voulu; quelques excursionnistes vont même visiter la cathédrale avant de regagner l'hôtel Broustet. Le dîner nous trouve tous réunis. Au dessert iM. Boyer porte. un toast aux excursionnistes, il remercie vivement M. Castex qui a si bien .organisé cette excellente journée et il boit à la prospérité de la Société Linnéenne. Un professeur du lycée, M. N***, remercie, au nom des par- ticipants, de ia journée si agréable et si bien remplie qu'ils doivent à M. Castex et à la Société. Mais le temps presse et la plupart des excursionnistes désireux de regagner Bordeaux le soir même, se hâtent vers la gare où M. Castex, M. et M'ne Courtel, M. et M^e Archambeaud, qui restent pour la deuxième journée, viennent les accompagner et leur dire adieu. Après un bon voyage, vers 22 heures nous rentrons en gare de Bor- deaux tout heureux d'avoir participé à une excursion que tout a favo- risé, le temps d'abord incertain puis franchement beau, les attraits variés et une parfaite organisation. Séance du 1 7 juin 1914. Présidence de M. le D"' B. Llaguet, président. CORRESPONDANCE Lettre de iVI™'^ la baronne de Montesquieu qui, par une faveur toute spéciale, à. la veille de la fête delà rosière (29 juin), nous autorise à visiter le château de la Brède le jour de la fête linnéenne (28 juin). M. le Président l'en remercie, et il remercie aussi M. Vayssières qui sera le soir des nôtres. PROCÈS-VERBAUX 63 ADMINISTRATION Oa procède au vote sur la candidature au titre de membre auditeur de M. MiOusTiER (Michel), 1, rue du Commandant-Arnould, à Bordeaux, s' occupant de préhistoire et de botanique, présenté par MM. Bardié et Malvesin. M, Moustier est admis. M. LE Président présente une liste de souscription pour le médaillon à offrir au D'' Pitres, doyen honoraire de la Faculté de médecine, à l'occasion de sa promotion au grade de Commandeur de la Légion d'honneur. Plusieurs membres s'inscrivent comme souscripteurs. Sur le désir exprimé par quelques membres, M. Breignet a bien voulu dresser une liste répertoire des excursions faites depuis la fon- dation de la Société. Ce travail sera très utile aux membres chargés d'organiser les excursions. M. le Président donne lecture des statuts du Comité d'organisation des fêtes du centenaire, il l'accompagne de commentaires et expUcations. Le vote est remis à la prochaine réunion. Si après l'élection, des vacan- ces venaient à se produire, il y serait pourvu par un nouveau vote. M. LE D^ Manon se met à la disposition des jeunes naturahstes qui désireraient se documenter sur la capture, la préparation, le mode de conservation et de détermination des coléoptères et lépidoptères. Une leçon pratique sera faite par lui prochainement un jour de chaque semaine, de 5 heures à 7 heures ou de 8 heures à 9 heures du soir. Sur la demande de M. Doinet, M. le Président l'autorise à se procurer ce qui sera nécessaire pour la préparation des excursions et expositions mycologiques. COMMUNICATIONS M. DoiNET présente le dessin d'un Phallus caninus qui lui a été expédié par M. Daleau, un pluteus roseo albus trouvé ces jours derniers par M. Boyer, une planche de gomphidius viscidus. MM. DoiNET et Boyer ont examiné un champignon que M. Eyquem nous avait adressé à notre dernière réunion sous le nom de Clitocybe Merletii. Ce champignon est un Inocybe, dont nous n'avons pu déterminer l'espèce à cause du mauvais état de l'échantillon et aussi par suite de la dif- ficulté qu'il y a dans ce cas comme dans bien d'autres à se prononcer sur un échantillon isolé, la