ACTES 9^- û h DE LA SOCIÉTÉ linnéè:nne DE BORDEAUX FONDÉE LE 9 JUILLET ISIS Kt reconnue comme établissement d'utilité publique par Ordonnance Royale du 1 5 juin 18. 28 Athénée >. %. Btte'^"' '''^ Rue des Trois-Conils, B3 ^'''•^jL l LX Sixième série : TOME X ^4- BORDEAUX Y. CADORET, IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ LINNÉEN-NE 17, HL'E POQUELIN-JIOLIÈRE, 17 1905 m ACTES LA SOCIETE LINNEENNE DE BORDE A.UX ACTES DE LA SOCIÉTÉ LTNNÉENNE DE BORDEAUX RONDÉE l_E 9 JUILLET ISIS Et reconnue comme établissement d'utilité publique pa/' Ordonnance Ror/alc du l o juin 18 '2 S Athénée Rue des Trois-Co.mls, 53 l LX Sixième série : TOME X BORDEAUX Y. CADORET, IMPRIMEUH DE LA SOCIÉTÉ I.I:\.\ÉE.\.\E 17, RUE POQUELI.X-MOLIÈUE, 17 1905 %oSZ8lo il --^^tàTT^ i^^L.,^ >^' ^s»c»-^^^ .^.j^ ^^ c^^r^^^,^ .^^ ^<^l^ji^ ^^^^yi^^ *■ pi~>JZ^.^<^^^ 7 <^?«J*7 ,^^ÏS^^^-^-y &1. '^ /JA:? «-F '/AjOJ ^ i-tli» — t~Tt/'î-^-:^ ùc— *i^«*- /' t^J^ ^.<>jCc_ <^'-H^ -<^e-t «S^^-^. / a-^ /^tA 7-/ f 'dS?. jfc- j' ^g . iT - ^ t 9-^ .ijSL^ ^^ ^ }^>w~! Cjb.-' .isaoi»' ^(j'»^ **=' ■^^ «. -^i^ ^ ^. '*^ ^'il--, 3>**,-x:>>_^ . ' .i2iL2)ii:&3r a y^CJ/'-^-f -^£^^i-^s^^ ' ' V,^j»__^>«.-=— 3^^ /fi^f\j->'f>jO-^*'y''^ 7' tH^-^j . ^-iA— "I^ ^iA-^a^ i4?3Wj!^c*_J ^je. ■^^ syj9-i^ '•ibo '■'^W;.^^ iîî*«r»,5^ /J ~/ -i»i V '■iji //'vs^fjtir-o- i^ l^'-'i-' M&i «-^VA, 4fi^-^ -Ct*^ ,. C, 7-/^ ^t^ , ~^ ^^"^-^^ ji-CCa-' ^^-t-t-^ /^"^t^^^.,.*^ . p^ ^-«:.>x*> -^' ^:>*^- ^f^-oy/^,.^ '^U^fy^,U^ ^j^^-^^^f,^ i?* '^. i *V />^ ^A-^-ïéï~»— -^ ^^ X /9r^^x,^^y>^^^^ ^<-*^=^^ ^.^»-wy^ .*^-tk^ <£^!'^'3&_^jit*-^^__j, c^ ^.^ / / pi^iSS^*J-xa^ZZ, /^tO'""^ ^<6''<«K»OlJ' ' ^/i^^j». sS>~« — 3i^*,x^_^ . ' .£fL2>ii:fc" iufy-yS-' pt^ aJl^ ^^4-: -- >«/ "T^- ^ -tÂc-^-^ » C i-.'t^ ^^Î^W-.^ JiJ^Ca^ ^.i^ct^ />^y^«.At__ p^ ■*-C/"XO 4^^ I L^.^^t^ ^^u^^^ê^ ^^STTTS^^ .Wï»*-/ y^^i^**^ -«"^ -2^25 ^euÛj^/a^r^st-^=>^=^~' '^i^'^'*^^ l^ 'ycTTy^ ^^^a^ c»,^f>»->- -^.« .. ^ .tf-^c 7' <*it*^i j^ta.» ^Ê^^aÙ y iS ^^. Aa -^ U^^Ji. ^_^,r^^7'4^^. â.f«^ £t^^^ ■7^- •^ c-^y^— Cf-^jfijp^ ^trv^-^ OKfv^-^ n<^'^Z^sL ^isfcr^^ "^.-jJtLb^ j:PaXZ ^Ktl.. r ,mJi> -?k.iB.*^T»*'W»wO e.J^xrz'^ £^in j4M^ ^ -^<^ ./*• ■/* ^"lO ^,^-V,a__-^^2c3^^^t^-»--^£i2^^I~~^^ . rr^^ ^^Kfcr-. ^^W*^.-^ 'iCj^ 'O^Co^UC-^ 7 4^6.^*<.*^-w ^..^ ^^y^i^^Z^f^^ jgjl^ej^ ">>-<»- -t^i-t-s^ ^/s^^feiÉr'jB-t/S^ ^i ^^3» i**^ **«--»— ^««-r ■r ,^ /;;^»»^tîf*'-^ CNl -), # A., à Villaudraut '.Gironde). Bardié (Armand), p A., 49, cours de Tourny. Baronnet, 221, rue de Saint-Genès. Barrère (Pierre), 35, rue Caussan. Beille (Di), ^s A., 13, rue de la Verrerie. Belly-Métairaux, 12, rue Voltaire. Billiot, 25, rue Borda. Blondel de Joigny, 9, rue Saint-Laurent. Boreau-Lajanadie, ^, 30, cours du Pavé-des-Chartrons. Boyer Dr G.), à la Faculté des sciences. Bouygues, ^, 146, rue Guillaume-Leblanc. Brascassat, 36, rue Marceau, Le Bouscat (Gironde). Breignet (Frédéric), ^ A., 10, rue de l'Eglise-Saint-Seurin. Brown (Robert), 99, avenue de la République, à Caudéran. Bruyère (D^), 9, rue Bardineau. Cadoret (Yves), 17, rue Poquelin-Molière. Dautzenberg (Philippe), 213, rue de l'Université (Paris). Daydie (Ch.), rue du Grand-Maurian, Bordeaux-Sainl-x\uguslin. Degrange-Touzin (Armand^, 53, rue de la Course. Deserces, 55, rue de Soissons. Devaux, S| I., 44, rue Millière. Directeur de l'Ecole de Sainl-Genès. Doinet (Léopold), 131, rue David-Johnslon. Dupuy (Dr Henri), à Villandraut (Gironde). Dupuy de la Grand'Rive (E.), 36, Grande-Rue, à Libourne. Durand-Degrange, Q A., ^, chàleau Beauregard, Pomerol (Gironde). Durègue, %» L, 309, boulevard de Gaudéran. Gard, iS A., j^, à la Faculté des sciences. Gendre (Ernesl), à la Facullé des sciences. Gineste (Ch.), 82, cours de Tourny. Gouin 'Henri), 99, cours d'Alsace-Lorraine. Grangeneuve (Maurice), 32, allées de Tourny. Gruvel, s» A., Maîlre de conférences à la Faculté des sciences. Guestier (Daniel), 41, cours du Pavé-des-Chartrons. Jolyet (Dr), ^, -y; I., à Arcachon. Journu (Auguste), 55, cours de Tourny. Kunstler, ^, Q L, à la Faculté des Sciences. Lafitte-Dupont (D""), Q A., 5, rue Guillaume-Brochon. Lalanne (D'' Gaston), p A., Castel d'Andorte, Le Bouscat (Gironde). I./alesque (D''), Président de la Société scientifique d'Arcachon. Lamarque (D^ Henri), 211, rue de Saint-Genès, Lambertie (Maurice), 42, cours du Chapeau-Rouge. Lawton (Edouard), 94, quai des Chartrons. Le Belin de Dionne, 0. ^, 41, cours du XXX-JuilIet. Leyinon (E.-M.), à Floirac (Gironde). Llaguet (B.), pharmacien, 164, rue Sainte-Catherine. Lustrac (de), 14, rue Malbec. Max-well, C^^ A., 37, rue Thiac. Mestre, 28, rue Raze. Muratet (Df Léon), ^l A., 1, place d'Aquitaine. Nabias (D'' de), ^, ^y; L, 12, rue Porte-Dijeaux. Neyraut, 14, rue Cité Feylit. Pépin (Charles), 110, rue Notre-Dame. Peragallo (Commandant), 0. ^, 13, rue Leyteire. Perdrigeat, à Rochel'ort-sur-Mer. Peytoureau (D'), 14, cours de Tourny. Pitard, »J A., Ecole de médecine. Tours. Preller (L.), 5, cours de Gourgue. Queyron, médecin-vétérinaire, Grande-Rue, La Réole. Reyt (Pierre), à Bouliac (Gironde). Rodier, ^ L, 90, rue Mondenard. Sabrazès (D'), SJ A., 26, rue Boudet. Saint- André (de). Le Bouscat. (Gironde). Sallet (Dr), à La Soulerraiiie (Creuse). Sarthou, ^, pharmacien-major de 2e classe, 208, roule d'Espagne. Sauvageau (Camille), professeur à la Faculté des sciences, Bordeau.x. Tribondeau (D''), âj A., professeur à l'Ecole du Service de sanlc de la marine. Vassillière, ^, # I., G. ^, 52, cours SaiuL-Médard. Viault (Di'), Q L, place d'Aquitaine. MEMBRES CORRESPONDANTS (Les membres dont les noms sont marqués d'une -^ sont cotisants et reçoivent les publications). ]NLM. Archambaud (Gaston^, 1), rue Bel-Orme. -k Arnaud, rue Froide, à Ang-oulème. Aymard (Auguste), aj L, directeur du Musée, au Puy. Beaudon (D'), à Mouy-de-l'Oise (Oise). Bellardi, membre de l'Académie royale des sciences, à Turin, li^ Blasius (W.), prof. Technisclie-Hochschule Gauss-Strasse, 17, à Brunswick. Boulenger, British-Museum, à Londres. Bouron, 2-i, rue Martrou, à Rochefort-sur-Mer. Boutillier (L.), à Roucherolles, par Darnetal (Seine Inférieure). Bucaille (E.), 71, cours National, à Saintes. Capeyron (L.), à Port-Louis (Maurice). Carboniùer, '^, 41 A., à Paris. Charbonneau, 253, rue Mouneyra, Bordeaux. -k Choffat (Paul), 13, rue Arco a Jésus, Lisbonne (Porlugal'l. Clos (Dom), ^, Q L, directeur du .Jardin des Plantes, 2, allées des Zcphirs, à Tou- louse. Collin (.Jonas), Rosendals Yej, 5, à Copenhague. Contejan (Charles), prof, de géologie à la Faculté des sciences de Poitiers. ■A- Crosnier (.1.^., rue d'Illiers, à Orléans. -A- Daleau (François), à Bourg-sur-Gironde. •k Debeaux (Odon), 0. ^, 23, rue Auber, à Toulouse. Denis (Fernand), ingénieur civil, à Chauny (Aisne). Douhet, à Saint-Emilion (Gironde). Drory, ingénieur à l'usine à gaz de Vienne (Autriche). ■j^ Dubalen, directeur du Muséum, à Mont-de-Marsan (Landes). Dupuy de la Grand'Rive, boulevard Arago, 10, à Paris. -A- Ferton (Ch."), chef d'escadron d'artillerie, à Bonifacio (Corse). ^ Fischer (Henri^, 51, boulevard Saint-Michel, à Paris. Foucaud, S.X L, au .Jardin de la marine, à Rochefort (Charente-Inférieure). Fromental (D'' de), à Gray (Haute-Saône). Gobert (D"' E.), à Mont-de-Marsan. Gosselet, ^, ^ L, doyen de la Faculté des sciences, rue d'Anlin, 18, à Lille. Hansen (Karl), 6, Svanholmvej, à Copenhague. A" Herinann, 8, rue de la Sorbonne, à Paris. vil Horvath (Dr), directeur de la seclion de zoologie, à Budapesth. Hidalgo, Huerlad, n» 7, dupl. 2<^ dereclia, à Madrid. -k Ivolas, 64, rue Boisdenier, Tours. Jacquot, 0. '^, inspecteur général des mines en retraite, directeur honoraire du service de la carte géologique détaillée de la France, 83, rue de Monceau, à Paris. Jardin (Edelestan), à Brest. Jouan, ^, capitaine de vaisseau, rue Bondor, 18, à Glierbourg. Lalanne (Abbé), à Saint-Savin (Gironde). Lamic, 2, rue Sainte-Germaine, à Toulouse. Lange (Joh.), professeur de botanique à Copenhague. Lartet, 1» I., professeur de géologie à la Faculté des sciences, rue du Pont-Tounis, à Toulouse. ik Lataste (Fernand), à Cadillac, Lisle du Dreneuf (de), à Nantes. Lortet, ^, jS L, directeur du Muséum, à Lyon. Marchand (D'), père, à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde). Meyer-Eymar (Ch.), professeur de paléontologie, 15, Gesner- Allée , à Zurich (Suisse). ■^ Mège (Abbé), curé de Villeneuve, près Blaye. MûUer, à Copenhague. Nordlinger, professeur, à Suttgard. if Oudri (Général), G. 0. i^, à Durtal (Maine-et-Loire). •k Oustalet, ^, iS L, 61, rue Cuvier (Jardin des Plantes), Paris. ■A- Paris (Général), C. i^, à La Haute-Guais, par Dinard (IJle-el-Vilaine). Parrique, 32, rue de la Bourse, Saint-Etienne (Loire). if Péchoutre, au lycée Buffon, à Paris. if Peyrot, Q A., prof, de physique au Lycée. Preud'homme de Borre, conservateur au Musée royal, 19, rue Dublin, à Ixelles, près Bruxelles. if Ramon-Cajal, laboratoire d'histologie de la Faculté de médecine de Madrid. if Ramond-Gontaud, SJ A., assistant de géologie au Muséum d'histoire naturelle, 18, rue Louis-Philippe, Neuilly-sur-Seine. Regelsperger (G.), 85, rue de la Boétie, à Paris. Revel (Abbé), à Rodez. Rochebruiie (de), p L, 55, rue ButTon, Paris. if Rondou, instituteur, à Gèdre (Plautes-Pyrénées). San Luca (de), à Naples. Scharff (Robert), Bœkeinheimer Anlage, 44, à Francfort-sur-Mein. Serres (Hector), ^, à Dax. ■A- Simon (Eug.), 16, Villa Saïd, à Paris. Van Heurk, directeur du Jardin botanique, rue de la Santé, 8, à Anvers. if Vasseur, professeur à la Faculté des sciences, à Marseille. Vendryès, chef de bureau au Ministère de l'Instruction pubHque, 44, rue iNIadame, à Paris. Verguin (Louis), capitaine d'artillerie, villa Raphaël, boulevard du Littoral, à Toulon. if "Westerlunde (D""), à Ronneby (Suède). VIII Liste des puMcations périodiques reçues par la Société I. — Ouvrages donnés pp.r le Gouvernement français. Ministère de rin.slrucUon publique : Académie des sciences (InsLilul de France). Comples rendus hebdomadaires des séances. Bibliographie générale des travaux hisloriques et archéologiques publiée par les Sociétés savantes de France. Comité des travaux historiques et scientifiques. Nouvelles archives du Muséum d'histoire naturelle de Paris Annuaire des Bibliothèques et des Archives. Revue des Sociétés savantes. Ministère de la Marine : Bulletin de la Marine Marchande (Suite du Bulletin des Pèches Maritimes). 11. — Sociétés françaises. Amiens. — * Mémoires de la Société Linnéenne du Nord de la France. A\GOULÈME. — Annales de la Société d'agriculture, sciences, arts et commerce du département de la Charente. Arcachox. — Société scientifique. Station biologique. AuTux. — Bulletin de la Société d'histoire naturelle d'Autun. AuxERRE. — Bulletin de la Société des Sciences historiques et naturelles de l'Yonne. B.vGxisRES-DE-BiGORRE. — BuUctin de la Société Ramond. Bar-le-Duc. — Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc. Beauvais. — Bulletin de la Société d'horticulture, de botanique el d'apiculture de Beauvais. Besaxçox. — Mémoires de la Société d'émulation du Doubs. Béziers. — Bulletin de la Société d'études des sciences naturelles. BOXE. — Académie d'Hii^pone. Bordeaux. — Bulletin de la Société de géographie commerciale de Bordeaux. — Annales de la Société d'agriculture du département de la Gironde. — Nouvelles annales de la Société d'horticulture du département de la Gironde. — ~ Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux. (') Les Sociétés marquées d'un astérisque sont celles dont les publications ne sont pas parvenues à la Société Linnéenne dans le courant de l'année 1904. Messieurs les Bibliothécaires de ces Sociétés sont priés d'en faire l'envoi dans le plus bref délai. ]X Bordeaux. — Procîs- verbaux cl Mémoires de la Sociélé des Sciences physiques et naUirelIcs de Bordeaux. — Observations pluvioméLrlqiies eL lliermomélriqaes i'ailes dans la France méridionale eL plus spécialement dans le département de la Gironde. — Bulletin de la Sociélé d'études et de vulgarisation de la Zoologie . agricole. Bourg. — Bulletin de la Sociélé des Naturalistes de l'Ain. Brest. — Bulletin de la Société académique de Brest. Caen. — Mémoires et Bulletins de la Société Linnéenne de Normandie. Carcassoxxe. — Bulletin de la Sociélé d'études scientifiques de l'Aude. Chaloxs-sur-Marxe. — Mémoires de la Société d'agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne. Cuari.eville. — * Bulletin de la Société d'histoire naturelle des Ardennes. Chateauroux. — Bévue du Berry. Cherbourg. — Mémoires de la Sociélé nationale des sciences naturelles et mathéma- tiques de Cherbourg. Dax. — Bulletin de la Société de Borda. Dijox. — * Mémoires de l'xlcadémie des sciences, arls et belles-leltres de Dijon. Laxgres. — Bulletin de la Société des sciences naturelles de la Haute-Marne. La Bochelle. — Académie de La Bochelle. Section des sciences naturelles. Le Havre. — Bulletin de la Société géologique de Normandie. Le Maxs. — Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arls de la Sarlhe. Le Puy. — Annales de la Sociélé d'agriculture, sciences, arts et commerce du Puy. Levaluois-Perret. — Annales de l'Association des Naturalistes. Lille. — Sociélé géologique du Nord. Limoges. — La Bévue scientifique du Limousin. Lyox. — Annales de la Société Linnéenne de Lyon. — Annales de la Sociélé botanique de Lyon. Macox. — Bulletin trimeslriel de la Société d'histoire natui^elle. Marseille. — Annales du Musée d'histoire naturelle de Marseille. — Bépertoire des travaux de la Société de statistique de Marseille. — Annales de la Faculté des sciences de Marseille. — Bévue horticole des Bouches-du-Bhone. Montpellier. — Académie des sciences et lettres de ?iIontpellier (Mémoires de la section des Sciences). MouLixs. — Bévue scientifique du Bourbonnais et du centre de la France. Naxcy. — Mémoires de l'Académie Stanislas. — Bulletin de la Société des sciences naturelles et Béunion biologique. Naxtes. — Bulletin de la Sociélé des sciences naturelles de l'Ouest de la France. Nîmes. — Bulletin trimestriel de la Sociélé d'horticulture du Gard. — Bulletin de la Société d'étude des sciences naturelles de Nîmes. Niort. — Bulletin de la Sociélé de botanique des Deux-Stvres, de la Vienne et de la Vendée. Nogext-sur-Seixe. — La Bûche (Bulletin de la Société d'apiculture de l'Aube). Orléans. — Mémoires de la Sociélé d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts d'Orléans. Paris. — Société géologique de France. — Journal de conchyliologie. — Association frant^aise pour l'avancement des sciences. — L'Intermédiaire de l'AFAS. — Bulletin mensuel de l'Association française pour l'avancement des sciences (Hemplace l'Intermédiaire de l'AFAS;. — Bulletin de la Société botanique de France. — Revue générale de botanique (G. Bonnier). — Journal de botanique (L. MorotV — La Feuille des jeunes naturalistes. — Bulletin de la Société philomalhique de Paris. — Société de Secours des Amis des sciences. Comptes rendus annuels. — Société zoologique de France. — Société entomologique de France. — L'Omis. Bulletin du Comité ornithologique international. — La Revue des Idées. Perpignan. — Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées-Orientales. Rennes. — Travaux scientifiques de l'Université de Rennes. RocHECHOUART. — Bulletin de la Société « Les Amis des sciences et arts de Roche- chouart ». Rouen. — Bulletin de la Société des x\mis des sciences naturelles de Rouen. Semur. — Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles. Toulouse. — Mémoires de l'Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres. — Bulletin de la Société d'histoire naturelle. Troyes. — Mémoires de la Société académique d'agriculture, des sciences, arts et belles-lettres du département de l'Aube. Vals. — Revue des hybrides franco-américains, porte-greffes et producteurs directs. Vannes. — Bulletin de la Société polymathic[ue du Morbihan. Verdun. — * Mémoires de la Société philomalhique de Verdun. III. — Sociétés étrangères. Allemagne. Berlin. — Zeitschrift der Deutschen geologischen Gesellschaft. — Zeitschrift i'iir Ethnologie. — * Annales mycologici. — Verhandlungen des botanischen Vereins der provinz Brandenburg. — * Mittheilungen and Bericht aut dem zoologischen Muséum zu Berlin. Bonn. — Verhandlungen des naturhistorischen Vereins. — Sitzungsberichte der Niederrheinischen Gesellschaft fiir Natur und Heil- kunde. Brème. — Abhandlungen herausgegeben vom naturwissenschafllichen Verein zu Bremen. Francfort-sur-Mel\. — Bericht and Abhandlungen der Senckenbergischen Nalur- forschenden Gesellschaft. GiESSEN. — * Bericht der Oberhessischen Gesellschaft fiir Natur und Heilkunde. XI Halle. — Nova acta Academias Cœsarae Leopoldino-Carolinœ Germaniae nalurœ curiosoriim. Hambourg. — Jahrbuch der Hamburgischeii wissenschal'llichen AnsLallen. Klel et Helgolaxd. — WisseiLscliaflliche Meercsuntersuclingen, lierausgcg'eben von der Kommis.sion zur wissen.schafllicheu Unlersuchung der deulschen Meere in Kiel und der bioloyischen Anslalt auf Helgoland. Kœmgsberg. — Schril'len der physikalisch-ôkonomischen Gesellschaflzu Kônigsberg. Leipzig. — Zoologischer Anzeiger. Mu.MCH. — Malemalisch-physikalischen Classe der K. 13. Akademie der Wissenschaf- ien zu Munchen. — Gorrespondenz-Blall der deulschen Gesellschafl l'iir anthropologie, ethno logie und urgeschichte. Wiesbadex. — Jahrbucher des Nassauischen vereins fur Nalurkunde. Alsace-Lorraine. Metz. — INIémoires de l'Académie des lettres, sciences, arts et agriculture. — Bulletin de la Société d'histoire naturelle de Melz. Australie. Sydxey. — Records ot' Ihc Auslralian Muséum. — Nombreuses autres publications. Autriche-Hongrie. Briinx. — Verhandlungen des nalurforsehenden vereines in Briinn. — Bericht der meteorologischen Commission. Budapest. — Annales historico-naturales Musei nationalis Hungarici (Fait suite au <' Termeszetrajzi tuzeteck »). Cracoyie. — Bulletin international de l'Académie des sciences (Comptes rendus des séances). Graz. — Miltheilungen des naturwissenscharilichen Vereins l'iir Steiermark. Viexxe. — Akademie der Wissenschal'tlichen (Sitzungsberichte). — Mittheilungen der Erdbeben commission. — * Annalen der K. K. nalurhistorischen Hol'museums. — Verhandlungen der K. K. zoologisch-botanischen Gesellschal't. — Jahrbuch and Verhandlungen der K. K. geologischen Reichsanstalt. Belgique. Bruxelles. — Académie royale des sciences, lettres et beaux arts de Belgique : — Mémoires de l'Académie ; — Bulletin de l'Académie (Classe des sciences); — Mémoires couronnés et Mémoires des savants étrangers; — Mémoires couronnés et autres Mémoires; — Extraits des Mémoires du Musée royal d'histoire naturelle de Belgique; — Annuaire de l'Académie. XII Bruxelles. — * Annales du Musée du Congo. — Bulletin de la Société royale de botanique de Belgique. — Bulletin de la Société belge de géologie, de paléontologie et d'hydro- logie. Nouveaux Mémoires. — Société entomologique de Belgique. — * Annales de la Société malacologique de Belgique. Liège. — Annales de la Société géologique de Belgique. — Mémoires de la Société royale des sciences de Liège. Brésil. Rio-DE- Janeiro. — * Archivos do Museu nacional. Canada. Québec. — Le Naturaliste Canadien. Ottawa. — Geological and natural history Survey of Canada. — Nombreuses publications. Chili. Santiago du Chili. — Actes de la Société scientifique du Chili. Valparaiso. — Revista'chilena de historia natural. CosTA-RicA (République de). San-José. — Instituto fisico-gcograrico. Danemark. Copenhague. — Académie royale des sciences et lettres du Danemark : — Mémoires et Bulletins. — Videnskabelige Meddelelser Ira den naturhistoriske forening. Espagne. Madrid. — Sociedad espanola de historia natural. — Goniision del Mapa Geologico de Espana. — Trabajos del Laboratorio de investigaciones biologicas de la Universilad de Madrid ^Continuation de la « Revista trimestral Micrografica »). États-Unis. Boston. — * Boston Society of natural history. Brooklin. — The muséum of Ihe Brooklyn Institute of arts and sciences. Cambridge. — Bulletin of the Muséum of comparative zoôlogy. CiiAPEL-HiLL (Raleigh). — Journal or the Elisah Mitchell scientific Society. Chicago. — Field Columbian Muséum. Cincinnati. — * Bulletin of the Lloyd library of Botany, Pharmacy and Materia medica. xm GuLORAUo. — Colorado Collège sLudies. Hamiltoa'. — Journal and Proceedings of Ihe Hamilton scienlilic Assoclalion. Madison. — * Transactions of Ihe Wisconsin Academy of sciences, arls and lellers. — Wisconsin geological and nalural hislory Survey. MoxTAXA. — Bullelin Universily of Montana. New-Hayex. — * Transactions of Llie Gonnecticut Academy of arls and sciences. New-York. — Annals of llie New-York Academy of sciences. — * Bullelin of ihe American Muséum of Natural history. Philadelphie. — Academy of Natural sciences : Proceedings. — Journal. — Proceedings of Ihe American philosophical Society. RocHESTER. — * Proceedings of the Rochester Academy of sciences. Saixt-Louts. — Transactions of the Academy of sciences. — Missouri botanical Garden. Salem. — * American Association for the Advancement of sciences. TopEKA. — * Transactions of the Kansas Academy of sciences. TuFTS. — Tufts Collège sludies. Urbana. — Bulletin of the lilinois-State laboralory of nalural hislory. Washington. — Smil/isonian InsLitution : Annual report of the Board of Régents of the Smithsonian Institution. Smithsonian contributions to knowledge. U.