détermination n'étant souvent possible que si l'on 64 PROCÈS-VERBAUX possède plusieurs échantillons d'une même espèce à divers âges et états de développement. Sans pouvoir dire que le champignon soumis à notre examen est ou n'est pas l'Inocybe Merletii Q., nous ferons toutefois remarcfuer que divers auteurs ne voient dans cet Inocybe Merletii Q.. qu'une variété de Tlno- cybe tomentosa (Jung). Les concrétions ferrugineuses qui nous avaient été expédiées ont été examinées par M. Dufîour. Ce sont des géodes d'oxyde de fer (hmonite), avec gangues siliceuses et fer oolithi|U8 à l'intérieur. M. Castex présente un travail qu'il a fait en collaboration avec M. Lambert sur la révision des échinides tertiaires de Biarritz. Il en lit la préface et en donne un résumé. Ce Ir.ivail, destiné à nos Actes sera soumis à une commission composée de MM. Hozier, Peyrot et Neuville. M. Sagaspe présente une note et un dessin d'une digitale à fleurs anormales venue à l'école Saint-Genès. Sur la Digitale (.Digitalis pwpurea) Par M. J. Sagaspe. Monsieur le Président, Messieurs, Dans une précédente séance j'ai eu l'honneur de faire une communi- cation sur des phénomènes bizarres, des anomalies étranges présentées en mai 1914 par l'espèce Digitale pourpre. Tandis que d'ordinaire cette plante a des fleurs pourprées ou blanches, pendantes sous forme de clochettes, en long épi unilatéral, terminal, la corolle ventrue, glabre en dehors, velue et marquée en dedans de taches pourpres bordées de blanc, voici ce qui a été observé dans une allée du jardin de Saint- Genès, plantée de Digitale pourpre et de Lis blanc : 1" Vers le 8 mai, un pied de Digitale a neiif fleurs d'en bas épanouies ; chez celles-ci le diamètre de la corolle (d'environ 4 centimètres) est de dimension ordinaire; douze fleurs moyennes non ouvertes se présentent ensuite, et au sommet une fleur épanouie à deux pétales inégaux dont rnn est double de l'antre ou peu s'en faut. C.ette Digitale s'épanouit comme une Rose trémière. Cette fleur terminale, munie d'un pistil ayant l'ovaire à plusieiu'S PROCES-VERBAUX 65 loges, un stigmate non bifide, comme d'ordinaire, mais en petite massue et de douze étamines, le diamètre de la corolle mesurant 0'"08c d'un rebord extérieur à l'autre, et offrant aussi un calice à douze sépales au lieu de quatre et s'imbriquant, se revêtant pins ou moins les uns les autres, devait être photographiée; mais la pluie l'a déformée avant la réalisation du projet. Nous e!i avons fait un dessin approximatif don- nant une idée de l'ano- malie signalée. 2^ Vers le 18 mai, un autre pied de Digitale à fleurs blanches portait au sommet une tleur un peu moins grande que la pi'é- cédente, à la corolle à trois pétales séparés, éta- lés et enroulés même en dehors, un peu à la façon des pétaloïdes d'un Lis Martagon. Et cela, tandis que les fleurs moyennes étaient encore en bouton. 3° Le 23 mai, sur un troisième pied, voici en- core une fleur terminale mais gamopétale, à co- rolle un peu tubuleuse à la base, comme aux fleurs ordinaires, et ensuite largement étalée. Cette fleur est également épanouie avant beaucoup d'autres intermé- diaires. Le diamètre de son périanthe est de 0'"07. Ainsi des anomalies multiples et diverses se manifestent sur trois pieds distancés de Digitale, mais le phénomène étrange commun à tous, c'est l'épanouissement de la fleur terminale, composée des verticilles réunis de trois fleurs, avant celui des fleurs intermédiaires, et n'ayant guère de ressemblance avec les fleurs en clochettes de la Digitale. '{ ■" '^ "" "^*^"T^ ! -, . - -^ \ / ) \ ■ : 1 \ fft'.