-S. Nacional Muséum : Proceedings, Bulletin and annual Report. Smithsonian Miscellaneous collections. — Département de l'Agi'icidlure : North american fauna. Grande Bretagne. Dublin. — Royal Dublin Society : Economie proceedings, Scienlific proceedings, Scienlific transactions. Edimbourg. — Proceedings of the royal physical Society. Liverpool. — * Proceedings and Transactions of Ihe Liverpool biological Society. Londres. — * Hooker's icônes plantarum. — The Quarterly journal of the geological Society. — Geological literalure. — Proceedings of the geologist's-Association. Inde. Calcutta. — Asiatic Society of Bengal : Journal, Proceedings. — Geological Survey of India : Memoirs, Records, Palœontologia indica. Italie. Bologne. — Accademia délie scienze dell'Inslituto di Bologna : Memorie y Rendi- conlo. Milan. — Atti délia Societa ilaliana di scienze naturali e del Museo civico di Sloria naturale. — Memorie. XIV PiSE. — Alli délia Sociela loscana di scienze naturali. Rome. — ALti dea Reale Academia dei Lincel : Rendicontl. — Bolletino del Real ComilaLo geologico d'Ilalia. — Annali di Bolanica. — Bolletino délia Sociela geologica ilaliana. — Annuario del R. InsLilulo botaiiico di Roma. SiEXA. — Builetino del laboratorio ed orlo bolanico. Japon. Tokyo. — The Tokio impérial Universily of Japaii. Calendar. — Annolaliones zoologicœ japonenses. Mexique. Mexico. — Memorias y Pievista de la Sociedad cientifica » Antonio Alzate ». Natal. PiETERMARiTZBURG. — Report of the geolog'ical Survey of Natal and Zululand. Pays-Bas. Leyde. — Botanisches centralblatt. NiJMEGEN. — * Nederlandsch kruidkundig archiet'. — Prodromus tlorae batava?. ' Pérou. Lima. — Boletin del Cuerpo de Ingenioros de Minas del Perù. Mlnisterio de Fomento. Portugal. Lisbonne. — Communicaçoës da seccâo dos trabalhos geologicos de Portugal. — Commission des travau.v géologiques de Portugal. — * Broteria. Revisla de sciencias naturaes do coUegio de S. Fiel. Porto. — Annaes de sciencias naturaes. RÉPUBLIQUE ArGENTI.XE. Buenos-Ayres. — Museo nacional : Anales, memorias, communicaciones. Cordoba. — * Boletin de la Academia nacional de ciencias en Cordoba. ■Russie. Helsixgfors. — * Acta Societatls pro i'auna et flora i'ennica. — * Meddelanden al' Societas pro fauna et flora fennica. KiEw. — Mémoires de la Société des Naturalistes de Kiew. Moscou. — Société impériale des Naturalistes de Moscou. XV Saint-Pétersbourg. — * Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg'. — Acta Horti Petropolitani. — Comité géologique de Saint-Pétersbourg : Mémoires et Bul- letins. — Ilorae Societalis entomologicse rossicse Suède et Norvège. Christiania. — Nyl Magazin for Nalurvidenskaberne. LuxD. — Acta universitatis Lundensis. Stockholm. — Kungliga svenslca Ventenskaps-Akademiens : Handlingar; Bihang ; Ofversigt; Arkiv fiir Botanik, Kemi-mineralogi, Zoologi. — * Sveriges geologiska underskôning. — Geologiska fôreningens fôrhandlingar. — Entomologisk tidskrift. Upsala. — * Bidrag till en Lefnadsteckning of ver Car von Linné. — Publications diverses de l'Université. Suisse. Bai.e. — Bericht iiber die Verhandlungen der naturforschenden Gesellschaft. Pribourg. — Bericht der naturforschenden Gesellschaft. Genève. — * Annuaire du Conservatoire et du jardin botanique de Genève. — * Institut national genevois : Mémoires et Bulletins. — Mémoires de la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève. — Bulletin de l'herbier Boissier. Lausanne. — Bulletin de la Société vaudoise des sciences naturelles. Neuchatel. — Bulletin de la Société neuchâteloise des sciences naturelles. Zurich. — Vierteljahrschrift der naturforschenden Gesellschaft. Uruguay. Montevideo. — Anales del Museo nacional. IV. — Ouvrages divers. Bardié (A.). — Excursion à la Montagne Noire, à Minerve et à Carcassonne [Ext. Bull. S.-O. Club Alpin fr., Bordeaux, 1902). — Une herborisation à Tarragone, Bordeaux, 1904. D'' Beille. — Précis do botanique pharmaceutique, Lyon, 1904. Brunard (A.). — De Saint-Claude à Thoirj'y {Ext. Bull. Soc. nal. de l'Ain, 1902). — Dans les lacs et les marais du Jura méridional {Ext. Bull. Soc. nul. de l'Ain, 1902). Canu (Ferdinand). — Exploration scientifique de la Tunisie. Etude des Bryozoaires tertiaires recueillis en IfiSS et 1886, par M. Ph. Thomas, dans la région sud de la Tunisie. Choffat (Paul). — Les tremblements de terre de 1903 en Portugal, 1 pi. [Exl. T. V. des Comm. s'-rv. géol. de l'oiiugal, Lisbonne, 1904). XVI DoLLFUS (G. -F.) el Ramonu (G.). — Eludes g-éologiqucs dans Paris el sa banlieue, IV. Le cliemin de fer de Paris à Orléans aux abords de Sainl-AIicbel-Monllliéry (Seine-el-Oise) (Ext. C. R. Ass. fr. Av. Se, Angers, 1903). DuRÎîGXE (E.). — La Grande-MonLagne de La Tesle-de-Buch {Ext. A/ui. Club Alpin fr., Paris, 1904). FoRiR (H.), Habets (A.) el Lohest (Max). — La géologie el la reconnaissance du ter- rain houiller du nord de la Belgique, Liège, 1904). Gard (M.). — Le crin végétal produit par le ( lO >oo lO ^ !5 ^ .■ O lO ro f>» >> o f- r *) >^ ^H ■X^ lO o o O o 1 "■ cd L'ï co c^i ^ ~; O f/j a ^^"_ ^,-. LO n- f-- ? -J .- o .■ — 1 O .^ — .^ o ■■ — > 1^ — ' rjC l.O ^ o jr c_ .- % ,'"■, ^ '^ ^ -* ÛO y. •<î C^ ^^ f- 5^. =" -^ (> ^ ^ --; " o o Cl. O -^ ci tu ri C > -5 =! ;: >^ o 70 ■f: c CJ cd 0, c ^5 t c ■a- < X < -^ K O ■Si S 0, s c "S rr.' o s w ce ri r c^ •-^ -o ~, :-- -^ rj OJ -o fcc •r. ri O S 9 ^ ^ ^C c -S ri 5 s v 'ri o C ^ ^ ^^ -^ ■n h^ t [c; irj (— cio ce (>i ~. -^ c^j + > XXVI Chapitre VI. — Les profits et pertes présentent une augmentation de 17 fr. 05 sur la somme de 23 fr. prévue au budget. DÉPENSES Chapitre I, — Les frais généraux se sont élevés à 396 fr. 90; soit en moins 69 fr. 10 sur les prévisions budgétaires. Chapitre II. — Les dépenses concerhant les publications de 1904 (actes et procès-verbaux du tome LIX. Planches et frais d'envoi) ont été seulement de 650 fr. 75; soit un moins de 1.749 fr. 23 sur les évaluations prévues. Mais cette différence n'est qu'apparente : par suite de circonstances imprévues, les publications ont subi des retards regrettables. Une partie des travaux de 1904, représentant environ une dizaine de feuilles d'impression, ne pourra être publiée qu'en 1903, et un crédit spécial de 800 fr. figure à ce titre au budget de l'exercice courant, La différence réelle, en moins, pour les dépenses de cette nature, est donc d'environ 9i9 fr. 25. Le crédit réservé pour le complément du tome LVIII (année 1903) n'a pas été consommé en entier, et une économie de 67 fr. 50 a été réalisée sur le chiffre prévu. Chapitre III. — La somme prévue 300 fr. n'a pas été atteinte : les dépenses de la bibliothèque font ressortir un moins de 47 fr. 20. Seul le chapitre IV (Souscriptions et fête Linnéenne) présente un excédent de dépense de 7 fr. 50. Chapitre V. — Par suite de toutes les différences signalées, la somme prévue comme réserve atteignait au 31 décembre 1904 le chiffre de 3.106 fr. 97. Cette somme se trouvait réprésentée comme suit : Compte courant à la Société Bordelaise. . . F. 3.005 01 En caisse : espèces 101 96 Total . . F. 3.106 97 En conséquence, la Commission des Finances, n'ayant eu à cons- tater que la régularité des comptes qui lui ont été soumis et des ju.s- lifications qui lui ont été présentées, ne peut que vous demander, Messieurs, de vouloir bien donner décharge à votre Trésorier de sa parfaite gestion pour l'année 1904. XX VIT o 0) Œ D O û. H O û 3 UJ û I- UJ o a. ■ rn ^ ^ £— ^ \- — w O C5 s =-■ O o ^ l^ o o ^-« o •^ m U— ( ^ o o ift o r^ o '-0 f<, Ln , -t ce wr^ i?s C/i H c» o ^ ■^ lO ^ ^ ""^T" .2 0^ p o o ^ ■W ^ rt P c c c .13 -CL "c o < -n c c3 -E cd C s o > 3 a c c o -o E-i C- H % f 0. o s h2 ^ < ■r a. < c P c: "o _0. _a. "S > "c5 •j ^ ^ c C ■H i _o ■-i O) c zi 5 c: -5 £ -c o o -5 -d Ti rt r^ £ ^ 3 c x: :i ^ -ï — ' O o o &- <-> r^ X |JH <: S'UIXIdVUO - >; > (X! r; ^ ^ r- H Ci % cJ '-»: ir o O C c ^ o <-( ■h c «> f^ Lt O CN o ^ 66 c^ <» '7^ cr ---l- -; o '= ï «: o o o c (T o -^ o S L*" s^ u- •^ ,^ -SI ïî C O o ^ C C c c =- F rt c? "- S^ K "Si J 77 a (M (>J -a' es c_ .f b ZJ E a -rj (M -c "E F-i c-< c CL &, ce -S D £ 0) < ? •a. -"al 'rë I 0. C 'S a] "â o o 1 "c; c o O c 'c a -* iC 0. 03 -y rS ce et ' = ^ _-^N, OJ t4 L c a G. "c i; c > a. c o = en cr p: o l> cï: ai SSHlIdVHO 1- s > > .-; > XXVIII Le projet de budget qui vous est soumis, Messieurs, a été établi en se basant sur les considérations qu'a su faire valoir d'une façon très détaillée et très complète M. le Rapporteur du budget de 1903. Il me paraît superflu de vous les énoncer de nouveau. Vous remarquerez qu'aux dépenses les fonds de réserve ont été élevés à 1.104 fr. 97. Voire Commission a estimé qu'il conviendrait de renforcer sensiblement cette partie du budget pour permettre à la Société de faire face à toutes les éventualités. Elle peut recevoir en effet des travaux d'une importance exceptionnelle, nécessitant des planches en phototypie ou en impressions polychromes d'une exé- cution dispendieuse, et il serait regrettable que, par suite d'une insuffisance de crédits, elle se trouvât dans l'injpossibilité d'en faire la publication dans ses Actes. La Commission des Finances a adopté également une proposition de notre Trésorier tendant à affecter une somme de 500 fr. à l'acqui- sition d'une valeur à lot. Puisse la Fortune, cette divinité inconstante et capricieuse, accorder ses faveurs à la Société Linéenne et la déli- vrer des préoccupations que lui occasionne la question délicate des subventions. La Commission renouvelle aussi le vœu, déjà exprimé par les précé- dentes commissions, de voir la Société Linnéenne donner une plus grande publicité à ses travaux en adressant à la presse bordelaise un compte rendu sommaire de ses séances, accompagné, le cas échéant, d'un résumé des questions traitées. Ces communications, que les journaux locaux accueilleraient certainement très volontiers, seraient lues avec intérêt par beaucoup de leurs lecteurs, attireraient leur attention sur l'existence de la Société, sur son utilité, et auraient peut-être le résultat appréciable d'attirer vers elle un plus grand nombre de travailleurs portés par leurs goûts h l'étude des sciences naturelles. En vous priant de vouloir bien adopter ce projet de budget, la Commission vous demande. Messieurs, de vouloir bien se joindre à, elle pour adresser à votre Trésorier les remerciements et les éloges que méritent le zèle et le dévouement dont il a fait preuve, en lui exprimant le désir de le voir longtemps encore nous conserver le concours actif et intelligent que nous sommes unanimes à reconnaître, et que nous savons tous apprécier. XXIX M. Gendre donne lecture du rapport suivant delà Commission des Archives. Rapport de la Commission des Archives. Messieurs, La Commission des Archives, réduite à deux de ses membres par l'absence de M. Sarthou, s'est réunie le 7 janvier. C'est en son nom et grâce à mon privilège de dernier né à la Commission que je vous soumets les résultats, d'ailleurs très courts, de son travail. 1° La seule demande d'échange de nos procès-verbaux et de nos actes c|ui ait été faite pendant le cours de l'année 1904, celle de la Staiion de piscicuUure de Toulouse, n'a pas été acceptée par la So- ciété. D'autre part, aucune proposition d'échange n'a été formulée par aucun de nos membres. 2° De nombreuses Sociétés ne nous donnent depuis plusieurs années aucun signe de vie et laissent sans réponse les lettres et avertissements de notre Archiviste. En conséquence, la Commission vous propose de supprimer l'envoi de nos publications à ces Sociétés dont les noms suivent : SocAélé philomathique de Verdun [IQOi) [l). Société malaco logique, Bruxelles (1901). American Associalion for ihe Advancemenl of Sciences, Salem (J900). Wisconsin Academy of sciences, arts and let l ers, Mad'ison (1902). Academia nacional de sciencias, Cordoba (1902). Societas pro fauna et flora fennica, Helsinfors (1901). Institut national genevois, Genève (1900). Société des sciences naturelles. Neuchâtel (1900). 3° Trois de nos membres ont généreusement offert à la Société les importants ouvrages dont ils sont les auteurs. Ainsi, notre bibliothè- que s'est enrichie du Précis de botanique 'pharmaceutique, de M. Beille, d'un travail de M. Gineste sur L'Organogénèse et VHisto- génèse au point de vue pliylogénique, et de quatre mémoires de M.Gruvel, sur les Cirrhipèdes, à savoir : Les Cirrhipèdes du Travailleur et du Talisman. Révision des Cirrhipèdes. 2 vol. (l) Les années enlre parenthèses sont celles depuis lesquelles la Sociélé Linriéenne n'a rien reçu. XXX Etude d'une espèce nouvelle de Lépadides. Sur quelques Lépadides nouveaux de la collection du British Mu- séum. La Commission s'associe aux félicitations et aux remerciements déjà exprimés en séance aux donateurs. Tels sont, Messieurs, les principaux faits que j'avais le devoir de signaler à votre attention. La Commission des Archives ne saurait oublier ici le distingué Archiviste de la Société, et manquer, non de rappeler, la chose est trop connue, mais de noter encore une fois que c'est au zèle inlassa- ble de M. Breignet, à sa vigilance et à son dévouement à nos intérêts que notre bibliothèque doit son ordre et sa prospérité. Séance du 1'^'^ février 1905. Présidence de M. De vaux, président. MOUVEMENT DU PERSONNEL M. Yerguin qui, par une lettre, donne sa démission de membre correspondant, est nommé membre correspondant non cotisant. COMMUNICATIONS M. LE Président donne lecture de la communication suivante de M. Brown : M. Brown fait savoir qu'un bel échantillon femelle de la Noctuelle Agrotis triangulum lui est éclos le 18 mai dernier (lD3i), d'une che- nille trouvée, le 25 février de la même année, au Thil, parmi les feuilles sèches, à terre, près d'un pied de Rumex dont les feuilles dévorées avaient attiré son attention. Cette chenille, qui a été nourrie exclusivement de feuilles de divers Rumex, s'est terrée le 2 avril. Bien que Berce dise que cette chenille est « assez commune, en mars, dans les allées des bois, sur les plantes basses », je ne l'avais XXXI pas encore rencontrée et la crois, en conséquence, plutôt rare dans nos environs. Si je n'ai pas signalé plus tôt cette intéressante éclosion, c'est que je l'avais confondue, au premier abord, avec une espèce voisine mais distincte. M. DoiNET pense que l'existence de certains champignons pous- sant dans les bois de pins est inhérente à la présence des arbres. C'est ainsi que dans un bois de pins dont les arbres ont été abattus, il n'a trouvé que quelques rares espèces, tandis qu'avant l'abatage des arbres, les espèces étaient nombreuses. Cette disparition sem- blerait donc due à l'abatage des pins. M. MoTELAY rapproche de ces faits la section annulaire qu'on fait à un mètre de hauteur des troncs de pins, pour lutter contre les champignons engendrant la maladie du « rond », maladie qu'on peut combattre encore, comme on le sait, en creusant autour des groupes de pins attaqués, un fossé d'une certaine profondeur. Séance du 15 février 1905. Présidence de M. De vaux, président, COMMUNICATIONS M. Charles Pérez donne lecture de la communication suivante : Sur l'Hersiliodes Pelseneeri Canu. Par M. Ch. Pérez. La Leiochone chjpeata de Saint-Joseph est un Clyménien assez commun sur les rivages du Bassin d'Arcachon. On la rencontre avec une fréquence particulière en certains points, dans le sable propre et peu vaseux, k une hauteur moyenne par rapport aux oscillations des marées, et les petits monticules qui entourent l'orifice des tubes donnent à la surface de la plage un aspect boursouflé caractéristi- que (Plage d'Eyrac, devant l'Aquarium; débarcadère du Ferret). Dans les tubes de ce Clyménien vivent en commensalisme avec lui XXVII un Amphipode, que je n'ai point encore déterminé, et un Copépode de la famille des Hersiliidés. Ce dernier présente même sans doute avec FAnnélide des rapports de parasitisme un peu plus étroits; et, d'après la constitution de ses pièces buccales, je crois pouvoir l'iden- tifier avec V Hersiliodes Pelseneeri, espèce créée par Canu sur un exem- plaire unique, jeune femelle immature, recneillie précisément aussi dans le tube d'un Clyraénien, sur la plage de la Pointe aux Oies (Wimereux). Ayant entre les mains plusieurs exemplaires adidles des deux sexes, je suis en mesure de compléter la description de ce type ; je me bornerai à signaler brièvement ici les points essentiels. Par la taille (4"'"\o),la coloration, aussi bien cj^ue par les détails de structure des appendices, la femelle répond à la description donnée par Canu {Bulletin Scientifique France et Belg., t. XIX, p. 418, pi. XXIX). Et si l'exemplaire étudié par cet auteur fut considéré par lui comme immature, en raison de son antennule à six articles au lieu de sept, et de son abdomen à cinq somites au lieu de six, je dois faire observer que les femelles adultes, porteuses de leurs deux sacs d'œufs pondus, n'ont toujours que six articles à l'antennule et cinq somites à l'abdomen ; elles représentent donc, si l'on veut, une forme légèrement psedogénétique par rapport aux autres Hersi- liidés. Pour compléter la description de Canu, il suffit de dire quelques mots des pattes thoraciques de la cinquième paire. Tandis que les quatre paires précédentes sont biramées, celle-ci est représentée par des appendices simples, insérés plus latéralement et dirigés en arrière; on ne peut guère les dire biarticulés; le somite correspon- dant présente en effet de chaque côté une sorte d'expansion latéro- ventrale, qui fait corps avec lui, plutôt qu'elle ne s'articule pour constituer un article coxal de l'appendice, et celui-ci se réduit en somme à une lame aplatie dans le sens antéro-postérieur. Sur son bord externe, cette pièce porte trois larges soies en lame de sabre; la première, insérée à l'origine du tiers distal de la pièce, atteint à peu près la longueur de ce tiers; la seconde, subterminale, est plus longue; la troisième enfin, exactement