^ Breignet Racines luberculeuses de Fougères 51 DoiNET Présentation de dessins de Champignons 63 — Sur un Inocybe (Merletli ?) G3 DuBALEN -•••• Daphne laureola dans les régions sablonneuses des Landes 31 Eyquem Rectification botanique 55 Eyquem et Merlet Mathiola incana et Daphne laureola dans les environs de Bordeaux GG FiTON Hybride d'Erica letralix et à'E. ciliaris (E. Wal- sonij 73 Lalanne (D^") Présentation d'une Orchidée : Oncidinvi caloglos- sum. — Observations sur difTérentes formes à'Oncidium 53 Llagxjet (D»") Présente un bel échantillon de Polyporvs lucidus. 51 Malvesin Feuilles de chêne vertes en avril - 51 — Psalliofa campestris sur des éclats de bois 56 Motelay A propos du Compte rendu botanique de la 95'n« fêle linnéenne 33 Sagaspe Sur la Digitale 64 (1) La table des matières contenues dans les Actes se trouve à la page 437, ii la fin de la première partie du volume. 100 PROCÈS-VERBAUX ENTOMOLOGIE FiTON ; Variation de coloration des Hoplia .- 73 Manon (D') Captures d'Hydrselia incana 52 GÉOLOGIE Gastex et Lambert Présentation d'un travail sur les «Echinides tertiai- i"es de Biarritz » 64 MINÉRALOGIE Charron (D») Présentation de concrétions métalliques 59, 64 PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE Simon (René) Contribution à l'étude de la Digestion des tissus végétaux 87 ZOOLOGIE Llaguet (D'j Sur une formation dans le blanc d'un œuf de cane. 51 Malvesin Sur l'évolution des têtards de grenouille-. ■.■.■.-. ...-. . 74 Souleau.. Présente un œuf dont la coquille est hérissée de verrucosités calcaires 51 SouTHOFF (de) Note sur l'adaptation au milieu chez les Lézards de la famille « Lacertidseï> 36 SUJETS DIVERS Administration — Commission des Excursions : • • • • 21 Bulletin bibliographique 7 Comité consultatif du Muséum d'Histoire naturelle de Bordeaux 25 (Comité d'organisation des fêles du Centenaire , 63, 66 Conférences ....,,.,,.,,,.... 19, 20 DisLinclions honorifiques ._ 31j 36, 52, 74 Dons divers 19, 74 Excursions : choix de localités, nominations des Commissaires, etc. 32, 41, 51, 54 Installation du Bureau de 1914 19 Personnel de la Société : Admissions 32, 42, 52, 63, 72 Décès 52, 73 101 PROCES-VERBAUX Bardié (A.) Sur le Congrès préhislorique de Lons-le-Saulnier . 72 Baudrimont (D"- a.). ... Compte rendu de la visite faite le !«• mars 1914 au Musée d'Ethnographie et d'Études coloniales de la Faculté de Médecine de Bordeaux 42 — Compte rendu de l'excursion laite à Bazas et dans les environs, le !««■ juin 1914 66 Bouchon Excursion aux Quatre-Pavillons 54 BoYER (Dr) Conférence sur la Truffe 19 — Compte rendu des Travaux de la Société pendant l'année 1913 26 Excursion à Uzeste, Villandraut et Bazas 60 — Compte rendu de ta 96™« fête linnéenne à La Brède, le 28 juin 1914 74 Breignet Remise d'un Répertoire de toutes les excursions faites depuis la fondation de la Société 63 — Offre un portrait de Lalerrade 72 Castex Rapport de la Commission des Archives 21 Daydie Rapport de la Commission des Finances 22 — Nommé Conservateur des Collections de la Société 55 DuRÏiGNE Don d'un Album botanique peint par Chantelat 19 Lagouture Excursion au Château de Certes ( Audenge) 56 Laïaste (F.) Offre un presse-papier erpétologique par moulage d'animaux vivants 31 MuRATET (D') Rapport de la Commission des Publications 20 Bordeaux. — Imp. A. Saugnag «fe C'% place d'Aquitaine, 3. •^ r- m ^< POUR LA VENTE DES VOLUMES S'adresser : ATHÉaJÉE rue des Trois-Conils, 53 BORDEAUX 145 8^'^^ I n'