terminale, égale à peu près la longueur totale de la pièce; son insertion est entourée, du côté morphologiquement antérieur (ventral en situation), par une man- chette de petites dents serrées confinant à une épine mousse qui occupe l'angle distal interne de la pièce. Du côté postérieur, une petite soie simple s'insère entre les deux grandes soies en lame et XXXI u une soie semblable est porlée par le somile au voisinage de Farticu- lation de l'appendice. Par sa taille, son allure générale, le mâle ressemble beaucoup à la femelle ; il n'a également que six articles à l'antennule; mais l'abdo- men est complètement développé avec six segments. Le premier de ces segments porte, au milieu de sa face ventrale, l'orifice sexuel, de constitution assez compliquée; le cinquième porte, de chaque côté, sur sa face ventrale et non loin de son bord antérieur, un peigne de 8 à 10 dents aiguës, tout analogue à celui que porte, un peu plus en avant, au bord postérieur du quatrième segment abdominal, le mâle de GiardeUa Callianassse Canu.Les uropodes, ainsi que les pat- tes thoraciques,sont constitués comme chez la femelle ; toutefois, on observe chez le mâle un développement plus accusé de l'épine qui, aux pattes de la cinquième paire, constitue l'angle distal interne de l'appendice. Le dimorphisme sexuel s'accuse surtout par la différenciation spéciale en organe préhensile que présente chez le mâle le maxil- lipède interne. Cet appendice volumineux, recouvrant toutes les autres pièces buccales, est triarticulé. L'article moyen s'étale en une large main sans ornements particuliers, sur laquelle se rabat en griffe puissante l'article terminal, portant lui-même à sa base une soie plumeuse et deux soies simples inégales. Il est à noter que c'est ici l'article basilaire qui porte une apophyse transformée en une soi te de cuilleron denticulé adhésif, tandis qu'une différenciation analogue se trouve sur l'article moyen, chez le mâle de GiardeUa Callianassse. M. MoTELAY présente des fruits mûrs de laurier-rose qui lui ont été envoyés par M. Daleau, de Bourg. Cette fructification est assez rare dans la région. M. Devaux dit qu'il serait bon d'attirer l'attention de tous sur ce que pourraient être la floraison et la fructification après une année de sécheresse. Note sur un hvbride obtenu à l'Ecole Saint-Genès par le croisement d'un pigoon paon mâle avec une femelle de tourterelle. Par M. Louis Viglik. Au printemps de 1903, je rais ensemble, dans des conditions spé- ciales d'alimentation et de milieu, un pigeon paon de race pure et Procès-Vereaux 1905 3 XXXIV une tourterelle ordinaire, née dans la grande volière champêtre de M. Bonnafous, à Saint-Genès, Le couple fut d'abord placé à Chêne-Vert, près Mérignac, dans une cage, peut-être un peu trop restreinte, mais très bien située, exposée au midi et abritée d'une manière particulière, de façon à éviter les grands vents, les courants d'air et surtout les rayons directs du soleil. Comme nourriture, on donna aux sujets soumis à l'expérience du pain trempé, avec un assortiment de graines variées : maïs, lentilles, riz et quelque peu de chènevis. Après cinq ou six jours de coliabitation, on les vit se mettre à l'œuvre pour bâtir le nid ; mais ce ne fut qu'après deux semaines de séjour que deux œufs furent pondus et couves. Un seulement se Itouva bon ; il donna un sujet assez mal /b»c/u (1), ayant un gros corps et une petite tête, d'ailleurs il ne vécut que deux semaines. Encouragé par ce premier succès, je résolus de poursuivre l'expé- rietice. Dans ce but, et pour la suivre de plus près, je rapportai le couple à l'Ecole Stiint-Genès et le mis dans des conditions toutes spéciales d'agréable séjour et de bonne alimentation. On veilla sur- tout à ce quejles deux sujets n'eussent aucun rapport avec leurs congénères, car, dans les questions de croisements et de races, pres- que tous les mécomptes viennent de ce que les raceurs sont impré- gnés d'une façon accidentelle par des sujets étrangers. Dans le cas qui -nous occupe, la précaution était facile à prendre, vu qu'à ce moment il n'y avait aucune autre tourterelle à l'Ecole. Les résultats, cette fois, furent tels qu'on les désirait. Deux œufs furent pondus, et, a l'éclosion, on eut deux sujets bien réussis, ainsi qu'on a pu le constater par le spécimen présenté à la réunion du 15 février (2). Ces hybrides, plus petits que le pigeon et plus grands que la tour- (1) En zootechnie, l'expression fondu signifie que le produit obtenu est bien le résultat que l'on a visé par le choix de raceurs. Ainsi le cheval tarbais est parfait, mais on le trouve un peu petit et tous les efforts tentés pour lui donner de la taille ont abouti à donner des sujets mal fondus. Dans le cas qui nous intéresse, le sujet obtenu ne ressemblait ni au pigeon ni à la tourterelle et il n'était pas proportionné. (2) Dans cette expérience, assez longue, je fus grandement aidé par un ami patient et dévoué, M. H. Saurel, ornithologue aussi distingué que modeste. Depuis plus de vingt ans, il étudie les mœurs des oiseaux et a recueilli sur ce sujet une mullitude de détails intéressants; longtemps il fut l'aide de M. Bonnafous pour l'élevage des rossi- gnols nés en cage. XXXV Lerelle, élaieiil très bien fondus. Celaient des sujets alertes, dégagés, très combatifs. Ils avaient l'aspect de la tourterelle sans en avoir les marques caractéristiques, comme le collier, le roucoulement et aussi la douceur. Leur cri ressemblait assez bien au cri de la palombe, et, par leurs formes, ils avaient plus de traits de ressemblance avec ce dernier oiseau qu'avec la tourterelle ou le pigeon. Un fait digne de remarque, c'est la tache blanche au-dessous de la queue, tant il est vrai que tout raceur transmet toujours quelque partie du fonds qui le caractérise. Ainsi qu'on Fa fait observer, le compagnon du sujet présenté lui était à peu de chose près semblable. C'étaient deux mâles toujours très alertes et cherchant querelle à tous les habitants du colombier. Mal leur en prit de se mesurer avec de vigoureux pigeons voyageurs : l'un des deux frères resta sur le champ de bataille. Les vacances mouvementées de 1904 sont cause de la perte de l'un de ces hybrides qui aurait bien figuré dans la collection, à côté de son frère. M. DoiNET présente un beau spécimen d'ffydrophorus latus qu'il a trouvé au Visrean. Séance du l'"^ Mars 1905. Présidence de M. De vaux, président. CORRESPONDANCE Lettre de M. Durand remerciant la Société de la marque de sym- pathie qu'elle lui a donnée, en le conservant comme membre rési- dant exonéré. Lettre annonçant la mort de M. Raulin, ancien membre de la Société Linnéenne, professeur honoraire à la Faculté des Sciences de Bordeaux, chevalier de la Légion d'honneur. X.VXVT MOUVEMEiNT DU PERSONNEL . M. Yves Cadoret, s'occupant d'agriculture, présenté par MM. MoTELAY et Bardié, est élu membre titulaire de la Société. , ADMINISTRA.TION M. Motelay offre à la Société les fascicules du Botanisches Cen- tralblall de Tannée 1904. M. Lamberïie offre à la Société un travail de M. Reuter sur les Phimoderma. - Sur la proposition de M. Lambertie, la Société vote rechange de ses procès-verbaux contre les actes de l'Association des Naturalistes de Levallois-Perret. COMMUNICATIONS M. Devaux fait la communication suivante : Les pseudo-raciues de Merulius lacrymans et la division du travail chez un champignon. On connaît la constitution interne de l'appareil végétatif du Meru- lius lacrxjmans, son mycélium si souvent feutré en lames ou en toiles déliées, ou bien en houppes semblables à la ouate, et ses cordons et rhizomorphes plus ou moins ramifiés. Ces derniers organes sont considérés, en général, comme remplissant surtout un rôle de pro- pagation et de conservation. Ils rampent d'un endroit à un autre, même à travers des espaces peu favorables à la vie du mycélium, puis, arrivés à une région humide, ils se ramifient et émettent des lames feutrées et un nouveau mycélium. C'est ainsi que la plante peut s'étendre même à de grandes dislances, par exemple jusqu'au sommet d'une maison. Lorsqu'une période de sécheresse survient, c'est dans ces mêmes cordons que se maintient la vie, tout le reste du mycélium périt. Aussitôt que la maison redevient un peu humide, pour une cause quelconque, on voit réapparaître le mal, c'est-à-dire le champignon : de tous côtés les cordons qui semblaient morts émet- tent des filaments abondants qui ne tardent pas à se feutrer en lar- ges peaux envahissant tous les joints, dessous des boiseries au con- tact des murs, dessous des planchers, etc. En examinant une maison à Étaules (Charente-Inférieure), (celle xxxvir de M. Formont, horticulteur), j'ai eu l'occasion d'observer une répar- tition spéciale de certains de ces cordons, disposition qui doit corres- pondre à un rôle absorbant analogue à celui des racines chez les plantes supérieures ou des rhizines chez les lichens. Le mycélium paraissait particulièrement abondant au pied d'un mur, dans un cori'idor d'entrée, auprès d'une porte donnant dans une chambre. Le plancher de ce conidor, quoique neuf (18 mois), était tellement altéré qu'on l'avait fait enlever. C'est dans la région avoi- sinant la muraille que le mycélium était abondant ; en soulevant les plinthes etlaboiserie située autour de la porte, on trouvait, appliquées au mur, des lames feutrées parcourues par un lacis de menus cor- dons ramifiés. Ces lames feutrées remontaient à plus de deux mètres du sol. En outre on voyait, tout près de la porte, au pied du mur, un jeune appareil fructifère, bien caractérisé, de 5 à 6 centimètres de diamètre. D'aspect jaune orangé clair, tirant à peine sur le brun, mais entouré d'une bordure mycélienne ouatée de 1 centimètre au moins, ce gâteau avait sa surface déprimée à son centre et couverte de plis formant carrelage ou réseau à mailles d'environ 2 millimètres, La production de cet appareil, jointe à d'autres caractères, entr'- autres à la production de gouttes sur certaines portions du mycéliuni et même du chapeau, ne laissait aucun doute; il s'agissait bien dti Merulhis lacnj^nans. Un autre appareil reproducteur, encore plus petit, était en train de se former un peu plus près de la porte d'en- trée. C'est en cherchant les connexions de ces appareils fructifères avec le mycélium environnant, que j'ai lencontré des cordons dont les uns étaient en relation avec les lames feutrées montant entre mur et boiserie, les autres s^ enfonçaient dans le sol en s'y ramifiant. C'est sur ces derniers qu'a porté plus spécialement mon attention. J'ai trouvé en eft'et, en creusant la terre au pied du mur, sous le plancher, des cordons nombreux, ramifiés à la façon des racines, et assez développés, car j'ai pu en recueillir jusqu'à plus de lo centi- mètres de profondeur. Ces cordons étaient pour la plupart petits (1/2 à 3 millimètres), mous, blanchâtres, à résistance faible. Mais j'en ai rencontré certaines parties, en général plus grosses (c'est-à- dire ayant de 3 à 8 millimètres), qui présentaient au contraire une consistance très ferme et parfois coriace, comme celle d'un stipe d'épongé imprégné de calcaire. J'ai pensé que ces régions, peu abon- dantes, étaient des régions âgées, riches en oxalate de chaux, mais je ne l'ai pas vérifié. XXXVIII Le sol où plongeaient ces cordons souterrains est un sol sablon- neux, relativement très peu humide. Les cordons n'y existaient pas seulement au voisinage des appareils de fructification, j'en ai trouvé plus loin, toujours au pied du mur, mais moins développés, ce qui correspondait aussi h un moindre développement des lames feutrées situées au-dessus. Ces cordons ne se rencontraient, du reste, que dans la région du sol située au contact de la muraille, non ailleurs, fait qui correspond peut-être à l'absence de calcaire dans ce sol et à sa présence, au contraire, dans le mortier et dans la pierre. Commentfaut-il interpréter la présence de ces cordons souterrains? On peut les considérer simplement comme des filaments propaga- teurs, tels que ceux de VArmillana mellea : toutefois je me permet- trai d'émettre une autre hypothèse; ils pourraient jouer le rôle d'organes absorbants. Comme je l'ai dit ci-dessus, le sol situé sous le plancher de cette maison est relativement sec, si bien que le propriétaire me disait amèrement : « c'est à n'y rien comprendre, le sol est sec, le plan- cher ne le touche pas, et pourtant voyez comme le champignon s'y est développé ! Il n'y a pourtant pas d'humidité ici, nulle part, et même j'ai gardé mon premier plancher durant plus de 13 ans sans qu'il pourrît, je regrette bien de l'avoir fait refaire !» L'observation est juste, l'eau était certainement rare pour le champignon, il n'en trouvait guère qu'une quantité minime le long du bas des murs ou dans les pièces de bois situées à toucher le soi; eau qui pouvait remonter par capillarité, mais bien faiblement puis- que le sol était par lui-même très peu humide Comment alors expli- quer que ce champignon ait pris un développement si considérable, qu'en deux années il ait détruit un plancher neuf ? Si l'on admet qu'il puise lui-même directement dans le sol l'eau qui lui est néces- saire, tout devient compréhensible. Un examen attentif plaide forte- ment en faveur de cette hypothèse. D'abord, les lames feutrées, quoique s'élevant entre muraille et bois, ne montaient guère au delà de deux mètres dans le cas actuel Déplus, toutes ces lames étaient parcourues, surtout dans le bas, par un réseau de nervures dont les troncs se réunissaient au voisi- nage du sol pour former çà et là les cordons que j'y ai trouvés à l'ex- clusion de tout mycélium apparent ou de tout feutrage. Enfin ces cordons, relativement gros à leur entrée dans le sol, diminuaient de XXXIX diamètre et s'y rainifiaient à la façon de vraies racines. L'ensemble de ce champignon, si on avail pu le voir isolé el dans les positions qu'il occupait, dans l'espace, aurait donc figuré une sorte de feuille verticale très tenue, et très irrégulière, parcourue par des nervures et reliée par celles-ci à un sgstèiae de racines ramifiées dans le sol. Est-il permis d'en conclure que cet ensemble puisait l'eau dans le sol et la transportait par les nervures jusqu'aux portions les plus élevées de la pseudo-feuille ? Ce serait prématuré, mais en tous cas l'hypothèse est permise. Un fait important et connu depuis longtemps l'appuie singulièrement : ce champignon est capable de sudation, c'est pour cela qu'on lui a donné le nom de lacrgmans (pleureur). Cette eau qu'il rejette en gouttes est abondante surtout en milieu très humide ; elle était rare ici, en milieu plutôt sec, mais on l'avait remarquée à des époques où l'air extérieur était humide, et je l'ai observée moi-même sur le chapeau. Cette eau, exsudée par le mycé- lium, est certainement l'objet d'une circulation, par conséquent d'une absorption quelque part, et les vaisseaux par où elle circule ont été décrits (1), ils sont très développés chez le Merulins. En temps ordi- naire, il est probable que l'absorption se fait çà et là par toutes les régions du mycélium entourées de beaucoup d'humidité (2). Ad mettons que la seule source de cette humidité soit dans le sol, et nous aurons alors le cas particulier que nous examinons ici. L'intérêt spécial de ce cas est causé par le parallélisme que l'on peut établir entre notre plante et les plantes supérieures. Nous serions en présence de l'ébauche, très imparfaite il est vrai, mais pourtant reconnaissable, de l'appareil d'irrigation admirablement développé dans les plantes vasculaires ; divisé en appareil d'absorp- tion, appareil de circulation et même appareil de transpiration ou au moins de sudation, puisque le champignon est dit lacrgmans. Cette ébauche est comparable aussi à celle que présentent les lichens foliacés, avec leurs rhizines qui absorbent et leur thalle vert qui (i) V. Harli{^', Traité des maladies dis plantes, trad. par J. Gerochell el E. Henry, 1891, p. 210. (2) R. Harlig, toc. cit., p. 210: « Comme propriété caractérisLique du.1/e;'M/iMs /r/cr.y- ma>is, il faut en outre mentionner sa capacité de détruire même de la boiserie sèche : en effet, par ses cordons, il attire des autres parties humides du bâtiment autant d'eau qu'il est nécessaire pour humecter d'abord le bois sec et le rendre ainsi accessible à la destruction. Dans les espaces fermés, quand il ne peut pas céder son eau à du bois, il l'élimine sous forme de gouttes, de larmes, d'où son nom de Merulius lacrymans. XL transpire, mais elle est infiniment moins définie dans sa forme, son contour et ses limites. Plante d'ombre et d'air confiné, le Merulius n'a qu'une transpiration 1res faible et presque toute l'eau qu'il absorbe sert à sa croissance qui est luxuriante mais échevelée, don- nant avec les hyphes isolées qui rongent le bois, des houppes, des lames, des cordons, des rhizomorphes... Il m'a paru d'autant plus intéressant de signaler cette apparition de la division du travail, chez un champignon proprement dit et d'y apercevoir les premiers linéaments d'appareils el de fonctions que les plantes supérieures montrent ensuite dans leur développement parfait. Séance du 15 Mars 1905. Présidence de M. Degrange-Touzin, vice-président. CORRESPONDANCE Lettre de M. le Ministre de l'Instruction publique, relative au Congrès des Sociétés Savantes qui aura lieu le 19 avril prochain, à Alger. COMMUNICATIONS M. PÉREZ (Charles) fait la communication suivante : Sur un crustacé décapode, Lysmata seticaudata Risso, nouveau pour la faune de l'Océan Atlantique. Je crois intéressant de signaler à la Société la récolte que j'ai faite à Guéthary, le 20 février dernier, de deux exemplaires de L^jsmala seticaudata Risso. Cette belle espèce de Palœmonide, qui a été obser- vée en divers points de la Méditerranée (Adriatique, Côtes d'Algé- rie, etc.) n'avait pas été jusqu'ici signalée dans l'Océan Atlantique, et les recherches minutieuses faites par tant de carcinologistes sur les côtes d'Angleterre ou de Bretagne, permettent sans doute d'affir- mer qu'elle ne remonte point aussi haut, puisqu'elle n'y a jamais été XLI reiiconlrée. Au reste, ce ne serait pas la seule forme méditerra- néenne de la faune de Guélhary. Je dois ajouter que si la morphologie des exemplaires recueillis ne semble permettre aucun doute pour leur attribution à l'espèce de Risso, leur coloration est en revanche bien loin de concorder avec celle que les descriptions assignent au type méditerranéen. Le dessin est sans doute le même : bandes longitudinales colorées, séparées par d'étroites bandes incolores ; mais tandis que le type méditerra- néen est rouge corail, cette teinte ne se retrouve dans les exemplai- res de Guéthary que dans les antennes et les péréiopodes ; les ban- des longitudinales sont d'un gris vert foncé, rappelant la patine du bronze antique, et chacune d'elles est bordée d'un très étroit liseré brun rouge. La couleur passe au bleu de Prusse sur le telson qui est bordé de soies rouges. Un peu de pigment opaque, vert céladon, s'éparpille sur le trajet des bandes claires longitudinales, et se con- dense en taches brillantes, deux sur la région dorsale du second 1er- gite abdominal, et une de chaque côté, sur la carapace céphalotho- racique, au voisinage de son bord postérieur, rehaussant ainsi de quatre turquoises, le merveilleux coloris de l'animal. M. Brow.x envoie la note suivante : La note de MM. Brascassat et Daydie sur le Boinhux « Crateromix Dumeli » et incidemment sur cet autre Bombyx Endromis versico- lora me fournit l'occasion de dire que je crois avoir, de mon côté, aperçu, l'année dernière (1904) ces deux beaux papillons, rares tous deux dans nos environs. Le 29 octobre dernier, en etïet, en rentrant d'excursion, j'ai vu et à deux reprises dans l'espace de quelques minutes, voler, devant moi, le long de la route qui mène de la station des tramways élec- triques à l'Alouette, au village de Rentre, un Rombyx que, d'après son vol, sa couleur générale, autant que j'ai pu le voir et l'époque de son éclosion,je ne peux rapporter qu'à la première de ces deux espèces, et le If 6 ou le 28 avril, en revenant de Cestas, vers 6 heures et quart du soir, en approchant du premier ruisseau, j'ai vu ou plu- tôt entrevu, loui-billonnant parmi les buissons et arbustes qui n'ont pas tardé à le dérober à mes yeux, un papillon que, pour les raisons données ci-dessus, je ne peux rapporter qu'à la deuxième. Certes, il eût été préférable de pouvoir capturer ces deux papillons, XLII pour pouvoir les déterminer avec certitude ; mais, outre que j'ai renoncé, depuis plusieurs années déjà, à l'usage du filet entomologi- que, me livrant exclusivement à la recherche des chenilles, je dois à la vérité de dire, que vu la disposition des lieux et la vivacité du vol de ces insectes, la possession même de cet engin ne m'eût certaine- ment pas mis dans la possibilité de capturer celui entrevu en avril et ne m'eût donné que de bien faibles chances pour celui aperçu en octobre. Quant aux chenilles, rares et difficiles à trouver, je n'ai pas encore eu la chance de les rencontrer 1 J'ajoute un seul mot au sujet du rapprochement que fait notre collègue M. H. Dupuy entre les stations de MouUeau-Océan et de Villandraut. Le 30 juin 1889, à l'excursion de notre 71'"'' fête, célébrée dans cette dernière localité, je ne fus pas peu surpris de capturer un échantillon d'une jolie petite noctuelle « Micra candidana » qui est commune sur tout notre littoral mais que je ne m'attendais guère à rencontrer dans l'intérieur des terres. Ce détail entomologique, qui paraîtra bien insignifiant peut-être, vient cependant confirmer l'ana- logie qu'établit notre collègue entre ces deux localités. M. MoTELAY informe la Société qu'il a découvert d'une façon tout à fait fortuite, une nouvelle localité iïErica Lusilanica, par suite de la rencontre d'un jeune homme qui rapportait un superbe bouquet de cette jolie bruyère qu'il avait recueillie à Ares. M. Lambehtie offre à la Société une brochure de M. Sainte-Claire Deville, Description d'un Ptélaphide nouveau de la France. (Ext. Bull. Soc. Eut. Fr., J901). Séance du 5 avril 1905. Présidence de M . D e v a u x , président. COMMUNICATIONS M. le Président donne ensuite lecture des deux communications suivantes de M. Ron'dou : XLIII Sur Xanthia Palleago Hb. Le catalogue Staudinger et Rebel de 1901 établit X. Palleago Hb. comme espèce distincte de X. Gilvar/o Esp., mais avec doute. Berce est cependant aftlrmatif ; il la considère comme ab. de Gilvar/-o et dit : on obtient cette aberration de la même chenille que le type. Le fait vient d'être expérimentalement vérifié par M. le D'' Siépi, conserva- teur du Jardin zoologique de Marseille. M. Siépi a fait, en 1904, l'éducation d'une quantité considérable de chenilles provenant de pontes de X. Gilvag.o Esp. L'éclosion lui a donné, comme résultat, avec le type, un certain nombre de A^. Pal- leago Hb. La question est donc bien tranchée, et il faut rétablir Pal- leago comme ab. de Gllvago. Le n° :2150 du catalogue Staudinger et Uebel doit donc disparaître. Sur deux espèces nouvelles pour la faune Pyrénéenne. Phibalaptergx calligraphata HS. — Cette espèce, capturée d'abord dans l'Oural, puis dans les Alpes autrichiennes et suisses et dans le Tyrol, n'avait pas encore été rencontrée en France. Nous en avons pris trois exemplaires le 30 juin 1904, dans la vallée du Campbielh, volant, au soleil, dans les rhododendrons, en compagnie de Lareniia lui'bala, var. Pyrenaica. Lareniia achromaria Lali. — Le catalogue Staudinger et Rebel de 1901 signale cette espèce des Pyrénées, mais avec doute ; notre Cata- logue raisonné des Lépidoptères des Pyrénées n'en fait pas mention ; nous n'avions pas de document constatant la présence certaine de cette Lareniia dans nos montagnes. Les premiers jours d'août 1904, nous avons capturé près de Gèdre, à la lampe, un individu çf &" achromaria. Sa taille est légèrement moindre que dans les individus des Alpes; la couleur est beaucoup plus foncée, comme cela a été observé pour nombre d'autres lépi- doptères. M. Devaux fait ensuite la communication suivante : XLIV Nature de la fermentation pectique. Par H. Devaux. Bertrand et Mallèvre ont établi que la coagulation de la pectine par la pectase ne se produit qu'en présence d'un sel de chaux ou d'un autre métal alcalino-terreux. Le fait en lui-même est rigoureux. Mais il reste à savoir si la coagulalion, fait physique, est la manifes- tation essentielle de l'action de la pectase sur la pectine. Les résul- tats de mes recherches me permettent d'affirmer que non. En rén- lité l'action de la peclase sur la pectine est caractérisée par une trans- formation chimique : celle de la pectine en acide pectique. Cette transformation, pour réussir, doit se faire en liqueur neutre, comme l'ont établi Bertrand et Mallèvre. Mais la chaux n'est pas nécessaire. Si elle est présente, l'acide pectique formé donne un coa- gulum de pectase de chaux. Mais si, au lieu d'un sel de Ca, il existe un sel alcalin, l'acide pectique formé donne un pectate alcalin qui reste en solution ; et même s'il y a un excès d'acide libre il se dis- sout dans le sel alcalin ; de sorte qu'il n'y a pas coagulation et il semble que la pectase, dans ce cas, n'a pas agi. En réalité la pectase a agi, il suffit d'ajouter quelques gouttes d'un acide pour révéler la présence de l'acide pectique : il se produit aussitôt en effet un coagu- lum instantané et complet, qui ne se produit pas dans une pectine additionnée de pectase bouillie. La coagulation se produit aussi par l'action d'un sel de Ca ou d'un autre métal alcalino-terreux. Les expériences ont porté sur la pectine de navet (racines], de patience (pétioles et nervures médianes) et sur la peclase représen- tée par du jus de carotte et de mouron. M. Bouygues fait la communication suivante : La Rouille blanche du Tabac. Par H. Bouygues. Dans une note récente présentée à fAcadémie des Sciences, M. G. Delacroix (1) ayant mis en cause le travail que j'ai publié sur (1) Delacroix, La rouitle blanche du tabac et la nielte ou maladie de la mosaïque, G. R Acad. Sciences, 6 mars 1905. XLV la nielle ou rouille blanche du tabac (1), je demande la permission de répondre quelques mots à ce sujet. Les maladies du tabac causent eu effet à Fheure actuelle des dégâts importants en France et il est de première importance que les études faites sur ces maladies soient soumises à une critique sérieuse. En 1894, MM. Prillieux et Delacroix (2) considéraient comme étant la vraie nielle ou maladie de la mosaïque, la maladie du tabac que M. Delacroix regarde aujourd'hui comme absolument différente et à laquelle se rapportent en réalité tous les travaux que j'ai publiés jusqu'ici, seul ou en collaboration avec M. Perreau. J'ai examiné attentivement les caractères que M. Delacroix regarde comme dis- tinclifs entre les deux maladies. Cette comparaison m'a été d'autant plus facile à faire que je l'avais déjà faite pour moi-même, lorsque, abordant l'étude de la rouille blanche, j'avais cherché à la comparer à la maladie de la mosaïque. A la suite de cette comparaison, il ne m'est pas possible de me rallier à l'opinion tranchée de M. Delacroix. J'ai rencontré en effet, dans la rouille blanche bien constatée, les caractères que M. Delacroix considère comme spéciaux à la mosaïque, avec toutes les transitions entre ces deux états morbides. Tout se passe même comme si la rouille blanche n'était qu'une phase avan- cée de la mosaïque. Et les faits acquis pourraient m'aiitoriser peut- être dès aujourd'hui à être plus affirmatif; mais je préfère attendre les résultats d'une quatrième année d'expériences et d'observations pour me prononcer définitivement. Je me borne donc, pour le mo- ment, à faire des réserves sur l'affirmation de M. Delacroix. Quant à la cause directe de la rouille blanche, elle est bien due à un bacille comme l'avaient déjà indiqué en 1894 MM. Prillieux et Delacroix. J'ai en effet essayé, pour contrôler la nature de la mala- die, d'effectuer des cultures pures de ce bacille en milieu liquide. Ces cultures ont parfaitement réussi, comme aussi de nombreux essais d'inoculations qui seront publiés en détail. Les résultats obte- nus par ces études n'ayant fait que confirmer ceux des recherches de MM. Prillieux et Delacroix, je n'ai pas cru utile d'insister. En tous cas le nom dé « Bacillus maculicola » (Delacroix) doit être adopté. (1) Bouygues, Sur la nielle des feuilles de tabac, G. R. Acad. Sciences, 28 déc. 1903. C'est dans celle noie que j'ai publié le nom de Houille blanche. — Bouygues et Perreau, Contribution à l'étude de la Nielle des feuilles de tabac, C. R. Acad. Sciences, 25 juillet 1904. (2) Prillieux et Delacroix, C. R. Acad. Sciences, 1894. XLVI Enfin la lutte contre la maladie élant ce qu'il y a d'important pour l'agriculture, je me permettrai de dire un mot des moyens prophy- lactiques que M. Delacroix préconise dans sa note actuelle. J'ai déjà donné ces moyens, plus en détail, dans un travail du 6 janvier 1904(1). 1° Le planteur devra toujours choisir un terrain neuf pour l'éta- blissement des couches chaudes. Il efîectuera la transplantation, si l'étendue de sa propriété le lui permet, sur une pièce de terre qui n'aura pas été plantée de tabac depuis quelques années (3 à 4 ans). Le fumier de ferme dont il se servira, soit pour améliorer sa terre, soit pour procéder à l'établissement des couches chaudes, devra être exempt le plus possible des détritus provenant de la précédente récolle de tabac. 2" Un choix judicieux parmi les jeunes plants devra être fait au moment de la transplantation. Seuls les plants à feuilles franche- ment vertes devront être choisis. S" Avant toute chose le planteur devra elTecluer les opérations entraînant l'ablation de feuilles ou de bourgeons (buttage, écimage,... etc.), la main recc^uverte d'un gant ou d'un morceau de drap. Il trai- tera d'abord les pieds malades et opérera ensuite sur les pieds sains, la main nue. i° Les poussières provenant des balayages du sol des séchoirs ou des planchers des maisons d'habitation en faisant fonction, devront être incinérées. Il en sera de même des débris de feuilles et des tiges de la récolte précédente, s'ils proviennent de pieds niellés. Il est facile de constater combien ces moyens préventifs, préco- nisés par moi au début de 1904 et que de nombreuses expérien- ces etïectuées depuis sont venues confirmer, ressemblent ci ceux qu'indique plus brièvement M. Delacroix dans sa note actuelle. Celte coïncidence, acquise d'une manière indépendante, est un indice de la valeur réelle de ces moyens prophylactiques mis à la disposition des planteurs de tabac dans la lutte contre la maladie qui ravage leurs cultures (2). : (1) Bouygues, La cullure du labac et la Nielle, P.-V. Soc.Linnéenne de Bordeaux, 6 janvier 1904. (2) I^es travaux divers sur la Bouille blanche ou Nielle du tabac ont été faits au laboratoire de Botanique de M. Devaux à la Faculté des Sciences de Bordeaux. XLVII Compte-rendu de la 86« Fête Linnéenne. Par M. A. Bardié. T.e 26 juin dernier, la Société Linnéenne célébrait sa 86^ fête annuelle. Selon l'usage, cette fête doit être précédée d'une excur- sion, et c'est Daignac qui avait été choisi comme centre d'observa- tions : celte localité de l'Entre-deux-Mers n'avait pas encore reçu la \isite de notre Société; elle nous avait été signalée par notre col- lègue, M. l'abbé Labrie. Sous sa direction, MM. Motelay, Beille, Bouygues, Bardié, Brown, Degrange-Touzin, Durand, Doinet, Lambertie et Queyron, descen- dus du train à Espiet, prenaient la route de Daignac, les uns, her- borisant le long du chemin, les autres, fouillant les buissons, à la recherche d'insectes. Près d'un moulin ruiné du xii'^ siècle, qui a conservé une partie de ses anciennes fortifications et que recouvre un épais manteau de lierre, nous traversons le ruisseau de Canaudonne, aussi appelé le ruisseau de Daignac, et nous arrivons au bourg de Daignac. Après avoir donné un coup d'œil à l'église, en partie gothique, et admiré la curieuse croix de cimetière du xvi" siècle, classée monument historique, nous nous dirigeons vers les coteaux boisés qui dominent la voie ferrée. Avant d'y arriver, notre aimable cicérone nous fait récolter dans une prairie où il est très abondant, Lacluca perennis h. ; celte jolie plante n'est connue que dans cette partie de la Gironde. En traversant les moissons où nous remarquons VAdonu aulumnalis en fruits, nous avons à subir une averse. Mais la pluie ne peut arrê- ter nos botanistes auxquels les bois de chêne voisins offrent, en même temps qu'un abri, l'occasion de récolter quelques plantes particulières au calcaire et que nous montre l'abbé Labrie, entre autres : Hypericum montanum L., Invla salkina L., Veronica Tea- crium L., Fumana procumbens G. G., Teucrimn montanum L., etc. Des hauteurs où nous nous trouvons, le paysage est charmant. Dans la plaine qui s'étend devant nous, les blés aux longs épis jau- nissants sont piqués de l'éclatante nuance des nieilles et des bleuets. Un vieux colombier du xV^ siècle s'enlève au deuxième plan, sur la ligne de verdure que forment les hautes futaies du château de Près- sac dont les tours à poivrières montrent, à travers les arbres, leurs silhouettes gïacieuses. Ce manoir des xiii®, xiv® et xv*^ siècles, admi- XLVIII rableiiienL situé, présente riui des plus pittoresques aspects de nos castels féodaux girondins. Il a conservé intacte son enceinte forti- fiée entourée de douves, et sa porte a gardé son antique pont levis. Après le déjeuner, qui réunit tous nos collègues à l'auberge du village, nous prenons le chemin de la Sauve pour la réunion et le banquet qui doivent se faire dans cette localité. Le pays d'alentour possède de nombreuses carrières de pierres dures et tendres très appréciées. L'exploitation en est importante. Dans certaines gale- ries momentanément- délaissées et qu'on reprendra plus tard en sous-sol, pour de nouvelles extractions, ont été établies des champi- gnonnières. Nous en visitons une. La carrière s'ouvre dans un massif d'arbres et d'arbustes qui en ombragent agréablement l'entrée; les galeries s'étendent sur une longueur de plusieurs kilomètres. De chaque côté des parois du cou- loir, les pierres nouvellement extraites sont rangées, en attendant d'être chargées sur le petit wagonnet qui les apportera à la gare prochaine. ' Pour la culture des champignons, on a disposé parallèlement de longues bandes de fumier bien consommé sur lequel a été placé le blanc de champignon, le ini/celliunt qui doit donner naissance à l'aga- ric comestible [Psalliola campesiris L.) si apprécié. Puis on a recouvert ce fumier ainsi préparé d'une couche de pierre pulvérisée, mêlée à du fumier et qui forme une pâte très molle. C'est sur cette croûte que naissent les champignons. Çà et là on les voit poindre et se développer. Ils forment d'abord des taches blanches qui s'agrandis- sent insensiblement. Quand les champignons ont atteint la gros- seur qui les rend propices à la vente, ils sont aussilcM cueillis et disposés en petits tas, dans l'espace laissé libre entre les plates ban- des. Chaque soir ils sont ramassés et expédiés pour la consomma- tion. Deux hommes préposés au travail journalier nous donnent des explications sur le mode de culture et sur la production, qui est assez abondante. A l'aide de la lampe emmanchée à un long bâton et dont chacun de nous est muni, nous circulons avec une précau- tion infinie pour ne pas détériorer les couches et écraser le précieux cryptogame. On a intercalé les bandes en plein rapport avec celles qu'on prépare pour un prochain ensemencement, car tous les deux mois il faut renouveler les couches de fumier et recommencer le travail. XLlX Tout ne marclie pas à souhaiL dans les champignonnières. Les agarics ont leur maladie. On nous en montre beaucoup qui noircis- sent et ne peuvent se développer. Ils forment de petites aggloméra- tions qu'il faut se hâter de détruire au plus vile, si l'on veut arrêter la contamination. On ne laisse pas pénétrer les femmes dans les champignonnières, dans la crainte, nous dit-on, que leur état mens- truel n'occasionne la maladie du cryptogame. Cette croyance stupide, dont la fausseté a été démontrée, sera longtemps encore enracinée dans l'esprit de nos campagnards. C'est avec plaisir que nous quittons ces souterrains, qu'éclairent seulement par intervalles quelques maigres puits de jour, pour retrouver la verte campagne et reprendre notre excursion. Nous faisons en herborisant les six kilomètres qui nous séparent de la Sauve. La contrée est charmante, vallonnée, entrecoupée de bois et de prairies ; l'horizon s'étend fort loin devant nous. Après le fameux chêne de Blézignac, qui, aux jours de fête, abrite sous sa vaste ramure les musiciens et les danseurs du village, nous ne tardons pas à apercevoir sur le coteau qu'elle couronne si majestueusement de son beau clocher octogonal, l'antique abbaye de la Sauve qui jadis étendit sa domination sur tout le pays voisin et dont les ruines sont riches en souvenirs archéologiques. Voici la liste des plantes que nous avons récoltées au cours de cette journée : De la gare d'Espiet à Daignac, bords du chemin, haies et champs du calcaire : f ilago canescens Jord. Bromus mollis L. Galhim aparwe L. Brunella alba Pal. Tordylium maximum L. Bartsia viscosa L. Chlora perfoliala L. Heniiaria glabra L. Filago spathulata Presl. Scabiosa arvensis L. H ijpericum perfoiiatum L. Htiianîhemum viilgare Gaert. Procès-Verbaux 1905 Clinopodium vulgare L. Galium silveslre Pollict. Reseda luteola L. Odonliles serolina Reich. Rumex patientia L. Slachys recta L. Trifolium ochroleucitm L. Cynoglossum pictum Act. Dianlhus prolifer h. Sambucus Ebulus L. Vicia lulea L. Géranium columbininn L. Calamintha Achios Gaiid. Sinapis arvensis L. Totilis helvetica Gmel (variété Anthriscoides D. G). Teucrium Botrys L. Daiicus Corot a L. Reseda lutea L. Matricai'ia inodora L. Festuca rigida Kunlii. Lychnis dioica D. G. Rumex jndcher L. Sur les vieux murs ; Sedum rubens L. Tanacotiim vulyare L, (non loin d'habitations). Altsea hirsula L. Liiiwn tenuifolium L. Xe ranthe m u m cyl i 71 d race u m Smith. Géranium disseclum L. Lampsana communis L. Achillea millefolium L. (variété rose). Anlirrhirtum majus L. Dans la plaine au-dessus du bourg de Daignac : Lacluca peremus L. Allium ampeloprasum L. Moissons et champs cultivés : Vicia anguslifolia forme segetalis Thuclier. Centaurea Cyanus L. Viccia Cracca L. Delphinium Ajacis L. Bupleurum profrac tum Link. Pisum arvense L. Laihyrus inconspicuus L. peu commun dans la Gironde) Adonis aiUumnalis L. Specularia Spéculum D. G. Agroslemma Cilhago L. Iberis amara L. Laihyrus hirsutus L. Goteaux boisés et taillis à Daignac Hypericum monlanum L. Teucrium Chamœdrys L. Galium elalum Thuill. Peucedanum Cervaria Lap. Polygala calcarea Schultz. Spirxa Filipendula L. Vincetoxicum officinale Moench. Lathyrus latifolius L. Juniperus communis L. Hippocrepis comas a L. Primula offic.inalis Jacq. Lonicera Xylosteum L. Inula salicina L. Allium sphxrocephalum L. Veronica Teucrium L. (rare). Fumana procumbens Gren, et G. Chrysanthemum corymbosum L. Poterium diclyocarpum Spach. Inula Comjza D. G. (non fleuri). Teucrium monlanum L. LT Euphrasia offîcinalk L. S. Will. Helianlhemum vulgare Gn^vi. (non Globularia Willkommi Nym. fleuri). Dans une haie, h Daignac : Ruhus Linkianus Focke (en superbe état de floraison) . Dans les champs du calcaire, à Daignac : Orchis hircina Sw. Ophrys Scolopax Cav. Petroselinum saticvin Hoffm. Orchis ptjrcuiiidalis L. Animi ma jus L. Bois et fourrés de Daignac à la Sauve Feslnca helerophylla Lam. Teucrium Scorodonia L. Tamus communis L. Caslanea vulgaris Lam. Stachys silvatica'L. Tilla silvestris Desf. Gf.nista tinctoria L. Ruscus aculealus L. Bords du chemin et champs : Lathynis pratensis L. Betonica officinalis L. Agrimonia Eupatoria L. Ptevotheca nemausensis Cassini, Linaria slriala D. C. Valerianella carmala Lois. Origanuvi valgare L. Melampgnna arvetise L. Rliamnus Frangula L. Caruiii verlicillaiam Koch. Mespilus gennanica L. (assez rare dans la Gironde). Lathgrus silvestris \j. (peu com- mun). Lotus corniculatus L. Galium verum L. Alopecurus pratensis L. Dianthus armeria L. Verbascum flocosuin Waldst. Crépis virens L. Branella vulgaris L. Fête Linnéenne. C'est à riiôtel situé à quelques pas de la gare de la Sauve que doit avoir lieu notre solennité Linnéenne. En attendant l'arrivée des membres de la- Société partis de Bordeaux par le train de 4 h. 20, quelques-uns de nos collègues se dirigent vers un affleurement de calcaire, pendant que les autres vont visiter les ruines de la Sauve, Le village s'est formé à côté de l'abbaye, sur la pente méridionale LIT de la colline. Des trois églises qui existaient avant la Révolution, une seule, Saint-Pierre, a été conservée. Isolée des habitations, entourée d'un cimetière triangulaire ayant à chaque angle une vieille croix sculptée, cet intéressant édifice des xii^ et xiv^ siècles occupe le sommet de la colline. L'abbaye, bien plus à gauche, sur le mamelon voisin, a été fondée au xi^ siècle par saint Gérard. Achevée seulement en 1231, elle fut remaniée aux xiii'" et xiv^ siècles. En 1793, les moines furent dispersés et l'abbaye fut transformée en prison d'Etat. En 1804, les habitants de la commune adressèrent une pétition au préfet de la Gironde pour demander que le culte parois- sial fût rétabli dans l'église abbatiale plutôt que dans l'église paroissiale. Mais leur demande n'eut pas de succès, sans doute à cause des frais importants de restauration et d'entretien que néces- sitait l'église de l'abbaye. Tombée, quelque temps après, en des mains mercenaires et ava- res (1) l'abbaye voyait en peu d'années sa ruine se compléter, ses voûtes s'effondrer, son cloître disparaître. Elle ne tarda pas à deve- nir une carrière qui servait aux habitants du village pour la cons- truction de leurs maisons. Les belles clefs de voûte et les chapiteaux historiques furent en partie dispersés et l'on en trouve dans les communes voisines encastrés dans diverses murailles. En 1837, Mgr Donnet, archevêque de Bordeaux, lit l'acquisition des ruines et aux bâtiments de l'abbaye du xvii" siècle, il ajouta des constructions pour y recevoir un collège dirigé par des prêtres séculiers. En 1838, le directeur du collège, l'abbé Champion, demandait à l'autorité préfectorale l'autorisation d'établir une chapelle pour son collège dans une partie de l'église ruinée. La Commission convo- quée à cet effet par le préfet désapprouva le projet, et puisque la restauration générale de l'abbaye était impraticable, elle fut d'avis que l'occupation d'une partie des ruines leur ferait perdre leur véri- table caractère et l'attrait qui s'y rattachait. « L'on détruirait, dit- elle, dans sa source cette émotion solennelle et profonde que res- sentent, à l'aspect de ces lieux pleins de souvenirs et de leçons, le voyageur, l'artiste, le philosophe et le chrétien ». La Commission des Monuments historiques de 1847 émit la même opinion, mais elle demanda en outre qu'on s'occupât de protéger de la destruction complète les parties encore debout. (1) Voir Cirot de la Ville, L'Abbaye de la Sauve. ^ LUI C'est au milieu de ces belles ruines de l'abbaye, qui depuis celte époque ont subi de nouveaux ravages et ont vu les coupoles de l'abside s'effondrer et les fenêtres perdre leur élégante ornementa- lion, que le 28 juin 1819, la Société Linnéenne célébrait sa 32'^ fêle annuelle. C'était une véritable solennité bordelaise que la fêle de celte Société, alors dans toute la splendeur de la jeunesse et qu'ani- mait la présence de ses éminenls fondateurs. On allait, la veille de la fête, saluer le saule d'Arlac et y cueillir des rameaux. La séance avait lieu à midi, loujoui'S précédée d'une excursion. Elle débutait par un discours du président. On notait l'état du ciel, la température, la hauleur barométrique, la direction du vent. Le thermomètre marquait ce jour du 28 juin 18-49, 29 degrés. Les journaux de Bordeaux ne manquaient pas de donner un compte-rendu de la fête de la Société Linnéenne, à laquelle s'intéressait l'élite de la population bordelaise. Par le plus grand des hasards, il m'est tombé récemment sous la main un frag- ment d'un journal de l'époque : le Mémorial bordelais. Un bouqui- niste s'en était servi pour envelopper les vieux livres que je venais de lui acheter. Je recueillis avec soin celle relique, lorsque je vis que la feuille de papier jauni par les années, relatait une fête de notre Société. Je vous demande la permission de vous en donner lecture : « Jeudi dernier 28 juin (1849) la Société Linnéenne de Bor- deaux a célébré dans la commune de la Sauve sa trente-deuxième fête annuelle. » Fidèles aux conditions du l'èglemenl, MM. les Membres de la Société ont tenu leur séance en plein air. Ce n'était pas cette fois ci à l'ombre d'un saule, d'un chêne ou d'un ormeau, mais toujours sous le patronage du célèbre Linné, dont le portrait semblait animer la séance, au milieu des ruines imposantes de l'abbaye de la Sauve. » Le discours d'ouverture a été prononcé par M. Laterrade père, directeur de la Société. » M. Cil. des Moulins, président, a présenté l'analyse de la nou- velle Flore du centre de la France, par Èoreau, dont il a fait ressortir toute l'utilité avec autant de clarté que d'érudition. « M. le docteur Lafargue a parlé de l'importance qu'offrirait la recherche du Cow-Pox dans les localités du département. » M. Petit-Lafitle a soumis des réflexions sur les divers amende- ments utiles aux terres de la Gironde. LIV » M. le docteur H. Burguet, vice-président, a lu une notice sur les avantages qu'offrent les monographies en histoire naturelle. » Un rapport verbal a été fait par M. Charles des Moulins, sur la partie botanique de l'excursion ; et par M. le docteur Burguet sur la partie entomologique. » Enfin M. Laterrade père a terminé la séance au milieu d'un auditoire rarement aussi nomljreux en pareille circonstance. Il a adressé des remerciements au directeur du collège, M. l'abbé Cham- pion, et aux élèves de l'établissement qui ont fait entendre, à deux reprises, de charmants morceaux de musique dont l'harmonie ajou- tait un nouvel éclat à cette fête champêtre ». En 1849, il n'était pas aussi facile qu'aujourd'hui d'aller à la Sauve. Parties à sept heures du matin du bourg de La Bastide, les voitures qui emportaient nos collègues s'étaient arrêtées quelques instants à Créon, où le soir à six heures devait se faire le banquet, pour de là se rendre à la Sauve. x\u nombre des personnes qu'on avait invitées à la fête Linnéenne, étaient les élèves de l'École de botanique ayant obtenu l'année auparavant les premiers prix de physiologie végétale et de description : MM. Eugène Ramey, Laf'ont, Henry Brochon et un lauréat des années précédentes, M. Eugène Panel, interne à l'Hôtel-Dieu Saint-André. Ces jeunes gens, devenus la plupart des botanistes éminents, demandèrent à revenir de la Sauve à Créon à pied, ce qui leur fut accordé, afin de se livrer à une nouvelle excursion. N'était-il pas opportun de rappeler au souvenir des successeurs de ces linnéens de la période héroïque, à propos de la fête de 1904, ces événements écoulés depuis cinquante-cinq années, puisqu'ils ont marqué l'unique fête linnéenne qui jusqu'à présent ait été célébrée dans cette commune de la Sauve? A 6 heures l/:2, nous sommes tous réunis à l'Hôtel de la Gare. Aux membres qui ont pris part à l'excursion de la journée, sont venus se joindre MM. de Loynes, Gouin, Deserces, Breignet et Bial de Bel- lerade. M. l'abbé Faucher, curé de la Sauve, a bien voulu accepter l'invitation de notre président, ce qui porte à dix-sept le nombre des assistants. La séance a lieu à l'abri d'une tonnelle, qu'une vigne vierge couvre de ses pampres noueux et dont les parois de verdure sont formées de convolvulus aux clochettes multicolores. La réunion générale est ouverte par le discours du président M. Beille qui, d'une voix émue, LV évoque la mémoire de nos devanciers. « Notre devoir, nous dit-il, est de nous inspirer de leur exemple de dévouement envers celte clière Société IJnnéenne dont nous célébrons aujourd'hui la 86*^ fête annuelle », et il rend hommage à ceux de nos collègues qui nous ont servi de trait d'union avec les membres fondateurs de la Société et dont ils nous ont conservé les traditions : MM. Molelay, de Loynes, Brown, Degrange-Touzin. Après avoir passé en revue les travaux de l'année, le Président donne lecture d'une lettre de M. Durai, con- seiller général du canton, qui s'excuse de ne pouvoir accepter l'invi- tation de la Société. Nos collègues MM. Gruvel, Maxwell, Devaux et de Nabias se font également excuser. M. Beille fait ensuite l'éloge de M. de Nabias qui vient d'être récemment promu au grade de chevalier de la Légion d'honneur, et il se réjouit comme linnéen de cet honneur, car M. de Nabias, pendant les années qu'il a passées chez nous comme secrétaire général et président, s'est fait remar- quer par ses savants travaux et la part qu'il a prise à la prospérité de notre Société Linnéenne. Notre président remercie ses collaborateurs dans la marche de la Société : M. Breignet, notre incomparable archiviste; M. Gouin, tré- sorier; MM. Devaux et Bouygues, secrétaires ; M.Deserces, président de la commission des publications. En rappelant l'excursion de la journée, il remercie aussi notre aimable collègue M. l'abbé Labrie et le félicite des découvertes si intéressantes qu'il a faites en bota- que, paléontologie et géologie, dans cette contrée de l'Entre-deux- Mers où il s'est fixé, pour y faire les recherches dont nous appré- cions les résultats. Le banquet est ensuite servi. Il présente le cachet champêtre qui sied admirablement à une fête linnéenne, ce qui ne l'empêche pas d'être arrosé des meilleurs crus (1). Au Champagne, M. le Président, après avoir remercié le sympathique curé de la Sauve, M, l'abbé Faucher, de l'honneur qu'il nous a fait en assistant à celte réu- nion, porte le toast d'usage à la prospérité de la Société Linnéenne. Tant que notre Société comptera dans son sein des membres aimant passionnément la nature et s'inléressant aux excursions col- lectives qui, outre l'atlrait qu'elles présentent, contribuent à resser- rer les liens de confraternité, l'on peut être assuré de la longévité de (1) M. Molelay, président honoraire, avait apporté les vins vieux et M. Beille, pré- sident, le Champagne. LVl ]a Société l.innéenne. C'est sous cotte inspii-atioii qu'elle prit, un jour naissance dans la lande d'Arlac, c'est animée par le même souffle qu'elle continuera à prospérer. Nos banquets linnéens sont souvent écourtés par l'heure hâtive du départ du train. C'est en effet aux dernières lueurs du crépus- cule qu'a lieu la séparation. A 8 lienres 38, en même temps que nos collègues MM. l'abbé Labrie et Queyron prennent la direction de Sauveterre, nous montons dans le train qui nous ramène à Bor- deaux. EXCURSION Une excursion de la Société est fixée au 7 mai prochain. Elle aura lieu à Fronsac, près Libourne. Séance du 19 avril 1905. Présidence de M. Motei.ay, président lionoraiie. COMMUNICATIONS M. Bardié donne un compte rendu très intéressant de la « Course aux tulipes » organisée par le Club Alpin. La Société Linnéenne était représentée par huit de ses membres. J^a journée a été très bien remplie et tous les assistants ont emporté de cette après-midi le meilleur souvenir. M. Daleau fait la communication suivante : La Genêt te [Genella vnlgaris Lesson) est relativement rare dans le déparlement de la Gironde. Depuis plus de trente ans que je recherche les animaux de la faune girondine pour ma collection, on a seulement capturé, h ma connaissance, trois de ces carnassiers dans la région du Bourgeais (rive droite de la Dordogne et de la Gironde) : 1° Une genette tuée en janvier 1893 au Pont-du-Moron, commune de Tauriac (crâne n'' 1218 de ma coll.) ; 2'^ Une autre capturée au piège par M. Rhodes, vers le mois de LVll mars 1904, à la Reuille, commune de Bayon, offerte par lui au Muséum de Bordeaux ; 3° Et enfin, une femelle prise vivante, au piège, par le même chas- seur, le 2 mars 1903, aussi à la Reuille, commune de Bayon. Cette dernière appartient, aujourd'hui, à un de mes amis et compa- triotes qui la conserve dans une cage. Très farouche durant les pre- miers jours de sa captivité, elle s'est familiarisée, reconnaît son maître et vient prendre délicatement un morceau de chair qu'il lui présente du bout des doigts. Il la nourrit de souris vivantes et de viande de boucherie. Jusqu'ici, elle paraît dédaigner un œuf de poule déposé dans sa cage, il y a plusieurs jours. Au dire de certains chas- seurs de ma connaissance, la genette est moins rare en Médoc. Ce petit animal doit être très répandu en Tunisie; j'en ai reçu six ou huit capturés aux environs de Mateur. Séance du 3 mai 1905. Présidence de M. De vaux, président. DISTINCTIONS M. LE Président adresse, au nom de la Société, des félicitations à MM. Bardié et Bial de Bellerade, nommés, l'un, Officier de l'Instruction Publique, l'autre Officier d'Académie. COMMUNICATIONS M. MoTELAY présente une branche très intéressante d'Eleagnus dont les petits rameaux sont dirigés de haut en bas, par conséquent en sens contraire de la règle générale. Le cas est d'autant plus frappant que la branche d'Eleagnus avait atteint une hauteur de plus de onze mètres et sans vrilles. M. Gruvel présente ensuite un très intéressant herbier qu'il a recueilli sur la côte occidentale d'Afrique, à l'intention de l'Institut Colonial. Procès-Yerbaux 1905 5 LVIII Il communique ensuite une série de vues photographiques du plus haut intérêt, prises sur les côtes du Sahara. M. LE Président adresse à M. Gruvel les remerciements de la So- ciélé. M. Devaux présente des échantillons à.' Hymenophyllmn Tumbrid- gense provenant d'Itxassou (Basses-Pyrénées). Séance du 17 mai 1905. Présidence de M. Devaux, président, COMMUNICATIONS M. LAFiTTE-DuPOiNT fait la communication suivante : Expérimentation sur l'orientation des poissons. Lésions des canaux semi-circulaires de l'oreille interne. Par le D' Lafite-Dupont. Les premières expérimentationssur les canaux semi-circulaires de l'oreille ont été faites par Flourens vers 1840, sur les pigeons. L'ablation de ces organes donnait à l'animal des troubles de l'équi- libre se manifestant dans le plan du canal lésé, ce qui en démontrait la fonction. Les canaux semi-circulaires des poissons présentent de très vastes dimensions, condition favorable à l'expérimentation. Steiner et Thomagvictz ont tenté cette étude sans résultat. Je ne puis comprendre l'échec de ces auteurs, car je suis arrivé à faire des lésions qui ont été suivies d'un effet très manifeste sur la locomotion. J'ai choisi des Sélaciens (torpilles, squales) dont la capsule laby- rinlhiqae est formée de cartilage permettant aux aiguilles de péné- trer aisément à un point donné repéré à l'avance. Par ce procédé, on peut atteindre un grand degré de précision en faisant des lésions extrêmement limitées. Elles ont surtout porté sur le canal supérieur LIX et horizontal, le postérieur étant difficilement accessible, surtout au niveau de son ampoule. J'ai obtenu ainsi : 1° Des mouvements de manège au cercle d'un diamètre deoO à 60 centimètres bien marqué chez la torpille surtout, par lésion du canal horizontal ; 2" Des mouvements de rotation autour de l'axe antéro-postérieur par lésions du canal supérieur, et cela aussi bien chez la Torpille, poisson plat dont le mouvement rotatoire est difficile, que chez la Roussette dont la forme allongée se prête à cette rotation en hélice, j'ai pu observer une Roussette dont la perturbation du mouvement s'est montrée trois jours d'une façon constante et impérieuse, je l'ai sacrifiée à ce moment. Ce qui semble établi par mes expériences, c'est que la lésion d'un canal peut être sans efïet si elle est faite en dehors on loin de l'am- poule. Celle-ci au contraire étant lésée, une perturbation du mou- vement se montre nettement. Ceci concorde avec ce que nous savons sur la structure anatomi- que de ces organes. L'ampoule contient la crête acoustique, récepta- cle des terminaisons nerveuses au niveau d'un épithélium diflférencié. C'est la zone véritablement sensorielle du canal semi-circulaire. En dehors de leur intérêt exclusivement scientifique, ces expé- riences ont une importance pratique puisqu'elles tendent à repro- duire les troubles de l'équilibre, observés chez les malades présen- tant des lésions de ces canaux. M. BoYER fait ensuite la communication suivante : I. Modifications apportées à la respiration des plantes par l'action de températures élevées. Par M. G. Boyer. Les modifications dont il s'agit nous ont été révélées par des expériences faites de février à mai 1900 sur des tiges, principale- ment sur des tiges de l'année, de difTérentes espèces de vitis et sur des feuilles de vigne, fusain, peuplier, tilleul. Elles intéressent le quotient respiratoire qui, chez les sujets observés, au lieu de rester constant comme à l'état normal, s'est accru en même temps que s'élevait la température. Les fragments de plantes employés maintenus dans un milieu con- LX fine, ont été laissés peu de temps, un quart d'heure, une demi-heure au plus, dans des étuves qui ont atteint et parfois dépassé les tem- pératures de 45 à 50 degrés. Voici quelques exemples des résultats obtenus : Genre vitis, fragments de tiges: à 15°, -7—= 0,85; à 40°, — =1,18; à 43°, ^=-- 1,27 ; à 49°, ^== 1 ,95 ; à 50°, ^= 2,16. Tige de peuplier : à 18°, ^=z 0,81 ; à 47°, ~= 1,18. Feuilles de fusain et de peuplier (E. japonicus, P. nigra) : à 17°, ^ = 0,84; à 40°, ^ = 0,90 (Populus) ; à 42°, -^ = 1,2 (Evony- mus); à 45°, ^ = 1,09 (Populus). On remarquera que les quotients obtenus, à égalité de tempéra- ture, sont moins élevés pour les feuilles que pour les tiges, bien que les modifications apportées parles températures élevées soient de même sens. Quand on porte les sujets observés à une température supérieure à 50° pour les liges, et à 45° pour les feuilles, le quotient tombe fré- quemment à 0,70, ou même au-dessous à 0,67, à 0,62, pendant que diminue aussi l'intensité respiratoire. Tleportée à la température ordinaire après avoir subi pendant un quart d'heure une température supérieure à 50°, une lige de vitis a présenté, avec une intensité respiratoire très affaiblie, un quotient égal à 0,55, bien inférieur à la normale. J'ai pu observer également une chute semblable, quoique le plus souvent moins importante, du quotient respiratoire chez des tiges et feuilles qui avaient subi pendant un certain temps la respiration inlra-moléculaire à la température ordinaire. De telle sorte que ce dernier mode de respiration pourrait donner une explication plausible des phénomènes observés. II. Variations qu'éprouvent le rapport et l'intensité respiratoires des feuilles lors de leur chute Par M. G. Boyer. Dans une précédente publication (G. Boyer, La vie des feuilles ajorès leur chute. Procès-verbaux des séances de la Société des sciences physiques et naturelles de Bordeaux, 1900, p. 68 à 72), j'ai établi que les feuilles continuaient le plus souvent à vivre après leur chute pendant un certain temps, lequel varie avec les feuilles considérées et les conditions de milieu 011 elles sont placées. LXI Il y a lieu de se demander si, au point de vue de la respiration, tout se passe comme à l'état normal dans les feuilles ainsi séparées de leur support. J'ai considéré le cas de feuilles tombées spontanément des arbres (chute naturelle), ou de feuilles qui se sont, après quelques jours, détachées de leurs rameaux, préalablement sectionnées et plongées dans l'eau (chute artificielle). Que deviennent dans ces conditions le quotient respiratoire et l'intensilé de la respiration? Occupons-nous d'abord du quotient ou rapport respiratoire. Ce quotient a été trouvé égal à 0,82 [loc. cit., p. 69), pour une feuille de fusain tombée récemment (chute artificielle), au lieu de 0,92, rap- port normal des feuilles à la même époque (!*''" décembre). Le 8 avril 1905, une jeune feuille tombée d'un rameau de fusain cueilli le 31 mars, présente un quotient égal à 0,92, tandis qu'une jeune feuille du 8 avril a pour quotient 1,09 et une feuille jaune de l'année précédente (vieille feuille) cueillie aussi le 8 avril, 0,91. Autre exemple : la même année, le 28 mars, -— '= 0,82 chez une vieille feuille tombée artificiellement, tandis que le rapport est égal à 0,9o chez une vieille feuille fraîchement cueillie. Toutes les analyses faites par moi sur ce sujet, et elles sont nom- breuses, ont donné des résultats identiques. On voit donc que la différence entre le quotient respiratoire des feuilles fraîchement cueillies et celui des feuilles tombées est assez considérable et peut atteindre et même dépasser 15 0/0. Cette différence est encore plus grande chez les feuilles de certai- nes plantes telles que le laurier-cerise, qui ne se détachent que long- temps après la section des rameaux, et sont alors généralement devenues jaunes. On peut, chez ces feuilles, obtenir des quotients égaux ou même inférieurs à 0,63. Les résultats sont les mêmes lorsqu'on a affaire k des feuilles tombées spontanément. Exemple du -i février 1901 : Magnolia (gr.), feuille verte sur arbre : -.- = 0,91 ; feuille jaune tombée spontané- ment : -^=.0,1 A. Intensité respiratoire. — En général, les feuilles qui se détachent de leur tige, soit spontanément, soit après section des rameaux, présentent une intensité respiratoire inférieure à celle des mêmes feuilles normales. Si on compare la quantité d'acide carbonique produite par ces feuilles, avec la proportion du même acide fourni par le même poids LXTI de feuilles normales dans le même temps, on la trouve réduite aux trois quarts, aux deux tiers ou même à moins. Cette réduction est surtout bien manifeste chez les feuilles qui ont jauni avant de tomber, par exemple chez le fusain, le laurier-cerise, le magnolia, etc. C'est ce qui résulte d'un très grand nombre d'expé- riences que j'ai faites. Je prends au hasard la suivante : feuille de magnolia verte sur arbre, cueillie récemment : --=r 0,91 ; intensité respiratoire (CO' produit par gramme de feuille et par heure à 13°) = 0'''=,H5. Feuille de magnolia jaune tombée récemment et spon- lanément : --r-= 0,74; I (dans les mêmes conditions de température et de milieu) = 0'=^%064 (4 février 1901). De ces expériences faites sur des arbustes à feuilles persistantes, il résulte que la chute naturelle et artificielle des feuilles est accom- pagnée et suivie de modifications dans la respiration de ces feuilles qui ont pour résultat de diminuer en général l'intensité respiratoire et de diminuer notablement aussi le quotient respiratoire, de telle sorte que la proportion d'acide carbonique exhalé par rapport à l'oxygène absorbé est moindre que pour les feuilles restant sur l'arbre. III. Modifications qui se produisent dans la respiration des feuilles vieilles et sur le point de tomber chez certains arbustes à feuilles persistantes Par M, G. Boyer. Je viens de montrer les modifications qui se produisent dans la respiration des feuilles tombées récemment chez des arbustes à feuilles persistantes. Il était intéressant de rechercher si ces modifi- cations n'existent pas déjà chez les feuilles encore sur l'arbre et si leur chute n'est pas précédée d'une période de préparation pendant laquelle des modifications analogues se manifestent dans l'état de leur respiration. Pour m'en assurer, je cueillis, le 9 avril dernier, sur un même fusain trois lots de feuilles : le premier ne contenait que des jeunes feuilles de l'année; le deuxième, des feuilles vertes de l'année der- nière; le troisième, de vieilles feuilles jaunâtres semblant peu éloi- gnées de leur chute. Toutes ces feuilles, ainsi divisées par lots, ont été mises à respirer en vase clos sur du mercure, dans des conditions identiques de température et de milieu. Le premier lot a présenté LXIII un quotient respiratoire supérieur à l'unité et a dégagé 0"°10 d'acide carbonique par gramme de feuille et par heure, tandis que, dans le deuxième lot on a eu : -r- = 0,98, et CO^ dégagé =: 0'''^''036 et, dans le troisième : ~ = 0,91 et CO' dégagé = 0^"=024. Ces résultats ont été contrôlés par d'autres expériences faites anté- rieurement et postérieurement à celle-ci. De ces chiffi-es, il résulte que les vieilles feuilles du même arbre ont, à la même époque, un quotient respiratoire et surtout une intensité respiratoire moindres que les feuilles jeunes; que cette différence s'accentue encore pour les vieilles feuilles jaunes sur le point de tomber, surtout en ce qui concerne le quotient respiratoire. Si l'on sectionne des rameaux des arbustes que j'étudie, et qu'on plonge leur base dans l'eau, la chute (artificielle) des feuilles se pro- duit, comme on le sait, au bout d'un certain temps. En étudiant jour par jour la respiration des feuilles ainsi traitées, on constate en général une diminution progressive du quotient et de l'intensité respiratoires, de sorte que les modifications observées sont de même sens que celles que je viens d'indiquer et qui se produisent lors du vieillissement naturel des feuilles. Cependant, ici, il y a lieu de tenir compte d'un certain nombre d'autres facteurs, notamment de la quantité d'eau plus ou moins grande possédée au moment de l'ana- lyse par le rameau sectionné. M. MoTELAY fait part du fait que M. Rouy lui a dédié dans sa flore un « Senecia » qu'il avait rencontré en Gironde, dans la lande de Biganos, il y a huit ans. M. Devaux fait ensuite la communication suivante : Influence du vent marin sur les déformations du pin maritime Par M. H. Devaux. On sait les déformations singulières et considérables qui apparais- sent sur divers arbres plantés au bord de la mer et si manifestes en particulier sur le pin maritime et sur le chêne vert. J'ai profité d'un séjour récent à Biarritz, en avril 1903, pour faire quelques observa- tions à ce sujet. Je soupçonnais depuis longtemps que le vent ne devait pas être le facteur unique de ces déformations des plantes littorales, mais que le sel marin, apporté par ce vent, devait avoir LXIV aussi son influence. Les résultats de mes obsen^alions ont bien con- firmé mes prévisions. Sur la côte située entre l'embouchure de l'Adour et Biarritz, dans le voisinage d'Anglet, le rivage littoral est occupé par une bande de sable de 100 à 200 mètres de largeur presque complètement dénudée. Au-delà, on. rencontre la forêt de pins maritime, généralement située sur le haut de la dune. Les pins, dans cet endroit, sont parfaitement verticaux jusqu'au bord extérieur de la forêt, tandis que les pieds isolés que l'on rencontre sur la dune plus basse, située plus près de la mer, sont tous contournés et couchés sur le sable. Si le vent est la cause prépondérante qui détermine la forme couchée de ces der- niers pins, il est assez singulier qu'il n'ait pas déterminé au moins un commencement de forme semblable sur les pins voisins situés à un niveau beaucoup plus élevé et partant beaucoup plus exposés. On peut invoquer, toutefois, le fait que ces derniers croissent en massif et qu'ils se protègent mutuellement ; mais cette protection ne serait en tous cas que très imparfaite pour les pins de la lisière de la forêt, et pourtant ces pins sont verticaux et aussi élevés que ceux situés plus à l'intérieur. Un examen attentif des pins couchés permet du reste de recon- naître que la cause cherchée n'est pas le vent proprement dit. En effet, ces pins sont couchés par leur tronc et leurs branches, mais leurs pousses nouvelles sont toutes verticales, absolument comme pour les pins dressés. Le fait est d'autant plus frappant que toutes ces pousses franchement verticales sont portées par des branches plus ou moins couchées. Les pousses qui ne terminent pas les bran- ches principales peuvent être d'abord inclinées, mais leur pointe se relève à l'extrémité. Cette simple observation empêche absolument d'attribuer l'orientation de l'arbre h la direction primitive de ses pousses. Un examen plus attentif montre ensuite que ce que l'on prend au premier abord pour un tronc couché, ne représente en réalité qu'une branche qui a grossi et qui a émis elle-même des branches en grand nombre. Afin de bien me rendre compte du phénomène, j'ai pris le soin d'examiner successivement des pins d'abord jeunes, puis de plus en plus âgés, mais poussant isolés sur la zone littorale située entre la mer et la forêt. Jusqu'à deux ans environ, les jeunes pieds de pins ne semblent présenter rien de particulier, leur axe est franchement vertical et ils LXV émettent un premier verticille de rameaux dont les pousses se relè- vent comme les branches d'un candélabre. A partir de trois ans, on observe une variation très importante. Je prends comme type un pin de quatre ans, dont j'ai pris le croquis sur le terrain même. Ce jeune pin était très exposé sur le flanc de la dune; son tronc, d'abord vertical, semblait tout déjeté du côté opposé à la mer à partir d'une hauteur de 25 à 30 centimètres. En réalité, à ce niveau, on voyait que la tige principale se continuait encore, mais elle n'était plus représentée que par une partie mortifiée de 10 à lo centimètres de longueur. Le sommet de la plante avait donc été tué, et c'était une branche, située à distance de ce sommet, et du côté opposé h la mer, qui l'avait continué. Des vestiges d'autres bran- ches tournées vers la mer s'apercevaient au même niveau. De la sorte, letroncprimitifde quatreansétaitcontinuéparunegrosse bran- che de trois ans inclinée dans un sens presque horizontal. Le sommet de cette branche s'était toutefois relevé d'une manière franchement verticale, mais sa pointe avait été tuée etc'étaientalorslesdeux verti- cilles de branches situées au-dessous (âgées de un et deux ans), qui s'étaient développées. Le verticille le plus inférieur avait pris de beaucoup le plus grand développement, mais uniquement pour les branches tournées vers l'intérieur des terres. Ces branches vivantes du verticille inférieur (deux ans) au nombre dedeux, atteignaient une longueur de 60 à 80 centimètres; elles étaient bien vivantes et por- taient elles-mêmes des ramifications vivantes et feuillées à pousses nouvelles franchement verticales. Au contraire, une seule branche du verticille supérieur était arri- vée à se développer, et son sommet était déjà mortifié ; mais elle possédait encore deux branches secondaires inclinées du même côté que les précédentes. En un mot, l'arbre, au lieu de végéter en grappe, comme c'est la règle pour le pin, végétait en sympode ; les sommets successifs étant tués les uns après les autres, les branches seules maintenaient la vie de la plante, en donnant un ensemble rampant et non dressé. L'examen de pins plus âgés confirme ce premier aperçu. Dans les parties exposées, l'arbre tout entier, parfois très gros, semble couché et balayé par le vent qui vient de la mer ; mais ce que l'on prend pour son tronc, parfois contourné en S couché ( g«), représente en réa- lité les séries de branches formant le premier sympode. Dans les parties abritées de la dune on rencontre également de vieux pins LXVI dont la tête est tuée et qui ont émis de tous les côtés de grosses brandies, de sorte que l'arbre tout entier forme un massif buisson- nant. La vigueur des rameaux jeunes de ces vieux arbres est du reste singulièrement grande : on trouve des pousses atteignant 20 à 40 cen- timètres de longueur, toutes verticales. Ces diverses observations nous permettent d'affirmer que les arbres n'ont pas clé couchés, ni par le vent, ni par aucune autre cause; ce sont des plantes dont la végétation, au lieu de se faire suivant le type de la grappe, si marqué chez les conifères, s'est développée en cîmes couchées, parce que seules les parties couchées pouvaient subsister. Processus de la mortificalion . — On peut suivre, du reste, le pro- cessus de la mortification des parties exposées, et cet examen est plein d'intérêt. Tandis, en effet, que les branches abritées possèdent des feuilles en aiguille sur tout leur pourtour, les rameaux encore vivants qui sont trop exposés ne présentent plus de feuilles du côté tourné vers la mer. Or ces feuilles existaient à l'origine sur toute leur périphérie, comme on le voit facilement sur les pousses nouvelles ; mais elles sont tombées dans l'année même de leur naissance pour le côté directement exposé. Les feuilles qui subsistent de l'autre côté sont du reste aussi condamnées, elles ne vivent guère c^u'une année et non pas plusieurs, comme on l'aperçoit facilement par la dénuda- tion de l'entre nœud de deux ans. Lorsqu'on regarde de près ces feuilles encore vivantes, on voit qu'elles sont parsemées de petites taches jaunes; ces taches s'étendent, et ce sont elles qui produisent la mortification de la feuille à partir du sommet, elles n'existent que du côté exposé au vent, l'autre côté en est entièrement dépourvu. La chose est si nette que, lorsqu'on regarde l'arbre sur la face expo- sée, il présente dans son ensemble un aspect maladif, vert-jaunâtre bigarré, tandis que, vu par la face opposée, il se présente avec un aspect très sain, vert-foncé uniforme. En regardant avec soin, on ne tarde pas à apercevoir sur le côté où sont les taches jaunes une poussière blanche, peu abondante, de saveur salée; cette pruine provient évidemment des embruns de la mer apportés par le vent. Le côté opposé en est complètement dépourvu. Un examen ultérieur m'a du reste démontré qu'elle était représentée par une substance soluble ayant les réactions caractéris- tiques des chlorures. Nous tenons dès lors la cause du mal : c'est le sel marin apporté par le vent sous forme de gouttelettes microscopiques^ qui, en se desséchant sur les feuilles, cause leur mortification. LXVII Quant à la mortification des bourgeons, elle paraît être occasionnée par celle des feuilles. Lorsque la branche ne possède plus qu'un nom- bre insuffisant d'organes d'assimilation, la pousse terminale périt. Il ne me semble pas probable, en effet, que la mortification des pousses soit due à l'action directe du sel marin. Ce point particulier a du reste besoin d'être éclairci, car la branche émet toujours des bour- geons de remplacement dans le voisinage de son sommet quand celui-ci a été mortifié. Ces pousses de remplacement affectent très souvent une situation singulière : on les trouve situées entre deux feuilles en aiguille, ce qui montre que le point végétatif des rameaux courts, qui avorte d'ordinaire chez le pin après avoir donné les deux feuilles en aiguille, se développe ici d'une manière très fréquente. Les pousses formées peuvent même posséder, au lieu d'écaillés bru- nes, des feuilles vertes isolées, identiques à celles que l'on ne trouve que dans le jeune âge des conifères. M. Devaux présente des échantillons de Ranunculus graminseus récoltés entre Bussac et Montendre (Charente-Inférieure), MM, Daleau, l'Abbé Labrie, Bardié, Bouygues et Deserces sont délégués pour représenter la Société au Congrès national préhistori- que qui doit avoir lieu à Périgueux. FÊTE LlNNÉENiNE MM. Bardié, Gouin et Deserces sont nommés membres de la com- mission du banquet de la Fête Linnéenne, dont la date est fixée au 2 juillet prochain. Le choix de la localité où doit avoir lieu la fête sera fixé dans une prochaine séance. LXVIII Séance du 7 juin 1905. Présidence de M. Devaux, président. COMMUNICATIONS M. BoYER fait les communications suivantes : CO' A. Variations que présente avec la température le rapport — ;- dans la respiration des plantes. Par M. G. Boyer. Dans une récente communication faite à la Société (séance du 17 mai 1905), j'ai fait connaître les résultats des recherches faites par moi en 1900 et 1901 sur les modifications apportées à la respi- ration des plantes par Faction des températures élevées (40° à 50°). Ces modifications n'intéressent pas seulement l'intensité respira- toire qui est toujours accrue, tant que la plante ne souffre pas, ainsi que l'a établi M. Bonnier; elles portent aussi sur le rapport respira- toire qui, contrairement à la croyance généralement admise, pré- sente lui aussi un accroissement souvent très sensible, puisque chez une plante telle que le fusain du Japon, oîi il est souvent inférieur à 1, il a pu atteindre et même dépasser 1,5. Mes recherches ne s'étaient pas limitées aux températures supé- rieures à 40°, seules considérées dans ma note du 17 mai. J'avais aussi étudié la respiration à des températures moins élevées, telles que celles auxquelles les plantes sont fréquemment soumises en été dans les climats chauds ou même tempérés. Mais comme les résul- tats obtenus par moi se trouvaient être en contradiction avec les lois le plus communément admises, en ce qui concerne le rapport respiratoire, je m'étais, jusqu'à ce jour, abstenu de les publier. Le travail récent de M. Pourievitcli : Influence de la température sur la respiration des plantes [Ann. se. nat. bot., 9^ série, t. I, 1905, p. 1 à 32) me décide à faire connaître les résultats que j'avais obte- nus dès 1900. Je vais en donner quelques exemples : Tiges de Vitis vinifera étudiées en hiver : à 10°, -^ a été trouvé LXIX égal à 0,75; à 15°/-^' =0,85; à 23°, ^' = 0,91; à26°, -„^'= 0,94; à 35°, ^-^■=1,18; à 43", -^, = 1,27; à 48°, ^^=1,^0. Feuilles de fusain (Evonymus japonica) : k 15°, — ' = 0,84 à 25°,!^'= 0,91; à30°, ^^'=l,09;à 42°, ^= 1,30. Feuilles de peuplier {Populus nigra) : à 15°, -j^-:^ 0,84; à 36°, ^^' = 0,90; à 40% ^= 0,95 ; à 45°, ^' = 1,09. Il y a donc progression constante du rapport respiratoire avec la température chez les plantes étudiées. Le fait est surtout sensible aux températures élevées. Au-dessus de 30°, souvent le rapport dépasse Funité, c'est-à-dire que le résultat de la respiration est une perte et non un gain d'oxygène comme à l'état le plus habituel. On peut expliquer ce phénomène par la combustion aux tempéra- tures élevées de produits oxydés tels que les acides organiques, ou par un commencement de respiration intra-moléculaire, l'oxygène n'arrivant pas aux cellules profondes en assez grande quantité par suite de sa trop rapide utilisation par la plante. Cette dernière hypo- thèse a contre elle le fait que l'élévation du rapport se produit même chez les feuilles, organes où l'aération est extrêmement facile. On peut aussi faire une troisième hypothèse, c'est que l'acide carbonique trouvé en excès était simplement dissous ou faiblement combiné dans la plante et qu'il a été chassé ou disssocié par l'éléva- tion de température. Bien que M. Pourievilch prétende {loc. cit.) que l'acide carbonique ayant cette origine, n'influence pas sensiblement la valeur du rapport, j'estime que les expériences sur lesquelles il s'appuie pour émettre cette affirmation ne sont pas suffisamment concluantes, et qu'il y a lieu de vérifier la chose en prolongeant l'action d'une température élevée. On pourra par exemple, après avoir mesuré la respiration à 15° sur une plante, mettre celle-ci pendant plusieurs heures dans une enceinte à 30° à l'air libre. Puis la plante ayant mis ses liquides en équilibre avec l'air ambiant, on la meltra en atmosphère confinée pour mesurer sa respiration et voir si cette respiration a vraiment varié, non seulement comme intensité mais aussi comme nature (rapport ^i)- Le résultat des recherches que j'entreprends de ce côté fera l'objet d'une autre communication. LXX L5. Sur la respiration des feuilles aériennes ou immergées de rameaux détachés provenant d'arbustes à feuilles persistantes Par M. G. Boyer. Si l'on détache un rameau feuille d'un arbuste à feuilles persis- tantes, tel que le fusain du Japon, le laurier-cerise, etc., et qu'on le plonge par sa base dans Feau, on constate que la chute des feuilles se produit au bout d'un certain temps qui varie, suivant les condi- tions extérieures et l'arbuste considéré, de quelques jours à plu- sieurs semaines. Cette chute est plus rapide en été et sous l'influence des températures élevées, 30° par exemple, qu'en hiver et aux basses températures. Les différences sont de plusieurs jours dans le cas du fusain, de plusieurs semaines dans celui du laurier-cerise. Un phénomène ana- logue, mais de sens contraire, se produit pour les feuilles de rameaux semblables, plongées dans l'eau ou dans un air saturé de vapeur d'eau : elles tombent plus tard que les feuilles de rameaux cueillis le même jour mais laissées à l'air libre, dans une atmos- phère ayant par exemple un état hygrométrique voisin de 0,oO (1). Il y a lieu de se demander comment respirent les feuilles ainsi traitées dans les différents cas. I. Respiration des feuilles laissées dans l'air. — J'ai constaté par GO''' de très nombreuses analyses que le quotient respiratoire -^^ des feuilles laissées dans l'air libre et portées sur des rameaux plongeant dans l'eau par leurs parties inférieures seulement, ne tarde pas à décroître et cela d'une façon très sensible. Il peut s'abaisser de 14 p. 100 ou même plus; par exemple tomber de 0,98 (feuilles fraîches), à 0,84 (feuilles de rameaux cueillis depuis quelques jours). Un abaissement analogue s'observe chez des feuilles cueillies en même temps mais mises à sécher sur des assiettes sans eau. Tout autre est la marche de l'intensité respiratoire. Tandis que chez les feuilles mises à sécher, cette intensité diminue progressive- ment, chez les feuilles des rameaux dont la base plonge dans Teau, l'intensité s'accroît d'abord, et reste pendant plusieurs jours supé- rieure à celle des feuilles fraîchement cueillies puis devient infé- rieure à cette dernière. A quoi attribuer ce phénomène? (1) C'est ce que j'ai établi dans une précédente noie : G. Boyer, Note sur la chute des feuilles maintenues dans l'eau ou dans l'air saturé d'humidilé, P.-V. de la Soc. des se. phys. et nat. de Bordeaux, 2 mai 1901. LXXI En pesant chaquis jour les rameaux plongés dans l'eau, on s'aperçoit qu'au début, et cela parfois pendant plusieurs jours, leur poids augmente. Les deux phénomènes, accroissement en poids, c'est-à- dire gain en eau et augmentation de l'intensité respiratoire, parais- sent assez exactement liés l'un à l'autre et en réQéchissant que le fait contraire, la dessiccation, produit chez les feuilles privées d'eau une diminution de l'intensité respiratoire, on ne peut s'empêcher de penser qu'entre le gain en eau et l'élévation de l'intensité respira- toire, il n'y ait une relation de cause à effet. A noter dans tous les cas l'abaissement du rapport respiratoire, qui se produit aussi dans la chute naturelle des feuilles ainsi que je l'ai démontré dans une précédente note. La variation qu'il subit, indice de changements profonds dans les réactions vitales, semble être le phénomène précurseur de la chute et de la mort prochaine de la feuille. n. Respiralion des feuilles entièrement submergées . — Etudions main- tenant la respiration des feuilles immergées. Des recherches que j'ai faites sur ce sujet, il résulte que ces feuil- les présentent une respiration diminuée dans son intensité dans la proportion fréquente de 1 à 2, ce que l'on constate aisément en com- parant cette intensité avec celles de feuilles fraîchement cueillies ou de feuilles des mêmes rameaux restées aériennes. On remarque aussi que l'intensité respiratoire de ces feuilles immergées, si on les sort de l'eau, augmente à partir de ce moment pendant quelques jours. Comme, d'autre part, j'ai maintes fois constaté que l'abaissement de la température relarde la chute, tandis que son élévation l'accé- lère, toujours dans les conditions et chez les arbustes précités, de telle sorte que la chute est plus rapide en été qu'en hiver, je crois pouvoir faire dépendre dans les deux cas, feuilles immergées ou feuilles placées dans un milieu à basse température, la plus longue persistance des feuilles sur les rameaux, du même fait d'expérience, la faible intensité de la respiration dans ces conditions. Le rapport respiratoire des feuilles immergées n'est pas moins intéressant à étudier que l'intensité de la respiration. Un exemple va nous montrer comment il se comporte : D'après une analyse faite le 17 mai dernier, une feuille d'un rameau de fusain cueilli le 7 mai et tombant quand on la touche, a pour quotient 0,88, et pour intensité (volume de CO- dégagé par gramme etparheure) O'''°06, tandis qu'une feuilledumêmerameau restéedans LXXII l'eau donne — " = 0,96 et I = 0c"^03. Les chiffres correspondants sont, le même jour, pour une feuille fraîchement cueillie de la même plante, — " = 1,02 et I = O^^^IS. Sans parler de l'intensité très affai- blie chez la feuille aquatique, on voit que chez elle le rapport respi- ratoire a diminué mais qu'il est plus élevé que chez la feuille aérienne. D'autre part, j'ai pu constater chez des feuilles immergées se déta- chant au contact, des rapports de 0,80 et au-dessous. De ces expériences il faut conclure que le rapport respiratoire diminue chez les feuilles immergées comme chez les feuilles aérien nés, jusqu'au moment de la chute, que cettediminutionainsi que la chute se font plus lentement chez les feuilles immergées que chez les feuil- les aériennes, qu'en définitive la diminution du rapport semble bien toujours accompagner la chute de la feuille quelles que soient les conditions dans lesquelles cette dernière se trouve placée. M. Bardié annonce h la Société que, dans une herborisation faite à Cestas par son frère, ce dernier a rencontré l'Hesperis matrona à fleur blanche paraissant exister dans cette région à l'état spontané. M. GouiN, à propos de l'influence du vent sur la végétation des pins marins étudiée par M. Devaux, dit avoir vu entre Ychoux et Labouheyre des pins dont le port présente les mêmes anomalies que les pins voisins des bords de l'Océan. M. Devaux répond que cette observation l'intéresse vivement et qu'il ira lui-même visiter ces pins, pour tâcher de reconnaître les véritables causes de ces anomalies, lorsque celles-ci se produisent loin des vents marins. M. Breignet fait connaître à la Société qu'on lui a présenté un trèfle, dont chaque feuille était formée de cinq folioles. Il présente ensuite une branche de fusain dont les feuilles sont cou- vertes d'une espèce de cochenille qui n'a pu encore être déterminée. M. Deval'x présente ensuite une observation sur une maladie atta- quant les jeunes feuilles du platane, celte maladie paraît être loca- lisée à la région du Sud-Ouest. Certaines portions du parench5me foliaire présentent des taches brunâtres ainsi que sur les pétioles. FÊTE LINNÉENNE La fête Linnéenne est fixée au 2 juillet prochain. Elle aura lieu à Arcachon, M. Bardié est nommé rapporteur de la fête. LXXIII Séance du 21 juin 1905. Présidence de M. Motelay, président honoraire. COMMUNICATIONS M. LE Président fait connaître que M. Baronnet a trouvé à Cestas la Lillorella lacustris. M. GouiN présente un cas très intéressant fourni par un pied d'arti- cliaut qui offre des variations profondes dans la morphologie externe des feuilles. Séance du 5 juillet 1905. Présidence de M. Devaux, président. PERSONNEL M. Léon DuFOUR est nommé membre correspondant de la Société Linnéenne. COMMUNICATIONS M. Bardié présente un très intéressant catalogue de Faqnarium de Naples. Il signale ensuite la présence du Capparis spinosa au château de Cazes. Il donne connaissance d'une lettre de M. Queyron relative à la Flore de la vallée du Dropt. M. Devaux fait les deux communications suivantes : De l'emploi du carmin aluné en histologie végétale. Le carmin aluné est d'un emploi courant en histologie végétale, comme réactif colorant des parois dites cellulosiques. Il colore en effet les parois des tissus non lignifiés ni subérifîés, tandis que ces derniers restent parfaitement incolores après son action. On peut se Procès- Verbaux 1905 5* LXXIV demander pourtant si le carmin aluné est vraiment un réactif indi- cateur de la cellulose, ou bien s'il ne serait pas plutôt un réactif de la pectose. La cellulose en effet existe dans les tissus lignifiés et même dans les tissus subérifiés, et il serait assez surprenant que le carmin aluné n'indiquât pas sa présence; au contraire, la pectose manque dans ces mêmes tissus. Ces coïncidences pourraient suffire a priori, pour permettre d'affirmer que le carmin aluné est un réactif de la pectose et des tissus pectosiques, et non pas de la cellulose et des tissus cellulosiques. Toutefois, il m'a paru intéressant d'examiner l'action de ce réactif, isolément sur la cellulose et sur la pectose. La cellulose est à l'état à peu près pur, dans certaines cellules telles que les fibres du coton, les laticifères de Nerium oleander, etc. Si on essaie de colorer cette cellulose par le carmin aluné, on n'y parvient pas. Quelle que soit la durée du séjour de la préparation dans le réactif, un lavage très court l'enlève des parois précitées. Il est facile, d'autre part, de préparer des coupes d'organes mous, tiges, feuilles, racines, dépourvus de cellulose, en les faisant séjour- ner dans la liqueur de Schweitzer, 24 heures ou plus, puis en les lavant à l'eau ammoniacale, comme Gilson l'a indiqué (1), et comme je l'ai rappelé dans ma note du 6 février 4901 (2). Les coupes ainsi préparées ont gardé leur structure complète, mais elles sont très molles, parce que les parois des tissus mous ne sont plus représentées que par de la pectose. Si dans ces conditions on essaie de les colorer par le carmin aluné, elles se colorent extrême- ment bien dans toutes les parties qui fixaient autrefois ce réactif, mais exclusivement dans ces parties. On reconnaît îRissi que la subs- tance qui se colore ainsi fixe de même les sels métalliques, et en particulier le Rouge de Bulhénium ; elle a donc tous les caractères de la pectose. Mais par contre, s'il subsiste quelques granulations, ron- des ou arborescentes, de cellulose à l'intérieur des cavités cellulaires, cette cellulose ne se colore absolument pas par le carmin aluné. Au contraire, elle se colore très vivement en bleu par le chlorure de zinc iodé, lequel ne colore pas la pectose. Nous pouvons donc conclure, avec une entière certitude, que le carmin aluné est un réactif de la pectose et non pas de la cellulose. J'avais reconnu ce fait depuis plusieurs années, et je l'enseigne dans (1) Gilson, La crisLcdtisalion de la cellulose. La cellule, t. IX. (2) Procès-verbaux de la Société Linnéenne, février 1901. LXXV mes cours, mais il m'a paru intéressant de le publier à cause de l'emploi constant du carmin aluné en histologie végétale. Géotropisme positif des pousses et des vrilles de la vigne. Par H. Devaux. Chacun a pu observer facilement que les pousses de la Vigne sont presque toujours sensiblement courbées à leur extrémité, c'est-à-dire dans la partie où les entre-nœuds sont en voie d'allongement. Il suffit aussi d'un examen rapide pour s'apercevoir que la courbure se produit toujours de manière à incliner le sommet des pousses vers la terre, toutes les fois du moins qu'elle est assez accentuée. J'ai observé de beaux exemples de ces courbures sur des rameaux de treille de chasselas. Mais ils ne sont pas spéciaux au Vilis vinifera, car la Vigne vierge (Ampélopsis quinquefolia) présente aussi toutes les pointes de ses rameaux courbées en crosse vers le sol quellg que soit la direction du reste de ces rameaux. Lorsque la Vigne vierge^ tapisse une muraille, il suffit de regarder parallèlement à celle-ci, pour voir une multitude de rameaux qui semblent fuir la muraille en^ s'élevant obliquement; c'est alors que le phénomène est frappant, car partout les extrémités de ces rameaux sont courbées en crosse dans un plan à peu près vertical et toutes les pointes sont tournées vers le sol. La courbure est souvent tellement accentuée que l'extré- mité va même au-delà de la verticale et tend à faire la boucle. Mon attention ayant été attirée sur ces faits, il était naturel d'attri- buer cette courbure à l'action de la pesanteur; ce serait un nouveau cas de géotropisme positif h ajouter à ceux que l'on connaît pour la tige. Le fait est tellement facile à observer qu'il doit être connu, mais plutôt que de faire des recherches bibliographiques, toujours longues et fastidieuses, j'ai cru intéressant d'entreprendre une véri- fication directe. C'est le résultat des quelques expériences faites dans ce but qui fait l'objet de la note présente. S'il s'agit d'un cas de géotropisme, il suffit de retourner les rameaux pour voir la courbure changer aussi. C'est ce que j'ai fait. La flexi- bilité des longs sarments de la vigne ordinaire et de la vigne vierge m'a rendu possible le retournement complet de leurs extrémités végétatives, de sorte que la pointe tournée vers le sol s'est trouvée tournée en sens contraire; le sarment a été fixé dans cette position LXXVI par un support convenable, mais les parties jeunes étaient libres et pouvaient s'accroître sans aucune gêne. Le résultat de ces essais est constant. Au bout d'un temps variable, quarante-huit heures par exemple, les extrémités à courbure artificiellement tournée vers le haut ont pris une courbure en sens contraire, c'est-à-dire vers la terre. Il faut donc en conclure qiïune action géotropique positive existe dans la région en voie d'accroissement. En marquant un trait à Fencre de Chine sur le rameau, on constate, du reste, que le retournement se fait ordinairement sans lorsion, par simple différence d'accroissement des faces supérieures et infé- rieures du rameau : c'est une nutation géotropique dans un plan vertical. De plus, il s'agit d'un géotropisme temporaire : la courbure, très accentuée pour chaque entre-nœud quand celui-ci a acquis environ la moitié de son accroissement, diminue ensuite de plus en plus pour disparaître totalement à la fin. De la sorte les entre-nœuds adultes forment une série rectiligne. Ce redressement est évidem- ment un phénomène d'ortholropisme, ou persévérance d'accroissement dans la direction déjà acquise par l'organe. Les vrilles de la Vigne possèdent aussi un géotropisme positif, quoique souvent ce géotropisme soit peu accentué. Mais ce géotro- pisme est différent de celui des pousses feuillées, et il demande de nouvelles recherches. M. Llaguet présente, au nom de M. de Nabias, les deux notes sui- vantes : Remarque sur la méthode de Apathy. Par M. DE Nabias. Apathy a fait connaître une méthode de coloration du système nerveux par le chlorure d'or qui a eu beaucoup de retentissement. L'agent fixateur est le sublimé seul ou associé à l'acide osmique. L'agent de réduction de l'or est l'acide formique (1). Une précaution recommandée est celle d'enlever le sublimé par l'iode avant l'emploi du chlorure d'or (2). (1) Cf. dans le même ordre d'idées : B. de Nabias. Nouvelle méthode au chlorure d'or pour lacoloration rapide du système nerveux. Société de biologie, 5 mars 1904. Id. Bibliographie anatomique, fasc. 4, t. XII. (2) Cf. BoUes Lee et Henneguy, Tr. des méthodes techniques de l'analomie micros- copique, 3« édit,, p. 58, 261 et s. LXXVII C'est ici qu'il y a lieu de faire la remarque suivante : Si l'iode intervient, ce n'est pas seulement pour enlever le sublimé, mais principalement pour rendre possible ultérieurement l'impré- gnation métallique. L'échec de la méthode ne lient le plus souvent qu'au défaut d'un traitement iodé. Celui-ci est indispensable pour obtenir le virage de l'or. Sinon, les coupes restent indéfiniment blanches malgré l'em- ploi d'un réducteur quelconque. L'iode peut être employé en solution alcoolique ou en solution aqueuse aved'iodure ou le bromure de potassium. Une solution bro- mo-iodurée, qui libère de l'iode, peut être également employée. Le brome ne peut pas se substituer à l'iode. Une solution bromo- bromurée ne produit aucun mordançage. Dans ce cas comme avec l'eau ordinaire, toute imprégnation métallique au niveau des élé- ments anatomiques devient impossible. Actions de l'hydroxylamine sur le virage de l'or en histologie. Dans une communication récente (1), nous avons fait connaître les principaux agents réducteurs susceptibles de produire un virage de l'or sur des tissus ayant subi préalablement une imprégnation iodée. Dans cette liste ne figure point l'hydroxylamine. En raison de ses propriétés réductrices bien connues (2), il nous a semblé qu'elle méritait cependant une mention spéciale. Nous avons fait agir une solution de chlorhydrate d'hydroxylamine à 1 p. 100. A notre grande surprise, nous n'avons pas eu de virage instantané de l'or. Les coupes maintenues dans un récipient exposé à la lumière présentent cependant à la longue, plus rapidement avec les solutions fraîches d'hydroxylamine, une teinte rose, indiquant (1) B. de Nabias, Méthode de coloration au chlorure d'or, Action réductrice de la lumière et des acides gras. Comptes rendus des séances de la Société de biologie, 4 juillet 1905; Les anilines substituées et les composés pliénoliques comme agents de virage de l'or dans les tissus, id. (2) « L'hydroxylamine décolore la solution ammoniacale d'oxyde de cuivre. Elle précipite le sublimé corrosif en jaune, le précipité devient rapidement blanc (calomel). Un excès d'hydroxylamine met en liberté le mercure à l'état métallique. Les sels d'ar- gent et le bichromate de potasse sont aussi rapidement réduits .., etc. ». Cf. Wurlz, Dict. de chiinie, art. Hydroxylamine. LXXVIII un léger virage. Il n'en existe pas moins une action empêchante qu'il était intéressant de rechercher. Quelques centimètres cubes d'une solution de chlorhydrate d'hy- droxylamine à 1 p. dOO sont traités par un volume égal de solution N — de nitrate d'argent ou de soude. C'est la quantité reconnue néces- saire pour neutraliser exactement Hcl. Avec les solutions ainsi obtenues, filtrées pour le nitrate d'argent, le virage se produit instantanément. Il y a donc lieu d'infirmer l'acide chlorhydrique du sel d'hydroxylamine comme agent empêchant du virage de l'or dans les conditions indiquées. Nous avons remarqué d'autre part que l'aniline à i p. ICO produit une réduction extrême- ment énergique de l'or sur les tissus imprégnés d'iode et que l'addi- tion d'acide chlorhydrique à la solution d'aniline au— dans les pro- portions de I p. 1000 de cette solution empêche toute action réduc- trice. Ce fait, en concordance avec le précédent, est une preuve nouvelle de l'interprétation donnée. Quelles que soient d'ailleurs les conditions dans lesquelles on se place, les solutions d'hydroxylamine ne donnent pas de virages assez satisfaisants pour pouvoir se substi- tuer en histologie aux agents réducteurs déjà étudiés (i). M. Llaguet présente ensuite un Lycoperdum rjiganteum très bien conservé grâce à un bain dans de l'aldéhyde formique à 10 p. 100, et ceci durant huit jours. Mis ensuite à sécher à l'air, il s'est parfaite- ment conservé. M. MoïELAY fait don à la Société d'un ouvrage sur « Les Cladonies de la Flore de France », par M. Parrique. Séance du 19 juillet 1905. Présidence de M. Bardié. PERSONNEL M. Lie PiîÉsmENï fait part des distinctions honorifiques dont ont été l'objet MM. Beille et Bouygues, nommés, l'un oflicier de l'Instruction (1) B. de Nabias, loc. cit. LXXIX publique et l'autre officier d'Académie et leur adresse les félicitations de la Société. M. LE Président annonce la mort de M. Adolphe-Bertrand Tou- louse, membre titulaire de la Société. M. LE Secrétaire général donne lecture du discours suivant pro- noncé par M. le Président aux obsèques de M. Toulouse. Notice nécrologique sur M. Adolphe-Bertrand Toulouse. La Société Linnéenne de Bordeaux vient, par l'organe de son président, apporter devant la tombe ouverte de M. Adolphe-Bertrand Toulouse le tribut des regrets de tous les collègues d'un homme qui fut toujours, dans toute la force du terme, un homme aimable et fai- sant aimer la Société dont il faisait partie. M. Toulouse est un linnéen de la première heure, un vieux mem- bre de la vieille Société scientifique dont nous venons de fêter le 87^ anniversaire et qui est toujours verte et vigoureuse. La santé, la jeunesse renouvelée de Sociétés telles que la nôtre, est due aux hommes ayant le caractère clairvoyant, dévoué et sympathique de M. Toulouse. Ces hommes trouvent le moyen de communiquer leur vie avec leur cœur et leur cerveau; ce sont eux qui donnent aux vieilles Sociétés ce je ne sais quoi qui sent la famille : l'esprit, les tra- ditions, l'affection de famille. M. Toulouse était un de ces hommes-là, un vrai, un bon linnéen, parce qu'il aimait la science avec désintéressement. Il désiraitardem- ment la voir se répandre en portant le plus vif intérêt à toutes les étu- des d'ordre scientifique et en applaudissant aux progrès réalisés. Aussi ne voyait-il pas sans un profond regret se développer le goût immodéré des sports à outrance, goût qui détourne nécessairement ceux qui s'y abandonnent des études scientifiques sérieusement et patiemment poursuivies. Ce n'est pas que M. Toulouse eût peur des excursions, bien au contraire. Tant que sa santé le lui permit, avec quelle ardeur il y prenait part, avec quelle joie il accueillait la découverte d'une plante ou d'une forme nouvelle, avec quel courage il affrontait la chaleur et les courses difficiles pour mieux jouir des plantes, de la nature, de ses amis de la Linnéenne!... Un des membres les plus honorés de notre Société me signalait dernièrement combien il avait tenu à prendre part à une excursion LXXX faite à Montendre il y a quelques années. Dans cette excursion la Société Linnéenne de Bordeaux devait se rencontrer avec la Société rocbelaise, ayant à sa tête le vaillant, le savant et regretté Foucaud. La rencontre eut lieu, et M. Toulouse suivit d'un bout à l'autre l'her- borisation malgré la chaleur qui était excessive; mais ce fut, je crois bien, la dernière à laquelle il put prendre part : sa santé et ses forces l'empêchèrent désormais de nous accompagner. M. Toulouse fut aussi pendant de longues années un des membres les plus fidèles de nos séances. Il avait compris ce que doit être une vraie Société comme la nôtre, spécialement en province : une famille dans l'ordre scientifique, c'est-à-dire une association dans laquelle le cœur a sa place aussi bien que la tête. A l'inverse des grandes Socié- tés scientifiques de la ca.pitale qui ne sont que des entreprises de publications dans lesquelles on ne connaît guère que des travaux et non des hommes, il désirait des Sociétés où chacun se connaît, où l'excitation de l'esprit est doublée par le sentiment que l'on est avec des amis. C'est dans de tels milieux qu'éclôt le goût des sciences, qu'il s'y développe des vocations, et M. Toulouse croyait que son modeste effort pouvait servir utilement en propageant les notions générales sur le vrai et le juste et féconder des esprits bien disposés. Et il développait cet effort dans la Société Linnéenne ayant trouvé dans cette Société ce qui répondail particulièrementà ses sentiments et à ses désirs. Aussi l'on peut comprendre, sans qu'il soit nécessaire d'insister, que M. Toulouse a dû certainement souffrir quand il ne put décidé- ment plus assister même à nos séances. C'est sans doute à cause du regret qu'il éprouvait à cette occasion qu'il voulut témoigner son affection à la Linnéenne en se faisant nommer membre à vie de notre Société. 11 tenait h ce que son nom figurât jusqu'à son dernier jour parmi cette pléiade de savants qui compte des hommes tels que Léon Dufour, d'Orbigny, Laterrade, Durieux de Maisonneuve, Paul Bert, Brochon, Millardet et tant d'autres, dont plusieurs vivants que je n'ose nommer ici pour ne pas froisser leur modestie. Adolphe-Bertrand Toulouse, membre à vie de la Société Linnéenne, a rejoint ses chers et glorieux compagnons; il laisse derrière lui la mémoire d'un homme bon et d'un bon collègue. Au nom de la Société Linnéenne j'exprime ici à ses amis et à sa famille l'hommage de nos regrets et de notre sympathie. La séance est ensuite levée en signe de deuil. LXXXI Séance du 2 août 1905. Présidence de M. Deserces. CORRESPONDANCE M. LE Président donne lecture du programme du Congrès des Sociétés savantes pour Tannée 1906. COMiMUNICATIONS M. DUPUY fait la communication suivante : Recherches expérimentales sur les causes de la levée plus hâtive des plantes annuelles sur le littoral. Par H. DupuY. I. Nécessité d'une élude expérimentale. Les observations que j'ai pu faire en 1903 et en 1904 au sujet de l'influence du bord de la mer sur l'époque de la levée des plantes annuelles, bien que concordantes, ne pouvaient suffire à définir exactement cette influence. Comme je l'ai dit dans une communication précédente (1), la composition du sable siliceux de Villandraut difl'ère un peu de celle de ce même sable sur le littoral. Deux facteurs par conséquent, le sol et le voisinage de la mer, ont pu concourir à produire l'efTet observé. A l'observation devait donc s'ajouter l'expérience, d'autant plus qu'on pouvait aussi se demander si l'efTet observé sur les quatre espèces étudiées était vraiment général, c'est-à-dire s'observerait sur d'au- tres espèces. C'est pour répondre à cette nécessité et déterminer la part d'influence c[ui revient au bord de la mer que j'ai fait, en 1905, les recherches complémentaires que je vais exposer. Les principes de ces recherches sont les suivants : 1" Faire des semis comparés de nouvelles espèces, non encore (1) Procès-verbaux de la Sociélé Linnéeone de Bordeaux (6 janvier 1904). Procès- Verbaux 1905 6 LXXXII expérimentées, les uns sur le bord de la mer, les autres loin du littoral afin d'observer si la levée est plus hâtive dans le premier cas. 2° Semer des plantes dans du sable transporté du littoral à Yillan- draut et comparer la levée de ces plantes avec celle d'autres semis, les uns à Villandraut, les autres au bord de la mer. 3" Par des mesures journalières pendant la période germinative déterminer, pour chaque station, la valeur exacte des facteurs les plus importants de la germination, tels que la lempératiwe et Vhinni- dilé, principalement dans le sol. Puis comparer à la fin les résultats de ces mesures afin d'examiner si les plantes semées sur le littoral sont plus favorisées par ces facteurs. S'il en est ainsi, on aura déter- miné directement les causes qui favorisent la levée des plantes au bord de la mer. II. Champs d'expériences. — Espèces semées (1). L'un des champs d'expériences a été établi à l'entrée du Bassin d'Arcachon, sur la dune du Pilât et l'autre près de Villandraut, dans une plaine sablonneuse, par conséquent aux endroits mêmes où viennent à l'état sauvage les plantes déjà étudiées par nous. Ces deux champs, d'une superficie respective de deux ares, se trouvaient exposés aux vents de Nord-Ouest, d'Ouest et de Sud-Ouest et abrités des autres vents par une forêt de pins qui les protégeait aussi du soleil levant. A Villandraut, en outre, il a été semé des graines dans du sable placé dans deux caisses d'une contenance respective de trois mètres cubes. L'une de ces caisses était remplie de sable du pays et l'autre de sable de la dune littorale. L'exposition de ces caisses était la même que celle des champs. Elles étaient presque complètement enterrées dans le sol, l'une à côté de l'autre. Les espèces choisies pour nos expériences, au nombre de six, sont les suivantes : Sinapis alba, Raphanus sativus, Papaver rliœas, Faba vulgaris, Linum usitatissimum, Cerefolium sativum. Les six espèces ont été semées dans les champs naturels, mais (1) Nous n'avons expérimenté que sur des espèces hâtives, les circonstances ne nous ayant pas permis de faire plus cette année-ci. LXXXIII dans les caisses, vu la place relativement petite, il n'en a été semé que quatre. Ce sont : Raphanus, Papaver, Faha, Cerefolium. L'ensemencement a été fait dans les difîérents sols et pour toutes les espèces dans les premiers jours du mois de février. III. Levée des ■plantes . Le 25 février, c'est-à-dire 18 à 20 jours après le semis, les pre- mières plantes commencent à paraître dans le champ d'expériences du littoral. Ce sont : Sinapis, Raphanus et Linum. A ce moment aucune des graines n'est levée à Villandraut. Le 2 mars deux nouvelles espèces se montrent au bord de la mer, Papaver et Cerefolium, tandis qu'on ne voit encore rien paraî- tre loin de la mer. Le 6 seulement Sinapis commence à sortir dans le sable non lit- toral en place, sur le littoral par conséquent, ainsi que dans le sable non littoral en caisse. Le lendemain on peut voir : l'' Dans le sable littoral en place, Sinapis, Linum, Raphanus, Papa- ver, Cerefolium. 2° Dans le sable non littoral en place, Sinapis. 3° Dans le sol non littoral en caisse, Sinapis, Papaver. 4° Dans le sol littoral en caisse, Papaver. Le 10 Raphanus sort dans les sols en caisse, le 11 dans le sol non littoral en place. Le 12 Cerefolium et Linum font leur apparition dans le sol non littoral en place et le lendemain Cerefolium lève dans les caisses. Quant à Faba vulgaris, ses premiers représentants n'apparaissent que le 15 mars et simultanément dans tous les sols. En résumé, pour toutes les espèces nouvelles étudiées ici, sauf Faha, le résultat est le même que pour les espèces précédemment observées : la période végétative s'est ouverte plus tôt sur le littoral que loin de la mer. Nous ne croyons pas devoir exposer plus en détail l'évolution de la naissance des différentes espèces et nous allons nous borner à indiquer, dans le tableau ci-après, les époques normales de cette évolution. LXXXIV NOMS DES ESPECES Sinapis alba Raphanus sativus . . . Papaver rhœas Linum usitalissimum Paba vulgaris Gerefolium vulgaris. ÉPOQUES NORMALES DE LA LEVÉE SABLE IIITORAI en place 1er mars 6 » 2 » 7 » 20 » 10 " SABLE m LITTORAL en place 14 mars 18 » 12 » 20 » 21 .. 18 » SABLE NOÎl LITTORAL en caisse 21 mars 12 .. 18 » 19 » SABLE LITTORAL en caisse 21 mars 12 » 20 22 Ainsi qu'on le voit : 1° Toutes les espèces, sauf une, se sont levées normalement plus vite dans le sable littoral en place que partout ailleurs. 2° La levée a eu lieu à peu près en même temps dans les caisses, soit dans le sable provenant du littoral, soit dans le sable de l'inté- rieur du pays. Le climat seul semblerait donc avoir une influence; toutefois il y a lieu d'examiner de près les causes agissantes afin d'interpréter ces résultats. IV. Circonstances de la levée des plantes. — Brouillards, pluies. — Température et humidité des sols. 1" Brouillards et pluies. — Nous avons noté 3 fois du brouillard sur le bord de la mer dans le cours de la période germinative, le 9, le 10 et le 16 février, tandis que loin de la mer il en a été observé une fois seulement, le 14 février. Nous avons aussi constaté une fréquence plus grande des pluies sur le littoral. C'est ce dont on peut se rendre compte par la lecture du tableau ci-après. A propos de la pluviosité, nous croyons devoir rappeler qu'on observe continuellement au bord de la mer des brumes et des em- bruns qui contribuent avec les pluies à entretenir un certain degré d'humidité. LXXXV JOURS C lE PLUIE SUR LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL 15 février.. pluie 15 février. . pluie 16 — pluie 16 — pluie 17 — pluie 17 — pluvieux 18 — pluie 19 — pluvieux 19 — pluvieux 22 — neige 20 — lorle pluie 27 — pluie 22 — neige 28 — lorte pluie 23 — pluie l^r mars pluvieux 26 — pluvieux 5 — pluie 27 — pluvieux 8 — pluvieux 28 — forte pluie 12 — pluvieux l'^'" mars forte pluie 13 — pluvieux 2 — pluie 14 — pluie 5 — pluie 15 — pluvieux 7 — pluvieux 10 — pluvieux 12 — pluie 13 — pluvieux 14 — pluie 15 — pluvieux Total . . 20 jours de pluie ou pluvieux Total. . 14 jours de pluie ou pluvieux 2° TempércUure des sols. — La température minima et la tempéra- ture maxima des différents terrains nous ont été indiquées, chaque jour, durant toute la saison, par un thermométrograplie enterré à une profondeur de 2 centimètres. Nous avons pu établir, à l'aide de ces données, en faisant les corrections nécessaires, la température moyenne diurne des différents sols. Dans la présenta note, il ne nous est pas possible de donner la rela- tion de toutes ces valeurs, c'est pourquoi nous nous bornerons à faire connaître, pour toutes les espèces, la température moyenne de chaque soi depuis le jour du semis jusqu'à celui de la levée dans le sol littoral sur le littoral. Température moyenne des sols. ESPÈCES SOL LITTORAL en place SOL KOX LITTORAL en place SOL NON LITTORAL en caisse SOL LITTORAL en caisse Sinapis alba 704 7,5 7,5 7,7 8,4 8,1 6,1 6,0 6,0 7,5 6,4 6,4 6,2 6,6 702 7,4 8*7 7,8 Raplianus sativus Papa ver rhœas Liuum usitatissimum Faba vulgaris Cerefolium sativum Procès- Verbaux 1905 LXXXVI On voit, par ce lableaii, que la température du sol littoral en place a été de toutes la plus élevée. On voit aussi que la température du sol littoral à Villandraut a été supérieure à celle des sols non litto- raux, ',i° Humidité des sols.- — Nous avons prélevé journellement un échan- tillon de chaque sol. L'écart entre le poids frais et le poids sec de cet échantillon nous a donné le pour cent d'humidité qui y était con- tenu. Le tableau suivant donne l'humidité moyenne de chaque sol depuis le jour du semis jusqu'au jour de la levée des plantes dans le sol littoral en place. Humidité moyenne des sols. ESPÈCES SABLE LITTORAL en place SABLE NON LITTORAL en place SABLE m LITTORAL en caisse SABLE llTTGRAl en caisse Sinapis alba ^ Raplianus salivus Papaver rliœas 3,0 2,8 2,9 2,8 2,6 2,7 2,7 2,8 2,8 2,8 2.9 2,8 » 3.1 3,0 3,0 3,0 ' » 2,1 2,1 » 2,2 2,2 j Liimm usiLaLissimum Faba vulgaris Gerefolium salivum La lecture du tableau précédent nous montre que l'humidité du sol littoral en place a été à peu près la même que celle des sols non littoraux et que celle du sable littoral à Villandraut a été moins élevée. V. Interprétation des résultats. — Conclusion. Nous savons que pour qu'une graine germe le plus rapidement possible, il faut qu'elle trouve dans le milieu extérieur les conditions d'aération, de chaleur et d'humidité réalisées à leur optimum. Or, nous avons vu que, sur six espèces semées par nous dans qua- tre milieux distincts, cinq ont levé avec une avance notable dans l'un de ces milieux (J). Nous devons admettre, par conséquent, que (1) Nous ne cherchons pas à e.xpliquer ici la levée simultanée de la sixième espèce. Nous ne voulons retenir que le fait général de la germination des plantes littorales dans un moindre délai. Lxxxvn ces plantes ont trouvé dans ce milieu particulier des conditions plus voisines de l'optimum. Nos graines ayant été déposées dans tous les sols k une même profondeur et ces sols ayant la même densité et étant parfaitement meubles, il y a lieu de penser que l'aération a dû être partout la même. Dès lors, nous n'avons pas à tenir compte ici de l'influence, de ce facteur. Il n'en est pas de même pour les températures et les humidités, lesquelles, comme nous venons de le voir dans le paragraphe précé- dent, ont varié d'un sol à l'autre. Une comparaison attentive de ces températures et de ces humidi- tés nous conduit à des constatations importantes, car elles nous per- mettent de remonter aux causes de la levée plus hâtive des plantes sur le littoral. Ces constatations sont les suivantes : 1° Le sable littoral possède un pouvoir hygroscopique moindre que le sol non littoral puisque, au bord de la mer, il a présenté la même humidité pour un arrosement plus considérable et, loin de la mer, une humidité plus faible pour un même arrosement. Nous avons vu en effet que la pluviosité a été plus élevée sur le bord de la mer. 2" U élévation plus grande de la température du sol littoral sur le bord de la mer doit être attribuée à une chaleur reçue plus grande et loin de la mer à une humidité plus faible. On sait, en effet, que la chaleur spécifique d'un sol est surtout réglée par le taux de l'humi- dité qu'il renferme. Concluons : Une pluviosité plus grande avec une température pilus élevée, telles sont, en définitive, les causes de la levée plus hâtive des plantes annuelles sur le littoral au premier printemps. M. Gruvel envoie une communication sur les Plantes recueillies par la « Mission des Pêcheries de l'Afrique Occidentale ». Une commission, composée de MM. Bardié, Motelay et Bouygues, est nommée pour examiner ce travail. LXXXVIII Séance du 25 octobre 1905. Présidence de M. Devaux, président. CORRESPONDÂNCIi Lettre de faire part annonçant la mort de M"^'' Peyrot, mère de M. Peyrot, membre de la Société. COMMUNICATIONS M. Lambeutie fait les trois communications suivantes : Notes sur les coléoptères trouvés dans les graines venant de la Guade- loupe et de la Tunisie. Par M. Lambertie. Notre collègue M. le D^ Beille m'avait prié de lui faire déterminer des Coléoptères qu'il avait trouvés dans les graines de palmier venant de Guadeloupe. Ces insectes j'en ai fait un envoi à nos collègues MM. M. Pic, de Digoin et au D^ Stierlin, de SchafTliausen (Suisse). Le premier m'écrit : l'insecte des graines de Palmiers est un Caryo- horus qui répond assez à la description du cnrdo F. vcir? (il est plus prudent de mettre un point de doute à cette détermination). Deux ou trois anciennes espèces de ce genre sont litigieuses et resteraient tel- les tant que les types divers n'auront pas été consultés et comparés. Le second ne m'a pas encore répondu à ce sujet. Dès que j'aurai une réponse, je la communiquerai à la Société Linnéenne. Cryptcrrhynclius mangiferae F. Par M. Lambertie. Notre collègue M. G. Eyquem m'a donné un curculionide \enanl de Tunisie et qui avait été trouvé par notre collègue M. Braqueliaye. Celui-ci l'a trouvé mangeant des fruits de Goyaves. M. Pic le possède de Madagascar. LXXXIX Cochenille du Phormiuni tenax Forst (Dactylopius longispinus Targ). Par M. Lambertie. Parmi les nombreux exemplaires de cochenilles que j'ai envoyés à noire collègue M. leD"" P. Marchal se trouvait celui du P/«or»m